Le Christ Social


20. Les bénéfices sur le capital
22. Le problème des prisons

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L’amour propre

Tous les êtres humains sont au fond des narcissiques amoureux d’eux-mêmes ; regardez un chanteur sur la scène d’un théâtre ; il est follement amoureux de lui-même, il s’adore, il s’idolâtre et lorsque les applaudissements pleuvent sur lui, il atteint le point culminant de son auto-adoration parce que c’est précisément ce qu’il veut, ce qu’il désire, ce qu’il attend avec une soif infinie.

On parle beaucoup de la vanité féminine. La vanité est en fait la manifestation vivante de l’amour de soi. La femme devant le miroir est un narcisse complet qui se vénère, qui s’idolâtre à la folie.

La femme se pare du mieux qu’elle peut, elle se maquille, elle se coiffe dans le seul but de faire dire aux autres : Tu es magnifique, tu es belle, divine, etc. Le “Je” apprécie toujours que les gens l’admirent, le “Je” se pare pour que les autres l’adorent.

Le Moi se croit beau, pur, ineffable, saint, vertueux, etc., personne ne se croit mauvais, tous les hommes se croient bons et justes.

L’amour de soi est une chose terrible. Les fanatiques du matérialisme n’acceptent pas les dimensions supérieures de l’espace par amour de soi. Ils s’aiment trop et exigent naturellement que les dimensions supérieures de l’espace, et tout le cosmos, et toute la vie ultrasensible, etc., soient soumis à leurs caprices personnels ; ils ne sont pas capables d’aller au-delà d’eux-mêmes, au-delà de leur cher ego, au-delà de leurs propres critères étroits, et au-delà de leurs propres théories, présupposés mentaux, préceptes, etc.

Observons les enfants pendant leurs trois ou quatre premières années de vie ; ils sont tous beaux… adorables… beaux parce que le répugnant “Je” ne s’est pas encore manifesté en eux. Seule l’essence de l’âme avec toute sa bonté se manifeste en eux.

Lorsque l’ego commence à contrôler la personnalité de l’enfant, la beauté spontanée disparaît, puis la surestimation de l’ego aimé commence et l’enfant rêve de dominer le monde et de devenir le plus puissant sur terre.

La mort ne résout pas le problème fatal de l’ego, il se poursuit chez nos descendants.

« Tout va, tout revient, la roue de l’existence tourne éternellement. Tout meurt, tout refleurit, éternellement coulent les saisons de l’existence.

Tout se brise, tout se reconstruit ; éternellement se bâtit la même maison de l’existence. Tout se sépare, tout se salue de nouveau ; l’anneau de l’existence se reste éternellement fidèle à lui-même.

À chaque moment commence l’existence ; autour de chaque ici tourne la boule là-bas. Le centre est partout. Le sentier de l’éternité est tortueux. »

Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra
Chapitre Le Convalescent

Seule la mort du Moi peut résoudre le problème de la douleur humaine, mais le Moi s’aime lui-même et ne veut en aucun cas mourir. Tant que le Moi existera, la roue du Samsara tournera, la roue fatale de la tragédie humaine.

Lorsque nous sommes vraiment amoureux, nous renonçons au “Je”, mais il est très rare dans la vie de trouver quelqu’un de vraiment amoureux, tout le monde est passionné et ce n’est pas de l’amour. Les gens deviennent passionnés lorsqu’ils rencontrent quelqu’un qui leur plaît, lorsqu’ils découvrent chez l’autre leurs propres erreurs, qualités et défauts ; l’être aimé leur sert alors de miroir où ils peuvent se contempler totalement, ils ne sont pas vraiment amoureux de l’être aimé, ils ne sont amoureux que d’eux-mêmes et ils aiment se voir dans le miroir de l’être aimé, là ils se sont trouvés et ils supposent alors qu’ils sont amoureux. Le Moi s’amuse devant le miroir de verre ou se sent heureux en se regardant dans la personne qui a les mêmes qualités, vertus et défauts que lui.

Les prédicateurs parlent beaucoup de la vérité, mais est-il possible de connaître la vérité quand on a de l’amour-propre ?

Ce n’est qu’en se débarrassant de l’amour-propre, ce n’est qu’avec le mental libre d’hypothèses que nous pouvons faire l’expérience, en l’absence du Moi, de ce qui est la vérité.

Nous avons rencontré un homme qui était en chair et en os sur la planète Vénus pendant plusieurs jours, cet homme n’est pas un savant, c’est juste un humble mécanicien [11].

Nous avons lu son merveilleux livre intitulé : “Je suis allé sur Vénus.”

Tout ce que raconte cet homme privilégié est formidable, extraordinaire.

La civilisation vénusienne est un pur Socialisme Chrétien mis en pratique. La technologie, la science, les arts et la religiosité des Vénusiens ont vraiment des millions d’années d’avance sur nous, et nous sommes loin d’atteindre de tels sommets !

L’homme a raconté purement et simplement tout ce qui lui est arrivé, tout ce qu’il a vu. Cependant, comme toujours, les pseudo-savants se sont moqués de lui pour le crime de ne pas faire correspondre les récits avec les hypothèses mentales et les théories compliquées qu’ils ont en mémoire.

Les érudits n’ont pas été capables d’écouter avec un esprit spontané, libre d’hypothèses mentales, de théories, d’idées préconçues, etc. Ils n’ont pas été capables de s’ouvrir à la nouveauté avec un esprit entier, avec un mental non divisé par la bataille des antithèses.

Les érudits n’ont écouté que pour comparer ce qu’ils ont entendu avec leurs hypothèses stockées. Les savants ont écouté afin de traduire selon leur langue des préjugés et des idées préconçues et d’arriver à la conclusion que ce que l’homme a raconté était une fantaisie. Tels sont toujours les savants, leur mental est déjà si dégénéré qu’ils sont incapables de découvrir la nouveauté.

Cet homme est vraiment allé sur Vénus, nous lui avons rendu visite à son domicile et avons discuté avec lui pendant trois heures. Ce qu’il raconte est merveilleux.

Voyageant au nord du Mexique dans une voiture avec des passagers américains, il a dû vivre les aventures les plus extraordinaires qu’un homme ait jamais connues dans cette race aryenne.

Le véhicule a eu une panne en cours de route et les passagers sont partis à la recherche d’une dépanneuse pour le récupérer. Dans la solitude, une chose merveilleuse se produisit : l’homme reçut la visite de deux Vénusiens de taille moyenne qui, après l’avoir préparé par une conversation délicieuse, le conduisirent à travers la montagne jusqu’à l’endroit secret où se trouvait leur vaisseau cosmique. L’homme de notre histoire est entré dans le vaisseau et a été emmené sur la planète Vénus où il a vécu pendant plusieurs jours.

Cet homme a raconté simplement et sans détour ce qui lui est arrivé, il n’est pas un scientifique et ne parle donc pas en tant que tel ; des sages ont prélevé des échantillons de terre et de plantes à l’endroit où il prétend avoir trouvé le vaisseau, et ils ont découvert avec stupeur un étrange désordre moléculaire hors norme dans ces plantes et cette terre, des tests de laboratoire ont prouvé jusqu’à satiété la réalité d’une machine hors norme qui se trouvait à cet endroit, mais les imbéciles rient malgré tout parce que l’histoire ne coïncide pas avec les préjugés et les théories de leur ego chéri.

Le Moi, dans son arrogance, veut que tout coïncide avec ses théories et ses suppositions mentales, le Moi veut que tous ses caprices soient réalisés et que le cosmos dans son ensemble se soumette à ses expériences de laboratoire.

L’ego abhorre mortellement toute personne qui blesse son amour-propre.

L’ego vénère ses théories et ses idées préconçues.

Souvent nous haïssons quelqu’un sans aucune raison ; pourquoi, je te le dirai simplement, cher lecteur, parce que cette personne personnifie certaines erreurs que nous portons bien cachées, et nous ne pouvons pas aimer que quelqu’un d’autre les exhibe, en réalité les erreurs que nous reprochons aux autres nous les portons au plus profond de nous-mêmes.

Personne n’est parfait dans ce monde, nous sommes tous taillés dans la même étoffe, chacun d’entre nous est un mauvais escargot dans le giron de la Grande Réalité.

Certains ne convoitent pas l’argent mais convoitent l’amour, la gloire, les honneurs, l’affection, etc., d’autres n’adultèrent pas avec les femmes des autres mais s’amusent à adultérer les doctrines, à mélanger les croyances au nom de la fraternité universelle.

Certains ne sont pas jaloux de leurs propres femmes, mais ils sont jaloux des amitiés, des croyances, des sectes, des choses, etc., c’est ainsi que nous sommes, nous les êtres humains, toujours “coupés avec les mêmes ciseaux” [12].

Il n’y a pas d’être humain qui ne s’adore pas, nous avons écouté des individus qui aiment pendant des heures et des heures parler d’eux-mêmes, de leurs merveilles, de leurs talents, de leurs vertus, etc.

L’ego s’aime tellement qu’il envie le bien des autres, les femmes se parent de beaucoup de choses, en partie par vanité féminine et en partie pour susciter l’envie des autres femmes, elles envient tout le monde, elles envient toutes la robe des autres, le beau collier, le beau bracelet, etc., elles s’adorent toutes et ne veulent pas se voir inférieures aux autres, elles sont narcissiques à cent pour cent.

Certains pseudo-ésotéristes ou pseudo-occultistes, ou les frères de nombreuses sectes, se vénèrent tellement qu’ils en sont venus à se croire des sources d’humilité et de sainteté, ils sont fiers de leur propre humilité ; ils sont terriblement orgueilleux.

Il n’y a pas de frère ou de sœur pseudo-occultiste, pseudo-spiritualiste ou pseudo-ésotériste qui, au fond, ne se vante pas de sainteté, de splendeur et de beauté spirituelle.

Aucun frère ou sœur spiritualiste ne se croit mauvais ou malveillant, ils se prétendent tous saints et parfaits, alors qu’ils sont non seulement mauvais, mais aussi malveillants.

Le cher ego (Moi), se vénère trop et présume, même quand il ne le dit pas, qu’il est bon et parfait.


20. Les bénéfices sur le capital
22. Le problème des prisons