Le Christ Social


12. Le grand problème
14. Le problème du logement

- 13 -
La faim tue 40 millions de personnes par an

Dans un journal local, nous avons trouvé un article très important que nous ne pouvons manquer de transcrire et de commenter, voyons voir :

« Un grave problème alimentaire lié à la surpopulation mondiale se profile pour l’an 2 000. À l’heure actuelle, cinq-cents-millions d’êtres humains souffrent de malnutrition aiguë et plus d’un-milliard de personnes souffrent de malnutrition à des degrés divers. Bien entendu, ce milliard et demi de personnes, soit la moitié de la population mondiale, vit presque entièrement dans des pays sous-développés [4]»

Les données ci-dessus publiées par la FAO ont été compilées par les membres des délégations de recherche sur la branche alimentaire, répartis dans le monde entier.

Les aliments essentiels dont l’humanité manque le plus sont le lait et la viande, et les chercheurs ont formulé le tableau statistique suivant. En raison du manque de lait, certaines régions du globe ont un taux de mortalité infantile entre un et cinq ans quinze fois plus élevé que dans les régions où les enfants ont une alimentation suffisante et adéquate. Sur les soixante millions de décès qui surviennent chaque année sur la terre, on estime que trente ou quarante sont dus aux effets de la faim ou de la malnutrition. »


PRODUCTION ALIMENTAIRE

« La FAO souligne que si l’Europe occidentale, l’Europe de l’Est et les États-Unis ont vu leurs indices de production alimentaire par personne [5] d’avant-guerre passer respectivement de 93, 85 et 85 à 110, 121 et 101, en Extrême-Orient, ces indices n’ont pas changé ; en Océanie, ils sont tombés de 108 à 105 ; en Afrique, de 95 à 94 et en Amérique latine, continent dont la population croît plus vite que tout autre, l’indice de production alimentaire est tombé entre 1940 et 1961 de 104 à 99. »


UNE PRODUCTIVITÉ MEILLEURE ET PLUS ÉLEVÉE

« En raison de la croissance vertigineuse de la population mondiale, on estime, ajoute la FAO, que si tous les habitants de la planète s’asseyaient pour manger à la même table, celle-ci ferait environ 21 fois le tour de la terre et qu’il faudrait ajouter 35 kilomètres par jour pour accueillir les nouveaux arrivants.

Pour répondre aux besoins alimentaires de 1980, il faudra 33 % de céréales en plus et 100 % de lait, de viande, d’œufs et de poisson en plus. D’ici l’an 2 000, ces chiffres devront atteindre respectivement 100 % et 200 %, ce qui obligera le monde sous-développé à opérer une révolution agricole semblable à celle qui a eu lieu dans les pays à revenu élevé et qui a transformé le secteur agricole en une activité florissante. »


RÉCOLTE MINIMALE

« Enfin, les chercheurs de la FAO soulignent que seulement 10 % de la surface terrestre est cultivée ; 17 % supplémentaires sont constitués de marais et de pâturages naturels ; 40 % correspondent à des forêts naturelles et 43 % – presque la moitié – sont des terres inoccupées. Selon les statistiques détenues par l’organisation internationale, en 1955, la superficie des terres arables par personne dans le monde était de 0,47 hectare ; en 1950, elle était d’environ 0,47 hectare, et en l’an 2 000, si le taux actuel de croissance démographique se maintient, elle ne sera plus que de 0,2 hectare. »

Voilà pour l’article en question. Il ne fait aucun doute que l’humanité meurt de faim par manque d’intelligence. L’humanité meurt de faim par manque de compréhension créative. 43 % de la terre, soit près de la moitié, sont des terres inoccupées.

Souvenons-nous des immenses forêts amazoniennes. Ces forêts profondes ont besoin de gens qui les habitent. Ce sont des terres qui peuvent approvisionner le monde entier. Le gouvernement brésilien a eu l’intelligence d’établir sa capitale au sein même de la forêt amazonienne. Il ne fait aucun doute qu’avec cette mesure intelligente, le gouvernement brésilien entend conquérir sa propre terre.

Les forêts amazoniennes sont immensément riches et il ne manque que des personnes pour les travailler et les exploiter. Il en va de même pour les forêts des Amériques. Ce sont des terres qui peuvent et doivent être cultivées. Il y a beaucoup de terres à travailler, près de la moitié des terres sont inhabitées et il y a la faim, quarante-millions de personnes meurent de faim chaque année. Pourquoi de si grandes étendues de terre sont inhabitées ? Pourquoi y a-t-il la faim alors qu’il y a tant de terres arables et cultivables ? On peut se promener dans les vastes étendues de l’Amazonie et marcher pendant des années sans trouver d’êtres humains ; et les gens meurent de faim comme s’il n’y avait pas de terre à labourer et à semer. Qu’est-ce que l’humanité s’est fait à elle-même ? Tant de millions de personnes, où sont-elles ? Des pauvres ! Des pauvres ! Des millions et des millions de personnes enfermées dans les villes, mendiant des emplois et mourant de faim. Quelle honte, il semble incroyable que les êtres humains soient si brutaux. Coincés dans les villes, se tourmentant les uns les autres, pleurant et souffrant, et pour couronner le tout, mourant de faim comme s’il n’y avait pas de terre à labourer et à semer, comme si l’univers entier n’était que des villes [6].

Une révolution est nécessaire dans l’agriculture… la vie urbaine doit être décongestionnée. Il est essentiel de créer de grandes universités agricoles. Il est urgent de mobiliser tous les moyens techniques au cœur des forêts pour mettre un terme à la faim, la terre appartient à ceux qui la travaillent.

Ceux qui ne travaillent pas la terre n’ont pas le droit de la posséder. Enlevez la terre à ceux qui ne la travaillent pas et donnez-la à ceux qui la travaillent. Les agriculteurs doivent bénéficier d’un soutien financier complet : outils, argent, médicaments, etc. Le ministère de l’agriculture est appelé à remplir une mission colossale dans chaque pays. Nous devons entamer une lutte acharnée contre la faim et la malnutrition. Un travail organisé est nécessaire si nous voulons vaincre la faim. Le ministère de l’agriculture doit être doté de pouvoirs extraordinaires et de suffisamment d’argent pour lancer une véritable révolution dans l’agriculture. Les agriculteurs du monde entier doivent être syndiqués pour une révolution agricole pleinement organisée. Ce n’est pas une révolution contre le gouvernement, c’est une révolution menée par les gouvernements eux-mêmes. Que les travailleurs s’organisent eux-mêmes et qu’ils portent ensuite leurs justes revendications devant le congrès des Républiques.

Qu’ils luttent pour amener au congrès de véritables représentants du peuple. La faim et la pauvreté sont des fléaux mondiaux qui ne peuvent être résolus que par une mobilisation mondiale des ressources disponibles. Ce n’est que par la mobilisation totale de toutes les ressources disponibles que nous pourrons nous sauver et sauver le monde entier de la faim et de la misère.

Il faut travailler et dès à présent nous invitons tous les partis ouvriers d’Amérique et du monde entier à s’unir pour mener une lutte sans merci contre la faim et la misère. L’union fait la force.


12. Le grand problème
14. Le problème du logement