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TR07 L'Eveil de la Conscience
Le jour suivant, après le déjeuner, nous sommes
allés, comme d'habitude, faire une promenade dans
le parc. Pendant que nous marchions d'un pas énergique,
le Maître me renseignait sur mes existences antérieures
et mes anciennes initiations. Puis nous allâmes nous
asseoir sur un banc de ciment sans dossier et le Maître
me dispensa encore une fois son enseignement sublime, que
j'enregistrai soigneusement :
« Incontestablement, ce qui est le plus important
dans la vie de l'être humain c'est la Réalisation
intime de l'Etre. Une fois, j'interrogeai ma Divine Mère
Kundalini, lui demandant : le chemin qui conduit jusqu'à
la Résurrection est-il très long ?. Elle me
répondit : ce n'est pas qu'il soit tellement long,
ce qui se passe c'est qu'il faut le façonner, le
ciseler, travailler durement sur la Pierre Philosophale,
pour donner à la pierre brute la forme cubique parfaite.
Notre
devise est The-Le-Ma, c'est-à-dire, Volonté.
Commençons par éveiller la Conscience. Indubitablement,
tous les êtres humains sont endormis et il est nécessaire
de s'éveiller pour voir le chemin. L'essentiel c'est
de s'éveiller ici et maintenant. Malheureusement,
les gens dorment, cela semble incroyable, mais il en est
ainsi : nous marchons sur la rue avec la conscience endormie,
partout où nous sommes, à la maison, au travail,
au magasin, au bureau, nous avons notre conscience profondément
endormie, nous conduisons notre automobile, nous tapons
à la dactylo, nous allons à l'usine, avec
la conscience terriblement endormie.
Les
gens naissent, grandissent, se reproduisent, vieillissent
et meurent avec la conscience endormie, et jamais ils ne
savent d'où ils viennent ni quel est le but, la raison
de leur propre existence. Le plus grave c'est qu'ils se
croient éveillés.
Beaucoup
de personnes, par exemple, se préoccupent de savoir
une foule de choses sur des questions ésotériques,
mais jamais elles ne se préoccupent d'éveiller
leur conscience. Si les gens prenaient la décision,
se donnaient comme but de s'éveiller, ici et maintenant,
ils pourraient bientôt connaître tout ce qui
pour eux est une énigme. C'est là la cause
du scepticisme, car le sceptique est un ignorant, et l'ignorance
vient de ce que la Conscience est endormie. Oui, au nom
de la vérité, je dois vous dire que le scepticisme
provient de l'ignorance et que le jour où l'homme
cessera d'être ignorant et éveillera sa conscience,
le scepticisme disparaîtra par le fait même,
car l'ignorance et le scepticisme sont étroitement
liés !.
Notre
enseignement ne vise assurément pas à convaincre
les sceptiques, parce que si aujourd'hui nous réussissons
à convaincre cent sceptiques, demain il en apparaîtra
mille, et si nous convainquons les mille, après-demain
il en viendra dix mille et ainsi nous n'en finirions jamais.
Le
système pour obtenir la Réalisation intime
de l'Etre est fondé sur des travaux conscients et
des souffrances volontaires, et il est nécessaire
d'avoir une continuité de propos dans les trois facteurs
de la Révolution de la Conscience ; pour atteindre
l'éveil de la Conscience, il faut mourir d'instant
en instant, seconde après seconde.
L'homme
endormi, lorsqu'il est en présence d'un verre d'alcool,
finit par se saouler ; quand l'homme endormi se trouve en
présence du sexe opposé, cela finit par la
fornication. L'endormi s'identifie avec tout ce qui l'entoure
et s'oublie lui-même.
Il
me vient en ce moment à l'esprit le cas d'Ouspensky
: celui-ci raconte qu'un jour il s'était proposé
de ne pas s'oublier lui-même, ne serait-ce qu'un instant.
En marchant, donc, dans les rues de Saint-Pétersbourg,
il se rappelait à lui-même à chaque
seconde. Il dit qu'il voyait même un aspect spirituel
dans toutes choses, qu'il se sentait transformé,
que sa lucidité spirituelle s'était considérablement
accrue, etc. Toutefois, il arriva quelque chose de très
curieux. Soudain il sentit le besoin d'entrer chez un marchand
de tabac ; il commanda des cigares, puis, muni de son achat,
il sortit tranquillement de la boutique en fumant, prit
une avenue et se rendit à différents endroits
de Saint-Pétersbourg, tout en se remémorant
diverses choses, l'esprit concentré sur un certain
nombre de questions intellectuelles, c'est-à-dire
qu'il se trouvait absorbé dans ses propres pensées.
Une
heure et demie plus tard, il était de retour chez
lui ; en arrivant, il observa attentivement son appartement,
la chambre à coucher, le salon, le cabinet de travail,
etc., et tout d'un coup il se rappela qu'il s'était
endormi en chemin. Il était allé dans plusieurs
endroits avec la conscience endormie, et c'est en entrant
dans la tabagie que ses bonnes intentions de rester éveillé
s'étaient évanouies en fumée.
Il
déplora son peu d'éveil. Entre le moment où
il est entré dans la tabagie et celui où il
est revenu chez lui, il s'est écoulé une heure
et demie, et pendant tout ce temps il a circulé à
travers les rues de la ville avec la conscience complètement
endormie.
Vous
voyez combien il est difficile de rester d'instant en instant,
seconde après seconde, avec la conscience éveillée,
pourtant c'est primordial : si l'on veut vraiment s'éveiller,
on e doit pas s'oublier soi-même ne serait-ce qu'un
seul instant.
Que
l'on aille n'importe où, au travail, à l'école,
au théâtre, que l'on soit en train de manger,
de parler, de parcourir les rues, le jour ou la nuit, à
pied, en voiture ou en autobus, où que l'on soit
et en tout temps, on doit se rappeler à soi-même
: en présence de n'importe quel objet, beau ou laid,
devant n'importe quelle vitrine où l'on exhibe de
belles choses, des bijoux, etc., il ne faut pas s'oublier
soi-même, il ne faut s'identifier à rien de
tout ce qui nous fascine, de ce qui nous plaît ou
nous déplaît.
Il
est donc nécessaire d'être toujours en rappel
de soi, non seulement sur le plan physique, mais aussi en
ce qui concerne l'activité mentale et émotionnelle
: on doit surveiller ses propres pensées, sentiments,
émotions, déductions, associations d'idées,
appétits, peurs, désirs, etc.
Etre
continuellement en rappel de soi, c'est le premier aspect.
Le second aspect, tout aussi important, c'est de ne pas
s'identifier avec les choses, comme nous l'avons dit. Si
vous apercevez un bel objet dans une vitrine, un habit qui
vous plaît, par exemple, ou n'importe quoi d'autre,
une automobile rutilante ou des souliers jamais vus, si
en toute circonstance, et même dans les situations
les plus insolites, les plus incroyables, vous restez vigilants,
vous ne vous identifiez avec rien et savez distinguer entre
le normal et l'anormal, car la première chose à
faire c'est d'apprendre à réfléchir,
alors le sommeil n'aura pas de prise sur vous, votre Conscience
sera éveillée, le jour et durant le sommeil
de votre corps.
Donc,
il ne faut pas s'identifier avec l'objet ou la créature
que l'on regarde. Car si l'on s'identifie avec la chose
que l'on voit, avec la représentation que l'on a
devant les yeux, physiquement, alors, ce qui se produit
c'est que l'on devient fasciné, c'est-à-dire
que de l'identification on passe à la fascination,
et l'on devient complètement ébloui, charmé,
hypnotisé, on s'oublie soi-même et notre conscience
tombe dans un profond sommeil. Par cette manière
d'agir erronée, lorsqu'on se laisse fasciner stupidement,
la seule chose que l'on obtient, c'est que la conscience
continue à dormir, et cela est très grave,
mes chers frères, extrêmement grave.
Il
me vient à la mémoire, en ce moment même,
ici dans ce parc de la capitale du Mexique, un souvenir
insolite. Il y a pas mal d'années de cela, alors
que je me trouvais dans un pays d'Amérique du Sud,
parcourant le monde, comme on dit, car à cette époque
j'allais toujours d'un côté et de l'autre,
il se produisit, une nuit, quelque chose de singulier :
je me vis moi-même traversant un jardin, puis j'arrivai
à une maison qui se trouvait là, j'entrai,
franchis la première pièce et aboutis à
un cabinet d'avocat. Là, une dame d'un certain âge,
avec les cheveux gris, très sympathique, me reçut
; elle était assise à une table de travail,
et elle se leva pour me souhaiter la bienvenue.
Je
remarquai tout à coup sur le secrétaire deux
papillons de verre. Bon, il n'y a rien d'étrange
dans le fait d'apercevoir sur un bureau deux papillons de
verre, n'est-ce pas ?. Mais l'intéressant dans tout
cela c'est que ces deux papillons étaient vivants,
ils bougeaient leurs ailes, leur petite tête, leurs
pattes, alors là c'est plus étrange, pas vrai
?.
En
effet, c'était vraiment quelque chose d'insolite,
d'inouï : que des papillons en verre soient dotés
de vie, ce n'est pas normal, ce n'est pas naturel, il y
a là de quoi se poser des questions et devenir très
attentif à ce qui se passe.
Or,
savez-vous ce que j'ai fait ?. Je ne me suis pas identifié
avec cette paire de papillons et j'ai réfléchi,
me disant à moi-même : comment est-ce possible
?. Se peut-il qu'il y ait dans le monde des papillons avec
des ailes de verre, avec un corps de verre, avec des pattes
et une tête de verre, et qui respirent et qui aient
une vie propre, comme ceux qu'on rencontre dans la nature
?.
Oui,
j'ai réfléchi, mes chers frères ; si
je m'étais identifié avec les papillons, sans
faire aucune espèce d'analyse, sans réfléchir
sur ces insolites papillons de verre, ne croyez-vous pas
que j'aurais été fasciné, hypnotisé,
comme sous un charme, et que je serai tombé dans
l'inconscience, sans que je me rende compte du caractère
insensé de ce que je voyais ?. Mais j'ai réfléchi,
me faisant à moi-même ces observations : c'est
inusité, c'est très étrange, non, c'est
impossible qu'il y ait ce genre de créatures dans
le monde physique, non, non et non, ce n'est pas normal,
il y a ici anguille sous roche, il y a quelque chose qui
cloche ; cette sorte de phénomènes, que je
sache, n'existe pas dans le monde tridimensionnel, c'est
possible seulement dans le monde Astral, ça n'arrive
qu'en Astral, serait-ce que je suis dans le monde Astral
?.
Je
me questionnais moi-même : serait-ce que je suis en
train de dormir et que j'ai laissé quelque part mon
corps physique ?.
Ce
qui arrive ici est trop bizarre ; pour sortir du doute je
vais faire un petit saut avec l'intention de flotter dans
l'espace, pour voir si je suis bien en Astral, pour savoir
ce qui se passe.
Avais-je
une autre solution ?, pouvais-je procéder d'une autre
manière, pour sortir de l'incertitude où je
me trouvais ?. Mais j'hésitais, je ne parvenais pas
à me décider à faire un saut, là,
devant cette dame ; elle va me croire cinglé, me
disais-je à moi-même, que va-t-elle penser
d'un type qui entre chez elle et se met à faire des
sauts, comme ça, dans son cabinet de travail ?. D'autant
plus que tout le reste semblait tout à fait normal
: le secrétaire n'avait rien de particulier, et la
chaise où la dame se trouvait assise était
une de ces chaises pivotantes qu'on voyait partout, il y
avait aussi deux chandeliers, un à droite et l'autre
à gauche, ils semblaient en or massif. Bien que cela
se soit passé il y a très longtemps, j'étais
bien jeune à cette époque-là, je me
rappelle tout avec une grande exactitude, je me souviens
clairement que les chandeliers avaient chacun sept branches.
Bref, en toute sincérité, je ne trouvais rien
d'étrange, rien qui appelât particulièrement
mon attention, dans ce cabinet d'avocat ; tout était
normal, si ce n'est ces deux papillons, ceux-ci constituaient
la seule chose réellement bizarre. En outre, cette
dame n'avait rien d'inusité, elle était, à
mon sens, aussi normale que toutes les dames d'âge
moyen du monde, elle ne se distinguait par rien de spécial.
Mais
les papillons ne cessaient pas de m'intriguer, que des papillons
de verre soient dotés d'une vie propre, voilà
quelque chose de très insolite. Bon, quoiqu'il en
soit, déterminé à résoudre la
question, je décidai de sortir de cette pièce
pour pouvoir faire mon petit saut. Mais il me fallait d'abord
donner une excuse à la dame : je lui demandai la
permission de sortir, je lui dis que j'avais besoin de sortir
un moment, peut être penserait-elle que je voulais
aller aux toilettes ou n'importe quoi d'autre, le fait est
qu'elle m'accorda la permission et que je sortis.
Aussitôt
dehors, dans le couloir, après m'être assuré
que personne ne m'observait, je fis un grand saut avec l'intention
de flotter dans l'espace et, vous devinez ce qui est arrivé,
n'est-ce pas ?. je restai dans les airs, flottant dans l'atmosphère
ambiante.
Il
est impossible de vous décrire la sensation délicieuse
que je ressentis, mes frères, oui, délicieuse.
Je me dis alors : je suis en corps Astral, là il
n'y a plus le moindre doute. Je me rappelai que j'avais
laissé mon corps physique endormi dans mon lit, quelques
heures plus tôt, et qu'en me déplaçant
dans l'Astral j'étais arrivé ici, à
ce cabinet de travail. Je rentrai dans ce cabinet, me rassis
devant la dame et lui adressai la parole avec beaucoup de
respect, lui disant : voyez, madame, nous sommes en corps
Astral. La dame me regarda à peine, avec des yeux
de somnambule, interrogative, elle ne saisissait pas, elle
ne comprenait pas. Cependant, je voulus préciser
un peu plus et je lui dis : madame, rappelez-vous que vous
êtes allée vous coucher il y a quelques heures,
ne vous étonnez pas de ce que je vous dis là,
il n'y a rien d'étrange à cela, votre corps
physique est endormi dans votre lit et vous êtes ici,
en Astral, en train de converser avec moi.
Mais
cette dame ne comprit absolument pas, elle était
profondément endormie, elle avait la conscience endormie.
Voyant que tout effort était inutile, comprenant
que, même avec des coups de canon, cette pauvre dame
qui ne s'était jamais consacrée à ce
travail de l'éveil de la conscience ne s'éveillerait
pas, je décidai de m'en aller ; je lui demandai de
m'excuser et je partis.
Une
fois sorti, je traversai l'espace et me dirigeai vers San
Francisco, en Californie. J'avais besoin, à cette
époque, de faire une investigation en relation avec
une certaine école de pseudo-occultistes ou pseudo-ésotéristes
qui se trouvait dans cette ville. Alors donc, je m'en allai
et soudain j'aperçus, le long d'une route, un pauvre
type qui s'était désincarné il y avait
longtemps. Durant sa vie le malheureux avait été
porteur de fardeaux ; je m'approchai de lui et je lui dis
: mon ami, tu t'es désincarné il y a longtemps,
maintenant tu es mort, alors qu'est ce que tu fais là,
pourquoi transportes-tu cette charge si lourde ?. Je travaille,
me répondit-il. Mon ami, tu étais porteur
lorsque tu vivais, mais à présent tu n'existes
plus dans le monde, tu t'es désincarné, ton
corps est réduit en poussière dans le cimetière,
ce lourd fardeau que tu portes sur tes épaules n'est
rien d'autre qu'une forme mentale, tu comprends ?.
Mais
c'est comme si j'avais parlé en chinois à
ce pauvre homme ; il ne comprenait pas un iota de ce que
je disais. Il me regardait avec des yeux de somnambule.
Je décidai alors de flotter autour de lui, dans l'atmosphère
environnante, dans le but de lui faire éveiller sa
conscience, je voulais qu'il se rende compte que quelque
chose d'étrange se passait, car comment serait-il
possible qu'un homme flotte autour de lui sans qu'il trouve
cela insolite ?.
Mais
tout fut parfaitement inutile, cet homme me regardait avec
des yeux d'ivrogne. Bon, il n'y a rien à faire, me
dis-je. Aussi je poursuivis mon chemin en direction des
terres californiennes, je devais effectuer une certaine
recherche, je fis ce que j'avais à faire, j'investiguai
sur ce qu'il me fallait investiguer, puis je revins à
mon corps physique.
Joli
voyage, n'est-ce pas ?. Mais que serait-il arrivé
si je m'étais laissé fasciner en contemplant
la paire de papillons de verre, si je ne les avais pas observés
attentivement et si je n'avais pas réfléchi
sur eux, sur ce que je voyais à ce moment-là
?. Je serais resté là toute la nuit, ébahi,
à regarder ces deux papillons, et je n'aurais pas
éveillé ma conscience.
Bon,
pour faire suite à ces phénomènes curieux,
je voudrai vous raconter une chose qui s'est passée
plusieurs années après, trente ans peut-être,
lors d'un voyage que je dus faire à Taxco, dans la
province de Guerrero. Taxco est une petite ville très
jolie située sur une pente et construite dans le
style colonial, ses rues sont pavées comme à
l'époque de la Colonie ; cette ville est très
riche, car on exploite dans ses parages plusieurs mines
d'argent ; et on y vend de très beaux objets et bijoux
en argent.
Il
me fallait me rendre à cet endroit parce qu'il y
avait là quelqu'un pour qui j'avais confectionné
quelques remèdes, car il voulait que je l'aide à
guérir, c'était un pauvre individu très
malade.
J'arrivai
donc chez lui, je traversai le jardin d'une belle demeure
et entrai dans le salon. Je reconnus immédiatement
la pièce ; il y avait là une dame, je la regardai
et la reconnus également, c'était la même
que j'avais vu dans l'Astral, plusieurs années auparavant,
assise à la table de travail, sauf que cette fois-ci
elle n'était pas dans le bureau mais dans le salon.
Elle m'invita à passer devant et je pénétrai
dans le fameux bureau de l'avocat, où je m'étais
rendu il y avait très longtemps. Mais au lieu de
la dame, c'est son mari que je rencontrai dans le cabinet,
un homme possédant une excellente éducation
et qui pratiquait la profession d'avocat sans en avoir le
titre officiel, il était donc ce qu'on appelle à
certains endroits un avocaillon.
Bref,
c'est lui qui se trouvait assis là dans ce cabinet
; à mon arrivée il se leva pour me souhaiter
la bienvenue, puis il me fit asseoir en face de sa table
de travail.
Je
reconnus immédiatement le cabinet de l'avocat, de
même que j'avais reconnu la dame, et comme cet homme
s'intéressait à ces études de type
spirituel, comme il aimait tout ce qui était en rapport
avec l'ésotérisme, nous conversâmes,
nous dialoguâmes un moment sur ces questions. Je le
surpris un peu lorsque je lui dis : monsieur, je suis venu
ici il y a quelque temps, j'étais en corps Astral,
en dehors de mon corps physique, et vous n'êtes pas
sans savoir qu'en Astral on peut se déplacer dans
les airs et aller d'un endroit à un autre.
Le
Monsieur connaissait un peu ces choses, pour en avoir entendu
parler, cela ne lui parut donc pas trop extravagant.
J'ajoutai
: il y avait sur ce bureau deux papillons de verre, que
se passe-t-il ?, où sont rendus les papillons ?.
Il me répondit aussitôt : les papillons sont
ici, ici-même, voyez. Il enleva quelques journaux
et revues qui se trouvaient sur le secrétaire et
je vis les deux magnifiques papillons de verre.
Il
était évidemment assez surpris que je connaisse
l'existence de ces papillons. Puis je lui dis : il manque
encore quelque chose, je vois un chandelier à sept
branches, mais il y en avait deux, où se trouve l'autre,
qu'est il devenu ?. L'autre est là, regardez, me
répondit l'avocat. Il écarta une pile de papiers,
journaux et dossiers, et sortit l'autre chandelier : il
apparut pour confirmer davantage mon affirmation. L'homme
était visiblement de plus en plus étonné.
Alors
je lui dis : savez-vous que je connais aussi votre femme,
mais quand je suis venu en Astral c'est elle qui était
assise derrière le secrétaire. Le monsieur
était stupéfait.
A
l'heure du repas, nous nous assîmes tous les trois
autour d'une table ronde et alors il se produisit quelque
chose de vraiment inusité ; la dame me dit, en présence
de son mari : je vous ai rencontré, il y a longtemps
de cela, je ne sais pas exactement où je vous ai
vu, mais je suis certaine que je vous ai déjà
vu quelque part, vous n'êtes pas une personne inconnue
pour moi.
Je
donnai aussitôt un petit coup de coude au monsieur
en lui disant : vous voyez ?, vous êtes convaincu
de mes paroles maintenant ?. La stupéfaction de cet
homme était à son comble. Malheureusement,
et cela est très grave, mes chers frères,
l'homme était tellement accroché, avalé
par sa secte de type, disons, romaniste, qu'il n'est pas
entré sur le chemin à cause de cela, pour
la question du sectarisme. Sinon il serait venu à
la voie, j'en suis persuadé, parce que je lui ai
donné des preuves extraordinaires, des preuves qui
furent pour lui frappantes et décisives, il en est
resté abasourdi pour toujours, n'est-ce pas ?. Mais
sa religion l'empoignait, l'obnubilait, et il était
entortillé dans tous ces dogmes religieux, dévoré
par toutes ces croyances.
J'ai
tenu à vous relater cet événement très
significatif qui s'est passé il y a déjà
plusieurs années.
Passons
à présent au troisième aspect nécessaire
pour éveiller la Conscience : le lieu, l'endroit.
Il ne faut pas que nous vivions inconscients ; lorsque nous
arrivons à tel ou tel endroit, nous devons l'observer
en détail, très attentivement, et nous interroger
nous-mêmes en nous demandant : qu'est-ce que je fais
ici, à cet endroit ?. Pourquoi suis-je ici ?.
Et
à propos, vous qui êtes en train de lire ce
livre, dites-moi, vous êtes-vous demandés qu'est-ce
que vous faites à cet endroit, pourquoi vous êtes
là ?. Avez-vous pris la peine d'observer l'endroit
où vous lisez, le plafond, ou les murs, ou l'espace
qui vous entoure ?. Avez-vous observé le plancher,
le siège où vous êtes installés
?. Avez-vous bien tout examiné en haut, en bas, de
chaque côté, derrière ou devant vous
?. Vous avez bien regardé les murs, autour de vous,
pour vous poser la question : où suis-je ? (ou, s'il
y a plusieurs personnes :) où sommes-nous ?. Et si
vous ne l'avez pas fait, alors ne seriez-vous pas par hasard
en train de lire ce livre de façon inconsciente ?.
Une
chose est claire : on ne doit jamais vivre de manière
inconsciente, peu importe où l'on se trouve, chez
soi ou sur la rue ou dans une église, dans un taxi,
sur mer, en avion, au travail, dans un magasin, etc., où
que l'on soit et quoique l'on fasse, la première
question que l'on doit se poser c'est : pourquoi suis-je
ici ?. Qu'est-ce que je fais à cet endroit ?. Regardez
attentivement tout ce qui vous entoure, le plafond, les
murs, le plancher ou le décor, le paysage environnant.
Cette observation minutieuse ne doit pas être effectuée
uniquement lorsque vous vous trouvez dans un parc, une maison,
un endroit inconnu, mais aussi chez vous, dans votre propre
maison : vous devez regarder votre maison quotidiennement,
chaque fois que vous y entrez et à tout instant,
comme si cet endroit était pour vous quelque chose
de nouveau ou d'inconnu. Et vous devez aussi vous poser
cette question : pourquoi suis-je dans cette maison ?. Comme
c'est curieux, et regarder le plafond, les murs, le sol
et les meubles, tout cela en détail, afin de vous
demander encore : qu'est-ce que je fais à cet endroit
?, où suis-je ?, serais-je en Astral ?. Et vous faites
un petit saut avec l'intention de flotter dans l'espace.
Mais
il peut arriver qu'une personne ne flotte pas et se trouve
pourtant en Astral. Alors, si vous ne flottez pas dans les
airs, montez sur une chaise, ou une petite table, ou un
banc, ou quoique ce soit, et sautez pour voir si vous allez
voler dans l'espace ambiant. Donc, si vous avez commencé
par faire un petit saut et que vous ne volez pas, et si
vous voulez en avoir le cœur net, le mieux c'est de
monter sur quelque chose qui vous permette de sauter et
de faire l'expérience pour voir si vous flotterez,
en vous élançant de votre support avec l'intention
de voler dans les airs. Il est évident que si vous
êtes en Astral vous flotterez, sinon vous retomberez
sur le sol.
Ainsi
donc, pour récapituler, division de l'attention en
trois parties :
1
Sujet, c'est-à-dire, par rapport à soi-même,
ne pas s'oublier soi-même un seul instant, être
constamment en rappel de soi.
2
Objet, c'est-à-dire, observer toutes les choses comme
je l'ai fait dans le cas des papillons de verre. Que feriez-vous
si, en ce moment même où vous lisez ce livre,
survenait une personne qui serait morte depuis plusieurs
années et qui vous parlerait ?. Seriez-vous assez
ingénu (ou ingénue), seriez-vous assez niais
pour ne pas vous poser ces questions : qu'est-ce qui se
passe ?. Serais-je en astral ?. Seriez-vous si peu soucieux
de tenter l'expérience et de faire le petit saut
?.
N'oubliez
pas que n'importe quel détail, si insignifiant soit-il,
doit nous être un prétexte pour nous faire
ces réflexions.
3
Lieu : nous avons dit que tout endroit doit être étudié
attentivement et que nous devons partout nous poser la question
: pourquoi suis-je ici ?.
Donc,
rappelez-vous : Sujet, Objet et Lieu : division de l'attention
en trois parties. Si l'on prend l'habitude de vivre toujours
avec notre attention divisée dans ces trois parties
: Sujet, Objet et Lieu, si l'on prend l'habitude de faire
ce petit exercice chaque jour et à tout instant,
seconde après seconde, cette habitude se gravera
profondément dans la Conscience et, durant la nuit,
pendant notre sommeil, nous finirons par faire le même
exercice que nous faisons dans le physique et le résultat
sera alors l'éveil de la Conscience.
Vous
n'êtes pas sans savoir que souvent nous faisons durant
notre sommeil nocturne la même chose que nous avons
l'habitude de faire durant le jour ; beaucoup, par exemple,
travaillent le jour à l'usine, dans un magasin ou
un bureau, ou sur la route comme commis voyageur et, la
nuit, durant leur sommeil, ils accomplissent exactement
la même chose que pendant le jour, ils rêvent
qu'ils sont à l'usine, au bureau ou avec un client,
etc. Il est indéniable que tout ce que l'on fait
dans le jour, on le fait aussi durant la nuit, c'est-à-dire
qu'on rêve à cela pendant la nuit. Par conséquent,
il importe d'effectuer la pratique de la « clé
de Sol » (Sujet, Objet, Lieu) à toute heure
du jour, à tout instant, à chaque seconde,
pour arriver à l'effectuer pendant notre sommeil,
la nuit, et ainsi éveiller notre Conscience.
Il
est indubitable que toute personne, lorsqu'elle dort, sort
de son corps ; son Essence se détache alors du véhicule
physique pour entrer dans le monde Astral où la personne
répète la même chose qu'elle fait durant
le jour. Si cette personne pratique pendant la journée
l'exercice de l'analyse et de la division de l'attention
en trois parties, elle ne manquera pas de répéter
cet exercice durant son sommeil, déclenchant l'étincelle
qui éveillera la Conscience. On s'éveille
instantanément, notre Conscience s'éveille
dans l'Astral, et l'on peut alors, dans le monde Astral,
invoquer les Maîtres, appeler l'Ange Anaël, ou
Adonaï, le fils de la lumière et de la joie,
ou le Maître Kout-Humi, pour qu'ils viennent nous
instruire, nous enseigner.
Pour
invoquer les Maîtres, on utilise des mantras, je vais
vous enseigner aujourd'hui une de ces formules d'appel ;
apprenez-la et servez-vous en. Nous allons appeler l'Ange
Adonaï de cette façon : « Adonaï,
venez ici, venez ici, venez ici ! Antia Da Ouna Sastasa,
Adonaï, Adonaï, Adonaï, Aum, Adonaï,
Adonaï, Adonaï ! ». Le mantra d'appel est
prononcé en allongeant le son de certaines lettres,
ainsi : « Annnntiiiiaaaa, Da, Ouna Sastaaaassssaaaa
», de même pour le Aum : « Aaaaa Uuuuu
Mmmmm ».
On
continuera d'appeler de cette façon jusqu'à
ce que le Maître vienne ; il viendra nécessairement,
et une fois qu'il sera là on pourra converser avec
lui, lui poser toutes les questions que nous voulons, lui
demander tout ce que nous désirons, mais avec beaucoup
de respect.
Nous
pouvons aussi appeler n'importe quel autre Maître,
Morya, le Comte de Saint-Germain, etc., et ceux qui m'invoquent
peuvent être sûrs que j'accourrai à leur
appel. Ainsi donc, je vous donne la méthode pour
recevoir l'enseignement directement, et si vous voulez vous
rappeler vos vies passées, invoquez les Maîtres
de la Loge Blanche, Kout-Humi, Hilarion, Morya, etc., et
priez-les d'avoir l'amabilité, la bonté de
vous faire vous rappeler vos existences antérieures,
vous faire revivre vos vies passées. Vous pouvez
être certains que le Maître vous accordera votre
demande.
Je
vous donne cette méthode pour que vous receviez la
connaissance directe. Vous pourrez aussi vous rendre au
Tibet, aller au fond des mers, voire même sur d'autres
planètes, si vous le voulez.
Je
vous ai donc enseigné le chemin, la voie qui vous
permettra de recevoir directement les connaissances. C'est
pour cette raison que je vous dis, mes frères, réveillez-vous
!, réveillez-vous !, réveillez-vous !. Cessez
de vivre votre vie comme des inconscients, des endormis,
car c'est très triste, je vous assure, de voir tous
ces endormis déambuler de façon inconsciente
dans l'Astral, de les voir, même après la mort,
toujours endormis, inconscients, rêvant à des
conneries !. Ils naissent et meurent sans savoir comment
ni pourquoi, mais je ne veux pas que vous restiez dans une
inconscience aussi affreuse, je veux que vous vous éveilliez,
compris ?.
Nous
avons parlé très clairement sur cette question
tellement importante de l'éveil de la Conscience,
car je veux vous voir éveillés, bien éveillés.
Cela m'attriste de vous voir endormis. Donc, je vous le
répète, éveillez-vous !. Bon, c'est
tout pour aujourd'hui ».
Nous
quittâmes le parc et, une fois rendus à la
maison, le Maître entreprit de répondre au
monceau de lettres qui lui étaient parvenues de tous
les coins du monde. Pendant ce temps, je méditais
sur ce qu'est un Avatar : un homme simple, côtoyant
la Vie et la Vérité et qui doit vivre parmi
le peuple, inaperçu de tous les profanes, accomplissant
sa mission sacrée sans égard aux fatigues,
outrages, persécutions, sacrifices, et fournissant
continuellement de suprêmes efforts.
Comment
faire comprendre aux gens que les Maîtres de compassion,
les Maîtres de lumière incarnés actuellement,
sont là pour essayer de « sauver le chapeau
du noyé », au prix de formidables efforts pour
racheter une partie de toutes ces Essences incarnées
dans notre monde et enfermées dans la légion
ténébreuse ?.
Quels
sacrifices doit accomplir un Maître, quelles souffrances
doit-il supporter pour arriver à nous donner la connaissance
et nous indiquer le chemin qui conduit à la libération
!. Et que les hommes sont endormis et insouciants, totalement
identifiés au monde matériel, ils ne soupçonnent
pas le moins du monde les tourments que la nature nous réserve
pour notre propre ingratitude et notre mépris des
choses divines et sacrées que nous enseignent les
grands Sages !.
Après
avoir travaillé tout le reste du jour à répondre
à son abondant courrier, le Maître sortit de
son bureau et se retira dans sa chambre de méditation
; le Maître médite trois heures chaque jour,
sans jamais manquer, sous aucun prétexte, aucune
justification, rien ne peut l'empêcher de méditer
au moins trois heures tous les jours.
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