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3M38 Le Ciel de Mars
Le
cinquième Travail d'Hercule, le Héros solaire,
fut la chasse et la destruction des oiseaux anthropophages
et ténébreux qui habitaient le lac Stymphale
et tuaient les hommes avec leurs plumes de bronze qu'ils
lançaient, à la manière de flèches
mortelles, contre leurs victimes sans défense.
Ostensiblement, ce travail se trouve intimement lié
à la constellation des Poissons, maison de Neptune,
le Seigneur de la Magie pratique.
Sans
conteste, ces oiseaux anthropophages sont les cruelles harpies
citées par Virgile, le poète de Mantoue.
Pour
le bien de la grande cause pour laquelle nous, les frères
du Mouvement gnostique, luttons tous, je vais retranscrire
maintenant quelques paragraphes de l'Enéide.
Nous
approchons des îles Strophades, qui se trouvent dans
la mer Ionienne et où habitent les immondes harpies
(sorcières horripilantes, djinns noirs), monstres
à la tête et au cou de femmes, autrefois jolies
demoiselles, mais qui maintenant sont transformées
en Furies, dont le contact corrompt quand elles frappent.
L'exécrable Séléné les commande,
et, pourvues de longues serres, elles ont toujours sur le
visage la pâleur de la faim.
Sans
penser à elles, nous arrivâmes à cette
terre, et, à peine débarqués, rencontrâmes
un troupeau de vaches belles et lustrées, qui paissaient
sans que personne ne les garde.
Affamés
comme nous l'étions, nous ne tardâmes pas à
les sacrifier pour rassasier notre appétit de leur
viande fraîche. Mais alors que nous étions
en plein banquet, les harpies (sorcières) descendirent
des montagnes, croassant comme des corbeaux et battant des
ailes, et elles approchèrent de notre nourriture
leurs bouches immondes.
La
viande se corrompit et la puanteur infestait l'air. Alors,
nous crûmes qu'il nous serait impossible de les fuir
et changeâmes d'endroit, nous réfugiant près
des cavernes à l'écart de la plage. Mais pour
la seconde fois, comme nous nous disposions à manger
après avoir sacrifié de nouvelles bêtes,
ces monstres (ces oiseaux anthropophages) revinrent, et
abîmèrent de nouveau nos aliments. Remplis
de colère, mes hommes se disposèrent à
l'attaque et s'armèrent d'arcs et de javelots pour
exterminer ces êtres si horribles. Mais leur peau
ne se laissait pas traverser par le bronze et leurs flancs
étaient invulnérables. Alors l'affreuse Séléné
dit en criant tandis qu'elle voltigeait au-dessus de nos
têtes :
Pourquoi
nous faites-vous la guerre, insensés ?.
Les
Dieux nous ont faites immortelles.
Nous
vous avons attaqués non sans justice parce que vous
avez sacrifié de nombreuses vaches de notre troupeau.
En
châtiment, je vais vous frapper d'une malédiction.
Enée et ses rejetons erreront sur la mer avant de
trouver la terre qu'ils cherchent et ils souffriront de
la faim.
Ils
ne pourront ériger les murailles de leur nouvelle
ville tant que de faim, ils ne se trouvent dans l'obligation
de dévorer leurs propres mains.
Ces
étranges paroles nous remplirent de consternation.
Priant les Dieux pour qu'ils écartent de nous de
telles menaces, nous abandonnâmes cette triste terre
et nous rembarquâmes.
Cet
insolite récit occulte et ésotérique
s'arrête ici. Continuons maintenant avec les explications.
Beaucoup
de ces harpies abyssales, surprises en flagrant délit,
ont été capturées avec certains procédés.
Quelques
traditions antiques disent : si nous posons sur le sol une
paire de ciseaux ouverts en croix et si nous répandons
autour de cet instrument métallique de la moutarde
noire, n'importe quelle sorcière peut être
attrapée.
Ce
qui est étonnant, c'est que quelques illustres occultistes
ignorent que ces sorcières peuvent éluder
la Loi de la Gravitation universelle !.
Bien
que cette information paraisse étrange, nous affirmons
solennellement qu'il est possible de faire passer le corps
de chair et d'os dans la Quatrième Dimension.
Il
n'est pas du tout étonnant que ces sorcières,
avec leurs fainéants, parvenues avec leur corps physique
dans la Quatrième verticale (l'hyperespace), puissent
léviter et voyager en quelques secondes vers n'importe
quel endroit du monde.
Il
est évident qu'elles ont des formules secrètes
pour s'échapper physiquement de ce monde tridimensionnel
d'Euclide.
En
termes strictement occultistes, nous pouvons tout à
fait qualifier ces harpies sinistres et ténébreuses
du titre de djinns noirs, pour les différencier radicalement
des djinns blancs.
En
dépit de tout ce que dit la science officielle, l'organisme
humain, mis dans la Quatrième dimension, peut assumer
n'importe quelle figure, changer de forme.
Rappelez-vous,
aimables lecteurs, l'exécrable Séléné
et ses immondes harpies, les affreux oiseaux des îles
Strophades, dans la mer Ionienne.
Un
après-midi, peu importe la date, le jour ou l'heure,
assis au pied des grilles dans un vétuste cachot,
j'étudiais un ouvrage ésotérique.
Le
soleil se cachait dans les rouges incendies du crépuscule
et la lumière vespérale s'estompait lentement.
Soudain,
arrive une chose insolite, j'entends près de moi
un éclat de rire fracassant, sarcastique, moqueur,
d'une facture féminine.
Il
s'agit d'un de ces oiseaux anthropophages qui habitent le
lac Stymphale, une Calchone, une sorcière de mauvais
augure, une femme des sinistres sabbats.
La
perverse fuit et se cache dans les effrayantes ténèbres
des mondes infernaux.
Ainsi
commence mon intrépide descente dans les entrailles
vivantes du Règne minéral submergé
martien.
Avant
de monter, il est indispensable de descendre, c'est la loi.
Chaque exaltation est précédée d'une
épouvantable et terrible humiliation.
Annihiler
en moi-même ces éléments inhumains,
sorciers, ces oiseaux de mauvais augure, fut certainement
ma tâche dans le ténébreux Tartare.
Bien
que cela paraisse incroyable, par le caractère inhabituel
de l'information, il est urgent de savoir que tous les êtres
humains sans aucune exception portent dans leurs tréfonds
inconscients divers éléments de sorcellerie.
Cela
signifie que, dans le monde, il existe de nombreuses personnes
qui, sans le savoir, pratiquent inconsciemment la Magie
noire.
Sans
conteste, les saints eux-mêmes de toutes les religions
souffrent l'indicible lorsqu'ils s'autodécouvrent
; alors, ils peuvent vérifier le cru réalisme
de ces éléments inhumains qu'ils sont évidement
obligés d'éliminer de leur psychisme.
N'importe
quel adepte, mystique, ou saint, tant qu'il n'est pas mort
radicalement dans tous et chacun des départements
du subconscient, est plus ou moins noir.
C'est
ici un des grands motifs pour lesquels il ne nous est pas
faisable de condamner quiconque. « Que celui qui n'a
jamais péché jette la première pierre
».
A
cette époque de ma vie, je fus attaqué incessamment
et de façon impitoyable par les sinistres oiseaux
qui habitaient le lac Stymphale.
Dans
les diaboliques salons des ténébreux sabbats,
dans les Enfers martiens, je découvris avec étonnement
de nombreux frères du sentier rocailleux.
Il
s'agissait d'agrégats-sorciers que leurs personnalités
humaines ignoraient manifestement.
Une
fois conclus mes travaux dans les abîmes minéraux
de Mars, je montais victorieux, au cinquième Ciel,
le monde de l'Atman, la demeure rayonnante des Vertus.
Ce
fut ainsi que je retournais au Ciel de Mars ; je reconquis
alors ma place parmi ces êtres sublimes, position
divine que j'avais autrefois perdue.
L'objectif
de mes travaux dans les Enfers martiens avait été
atteint. Les éléments inhumains ayant été
éliminés de ma psyché, ma conscience
restait libre.
Les
fers intellectuels avaient été annihilés
et ma conscience libérée, hors de l'horripilante
prison du mental où elle était restée
si longtemps prisonnière, elle avait obtenu de fusionner,
de se mélanger avec Atman, l'Ineffable, mon Etre
Réel.
Ah
!, si les gens comprenaient ce qu'est la prison de l'intellect,
s'ils comprenaient qu'ils vivent prisonniers dans le cachot
du mental.
Dans
un complet bonheur, comme Homme-Esprit, dans le Ciel martien,
loin du corps, des affects et du mental, j'allais consciemment,
comme un oiseau de lumière resplendissante, antithèse
radicale de ces autres oiseaux sinistres du lac Stymphale.
Dans
ces moments de bonheur exquis, je dus passer près
de nombreuses oeuvres symboliques structurées en
fer pur.
C'est
la région d'Atman l'Ineffable, le monde du réalisme
le plus cru ; la dimension des mathématiques.
Dans
le monde tridimensionnel d'Euclide, nous ne percevons jamais
un solide de façon intégrale, unitotale, ici,
nous voyons seulement de façon subjective les angles,
les surfaces, etc.
Mais,
dans la région brillante d'Atman, non seulement nous
percevons les solides de façon intégrale,
mais en outre les hypersolides, y compris la quantité
exacte d'atomes qui ensemble constituent la totalité
de n'importe quel corps.
Incontestablement,
dans le Ciel de Mars, nous jouissons réellement de
la perception objective la plus complète.
Comme
je me sentais heureux dans cette région aux possibilités
infinies !. Mais tout n'est pas que fêtes dans la
vie, il existe aussi la souffrance, tu le sais.
Le
siège du Jugement céleste où s'administre
la Justice objective intervient toujours.
Un
jour, heureux dans le monde d'Atman, je vis venir à
moi un Juge de la Loi de la Katance (le Karma supérieur).
Il
s'assit devant une table et moi, avec beaucoup de respect
et de vénération, j'eus alors à répondre
de ces charges :
«
Vous avez critiqué beaucoup de gens dans vos livres
», dit le Hiérarque.
Je
suis combatif de nature et répondis vivement.
«
On le condamne à sept jours de prison » (Telle
fut la sentence).
Je
dois confesser franchement et sans ambages qu'en entendant
la sentence, je fus un peu cynique.
La
question me semblait être une stupide affaire de police,
comme lorsqu'un garçon se bat avec un autre du même
âge et qu'on les met quelques heures en cellule.
Mais
alors, dans le plein accomplissement de la sentence, je
sentis que ce châtiment était terriblement
douloureux.
Sept
jours dans l'horrible cachot du mental et après m'en
être émancipé.
Sept
jours symboliques d'amertume dans la prison effrayante de
l'intellect. Aïe !, aïe !, aïe !.
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