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3M34 Conclusion des Travaux Lunaires
Après
avoir réduit en poussière cosmique Mara, le
Père des trois Furies, il me fallut affronter les
bêtes secondaires de l'abîme.
Le jour finissait doucement, l'air délicieux de la
nuit invitait les êtres vivants qui peuplent la terre
à se reposer de leurs fatigues et moi, misérable
ver de la boue terrestre, j'étais seul à vouloir
soutenir les combats du chemin et des choses dignes de compassion
que ma mémoire écrira sans erreur.
Ô
Muses ineffables !, ô Grand Esprit divin !, venez
à mon aide. Inspirez-moi pour que mon style ne trahisse
pas la nature du sujet.
Le
tonnerre interrompit ma profonde rêverie si fortement,
que je fus comme un homme qui s'éveille brusquement,
je me levais, et, promenant les yeux autour de moi, je fixais
mon regard pour reconnaître le lieu où je me
trouvais ; je me vis alors dans une maison solitaire près
d'un chemin ténébreux.
Assis
dans un fauteuil rustique près de la fenêtre
d'où l'on voyait bien le sentier escarpé,
j'évoquais très sincèrement les temps
passés.
Certainement,
à une autre époque, je m'étais trouvé
là dans la demeure de l'abîme et devant le
même chemin.
Rien
de cela ne me paraissait nouveau, je compris que j'étais
en train de récapituler les Mystères ; me
levant du fauteuil, j'ouvris la vieille porte de cette demeure
et sortis en marchant doucement, doucement, doucement sur
le chemin solitaire.
D'un
coup d'oeil balayant l'espace du regard aussi loin qu'il
est possible à la pénétration de la
vue spirituelle, je vis ce parage triste, sombre et dévasté.
Le
sol était humide et je dus m'arrêter brusquement
devant un câble électrique qui gisait tendu
par terre.
Un
câble de cuivre chargé à haute tension
?. Quelle horreur !. Et j'étais sur le point de marcher
dessus.
«
Il est préférable de mourir libre que de vivre
prisonnier », ainsi clama la voix du silence dans
la nuit du mystère.
Et
moi qui, alarmé, avais l'intention à cet instant
précis de reculer, je me sentis réconforté.
J'avançais
résolument dans ces parages sublunaires, le long
de la tortueuse sente abyssale.
Le
sentier escarpé tourna brusquement à gauche
et pénétra à travers des collines très
pittoresques.
Sur
celles-ci, je vis quelque chose comme un parc national le
dimanche, un rassemblement bigarré de créatures
humaines qui semblaient jouir délicieusement de la
prairie.
Pour
l'amusement de beaucoup, quelques vendeurs ambulants allaient
et venaient ici et là, en vendant des ballons de
couleurs.
Vivant
symbole de la vie profane, ainsi le compris-je, mais il
est sûr que j'avais aimé vivre tout cela avec
intensité.
J'étais
si absorbé par cela, contemplant les foules de toujours,
lorsque soudain, voici qu'une chose insolite et inhabituelle
se produisit, il me sembla qu'un moment, le temps s'arrêta
réellement.
En
ces instants de terreur surgit d'entre les broussailles
un loup sanguinaire qui, féroce et l'air méchant,
essaie en vain d'agripper sa proie ; devant lui, fuyant
la Parque impitoyable, quelques poules caquettent, désespérées.
Extraordinaire
symbole occulte : volatile de basse-cour, pusillanime, craintif,
timide. Loup sanguinaire, cruel, impitoyable.
Peur
!, terreur !, épouvante !, états humains sublunaires
de l'infraconscience humaine, et moi qui croyais être
mort à moi-même, j'ignorais l'existence de
ces agrégats psychiques dans mes propres enfers atomiques.
Heureusement,
jamais durant la lutte difficile, je n'oubliais la Lance
sainte ; grâce à ma Divine Mère Kundalini,
j'en ai surpassé beaucoup en force et en habileté
à la Lance.
Ayant
déjà fait tomber les principaux démons-mois,
viles personnifications de mes horribles défauts
infrahumains, mes Travaux lunaires se conclurent d'une façon
épique en mettant à mort avec la sainte Haste
de nombreuses autres bêtes infernales.
Il
n'est pas superflu de dire que j'amassais un très
riche butin de guerre après de nombreuses et sanglantes
batailles.
Je
veux mentionner particulièrement ces multiples gemmes
précieuses de ma propre existence, ces grains de
conscience tapis, embusqués, parmi ces horripilantes
engeances de l'Enfer.
La
dernière partie du travail eut un caractère
complètement atomique. Il n'est pas facile d'expulser
les intelligences malignes de leurs habitacles nucléaires.
Cela
est certainement ce que l'on comprend par transformer les
eaux noires en blanches.
Maintenant,
ces atomes sont devenus les véhicules merveilleux
de certaines intelligences lumineuses.
Etincelles
magnifiques, atomes capables de renseigner sur les activités
de l'ennemi secret.
Une
nuit de gloire, j'eus l'honneur le plus grand qui se puisse
offrir à un être humain : je fus visité
par le Christ cosmique. L'Adorable portait un grand livre
dans la main droite tandis qu'il me disait : « Rends-toi
à présent à la sphère de Mercure
».
En
voyant le Maître, je ne pus que m'exclamer en disant
: « Seigneur !, vous êtes arrivé plus
vite que je ne pensais. Je ne vous attendais pas encore
».
Le
Christ vivant répondit doucement : « Je tarde
parfois quand je dois venir au mois de Mars. Tu dois toujours
continuer à mourir ».
«
Comment ?, continuer à mourir ?, toujours ? ».
«
Oui », répondit l'Adorable, « tu dois
continuer à mourir », répéta-t-il.
Ce
qui arriva ensuite fut prodigieux. Le Maître s'éleva
lentement vers le Soleil de Minuit, se détachant
ensuite un peu de l'Astre-Roi pour me bénir et pardonner
mes anciennes erreurs.
Ce
fut ainsi que j'obtins ma réintégration au
Premier Ciel, la demeure des anges ineffables.
J'étais
sans conteste un ange déchu, mais il est clair que
j'avais été pardonné.
Dans
la Cathédrale de l'Ame, il y a plus de joie pour
un pécheur repenti que pour mille justes qui n'ont
pas besoin de repenti.
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