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3M31 Le Ciel Lunaire
Le
Grand-OEuvre individuel s'accomplit donc sous la domination
zodiacale des Puissances titanesques.
Les douze travaux d'Hercule, prototype de l'homme véritable,
indiquent, révèlent la voie secrète
qui nous conduit jusqu'au grade de Maître parfait
et de Grand Elu.
D'abord
vient la capture et la mort du Lion de Némée,
la force des instincts et des passions incontrôlées
qui dévastent et dévorent tout.
En
extase, je fus mené conscient jusqu'au monde lunaire
(ou monde astral). Alors, je reçus des conseils d'une
infinie sagesse.
Mon
Ame fut émue au plus profond d'elle-même à
la rencontre de l'Ancien du temple des deux fois nés
; notre cher Recteur, le vieux sage, semble avoir toutes
les caractéristiques du citron, mais il est ostensible
qu'il rayonne d'un amour infini.
Je
compris que pour avoir le droit d'accéder au Ciel
lunaire (Astral supérieur), je devais d'abord descendre
aux Enfers sélénites (Astral inférieur)
et affronter courageusement les trois Furies.
En
écrivant ces lignes, me vient en mémoire ce
passage initiatique dans lequel Ginès de Lara, conduit
par son Maître, contemple étonné les
eaux miroitantes du lac.
«
Regarde maintenant par ici ! » s'exclame le Mahatma.
Et,
les cheveux dressés sur la tête, Ginès
regarda et vit deux choses qu'aucun mortel n'a jamais vues
mais qui n'en sont pas moins étonnantes et certaines.
Il
vit d'abord, comme à travers un télescope
géant, les habitants de ce côté-ci de
la Lune, êtres malheureux au-delà de toute
mesure, et dont la nature et l'origine sont gardées
en grand mystère par « ceux qui savent tout
».
Il
vit ensuite quelque chose de plus merveilleux encore, le
secret de l'autre côté du satellite, celui
de la face cachée d'où jamais on ne vit la
Terre misérable, lieu où un mystique a voulu
situer le Paradis d'Hénoch et d'Elie, les deux Djinns
du peuple hébreu.
Après
cette petite digression, revenons au sujet du présent
chapitre.
Quand
je voulus grimper à l'échelle symbolique de
Jacob, le Vieillard Sacré du Temple arracha de l'arbre
de la connaissance, l'arbre de la Science du Bien et du
Mal, une branche à la senteur délicieuse,
il me la fit sentir, cette fragrance était sûrement
nirvanique, « Pour que tu puisses monter, respire
toujours l'odeur de cette branche », telles furent
les paroles de l'adepte.
Incontestablement,
nous devons pratiquer le Sahaja Maïthuna, respirer
le parfum délicieux du fruit défendu mais
sans manger celui-ci, telle est la loi.
Dans
les abîmes de Séléné, je commençais
mon travail en détruisant Judas, le démon
du désir.
Il
est inutile de préciser qu'heureusement et grâce
à l'aide directe de ma Divine Mère Kundalini
l'horripilant démon du désir fut réduit
en cendre.
Un
peu plus tard, je dus poursuivre ma tâche avec l'inquiétant
démon du mental qui nous procure tant d'amertume,
l'abominable Pilate de tous les temps.
Annihilation
!, terrible mot. Ce fut la fin catastrophique du fatal Pilate
qui me tourmentait.
Plus
tard, je poursuivis mon travail dans l'abîme par l'attaque
de Caïphe, le démon de la mauvaise volonté,
la plus détestable des trois Furies classiques qui
habitent en chacun de nous.
La
troisième Furie mourut certainement après
avoir reçu plusieurs coups de lance dans le corps.
Rien
n'égalait son horrible aspect, personne n'avait dans
sa chevelure autant de serpents, ses soeurs mêmes
la craignaient, la misérable brandissait dans ses
mains toutes les venimeuses Gorgones de l'Enfer.
Je
pus vérifier d'une façon claire et étonnante
tout le processus de la mort des trois Furies.
Il
est incontestable qu'elles passèrent par toutes les
métamorphoses magiques chantées par Ovide.
Si,
au début, ces métamorphoses furent gigantesques
et horribles, comme le monstre Polyphème de la terre
maudite, qui dévora implacablement les compagnons
d'Ulysse, elles revêtirent ensuite, à l'instant
d'atteindre la Parque souveraine, l'aspect de nouveau-nés.
Ces
ombres abominables, ces trois Traîtres, que j'avais
en moi, moururent fort heureusement.
Aïe
!, aïe !, aïe !. Que serais-je devenu sans l'aide
de ma Divine Mère Kundalini ?.
J'invoquais
ma Mère du fond de l'abîme et elle empoigna
la lance d'Eros.
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