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3M19 Persécutions
Sur
les versants tropicaux de la Sierra Nevada, au bord de la
Macuriba ou Mer des Caraïbes, je dus récapituler
patiemment les divers processus ésotériques
et initiatiques de la Troisième, Quatrième
et Cinquième Initiations du Feu.
Je vivais là dans l'austérité avec
un groupe choisi d'étudiants gnostiques, très
loin de tous ces sots, imbéciles et stupides du vain
intellectualisme.
Probes
et irréprochables Anachorètes gnostiques,
nous avions avec reconnaissance construit une modeste demeure
avec le bois de ces forêts.
Je
tiens à évoquer maintenant, ne serait-ce qu'un
instant, tous ces hommes illustres, dont certains se distinguent
en ce moment en tant que notables Missionnaires internationaux.
Depuis
mon antique terre mexicaine, je vous salue, valeureux messieurs
de la cordillère enneigée sud-américaine
!.
Je
veux inclure aussi mes salutations à leur épouse
et à leurs enfants et aux enfants de leurs enfants.
Comme
j'étais heureux lorsque j'habitais ce refuge forestier
dans le profond bocage loin du tumulte du monde !.
Je
retournais alors aux Paradis élémentaux de
la Nature et les Principes du Feu, des Airs, des Eaux et
de la Terre parfumée me livrèrent leurs secrets.
Un
jour, peu importe lequel, quelques-uns de ces Cénobites
du Gnosticisme universel frappèrent à la porte
de ma demeure avec impatience et me supplièrent d'éteindre
le feu.
L'incessant
crépitement de l'élément igné
avançait, terrifiant, à travers l'épais
taillis, calcinant tout ce qui se trouvait sur son passage.
Un
épouvantable embrasement menaçait les cultures
et les maisons.
C'est
en vain que l'on creusa des tranchées et des fossés
dans le but d'arrêter la marche triomphale du feu.
L'élément
igné et ardent traversait tous les fossés
et entourait en les menaçant dangereusement les abords,
les environs, les alentours et le voisinage.
Il
est évident que je n'ai jamais été
pompier ou avaleur de fumée, comme on surnomme avec
sympathie ces héroïques serviteurs publics.
Mais,
je confesse franchement et sans ambages qu'à ce moment-là,
le sort de tous les frères gnostiques était
entre mes mains. Que faire ?.
Je
désirais ardemment leur rendre service de la meilleure
façon possible et ce fut sans aucun doute une de
mes meilleures opportunités.
Il
aurait été infantile, absurde et même
ingrat de nier une aide aussi urgente. On ne paie pas seulement
du Karma pour le mal que l'on fait, mais aussi pour le bien
que l'on néglige de faire lorsqu'on peut le faire.
Ainsi,
je résolus d'opérer par magie : en avançant
à pied jusqu'au brasier titanesque, je m'assis tout
près de là et me concentrais sur l'Intime.
En
priant secrètement, je le suppliais d'invoquer Agni,
l'important et illustre Dieu du Feu.
L'Intime
entendit ma prière et clama d'une voix forte, comme
un rugissement de lion, en appelant Agni, et sept coups
de tonnerre répétèrent ses appels.
Promptement
se trouva à mes côtés le brillant Seigneur
du Feu, le resplendissant Fils de la Flamme, l'Omnimiséricordieux.
Je
le sentis dans toute la présence de mon Etre et le
priais au nom de la Charité universelle, de dissiper
cet incendie.
Il
est certain que le béni Seigneur de Perfection considéra
ma demande juste et parfaite.
Une
suave brise parfumée surgit de façon inaccoutumée
du bleu mystérieux du bocage profond et modifia totalement
la direction de ces langues de feu et alors le feu se dissipa
entièrement.
Un
autre jour : alors que je parlais devant des Cénobites
gnostiques dans une belle clairière d'un bois profond,
très proche des cabanes, nous nous vîmes soudain
menacés par une averse torrentielle.
Je
me concentrais ardemment sur l'Intime en priant intensément
et en lui demandant d'invoquer Paralda, le Génie
Elémental des anxieux Sylphes de l'air.
Ce
Deva accourut, olympien, avec l'intention évidente
de m'aider ; j'appréciais la magnifique opportunité
qui m'était offerte et je le priais d'éloigner
les nuages orageux des environs.
Incontestablement,
ces derniers s'ouvrirent pour former un cercle au dessus
de nos têtes et ensuite s'éloignèrent
devant les mystiques étonnés de ce coin de
l'amour.
A
cette époque, les frères gnostiques voyageaient
toutes les semaines jusqu'aux plages sablonneuses du point
orageux.
Litelantes
chargeait ces pénitents sincères de nous apporter
du poisson et même des légumes et des fruits
qu'il n'était pas possible de cultiver dans la Sierra
Nevada, en raison de l'appétit féroce des
implacables fourmis.
Ces
créatures involutives, insatiables, dévoraient
les fleurs, les fruits et la verdure, et rien certainement
n'était en mesure de les en empêcher.
Ainsi
est le grouillement de la forêt, les Divins et les
Humains le savent bien. Les rondes nocturnes des tambochas
ou fourmis sont certainement effrayantes.
Les
serpents venimeux comme le terrible Talla X et d'autres
connus classiquement depuis l'antiquité sous les
noms de Crotale, Serpent Corail et Fer de Lance prospéraient,
effrayants, ici, là et partout.
Je
me souviens encore d'un vieux guérisseur de la montagne
appelé Jean ; cet homme habitait avec sa femme au
plus profond de la forêt.
Comme
le bon Samaritain de l'Ancien testament cet homme soignait
les humbles montagnards mordus par les vipères avec
ses précieux baumes.
Malheureusement,
cet homme haïssait les serpents et, implacable et vengeur,
il les tuait sans aucune considération.
«
Ami Jean, lui dis-je un jour, vous êtes en guerre
contre les vipères et celles-ci se préparent
à se défendre ».
«
Nous verrons qui gagnera la bataille. Je déteste
les serpents ».
«
Il vaudrait mieux que vous les aimiez ; souvenez-vous que
les serpents sont clairvoyants ; le merveilleux zodiaque
resplendit dans l'aura astrale de ces créatures et
ils savent par l'expérience directe ceux qui les
aiment vraiment et ceux qui les détestent ».
«
Je ne peux pas les aimer. Je sens que mon corps se décompose
quand je les vois. Le serpent qui traverse mon chemin, je
le tue ».
«
Ô bon vieillard !, douze serpents vous ont déjà
mordu et quand le treizième vous blessera, vous mourrez
».
Un
peu plus tard, le vieillard fut mordu par un terrible serpent
qui l'attendait, caché, enroulé trois fois
et demie.
Ma
prophétie s'était accomplie ; le vieux guérisseur
mourut avec l'Arcane treize de la Kabbale ; aucun de ses
amis ne put trouver le serpent venimeux.
Le
vieux médecin portait toujours dans sa gibecière
quelques plantes merveilleuses ; rappelons les cinq capitaines
:
-
Capitaine seule-suffisante ;
-
Capitaine générale ;
-
Capitaine siffleuse ;
-
Capitaine vigoureuse ;
-
Capitaine langue de cerf.
Des
végétaux miraculeux non classifiés
par la botanique et connus dans la Sierra Nevada seulement,
près des eaux tumultueuses de la Macuriba.
Des
plantes extraordinaires au moyen desquelles le vieux guérisseur
du bois solitaire soignait les victimes des serpents.
Il
n'y a pas de doute que le vieillard les utilisait savamment
de façon thérapeutique ; il les prescrivait
sous forme orale comme les thés ou tisanes ou sous
forme externe, en faisant laver la ou les blessures, selon
sa connaissance de ces végétaux.
Les
Ermites gnostiques de la Sierra Nevada ne tuaient jamais
les dangereuses vipères ; ils apprirent à
les aimer sincèrement.
En
conséquence de ce procédé, ils gagnèrent
la confiance de ces terribles serpents ; maintenant, de
tels serpents venimeux se sont convertis en gardiens du
Temple.
Quand
ces anachorètes de la montagne voulaient éloigner
les serpents, ils chantaient pleins de foi les mantras suivants
: Osi Osoa Osias.
Chaque
fois que ces Ermites désiraient vraiment enchanter
magiquement les terribles serpents, ils prononçaient
les mystérieuses paroles : Osi Osoa Osias.
Jamais
aucun mystique de cette montagne n'a ôté la
vie au moindre serpent ; ces Cénobites apprirent
à respecter toute existence, mais il y a certaines
exceptions ; tel est le cas du précieux serpent à
sonnettes !.
Le
Cancer.
Au
nom de la Vérité, je dois consigner dans ce
livre l'énoncé suivant : le remède
infaillible contre le terrible cancer a déjà
été découvert et celui-ci se trouve
dans le serpent à sonnettes !.
Formule
salvatrice : sacrifier cet animal. Eliminer les sonnettes
et la tête (ces parties ne sont pas utiles). Le mettre
à sécher, au soleil ou au chaud dans la terre
froide.
Broyer
la chair utilisable jusqu'à la réduire en
poudre fine. Enfermer cette substance dans des capsules
vides que l'on peut obtenir dans n'importe quelle pharmacie.
Dose
: prendre une capsule chaque heure.
Observation
: continuer le traitement jusqu'à la guérison
complète.
Avertissement
: le malade devra éliminer radicalement tout remède
et se limiter exclusivement au traitement par le serpent.
Les
Eperviers.
En
ce moment me reviennent à l'esprit des réminiscences
sylvestres, des souvenirs de montagne, des évocations
sauvages.
Combien
ces pénitents ont souffert de ces cruels oiseaux
de proie !. Les astucieux éperviers dévastaient
les basses-cours en enlevant dans leurs serres les poules
et les poulets.
Je
vis de nombreuses fois ces vilains oiseaux sanguinaires
posés sur les branches des arbres voisins, guettant
leurs victimes sans défense.
Manger
et être mangé est la Loi de l'Eternel Trogoautoégocrate
cosmique commun. L'alimentation réciproque de tous
les organismes.
Incontestablement,
une telle réciprocité, correspondance et mutualité
proviennent intimement de l'élément actif
omniprésent Okidanokh.
Persécutions.
Comme
nous étions heureux dans nos cabanes du bois solitaire
!. Malheureusement, de nouvelles persécutions arrivèrent.
Des
gens profanes des villages voisins se consacrèrent
à la tâche, assurément pas très
belle, de propager contre nous de fausses nouvelles diffamantes.
Les
commérages des femmes, la fourberie des hommes, les
ragots, les médisances, les cancans assumèrent
des figures monstrueuses et la tempête éclata.
Il
est indéniable que je fus converti en personnage
central du drame, celui contre qui furent lancés
tous les traits, tous les cancans, tous les coups de fusil.
Cet
ordre des choses allait chaque jour de mal en pis et finalement,
surgit de là, le cafard, le mouchard, le délateur.
La
police alertée me cherchait n'importe où avec
l'ordre catégorique de m'appliquer le délit
de fuite.
Je
n'étais certainement pas pour ces pauvres gendarmes
un simple séditieux ou agitateur du peuple dans le
style de Paul de Tarse, mais quelque chose de pire : un
sorcier de l'Averne échappé d'un mystérieux
sabbat, un drôle d'oiseau de mauvaise augure, un monstre
qu'il était indispensable d'enfermer ou de tuer.
Par
une nuit étoilée, me trouvant en état
d'extase, je reçus la visite d'un Mahatma qui me
dit en prenant la parole :
«
Beaucoup de gens armés sont à ta recherche,
tu dois t'en aller par un autre chemin ».
Il
n'est pas inutile d'affirmer avec insistance que j'ai toujours
su obéir aux ordres de la Fraternité Blanche
Universelle.
Profitant
du silence nocturne, je descendis de la montagne par un
chemin escarpé et difficile. Sur le Plat, comme les
Ermites gnostiques appellent la zone côtière,
hors de la Sierra, je fus recueilli par un étudiant
gnostique. Il nous transporta dans sa voiture, jusqu'à
une belle cité.
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