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3M12 L'Eglise Gnostique
Ceux
qui sont déjà passés sur l'autre rive
savent bien ce que sont les rigoureuses ordalies de l'Initiation.
Ce n'est pas un délit de se séparer du monstre
aux mille visages (l'humanité), afin de l'aider efficacement.
A
l'âge de trente ans, je fus soumis à de terribles
et terrifiantes épreuves. Ce que je vis alors, ce
qui m'arriva, vaut bien la peine d'être raconté.
Lorsque,
la nuit du mystère, je sentis près de moi
le hurlement de l'ouragan, alors, je compris.
Je
me trouvais si seul, cette nuit-là, et cependant,
où que je me trouve, ici, là ou là-bas,
très vite, je me vis entouré par une foule,
sans savoir comment les gens arrivaient vers moi, et ensuite.
De
nouveau seul, l'ouragan se mit à hurler, je compris
alors ce que le vent emportait. Aujourd'hui je parle, parce
que.
Quelle
rumeur,
Au
loin sonne,
Et
a brisé le silence,
Dans
la nuit noire et sereine.
Est-ce
du cheval la course rapide,
Tendu
dans une échappée volante,
Ou
l'âpre rugissement de la lutte affamée,
Ou
cette fois le sifflement de l'Aquilon,
Ou
l'écho rauque d'un lointain tonnerre,
Qui
résonne dans les profondes cavernes,
Ou
la mer qui annonce de son sein gonflé,
Un
nouveau Luzbel, sur le trône de son Dieu ?.
Car
tous ces spectres de la nuit du mystère ont été
vus aussi par le poète qui chanta ainsi :
Un
épais brouillard,
Couvre
le Ciel,
Et
se peuple,
D'esprits
errants et vaporeux,
Qui
croisent le vent,
Ici
et là,
Et
innombrables,
Et
ils prennent ici,
Et
tournent là-bas,
Puis
se joignent,
Et
s'éloignent,
Maintenant
se cachent,
Maintenant
apparaissent,
Ils
errent, ils volent.
Un
essaim de vains fantasmes,
Aux
formes diverses et aux couleurs variées,
Erre
en chevauchant des chèvres, des serpents, des corbeaux,
Et
des manches à balai, avec une sourde rumeur.
Ils
passent, fuient,
Tournent,
croissent,
Diminuent,
S'évaporent,
Se
colorent,
Et
parmi les ombres,
Et
les reflets,
Proches
et lointains,
Maintenant
se perdent ;
Puis
ils m'évitent,
Avec
crainte ;
Maintenant
ils s'agitent,
Avec
fureur,
Dans
une danse aérienne fantastique,
Autour
de moi.
Au
milieu de tous ces cris, hurlements, sifflements, hennissements,
grincements, beuglements, croassements, miaulements, aboiements,
mugissements, ronflements et coassements, il continue à
entendre, le voyant poète, en nous parlant avec des
mots qui sont des coups de pinceaux livides et phosphorescents
du Greco dans des apparitions extraordinaires comme celles
des Caprices de Goya.
De
toutes parts, des boucliers avec des lions rampants, des
coquilles Saint-Jacques, des maures décapités,
des fleurs de lys et des truites, partout, des palais, de
grandes bâtisses en ruines, plus misérables
les unes que les autres.
Je
dus plusieurs fois affronter vaillamment les Puissances
noires dont parle l'apôtre Paul de Tarse dans le deuxième
chapitre de l'Epître aux Ephésiens.
L'adversaire
sans aucun doute le plus dangereux de cette nuit-là,
avait le titre fatal d'Anagarika. Je me réfère
ici avec insistance au démon Chérenzi.
Cette
répugnante créature ténébreuse
avait enseigné au monde le Tantrisme noir (la Magie
sexuelle avec éjaculation séminale).
Le
résultat apparaissait au premier coup d'oeil : une
queue diabolique développée et des cornes
horripilantes.
Ce
tantrique de la main gauche se trouva en ma présence,
accompagné de deux autres démons.
Il
semblait très satisfait de son Abominable Organe
Kundartiguateur, la terrible et satanique queue de sorcier,
le feu sexuel projeté du coccyx vers les enfers atomiques
de l'homme : conséquence et corollaire du tantrisme
noir.
A
brûle-pourpoint, comme on dit par ici, je lui décochais
la question suivante : « Tu me connais donc ? ».
Réponse
: « Oui !, je t'ai vu un soir dans la ville de Bacata
alors que je donnais une conférence ».
Ce
qui arriva ensuite ne fut pas des plus agréables.
Cet Anagarika m'avait reconnu et, furieux, lançait
du feu par ses yeux et sa queue. Il voulut me blesser violemment.
Je me défendis avec les meilleures conjurations de
la Haute-Magie et finalement, il prit la fuite avec ses
deux acolytes.
Solitaire,
je continuais mon chemin dans la nuit du mystère
; l'ouragan hurlait.
Au
plus profond de ma conscience, j'avais l'étrange
sensation de faire mes adieux à tout et à
tous.
Haletant,
épuisé, après avoir lutté plusieurs
fois contre la tyrannie du prince des puissances de l'air,
qui est l'esprit qui règne maintenant sur les fils
de l'infidélité, j'entrais dans l'Eglise gnostique.
Un
Temple d'un marbre si lumineux, qu'il ressemblait plutôt
à du cristal, du fait de sa rare transparence.
La
terrasse de cette Eglise transcendée dominait, invaincue,
comme une acropole glorieuse, l'entourage solennel d'une
pinède sacrée.
De
là, le firmament resplendissant et constellé
d'étoiles pouvait être contemplé comme
autrefois dans les Temples atlantes, ces Temples aujourd'hui
enfouis, chantés avec nostalgie par l'extraordinaire
poésie de Maeterlink, d'où Asuramaya, l'astronome
disciple de Nadara, les premières observations pour
découvrir les cycles chronologiques de milliards
d'années, il enseigna ensuite ses découvertes
à ses chers élèves à la lumière
blafarde de la Lune, ainsi que le pratiquent aujourd'hui
ses pieux successeurs.
J'entrais
lentement en marchant très doucement et dans une
attitude déférente dans le lieu saint.
Mais,
quelque chose me surprend. Je vois un personnage qui, en
traversant mon chemin, me barre la route. Une autre bataille
?. Je me prépare à me défendre, mais
le personnage sourit doucement et s'exclame d'une voix paradisiaque
:
«
Tu ne me reconnais pas ?, mais moi, je te connais bien !
».
Ah
!, je le reconnais enfin, c'est mon Gourou Adolphe, que
j'ai toujours appelé par son diminutif Adolfito,
par Dieu et Sainte-Marie ; mais qu'étais-je en train
de faire ?.
«
Maître, pardonne-moi !, je ne t'avais pas reconnu
».
Mon
Gourou me conduit en me tenant la main vers l'intérieur
de l'Eglise gnostique. Le Mahatma s'assied et m'invite ensuite
à m'asseoir à côté de lui : impossible
de décliner une si splendide invitation.
Le
dialogue qui suivit entre Maître et Disciple fut sans
aucun doute extraordinaire.
«
Ici, dans l'Eglise gnostique, dit solennellement le Hiérophante,
vous pouvez seulement être mariés avec une
seule femme, pas avec deux ».
«
Toi, dans le passé, tu as donné de vaines
espérances à une certaine dame X, qui pour
cette raison, et malgré le temps et la distance,
continue toujours à t'attendre ».
«
Il est clair qu'inconsciemment, tu lui as fait beaucoup
de mal, mais elle, en t'attendant, vit en ville dans la
misère la plus complète ».
«
Cette dame ferait mieux de retourner au sein de sa famille
à la campagne et ainsi, de toute évidence,
ses problèmes économiques seraient résolus
».
Etonné
et perplexe en entendant de telles paroles, j'embrassais
mon Gourou, en le remerciant infiniment de ses conseils.
«
Maître, lui dis-je, que pourriez-vous me dire sur
mon épouse Litelantes ? ».
«
Oui, elle te sert pour la Magie sexuelle (Sahaja Maïthuna),
avec cette Dame-Adepte vous pouvez travailler dans la Neuvième
sphère (le Sexe) ».
«
Ô Gourou ; ce que je désire le plus ardemment
est l'Eveil de la Kundalini et l'union avec l'Intime. Coûte
que coûte ».
«
Mais qu'as-tu dit, ô disciple ?, coûte que coûte
? ».
«
Oui, Maître, je l'ai dit ».
«
Cette nuit, ici, nous avons payé quelqu'un et ensuite
nous lui avons confié la tâche de t'aider à
éveiller la Kundalini ».
«
Tu as passé l'épreuve Diréné
» s'exclama le Hiérophante, et en posant sur
ma tête un turban d'une blancheur immaculée
avec un bouton en or sur le devant, il dit : « Allons
vers l'autel ».
Je
me levais rapidement et avançais avec mon saint Gourou
vers l'Autel sacré.
Je
me souviens encore de l'instant solennel où, agenouillé
devant l'autel sacré, je dus prêter solennellement
serment.
«
Coûte que coûte ! » cria mon Maître
à voix haute, et cette phrase, en vibrant intensément,
se répéta ensuite de sphère en sphère.
Je couvris alors mon plexus solaire de la main gauche et
j'étendis la main droite sur le Saint-Graal en disant
:
«
Je le jure ! ».
Terrible
serment !.
D'authentiques
légendes de Castille, comme celle d'Alphonse VII
arrachant des mains des Maures d'Alméria la fameuse
écuelle ou Graal, ou mieux, la coupe, taillée
dans une énorme émeraude et qui fut utilisée,
dit-on, par le Grand Kabire Jésus pour la Dernière
cène, cette coupe est terriblement divine.
Jurer
devant la sainte Coupe !.
D'anciennes
légendes disent que Joseph d'Arimathie recueillit
dans cette coupe au pied de la croix sur la colline du Calvaire
le sang béni jaillissant de la blessure de l'Adorable.
Une
semblable coupe fut auparavant offerte par la reine de Saba
à Soliman ou Salomon, le roi solaire, et fut le patrimoine,
selon d'autres, des Tuatha de Danann, race djinn de Gaedhil
(la Galicie britannique).
On
ne sait pas comment cette relique vénérée
parvint à l'ermitage de Saint-Jean de la Pena dans
les Pyrénées et de là continua sa pérégrination
soit à la Salvatierra de Galice, soit à Valence
au temps de Jacques le Conquérant, soit à
Gênes où les Génois l'auraient reçue
en récompense de l'aide apportée à
Alphonse VII à Alméria.
Epilogue.
De
bon matin, j'écrivis à la noble dame affligée
qui m'attendait dans sa ville lointaine.
Je
lui conseillais, avec une infinie douceur, de retourner
à la terre de ses ancêtres et d'oublier mon
insignifiante personne qui ne vaut rien.
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