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3M07 La Méditation
Flanqué
de murailles intellectuelles, excédé par tant
de théories compliquées et difficiles, je
résolus de voyager vers les côtes tropicales
de la mer des Caraïbes.
Assis là-bas au loin comme un ermite de l'ancien
temps, à l'ombre taciturne d'un arbre solitaire,
je résolus d'enterrer tout ce cortège pénible
de vain rationalisme.
Avec
le mental en blanc, en partant du zéro radical, j'entrais
dans une profonde méditation et je cherchais à
l'intérieur de moi-même le Maître secret.
Je
confesse sans ambages et avec une totale sincérité
que je pris très au sérieux cette phrase du
testament de la sagesse antique qui dit textuellement :
Avant
que la fausse aurore ne se lève sur la Terre, ceux
qui survivront à l'ouragan et à la tourmente
loueront l'Intime et les héros de l'aurore apparaîtront
devant eux.
Je
cherchais évidemment l'Intime, je l'adorais dans
le secret de la méditation, je lui rendais un culte.
Je
savais que je le trouverais à l'intérieur
de moi-même, dans les recoins cachés de mon
âme, et les résultats ne se firent pas attendre
longtemps.
Plus
tard, je dus m'éloigner de la plage de sable pour
me réfugier dans d'autres terres et dans d'autres
lieux.
Mais,
où que je fusse, je continuais mes pratiques de méditation
; allongé sur le lit ou sur le dur plancher, je me
mettais dans la position de l'étoile flamboyante,
pieds et bras ouverts à droite et à gauche,
avec le corps complètement relaxé.
Je
fermais les yeux pour que rien au monde ne puisse me distraire
; je m'enivrais ensuite avec le vin de la méditation
contenu dans la coupe de la parfaite concentration.
Incontestablement,
au fur et à mesure que j'intensifiais mes pratiques,
je sentais que je m'approchais réellement de l'Intime.
Les
vanités du monde ne m'intéressaient pas ;
je savais bien que toutes les choses de cette vallée
de larmes sont périssables.
L'Intime
et ses réponses instantanées et secrètes
étaient les uniques choses qui m'intéressaient
réellement.
Il
existe des festivités cosmiques extraordinaires qui
ne peuvent jamais être oubliées et les Divins
et les humains le savent bien.
Au
moment où j'écris ces lignes, le souvenir
d'une aube agréable me vient à l'esprit.
Depuis
le jardin intérieur de ma maison, loin du corps planétaire,
humblement agenouillé, j'appelais l'Intime en le
réclamant à haute voix.
Le
bienheureux passa le seuil de ma demeure ; je le vis venir
vers moi d'un pas triomphant.
Vêtu
d'un précieux zéphyr et d'une ineffable tunique
blanche, l'adorable vint vers moi ; je le contemplais, heureux.
La
splendide couronne des Hiérophantes brillait sur
sa tête céleste ; tout son corps était
fait de la nature de la félicité.
Dans
sa main droite resplendissaient toutes les pierres précieuses
dont parle l'Apocalypse de Saint-Jean.
Le
Seigneur empoignait avec fermeté le Bâton de
Mercure, le sceptre des rois, le bâton des Patriarches.
En
me prenant dans ses bras, le Vénérable me
dit avec une voix de paradis des choses que les êtres
terrestres ne peuvent pas comprendre.
Le
Seigneur de Perfection me transporta alors à la planète
Vénus, très loin des ennuis de ce monde.
C'est
ainsi que je m'approchais de l'Intime par le chemin secret
de la profonde méditation intérieure, j'en
parle maintenant parce que.
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