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MFO29 Les Deux Ecoles
La
réalité (Li, en chinois) peut être vue
de manière soudaine, mais la matière (Shih,
en chinois) doit être cultivée de façon
progressive et ordonnée.
En d'autres mots, après avoir atteint l'extase, il
faut la cultiver jusqu'à son complet développement
et sa pleine maturité.
Ainsi,
le travail ésotérique consiste en deux aspects
principaux : la Vision et l'Action.
Pour
avoir une vision, il faut monter jusqu'au plus haut de la
montagne et regarder de là ; pour entreprendre le
voyage, il faut descendre jusqu'au fond de l'abîme
et commencer à marcher à partir de là.
Bien
que le temple Zen, qui est une forme merveilleuse du Bouddhisme
Mahayana, soit soutenu par les deux piliers de la «
Vision » et de « l'Action », il est ostensible
qu'il met tout spécialement l'accent sur la première.
Cela est reconnu clairement par le Gourouji I Shan, qui
a dit : « Ta vision et non ton action est ce qui m'importe
».
C'est
pour cela que les Maîtres Zen mettent toute l'emphase
sur l'extase, sur le Samadhi, sur le Satori, et concentrent
tous leurs efforts à conduire directement leurs disciples,
ou Chelas, vers l'extase.
L'école
tibétaine Jinayana est différente, et quoique
ses deux colonnes fondamentales soient aussi la «
Vision » et « l'Action », il est indiscutable
qu'elle appuie avec une solennité particulière
sur la seconde et qu'elle lutte inlassablement pour mener
ses dévots à la Neuvième Sphère
(la Sexualité).
Il
n'est pas superflu d'affirmer dans ce chapitre que les aspirants
de l'école Mahayana désirent en vérité
et avec une ardeur infinie l'expérience directe du
Vide Illuminateur.
En
aucune manière nous n'exagérerons les concepts
si nous affirmons avec une certaine véhémence
que les disciples de l'école Jinayana travaillent
avec ténacité dans la « Forge des Cyclopes
», la Sexualité, dans le but intelligent d'atteindre
l'Autoréalisation Intime du Vide Illuminateur.
Lorsque
le mental est tranquille, lorsque le mental est en silence,
en dedans, au-dehors et au centre, alors survient l'expérience
mystique du Vide ; cependant, il n'y a pas de doute qu'autoréaliser
le Vide est quelque chose de très différent.
Le
Vide n'est pas très facile à expliquer. Et
même, je vous dirai qu'il n'est pas définissable
ni descriptible.
Le
langage de ces humanoïdes qui peuplent la face de la
terre a été créé pour désigner
des choses et des sentiments existants ; il n'est pas adéquat
pour exprimer ce qui est au-delà du corps, des affects
et du mental.
Le
Vide Illuminateur n'est pas une question de connaître
ou ne pas connaître ; ce qu'il faut, c'est l'expérimenter
directement.
«
Vision » et « Action » se complètent
mutuellement. Les deux écoles citées s'avèrent
indispensables.
Voir
avec une lucidité infinie n'est possible qu'en l'absence
de l'Ego, du Moi-Même, du Soi-Même : il est
donc indispensable de le dissoudre. L'Action consciente
est le résultat du travail progressif dans la «
Forge des Cyclopes » (le Sexe).
La
Fleur d'Or établit l'équilibre harmonique
parfait entre la « Vision » et « l'Action
». L'Embryon d'Or, la fleur sublime est le fondement
extraordinaire du Bouddha intime.
Les
traditions archaïques millénaires disent qu'il
existe deux sortes de Bouddhas :
A)
les Bouddhas transitoires,
B)
les Bouddhas permanents.
Il
est ostensible que les premiers se trouvent en transit,
de sphère en sphère, luttant pour réaliser
en eux-mêmes le « Vide Illuminateur ».
Il
est incontestable que les seconds sont les Bouddhas de Contemplation
: ceux qui ont réalisé en dedans d'eux-mêmes
le « Vide Illuminateur ».
Dans
l'étude ésotérique du Zen, forme merveilleuse
de l'école Mahayana, nous rencontrons deux termes
chinois très intéressants : Chien et Hsing.
Utilisé
comme verbe, Chien signifie « voir », ou «
regarder » ; utilisé comme substantif, il signifie
« la vue », « l'entendement », ou
« l'observation ».
Hsing
signifie « la pratique », « l'action »,
« le travail ésotérique ». Il
peut également être utilisé comme verbe
ou comme substantif.
Chien,
dans son sens le plus intime, signifie tout l'entendement
mystique de l'enseignement bouddhique ; cependant, dans
le Zen, non seulement dénote-t-il l'entendement clair
et évident des principes et de la Vérité-Prajna,
mais il implique aussi la vision éveillée
qui surgit de l'Expérience, Wu (Satori, extase, Samadhi).
Chien,
dans ce sens transcendantal et divin, peut être compris
comme réalité vue ou comme une vision de la
réalité. Bien que cela signifie « voir
la réalité », cela n'implique pas la
possession ou la maîtrise de cette même réalité.
Hsing,
le travail fécond et créateur dans «
la Forge Ardente de Vulcain », est fondamental si
l'on veut la possession et la domination du « Réel
».
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