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MFO21 La Trahison
L'un
après l'autre, parmi plusieurs, de l'intérieur
des trois immondes bouches de ce ver abject qui traverse
le coeur du monde ressortent Judas, Brutus et Cassius.
Retourner aux méfaits de Rome et buter contre Brutus
marqué au couteau par la main de Dieu, être
à nouveau confronté à ces originaux,
savourer cette friandise vénéneuse, il n'y
a certainement là rien d'agréable, mais il
est indispensable de tirer du puits des siècles certains
souvenirs douloureux.
Transpercé
d'angoisse, sans gloriole aucune, en état «
d'alerte-nouveauté », je conserve avec énergie
le vivant souvenir de ma réincarnation romaine connue
sous le nom de Jules César. Je dus alors me sacrifier
pour l'humanité, établissant la scène
pour la quatrième sous-race de cette cinquième
grande Race-Racine qui est la nôtre.
Que
Dieu et Sainte-Marie m'assistent !. Si j'ai commis quelque
très grave erreur en cette antique époque,
ce fut de m'être affilié à l'Ordre de
la Jarretière ; cependant, il n'y a pas de doute
que les Dieux ont bien voulu me pardonner.
S'élever
jusqu'aux nuées sur ses amitiés n'est, en
vérité, rien de facile et, néanmoins,
il est évident que j'y suis parvenu, en surprenant
l'aristocratie romaine.
A
raconter tout ceci, je n'éprouve aucun orgueil, car
je sais bien que c'est seulement le Moi qui aime grimper
au sommet de l'échelle, se mettre en évidence,
etc. Je remplis le devoir de raconter, et c'est tout.
Lorsque
je partis pour la Gaule, je priais ma belle épouse,
Calpurnie, qu'à mon retour elle envoie à ma
rencontre nos deux fils.
Brutus
se mourait d'envie en se rappelant mon entrée triomphale
dans la ville éternelle ; cependant, il semblait
oublier à dessein mes épouvantables souffrances
sur les champs de bataille. Le droit de gouverner cet empire
ne me fut certainement pas donné en cadeau ; ils
savent bien, les Divins et les humains, tout ce que j'ai
souffert.
J'aurais
bien pu me sauver de la perfide conjuration si j'avais su
écouter le vieil astrologue qui était en visite
chez moi. Malheureusement, le Démon de la Jalousie
torturait mon coeur ; ce vieillard était très
ami avec Calpurnie et je n'aimais pas beaucoup cela.
Le
matin du jour tragique, au moment de me lever du lit conjugal,
la tête couronnée de laurier, Calpurnie me
raconta son rêve ; elle avait vu, dans une vision
nocturne, une étoile tombant du ciel sur la terre
et elle m'avertit en me supplia de ne pas aller au Sénat.
Inutiles
furent les suppliques de mon épouse : « J'irai
aujourd'hui au Sénat », répondis-je
de façon impérative.
Rappelez-vous
qu'aujourd'hui une famille amie nous a invités à
un dîner dans la banlieue de Rome ; vous avez accepté
l'invitation, répliqua Calpurnie.
Je
ne peux pas assister à ce repas, objectais-je.
Allez-vous
donc laisser cette famille nous attendre ?.
Je
dois aller au Sénat.
Quelques
heures plus tard, en compagnie d'un aurige, je roulais dans
un char de guerre en direction du Capitole de l'Aigle romaine.
J'y arrivais bientôt, au milieu des formidables vivats
des foules surexcitées.
«
Salut César ! », me criaient-elles.
Quelques
notables de la cité m'entourèrent dans le
vestibule du Capitole ; je répondis à des
questions, éclaircis quelques points, etc.
Tout
à coup, de manière inusitée, apparaît
devant moi le vieil astrologue, qui m'avait auparavant prévenu
des clignotements de Mars et des terribles dangers que cela
présageait ; il me remet en secret un morceau de
parchemin sur lequel sont notés les noms des conjurés.
Le
pauvre vieillard essaya de me sauver, mais tout fut inutile,
je n'en fis pas de cas ; en outre, je me trouvais très
occupé à prendre soin de tant d'illustres
Romains.
Ensuite,
me sentant invincible et invulnérable, avec cette
attitude césarienne qui me caractérisait,
j'avançais en direction du Sénat entre les
colonnes olympiennes du Capitole.
Mais,
malheur à moi !, les conjurés, derrière
ces héroïques colonnes, me guettaient ; le fil
tranchant du poignard assassin me déchira le dos.
Aguerri
à tant de batailles, instinctivement je tentais de
saisir mon épée, mais je sentis que je m'évanouissais
; je vis Brutus et m'exclamais : « Toi aussi, mon
fils ? ».
Puis,
la terrible Parque emporta mon âme.
Pauvre
Brutus !, le Moi de l'envie lui avait dévoré
les entrailles et il ne put y avoir d'autre résultat.
J'ai
eu deux autres réincarnations dans la Rome auguste
des Césars et ensuite des existences très
diverses avec un merveilleux Dharma en Europe, durant le
Moyen-Age et la Renaissance.
A
l'époque du terrible inquisiteur Thomas de Torquemada,
je me réincarnais en Espagne et ceci est une autre
histoire très intéressante.
Parler
de l'Inquisiteur en question et du Saint-Office ne s'avère
certes pas très agréable, cependant il convient
à présent de le faire.
J'étais
alors un marquis très célèbre et, par
malheur, je dus me mettre en contact avec cet exécrable
Inquisiteur aussi pervers que cet autre qui s'appelait Jean
d'Arbouse.
A
cette époque-là, je rencontrais à nouveau
le traître Brutus réincorporé dans un
nouvel organisme humain.
Quel
Comte incisif, mordant et ironique !. Il se moquait beaucoup
de ma personne. Que d'insultes !. Que de sarcasmes !.
En
aucune façon je ne voulais m'engager dans de nouvelles
disputes, je n'avais pas envie de me fâcher. La grossièreté,
la vulgarité, l'inculture de ce noble, m'étaient
épouvantablement désagréables, mais
je ne voulais pas l'offenser, il me semblait préférable
d'éviter de nouveaux duels et c'est pour cela que
j'eus recours à l'Inquisiteur.
Un
jour, de très bon matin, je me dirigeais vers le
palais d l'Inquisition, je devais chercher une solution
intelligente à mon problème.
Oh
!, Monsieur le Marquis !, Quel miracle de vous voir par
ici !, En quoi puis-je vous servir ?.
C'est
ainsi que répondit à mon salut le moine qui
était toujours à la porte du Palais où
opérait le « Saint-Office ».
Je
vous remercie, mon Révérend, dis-je, je viens
vous demander une audience avec le Sieur Inquisiteur.
Il
y a aujourd'hui beaucoup de visites, Monsieur le Marquis,
mais comme il s'agit de vous, je vais immédiatement
faire les démarches pour votre audience.
A
ces mots, le moine disparut pour réapparaître
devant moi quelques instants plus tard.
Entrez,
Monsieur le Marquis, j'ai obtenu pour vous l'audience.
Merci
beaucoup, mon Révérend.
Je
traversais une cour et pénétrais dans une
salle qui était dans une complète obscurité
; je passais à une autre salle qui se trouvait également
dans les ténèbres ; je pénétrais
enfin dans une troisième pièce, et, sur la
table, brillait une lampe. C'est là que je rencontrais
le terrible inquisiteur Torquemada.
Le
cénobite avait assurément l'air d'un saint.
Quel regard !, Quelles attitudes béatifiques !, Quelles
pieuses poses !, Sur sa poitrine resplendissait un crucifix.
Quelle
tartuferie, mon Dieu !, Quelle horripilante hypocrisie.
Il est ostensible que le Moi Pharisien était très
fort chez ce moine à l'air angélique.
Après
plusieurs saluts et révérences, suivant les
coutumes de cette époque, je m'assis à la
table, près du Moine.
En
quoi puis-je vous servir, Monsieur le Marquis ?. Parlez.
Merci
beaucoup votre Seigneurie. Il se passe que le Comte, un
tel, m'a rendu la vie impossible, m'insultant par envie,
me raillant, me calomniant, etc.
Oh
!, ne vous en faites pas pour cela, Monsieur le Marquis,
nous avons déjà contre ce comte beaucoup de
plaintes. Je vais immédiatement donner des ordres
pour qu'on l'arrête. Nous l'enfermerons dans la tour
du martyre ; nous lui arracherons les ongles des mains et
des pieds et nous lui verserons sur les doigts du plomb
fondu pour le torturer ; ensuite, nous brûlerons la
plante de ses pieds avec des charbons incandescents et,
enfin, nous le brûlerons vif sur le bûcher !.
Mais,
au nom de Dieu !, ce moine serait-il devenu fou ?. Jamais
je n'ai songé aller si loin, je ne suis venu chercher
au Palais inquisitorial qu'une admonestation chrétienne
pour ce comte chez qui s'étaient réincorporées
ces valeurs qui jadis s'étaient introduites dans
la personnalité de Brutus.
Ce
moine bleu assis devant la table sacrée, avec ce
visage de pénitent et d'anachorète, dans une
pieuse attitude, le Christ suspendu à son cou ; cette
singulière et béatifique figure, si dévote
et si cruelle, si douce et si barbare, si bigote et si perverse
; ce méchant revêtu d'une peau de brebis, éveilla
à l'intérieur de ma conscience un je ne sais
quoi, je sentis que ce qui tenait en moi du Bodhisattva
se soulevait, protestait, gémissait.
Une
tempête intime avait éclaté en moi-même,
la foudre, le tonnerre, elle ne tarda pas à monter
en surface et alors. Oh !, mon Dieu !, il arriva ce qui
devait arriver.
Vous
êtes un pervers, lui dis-je, je ne suis pas venu vous
demander de brûler vif qui que ce soit, je suis seulement
venu vous solliciter une admonestation pour ce noble, vous
êtes un assassin, c'est pour cela que je n'appartiens
pas à votre secte, etc., etc.
Ah
!, ainsi donc, nous sommes cela, Monsieur le Marquis ?.
Furieux,
le prélat fit résonner avec véhémence
une petite cloche sonore et alors, comme par enchantement,
apparurent dans l'enceinte plusieurs gentilshommes armés
jusqu'au dents.
Arrêtez-le
!, s'exclama l'Abbé.
Un
moment !, respectez les règles de la Chevalerie,
rappelez-vous que nous sommes entre gentilshommes, je n'ai
pas d'épée, donnez-m'en une et je me battrai
avec chacun de vous.
L'un
de ces hommes, fidèle au code de la Chevalerie me
fit remettre une épée et alors.
Je
bondis vers lui comme un lion, je n'avais pas en vain une
renommée de grand spadassin (c'était ma période
de Bodhisattva tombé).
Comme
volent en l'air les flocons de neige au souffle de l'éthéré
Borée, ainsi s'éparpillaient dans cette enceinte
inquisitoriale les casques durs et resplendissants, les
écus convexes, les fortes cuirasses et les lances
de frêne. Et leur éclat s'élevait, éblouissant,
vers Ouranos, et la terre illuminée riait de l'éclat
du bronze, et, me démenant comme un forcené
au milieu des guerriers, je livrais un dur combat à
cet autre chevalier.
De
même qu'est mis en pièces le navire léger
quand les eaux de la mer, gonflées par les vents
qui soufflent avec véhémence depuis les nuées,
l'assaillent, et que l'air fait gémir la voile, effrayant
les marins par l'approche de la mort, de même la peur
déchirait dans leur poitrine le coeur de ces chevaliers
qui contemplaient la bataille.
De
toute évidence, j'étais victorieux dans le
choc fracassant des aciers, et il ne restait plus qu'à
utiliser ma meilleure estocade pour mettre ce guerrier hors
de combat. Epouvantés devant la proximité
inévitable de la terrible et souveraine Parque, ces
gentilshommes oublièrent toutes les règles
chevaleresques et m'attaquèrent alors tous ensemble.
Je
ne m'attendais pas à cela et ce fut ardu d'avoir
à me défendre contre toute cette bande bien
armée. Il me fallut combattre jusqu'à être
épuisé, exténué, vaincu, car
ils étaient nombreux.
Ce
qui arriva ensuite est très facile à deviner
; je fus brûlé vif sur le bûcher en pleine
cour du palais de l'Inquisition. Attaché à
un poteau impitoyable sur du bois vert qui brûlait
à petit feu, je ressentais des souffrances impossibles
à décrire en mots ; je vis alors mes pauvres
chairs incinérées se détacher et tomber
dans les flammes.
Cependant,
la douleur humaine, si grande soit-elle, a aussi une limite
bien définie, au-delà de laquelle existe la
félicité.
Il
n'y a donc pas de quoi s'étonner si finalement, j'ai
ressenti un certain bonheur ; j'ai senti sur moi quelque
chose de très agréable, comme si une pluie
rafraîchissante et bienfaisante était en train
de tomber du ciel !. Puis, je fis un pas ; combien doux,
ce pas !. Je sortis de ce palais en marchant doucement,
tout doucement, je ne pesais rien, j'étais déjà
désincarné.
C'est
ainsi que je mourus à cette époque épouvantable
de la « Sainte Inquisition ».
L'Arcane
quatorze du Livre d'Or (le Tarot) nous montre comment l'eau
de vie passe d'une amphore à l'autre.
Il
n'est donc pas étonnant qu'à la suite de cette
orageuse réincarnation, avec tous ces titres de noblesse
qui ne me furent d'aucune utilité devant le terrible
inquisiteur Thomas de Torquemada, je sois retourné
prendre un corps physique.
Je
m'appelais alors Siméon Bleler et je me rendis en
Nouvelle Espagne ; je n'ai pas l'intention de parler dans
le présent chapitre de cette nouvelle vie, ni de
mon existence antérieure dans le vieux Mexique de
Porfirio Diaz ; je veux seulement traiter maintenant de
mon actuelle réincarnation.
La
Némésis de la vie dut me mettre à nouveau
en contact avec ces valeurs qui, jadis, s'étaient
réincorporées dans la personnalité
de Brutus.
Je
permis à un certain monsieur, qui avait recouvré
ces valeurs, de faire quelque travail dans le temple. Beaucoup
de gens l'écoutèrent, car il paraissait plein
de sincérité ; il parlait de la Gnose et les
gens l'acclamaient.
Mais
tout à coup, quelque chose d'inusité se produit,
un jour il entre dans le Sanctuaire avec une attitude agressive.
Il
s'emporte, tonne, lance des éclairs !, il se met
à insulter ; je me borne alors à pardonner
et à bénir, puis il se retire en menaçant.
Cet
Ego était revenu à ses anciennes manières
; encore une fois ses habituelles calomnies et menaces.
De
telles sottises et allusions diffamantes avaient pour base
certains rêves sans queue ni tête dans lesquels
il me voyait allant par des chemins obscurs et commettant
des délits sans fondement. Il s'avère clair
et manifeste que cet esprit pervers qu'il voyait dans ses
rêves absurdes était un Moi créé
par lui même depuis la Rome antique.
Ce
Moi de Brutus revêtait, sous ses impulsions infraconscientes,
mon propre aspect, mon visage.
Il
n'est pas superflu d'ajouter que l'un de ses autres Moi,
ayant pris la forme de Jésus-Christ, l'avait chargé
de la mission de m'assassiner ; ainsi l'avait-il affirmé,
sur la place publique.
Pour
me libérer de cet ennemi ancestral, il fut nécessaire
de remettre l'affaire entre les mains d'Anubis, le Maître
des seigneurs du Karma.
Depuis
lors, Brutus s'est éloigné de moi, cela fait
beaucoup de temps que je ne l'ai vu dans ce monde physique.
De
ce que j'ai dit de Brutus et de ses visions de rêve,
il ressort que personne en vérité ne peut
se convertir en investigateur compétent de la vie
dans les mondes supérieurs, tant qu'il n'a pas dissous
le Moi psychologique et tous les éléments
subjectifs qui conditionnent les perceptions.
Ingrat
envers ses bienfaiteurs, avec beaucoup de travail comme
chevalier, néanmoins Brutus accepta la Gnose et le
Sahaja Maïthuna.
Sans
s'impliquer dans la connaissance d'une cause, mais en tournant
le dos au Gourou (Maître), il travailla dans la Forge
Ardente de Vulcain, inutilement, parce que Devi Kundalini
ne récompense jamais la trahison.
Même
si on travaille très sérieusement avec le
Yoga du Sexe, le Serpent Igné de nos pouvoirs magiques
ne montera jamais par l'épine dorsale des traîtres,
des assassins, des violateurs, des pervers et de ceux qui
commettent l'adultère !.
Devi
Kundalini ne pourra jamais être la complice du crime.
Le Feu sacré s'élève en accord avec
les mérites du coeur.
La
Magie Sexuelle est fondamentale, mais sans sainteté,
les réussites spirituelles ne sont pas possibles.
Brutus
crut en une Kundalini mécanique et il se leurra lamentablement
; la Divine Mère est très exigeante !. Pour
celui qui est indigne, toutes les portes sont fermées,
sauf une, celle du repentir ; malheureusement, Brutus n'a
pas voulu frapper à cette porte et le Feu sacré,
au lieu de monter par son canal médullaire, se précipita
vers le bas, depuis le coccyx, en se convertissant en l'abominable
organe Kundartiguateur, la queue de Satan.
Une
nuit étoilée, conversant dans les mondes supérieurs
avec mon grand ami, le resplendissant Ange Adonaï,
qui a maintenant un corps physique, je reçus une
nouvelle extraordinaire :
«
Un tel (Brutus), dit l'Ange, s'est éveillé
dans le mal et pour le mal ».
Cela,
je le constatais quelques jours après en le rencontrant
dans les mondes supérieurs.
Nous
conclurons le présent chapitre avec ces paroles qu'entendait
en extase Daniel, le prophète de l'Eternel, et qui
se réfèrent aux temps de la fin :
«
Un grand nombre de ceux qui dorment dans la poussière
de la terre s'éveilleront, les uns pour la vie éternelle,
les autres pour la honte et la confusion perpétuelle
».
«
Ceux qui connaissent resplendiront comme la splendeur du
firmament ; et ceux qui enseignent la justice à la
multitude, comme les étoiles, pour la perpétuelle
éternité ».
«
Mais toi, Daniel, garde ces paroles et scelle le livre jusqu'au
temps de la Fin. Beaucoup courront de-ci, de-là,
et la science grandira ».
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