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MFO13 Le Rituel Pancatattva
Au
milieu du crépitement incessant du Fohat cosmique
omniprésent, Omnipénétrant et Omnimiséricordieux
surgissent aussi, comme il est naturel, d'épouvantables
tentations charnelles indescriptibles et inénarrables,
comme celles du grand Patriarche gnostique Saint-Augustin,
qui avait sur la croix des visions d'une délicieuse
femme nue.
Il est écrit dans le livre des splendeurs en caractères
de feu ardent : « La réelle connaissance et
la savante identification avec toutes les infinies possibilités
du Sexe ne doivent pas signifier pour les sages une chute
dans le monde des instincts et des illusions mais, précisément,
une telle familiarisation et une profonde connaissance doivent-elles
nous conduire à l'Autoréalisation Intime ».
L'Initié
qui, dans la Sexualité, cherche intelligemment la
puissance extraordinaire du principe éternel et créateur,
d'abord dominé par la passivité, devient dominé
par l'activité, par une action appropriée
qui domine les énergies sexuelles. Il va sans dire
que ce connaisseur se trouve en mesure d'éveiller
sa conscience grâce à la mort de l'Ego animal.
Dans
le domaine de la vie pratique, nous avons pu vérifier
à satiété que ceux qui rejettent la
question sexuelle pour vivre la « vie supérieure
» du coeur, qualifiant de tabou tout ce que peut avoir
une saveur érotique, viennent tôt ou tard à
éprouver subitement et de manière inattendue
le dégoût et l'affliction.
Alors,
il devient clair et manifeste que, sortant de l'ombre, les
plus bas Moi submergés qui, avant, paraissaient endormis
et comme morts, entrent brusquement en activité,
et tout bonheur spirituel si difficilement acquis se transforme
en scrupule infernal.
Cette
sublime espérance de « reposer dans le Divin
» semble alors subitement évanouie, et ce qui
resplendissait comme une harmonie éternelle devient
l'abîme d'une vaine chimère.
Pour
cette raison, l'homme qui veut parvenir à la libération
authentique ne doit jamais se bercer dans la fausse sensation
de sécurité. Il est urgent d'apprendre à
vivre dangereusement d'instant en instant, seconde après
seconde.
La
véritable connaissance directe, mystique, transcendantale,
sera assurément impossible aussi longtemps qu'on
aura des conflits intimes. Nous devons prendre le Diable
par les cornes ; il est indispensable de voler sa torche
de feu à Typhon-Baphomet, le Bouc de Mendès.
L'ésotérique
Viparitakarani enseigne comment le Yogi fait monter lentement
son Semen, grâce à la concentration, de manière
à ce que l'homme et la femme puissent atteindre le
Vajroli.
«
De façon explicite, la femme est désignée
comme sainte dans l'acte charnel ; elle doit se trouver
en mesure de transformer également le feu de sa puissance
sexuelle et de le conduire aux centres supérieurs
du corps ».
En
faisant monter le Semen dans le corps, c'est-à-dire
en le faisant refluer vers l'intérieur et vers le
haut au lieu de le répandre, retenant les gouttes
que les profanes et les profanateurs destinent à
l'utérus de la femme, alors entre en activité
la flamme éthérée du Semen, le Serpent
Igné de nos pouvoirs magiques, au moyen duquel nous
pouvons et devons réduire en poussière l'Ego
animal.
Dans
l'Anagaranga de Kayanamalla, nous avons trouvé l'Asana
suivant de type tantrique :
Uttana-Danda
: L'homme se met à genoux et se penche sur la femme
couchée sur le dos. Il y a dix variantes de cette
posture qui, généralement, est la préférée.
a)
L'homme place sur ses épaules les jambes de la femme
étendue sur le dos, et cohabite tandis qu'il s'incline
vers elle.
b)
La femme gît sur le dos, l'homme se place entre ses
jambes et les hausse de manière à ce qu'elles
touchent sa poitrine, et il cohabite avec la femme.
c)
Une jambe de la femme reste étendue sur la natte
ou le lit, et l'autre est posée pendant l'acte sur
la tête de l'homme ; c'est une position particulièrement
stimulante de sensation érotique.
d)
La position Kamarad : placé entre les jambes de la
femme, l'homme, avec ses mains, étire de chaque côté
autant que possible les bras de la femme.
e)
Pendant l'acte charnel, la femme lève les deux jambes
jusqu'à la poitrine de l'homme, qui se trouve placé
entre ses cuisses. C'est l'une des postures préférées
par les connaisseurs de l'art de l'amour.
f)
L'homme s'agenouille devant la femme allongée sur
le dos, il introduit alors ses mains sous son dos et l'élève
vers lui, de manière que la femme puisse à
son tour l'attirer avec ses bras enlacés derrière
la nuque de son compagnon.
g)
L'homme installe un gros oreiller sous le dos de la femme,
entre ses hanches et sa tête, de manière que
son corps soit surélevé en forme d'arc. Agenouillé
sur un coussin, il réalise l'acte et, dans cette
posture très appréciée, les deux participants
éprouvent la plus grande jouissance.
h)
Tandis que la femme gît sur le dos, elle croise les
jambe et élève un peu les pieds ; cette posture
attise vivement le feu de l'amour.
i)
La femme, étendue sur le lit ou la natte, place une
jambe sur l'épaule de son compagnon, gardant l'autre
étendue.
j)
L'homme élève, après l'introduction
du membre, les jambes de la femme couchée sur le
dos, et lui comprime étroitement les hanches.
Dans
le Viparitakarani on dit : « Cette pratique est la
plus excellente, la cause de la libération pour le
Yogi ; cette pratique apporte la santé au Yogi et
lui octroie la perfection ».
«
Le Vira-Sadhaka ou Heruka considère l'univers lui-même
comme le lieu de la libération ; il sait vivre sagement
; avec le regard posé sur l'infinie vérité,
il est au-dessus de la peur et de la censure, par l'évidence
du Saham (Je suis elle, c'est-à-dire la puissance,
indubitablement pénétré par elle),
libre de tout enchaînement au Samsara, seigneur de
ses sens, et procédant au rituel Pancatattva ».
Ce
mot désigne les éléments : éther,
air, feu, eau et terre, considérés comme les
divers principes de la manifestation de la Shakti (Kundalini).
Dans les cinq éléments est contenue la puissance
cosmique, et le Vira-Sadhaka doit accomplir la tâche
de ressusciter la nature primitive de ces éléments
comme « acte de puissance », pour ainsi remonter
au « Premier-Né de la création »,
Shiva lui-même.
En
pleine lumière et avec une entière clarté
méridienne, ressort la nécessité intrinsèque
d'une ascension échelonnée le long des principes
transcendantaux de la vie universelle. Cette ascension doit
avoir pour fondement la nature organique du « Pentant
».
En
ce qui concerne l'aspect organique, l'éther se trouve
en relation intime avec la femme ou le commerce sexuel (Maïthuna),
l'air avec le vin (Madya), le feu avec la viande (Mamsa),
l'eau avec le poisson (Matsya), et la terre avec les céréales
(Mudra).
Ainsi,
par l'intelligente jouissance des cinq « M »
(femme, vin, viande, poisson et céréales),
on invoque la puissance (Shakti) des éléments,
en l'actualisant en soi-même, ici et maintenant. Le
Pancatattva rend possible le Shakti-Puja (c'est-à-dire
le culte gnostique à la Divine Mère Kundalini
Shakti).
Les
étincelles merveilleuses de Maha Kundalini se trouvent
contenues dans toutes les propriétés des cinq
éléments de la nature. Il nous faut d'urgence
convertir ces étincelles en flammes au-dedans de
nous-mêmes.
Au
moyen du rituel Pancatattva, il est incontestable que la
Divinité intérieure cachée, bien qu'elle
ne soit pas enfermée au-dedans de l'animal intellectuel
erronément appelé homme, rend extensive, de
façon consciente, son énergie intime, dans
le but évident d'aider l'Essence dans le processus
de l'éveil.
Nous
devons savoir clairement que les cinq éléments
sont des formes différentes d'une seule et même
puissance et que, par conséquent, ils s'efforcent
d'attirer la vie intérieure de l'Etre intime pour
l'unir à la vie extérieure, unir l'immanent
avec le transcendant pour qu'avec lui on retrouve l'Etre,
ici et maintenant.
Nous
devons apprendre à vivre intensément d'instant
en instant dans le monde des cinq éléments.
Le
Karma Yoga, le sentier en ligne droite, a pour fondement
la loi de la balance.
Comment
pourrions-nous exercer avec une souveraine maîtrise
le pouvoir sur le tattva akashique si nous excluons le Sahaja
Maïthuna (la Magie Sexuelle) ?.
Les
traditions de l'Inde disent que Ramakrishna fit asseoir
Saradadevi sur le trône de la Mère Divine,
à l'intérieur du temple, et en même
temps qu'il chantait l'hymne à Devi Kundalini dans
le cadre de l'ancestrale cérémonie rituelle
qui culmine avec la fameuse Shorashi Puja, commença
l'adoration de la femme. Elle et lui, durant le Maïthuna,
parvinrent au Samadhi. C'est ainsi que l'on parvient à
exercer tout le pouvoir sur le tattva akashique.
Il
est écrit en mots de feu dans le livre des Splendeurs
que la puissance du Logos Solaire ne se trouve pas dans
le cerveau, ni dans le coeur, ni dans aucun autre organe
du corps que dans les organes sexuels, exclusivement, dans
le Phallus et dans l'Utérus.
Nous
ne pourrions en aucune manière développer,
dans notre constitution intime, les pouvoirs akashiques
si nous commettions l'erreur de forniquer ou de haïr
le sexe, ou de faire l'adultère. « Tout péché
sera pardonné, sauf le péché contre
l'Esprit-Saint (la Sexualité) ».
Une
fois, me trouvant hors de mon corps physique, je posais
à ma Mère Divine Kundalini la question suivante
: « Est-il possible que, là-bas, dans le monde
physique, quelqu'un puisse s'autoréaliser sans avoir
besoin de la Magie Sexuelle ? ». La réponse
fut terrible, épouvantable : « Impossible,
mon fils, cela n'est pas possible ». Je restais très
impressionné et remué jusqu'au plus intime
de mon Ame.
Et
que dirons-nous sur le tattva Vayu, l'élément
air ?. Quelle est sa relation avec le fruit de la vigne
?. Il est certain qu'aucun ivrogne ne pourrait acquérir
les pouvoirs merveilleux du tattva Vayu. Il est clair et
manifeste que le vin pur et sans ferment d'aucune espèce
peut être utilisé avec succès dans le
rituel du Pancatattva.
Par
quel moyen ou de quelle manière pourrions-nous acquérir
les miraculeux pouvoirs ignés du tattva Tehas si
nous commettions l'erreur de renoncer aux aliments carnés
?. Malheureusement, les masses humaines deviennent ou végétariennes
radicales ou presque cannibales.
Et
que dirons-nous du tattva Apas et de ses formidables pouvoirs
?. Il n'y a pas de doute que dans les poissons se trouve
le secret qui nous permet de dominer les tempêtes
et de marcher sur les eaux ; malheureusement, les gens ou
bien abhorrent les fruits de mer ou bien en abusent.
De
quelle façon pourrons-nous conquérir les pouvoirs
du tattva Prithvi, l'élément terre, si nous
détestons les céréales, légumes
et plantes, ou si nous abusons de ces aliments ?.
«
Il résulte de ce qui a été dit que
les éléments, aussi bien de la terre que de
la viande, sont, en leur essence, absolument purs. Lorsque
le Vira jouit du plaisir sans y mêler une teinte personnelle,
alors se révèle à lui, dans le Sexe,
la cause primitive du cosmos, du monde des phénomènes,
du monde de Maya ».
«
Les courants des tattvas qui se trouvent dans le cosmos
en consonance avec la structuration des forces et qui produisent
l'évolution et l'involution de l'Univers, se manifestent
comme la limite de la Création et comme le Premier-Né
de la nature, de sorte qu'une immense puissance s'élève
et transforme la volonté du Vira qui, dorénavant,
brûle dans le brasier de Maha Kundalini ».
Le
savant écrivain Waldemar dit textuellement dans l'une
de ses oeuvres : « Le Prana, la sixième force
fondamentale, non seulement affecte les hommes, mais il
est aussi le principe vital de tout être existant
dans l'univers ».
«
Le Prana est ce qu'on appelle le Souffle de Dieu et ce qui
suscite dans les organismes les manifestations vitales.
Par la jouissance des cinq éléments du rituel
(Pancatattva), se dynamisent, pour ainsi dire, les puissances,
pour étinceler dans le sixième principe, dans
la constitution des êtres, soit dans le Lingam Sarira,
le corps éthérique ».
«
Si l'on sait prêter l'attention qui lui est due à
la véritable nature de la volonté éveillée
par cette étincelle, pour la capter avec une conscience
alerte et pas seulement en imagination, mais en la retenant
avec tout l'être intime, alors s'effectue un transport
d'ordre transcendantal ».
Il
est indiscutable que les étincelles du vin, de la
femme, de la viande, etc., après avoir fait tourner
les chakras du corps vital, viennent actualiser les forces
supérieures de l'âme : Atman-Bouddhi-Manas.
«
Afin que l'obscure masse de Tamas (la puissance latente),
dans son état chaotique et inerte, soit surmontée,
des moments spéciaux d'émotion extatique doivent
être provoqués ; l'individu sort hors de lui-même,
d'une certaine façon, et les ressources du vin et
de l'acte sexuel jouent ici un rôle décisif
». Cette sortie hors de soi est, au sens propre dûment
compris, une entrée dans la force des éléments.
Les
courants des tattvas qui se trouvent dans le cosmos sont,
sans aucun doute, subordonnés à la Shakti,
à la puissance. Une fois la puissance des cinq éléments
actualisée dans la profondeur vivante de l'âme,
il est certain que nous nous convertissons en maîtres
des tattvas. Nous pouvons alors, si nous le voulons, immortaliser
notre corps physique, passer à travers le feu sans
nous brûler, marcher sur les eaux, apaiser ou déchaîner
les tempêtes, flotter dans les airs, déclencher
des ouragans, traverser n'importe quel rocher ou montagne
d'un bord à l'autre sans subir le moindre dommage,
prononcer des paroles qui engourdissent ou charment les
serpents venimeux, etc.
«
Om !, obéissant à la Déesse qui ressemble
à un serpent endormi autour du Svayambhulingam et
merveilleusement parée, il jouit de ce qu'il aime
et des autres ravissements. Il se trouve saisi par le vin
et il irradie des millions de rayons. Il sera éveillé
par l'air et par le feu, par les mantras Yam et Dram, et
par le mantra Hum (pendant la Magie Sexuelle) ».
Dans
la prononciation du mantra Krim on doit employer une grande
imagination. Il est nécessaire de lui insuffler de
l'énergie et de le transformer en force magique.
Ce
mantra n'est pas utilisé seulement pour la Magie
Sexuelle ; il est ostensible qu'il fait partie intégrante
de tout le rituel Pancatattva. Le Vira gnostique, lorsqu'il
boit du vin ou mange de la viande, du poisson ou des céréales,
prononce le mantra Krim et intensifie son imagination de
telle sorte que tout l'Univers lui semble imprégné
de la bienheureuse Déesse Mère du Monde.
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