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MFO08 Le Moi de la Sorcellerie
Le
savant auteur du livre Specimen of British Writers, Barnett,
présente un cas extraordinaire de sorcellerie : «
Il y a cinquante ans, vivait dans un village du comté
de Sommerset une vieille femme généralement
considérée comme une sorcière ».
« Son corps était sec, courbé par l'âge,
et elle marchait avec des béquilles. Sa voix était
caverneuse, d'une solennité mystérieuse et
feinte ; de ses yeux jaillissait un éclair pénétrant
qui, quelque soit celui sur lequel il se posait, le laissait
frappé d'épouvante ».
«
Soudain, un jeune et joli garçon de vingt-et-un ans
tout à fait sain, de la même localité,
fut tourmenté par un cauchemar si persistant que
sa santé en fut affectée, et dans un espace
de trois ou quatre mois, il devint faible, pâle et
maigre, avec tous les symptômes d'une vie qui s'éteignait
».
«
Ni lui ni aucun des siens ne doutaient de la cause et après
avoir demandé conseil, il prit la décision
de veiller pour attendre la sorcière ».
«
Ainsi la nuit suivante, vers les onze heures et demie, il
perçut des pas légers et feutrés dans
l'escalier ».
«
Une fois que l'être effrayant fut arrivé à
la chambre, il alla au pied du lit, puis monta sur le lit
et se traîna lentement vers le garçon ».
«
Il laissa faire jusqu'à ce que l'intruse fut rendue
à ses genoux, et alors il la saisit des deux mains
par les cheveux, la tenant solidement avec une force convulsive,
appelant en même temps sa mère qui dormait
dans une chambre contiguë, pour qu'elle apporte de
la lumière ».
«
Pendant que sa mère allait en chercher, le garçon
et l'être inconnu luttaient dans l'obscurité,
roulant tous les deux furieusement sur le sol, jusqu'à
ce que la femme, au premier reflet de lumière provenant
de l'escalier, se défit du jeune homme avec une force
surnaturelle et disparut de sa vue comme un éclair
».
«
La mère trouva son fils debout, encore haletant de
l'effort avec des mèches de cheveux dans les deux
mains ».
«
Lorsqu'il me raconta le phénomène, dit Barnett,
je lui demandais avec curiosité d'où il avait
tiré les cheveux. Sur quoi il me répondit
: J'ai été bête de ne pas avoir réussi
à la retenir, car cela aurait pu mieux démontrer
l'identité de la personne ».
«
Mais dans le tourbillon de mes sensations, je la fis tomber
par terre et la sorcière, à qui appartenaient
les cheveux, prit bien soin de ne pas apparaître davantage
à ma vue ni, du reste, de venir m'importuner la nuit
; elle avait reçu une belle raclée ».
«
Le plus bizarre, ajouta-t-il, c'est que pendant que je la
tenais fermement et que je luttais avec elle, bien que je
savais qui elle devait être, sa respiration et tout
son corps semblaient ceux d'une vigoureuse jeune fille ».
«
L'homme à qui ceci est arrivé vit toujours
; il m'a narré l'épisode plus d'une fois et,
en définitive, je peux certifier l'authenticité
du fait, quoi que vous pensiez de l'affaire ».
Commentant
le cas, le savant Waldemar dit : « Ce récit
contient deux points de grande importance : en premier lieu,
le jeune homme était sûr que son cauchemar
avait pour cause la sorcière qui vivait dans sa localité
et, de plus, il connaissait cette sorcière, par ses
fugaces rencontres durant le jour et par ses visites astrales
nocturnes ».
«
En second lieu, la sorcière courbée par l'âge
et soutenue par des béquilles s'est transformée
au bout de plusieurs mois, durant lesquels lui allait s'affaiblissant
et se consumant, en l'image d'une vigoureuse jeune fille.
Où se trouve donc la cause de cet évident
rajeunissement de la vieille ? ».
«
Pour répondre à cette question, continue Waldemar,
nous devons avoir en vue le mécanisme de l'Eidolon,
du Double. Si l'aura, qui enveloppe et enclôt les
êtres, représente aussi un reflet fidèle
de leur corps, de manière qu'en elle se trouvent
contenus, avec une exacte correspondance, leurs défauts
et faiblesses, le corps double présente, pour ainsi
dire, une évidence accrue qui, par exemple, se manifeste
souvent dans des blessures graves, de sorte qu'on peut ressentir
des douleurs dans un membre amputé il y a plusieurs
années, et des douleurs certes très intenses,
comme si ce membre existait encore ».
«
Cette invulnérable intégrité du double
»' se fonde sur le principe créateur selon
lequel la forme donnée par la nature, venue au monde
avec l'être, est contenue dans une espèce de
premier germe. Dans celui-ci, tout comme dans le gland,
se trouve contenue la structure de l'arbre tout entier,
se trouve caché l'être en sa vivante image
».
«
Par le moyen de multiples actions erronées et d'essais
apparemment fortuits, le tissu vibratoire astral, qui est
relié au corps primitif, se manifeste dans le cours
de la vie ».
«
Au sujet des corps primitifs, nous désirerions signaler
encore que le professeur Hans Spemann, de l'Université
d'Eribourg, a obtenu en 1955 le Prix Nobel de médecine
et de psychologie grâce à sa constatation,
dans des études transcendantes, à savoir que
dès les premiers stades du développement embryonnaire
se trouve actif un sculpteur de la vie, une « idéoplastique
chimique » qui forme le protoplasme selon une image
prédéterminée ».
«
En partant de ces études de Spemann, le professeur
Oscar E. Schotté, de l'Université de Yale,
parvint à démontrer, grâce à
ses expériences avec des salamandres, que le sculpteur
de la vie ne disparaît aucunement, comme Spemann l'avait
supposé, après le temps du développement
embryonnaire, mais qu'au contraire il se maintient durant
toute la vie de l'individu ».
«
Un petit morceau de tissu cellulaire provenant de la blessure
chronique d'un homme pourrait, selon le professeur Schotté,
en le greffant dans un terrain vierge et vivant, reconstruire
de manière entièrement identique tout le corps
de l'homme blessé en question ».
Peut-être
les expériences en laboratoire des homoncules conduiraient-elles
un jour à renforcer pratiquement, de manière
insoupçonnée, les théories du professeur
Schotté.
Il
est évident que l'abominable harpie de ce sanglant
récit, par un certain modus operandi inconnu du commun
des mortels, a pu sucer ou vampiriser la vitalité
du jeune homme pour la transférer à son propre
« corps primitif » ; c'est seulement ainsi qu'on
peut expliquer scientifiquement l'insolite rajeunissement
du corps de la vieille femme.
Il
est indiscutable que « l'idéoplastique chimique
», imprégnée de la vitalité du
garçon, a pu reconstruire l'organisme valétudinaire
de la vieille. Alors que la vie du jeune homme s'épuisait
épouvantablement, la vieille fatale, aux sinistres
et ténébreux sabbats, recouvrait son ancienne
jeunesse.
Il
est manifeste que le garçon aurait pu la capturer
s'il n'avait pas commis l'erreur de la saisir par les cheveux
; il aurait mieux fait de l'empoigner par la taille ou par
les bras.
Plusieurs
de ces harpies des abîmes, surprises en flagrant délit,
ont été capturées par d'autres procédés.
Certaines vieilles traditions disent : « Si nous mettons
sur le sol des ciseaux d'acier ouverts en forme de croix
et si nous répandons de la moutarde noire autour
de cet instrument métallique, n'importe quelle sorcière
peut être attrapée ».
Chose
ahurissante, certains occultistes érudits ignorent
que ces sorcières peuvent éluder la Loi de
la gravitation universelle !. Bien que cette observation
semble insolite, nous soulignons le fait que ceci est possible
en introduisant le corps physique dans la quatrième
dimension.
Il
n'est pas du tout étrange que ces harpies, s'introduisant
avec leur corps physique dans la dimension inconnue, soient
capables de léviter et de voyager en quelques secondes
vers n'importe quel endroit du monde. Il est ostensible
qu'elles ont des formules secrètes pour s'échapper
du monde tridimensionnel d'Euclide.
Pour
employer une terminologie strictement occultiste, nous pouvons
bien qualifier ces créatures ténébreuses
de Jinas noirs.
L'organisme
humain offre assurément de surprenantes possibilités.
Rappelez-vous, aimables lecteurs, l'exécrable Céléno
et ses immondes Harpies, monstres ayant tête et gorge
de femme, affreux et infects oiseaux des îles Strophades
qui se trouvent dans la mer Ionique.
Pourvues
de longues griffes, elles ont toujours sur le visage la
pâleur de la faim. Des Furies terribles qui, de leur
seul contact, corrompent tout ce qu'elles touchent et qui,
auparavant, étaient de belles jeunes filles.
La
grande capitale de toutes ces abominations se trouve à
Salamanque, en Espagne. Là se trouve le fameux Château
de Klingsor, haut lieu de la sorcellerie, sanctuaire de
ténèbres opportunément évoqué
par Richard Wagner dans son Parsifal.
Que
Dieu et Sainte-Marie nous assistent !, si les gens savaient
tout ceci, ils chercheraient le Château de Klingsor
par toutes ces vieilles rues de Salamanque.
Cependant,
les Divins et les humains savent très bien que le
Château du Graal Noir se trouve dans les terres de
« Jinas » (ou de Djinn), dans la dimension inconnue.
Les
mardis et samedis à minuit se réunissent là
ces sorcières avec leurs compères, pour célébrer
leurs orgies.
Lorsqu'une
de ces harpies a été attrapée, il lui
faut endurer une bonne volée, raclée ou bastonnade,
car les pauvres gens ne savent pas encore rendre le bien
pour le mal.
Il
est nécessaire d'être compréhensif et,
au lieu de s'enliser dans la boue de l'infamie, de s'élever
au-dessus de telles harpies au moyen de l'amour, d'évoquer
le problème avec courage et de réprimander
avec sagesse.
«
Ne jugez pas, pour que vous ne soyez pas jugés. Car
du jugement dont vous jugez on vous jugera, et de la mesure
dont vous mesurez, on vous mesurera ».
«
Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l'oeil
de ton frère, alors que tu ne parviens pas à
voir la poutre qui est dans ton propre oeil ?. Ou bien comment
diras-tu à ton frère : laisse-moi enlever
la paille de ton oeil, alors qu'il y a une poutre dans ton
oeil à toi ?. Hypocrite !, enlève d'abord
la poutre de ton propre oeil, et alors tu verras clair pour
enlever la paille de l'oeil de ton frère ».
«
Que celui qui est sans péché lance la première
pierre ».
Bien
que cela semble incroyable, il est bon de savoir que beaucoup
de personnes honorables, voire même religieuses portent
en dedans d'elles-mêmes le Moi de la sorcellerie.
En
d'autres mots, nous dirons : des gens honnêtes et
sincères qui, dans leur existence présente,
ne savent rien de l'occultisme, de l'ésotérisme,
etc., portent néanmoins à l'intérieur
d'elles le Moi de la sorcellerie. Il va sans dire qu'un
tel Moi voyage communément à travers le temps
et l'espace pour causer du tort à autrui.
N'importe
quel intérêt fugace pour la sorcellerie dans
une quelconque vie antérieure peut avoir créé
un tel Moi. Cela signifie qu'il y a dans le monde beaucoup
de gens qui, sans le savoir, pratiquent inconsciemment la
sorcellerie.
En
vérité, je vous dis qu'ils sont nombreux les
dévots du sentier qui portent aussi au-dedans d'eux-mêmes
le Moi de la sorcellerie.
Nous
conclurons le présent chapitre en disant : tout être
humain, même s'il est sur le Sentier en Lame de Rasoir,
est plus ou moins noir tant qu'il n'a pas éliminé
le Moi Pluralisé.
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