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MFO06 Eros
Le
Docteur Rouband dit ceci : « Aussitôt que le
membre viril pénètre dans le vestibule, le
gland du pénis frôle d'abord la glande clitoris
qui se trouve à l'entrée du canal sexuel et
qui, grâce à sa position et à l'angle
formé, peut céder et se recourber ».
« Après cette première excitation des
deux centres sensibles, le glans penis se glisse entre les
deux lèvres de la vulve ; le collum et le corpus
penis seront enveloppés par les parties saillantes
de la vulve, le glans penis arrivant par contre en contact
avec la fine et délicate surface de la muqueuse vaginale
qui est élastique, grâce à un tissu
érectile qui se trouve entre les membranes individuelles
».
«
Cette élasticité, qui permet au vagin de s'adapter
au volume du pénis, augmente encore la turgescence
et, par conséquent, la sensibilité du clitoris,
tandis qu'est conduit à celui-ci et à la vulve,
le sang qui aura été expulsé des vaisseaux
des parois vaginales.
«
D'autre part, la turgescence et la sensibilité du
glans penis sont augmentées par l'action compressive
du tissu vaginal, qui devient chaque fois plus turgescent,
et des deux lèvres dans le vestibule ».
«
En outre, le clitoris est pressé vers le bas par
la portion antérieure du muscle compresseur et rencontre
la surface dorsale du glans et du corpus penis, se frotte
contre ces derniers et les frotte de manière que
chaque mouvement influence la copulation des deux sexes,
et finalement les sensations voluptueuses (du Dieu Eros)
s'additionnant conduisent à ce degré élevé
de l'orgasme, et provoquent d'une part l'éjaculation
et d'autre part la réception de la liqueur séminale
dans la fente ouverte du col de l'utérus ».
«
Lorsqu'on pense à l'influence que le tempérament,
la constitution, et toute une série d'autres circonstances
aussi bien particulières que courantes, exercent
sur la faculté sexuelle, on se convainc qu'on n'a
pas du tout résolu la question de la différence
dans la sensation du plaisir entre les deux sexes, voire
même que cette question, emmaillotée dans toutes
les diverses conditions, est insoluble ; cela est tellement
certain qu'il se présente même une grande difficulté
à vouloir tracer un tableau complet des manifestations
générales dans le coït, car tandis que
pour une personne la sensation du plaisir se traduit seulement
par une vibration à peine perceptible, pour une autre
elle atteint le sommet le plus élevé de l'exaltation,
tant morale que physique ».
«
Entre les deux extrêmes, il y a d'innombrables transitions
: accélération de la circulation du sang,
vives palpitations des artères ; le sang veineux,
qui est immobilisé dans les vaisseaux par la contraction
musculaire, augmente la température générale
du corps, et cette stagnation du sang veineux qui, de manière
encore plus prononcée, exerce son action dans le
cerveau par la contraction des muscles du cou et l'inclinaison
vers l'arrière de la tête, cause une congestion
cérébrale momentanée durant laquelle
certains perdent la raison et toutes les facultés
intellectuelles ».
«
Les yeux, rougis par l'injection de sang dans la conjonctive,
deviennent fixes ou hagards ou, comme dans la majorité
des cas, se ferment convulsivement, pour éviter le
contact de la lumière (Ceci est une chose entièrement
démontrée) ».
«
La respiration qui chez certains est haletante et entrecoupée,
s'interrompt chez d'autres par la contraction spasmodique
du larynx, et l'air, retenu pour quelque temps, cherche
finalement un chemin vers l'extérieur, mêlé
de paroles incohérentes et incompréhensibles
».
«
Comme je l'ai signalé, les centres nerveux congestionnés
produisent seulement des impulsions confuses ».
«
Le mouvement et la sensation témoignent d'un désordre
indescriptible ; les membres sont la proie de convulsions,
parfois aussi de crampes, ils s'agitent en tous sens ou
bien se contractent et se raidissent comme des barres de
fer ; les mâchoires se serrent jusqu'à grincer
des dents, et certaines personnes vont tellement loin dans
leur délire érotique, qu'oubliant complètement
le partenaire, en ces spasmes de plaisir, ils le mordent
sur l'épaule jusqu'à le faire saigner. Cet
état frénétique, cette épilepsie
et ce délire d'Eros, ne durent habituellement qu'un
bref moment, mais ce temps est assez long pour épuiser
complètement l'énergie de l'organisme chez
l'animal intellectuel qui ignore la Magie Sexuelle et pour
qui une telle hyperexcitation doit se terminer par une perte
plus ou moins abondante de sperme, alors que la femme, aussi
énergiquement qu'elle puisse avoir participé
à l'acte sexuel, souffre seulement d'une lassitude
passagère qui est beaucoup plus réduite que
celle de l'homme, ce qui lui permet de récupérer
plus rapidement et de répéter le coït
».
«
Triste est omne animal post coïtum, praeter mulierem
gallamque » a dit Galène, axiome qui en son
essence est exact, en ce qui concerne le sexe masculin plus
spécialement ».
Dans
l'amour, rien n'importe certainement, ni la douleur, ni
la joie, sinon ce que l'on appelle l'Amour.
Tandis
que l'amour, s'il est libre, attache, la désunion
le, tue, parce que c'est Eros qui réellement unit.
L'amour
s'allume avec l'amour, comme le feu avec le feu, mais d'où
est sortie la première flamme ?. Elle jaillit en
toi sous l'aiguillon de la douleur, tu le sais.
Ensuite,
ô Dieux !, lorsque le feu caché sort en flamboyant,
ce qui est dedans et ce qui est dehors deviennent une seule
chose, et toutes les barrières tombent, réduites
en cendres.
L'amour
commence par un éclair de sympathie, il se substantialise
avec la force de l'affection et se synthétise en
adoration.
Un
Mariage Parfait, c'est l'union de deux êtres : l'un
qui aime plus et l'autre qui aime mieux.
L'amour
est la plus belle religion accessible. Aimer !, comme il
est beau d'aimer !, seules les âmes simples et pures
savent aimer. L'amour se nourrit de l'amour. Avivez la flamme
de l'Esprit avec la force d'Eros.
Puisque
l'union des sexes peut équivaloir à un acte
créateur qui accède à la puissance
et à la splendeur du premier jour, Luther a nommé
les organes sexuels : « Bonestissimae et prasteantissimae
partes corporis ». C'est à cause du péché
que les membres les plus utiles et les plus chastes sont
devenus les plus honteux.
Mahomet
a dit : « Le coït est un acte agréable
même à la Religion, qu'on effectue toujours
avec l'invocation d'Allah et avec sa propre femme, pour
la reproduction » (ou mieux, pour la Transmutation
Sexuelle).
Le
Coran dit ceci : « Va, prends pour femme une jeune
fille, caresse-la et qu'elle te caresse ; ne passe pas au
coït sans avoir été auparavant excité
par les caresses ». Le prophète souligne encore
: « Vos épouses sont pour vous une terre de
labour. Allez à elle comme il vous plaît mais
accomplissez auparavant quelque acte de dévotion.
Craignez Dieu et n'oubliez pas qu'un jour il vous faudra
vous trouver en sa présence ».
L'auteur
du El-Ktah, ouvrage extraordinairement apprécié
par les arabes, ne se lassait pas de glorifier le coït
; c'est, pour lui, l'hymne de louange le plus magnifique
et le plus sacré, l'aspiration la plus noble de l'homme
et de sa compagne après l'unité primitive
et les délices paradisiaques.
Le
fameux théologien fait souvent ressortir le caractère
sublime et divin de l'acte charnel ; mais il prend une position
décisive contre les natures profanes et grossières
qui satisfont par cet acte uniquement leur volupté
animale. Ceux-ci, dit-il n'ont pas compris ni vu que l'amour
est le Fiat Lux du livre de Moïse, le commandement
divin, la loi pour tous les continents, mers, mondes et
espaces.
Et
dans ses explications ultérieures, l'auteur du El-Ktah
révèle la science ésotérique
primitive, selon laquelle l'union physique de l'homme et
de la femme est, au fond, un acte surnaturel, une réminiscence
paradisiaque, le plus beau de tous les hymnes de louange
adressés par la créature au Créateur,
l'Alpha et l'Oméga de toute la création.
Le
Cheikh Nefrani met dans la bouche d'un sage ces paroles
: « La femme est semblable à un fruit dont
on respire d'abord l'arôme quand on le saisit dans
la main. Si l'on ne réchauffe pas avec sa main la
petite plante de basilic, par exemple, on ne note pas son
arôme. L'ambre ne répand son parfum que lorsqu'on
le réchauffe. Et cela, vous le savez bien. Ainsi
même doit-on procéder avec sa femme : lorsque
tu veux accomplir l'acte amoureux, tu dois d'abord réchauffer
son coeur avec tous les préparatifs de l'art d'aimer,
par des baisers, des embrassements et de petites morsures.
Si tu négliges cela, il ne te sera accordé
aucune jouissance complète et tous les enchantements
des amoureux demeureront cachés pour toi ».
Dans
un très savant traité sur la médecine
chinoise, j'ai lu ceci : « Le Taoïsme comporte
d'autres influences sur la médecine, comme le prouve
la lecture d'une compilation de traités taoïstes,
le Sing-Ming-Kuei-Chen, qui date approximativement de l'an
1622.
«
On distingue trois régions dans le corps humain.
La région supérieure ou céphalique
est l'origine des esprits qui habitent dans le corps ».
«
La Montagne de Jade (Yu Chen) se trouve dans la partie postéro-inférieure
de la tête. Ce qu'on appelle l'Os de la Montagne,
c'est l'occiput (Chen-Ku) ».
«
Le palais du Ni-Huan (terme dérivé du mot
sanskrit Nirvana) se trouve dans le cerveau, appelé
également Mer de la moelle osseuse (Suei-Hai) ; c'est
l'origine des substances séminales ».
«
La région moyenne est la colonne vertébrale,
considérée non comme un axe fonctionnel mais
comme un conduit unissant les cavités cérébrales
avec les centres génitaux ; elle se termine en un
point appelé la Colonne Céleste (T'ien Chou),
situé derrière la nuque à l'endroit
ou naissent les cheveux ; on ne doit pas confondre ce point
avec celui du même nom dans l'acupuncture ».
«
La région inférieure comprend le Champ de
Cinabre (Tum T'ien), duquel nous nous occuperons davantage
plus loin ; c'est en elle qu'est établie l'activité
génitale représentée par les deux reins
: le feu du Tigre (Yang) à gauche et le feu du Dragon
(Yin) à droite ».
«
L'union sexuelle est symbolisée par un couple : un
jeune homme conduit le Tigre blanc et une jeune femme chevauche
le Dragon vert ; le plomb (élément masculin)
et le mercure (élément féminin) vont
se mêler ; dès qu'ils sont unis, les jeunes
gens jettent leur essence dans un chaudron de bronze, symbole
de l'activité sexuelle. Mais les liquides génitaux,
en particulier le sperme (Tsing), ne sont pas éliminés
ni perdus, mais ils peuvent retourner au cerveau par la
colonne vertébrale, grâce à quoi l'on
récupère le cours de la vie ».
«
La base de ces pratiques sexuelles taoïstes est le
Coïtus Reservatus dans lequel le sperme qui est descendu
de l'encéphale jusqu'à la région prostatique
(mais qui n'a pas été éjaculé)
revient à son origine ; c'est ce que l'on nomme faire
revenir la substance (Huan-Tsing) ».
«
Quelles que soient les objections que l'on puisse formuler
devant la réalité de ce retour, il n'en est
pas moins certain que les Taoïstes concevaient une
domination cérébrale des instincts élémentaires,
qui maintenait le degré d'excitation génésique
au-dessous du seuil d'éjaculation ; ils donnèrent
à l'acte sexuel un style nouveau et une finalité
distincte de la fécondation ».
L'ésotérique
Viparitakarani enseigne scientifiquement comment le Yogi
Hindou, au lieu d'éjaculer le Semen, le fait monter
lentement, au moyen de la concentration, de manière
à ce que l'homme et la femme unis sexuellement puissent
éliminer l'Ego animal.
Les
anciens Grecs connaissaient très exactement la parenté
essentielle entre la mort et l'acte sexuel ; ils présentaient
Eros en « Génie de la mort », le Dieu
tenant à la main une torche inclinée vers
le bas, en tant que porteur de la mort.
Etant
la force la plus profonde et la plus primitive de toutes
chez l'homme, la force sexuelle est considérée
par les Tantras comme l'Eros cosmogonique, le Serpent Igné
de nos pouvoirs magiques.
Très
loin de violenter notre Essence intime dans le sens de la
concupiscence brutale, ou bien de nous engourdir organiquement
par un spasme qui dure seulement quelques secondes, le pratiquant
prend au contraire la puissance de sa Divine Mère
Kundalini particulière, pour fusionner avec elle,
pour former avec elle une unité et éliminer
tel ou tel Moi, c'est-à-dire tel ou tel défaut
psychologique préalablement compris à fond.
C'est
seulement avec la mort qu'advient le nouveau. C'est ainsi
qu'Eros, avec sa torche inclinée vers le bas, réduit
en poussière cosmique tous ces agrégats psychiques
qui, dans leur ensemble, constituent le Moi.
Le
Mantra, ou parole magique, qui symbolise tout le travail
de Magie Sexuelle, est Krim. En récitant ce mantra,
on doit employer beaucoup d'imagination, laquelle agit directement
sur l'Eros, celui-ci oeuvrant à son tour sur l'imagination,
en lui insufflant de l'énergie et en la transformant
en force magique.
Pour
se mettre en contact avec la mouvante puissance universelle,
le pratiquant perçoit différentes images,
mais avant tout se révèle à lui sa
Divine Mère Adorable avec la Lance sacrée
dans sa main droite, luttant furieusement contre ce Moi-Diable
qui personnifie telle ou telle erreur psychologique que
nous aspirons à détruire.
Tout
en récitant son mantra Krim, le pratiquant fixe ensuite
son imagination, sa vision translucide, sur l'élément
feu, de manière à se sentir comme une flamme
ardente, une flamme unique, comme un bûcher terrible
qui incinère le Moi-Diable qui caractérise
le défaut psychologique que nous voulons annihiler.
L'extrême
sensibilité des organes sexuels annonce toujours
la proximité du spasme ; nous devons alors nous retirer
à temps pour éviter l'éjaculation.
On
continue ensuite le travail, l'homme étendu sur le
sol en décubitus dorsal (sur le dos), et la femme
dans le lit. On supplie la Divine Mère Kundalini,
on la prie, avec des phrases simples issues d'un coeur sincère,
d'éliminer avec la Lance d'Eros, avec la force sexuelle,
le Moi qui personnifie l'erreur que nous avons réellement
comprise et que nous aspirons à réduire en
poussière cosmique.
On
bénit enfin l'eau contenue dans un verre de cristal
bien propre, et l'on boit en rendant grâce à
notre Mère Divine.
Ce
rituel du Pancatattva libère le héros de tout
péché ; aucun ténébreux ne peut
lui résister ; les pouvoirs terrestres et supraterrestres
lui sont subordonnés et il va de par le monde avec
la conscience éveillée.
Redouté
par tous les Démons, il vit comme un Seigneur du
Salut dans une parfaite béatitude, il échappe
à la loi de la renaissance, car à travers
de longs et terribles travaux de Magie Sexuelle, il a utilisé
le formidable pouvoir électrique d'Eros, non pour
des satisfactions brutales de nature animale, mais pour
réduire en poussière le Moi Pluralisé.
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