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MFO04 La Lance Esotérique
La
Lance ésotérique christique du Saint-Graal
et la Hasté païenne des Pactes magiques, que
brandit Wotan, est une seule et même Pique bénie
!, considérée comme sacrée chez tous
les peuples depuis l'antiquité la plus éloignée.
Que ce soit, en vérité, à cause de
son caractère phallique et symbolique du pouvoir
sexuel viril, ou parce qu'il s'agit de l'arme archaïque
de combat que l'homme a pu imaginer à l'aube de la
vie, il est certain que la Hasté romaine était,
comme on sait, quelque chose comme la balance de la Justice,
présidant à toutes les transactions juridiques
du primitif droit quiritaire ou de la lance (Kyriès),
et tout spécialement aux noces, parmi ceux qui jouissaient
du droit de citoyenneté, sûrement très
apprécié.
Les
sages-femmes romaines qui se trouvaient sous la tutelle
de la Déesse bénie Junon, étaient appelées
très sagement ‘'Curètes » (Caurétès
ou Kyrias et, de là, Walkyries), à cause de
Curès ou Tour, ville des Sabins fondée par
Medius Fidius et Himella, leurs Dieux ineffables, et pour
cela, les généraux et les autres hommes des
Curies romaines qui se distinguaient en tant que héros
de guerre recevaient ordinairement en guise de récompense
une petite lance de fer appelée Hasta Pura, nom qui,
à coup sûr, nous rappelle la ville d'Hastinapura,
symbole divin de la Jérusalem Céleste.
«
Matronae in tutela Junonis Curetis essent, quae ita vocabatur
ab hasta ferenda quae sabinorum lingua curis dicebatur.
Nec tibi, quae cupidae natura videbere matri, comat virgineas
hasta recurba comas » (Ovide, 2 Fast).
«
Hasta Pura dicitur, quae fine ferro est, et signum est pacis.
Hac donabantur militis, qui in bello fortiter fecissent
» (Suétone, Claudius).
«
Translate hastae dicuntur argumenta oratoria » (Cicéron,
II Or, c.57).
«
Deos in hastario vectigales habetis » (Tertulien,
Apologétique, c. 13).
«
Ponitiur etiam pro auctione incunto, quia autio cum effet
hasta erigebatur » (Calepinus, Hasta).
Il
est ostensible et manifeste que les Troncs ou Tables de
la Loi, où le prophète Moïse a écrit
sagement, par ordre de Jéhovah, les dix commandements,
ne sont, en réalité, rien d'autre que la double
lance des Runes, sur la signification phallique de laquelle
il existe une abondante documentation.
Il
n'est pas superflu de souligner l'idée transcendante
qu'il existe deux autres commandements dans l'ésotérisme
mosaïque. Je veux me référer aux commandements
onze et douze, en relation intime avec les Arcanes XI et
XII de la Kabbale.
Le
premier de ces commandements, soit le onzième, a
son expression classique dans le sanskrit Dharma Chara :
« Fais ton devoir ».
Rappelle-toi,
frère lecteur, que tu as le devoir de chercher le
chemin étroit, austère et difficile qui conduit
à la lumière. L'Arcane XI du Tarot éclaire
ce devoir : la force merveilleuse qui peut dominer et soumettre
les lions de l'adversité est essentiellement spirituelle.
Pour cette raison, elle est représentée par
une belle femme qui, sans effort apparent, ouvre avec ses
mains délicieuses la terrible gueule de « Leo
», le puma épouvantable, le lion furieux.
En
relation étroite avec le onzième, le douzième
commandement de Dieu est illustré par l'Arcane XII
: « Fais que ta lumière brille ! ».
Pour
que la lumière, qui constitue l'Essence embouteillée
à l'intérieur du Moi, puisse réellement
briller et resplendir, on doit se libérer, et cela
n'est possible qu'au moyen de l'annihilation Bouddhique,
c'est-à-dire, en dissolvant l'Ego.
Il
nous faut mourir d'instant en instant, seconde après
seconde ; c'est seulement avec la mort de l'Ego qu'advient
le nouveau.
De
même que la vie représente un processus de
graduelle et toujours plus complète extériorisation
ou extraversion, de manière analogue la mort du Moi
est un processus d'intériorisation graduelle dans
lequel la conscience individuelle, l'Essence, se dépouille
lentement de ses vêtements inutiles, tout comme Ishtar
dans sa descente symbolique, jusqu'à demeurer entièrement
nue en elle-même devant la grande Réalité
de la vie libre dans son mouvement.
La
Lance, le Sexe, le Phallus, joue aussi un grand rôle
dans nombre de légendes orientales comme instrument
merveilleux de salut et de libération, lequel, brandi
sagement par l'âme haletante, lui permet de réduire
en poussière cosmique toute ces entités caverneuses
qui, dans leur ensemble infect, constituent le « Moi-Même
».
Sur
la terre sacrée des Veda, Shiva, le Troisième
Logos (l'Energie Sexuelle), a été analysé
profondément dans ses aspects créateurs et
destructeurs.
Il
est manifeste, clair et visible que les aspects subjectifs,
sexuels, se cristallisent fatalement en ces multiples entités,
dont la somme totale constitue ce que les Egyptiens appelaient
Seth (l'Ego). Le pouvoir générateur normal
de nos glandes endocrines sexuelles est manifeste.
Le
pouvoir objectif créateur du seigneur Shiva est transcendant
lorsqu'il travaille à créer l'Habit de Noces
de l'âme, le To Soma Heliakon, le corps d'or de l'Homme
Solaire.
L'Energie
Sexuelle est hautement explosive et merveilleuse. En vérité,
je vous dis que celui qui sait manier l'Arme d'Eros (la
Lance, le Sexe), peut réduire en poussière
cosmique le Moi Pluralisé.
Prier
c'est converser avec Dieu, et on doit apprendre à
prier durant le coït ; en ces instants de suprême
bonheur, demandez et l'on vous donnera, frappez et l'on
vous ouvrira.
Celui
qui met son coeur dans sa supplique et qui prie sa Mère
Divine Kundalini d'empoigner l'Arme d'Eros, obtiendra le
meilleur des résultats, parce qu'elle l'aidera alors
en détruisant l'Ego.
Cependant,
je vous dis que c'est un processus long, patient et très
délicat. Il est indiscutable que le chasseur qui
veut chasser dix lièvres à la fois n'en prend
aucun. Ainsi donc, celui qui veut éliminer tous les
défauts psychologiques simultanément n'en
élimine aucun.
Au
dedans de chacun de nous existent des milliers de défauts
et ils ont tous beaucoup de racines et de facettes, cachées
dans les divers replis subconscients du mental. Chacun de
ces défauts psychologiques a une forme animale ;
l'Essence, la Conscience, est emboutie à l'intérieur
de ces créatures des mondes submergés.
La
condition préalable à toute élimination
est la compréhension intégrale du défaut
que l'on veut éliminer.
Suppliez,
si vous êtes sûrs d'avoir bien compris le défaut,
et retirez-vous du coït sans éjaculer le Semen.
Pour
faire une synthèse transcendante sur ces très
longs et durs travaux, nous dirons : d'abord il faut libérer
l'Essence pour que la lumière brille en nous ; ensuite,
la fusionner avec Atman (l'Etre) pour nous libérer
du mental, plus tard, la remettre à l'Ancien des
Jours (le « Père qui est en secret »,
la Monade), pour nous convertir en Maîtres Ressuscités,
Parfaits.
Et
enfin, l'absorber définitivement en Ishvara le Logos,
première émanation du suprême Parabrahman
(le grand Océan de l'Esprit Universel de Vie).
Concluons
maintenant ce chapitre avec l'anecdote suivante : il y a
longtemps de cela, lorsque je n'avais pas encore réduit
l'Ego en poussière cosmique, je fis une invocation
magique formidable. J'appelais un Grand Maître en
disant : « Viens !, Viens !, Viens !, Prophète
de Ra Hor Kou. Venez à moi !, veuille l'accomplir
!, veuille l'accomplir !, veuille l'accomplir ! Aum Aum
Aum », en entonnant ce dernier mot comme il se doit,
ouvrant la bouche avec le « A », l'arrondissant
avec le « U » (OU) et la refermant pour le «
M ».
Il
n'est pas superflu de préciser que l'atmosphère
était saturée d'une infinie harmonie, chargée
d'Od.
Le
résultat de l'invocation ne se fit pas attendre et
le grand prophète vint vers moi.
Le
Kabire revêtait une forme symbolique formidable que
je pus voir, entendre, toucher et palper dans toute la présence
de mon Etre cosmique. Le Vénérable paraissait
divisé en deux moitiés : de la ceinture jusqu'en
haut, il resplendissait glorieusement, son front était
haut comme les murs invincibles de la Jérusalem Céleste
; ses cheveux étaient comme de la laine blanche tombant
sur ses épaules immaculées ; son nez, droit
comme celui d'un Dieu ; ses yeux, profonds et pénétrants
; sa barbe, éclatante comme celle de l'Ancien des
Jours ; ses mains, comme des anneaux d'or sertis de jacinthes
; ses lèvres, comme des lis qui distillent la myrrhe
parfumée.
Cependant,
dans la partie inférieure de son corps, de la ceinture
jusqu'en bas, je vis quelque chose d'insolite : d'horripilantes
formes bestiales, personnifiant les erreurs, les démons
rouges, les mois-diables, au dedans desquels est embouteillée
la Conscience.
«
Je vous ai appelé pour vous demander l'Illumination
» : telle fut ma requête !. Il est évident
que la réponse était dans sa manière
même de se présenter.
Le
vieillard posa sa main droite sur ma tête et me dit
: « Appelle-moi chaque fois que tu auras besoin de
moi, et je te donnerai l'Illumination ! », puis il
me bénit et s'en alla.
Avec
une joie infinie, je compris tout ; c'est seulement en éliminant
à coups de lance ces créatures animales que
nous portons tous à l'intérieur de nous et
au-dedans desquelles dort la conscience que nous advient
l'Illumination.
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