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MFO03 Le Diable Prestidigitateur
Il
est manifeste qu'il existe un médiateur plastique
extraordinaire dans cet homoncule intellectuel erronément
appelé « homme ». Je veux parler du plexus
solaire, le centre émotionnel, sagement placé
par la nature dans la région du nombril.
Il est incontestable que ce magnifique réceptacle
du bipède tricérébré ou tricentré
est saturé intégralement par l'essence sexuelle
de nos organes créateurs. On nous a dit que «
l'OEil Magique » du ventre est stimulé fréquemment
par l'Hydrogène sexuel SI-12 qui monte des organes
sexuels.
C'est
en effet un axiome inébranlable de la Philosophie
hermétique que dans la région du ventre existe
un puissant accumulateur d'énergie sexuelle.
Au
moyen de l'agent sexuel, n'importe quelle représentation
peut prendre forme dans le champ magnétique du plexus
solaire. L'idéoplastique représentative constitue
en elle-même le contenu du bas-ventre.
Nous
n'exagérons en aucune façon lorsque nous insistons
sur l'idée de base que c'est dans le ventre que sont
engendrés les Moi qui surgissent plus tard à
l'existence. De telles entités psychologiques, idéoplastiques,
ne pourraient pas venir à l'existence sans l'agent
sexuel.
Chaque
Moi est donc une vivante représentation psychologique
qui surgit du ventre ; l'Ego personnel est une somme de
Moi.
L'animal
intellectuel est assurément une machine contrôlée
par de multiples Moi. Certains Moi représentent la
colère avec toutes ses facettes, d'autres la convoitise,
d'autres encore la luxure, etc. Ce sont les « Diables
Rouges » dont parle le Livre des Morts de l'ancienne
Egypte.
Au
nom de la vérité, il est indispensable de
dire que la seule chose digne que nous portons à
l'intérieur, c'est l'Essence ; malheureusement, celle-ci
se trouve elle-même dispersée ça et
là, engloutie dans chacun des multiples Moi.
«
Le Diable Prestidigitateur » prend forme dans la puissance
sexuelle ; certains Moi très forts produisent communément
divers phénomènes physiques stupéfiants.
Waldemar
relate le cas suivant : « Le prestigieux syndic de
la ville de San Miniato dans la Toscane, située entre
Florence et Pise, avait une fille de quinze ans, sur laquelle
« vint le Démon » d'une manière
qui fit sensation dans le pays.
«
Ce n'était pas seulement le fait que le lit où
se trouvait la jeune fille se déplaçait d'un
bord à l'autre de la chambre de sorte qu'il n'était
pas contre un mur que déjà il était
jeté contre l'autre, mais aussi le fait que le Démon
brisait une grande quantité de faïences dans
la maison, ouvrait portes et tiroirs et menait un tel boucan
que les voisins passaient la nuit en tremblant et remplis
d'épouvante ».
«
En présence des parents, l'enfant fut attaquée
de telle façon par le malin que, malgré les
suppliques et implorations de la jeune fille, il la saisit
par les hanches et l'éleva dans les airs ».
«
En vain appela-t-elle en invoquant : Sainte Vierge Marie
!, aidez-moi, sauvez-moi donc !, et ceci en présence
de centaines d'habitants de la cité ; elle fut traînée
par la fenêtre, se balançant durant plusieurs
minutes devant la maison et sur la place du marché
».
«
Il ne faut donc pas s'étonner si presque toute la
ville accourut là-bas, hommes et femmes, en pâmoison
devant le spectacle inouï et s'effrayant de la cruauté
du Diable, claironnant à la ronde le courage de la
jeune fille ».
Un
compte rendu de l'époque dit : « tous se trouvaient
atterrés et émus profondément par l'aspect
de la mère et des femmes de la famille qui, les cheveux
épars, se lacéraient les joues avec les ongles,
se meurtrissaient la poitrine avec les poings et remplissaient
l'air de lamentations et de cris de douleur dont l'écho
résonnait dans les rues ».
«
La mère, surtout, criait, tantôt à sa
fille, tantôt au Démon, priant celui-ci de
jeter sur elle-même toute disgrâce ; puis elle
s'adressa de nouveau aux gens, spécialement aux mères,
pour qu'elles s'agenouillent avec elle en implorant l'aide
de Dieu, chose que tous firent à l'instant ».
«
O Dieu saint !, aussitôt l'enfant fut précipitée
d'en haut sur sa mère, et elle consola la demi-morte,
l'air tout joyeux : n'aie plus peur, ma mère, cesse
de pleurer, ta fille est ici ; ne crains plus le spectre
du Diable, je t'en supplie. Tu crois peut-être que
j'ai été torturée et maltraitée,
mais je me sens plutôt comblée d'une délicieuse
et indicible douceur. En effet, toujours à la défense
de tous les affligés, il a été à
mes côtés, m'aidant et me parlant pour me donner
courage et constance ; c'est ainsi, m'a-t-il dit, que se
gagne le ciel ».
«
Ces paroles remplirent ceux qui étaient présents
de joie et d'étonnement en même temps, et ils
s'en allèrent soulagés ; mais à peine
la famille fut-elle de retour chez elle que le Diable fit
à nouveau irruption et se jeta avec violence sur
la jeune fille, la saisit par les cheveux, éteignit
les lampes et les chandelles, renversa les coffres et les
caisses et tous les meubles et, lorsque le père put
rallumer les lumières, l'enfant se jeta sur le crucifix
de la chambre et cria d'une voix déchirante : fais
que la Terre m'engouffre, ô Seigneur, au lieu de m'abandonner
; soutiens-moi et libère-moi, je t'en implore instamment
».
«
Et en parlant ainsi, elle fondit en larmes, ce qui mit davantage
en fureur le Malin, qui lui arracha d'abord la chemise qu'elle
portait, puis son vêtement de laine et finalement
son sous-vêtement de soie, comme ont l'habitude d'en
porter les jeunes femmes, le déchirant et le mettant
en pièces, et quand la pauvre se trouva pratiquement
nue, il commença à la violenter ».
«
Elle criait : mon père, apporte-moi un vêtement,
couvre ma nudité ; Vierge Sainte, aide-moi ! ».
Finalement, et après que le démon lui eut
fait subir beaucoup de sévices, on parvint à
libérer la jeune fille de ses bras par un pèlerinage
et certains exorcismes effectués par un prêtre
».
Ici
s'arrête l'intéressant récit de Waldemar.
Il est ostensible que le Démon sadique qui a tourmenté
cette pauvre fille était, hors de tout doute, le
Diable Prestidigitateur, un très fort Moi Diable
de la demoiselle qui a pris forme dans sa propre puissance
sexuelle, c'est tout.
L'abondance
des extériorisations idéoplastiques, sexuelles,
qui se manifeste tout particulièrement durant les
années de la puberté, est réellement
effarante ; c'est alors que nous créons des Moi terribles
capables de produire des phénomènes sensationnels.
La
rage de ne pas pouvoir aimer ou le fait même de se
sentir repoussé par quelqu'un transforme indubitablement
l'existence en un véritable enfer et suscite ces
épouvantables émanations sexuelles fluidiques
capables de se convertir en le Diable Prestidigitateur.
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