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EF23 La Maternité
La
vie de l'être humain a commencé comme une simple
cellule, sujette, cela va de soi, au temps extraordinairement
rapide des cellules vivantes.
Conception, gestation et naissance, voilà le merveilleux
trio par lequel débute toujours la vie de n'importe
quelle créature.
Il
est réellement surprenant de savoir que nous devons
vivre nos premiers instants d'existence dans l'infiniment
petit, chacun de nous converti en une petite cellule microscopique.
Nous
commençons notre existence sous la forme d'une insignifiante
cellule et terminons notre vie chargés d'ans et de
souvenirs.
Le
Moi est mémoire. Beaucoup de vieillards ne vivent
pas le moins du monde dans le présent, beaucoup ne
vivent qu'en ce remémorant le passé. Tout
vieillard n'est rien de plus qu'une voix et qu'une ombre;
un fantôme du passé; de la mémoire accumulée
qui est ce qui continue dans les gènes de nos descendants.
Les
premiers temps de la conception humaine sont extraordinairement
rapides, mais à travers les divers processus de la
vie, le temps se ralentit progressivement. Il convient de
rappeler à nos lecteurs la relativité du temps
: l'insecte insignifiant qui ne vit que quelques heures
dans un après-midi d'été, semble pour
nous comme s'il ne vivait pratiquement pas, mais en réalité
il vit tout ce qu'un homme vit en quatre-vingts ans, ce
qui se passe, c'est qu'il vit rapidement; un homme vit en
quatre-vingts ans ce qu'une planète vit en des millions
d'années.
Lorsque
le spermatozoïde s'unit avec l'ovule, la gestation
commence. La cellule par laquelle débute la vie humaine
contient quarante-huit chromosomes. Les chromosomes se subdivisent
en gènes, un chromosome comporte un peu plus d'une
centaine de gènes.
Les
gènes sont très difficiles à étudier
parce que chacun d'eux est constitué de quelques
molécules à peine qui vibrent avec une incroyable
rapidité. Le monde merveilleux des gènes constitue
une zone intermédiaire entre le monde tridimensionnel
et le monde de la quatrième dimension. Dans les gènes
on retrouve les atomes de l'hérédité.
Le Moi psychologique de nos ancêtres vient imprégner
l'oeuf fécondé.
En
cette ère d'électrotechnique et de science
atomique, il s'avère absolument pas exagéré
d'affirmer que la trace électromagnétique
laissée par un ancêtre qui a exhalé
son dernier souffle vient s'imprimer dans les gènes
et chromosomes de l'oeuf fécondé par un descendant.
Le
sentier de la vie est formé par les traces des sabots
du cheval de la mort.
Au
cours de l'existence, différents types d'énergie
circulent à travers l'organisme humain; chaque type
d'énergie a son propre mode d'action, chaque type
d'énergie se manifeste en son temps et à son
heure. Deux mois après la conception, la fonction
digestive se manifeste, et un peu plus de quatre mois après
la conception entre en action la force motrice qui est en
relation intime avec les systèmes respiratoire et
musculaire.
Le
spectacle scientifique de la naissance et de la mort de
toutes choses est merveilleux. Plusieurs savants affirment
qu'il existe une étroite analogie entre la naissance
de la créature humaine et la naissance des mondes
dans l'espace sidéral.
Après
neuf mois, l'enfant naît, et le mois suivant commence
la croissance avec tous ses merveilleux métabolismes
et le développement symétrique et parfait
des tissus conjonctifs. Lorsque la fontanelle frontale des
nouveau-nés se referme vers l'âge de deux ou
trois ans, c'est le signe que le système cérébro-spinal
est maintenant parfaitement formé.
Beaucoup
de scientifiques ont dit que la nature a de l'imagination
et que cette imagination donne une forme vivante à
tout ce qui est, tout ce qui a été et tout
ce qui sera. Une foule de gens rient de l'imagination, certains
allant même jusqu'à l'appeler « la folle
du logis ».
Une
grande confusion règne autour du mot imagination,
nombreux sont ceux qui confondent l'imagination avec la
fantaisie. Certains savants disent qu'il existe deux imaginations
: ils appellent la première l'imagination mécanique,
et la seconde l'imagination intentionnelle. La première
est constituée des rognures du mental et la seconde
correspond à ce que nous avons en dedans de plus
digne et de plus décent.
A
travers l'observation et l'expérience, nous avons
pu constater qu'il y a aussi un type de sous-imagination
mécanique, morbide, infraconsciente et subjective.
Ce type de sous-imagination automatique fonctionne au-dessous
de la zone intellectuelle. Les images érotiques,
les films morbides, les histoires épicées,
avec un double sens, les calembours grivois, etc., font
habituellement travailler de façon inconsciente la
sous-imagination mécanique. Une analyse profonde
nous a conduit à la conclusion logique que les rêves
érotiques et les pollutions nocturnes sont dus à
la sous-imagination mécanique. La chasteté
absolue se révèle impossible tant qu'existe
la sous-imagination mécanique.
Il
est, tout compte fait, parfaitement clair que l'imagination
consciente est radicalement différente de ce qu'on
appelle l'imagination mécanique subjective, infraconsciente,
subconsciente.
N'importe
quelle représentation peut être perçue
de façon autoexaltante et dignifiante, mais la sous-imagination
de type mécanique, infraconsciente, subconsciente,
inconsciente, peut nous trahir en fonctionnant automatiquement
et en superposant des images sensuelles, passionnelles,
submergées.
Si
nous voulons la chasteté complète, uni-totale,
profonde, il nous faut surveiller non seulement l'imagination
consciente mais aussi l'imagination mécanique et
la sous-imagination inconsciente, automatique, subconsciente,
submergée. Nous ne devons jamais oublier la relation
étroite qui existe entre le sexe et l'imagination.
Nous
devons à l'aide de la méditation profonde,
transformer tout type d'imagination mécanique et
toute forme de sous-imagination et d'infra-imagination automatique
en imagination consciente, objective. L'imagination objective
est en soi essentiellement créatrice, sans elle l'inventeur
n'aurait pas pu concevoir le téléphone, la
radio, l'avion, etc.
L'imagination
de la femme enceinte est fondamentale pour le développement
du foetus. Il est démontré que toute mère
peut, à l'aide de son imagination, altérer
le psychisme du foetus. Il est indispensable que la femme
en état de grossesse contemple de beaux tableaux,
de sublimes paysages, écoute de la musique classique
et soit entourée de paroles harmonieuses; ainsi pourra-t-elle
agir harmonieusement sur le psychisme de la créature
qu'elle porte dans ses entrailles. La femme enceinte ne
doit pas boire d'alcool, ni fumer, ni contempler ce qui
est laid, ce qui est désagréable, car tout
cela est préjudiciable pour le développement
harmonieux de la créature.
Il
faut savoir excuser les caprices et les erreurs de la femme
enceinte. Beaucoup d'hommes intolérants et manquant
de compréhension véritable se fichent et injurient
leur femme en état de grossesse. Les amertumes de
cette femme, l'affliction causée par le manque de
charité du mari, se répercutent sur le foetus
en état de gestation, non seulement de façon
physique mais aussi psychique.
Si
l'on tient compte du pouvoir de l'imagination créatrice,
il est logique d'affirmer que la femme enceinte ne doit
pas contempler ce qui est laid, désagréable,
inharmonieux, répugnant, etc.
L'heure
est venue où les gouvernements doivent s'occuper
de résoudre les grands problèmes en rapport
avec la maternité.
Il
s'avère incongru que dans une société
qui se vante d'être chrétienne et démocratique,
on ne sache pas respecter et vénérer le sens
religieux de la maternité. Il est monstrueux de voir
des milliers de femmes enceintes complètement démunies,
sans protection, abandonnées par leur mari et par
la société, mendiant un morceau de pain ou
un emploi et exerçant souvent des travaux physiques
durs pour pouvoir survivre avec la créature qu'elles
portent dans leur ventre. Ces conditions infrahumaines de
la société actuelle, cette cruauté
et cette absence de responsabilité des gouvernants
et des populations nous indiquent très clairement
que la démocratie n'existe pas encore.
Les
hôpitaux avec leurs salles de maternité n'ont
pas encore résolu le problème, car les femmes
ne peuvent entrer à l'hôpital que lorsqu'elles
sont sur le point d'accoucher. On a besoin de toute urgence
de foyers collectifs, de véritables cités-jardins
dotées de salons et de résidences pour les
femmes en gestation notoirement pauvres, dotées aussi
de cliniques et de garderies pour leurs enfants.
Ces
foyers collectifs où logeraient les femmes enceintes
reconnues comme pauvres, seraient pourvus de toute espèce
de commodités, et remplis de fleurs, de musique,
d'harmonie et de beauté : ainsi, le grand problème
de la maternité se trouverait solutionné.
Nous
devons comprendre que la société humaine est
une grande famille et qu'aucun problème qui la touche
ne nous est étranger car tout problème, d'une
façon ou d'une autre, affecte dans son rayon d'action
respectif tous les membres de la société.
Discriminer les femmes enceintes du fait qu'elles sont pauvres
est absurde. Les sous-estimer, les mépriser ou les
confiner dans des asiles pour personnes indigentes est criminel.
Dans
cette société où nous vivons, nul ne
doit avoir de préférence car nous sommes tous
humains et avons les mêmes droits, nos enfants ce
sont tous les enfants du monde. Il nous faut créer
enfin la véritable démocratie si en vérité
nous ne voulons pas être dévorés par
le communisme.
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