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EF22 Le Bien et le Mal
Le
Bien et le Mal n'existent pas. Une chose est bonne quand
elle nous convient, et mauvaise quand elle ne nous convient
pas. Le Bien et le Mal, c'est une question de convenances
égoïstes et de caprices du mental.
L'homme qui a inventé les termes fatidiques Bien
et Mal était un atlante du nom de Makari Kronvernkzyon,
membre distingué de la Société Scientifique
Akaldan qui était implantée dans le continent
atlante submergé.
Jamais
le vieux sage n'avait soupçonné l'ampleur
du dommage qu'il allait causer à l'humanité
par l'invention de ces deux misérables petits mots.
Les savants atlantes ont étudié profondément
toutes les forces évolutives, involutives et neutres
de la nature, mais ce vieux savant eut l'idée de
définir les deux premières avec les termes
Bien et Mal. Les forces de type évolutif, il les
appela bonnes, et les forces de type involutif, il les baptisa
du terme de mauvaises. Les forces neutres, il ne leur donna
aucun nom. Ces forces agissent en l'homme et dans la nature,
la force neutre étant le point d'appui et d'équilibre.
De
nombreux siècles après la submersion de l'Atlantide,
avec sa fameuse capitale Poséidonis dont nous a parlé
Platon dans sa République, il y eut, dans la civilisation
orientale Tyklyamiskayana, un prêtre très vieux
qui a commis la faute extrêmement grave d'abuser des
termes Bien et Mal en les utilisant stupidement pour fonder
sur eux une morale. Ce prêtre s'appelait Armanatoora.
A
travers les innombrables siècles qui se sont succédés
tout au long de l'histoire, ces deux petits mots vicièrent
l'humanité qui en fit le fondement de tous ses codes
moraux. Ces deux mots imprègnent aujourd'hui toute
notre vie quotidienne, et nos plus menus agissements en
dépendent. Il y a actuellement beaucoup de réformateurs
qui veulent opérer une restauration morale mais,
pour leur malheur et pour celui de ce monde affligé,
ils ont le mental embouteillé dans le Bien et le
Mal.
Toute
morale est fondée sur les misérables mots
Bien et Mal, et c'est pour cela que tout réformateur
moral est, en fait, un réactionnaire.
Les
termes Bien et Mal sont toujours utilisés soit pour
justifier, soit pour condamner nos propres erreurs. Celui
qui justifie ou condamne ne comprend pas. Comprendre le
développement des forces évolutives, c'est
faire preuve d'intelligence, mais ce n'est pas intelligent
de les justifier en les qualifiant de bonnes. Comprendre
le processus des forces involutives est une manifestation
d'intelligence, mais c'est vraiment stupide de les condamner
en les qualifiant de mauvaises.
Toute
force centrifuge peut être convertie en force centripète.
Toute force involutive peut se transformer en évolutive.
A
l'intérieur des infinis processus de l'Energie en
état évolutif existent d'infinis processus
d'énergie en état involutif. A l'intérieur
de chaque être humain se trouvent divers types d'énergie
qui évoluent et involuent et se transforment sans
cesse. Justifier un certain type d'énergie et en
condamner un autre, ce n'est pas comprendre; or, la chose
vitale, c'est de comprendre.
Le
fait concret de l'embouteillement mental a rendu très
rare l'expérience de la Vérité, parmi
l'humanité. Les gens sont embouteillés dans
le jeu des opposés Bien et Mal.
La
psychologie révolutionnaire du mouvement gnostique
est basée sur l'étude des différents
types d'énergie qui opèrent à l'intérieur
de l'organisme humain et dans la nature. Le mouvement gnostique
a une éthique révolutionnaire qui n'a rien
à voir avec la morale des réactionnaires ni
non plus avec les termes conservateurs et désuets
de Bien et Mal.
Dans
le laboratoire psychophysiologique de l'organisme humain
existent des forces évolutives, involutives et neutres
qui doivent être étudiées et comprises
en profondeur.
Le
terme Bien empêche la compréhension des énergies
évolutives, à cause de la justification que
ce terme comporte. Le terme Mal entrave la compréhension
des forces involutives, à cause de la condamnation
implicite.
Justifier
ou condamner ne signifie pas comprendre. Celui qui veut
en finir avec ses défauts, ne doit pas les justifier
ni les condamner. Il est urgent de comprendre nos erreurs.
1
Comprendre la colère dans tous les niveaux du mental
est fondamental pour que naisse en nous la sérénité
et la douceur.
2
Comprendre les nuances infinies de la convoitise est indispensable
afin que naisse en nous la philanthropie et l'altruisme.
3
Comprendre la luxure dans tous les niveaux du mental est
une condition indispensable pour que naisse en nous la véritable
chasteté.
4
Comprendre l'envie dans toutes les régions du mental
est essentiel pour que naisse en nous le sens de la coopération
et le bonheur devant le bien-être et le progrès
d'autrui.
5
Comprendre l'orgueil dans tous ses degrés et toutes
ses nuances est primordial afin que naisse en nous de façon
naturelle et spontanée la fleur précieuse
de l'humilité.
6
Comprendre ce qu'est cet élément d'inertie
appelé la paresse, non seulement dans ses formes
grossières mais aussi dans ses aspects les plus subtils,
est indispensable pour que naisse en nous le sens de l'activité.
7
Comprendre les diverses formes de la gourmandise et de la
gloutonnerie équivaut à détruire les
vices du centre instinctif tels que le goût des banquets,
de l'ivrognerie, des parties de chasse, du carnivorisme,
la peur de la mort, le désir de perpétuer
le Moi, la crainte de l'annihilation etc.
Les
maîtres des écoles, collèges et universités
recommandent à leurs élèves de devenir
meilleurs comme si le Moi pouvait devenir meilleur, ils
leur conseillent d'acquérir certaines vertus précises
comme si le Moi pouvait obtenir des vertus.
Il
est indispensable de comprendre que le Moi ne s'améliore
jamais, qu'il ne sera jamais plus parfait et que celui qui
convoite des vertus renforce le Moi. La perfection totale
ne naît en nous qu'avec la dissolution du Moi. Les
vertus naissent en nous de façon naturelle et spontanée
lorsque nous comprenons nos défauts psychologiques
non seulement au niveau intellectuel mais aussi sur tous
les plans subconscients et inconscients du mental.
Vouloir
devenir meilleur, c'est stupide; désirer la sainteté,
c'est de l'envie; convoiter des vertus signifie fortifier
le Moi avec le poison de la convoitise. Il nous faut réaliser
la mort totale du Moi, non seulement au niveau intellectuel
mais aussi dans tous les recoins, toutes les régions,
les étendues, les corridors du mental. Lorsque nous
sommes morts de façon absolue, il ne reste en nous
que Cela qui est parfait, Cela qui est saturé de
vertus, Cela qui est l'Essence de notre Etre Intime, Cela
qui ne relève pas du temps.
C'est
seulement par la compréhension profonde de tous les
infinis processus des forces évolutives qui se développent
au dedans de nous-mêmes ici et maintenant, seulement
par la compréhension intégrale des différents
aspects des forces involutives qui agissent à l'intérieur
de nous-mêmes instant après instant, que nous
pouvons dissoudre le Moi.
Les
termes Bien et Mal sont employés pour justifier et
condamner mais jamais pour comprendre.
Chaque
défaut a beaucoup de nuances, de soubassements, de
profondeurs, de tréfonds. Comprendre un défaut
au niveau intellectuel ne signifie pas qu'on l'a compris
dans les divers terrains subconscients, infraconscients
et inconscients du mental. N'importe quel défaut
peut disparaître du niveau intellectuel et continuer
dans les autres régions du mental.
La
colère se déguise avec la toge du juge. Beaucoup
de gens convoitent de ne pas être convoiteurs; il
y a ceux qui ne convoitent pas de l'argent mais des pouvoirs
psychiques, des vertus, de l'amour, du bonheur, ici ou après
la mort.
Beaucoup
d'hommes et de femmes sont émus et fascinés
devant les personnes du sexe opposé parce que, selon
leur dire ils aiment la beauté : leur propre subconscient
les trahit, la luxure prend le déguisement du sens
esthétique. Beaucoup d'envieux envient les saints
et font des pénitences et se flagellent car ils désirent
parvenir aussi à la sainteté; beaucoup d'envieux
envient ceux qui se sacrifient pour l'humanité et
voulant alors être grands eux aussi, ils tournent
en dérision ceux qu'ils envient et crachent contre
eux leur bave diffamatoire.
Il
y a ceux qui se sentent orgueilleux de leur position, de
leur fortune, de leur renommée et leur prestige,
et il y a ceux qui sont orgueilleux de leur humble condition.
Diogène tirai de l'orgueil du tonneau dans lequel
il dormait et lorsqu'il arriva à la maison de Socrate,
il le salua en disant: « Je foule aux pieds ton orgueil
Socrate, je marche sur ton orgueil ». Socrate répondit
: « Oui, Diogène, avec ton orgueil tu foules
aux pieds mon orgueil ».
Les
femmes vaniteuses se frisent les cheveux, se vêtent
et se parent du mieux qu'elles le peuvent pour exciter l'envie
des autres femmes, mais la vanité se déguise
aussi avec la tunique de l'humilité. La tradition
raconte que le philosophe grec Aristipe, voulant montrer
à tout le monde sa sagesse et son humilité,
avait revêtu une vieille tunique pleine de trous;
ainsi accoutré, et serrant dans la main droite le
bâton de la Philosophie, il s'en fut par les rues
d'Athènes. Quand il le vit s'approcher, Socrate s'exclama
: « Aristipe, on voit ta vanité à travers
les trous de ton vêtement ».
Nombreux
sont ceux qui se trouvent dans la misère à
cause de la paresse, mais il existe des gens qui travaillent
énormément pour gagner leur vie et cependant
se sentent paresseux lorsqu'il s'agit de s'étudier
et se connaître eux-mêmes pour dissoudre le
Moi. Nombreux ceux qui ont abandonné la gourmandise
et la gloutonnerie mais qui, malheureusement, se saoulent
et vont à la chasse.
Chaque
défaut a une multitude de facettes et se développe
de façon graduée depuis l'échelon le
plus bas de l'échelle psychologique jusqu'à
l'échelon le plus élevé. Au milieu
du rythme délicieux d'un vers poétique, se
cache aussi le crime.
Le
crime prend aussi le visage du saint, du martyr, du chaste,
de l'apôtre, etc.
Le
Bien et le Mal n'existent pas, ces termes ne servent qu'à
chercher des échappatoires, des excuses, pour éluder
l'étude profonde et détaillée de nos
propres défauts.
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