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EF08 L'Amour
Les
étudiants doivent, dès les bancs de l'école,
comprendre de façon intégrale ce que l'on
appelle l'Amour.
La peur et la dépendance sont souvent confondus avec
l'amour mais ne sont pas l'amour. Les élèves
dépendent de leurs parents et maîtres et il
est clair qu'ils les respectent et les craignent à
la fois.
Les
enfants, les jeunes gens et les jeunes filles dépendent
de leurs parents en ce qui concerne le vêtement, la
nourriture, l'argent, le gîte, et naturellement ils
se sentent protégés, ils savent qu'ils dépendent
de leurs parents et c'est pour cela qu'ils les respectent
et même les craignent, mais ce n'est pas de l'amour.
Comme
preuve de ce que nous venons de dire, nous pouvons tous
constater que n'importe quel enfant ou adolescent a plus
confiance en ses petits amis de l'école qu'en ses
propres parents. Réellement, les jeunes parlent avec
leurs compagnons ou compagnes de choses intimes dont ils
ne parleraient jamais de la vie avec leurs parents eux-mêmes.
Cela nous démontre qu'il n'y a pas de confiance véritable
entre enfants et parents, qu'il n'y a pas de véritable
amour.
Il
devient indispensable de comprendre qu'il existe une différence
radicale entre l'amour et ce qu'est le respect, la crainte,
la dépendance, la peur. Il est urgent de savoir respecter
nos parents et maîtres, mais ne confondons pas le
respect avec l'amour. Le respect et l'amour doivent être
étroitement unis, mais nous ne devons pas confondre
l'un avec l'autre.
Les
parents ont peur pour leurs enfants, ils désirent
pour eux ce qu'il y a de mieux, une bonne profession, un
bon mariage, la protection, etc., et ils confondent cette
crainte avec le véritable amour.
Il
est rendu nécessaire de comprendre que sans amour
véritable, il est impossible aux parents et aux maîtres
de guider les nouvelles générations d'une
manière sage, bien qu'ils aient les meilleures intentions.
Le chemin qui conduit à l'abîme est pavé
de bonnes intentions.
Voyons
le cas mondialement connu des « Rebelles sans cause
». C'est une épidémie mentale qui s'est
propagée à travers le monde entier. Une foule
de jeunes « très bien », très
aimés, dit-on, de leurs parents, très choyés,
très affectionnés, assaillent des passants
sans défense, frappent et violent des femmes, volent,
lancent des pierres, se promènent en bandes, faisant
partout du dommage, manquent de respect aux maîtres
et aux parents, etc.
Les
« Rebelles sans cause » sont le produit du manque
de véritable amour. Là où existe un
véritable amour, il n'y a pas de « Rebelles
sans cause ». Si les parents aimaient vraiment leurs
enfants, ils sauraient les orienter intelligemment et alors
il n'y aurait pas de « Rebelles sans cause ».
Les
« Rebelles sans cause » sont le produit d'une
mauvaise orientation. Les parents n'ont pas assez d'amour
pour se consacrer vraiment à orienter sagement leurs
enfants. Les parents modernes ne pensent qu'à l'argent
et à en donner toujours plus à l'enfant, et
à l'automobile dernier modèle, et aux vêtements
dernier cri, etc., mais ils n'aiment pas vraiment, ils ne
savent pas aimer et c'est pour cela qu'il y a les «
Rebelles sans cause ».
La
superficialité de cette époque est due au
manque d'amour véritable. La vie moderne ressemble
à une flaque sans profondeur. Dans le lac profond
de la vie beaucoup de créatures peuvent vivre, mais
la petite flaque au bord du chemin est dite asséchée
par les ardents rayons du soleil et alors la seule chose
qui reste c'est la boue, la pourriture, la laideur.
Nous
ne pourrons pas comprendre la beauté de la vie dans
toute sa splendeur si nous n'apprenons pas à aimer.
Les
gens confondent le respect et la crainte avec ce que l'on
nomme l'amour. Nous respectons nos supérieurs et
les craignons et nous croyons alors que nous les aimons.
Les enfants craignent leurs parents et maîtres, et
les respectent, et ils croient ainsi qu'ils les aiment.
L'enfant
a peur du fouet, de la férule, des mauvaises notes,
des gronderies à la maison ou à l'école,
et il pense alors qu'il aime ses parents et ses maîtres
mais en réalité il les craint seulement.
Nous
dépendons de notre emploi, du patron, nous redoutons
la misère, nous avons peur de rester sans travail
et dès lors nous croyons aimer notre patron, et nous
veillons même à ses intérêts,
nous prenons soin de ce qui lui appartient, mais ce n'est
pas de l'amour, c'est de la crainte.
Beaucoup
de gens ont peur de penser par eux-mêmes aux mystères
de la vie et de la mort, peur de s'enquérir, d'investiguer,
de comprendre, d'étudier, et alors ils s'exclament
: « J'aime Dieu, et cela suffit ! ». Ils croient
qu'ils aiment Dieu, mais en réalité ils n'aiment
pas, ils craignent.
En
temps de guerre, l'épouse sent qu'elle adore plus
que jamais son mari, et elle espère avec une anxiété
infinie son retour à la maison, mais en réalité
elle ne l'aime pas, elle craint seulement de rester sans
mari, sans protection, etc.
L'esclavage
psychologique, la dépendance, le fait de dépendre
de quelqu'un, n'est pas de l'amour. C'est uniquement de
la crainte, sans plus.
L'enfant,
au cours de ses études, dépend du maître
et il est clair qu'il craint l'expulsion, les mauvaises
notes, les réprimandes, et très souvent il
croit aimer son professeur, mais en vérité
il le craint.
Lorsque
l'épouse est sur le point d'accoucher, ou en danger
de mort à cause de quelque maladie, l'époux
croit qu'il l'aime beaucoup plus, mais en réalité,
ce qui se produit c'est qu'il craint de la perdre, il dépend
d'elle pour nombre de choses comme la nourriture, le sexe,
le lavage de ses vêtements, les caresses, et il a
peur de la perdre. Cela n'est pas de l'amour.
Tout
le monde affirme qu'il adore tout le monde, mais il n'y
a rien de tel. Il est très rare de rencontrer dans
la vie quelqu'un qui sache vraiment aimer. Si les parents
aimaient vraiment leurs enfants, si les enfants aimaient
vraiment leurs parents, si les maîtres aimaient véritablement
leurs élèves, il ne pourrait pas y avoir de
guerres. Les guerres seraient totalement impossibles.
Ce
qui arrive, c'est que les gens n'ont pas compris ce qu'est
l'amour, et ils confondent la crainte, l'esclavage psychologique
et la passion avec ce que l'on appelle l'Amour.
Les
gens ne savent pas aimer, si les gens savaient aimer, la
vie serait par le fait même un paradis.
Les
amoureux croient qu'ils aiment, beaucoup le croient dur
comme fer, mais ils ne sont que passionnés : une
fois la passion satisfaite, le château de cartes s'écroule
par terre. La passion souvent trompe le mental et le coeur.
N'importe quel passionné se croit amoureux.
Il
est très rare de trouver dans la vie un couple vraiment
amoureux. Les couples de passionnés abondent mais
il est extrêmement difficile de rencontrer un couple
d'amoureux.
Tous
les artistes chantent l'amour mais ils ne savent pas ce
qu'est l'amour, ils confondent la passion avec l'amour.
S'il y a une chose difficile dans cette vie, c'est justement
de ne pas confondre la passion avec l'amour.
La
passion, c'est le poison le plus délicieux et le
plus subtil que l'on puisse concevoir, elle finit toujours
par triompher au prix du sang. La passion est sexuelle à
cent pour cent, la passion est bestiale mais parfois aussi
très raffinée et très subtile. Elle
est toujours confondue avec l'amour.
Les
maîtres doivent enseigner à leurs élèves,
aux jeunes gens et aux jeunes filles, à différencier
l'amour et la passion.
C'est
ainsi seulement qu'ils éviteront plus tard, dans
leur vie, nombre de tragédies.
Les
professeurs sont dans l'obligation de former la responsabilité
de leurs élèves et ainsi doivent-ils les préparer
en conséquence afin qu'ils ne se convertissent pas
en tragédiens de la vie.
Il
est nécessaire de comprendre ce qu'est l'amour, et
qu'il n'a rien à voir avec la jalousie, la passion,
la violence, la crainte, les attachements, la dépendance
psychologique, etc. L'amour ne doit pas être mêlé
avec cela.
L'Amour
n'existe malheureusement pas chez les êtres humains,
mais ce n'est pas non plus quelque chose que l'on peut acquérir,
acheter, cultiver comme une fleur de serre. L'amour doit
naître en nous et il ne naît que lorsque nous
avons compris à fond ce qu'est la haine que nous
portons à l'intérieur, ce qu'est la peur,
la passion sexuelle, la crainte, l'esclavage psychologique,
la dépendance, etc. Nous devons comprendre ce que
sont ces défauts psychologiques, nous devons comprendre
comment ils fonctionnent, comment ils procèdent en
nous non seulement au niveau intellectuel de la vie, mais
aussi dans les autres niveaux cachés et inconnus
du subconscient.
Il
est devenu nécessaire d'extraire des divers replis
du mental tous ces défauts. Ainsi seulement naît
en nous, de manière spontanée et pure, ce
que l'on nomme l'amour.
Il
est impossible de transformer le monde sans la flamme de
l'amour. Seul l'amour peut vraiment transformer le monde.
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