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EF06 La Quête de Sécurité
Quand
les poussins ont peur, ils se cachent sous les ailes amoureuses
de la poule, en quête de sécurité.
L'enfant effrayé court à la recherche de sa
mère parce que près d'elle il se sent en sécurité.
Ainsi
est-il démontré que la crainte et la recherche
de sécurité se trouvent toujours étroitement
associés. L'homme qui a peur d'être assailli
par des bandits cherche une sécurité dans
son revolver. Le pays qui craint d'être attaqué
par un autre pays achètera canons, avions et navires
de guerre, lèvera des armées et sera bientôt
sur un pied de guerre.
Plusieurs
personnes incapables de travailler, terrorisées par
la perspective de la misère, recherchent une sécurité
dans le crime, se font voleurs, assaillent d'autres gens,
etc. Un certain nombre de femmes manquant d'intelligence,
effrayées devant la possibilité de la misère,
deviennent des prostituées.
L'homme
jaloux craint de perdre sa femme et cherche une sécurité
dans son pistolet, il ira même jusqu'à tuer
et finira indubitablement en prison. La femme jalouse pourra
tuer sa rivale ou son mari et se convertira ainsi en meurtrière;
elle a peur de perdre son mari et en voulant se l'assurer,
elle tue l'autre femme ou assassine son propre époux.
Le
propriétaire d'une maison, par crainte que ses locataires
ne le paient pas, exige un bail, des garanties, un dépôt,
ne voulant pas prendre de risques, et si une pauvre veuve
pleine d'enfants ne peut remplir d'aussi formidables exigences,
et si tous les propriétaires de la ville en demandent
autant, la malheureuse devra finalement aller dormir avec
ses enfants dans la rue ou dans le parc de la ville, comme
cela se voit fréquemment dans beaucoup de pays.
Toutes
les guerres ont leur origine dans la peur. Les gestapos,
les tortures, les camps de concentration, les sibéries,
les épouvantables prisons, exils, travaux forcés,
exécutions, ont leur origine dans la peur. Les nations
en attaquent d'autres par crainte; elles recherchent une
sécurité dans la violence, elles croient qu'en
tuant, en envahissant, elles pourront se protéger,
devenir fortes, puissantes.
Dans
les bureaux de la police secrète, du contre-espionnage,
tant à l'est qu'à l'ouest, on torture les
espions, car on les redoute, on veut les faire confesser
pour préserver la sécurité de l'état.
Tous
les délits, tous les crimes, toutes les guerres,
ont leur origine dans la quête de sécurité.
A
d'autres époques il y avait de la sincérité
chez les gens, aujourd'hui la peur et la quête de
sécurité ont mis fin au parfum merveilleux
de la sincérité. Les amis se méfient
l'un de l'autre, chacun craint que l'autre le vole, l'escroque,
l'exploite, et il y a même à ce propos des
maximes stupides et perverses, comme celle-ci : «
Tu ne dois jamais tourner le dos à ton meilleur ami
». Les Hitlériens disaient de cette maxime
qu'elle était de l'or en barre. Ainsi donc, les amis
se craignent mutuellement et usent même de maximes
pour se protéger. Il n'y a plus de sincérité
entre les amis. La peur et la quête de sécurité
ont mis un terme au délicieux arôme de la sincérité.
A
Cuba, le général Castro a fait fusiller des
milliers de citoyens, par crainte qu'on ne le tue; Castro
cherche la sécurité en fusillant, il croit
qu'ainsi il peut vivre en sécurité.
Staline,
le pervers et sanguinaire Staline, déchira la Russie
avec ses purges sanglantes. C'était sa façon
de rechercher la sécurité.
Hitler
organisa la Gestapo, la terrible Gestapo, pour la sécurité
de l'Etat. Il ne fait aucun doute qu'il avait peur qu'on
le renverse, c'est pour cela qu'il a fondé la sanglante
Gestapo.
Toutes
les amertumes de ce monde proviennent de la peur et de la
quête de sécurité. Maîtres et
maîtresses d'école doivent enseigner à
leurs élèves la vertu du courage. Il est lamentable
que dès le foyer familial on remplisse les enfants
de crainte; on menace les enfants, on les intimide, on les
effraie, on les bat, etc. Il est commun de voir les parents
et les maîtres effrayer l'enfant ou l'adolescent pour
qu'il étudie. On dit ordinairement aux jeunes, que
s'ils n'étudient pas ils seront réduits à
la mendicité, ils devront errer affamés à
travers les rues, exercer des travaux très humbles
comme nettoyer la vaisselle, cirer des chaussures, porter
des fardeaux, vendre des revues, travailler aux labours,
etc.
Au
fond, derrière toutes ces paroles des maîtres
et des parents, il y a de la crainte pour l'enfant, une
recherche de sa sécurité. Mais le plus grave
de tout ceci c'est que les jeunes deviennent pleins de complexes,
pleins de terreur et que plus tard, dans la vie pratique,
ils sont des individus paralysés par la crainte.
Les parents et les maîtres qui ont le mauvais goût
de faire peur aux enfants, aux jeunes gens et jeunes filles,
les dirigent inconsciemment sur le chemin du crime, car,
comme nous l'avons déjà dit, n'importe quel
délit a son origine dans la crainte et la quête
de sécurité.
De
nos jours, la crainte et la quête de sécurité
ont converti la terre en un enfer épouvantable. Tout
le monde a peur. Tout le monde veut se sécuriser.
Il y eut un temps où l'on pouvait voyager librement;
maintenant, les frontières sont pleines de gardes
en armes, on exige des passeports, des certificats de toute
sorte pour avoir le droit de passer d'un pays à un
autre.
Tout
cela est le résultat de la peur et de la recherche
de sécurité. On craint le voyageur, on redoute
celui qui arrive de l'étranger et l'on cherche une
sécurité dans des passeports et des papiers
de toute sorte.
Les
professeurs des écoles, collèges et universités
doivent comprendre l'horreur de tout ceci et coopérer
pour le bien du monde, en sachant éduquer les nouvelles
générations, en leur enseignant le chemin
du véritable courage.
Il
est urgent d'enseigner aux nouvelles générations
à ne plus avoir peur et à ne chercher de sécurité
en rien ni en personne. Il est indispensable que tout individu
apprenne à avoir davantage confiance en lui-même.
La
crainte et la quête de sécurité sont
de terribles faiblesses qui ont converti la vie en un épouvantable
enfer. Le monde regorge de poltrons, de peureux, de faibles
toujours en quête de sécurité.
On
a peur de la vie, on a peur de la mort, on a peur du qu'en
dira-t-on, des calomnies, de perdre sa position sociale,
sa position politique, son prestige, son argent, sa belle
maison, sa femme, son mari, son emploi, son commerce, son
monopole, ses meubles, son automobile, etc. On a peur de
tout, le monde regorge de peureux, de poltrons, de faibles,
mais personne ne se croit lui-même poltron, tous se
présument forts, courageux.
Il
y a une multitude de biens, de possessions que les gens
de toutes les classes sociales craignent de perdre, et pour
cette raison le monde cherche à se sécuriser
de mille façons qui à force de devenir de
plus en plus complexes rendent par le fait même la
vie toujours plus compliquée, toujours plus ardue,
toujours plus amère, cruelle et impitoyable.
Toutes
les médisances, toutes les calomnies, les intrigues,
ont leur origine dans la crainte et la quête de sécurité.
Pour ne pas perdre sa fortune, sa position, son pouvoir,
son prestige, on répand des calomnies, des commérages,
on assassine, on paie pour assassiner en secret. Les puissants
de la terre s'offrent même le luxe d'avoir des tueurs
à gages très bien payés, dans le but
répugnant d'éliminer quiconque menace de les
éclipser. Ils aiment le pouvoir pour le pouvoir et
se le garantissent au moyen de l'argent et de beaucoup de
sang versé.
Les
journaux annoncent constamment beaucoup de cas de suicide.
Nombre de gens croient que celui qui se suicide est courageux
mais en réalité, celui qui se suicide est
un lâche qui a peur de la vie et qui cherche sécurité
dans les bras décharnés de la mort.
Certains
héros de guerre ont été reconnus comme
des personnes faibles et poltronnes, mais lorsqu'ils se
sont vus face à face avec la mort, leur terreur fut
tellement épouvantable qu'ils devinrent de terribles
bêtes féroces : cherchant à assurer
leur propre vie, ils ont fait un suprême effort contre
la mort, et ils furent alors proclamés héros.
La
peur est souvent confondue avec le courage. Celui qui se
suicide semble très courageux, celui qui porte un
pistolet semble très courageux, mais en réalité,
les suicidés et les gunmen sont très lâches.
Celui
qui n'a pas peur de la vie ne se suicide pas. Celui qui
n'a peur de personne ne porte pas de revolver à la
ceinture.
Il
est urgent que les maîtres et maîtresses d'école
enseignent au citoyen, de façon claire et précise,
ce qu'est le vrai courage et ce qu'est la peur.
La
crainte et la recherche de sécurité ont converti
le monde en un épouvantable enfer.
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