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EF02 L'Imitation
Il
a déjà été amplement démontré
que la crainte empêche la libre initiative. La mauvaise
situation économique de millions de personnes est
due, hors de tout doute, à ce que l'on nomme la peur.
L'enfant effrayé cherche sa chère maman et
s'accroche à elle en quête de sécurité.
L'époux effrayé s'accroche à son épouse
et il sent qu'il l'aime beaucoup plus. L'épouse effrayée
se rapproche de son mari et de ses enfants et elle ressent
davantage d'amour pour eux.
Du
point de vue psychologique, il s'avère très
curieux et intéressant de savoir que la crainte se
déguise souvent sous le vêtement de l'amour.
Les
gens qui ont intérieurement très peu de valeurs
spirituelles, les gens intérieurement pauvres, cherchent
toujours au dehors quelque chose susceptible de les rendre
complets.
Les
gens intérieurement pauvres vivent toujours en intrigues,
ils ne peuvent se passer de commérages, de niaiseries,
de plaisirs bestiaux.
Les
gens intérieurement pauvres vivent de frayeur en
frayeur et, c'est tout naturel, s'accrochent au mari, à
la femme, aux parents, aux enfants, aux vieilles traditions
caduques et dégénérées, etc.
Tout
vieillard malade et pauvre psychologiquement est communément
rempli de crainte et s'agrippe avec une angoisse infinie
à l'argent, aux traditions familiales, à ses
petits enfants, à ses souvenirs, en recherchant en
fait la sécurité. De ceci nous pouvons tous
nous rendre à l'évidence en observant attentivement
les vieillards.
Chaque
fois que les gens ont peur, ils se cachent derrière
le bouclier protecteur de la respectabilité, en se
pliant à une tradition, en faisant appel aux idées
de famille, de nation, de race, etc.
En
réalité, toute tradition n'est qu'une pure
répétition, sans aucun sens, vide, sans véritable
valeur.
Tous
les gens ont une tendance marquée à imiter
les autres. Cette propension à imiter est le résultat
de la peur. Les gens qui ont peur imitent tous ceux à
qui ils s'accrochent, le mari, l'épouse, les enfants,
les frères, les amis qui les protègent.
L'imitation
est le résultat de la crainte. L'imitation détruit
totalement la libre initiative. Dans les écoles,
les collèges et les universités, les professeurs
commettent la faute d'enseigner aux étudiants des
deux sexes ce qu'on appelle l'imitation.
Dans
les classes de peinture et de dessin, on enseigne aux élèves
à copier, à peindre des images d'arbres, de
maisons, de montagnes, d'animaux, etc., mais cela n'est
pas créer, c'est imiter, photographier.
Créer
ce n'est pas imiter. Créer n'est pas photographier.
Créer c'est traduire, c'est transmettre par le moyen
du pinceau et au vif, l'arbre qui nous enchante, le beau
coucher de soleil, l'aurore avec ses ineffables mélodies.
Il
y a création véritable dans l'art chinois
et japonais du Tchan ou du Zen, dans l'art abstrait et semi-abstrait.
Aucun peintre du Tchan et du Zen n'est intéressé
à imiter, à photographier. Les peintres de
la Chine et du Japon éprouvent de la joie à
créer, à créer toujours et sans arrêt.
Les
peintres du Zen et du Tchan n'imitent pas, ils créent,
et c'est leur travail de créer. Cela n'intéresse
pas les peintres de la Chine et du Japon de peindre ou de
photographier une belle femme, ce qu'ils aiment, c'est transmettre
sa beauté abstraite. Ces peintres ne copieraient
jamais un beau coucher de soleil, ils aiment traduire en
beauté abstraite tout l'enchantement du crépuscule.
L'important,
ce n'est pas d'imiter, de copier en tous points; l'important
c'est de sentir la profonde signification de la beauté
et de savoir la transmettre, mais pour cela il ne faut pas
qu'il y ait de crainte, d'attachement aux règles,
aux traditions, il ne faut pas avoir peur de ce que diront
les autres ou des reproches du maître. Il est urgent
que les professeurs comprennent la nécessité
pour les étudiants de développer leur pouvoir
créateur.
En
toute clarté, il s'avère absurde d'enseigner
aux étudiants à imiter. Mieux vaut leur enseigner
à créer.
L'être
humain est malheureusement un automate endormi et inconscient,
qui sait seulement imiter.
Nous
copions l'habillement d'une autre personne, et de cette
imitation surgissent les divers courants de la mode. Nous
imitons les habitudes d'autrui, même si elles sont
tout à fait erronées. Nous imitons les vices,
nous imitons tout ce qui est absurde, tout ce que les autres
vivent et répètent sans fin.
Il
est nécessaire que les professeurs enseignent aux
étudiants à penser par eux-mêmes de
façon indépendante. Les maîtres doivent
offrir à leurs étudiants toutes les possibilités,
tous les moyens qui leur permettront de cesser d'être
des automates imitateurs. Les maîtres doivent accorder
aux étudiants toutes les opportunités pour
qu'ils développent leur pouvoir créateur.
Il
est urgent que les étudiants connaissent la véritable
liberté afin que, sans aucune crainte, ils puissent
apprendre à penser par eux-mêmes, librement.
Le mental qui vit esclave du qu'en dira-t-on, le mental
qui imite, par peur de violer les traditions, les règles,
les coutumes, les habitudes, etc., n'est pas un mental créateur,
n'est pas un mental libre.
Le
mental des gens ressemble à une maison fermée
et scellée de sept sceaux, une maison où rien
de nouveau ne peut arriver, une maison où le soleil
n'entre pas, une maison où ne règne que la
douleur et la mort. Le nouveau ne peut arriver que là
où il n'y a pas de crainte, là où l'imitation
n'existe pas, où il n'y a pas d'attachement aux choses,
à l'argent, aux personnes, aux traditions, aux habitudes,
etc.
Les
gens vivent esclaves de l'intrigue, de l'envie, des coutumes
familiales, des habitudes, du désir insatiable d'obtenir
des positions et de monter, de grimper jusqu'au sommet de
l'échelle sociale, afin de s'imposer et se mettre
en évidence.
Les
professeurs doivent de toute urgence enseigner à
leurs étudiants des deux sexes la nécessité
de ne plus imiter tout ce vieil ordre de choses désuet
et dégénéré.
Il
est urgent que les élèves apprennent à
l'école à créer librement, à
penser librement, à sentir librement.
Les
étudiants passent les plus belles années de
leur vie à l'école, à acquérir
de l'information, et il ne leur reste plus de temps pour
penser à toutes ces choses. Pendant dix ou quinze
ans, ils mènent à l'école une vie d'automates
inconscients, et ils sortent de l'école la conscience
endormie, mais en se croyant, lorsqu'ils quittent l'école,
tout à fait éveillés.
Le
mental de l'être humain vit embouteillé dans
des idées conservatrices et réactionnaires.
L'être humain ne peut penser de façon vraiment
libre parce qu'il est rempli de crainte.
L'être
humain a peur de la vie, peur de la mort, peur du qu'en
dira-t-on, des commérages, des reproches, peur de
perdre son emploi, de violer les règlements, peur
que quelqu'un lui enlève son époux ou lui
vole sa femme, etc.
A
l'école, on nous enseigne à imiter, et au
sortir de l'école, nous sommes devenus des imitateurs.
Nous n'avons pas de libre initiative parce que depuis le
moment où nous étions sur les bancs de l'école,
on nous a enseigné à imiter.
Les
gens imitent par crainte de ce que les autres gens peuvent
dire, les étudiants imitent parce que les maîtres
les ont réellement terrorisés, en les menaçant
à tout instant, les menaçant d'une mauvaise
note, les menaçant de certaines punitions, les menaçant
d'expulsion.
Si
nous voulons réellement devenir créateurs
dans le plein sens du mot, nous devons nous rendre conscients
de toute la série d'imitations qui nous tiennent
malheureusement emprisonnés.
Lorsque
nous serons capables de connaître toute cette série
d'imitations, lorsque nous aurons analysé minutieusement
chacune des imitations, nous en deviendrons conscients et
la conséquence logique c'est qu'alors naîtra
en nous de façon spontanée le pouvoir de créer.
Il
est nécessaire qu'à l'école, au collège
et à l'université, les étudiants se
libèrent de toute imitation afin de devenir vraiment
créateurs. Ils se trompent lourdement, les maîtres
qui supposent que les élèves ont besoin d'imiter
pour apprendre.
Ils
ont tout à fait tort, car celui qui imite n'apprend
pas, celui qui imite se transforme en un automate et c'est
tout. Il ne s'agit pas de copier ce que disent les auteurs
de géographie, d'arithmétique, de physique,
d'histoire, etc. Imiter, mémoriser, répéter
comme des perroquets est parfaitement stupide, mieux vaut
comprendre consciemment ce que nous étudions.
L'Education
Fondamentale est la Science de la Conscience, la science
qui nous permet de découvrir notre relation avec
les êtres humains, avec la nature, avec toutes les
choses.
Le
mental qui sait seulement imiter est mécanique, c'est
une machine en marche, il n'est pas créateur, il
n'est pas capable de créer, il ne pense pas réellement,
il répète, et c'est tout.
Les
professeurs doivent être préoccupés
par l'éveil de la conscience en chacun de leurs étudiants.
Les élèves ne se soucient actuellement que
de passer leur année et après, une fois hors
de l'école, dans la vie pratique, ils se convertissent
en petits employés de bureau ou en machines à
faire des enfants.
Dix
ou quinze années d'étude pour être convertis
en automates parlants; les matières apprises sont
peu à peu oubliées et à la fin il ne
reste plus rien dans la mémoire.
Si
les étudiants prenaient conscience des matières
étudiées, si leur étude n'était
pas basée uniquement sur l'information, l'imitation
et la mémoire, on entendrait un autre son de cloche.
Ils sortiraient de l'école avec des connaissances
conscientes, inoubliables, complètes, qui ne seraient
pas soumises à l'infidèle mémoire.
L'Education
Fondamentale aidera les étudiants en leur éveillant
la Conscience et l'Intelligence.
L'Education
Fondamentale conduit les jeunes sur le chemin de la vraie
Révolution.
Les
élèves doivent insister pour que les professeurs
leur donnent la véritable éducation, l'Education
Fondamentale.
Il
ne suffit pas que les étudiants s'assoient sur les
bancs de l'école pour recevoir de l'information sur
un roi quelconque ou sur une guerre, il faut quelque chose
de plus, il faut l'Education Fondamentale pour éveiller
la Conscience.
Il
est indispensable que les élèves sortent de
l'école mûrs, vraiment conscients, intelligents,
afin qu'ils ne se transforment pas en simples pièces
mécaniques de la machine sociale.
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