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9. L'émancipation de la Conscience, Clef
du Salut
Samaël Aun Weor
Conférence intitulée "Inquietudes"
donnée lors du 2ème congrès gnostique
international de Guadalajara en 1976
Il
existe des gens, provenant d'autres mondes, qui ont déjà
conquis l'espace infini. Ce ne sont pas des terriens et
il faut comprendre que ces gens n'ont pas de vices, ils
ne boivent pas, ne fument pas, ne forniquent pas, ne commettent
pas l'adultère, ne volent pas, ne tuent pas... Ils
sont parfaits dans le sens le plus complet du mot. Quant
à nous, terriens, pouvons-nous en dire autant ? Sommes-nous
dignes de conquérir l'espace infini ? Si nous y parvenions,
quelle serait notre conduite dans ces autres mondes habités
? N'irions-nous pas nous enivrer dans ces mondes, prendre,
commettre l'adultère, tuer, etc. ? Sommes-nous si
parfaits que nous nous croyions dignes de conquérir
l'espace ?
Les
vaisseaux spatiaux qu'utilisent les humanités des
autres mondes sont multidimensionnels. Comme vous le savez,
il n'y a pas seulement trois dimensions, à savoir
largeur, hauteur et profondeur ; la géométrie
tridimensionnelle d'Euclide est très discutable.
Car, en plus des trois dimensions, il y a une « quatrième
verticale », une quatrième dimension : c'est
le temps. Il y a en outre une cinquième coordonnée,
c'est l'Éternité. Au-delà de cette
cinquième dimension, il y a encore une sixième
et une septième dimensions. La sixième dimension
est au-delà du temps et de l'Éternité,
et la septième, c'est la dimension « zéro
» inconnue, la dimension de l'Esprit pur, pour ainsi
dire.
Il
y a donc sept dimensions fondamentales. Tant que nous serons
prisonniers du dogme tridimensionnel d'Euclide, nous resterons
à un stade rudimentaire, régressif. La science
matérialiste est retardataire, régressive,
archaïque, car elle se base exclusivement sur les trois
dimensions du dogme tridimensionnel d'Euclide.
Les
vaisseaux extraterrestres sont basés sur une géométrie
différente, fondée non sur trois, mais sur
quatre dimensions. Il nous faut également créer
une géométrie tétradimensionnelle.
Ce serait possible grâce à une étude
plus approfondie de l'atome ; c'est dans l'atome que nous
découvrirons la quatrième verticale. Le jour
où nous pourrons tracer sur papier la quatrième
dimension, nous serons en mesure de créer une géométrie
tétradimensionnelle qui nous permettra de créer
des vaisseaux capables de voyager dans la dimension du temps,
vers un passé ou un futur lointain. Avec de tels
vaisseaux, nous pourrions conquérir l'espace infini.
Mais
nous ne pouvons pas encore fabriquer des vaisseaux de ce
type. Pour nous rendre sur Mars, il nous faudrait deux ans
dans une fusée propulsée à l'énergie
nucléaire ; les extraterrestres, quant à eux,
grâce à leurs véhicules tétradimensionnels,
peuvent atteindre Mars en quelques minutes. Pour eux, Mars
c'est « juste à côté »,
« juste là, au coin de la rue », comme
on dit. Car ils introduisent leurs vaisseaux dans la quatrième
dimension. Ces véhicules sont propulsés par
l'énergie solaire, alors que nous devons envoyer
des fusées qui consomment du combustible liquide
et que nos astronautes doivent faire mille acrobaties pour
se poser de peine et de misère sur la Lune.
Ainsi
donc, lorsque nous l'examinons attentivement, je ne vois
pas pourquoi nous devrions tant nous enorgueillir de notre
civilisation moderne. Comprenons bien que nous, terricoles,
ne sommes que des embryons et que cette civilisation moderne
dont nous sommes si fiers ne vaut réellement pas
grand-chose. Analysons objectivement la situation et nous
comprendrons que si nous voulons conquérir l'espace
interplanétaire, nous devrons commencer par nous
étudier nous-mêmes, parce que les lois qui
régissent le cosmos sont en nous, ici et maintenant.
Si
nous ne découvrons pas ces lois à l'intérieur
de nous-mêmes, nous ne les découvrirons certainement
pas en dehors de nous. L'homme est contenu dans la nature
et la nature est contenue dans l'homme. Si nous voulons
conquérir l'espace infini, nous devons commencer
par nous conquérir nous-mêmes. Actuellement,
nous sommes victimes des circonstances, nous n'avons pas
appris à modeler à notre guise les diverses
circonstances de notre vie, nous ne savons pas déterminer
les circonstances, nous sommes les jouets de toutes les
forces de l'Univers.
Nous
vivons dans un monde convulsé, un monde qui va bientôt
subir de grandes catastrophes. Déjà les tremblements
de terre se multiplient. Un jour c'est le Chili qui est
secoué, et le lendemain, c'est le Pakistan ou l'Italie
ou le Mexique... Nous savons que Los Angeles et toute la
Californie sont appelés à disparaître,
à s'engloutir dans le Pacifique, à cause de
cette gigantesque faille qui longe la péninsule californienne,
de cette profonde crevasse qui grignote lentement la Californie.
Nous
vivons donc dans un monde menacé par de grandes convulsions.
Les océans Atlantique et Pacifique sont sillonnés
de profondes crevasses, l'océan Pacifique surtout,
et certaines sont si profondes que l'eau s'infiltre sous
l'écorce terrestre et y entre en contact avec le
feu qui y circule. Ce qui engendre de la vapeur, laquelle
crée d'énormes pressions qui sont à
l'origine des tremblements de terre. Ces vapeurs souterraines
et cette pression vont intensifier les tremblements de terre
et les raz-de-marée. Les glaces des pôles ont
commencé à fondre et on a même aperçu
d'énormes icebergs dériver jusqu'à
la hauteur de l'équateur. Il y a présentement
des bouleversements météorologiques et géologiques
et si la pression continue à s'exercer sous l'écorce
terrestre, un jour celle-ci éclatera. Il y aura en
outre un grand événement cosmique, soit l'irruption
dans notre ciel d'une planète gigantesque, qui favorisera
cette explosion de l'écorce de la Terre.
Nous
sommes assis sur un baril de poudre et nous ne nous en rendons
pas compte. La Terre entière se prépare à
de formidables changements géologiques. La nature
traverse actuellement des processus difficiles, elle se
trouve dans un état d'agonie et s'apprête donc
à des bouleversements majeurs. Le feu liquide à
l'intérieur de la Terre s'agite dangereusement, tandis
que nous, sur l'épiderme de cette planète,
nous nous pensons tout à fait en sécurité,
nous continuons d'élever de vertigineux édifices
comme s'il était impossible qu'ils s'écroulent
jamais ; nous fabriquons de puissantes navettes spatiales
comme si elles pouvaient nous permettre de fuir vers d'autres
planètes au moment opportun. Nous nous croyons maîtres
de l'Univers alors que la moindre douleur d'estomac nous
atterre. Nous sommes faibles, mais nous nous croyons invincibles...
Il
me semble que nous devrions réfléchir davantage
sur ce que nous sommes et sur ce qui se passe présentement.
Au cours du XXe siècle, il y a eu deux guerres épouvantables
: celle de 1914-1918 et celle de 1939-1945 ; or, il y aura
une Troisième Guerre mondiale et ce sera une guerre
atomique. Il y aura alors un grand holocauste à l'échelle
planétaire, de puissantes cités seront réduites
en cendres et des centaines de millions de personnes périront.
En
fait, l'abus de la physique nucléaire nous conduira
au désastre ; le jour viendra où il se produira
une décomposition en chaîne de l'atome que
l'on ne pourra pas juguler. Les hommes de science ne pourront
plus contrôler l'énergie atomique. La contamination
radioactive sera terrible ; des nuages chargés de
radioactivité, poussés par le vent, contamineront
partout les cultures... Par conséquent, pendant la
Troisième Guerre mondiale il n'y aura plus rien à
manger, car les récoltes seront complètement
irradiées et les aliments seront donc impropres à
la consommation.
Au
rythme où nous allons, nous ne devrions pas nous
sentir très sûrs d'une civilisation qui chancelle,
et nous serions en droit de douter de nos théories,
de nos idées, de nos concepts, etc. Il vaudrait la
peine de réviser tout ce que nous avons appris sur
les bancs de l'école, du collège et de l'université,
tout ce que d'innombrables auteurs nous ont transmis dans
leurs livres. Il ne s'agit pas ici d'attaquer une ou l'autre
théorie, non, je vous invite simplement à
réfléchir, rien d'autre : c'est le but de
cette conférence.
Il
existe une loi universelle appelée loi de l'entropie.
Si, par exemple, nous prenons deux récipients d'eau,
l'un contenant de l'eau chaude et l'autre de l'eau froide,
et versons l'un dans l'autre, il se produira en quelque
sorte un désordre involutif : c'est ça l'entropie
universelle. Si les gens ne travaillent pas sur eux-mêmes,
s'ils ne s'efforcent pas de passer par une espèce
de révolution psychologique, s'ils ne modifient pas
leurs habitudes, leur manière de vivre et d'être,
ils subiront la loi de l'entropie, ils involueront dans
le temps et il n'y aura bientôt plus de différence
entre une personne et une autre, tous les êtres humains
seront devenus terriblement pervers.
Quant
à la planète Terre, il est indéniable
qu'elle se trouve présentement soumise à la
loi de l'entropie : l'atmosphère est complètement
polluée, les océans sont devenus de gigantesques
dépotoirs, beaucoup d'espèces marines ont
disparu ; les poissons meurent dans les fleuves et rivières,
et il est difficile de trouver un seul cours d'eau qui ne
soit pas pollué ; les fruits de la Terre ont été
altérés par d'innombrables greffes, de sorte
qu'il est aujourd'hui impossible de manger une « vraie
» pomme.
Tout
cela a altéré l'ordre naturel. Ainsi, des
terres jadis fertiles sont aujourd'hui désertifiées.
Il y a actuellement (1976) sur notre globe 5,8 milliards
de personnes. Bientôt on ne pourra plus produire assez
d'aliments pour nourrir tous ces gens ; beaucoup de gens
meurent déjà de faim, et dans les prochaines
années des millions de personnes périront
par manque de nourriture...
Ainsi
donc, la Terre entière est présentement soumise
à la loi de l'entropie universelle. Des terres qui
autrefois étaient productives, qui donnaient des
fruits et légumes en abondance, pour nourrir tout
le monde, sont aujourd'hui stériles. Les expériences
avec l'énergie atomique, ainsi que les engrais chimiques
conduisent le monde à sa perte, tout marche de façon
involutive. La Terre même, en ce moment, est à
l'agonie, et le plus grave, c'est que nous ne nous rendons
même pas compte qu'elle agonise. Lorsqu'une personne
est à l'agonie, nous savons évidemment ce
qui l'attend ; de même, si notre planète Terre
est à l'agonie, nous devons comprendre ce qui l'attend
: un jour, la Terre sera égalisée (par la
loi de l'entropie), transformée en un Sahara ou,
en d'autres termes, convertie en une lune de plus dans l'espace
infini. Mais en attendant, la Terre peut encore se régénérer.
Car la sagesse du Démiurge créateur de l'Univers
est grande ; il n'est pas superflu de souligner que c'est
grâce au sacrifice seulement que la transformation
est possible. La locomotive, par exemple, sacrifie du combustible
qui se transforme ainsi en force motrice pour faire avancer
le train ; nous affirmons que la transformation du monde
nécessite pareillement un grand sacrifice.
Nous
avons déjà expliqué que l'axe de la
Terre est en train de se verticaliser ; comme vous le savez,
le pôle géographique de notre planète
ne coïncide plus avec le pôle magnétique,
car la déviation de l'axe de la Terre est déjà
commencée. Le jour n'est pas loin où nous
verrons les pôles basculer vers l'équateur
et l'équateur constituer les pôles. Lorsque
cela se produira, nous verrons les mers changer de lit et
engloutir la planète. Il y aura alors, indubitablement,
un grand chaos. Actuellement, je le répète,
le pôle Nord est en train de dégeler et l'on
voit régulièrement d'énormes icebergs
jusque dans la zone équatoriale.
Cette
déviation de l'axe terrestre provoque des changements
climatiques et un certain désordre dans les saisons,
le printemps et l'été surtout. Ce qui engendre
de terribles cyclones qui rasent parfois des villes entières
et dévastent périodiquement de vastes étendues.
Mais lorsque le déplacement de l'axe s'accélérera,
s'effectuera de façon brutale, les mers submergeront
les terres et anéantiront les orgueilleuses civilisations
que nous avons créées. Le plus grave, c'est
que nous périrons avec elles !
Nos
ancêtres de l'Anahuac disaient : « Les fils
du Cinquième Soleil - il s'agit de la race humaine
actuelle - périront par le feu et les tremblements
de terre ». Ce qui est déjà commencé,
comme nous pouvons le constater par la multiplication des
tremblements de terre et des éruptions volcaniques
un peu partout dans le monde, causant des centaines et des
milliers de morts. L'humanité périra donc
par le feu et les tremblements de terre pour, enfin, être
radicalement balayée de la face de la Terre lorsque
les océans sortiront de leur lit.
Et
après cet épouvantable « sacrifice »
surgiront un jour du chaos des continents nouveaux où
naîtra une nouvelle humanité, conformément
aux paroles de Virgile, le grand poète de Mantoue
: « Voici l'Âge d'or, et il appelle une nouvelle
progéniture... » Oui, nous sommes si pervers
et inconscients que nous déclencherons des guerres
atomiques, mais un jour vivra sur la face de la Terre une
humanité pacifique, une humanité remplie d'amour,
une humanité innocente et pure, belle et sage...
De
sorte que l'humanité, qui est sortie de la conscience
de Cela qu'on appelle « Dieu », de l'Ineffable,
doit maintenant y retourner. Nous nous sommes coupés
de l'Ineffable et nous marchons depuis trop longtemps sur
le chemin de la perversité ; maintenant nous devons
périr, pour laisser place à une humanité
renouvelée qui vivra « sous des cieux nouveaux
et sur une Terre nouvelle », comme dit l'apôtre
Pierre dans sa Deuxième Épître.
En
méditant sur tout cela, nous comprenons qu'il est
urgent de lutter pour accomplir en nous une transformation
radicale ; il est essentiel d'engendrer en nous un homme
nouveau. Quoi que nous pensions, nous ne nous connaissons
pas nous-mêmes et nous devons nous efforcer de nous
connaître. Il y a en nous des merveilles dont nous
ignorons tout...
Quelqu'un
m'affirmait l'autre jour qu'il se connaissait bien. «
J'en suis très heureux, lui répondis-je, mais
dites-moi : combien d'atomes y a-t-il dans un poil quelconque
de votre moustache ? » Après un moment de silence,
l'homme répondit qu'il ne le savait pas. Je lui rétorquai
: « Vous ignorez combien d'atomes il y a dans un seul
poil de votre moustache et vous osez déclarer avec
emphase que vous vous connaissez très bien vous-même
? » L'homme ne sut quoi répliquer.
Nous
accordons beaucoup d'attention à notre corps physique,
mais nous devons nous rendre compte que nous avons aussi
une psychologie propre qu'il nous faut étudier. Le
corps physique n'est pas tout ; vous savez que vous avez
un corps de chair et d'os parce que vous pouvez le sentir,
le palper, mais il est plus difficile de réaliser
que vous avez une psychologie particulière, car vous
ne pouvez pas la toucher physiquement. Lorsque l'on comprend
vraiment que l'on possède sa propre idiosyncrasie,
sa psychologie individuelle, personnelle, on commence alors
à s'auto-observer afin de connaître cette partie
inexplorée de nous-mêmes. Lorsqu'on s'observe
soi-même on commence à être différent
des autres et surtout, on a la possibilité de changer...
De
cette humanité un noyau de gens doit être sauvé
du cataclysme final ; des gens qui se sont transformés,
des gens qui ont opéré en eux un changement
psychologique réel. Ces gens seront aidés
dans leur travail intérieur et emmenés au
moment opportun sur une île de l'océan pacifique
d'où ils pourront contempler le duel que l'eau et
le feu se livreront durant des siècles. Et lorsque
les éléments s'apaiseront, ce peuple élu
ira vivre en paix sur de nouvelles terres surgies du fond
des mers pour devenir le noyau de l'humanité future.
Mais
pour faire partie de ce noyau d'élus il nous faut
changer, et nous ne pourrons pas changer si nous ne nous
observons pas psychologiquement. C'est pour cela que je
dis que lorsque quelqu'un commence à s'auto-observer
intérieurement, il peut espérer changer, être
une personne différente. Nous devons nous observer
en action, observer à chaque instant nos pensées,
nos réactions émotionnelles. Il me semble
que l'auto-observation n'est pas un crime et qu'il n'y a
rien de mal à essayer d'obtenir un changement psychologique,
n'est-ce pas ?
Les
facteurs de la discorde, qui produisent les guerres dans
le monde, se trouvent à l'intérieur de chacun
de nous. On parle beaucoup de paix depuis un certain temps.
Mais si l'on applique les propos de Mussolini qui disait
: « La paix est un rameau d'olivier qui pend au bout
de onze millions de baïonnettes », on risque
de ne jamais trouver la paix... Mussolini lui-même
a fini pendu, son corps a été roué
de coups de pieds et de coups de poings, et lorsque son
cadavre est tombé sur le sol, un citoyen plutôt
cynique, regardant le corps dans la boue s'est écrié
: « Le Duce s'est transformé en porc... »
Établir
la paix n'est pas une question de propagande, ni de processus
de pacification, ni d'intervention de l'O.N.U., ni de forces
armées devant supposément faire respecter
la paix... Combien de contingents armés sous l'égide
de l'O.N.U. ont-ils été envoyés se
battre pour la paix ? Pensez-vous que se battre pour la
paix, c'est la paix ? Des armées spécialement
mandatées ont tiré sur d'autres armées
au nom de la paix, ont bombardé au nom de l'O.N.U.
Croyez-vous que c'est ainsi que l'on travaille pour la paix
? En fait, il y aura des guerres dans le monde tant qu'il
y aura en nous les facteurs qui produisent les guerres !
La
crainte est l'une des raisons principales de l'armement
des nations et des individus. Quand un homme a peur d'un
autre, il s'arme, il charge son pistolet ou son fusil. S'il
n'avait pas peur de l'autre, il ne s'armerait pas. Si un
pays s'arme jusqu'aux dents, s'il acquiert des canons ultra-modernes,
des bombes atomiques, etc., c'est qu'il craint d'être
envahi, il craint d'être attaqué par une autre
nation.
La
peur fait commettre beaucoup d'actes répréhensibles.
La peur de la pauvreté induit des personnes au vol
ou au meurtre ; la peur de crever de faim pousse des femmes
à la prostitution... Par conséquent, tant
qu'il y aura en nous les facteurs de la peur, de la crainte,
il y aura nécessairement des guerres, des assassinats,
de la prostitution, etc. Si nous voulons lutter pour la
paix, nous devons en finir avec les facteurs qui engendrent
les guerres, tels la peur. Nous voulons la paix ? Éliminons
l'égoïsme en nous ! Chacun de nous agit comme
s'il se disait : « Premièrement moi, deuxièmement
moi, troisièmement moi... » Si l'on projette
cet égoïsme au niveau mondial, si les nations
se disent la même chose, les relations entre les pays
seront déterminées avant tout par leur intérêt
propre et des guerres éclateront, inévitablement,
lorsque des intérêts contraires se heurteront.
Bref,
la paix n'est pas une question de processus de paix, ni
d'armées luttant pour la paix au nom de l'O.N.U.
ou de l'O.E.A. (Organisation des États Américains)...
Tant que subsisteront en nous les facteurs qui produisent
les guerres, il y aura des guerres. La paix est une «
substance atomique » ineffable qui est au-delà
du bien et du mal et qui provient de l'Espace abstrait absolu.
Il
faut absolument nous auto-explorer ; en ces instants de
crise mondiale et de faillite de tous les principes, nous
devons nous observer psychologiquement. En ces moments où
la planète est convulsionnée de tremblements
de terre et d'éruptions volcaniques de plus en plus
nombreux, de guerres et de massacres incessants, nous devons
réfléchir sur notre situation actuelle, sur
ce que nous sommes, sur ce que nous projetons, sur nos pensées,
nos émotions et nos actions. Chacun de nous a sa
propre psychologie qu'il lui faut observer attentivement.
Il y a en nous la colère, qui nous conduit à
des accès de folie. Il y a en nous la convoitise,
et ceux qui commencent à se prendre pour des saints
se mettent à convoiter de ne pas convoiter. Il y
a en nous la luxure, qui nous rend pires que des bêtes.
II y a aussi l'envie, qui est devenue le ressort de l'action
sociale, car lorsque nous voyons la voiture ultra-moderne
et rutilante que vient d'acquérir notre voisin, nous
l'envions et nous désirons en avoir une aussi belle
ou même plus belle ; si notre ami s'est acheté
une jolie maison et qu'il a en plus une belle épouse,
nous nous mettons à l'envier et nous voulons avoir
une maison encore plus belle ; et lorsque nous nous targuons
de notre vertu, nous affirmons : « Je n'envie personne,
je me contente de ce que j'ai, tout ce qu'il me faut c'est
du pain, un vêtement, un refuge... », alors
qu'en dedans nous brûlons du désir d'acquérir
la renommée, les honneurs, le prestige, la fortune,
etc. En outre, l'orgueil nous ronge le cœur ; chacun
de nous est bouffi d'orgueil et très chatouilleux
à ce chapitre. La paresse, la gourmandise sont aussi
très répandues dans le monde, mais nous refusons
d'admettre que nous sommes paresseux ou gourmands, non,
nous sommes des « petits saints »...
La
crue réalité des faits, c'est que nous avons
à l'intérieur de nous des facteurs qui nous
conduisent à l'échec, qui ont conduit l'humanité
à ce stade de crise mondiale et de faillite de toutes
les valeurs, qui la mènent tout droit à cette
troisième guerre mondiale qui s'en vient.
Comprenons
bien que chacun des défauts psychologiques que nous
avons en nous est comme un démon ou une sorte d'entité
ténébreuse. Dans les Évangiles nous
pouvons lire que le grand Kabire Jésus, le Christ,
a expulsé du corps de Marie-Madeleine sept démons
(cf. Marc VIII, 2), qui incarnent les sept péchés
capitaux à l'intérieur de tout individu ;
ces sept démons se multiplient par sept, et par sept
encore, et ainsi de suite, de sorte que le grand Kabire
a chassé du corps de Marie-Madeleine une «
légion » de démons.
Virgile,
le poète de Mantoue, a écrit : « Même
si nous avions mille langues pour parler et un palais d'acier,
nous ne réussirions pas à les énumérer
tous (tous nos défauts psychologiques) ». Ainsi
donc, l'Évangile christique a raison d'affirmer que
chacun de nous est une légion. Lorsque nous déclarons
que le Moi, l'Égo n'est pas quelque chose d'unique
mais qu'il constitue une multitude, nous n'exagérons
absolument pas ; à l'intérieur de chaque personne
existe un « Moi pluralisé » : le Moi
de l'envie, le Moi de l'amour-propre, le Moi de la haine,
le Moi de la peur, le Moi de la luxure, le Moi de l'égoïsme,
etc. Toute cette multitude vit en nous-mêmes, ici
et maintenant.
Cette
notion capitale relève de la psychologie révolutionnaire
; nous certifions qu'à l'intérieur de nous
existent de multiples entités psychologiques, et
cela, en fait, est parfaitement vérifiable, tout
à fait confirmé par les incessantes contradictions
qui divisent notre propre mental. Nous affirmons une chose
et l'instant d'après nous le nions, notre mental
est une vraie girouette, il fait mille cabrioles, au gré
des circonstances... Creusons sous les apparences et posons-nous
la question : d'où viennent toutes ces contradictions
psychologiques ? Du cerveau ? Le cerveau n'est pas le mental,
il n'est que l'instrument du mental ; il est conçu
pour élaborer la pensée, mais il n'est pas
la pensée. Par conséquent, cherchons plus
loin. D'où viennent donc toutes nos contradictions
psychologiques ? De la multitude des Moi, indéniablement.
Chacun de ces Moi possède les trois « cerveaux
», soit les cerveaux intellectuel, émotionnel
et moteur, et agit par le fait même sur les trois
cerveaux de notre propre organisme pour nous suggérer
des pensées, des émotions et agir à
travers nous...
Ainsi
donc, nous dirons que, de même qu'il y a l'espace
tridimensionnel d'Euclide, il existe aussi un espace psychologique.
Toute cette multitude psychologique qui se manifeste à
travers nous a une existence réelle et tangible dans
notre espace psychologique. Toutefois, les sens physiques
ordinaires ne sont pas capables de percevoir l'espace psychologique
; le sens de l'auto-observation psychologique, lui, peut
percevoir cet espace. Malheureusement, le sens de l'auto-observation
psychologique est atrophié chez tout le monde. Mais
à mesure que nous nous auto-observons d'instant en
instant, nous développons ce sens. Et la multiplicité
de l'Égo devient alors une réalité
concrète pour nous, nous voyons les Moi en action
et nous percevons également, en toute lucidité,
l'espace psychologique.
Chacun
de nous est une légion et cette légion emprisonne
notre conscience, la maintient dans un sommeil profond.
« L'humanoïde intellectuel » est incapable
de toucher, de voir, de palper les grandes réalités
de l'espace psychologique. Nous devons éveiller notre
conscience, parce que celle-ci est enfermée, emboutie
dans tous ces Moi qui, ensemble, constituent l'Égo,
le « moi-même ». Nous devons désintégrer
ces Moi qui personnifient nos défauts psychologiques
et sont la cause de nos erreurs, et c'est possible si nous
avons recours à l'auto-observation psychologique.
C'est en nous observant dans nos activités quotidiennes,
à l'usine ou au bureau, à la maison, dans
la rue, au marché, etc., que nous pouvons nous auto-découvrir.
Dans notre interrelation avec les gens, les défauts
cachés en nous affleurent spontanément et
si nous restons alertes et vigilants comme la sentinelle
en temps de guerre, nous les percevrons. Une fois découvert,
le défaut doit être jugé sévèrement,
à travers « l'analyse superlative de l'Être
», dans le cadre de la méditation ; un défaut
découvert doit être étudié, puis
désintégré.
Soyez
persuadés que le mental ne peut altérer radicalement
aucun défaut psychologique. Le mental peut justifier
tel ou tel défaut, le masquer, l'affubler de divers
noms ou le condamner, mais jamais il ne pourra le désintégrer.
Il nous faut pour cela un pouvoir supérieur au mental,
un pouvoir capable d'annihiler n'importe quel défaut.
Ce pouvoir, heureusement, gît latent au fond de l'anatomie
humaine. Il s'agit évidemment de la Signature astrale
du Feu, c'est-à-dire, pour parler de manière
plus explicite, de Dieu-Mère en nous, l'éternel
principe féminin, la divine Mère Kundalini-Shakti,
Stella-Maris ou la « Vierge de la Mer », Tonantzin,
Rhéa, Marie, Cybèle, Diane... Dieu-Mère
repose dans les profondeurs de notre propre Être ;
c'est un pouvoir incandescent que l'Initié ne peut
percevoir qu'au moyen du sens de l'auto-observation psychologique.
Si nous recourons à ce pouvoir igné divin
qui est une variante de notre propre Être, un aspect
dérivé de notre Être, nous pourrons
désintégrer totalement n'importe quel défaut
psychologique préalablement compris dans tous les
niveaux du mental. II suffit d'appeler Devi Kundalini Shakti,
comme un petit enfant appelle sa mère quand il a
faim ou qu'il a soif ; il suffit de l'implorer de désintégrer
tout « Moi-défaut » préalablement
compris et celui-ci sera réduit en cendres, en poussière
cosmique, et la parcelle de conscience qui se trouvait emprisonnée
dans ce Moi sera libérée.
C'est
de cette manière que nous pourrons désintégrer
tous nos « Moi-défauts » et libérer
la totalité de la conscience superlative de l'Être.
Une conscience libérée, affranchie de la prison
du Moi, est capable de voir, entendre et palper les grandes
réalités de l'espace psychologique ; une conscience
libérée est au-delà du mental et peut
percevoir la réalité profonde de tous les
phénomènes qui surviennent dans l'Univers.
Il
faut que vous sachiez qu'il y a trois types de mental :
le premier, nous l'appellerons le mental sensoriel ; celui-ci
élabore ses concepts à partir des perceptions
sensorielles externes ; il ne peut rien savoir de l'espace
psychologique, de la Réalité, de Dieu... Emmanuel
Kant, le célèbre philosophe de Königsberg
(1724-1804), a écrit une œuvre intitulée
Critique de la raison pure où il démontre
magistralement que le mental sensoriel ne peut rien connaître
de la réalité, de la vérité,
car il forge ses concepts exclusivement à partir
des perceptions des sens externes.
Le
second mental, c'est le mental intermédiaire. C'est
le siège des dogmes, croyances religieuses, etc.
Chacun est tout à fait libre de croire ce qu'il désire.
Nous, gnostiques, jamais nous ne nous prononcerions contre
les croyances d'autrui ; nous respectons les religions et
les croyances religieuses, car nous considérons les
religions comme des perles précieuses enfilées
sur la chaîne d'or du collier de la Divinité.
Toutefois, les croyances religieuses ne relèvent
pas d'une perception directe de la vérité.
Le Soleil existe, que nous y croyions ou non ; le feu nous
brûlera la main si nous la mettons dans les flammes,
même si nous ne le croyons pas. Ainsi, ce que je crois
ou ne crois pas n'est pas la vérité.
Au-delà
du mental intermédiaire nous retrouvons le mental
intérieur. Si le mental sensoriel fonctionne à
partir des perceptions extérieures des sens, le mental
intérieur met en œuvre les ressorts précis
de la conscience superlative de l'Être. C'est ainsi
que la conscience éveillée peut connaître
les phénomènes de la nature de manière
directe, intégrale, uni-totale, et ensuite livrer
ces données au mental intérieur.
Le
mental intérieur, grâce aux données
de la conscience superlative de l'Être, connaît
les mystères de la Vie et de la Mort, connaît
l'origine de la vie, découvre Cela que le mental
sensoriel ignore. Il sait d'où nous venons, où
nous allons, il connaît le but, la raison d'être
de notre existence en ce monde. Le mental sensoriel, quant
à lui, ne connaît pas les phénomènes
de la nature en eux-mêmes...
Prenons
une fleur, un œillet par exemple. Le mental sensoriel
dit : c'est un œillet. Mais comment sait-il que c'est
le nom de cette fleur ? Il l'a appris à l'école,
à la maison, dans les livres. Mais est-il certain
que ce soit le véritable nom de cette fleur ? C'est
ce qu'on nous a enseigné. Mais sur quoi se base-t-on
pour assigner tel nom à telle fleur ? En vertu de
quelle autorité appelle-t-on œillet une fleur
en particulier ? Est-ce bien son vrai nom ? Serions-nous
par hasard les maîtres de la Sagesse universelle pour
savoir le nom que le Divin Architecte a donné à
cette fleur ? Avec le mental intérieur tout est différent
: nous connaissons le véritable nom de telle ou telle
fleur, nous pouvons décrire ses composantes internes,
etc. Au collège ou à l'université on
nous a enseigné les formules chimiques composant
la matière de cette fleur ; nous voyons donc, dans
une fleur, les formules qu'on nous a apprises, mais nous
ne voyons pas vraiment la fleur, pas plus que nous ne connaissons
son véritable nom. Nous ne voyons que ce qu'on nous
a enseigné à l'école ou à l'université,
mais nous ne voyons pas la fleur ; la voir vraiment c'est
tout différent. Nous devons nous ouvrir à
la nouveauté, afin que la fleur nous parle ; pour
la connaître, nous devons nous mettre dans un état
réceptif particulier. Mais nous sommes orgueilleux,
nous nous croyons plus grands que la fleur, nous préférons
la regarder de haut en disant : c'est un œillet et
ses composantes chimiques sont ceci et cela, voilà
ce qu'on m'a enseigné à l'école...
Mais nous ne voyons pas la fleur ! La conscience, elle,
peut voir la fleur, connaître son vrai nom dans le
cosmos, connaître ses vraies composantes et ses fonctions.
Après quoi la conscience peut transférer ces
données dans le mental intérieur et celui-ci
a la capacité de les comprendre.
Présentement,
tout ce que notre mental sensoriel nous permet de faire,
c'est de projeter ses fausses idées, ses concepts
erronés sur les phénomènes, croyant
ainsi en avoir une connaissance objective. Mais personne
ne peut connaître, au moyen du mental sensoriel, les
phénomènes de la nature et du cosmos, parce
que la vie coule sans cesse, et lorsque nous voulons l'arrêter
pour l'étudier, ne serait-ce qu'un instant, nous
la tuons ! Seule la conscience éveillée, s'exprimant
à travers le mental intérieur, nous permet
de connaître les phénomènes en eux-mêmes
et par eux-mêmes, ici et maintenant.
Rappelons-nous
qu'il y a deux types de science : la science profane et
la science pure. Dans la science pure il n'y a pas de théories
; la science pure est basée sur les faits. Si je
vous disais que le comte de Saint-Germain, qui a vécu
aux XVIe, XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, vit encore
aujourd'hui, plusieurs seraient sans doute très sceptiques
; mais je connais personnellement le comte de Saint-Germain,
et je témoigne qu'il vit encore à notre époque.
Il vit au moyen d'une science secrète que connaissent
les extraterrestres qui voyagent à travers l'espace
infini ; c'est la science des seigneurs de la Vie et de
la Mort, la science de ceux qui ont éveillé
leur mental intérieur.
Nous
ne sommes qu'une infime parcelle de la connaissance universelle,
mais nous pouvons éveiller notre conscience en détruisant
les éléments indésirables que nous
recelons et en nous transformant radicalement pour nous
convertir en véritables surhommes dans le sens le
plus complet du mot.
Pour
conclure, en ces instants de crise mondiale et de faillite
générale de toutes nos valeurs, en ces moments
d'agitation tellurique de plus en plus intense, il est primordial
de bien nous explorer nous-mêmes. Nous devons nous
efforcer d'opérer un changement psychologique, une
transformation intérieure radicale. Nous devons nous
lever en armes contre toutes les notions dépassées,
archaïques, qui ont jusqu'ici guidé notre existence.
Nous devons devenir de véritables révolutionnaires
de la psychologie, des femmes et des hommes capables de
fonder une nouvelle civilisation et une nouvelle culture
!
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