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8. L'Antéchrist
Samaël Aun Weor
Conférence intitulée "El Anti-Cristo"
«
Ceux qui supposent que l'Antéchrist est une personne
étrange née à tel endroit ou venue
de tel ou tel pays, sont dans l'erreur, car l'Antéchrist
n'est pas une personne précise mais bien toutes les
personnes. L'Antéchrist a sa racine au fond de chaque
personne et il s'exprime de manière multiforme. L'état
chaotique où se trouve l'humanité actuelle
est, sans conteste, causé par l'Antéchrist.
«
L'Impie, de qui nous parle Paul de Tarse dans ses Épîtres,
se manifeste partout, il a le don d'ubiquité : il
discute dans les cafés, négocie à l'ONU,
s'asseoit confortablement à Genève ; il expérimente
dans les laboratoires, il invente des bombes atomiques,
des fusées téléguidées, des
gaz asphyxiants, des armes bactériologiques, etc.
«
Tout le monde se prosterne devant l'Antéchrist, c'est-à-dire,
devant celui qui a inventé les avions supersoniques,
les rutilantes automobiles, les médecines surprenantes,
etc. Ainsi, qui ose aujourd'hui se prononcer contre ces
miracles et prodiges du « Fils de perdition »
s'expose aux sarcasmes de ses semblables, au qualificatif
de stupide et d'ignorant...
«
L'Antéchrist a élaboré le programme
avec lequel on programme les robots-humanoïdes de cette
époque décadente ; comprendre ce que je suis
en train d'expliquer s'avère très difficile,
parce que cela se situe en dehors du programme. Pour le
robot-humanoïde, douter du programme semble une hérésie,
car son existence même est fondée sur le programme.
«
La Science pure de l'Être, différente de toute
cette pourriture des théories universitaires, est
une chose inadmissible pour les robots de l'Antéchrist.
Malheureusement, l'heure de la « grande apostasie
» annoncée par les prophètes est arrivée
; aujourd'hui, aucun être humain n'oserait se prononcer
contre l'Antéchrist... (La Grande Rébellion,
chap. 9).
Nous
devons approfondir un peu plus notre connaissance du psychisme.
Nous avons beaucoup parlé du Moi, de l'Égo,
mais aujourd'hui il nous faut aller plus loin, aborder des
aspects plus profonds encore.
Nous
avons déjà vu que dans la Perse antique on
rendait un culte à Ahriman. Indéniablement,
ce culte n'était pas propre aux Aryens ; il venait
plutôt d'un groupe de survivants de l'Atlantide submergée.
Je veux parler plus précisément des Touraniens.
Ahriman était pour eux le centre vital de leur culte.
Steiner (le fondateur de l'Anthroposophie) traite dans ses
œuvres des forces ahrimaniques et plusieurs autres
auteurs ont étudié également ces forces.
Nous
avons vu aussi que Lucifer est l'Archange « faiseur
de lumière », qu'il n'a rien à voir
avec cette créature anthropomorphe que nous présente
dogmatiquement le clergé chrétien. Chacun
de nous, assurément, possède son propre Lucifer
; celui-ci, en soi, est la réflexion du Logos ou
de notre Logoï intérieur au fond de notre psychisme
; il est l'ombre, pour ainsi dire, de notre Logoï,
dans nos profondeurs psychiques.
Lorsque
nous n'étions pas encore tombés, lorsque nous
vivions encore dans l'Éden, ce Lucifer intérieur
resplendissait glorieusement au fond de nous ; mais quand
nous avons commis la faute de manger de ce fruit dont on
nous avait dit : « Tu n'en mangeras pas » (Genèse
II, 17), alors notre Lucifer intime est tombé est
s'est transformé en le Diable dont nous parlent les
diverses théogonies.
Mais
que devons-nous faire, à présent, pour «
blanchir le Diable » en nous ? Nous devons mourir
en nous-mêmes, ici et maintenant ! Lorsque nous réussissons
à dissoudre radicalement le Moi, le Diable de la
mythologie se blanchit, redevient resplendissant, se convertit
en Lucifer, en le « Faiseur de lumière »
; lorsqu'il s'intègre à notre Âme et
notre Esprit, il nous transforme en Archanges glorieux.
Ahriman,
quant à lui, est quelque chose de différent
; il est le revers de la « médaille »
de Lucifer, il est son aspect négatif et il s'exprime
sous cette forme du feu ahrimanique des anciens Touraniens
de la Perse. Il représente la fatalité, les
pouvoirs ténébreux de ce monde.
Ahriman
est même au-delà de l'Égo lui-même.
Nous avons déjà dit, pour simplifier, qu'il
était l'Égo, mais aujourd'hui, afin de monter
d'un cran au plan didactique, nous affirmerons qu'il est
la base, le fondement de l'Égo. Il est cet «
Inique » (ou l'Impie) dont nous parle l'apôtre
Paul dans les Saintes Écritures, le « Fils
de perdition », l'antithèse, l'envers de la
médaille, l'opposé du « Fils de l'homme
», en un mot : l'Antéchrist.
Dans
l'Apocalypse de Saint-Jean, on parle de la « Bête
à sept têtes et dix cornes » (Apoc. XIII,
1-8). Ces sept têtes représentent les sept
péchés capitaux : la colère, la convoitise,
l'envie, la luxure, l'orgueil, la paresse et la gourmandise,
avec tous leurs dérivés. Les dix cornes, quant
à elles, se réfèrent à la «
Roue du Samsara », qui correspond à la Roue
de Fortune (l'arcane X) du Tarot, qui tourne sans cesse.
De
cette Bête, on dit encore qu'elle avait reçu
une « blessure mortelle » à l'une de
ses sept têtes, blessure infligée par une épée,
mais que cette plaie fut guérie et que la terre entière
fut émerveillée du pouvoir de la Bête
qui « blessée à mort, avait repris vie
» (Apoc. XIII, 14)... Il faut comprendre par là
que l'on peut en finir avec les éléments qui
constituent l'Égo et cependant « ressusciter
» en l'Antéchrist, en la Bête, en le
monstre aux sept têtes. Quand on a totalement annihilé
les démons de la colère, par exemple, c'est
comme si l'on avait blessé à mort l'une des
sept têtes de la Bête, mais ensuite ce défaut
se renforce dans cette « tête » et «
la Bête reprend vie ». De même, lorsque
l'on a éliminé la convoitise dans les quarante-neuf
régions du subconscient, lorsque l'on a annihilé
les éléments inhumains de la convoitise, celle-ci
revit avec plus de force dans cette « tête »
de la Bête que nous croyions avoir anéantie,
et ainsi de suite. Quand un homme est parvenu à mourir
totalement en lui-même, il reste la Bête. C'est
pour cela, mes chers amis, que l'on a dit qu'avant que vienne
le Christ vient l'Antéchrist ; avant que le Christ
ressuscite dans un homme, se manifeste l'Antéchrist,
la Bête qui doit mourir...
L'Apocalypse
dit bien que celui qui vit par l'épée mourra
par l'épée ; que celui qui met les autres
en captivité sera mis aussi en captivité ;
que les saints doivent faire preuve de patience... On veut
dire par là que si nous voulons éliminer l'Antéchrist
en nous, il faudra faire preuve d'une infinie patience ;
oui, cela requiert patience et travail...
Indéniablement,
l'Antéchrist accomplit des « miracles »
et des « prodiges trompeurs » : il a inventé,
par exemple, les fusées téléguidées,
les avions supersoniques, les bombes atomiques (c'est ainsi
qu'il fait « pleuvoir le feu du ciel sur la Terre
» - Apoc. XIII, 13), etc. Il est sceptique par nature
et par instinct, et terriblement matérialiste. Quand
a-t-on entendu dire qu'Ahriman était mystique ? Il
ne l'est pas et ne le sera jamais ! C'est pourquoi les Touraniens,
voulant dominer le monde, ont instauré le culte d'Ahriman,
c'est-à-dire, le culte de l'Antéchrist.
Il
y a, de toute éternité, deux sciences : la
première, c'est la Science pure, que seuls les «
Parfaits » connaissent ; l'autre, c'est celle de la
Bête, celle de l'Antéchrist. Horriblement sceptique
et matérialiste, la science de la Bête n'accepte
rien qui « ressemble à un Dieu ou à
un Être qui reçoit un culte » (2e Épître
aux Thessal. II, 4) ; elle est épouvantablement grossière.
Si vous jetez un coup d'œil sur le monde actuel, vous
verrez la science de l'Antéchrist partout...
Il
a été dit par les plus grands prophètes
de l'antiquité qu'un jour viendrait la « grande
apostasie » et que l'on ne reconnaîtrait rien
qui ressemble à un Dieu ou à un Être
que l'on adore : ce jour est arrivé et nous y sommes
! C'est après cette grande apostasie, dans laquelle
nous nous trouvons présentement, qui ne cesse d'augmenter
et qui augmentera encore plus, que viendra le cataclysme
final. Ainsi les grands prophètes l'ont-ils proclamé.
Pour
ne pas suivre la Bête, il nous faut une compréhension
adéquate de cette question. Si seulement la Bête
était extérieure à nous, comme beaucoup
le supposent, le problème ne serait pas si grave.
Hélas ! ce qui est tragique c'est que chacun de nous
a la Bête en lui, au fond de son psychisme, et elle
possède une force terrible. Observez-vous vous-mêmes
et vous la découvrirez...
Si
vous êtes sincères avec vous-mêmes et
que vous savez méditer, concentrez-vous sur votre
monde intérieur, en essayant de vous auto-explorer
en profondeur, et vous pourrez constater par vous-mêmes
la présence de deux aspects, clairement définis
: l'un, celui du mystique sincère qui veut vraiment
se connaître lui-même, qui désire ardemment
s'auto-réaliser ; mais vous avez sans doute aperçu
aussi un autre aspect de vous-mêmes, vous savez qu'il
existe en vous : celui de la Bête, qui rejette toutes
ces choses, qui s'oppose à vos aspirations, qui,
par moments, résiste farouchement à vos aspirations
spirituelles. Et elle va même jusqu'à rire
de telles aspirations...
De
sorte qu'il y a une lutte, avons-nous dit, entre deux parties
de la psyché : celle qui aspire à la Vérité
et qui est l'Essence pure, et celle d'Ahriman, celle de
la Bête, qui se moque de ces choses-là, qui
refuse de les accepter, qui est grossièrement matérialiste.
Si vous êtes sincères avec vous-mêmes
et que vous vous auto-explorez vraiment, vous pourrez vous
rendre à l'évidence de la réalité
de ce que je suis en train de vous expliquer. La Bête,
Ahriman, l'Antéchrist en vous n'est pas intéressé
par les questions spirituelles ; la seule chose qui l'intéresse,
c'est la matière physique, dense, grossière.
Incidemment, l'athéisme marxiste-léniniste,
le matérialisme dialectique a son fondement en Ahriman...
Je
vous le répète : il faut que vous soyez sincères
avec vous-mêmes : en vous il y a une partie qui est
foi et qui vous fait ressentir dans votre psychisme une
aspiration spirituelle profonde, et il y a une autre partie
que vous-mêmes n'aimez pas, mais qui existe, que vous
l'aimiez ou non, et c'est le scepticisme. C'est l'antithèse
de ce que vous voulez, et le plus grave c'est que vous êtes
aussi cette antithèse. Et cette antithèse
c'est donc l'Antéchrist, c'est Ahriman.
Ainsi,
vous savez que la lubricité, que la luxure est une
chose répugnante, abominable ; mais il y a dans votre
psychisme quelque chose qui se moque de votre désir
de chasteté, qui même gagne quelquefois la
partie : le gagnant c'est Ahriman, la Bête de l'Apocalypse.
Vous savez que la colère est exécrable, car
à cause de la colère nous perdons notamment
notre clairvoyance, nous la détruisons. Vous prenez
donc la résolution de ne plus vous mettre en colère,
mais vous tonnez et lancez des éclairs à tout
moment ; il est indéniable que certains « Moi
» sont en cause, naturellement, et vous pouvez même
réussir à les contrôler jusqu'à
un certain point, mais il y a quelque chose tout au fond
de vous, derrière ces « Moi », qui se
rit de vos bonnes intentions. Un homme pourrait avoir annihilé
la colère et cependant, à n'importe quel moment,
il pourrait la ressentir de nouveau, même s'il croit
en avoir fini avec elle, car n'importe quelle tête
de la Bête, bien qu'on l'ait tranchée par l'épée,
peut se guérir, se régénérer
: vous voyez donc tout le pouvoir de la Bête ! C'est
pourquoi, est-il écrit, tous se prosternent devant
la Bête et l'adorent (cf. Apoc. XIII, 4-8) : c'est
l'Antéchrist !
Ceux
qui supposent que l'Antéchrist est né quelque
part en Asie et qu'il viendra en Occident, qu'il arrivera
en telle ou telle année, accomplissant merveilles
et prodiges, ceux-là sont totalement dans l'erreur.
L'Antéchrist, chacun le porte en lui. L'Antéchrist,
c'est la Bête, c'est Ahriman, c'est, pour ainsi dire,
le revers de la médaille de l'Homme causal, et il
est formé de toutes ces causes ancestrales, de tout
cet atavisme criminel que, depuis les temps les plus reculés,
nous avons forgé d'existence en existence ; c'est
l'aspect négatif de l'Homme causal.
Si
nous sommes sincères, donc, si nous sommes honnêtes
avec nous-mêmes, si nous avons le courage de nous
auto-explorer soigneusement jusqu'au bout, nous découvrirons
que l'Impie, dont nous parle Saint-Paul dans ses Épîtres,
c'est en réalité chacun de nous.
«
Tout ce qui porte le nom de Dieu ou reçoit un culte
» est un motif de raillerie pour l'Impie. Observez-vous
attentivement : vous avez des élans de mysticisme,
de prière, de dévotion - ce sont, bien sûr,
des moments délicieux -, mais à l'heure où
vous vous y attendez le moins surgit l'Impie qui tourne
toutes ces choses en dérision. Lorsque vous l'apercevez,
c'est déjà trop tard, il s'est déjà
moqué de vos nobles aspirations. Ainsi donc, chacun
porte l'Impie à l'intérieur de lui, et il
très fort, très puissant : il fait des «
miracles et des prodiges étonnants », c'est
lui qui a inventé toute cette fausse science de notre
monde moderne. Tous ces soi-disant savants des laboratoires
de chimie, de physique, de mécanique, de biologie,
qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et qui
disent : « Ces choses-là n'existent pas, ça
n'a pas été démontré !... Ces
histoires bibliques, ce ne sont que des légendes
forgées par les gens ignorants d'autrefois... »,
etc., ces pseudo-savants, donc, débitent leurs âneries
avec un aplomb déconcertant, avec un orgueil et un
cynisme stupéfiants. Voilà la science de l'Impie,
de l'Antéchrist !
On
parle aussi, dans l'Apocalypse, d'une autre Bête,
celle-là « portant deux cornes comme un agneau,
mais parlant comme un dragon » (XIII, 11) : il s'agit
de l'Égo, du Moi, à qui l'on a donné
d'accomplir toutes sortes « d'œuvres de puissance,
de signes et de prodiges mensongers » (Paul, 2Th.
II, 9) afin de fourvoyer l'humanité. Cette autre
Bête, qui est dotée d'un grand pouvoir, est
« au service de la première Bête »,
de l'Impie, et « elle en établit partout l'empire,
amenant tous les habitants de la terre à adorer cette
première Bête » (XIII, 12).
Voilà
donc les deux Bêtes de l'Apocalypse de Saint-Jean.
Plusieurs réussissent, au prix de suprêmes
efforts, à détruire la seconde Bête,
l'Égo ; ils se soumettent aux ordalies de l'Initiation
et ils y parviennent, mais très rares sont ceux qui
réussissent à anéantir l'Impie, l'Antéchrist.
«
Il n'y a personne comme la Bête ! », proclame
l'humanité, et celle-ci se met à plat ventre
devant la Bête qui a inventé les merveilleux
ordinateurs, les avions supersoniques, les fusées
qui traversent l'espace à grande vitesse, qui a créé
les sérums, les vaccins, qui a effectué des
transplantations cardiaques, qui a fabriqué des armes
nucléaires, qui se manifeste à travers l'étincelant
intellectualisme, à travers les grandes décisions
des leaders politiques, etc.
Détruire
l'Impie ? Qui le pourra ? « Qui peut lutter contre
lui ? » (Apoc. XIII, 4). Qui sera assez fort pour
le détruire à l'intérieur de lui-même
? Quelques-uns ont réussi, oui, mais après
plusieurs d'entre eux sont retombés... Qui pourra
abattre la force de cette Bête qui peut « mourir
et reprendre vie » ? Seul le « Fils de l'Homme
» qui, lorsqu'il vient au monde, est toujours soumis
à l'ignominie, exposé à toutes sortes
de vexations. Mais qui le soumet aux vexations et à
l'ignominie ? La Bête, bien sûr ! Lorsqu'Il
vient en ce monde, il doit, en quelque sorte, entrer dans
la Bête, et la Bête se moque de lui et l'expose
à l'ignominie : la Bête est sa geôle,
sa prison ! Lui est courageux, la Bête est lâche
; lui est chaste, la Bête ne l'est pas... Il est donc
soumis à l'ignominie et il souffre l'indicible, mais
lorsque la Bête meurt, lorsqu'elle est finalement
précipitée dans le « lac de feu et de
soufre ardent », ce qui représente la deuxième
mort, le « Fils de l'homme » ressuscite d'entre
les morts et accède à la Vie.
Vous
connaissez tous ces représentations de la Divine
Figure, soit la tête couronnée d'épines
du Fils de l'Homme. Ces représentations ne sont pas
l'apanage du Christianisme ; on en a retrouvé à
divers endroits du globe, datant de l'Âge de bronze.
Le visage du Fils de l'Homme est ruisselant du sang des
vexations et humiliations qu'il doit subir ; introduit dans
la Bête, le Fils de l'Homme devra souffrir jusqu'à
ce que la Bête meure...
Il
est écrit, donc, qu'avant la venue du Christ vient
l'Antéchrist, l'Adversaire, et j'ajouterai qu'avant
que vienne l'Âge d'or, l'Antéchrist sera devenu
tout-puissant sur la face de la Terre (son pouvoir prospérera
partout, affirme le prophète Daniel). La science
matérialiste de l'Antéchrist entrera en chacun
et tous se prosterneront devant la Bête. Ainsi est-il
écrit.
Le
« Faux Prophète » (la seconde Bête)
qui accomplit des prodiges au service de la Bête et
qui amène la terre entière à l'adorer,
c'est le Moi, l'Égo, et la « Grande Prostituée
» (l'humanité) chevauche cette Bête portant
sept têtes et dix cornes. Cette Bête qui porte
la Grande Prostituée, c'est l'abominable organe Kundartiguateur,
le Serpent tentateur de l'Éden...
Ainsi
donc, chers amis, nous devons comprendre ce que représente
la Bête, qui a un pouvoir terrible, prodigieux. Lorsque
nous comprendrons ce qu'est la Bête, nous nous efforcerons
d'engendrer à l'intérieur de nous une création
nouvelle... Comme le dit à juste titre Paul de Tarse
: « La circoncision n'est rien, rien non plus l'incirconcision,
l'important, c'est d'accomplir une nouvelle création
» (Ép. aux Galates VI, 15). En quoi consiste
cette nouvelle création ? En la fabrication des Corps
existentiels supérieurs de l'Être. Et Paul
d'ajouter qu'il « porte dans (son) corps les marques
du Christ ». Que sont ces marques ? Les stigmates,
c'est-à-dire, les signes du Mercure - pour employer
le langage de l'Alchimie - avec lequel nous travaillons.
Bref, si l'on n'accomplit pas une nouvelle création,
si l'on ne devient pas une nouvelle créature, on
ne fait rien.
Dans
les antiques Mystères de l'Égypte, lorsque
l'Initié était sur le point de recevoir sa
première initiation, il entrait dans un tombeau,
dans un noir sépulcre, et y demeurait allongé
trois jours et trois nuits, comme mort ; sortant de son
corps physique, il se retrouvait alors face à face
avec sa Mère divine (Isis), laquelle portait dans
sa main droite un livre, le Livre de la Sagesse, qui permet
de s'orienter pour pouvoir réaliser le Grand-Œuvre.
Qu'est donc ce Livre de la Sagesse ? C'est l'Apocalypse.
Et qui peut le comprendre ? Celui qui travaille dans le
Grand-Œuvre. Celui qui ne travaille pas dans le Grand-Œuvre
ne le comprendra pas, car c'est le livre de toute création...
Une
fois les trois jours passés, l'Initié ressuscitait
d'entre les morts, il reprenait symboliquement vie. Certes,
ce n'était pas la « grande résurrection
», plutôt une petite résurrection, car
dans chaque initiation quelque chose meurt et quelque chose
ressuscite en nous. Ainsi, sur ce chemin nous mourons et
ressuscitons peu à peu. Ces trois jours sont les
trois purifications par lesquelles nous devons passer :
trois purifications par le feu et par le fer. La grande
résurrection n'est possible qu'après la grande
mort. Lorsque nous passons par la grande résurrection
- lorsque nous ressuscitons totalement - Ahriman est bien
mort, il ne reste rien de l'Antéchrist, de la Bête,
ni du Faux Prophète ; ils ont péri dans le
« lac de feu et de soufre ardent », qui est
la deuxième mort. Alors se lève le «
Fils de l'Homme », il ressuscite en le Père
et le Père ressuscite en lui, car le Fils et le Père
sont un.
Ainsi
donc, tout est à l'intérieur de nous ; et
c'est à l'intérieur de nous que nous devons
travailler. Tels que nous sommes actuellement, nous sommes
un échec ; il faut que l'Égo meure en nous,
et lorsque nous avons réussi à éliminer
l'Égo, il faut encore que meure la Bête, Ahriman,
le monstre « aux sept têtes et aux dix cornes
», le revers de l'Homme causal. Ainsi seulement, chers
amis, sera-t-il possible de ressusciter ultérieurement.
Auparavant, nous devons nous contenter de petites morts
et de petites résurrections : la Résurrection
finale est impossible avant la mort de la Bête...
Toutes
les écoles ésotériques affirment que
l'Initié séjourne trois jours dans un tombeau,
puis qu'il en ressort transformé. Certaines écoles
prennent cela littéralement, elles croient qu'il
s'agit vraiment de trois jours, que l'Initié est
alors couché dans un cercueil et qu'il se lève
ensuite, « devenu un Dieu ». Elles ne comprennent
pas la portée symbolique de ces choses, elles ne
veulent pas comprendre que ces trois jours représentent
les trois purifications par le fer et par le feu - il faut
toute une vie de sacrifices pour y arriver. Zoroastre (ou
Zarathoustra) a commencé très jeune et il
était un vieillard quand il y est enfin parvenu.
Certains commencent dans l'âge mûr ou même
vieux : il est évident qu'ils n'arriveront pas au
terme en une seule existence, mais ils peuvent faire beaucoup
de chemin et, dans une ou plusieurs existences ultérieures,
ils pourront parachever le Grand-Œuvre. Rappelons-nous,
toutefois, qu'il est impossible de parvenir à la
Résurrection suprême sans la mort de l'Antéchrist
en nous.
Question
: Maître Samaël, comment est-il possible que
le divin Maître Jésus ait été
tenté par le Diable, par Satan ? Pourriez-vous nous
expliquer la raison de cette tentation ?
S.A.W.
: Tous les êtres qui avancent sur le chemin ésotérique,
sans faire une exception de Jésus de Nazareth, ont
été ou seront tentés. Incontestablement,
il nous faut transformer le Diable, le convertir en Lucifer
(le « porteur de lumière ») ; il faut
« blanchir le Diable », le faire briller en
nous...
Q.
: Mais Jésus ne l'avait-il pas déjà
« blanchi » au moment de cette tentation ?
S.A.W.
: Tous les êtres, ai-je dit, y compris lui, ont à
« blanchir » le Diable. Sans doute n'avait-il
pas encore réussi à le « blanchir »
totalement : il a donc dû le « blanchir »
alors à travers l'Initiation. En tout cas le Drame
cosmique de l'Initiation, représenté par le
Christ Jésus en Terre sainte, est hautement symbolique
; les Évangiles sont écrits en « clef
», ils ont été rédigés
par des Initiés, pour des Initiés. Il faut
consacrer toute une vie aux études hermétiques
pour arriver à comprendre les Évangiles, et
c'est rendus à la vieillesse, bien souvent, que nous
parvenons à les comprendre. On doit avoir «
blanchi ses cheveux », pour ainsi dire, avant de comprendre
réellement la signification des Évangiles.
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