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3. La Transformation des impressions
Voir 1975
Psychologie Révolutionnaire ou message de Noël
1975
Dans
la Gnose, nous considérons l'être humain comme
une usine de transformation comportant trois étages.
Cette usine absorbe, dans les conditions normales, trois
types d'aliments, correspondant aux trois étages
:
1)
La nourriture physique est l'aliment qui correspond à
l'étage inférieur de l'usine, en relation
avec l'estomac.
2)
L'air est l'aliment correspondant au second étage,
lequel est en relation avec les poumons.
3)
Les impressions sont en relation intime avec le cerveau,
avec le troisième étage du corps humain.
La
nourriture physique, dense, que nous mangeons subit diverses
transformations successives, comme on le sait. En fait,
le processus de la vie est, en lui-même et par lui-même,
une transformation. Toute créature de l'Univers vit
grâce à la transformation d'une substance en
une autre. Le végétal, par exemple, transforme
l'air et la lumière, ainsi que l'eau et les sels
de la terre, en de nouvelles substances vitales, en éléments
vitaux pour nous (feuilles, fruits, etc.). Tout est transformation.
Les
Alchimistes du Moyen-Age parlaient de la transformation
du plomb en or. Cependant, faut-il le préciser ?,
ils ne faisaient pas toujours allusion à la transformation
métallique purement physique. En général,
ils voulaient indiquer, par cette expression, la transformation
du Plomb de la personnalité en l'Or de l'Esprit.
Il
est important de réfléchir sur tout cela.
Dans
les Evangiles, l'image de l'homme terrestre (les habitants
de la Terre) comparé à un grain de semence
capable de germination et de croissance, a la même
signification. De même aussi l'idée de la Renaissance
: le fait de naître une autre fois. Il n'y a pas de
doute que si le grain ne meurt, la plante ne naît
pas.
Dans
toute transformation, il y a une mort et une naissance.
La
transformation est un phénomène inhérent
à la vie. Il est indéniable que la fine et
sensible pellicule de vie qui recouvre la quasi totalité
de la surface de la Terre, conduit toute la force universelle
vers l'intérieur même de notre monde planétaire.
Chaque plante, chaque insecte, chaque créature qui
vit sur notre globe, y compris « l'Animal Intellectuel
» erronément appelé homme, absorbe,
assimile certaines forces cosmiques bien précises,
puis les transforme et les transmet inconsciemment aux couches
intérieures de l'organisme planétaire. La
transformation de ces forces est étroitement liée
à la vie et à l'économie de l'organisme
planétaire sur lequel nous vivons.
Ainsi
donc, toute créature, selon son espèce, capte
et transforme des forces cosmiques déterminées
qu'elle retransmet ensuite aux profondeurs intérieures
de la Terre pour l'économie de notre globe. Chaque
créature vivante accomplit strictement la même
fonction, le même processus mécanique. L'épiderme
de la Terre est, en fait, un organe de transformation.
Il
y a transformation partout. Lorsque nous absorbons un aliment
quelconque, nécessaire à notre survie, cet
aliment est transformé progressivement, étape
par étape, en quelque chose d'autre. Cette transformation
est une véritable transmutation alchimique. Qui donc
prend conscience de ce processus de transformation des substances
qu'il ingère ?. Et qu'est-ce qui, à l'intérieur
de notre organisme, opère cette transformation ?.
C'est le Centre Instinctif ; ce centre possède réellement
une sagesse étonnante.
La
digestion est donc une transformation. Dans l'estomac, c'est-à-dire,
dans la partie inférieure de l'usine à trois
étages que constitue l'organisme humain, les aliments
sont transformés pour que le corps soit à
même d'en extraire les substances utiles. Si quelque
chose pénétrait dans le corps sans passer
par l'estomac, l'organisme ne pourrait en assimiler les
principes vitaminiques et protéiques. Cet aliment
ne pourrait être digéré ; cela produirait,
ni plus ni moins, une indigestion.
Ainsi,
au fur et à mesure que s'approfondit notre réflexion
sur cette question, nous comprenons peu à peu la
nécessité de passer nous-mêmes par une
transformation.
Comme
nous le savons tous, les aliments que nous mangeons, de
même que l'air que nous respirons, peuvent être
transformés, au moyen d'organes précis, prévus
à cette fin, et dont la nature nous a dotés.
Mais il en va autrement avec les impressions, et il importe
que nous réfléchissions sur cette question
capitale de la transformation adéquate des impressions.
Pour le dessein de la nature proprement dit, il n'est absolument
pas nécessaire que l'Animal Intellectuel transforme
les impressions qu'il reçoit ; cette transformation
n'est pas dans l'intérêt de la nature, car
cela va à l'encontre de son économie ; cependant,
il serait très avantageux pour l'être humain
d'apprendre à transformer ses impressions.
La
grande majorité des gens semblent croire que la vie,
que ce monde physique, va leur accorder tout ce qu'ils désirent,
tout ce qu'ils cherchent. Cette façon de penser est,
en réalité, complètement erronée.
La vie en elle-même pénètre en nous,
entre dans notre organisme, sous la forme de simples impressions.
Nous ne pourrions réellement transformer notre vie
si nous ne transformions pas les impressions qui parviennent
au mental.
Ce
que nous appelons la « vie extérieure »
n'a pas d'existence réelle. Voilà une notion
très révolutionnaire pour le sens commun,
car tout le monde croit que le réel c'est le physique.
Mais si nous allons un peu plus loin dans l'étude
de cet aspect, nous nous rendons compte que ce que nous
recevons, en réalité, à chaque instant,
à chaque seconde, ce sont des impressions. Lorsque
nous voyons une personne, qui nous plaît ou nous déplaît,
ce que nous captons, ce sont des impressions, agréables
ou désagréables. La vie est une succession
d'impressions et non, comme le supposent beaucoup «
d'ignorants instruits », une chose purement physique,
une chose exclusivement matérielle.
La
réalité de la vie est formée d'impressions
; les impressions que nous recevons constituent le tissu
du réel.
Les
idées que nous sommes en train d'exposer sont, nous
en convenons, difficiles à saisir, à appréhender.
La personne que nous voyons assise sur une chaise avec un
vêtement de telle couleur, par exemple, l'homme ou
la femme qui nous salue, qui nous sourit, qui nous parle,
qui nous critique, les paroles prononcées, etc.,
tous ces éléments sont bien pour nous des
choses réelles, n'est-ce pas ?. Mais si nous méditons
profondément sur tout cela, nous arrivons à
la conclusion que nous avons reçu des impressions,
sans plus, et que le réel, ou ce que nous appelons
le réel, est fait uniquement d'impressions ; en d'autres
mots, les impressions sont le réel.
Ces
impressions, naturellement, parviennent au mental par les
fenêtres des sens ; si nous n'avions pas les sens,
des yeux pour voir, des oreilles pour entendre, une bouche
pour goûter les aliments, etc., ce que nous appelons
le corps physique, ou le monde physique, existerait-il pour
nous ?. Non, indubitablement. Sans les sens, le monde physique
n'aurait pour nous absolument aucune existence. La vie nous
parvient sous forme d'impressions et c'est par là,
précisément, que nous avons la possibilité
de travailler sur nous-mêmes.
Il
nous faut, avant toute chose, comprendre le travail que
nous devons accomplir. Comment pourrons-nous réaliser
en nous une transformation psychologique ?. Cette transformation
est le résultat d'un travail que nous devons effectuer
sur les impressions que nous recevons à chaque instant,
à chaque seconde. Ce premier travail reçoit
le nom de premier choc conscient, lequel est en relation
avec le moment où nous recevons les impressions qui
sont tout ce que nous connaissons du monde extérieur,
tout ce que nous pouvons en percevoir par nos sens. Une
question nous vient à l'esprit, lorsque nous prenons
conscience de ce fait : à quoi peuvent bien ressembler
les vraies choses, les vraies personnes ?. Pour le savoir,
nous devons travailler sur les impressions qui entrent en
nous, nous devons prendre conscience des impressions que
nous recevons au moment précis où elles pénètrent
en nous. Par ce travail accompli à chaque instant
de notre vie, nous transformons peu à peu notre monde
psychologique, nous nous transformons intérieurement
jour après jour.
Pourquoi
appelons-nous le travail sur la transformation des impressions
le « premier choc conscient » ?. Parce que ce
choc est une chose que nous ne pourrions pas provoquer de
façon simplement mécanique ; nous devons,
pour cela, fournir un effort autoconscient.
Il
est certain que lorsque nous commençons à
comprendre ce travail, nous commençons à nous
affranchir de la mécanicité, nous comprenons
que nous pouvons cesser d'être des hommes mécaniques
servant aux fins de la nature. Tant que nous restons soumis
aux forces naturelles, toute Autoréalisation intime
demeure impossible.
A
présent, si vous réfléchissez sur la
signification de ce qu'on vous a enseigné au sujet
du travail psychologique et de l'effort conscient qu'il
faut fournir à chaque instant, à commencer
par l'observation constante de soi-même, vous verrez
que, dans un sens pratique ésotérique, tout
est en relation intime avec la transformation des impressions
et avec ce qui résulte ordinairement de leur mauvaise
transformation.
Le
travail, par exemple, sur les émotions négatives,
sur la colère, la peur, la luxure et les états
d'âme pernicieux, sur la question de l'identification,
sur l'autoconsidération, sur les multiples Moi qui
manœuvrent la machine humaine, sur le mensonge, sur
l'autojustification, sur la culpabilité et la disculpation,
sur l'état inconscient dans lequel nous nous trouvons,
ce travail est entièrement lié à la
transformation des impressions que nous recevons par l'intermédiaire
des cinq sens. Il est donc indispensable de comprendre ce
qu'est le premier choc conscient : il faut former un élément
de changement au lieu d'entrée des impressions. Comment
?. Par un effort continu d'attention.
La
compréhension adéquate du travail psychologique
nous permet réellement d'accepter la vie comme un
travail continu. Nous sommes, à partir de ce moment,
dans un état permanent de rappel de soi ; cet effort
conscient pour demeurer constamment en autoobservation nous
plonge dans la réalité crue de la transformation
des impressions.
Lorsque
nous apprenons à transformer les impressions, nous
allons tout naturellement, ou « surnaturellement »,
devrions-nous dire, vers une vie meilleure, plus profonde
et plus riche. La vie n'agit plus sur nous comme elle le
faisait avant. Nous commençons à penser, à
voir, à comprendre d'une manière nouvelle.
C'est le commencement de notre propre transformation.
Transformer
les impressions qui nous viennent de la vie, c'est se transformer
soi-même.
Mais
vous devez d'abord comprendre qu'au fil de notre existence
nous réagissons continuellement. Toutes ces réactions
constituent, en fait, notre vie personnelle. La vie extérieure
ne nous parvient pas autrement que sous forme d'impressions,
lesquelles nous forcent sans cesse à réagir.
Il
ne suffit pas, pour changer notre vie, de changer simplement
nos propres réactions. Ce que nous appelons notre
vie consiste principalement en une série de réactions
négatives successives qui se présentent comme
autant de réponses aux impressions qui parviennent
sans arrêt au mental. Notre tâche, dès
lors, consiste à transformer les impressions que
nous recevons de la vie de façon à ce qu'elles
ne provoquent plus ce type de réponse. Mais pour
y arriver, il est nécessaire d'être en autoobservation
à chaque instant, seconde après seconde. Nous
devons donc étudier nos propres impressions. Nous
ne pouvons pas laisser les impressions pénétrer
en nous de manière subjective, mécanique.
S'observer à tout moment, c'est commencer à
vivre plus consciemment, c'est entreprendre une vie nouvelle.
L'individu
qui s'offre le luxe de laisser les impressions entrer en
lui mécaniquement, ne s'éveillera jamais ;
mais si cet individu ne commet pas une telle erreur, s'il
transforme ses impressions, il commencera alors à
vivre consciemment, voilà pourquoi l'on dit que c'est
le premier choc conscient.
Il
est tout à fait certain que lorsque les impressions
entrent de façon mécanique, c'est ce qui se
produit dans la plupart des cas, elles déterminent
des conséquences désastreuses à l'intérieur
de notre psychisme.
Notre
travail ésotérique doit donc porter sur le
moment où les impressions entrent en nous pour être
envoyées mécaniquement aux mauvais endroits
par la personnalité, afin de susciter les anciennes
réactions, les comportements habituels.
Je
vais essayer de simplifier tout cela : si, par exemple,
nous jetons une pierre dans un lac cristallin, le choc de
la pierre contre l'eau constitue une impression, et la réponse
à cette impression suscitée par la pierre
se manifestera sous forme d'ondes concentriques allant du
centre vers la périphérie, n'est-ce pas ?.
Transposons maintenant cet exemple et appliquons-le à
l'être humain. Imaginons le mental comme un lac tranquille.
Soudain apparaît l'image d'une personne. Cette image
est comme la pierre de notre exemple, tombant dans le lac
du mental. Le mental réagit alors à cette
image, en lui se produit une réaction.
L'image
qui parvient au mental produit une impression, et la réponse
à cette impression constitue la réaction.
Si vous projetez une balle contre un mur, le mur reçoit
l'impression. Après quoi vient la réaction
qui consiste en le retour de la balle à celui qui
l'a lancée ; il se peut, évidemment, que la
balle ne revienne pas directement, qu'elle soit déviée
dans sa trajectoire, mais de toute façon, l'important
c'est que la balle rebondisse, et cela constitue la réaction.
Ainsi
donc, le monde que nous percevons n'est pas le monde en
soi ; nous ne connaissons du monde que les impressions que
nous en recevons. Supposons que l'image d'une table parvient
à notre mental par l'intermédiaire de nos
sens : nous ne pouvons certes pas dire que la table est
parvenue à notre mental, que la table s'est introduite
dans notre cerveau, ce serait absurde. Ce n'est pas la table
elle-même, mais l'image de la table, qui s'est introduite
dans notre esprit, lequel alors réagit aussitôt
en disant : c'est une table, une table en bois ou en métal,
ayant telle forme, etc.
Il
y a aussi, bien entendu, des impressions désagréables
: les paroles injurieuses d'une personne en colère,
par exemple. Pouvons-nous transformer ces propos injurieux
?. Impossible, car les paroles sont ce qu'elles sont. Que
pouvons-nous faire alors ?. Transformer l'impression que
ces paroles produisent en nous ; cela c'est possible.
L'enseignement
gnostique nous apprend à cristalliser en nous la
deuxième force cosmique (le Christ), en obéissant
au postulat que l'on peut énoncer ainsi : il faut
recevoir de bon gré les manifestations désagréables
de nos semblables. Voilà comment l'on peut transformer
l'impression que produisent en nous les paroles insultantes
d'une personne désagréable. L'application
de ce postulat nous mènera progressivement vers la
cristallisation en nous-mêmes de la seconde force
cosmique : le Christ viendra prendre chair à l'intérieur
de nous. Ce postulat ésotérique est véritablement
sublime.
Si
nous ne connaissons du monde physique que les impressions
que nous en recevons, alors, à proprement parler,
le monde physique n'est pas aussi extérieur que les
gens veulent bien le croire. C'est avec juste raison qu'Emmanuel
Kant a dit : « L'extérieur est l'intérieur
». Ainsi donc, si l'intérieur est ce qui compte,
c'est l'intérieur que nous devons transformer. Les
impressions sont intérieures.
Par
conséquent, tous les objets et toutes les personnes,
tout ce que nous voyons et percevons par nos sens, existe
à l'intérieur de nous sous forme d'impressions
qui vibrent sans cesse dans notre psychisme. Personne ne
pourrait dire que l'arbre qu'il voit est l'arbre en lui-même
: ce que nous voyons, ce n'est pas l'arbre mais l'image
de l'arbre. La chose en soi, comme disait Kant, personne
ne la voit : nous voyons seulement l'image de la chose.
C'est-à-dire qu'en nous surgit l'impression d'un
arbre, l'impression d'une chose, l'impression d'une femme
ou d'un homme, et ces impressions sont quelque chose d'intérieur.
Le
résultat forcé de la réception mécanique
des impressions est formé de tous ces éléments
inhumains que nous portons à l'intérieur de
nous, éléments que nous appelons les Moi et
qui, dans leur ensemble, constituent l'Ego, le Moi-Même.
Donc, lorsque nous laissons les impressions entrer en nous
de façon mécanique, sans les transformer,
la conséquence inéluctable c'est la naissance
de nouveaux Egos qui viennent asservir encore plus notre
conscience, qui viennent intensifier de façon tragique
le sommeil déjà lourd dans lequel nous vivons.
Prenons
un exemple : un individu voit une femme provocante et ne
transforme pas l'impression qu'il a reçue. Le résultat
se laisse facilement présager : l'impression, de
type luxurieux, suscitera en l'homme le désir de
posséder cette femme. Ce désir, résultat
mécanique de l'impression reçue, se cristallise,
prend forme dans notre psychisme ; il se convertit en un
agrégat de plus, c'est-à-dire, en un élément
inhumain, en l'un de ces multiples Moi qui, dans leur totalité,
constituent l'Ego. C'est ainsi que s'est formée,
en chacun de nous, cette multitude d'éléments
ténébreux que nous abritons tous et qui se
nomment la colère, la convoitise, la luxure, l'envie,
l'orgueil, la paresse, la gourmandise, etc.
Nous
prenons de plus en plus conscience de la nécessité
de transformer sans arrêt les impressions, et non
seulement les présentes, mais aussi les passées.
Car nous devons également travailler sur la multitude
d'impressions que nous avons commis l'erreur, par ignorance,
de ne pas transformer, dans le passé. De l'introjection
mécanique de ces impressions a résulté
une foule de Moi ou d'Egos qu'il faut maintenant désintégrer
afin que notre conscience soit libre et qu'elle s'éveille.
D'où
vient la colère ?. Elle est le produit de nombreuses
impressions qui ont pénétré à
l'intérieur de nous et que nous n'avons jamais transformées.
Le résultat fatal de l'entrée mécanique
de ces impressions de colère, c'est la création
de plusieurs Moi qui vivent dans notre psychisme et qui
sont directement responsables de nos colères continuelles.
Et
la convoitise ?. Une foule de choses, indubitablement, ont
éveillé en nous la convoitise : l'argent,
les bijoux, les biens matériels de toute sorte. Ces
choses, ces objets nous sont parvenus sous forme d'impressions,
lesquelles sont entrées en nous mécaniquement,
suscitant le désir de posséder les objets
concernés ; et ce désir lui-même, non
reconnu comme tel, s'est présenté, la plupart
du temps, sous un faux visage, sous un déguisement
: l'attraction pour la beauté, l'aspiration au bonheur,
etc. De telles impressions non transformées se sont
converties en Egos de convoitise.
Le
même scénario s'est répété
en ce qui concerne la luxure : des impressions non transformées
sont à l'origine, en nous, des différentes
formes de la luxure. C'est-à-dire qu'à l'intérieur
de notre mental ont surgi des images de type érotique,
dont la réaction fut la luxure. Etant donné
que nous n'avons pas transformé ces ondes luxurieuses,
ces impressions, ces sensations luxurieuses, ces suggestions
érotiques malsaines, le résultat est facile
à deviner : la pénétration totalement
mécanique, en nous, de ces impressions non transformées,
a produit la naissance de nouveaux Moi, à l'intérieur
de notre psychisme, des Moi morbides.
Pour
transformer les impressions qui surgissent dans notre mental,
il est nécessaire de faire appel à la compréhension.
Ainsi, lorsque l'image d'une femme luxurieuse entre dans
notre mental, ou qu'une association mentale de nature luxurieuse
nous assaille lorsque nous croisons une jolie femme, nous
pourrions transformer cette image, cette impression luxurieuse,
par le moyen de la compréhension : il suffirait de
songer à cet instant que, comme tous les êtres
humains, cette femme devra mourir un jour, et que son corps
se décomposera dans la tombe. Cela serait plus que
suffisant pour transformer cette impression luxurieuse en
chasteté. Si cette impression n'était pas
transformée, elle deviendrait un Moi de luxure.
Lorsque
nous comprenons réellement que tout ce qui existe
à l'intérieur de nous-mêmes, par rapport
au monde physique, n'est composé que d'impressions,
nous comprenons aussi la nécessité de transformer
les impressions. Et cette transformation des impressions
amène notre propre transformation à nous.
Y
a-t-il quelque chose qui nous blesse davantage que la calomnie
ou les propos injurieux ?. Si nous sommes capables de transformer
l'impression que produisent ces paroles fielleuses, celles-ci,
dès lors, n'ont plus aucune valeur : c'est-à-dire
qu'elles deviennent comme un chèque sans provision.
Il est certain que les paroles d'un insulteur n'ont d'autre
valeur que celle que leur accorde la personne insultée
; si cette personne ne leur accorde aucune valeur, ces paroles
offensantes deviennent, je le répète, comme
un chèque sans fonds. Quand on comprend cela clairement,
on transforme alors l'impression de ces paroles en quelque
chose de différent, en amour, par exemple, en compassion
pour celui qui a proféré cas injures. Nous
voyons ainsi comment la transformation des impressions peut
amener notre propre transformation.
Du
fait que les choses, les personnes, existent à l'intérieur
de vous, à l'intérieur de votre mental, sous
forme d'impressions, uniquement, il est indéniable
que vous pouvez, en transformant ces impressions, transformer
votre vie du tout au tout. Un autre exemple le montrera
clairement : prenons le cas d'une personne orgueilleuse
de sa position sociale, de ses possessions matérielles,
de son argent, etc., si cette personne songe que sa situation
sociale ou sa richesse est une question purement mentale,
qu'il s'agit uniquement d'une série d'impressions
qui sont parvenues à son mental, d'impressions sur
son état social et les privilèges qui y sont
rattachés ou quand elle analyse la question de la
« valeur » de ces impressions, elle opère
alors en elle-même une transformation positive. L'argent
et la situation sociale n'ont de valeur que pour celui qui
leur en accorde ; ils existent dans le mental en tant qu'impressions,
et ces impressions ne sont pas quelque chose d'extérieur
mais d'intérieur. Le fait de comprendre qu'il s'agit
d'impressions dans le mental, tout simplement, permet d'accomplir
la transformation de ces impressions ; alors l'orgueil s'effondre,
s'évanouit, et à sa place naît à
l'intérieur de nous, de façon naturelle, l'humilité.
Nous
voyons combien il est important de bien comprendre le processus
de la transformation des impressions. En effet, sans la
transformation des impressions, il n'y a pas de travail
psychologique véritable, ni d'Autoréalisation.
Nous
avons parlé, dans plusieurs de nos œuvres, de
l'importance qu'a la vie en elle-même ; nous avons
dit également qu'un homme est ce qu'est sa vie, et
que celle-ci est comme un film. Lorsque nous nous désincarnons,
nous emportons avec nous ce film de notre vie pour revivre
cette vie de façon rétrospective dans le monde
astral ; et au retour dans un nouveau corps physique, nous
rapportons notre film pour le projeter une autre fois sur
l'écran du monde physique.
L'existence
de la Loi de la Récurrence est indubitable : tous
les événements se répètent,
nous revivons tout ce que nous avons vécu, tout ce
qui s'est passé revient avec, en plus, les conséquences
bonnes ou mauvaises de nos actes.
Cependant,
la transformation de notre vie est possible : nous pouvons
nous libérer de la mécanique de la récurrence,
nous pouvons nous libérer de la Roue des naissances
et des morts et transformer radicalement notre existence,
si nous le voulons vraiment. Nous devons, pour cela, apprendre
à transformer nos impressions, il n'y a pas d'autre
chemin.
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