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26. La Sagesse de l'Etre
Samaël Aun Weor
Assemblage de deux entretiens, le premier réalisé
en 1970, et le second en 1974
Question
: Maître Samaël, je voudrais savoir la raison
de cette grande inquiétude que je ressens depuis
très longtemps. Je me pose constamment ces questions
: Qui suis-je ? D'où est-ce que je viens ? Quel rôle
ai-je à remplir ou plutôt est-ce que j'ai une
mission particulière dans la vie ?
Réponse
: En somme, tu veux des réponses aux grandes questions
fondamentales, vitales, n'est-ce pas ? Qui suis-je ? D'où
est-ce que je viens ? Où est-ce que je vais ? Quelle
est la raison d'être de mon existence ? etc. Incontestablement,
nous devons savoir si nous ressentons ou non une inquiétude
de nature spirituelle. Il va sans dire que si tu ne ressentais
aucune inquiétude spirituelle, tu ne serais pas ici,
en ce moment. Mais pourquoi ressens-tu cette inquiétude
spirituelle ? Si quelqu'un ressent cette inquiétude,
c'est que l'étincelle divine, l'étincelle
immortelle en lui - sa Monade, pour employer l'expression
de Leibniz - "travaille" son Essence : c'est cela
qui cause l'inquiétude spirituelle. Quand la Monade
ne travaille pas l'Essence, aucune inquiétude ne
se fait sentir. Comment l'Essence pourrait-elle ressentir
quelque aspiration élevée si l'étincelle
divine ne la travaillait pas ? Or, l'étincelle divine
travaille l'Essence lorsque l'étincelle veut s'auto-réaliser,
parvenir à la Maîtrise. Mais si l'étincelle
divine ne veut pas atteindre la Maîtrise, elle ne
travaille pas l'Essence ; dès lors, il n'y a pas
d'inquiétude intime, profonde. Ainsi donc, s'il y
a une inquiétude spirituelle en toi, c'est que l'étincelle
divine te travaille.
Tu
veux savoir également si tu as une mission à
accomplir dans cette vie. En fait, la question renferme
sa propre réponse : si tu n'avais pas de mission
précise, spécifique, dans la vie, tu ne formulerais
même pas la question, puisqu'il n'y a pas d'effet
sans cause, ni de cause sans effet.
A
présent, si l'on veut préciser la nature de
cette mission, les faits parlent d'eux-mêmes. Si tu
observes attentivement les circonstances de ta vie, tes
interrelations avec les gens, tu te rendras compte que la
Gnose y a joué un rôle capital et qu'elles
aboutissent tout naturellement à la divulgation de
l'enseignement gnostique, n'est-ce pas ? Alors, de toute
évidence, ta mission est là. Mais il va de
soi que pour pouvoir oeuvrer adéquatement il faut
connaître à fond l'enseignement ; parce que
si tu divulgues l'enseignement sans le connaître à
fond, tu transmettras des choses erronées ou incomplètes.
Il faut donc que tu étudies profondément la
doctrine, afin que la divulgation soit correcte. Divulguer
l'enseignement, c'est là ta mission : si tu observes
bien les caractéristiques de ta vie, tu le constateras
par toi-même. En travaillant pour l'humanité,
tu t'engages dans le troisième facteur de la Révolution
de la Conscience.
Nous
devons oeuvrer avec les trois facteurs : mourir, le premier
facteur, c'est réduire l'Ego en poussière,
le réduire en cendres ; naître consiste à
créer les corps existentiels supérieurs de
l'Etre, afin d'accéder à la deuxième
naissance ; le sacrifice pour l'humanité, c'est de
lever bien haut la torche du verbe pour illuminer le chemin
d'autres gens. Tu dois travailler dans ce troisième
facteur, c'est là précisément ta mission.
Q
- Maître, j'ai un terrible problème, soit une
très grande paresse pour lire, qui est d'ailleurs
liée à une mauvaise vue et au fait que mon
travail extérieur me prend beaucoup d'énergie
et me laisse peu de temps libre. Pourrais-je donc demander
en haut un certain "crédit" afin qu'on
me dispense une instruction interne directe, et que je puisse
me consacrer à l'enseignement, pour le bénéfice
de l'humanité ?
R
- Certes, tu peux recevoir une instruction interne, mais
si tu ne passes pas tes connaissances au cerveau physique,
à quoi te servirait donc cette instruction ? De toute
évidence, la première chose à faire
- avant de pouvoir recevoir cette instruction -, c'est de
t'éveiller. Tu obtiendras l'éveil en éliminant
les éléments inhumains à l'intérieur
de toi. Ce qu'il faut que tu fasses, c'est travailler sur
toi-même. Ce n'est que lorsque tu auras réussi
à éliminer ces éléments inhumains,
lorsque tu auras transformé le subconscient en conscient,
que tu pourras vraiment jouir de l'illumination, que te
pourras amener au cerveau physique tous les enseignements
d'ordre supérieur que tu recevras. De sorte que tu
dois travailler sur toi-même, il n'y a pas d'autre
solution.
Q
- Mais ce travail sera très long. Je dois travailler
sur moi-même pour pouvoir livrer le Message...
R
- Exactement ! Les choses sont comme elles doivent être.
On doit savoir faire les choses correctement.
Il
y a beaucoup de gens au psychisme subjectif qui se disent
illuminés, qui livrent des enseignements à
l'humanité, donnant des conférences et se
considérant eux-mêmes comme des dieux, sans
avoir éliminé l'Ego. Ce sont à vrai
dire des farceurs, des charlatans ou, dans le meilleur des
cas, des "sincères trompés". C'est
là la crue réalité des faits.
Nous
devons, quant à nous, aller au concret, être
clairs et précis, sans rester dans le vague, sans
ambiguïtés d'aucune espèce, sans incohérences.
Nous devons avoir recours à une logique de type supérieur,
être judicieux dans nos concepts et dans nos actes.
Ainsi,
il te faut en réalité mourir pour être
; éliminer tes éléments indésirables,
afin d'être illuminé. Ainsi seulement pourras-tu
recevoir cet enseignement interne auquel tu aspires et le
transmettre aux gens. Sans cela, c'est impossible.
Q
- Et entre-temps, n'y a-t-il rien que je puisse faire ?
R
- Ce que tu peux faire, présentement, c'est apporter
ton aide, c'est communiquer la doctrine telle qu'elle est
écrite dans les oeuvres. Il n'est nullement nécessaire
d'absorber la doctrine à fond de train, lire un livre
en quelques heures, puis passer au livre suivant... Non
! Il vaut mieux aller lentement et méditer profondément
ce que l'on étudie. On peut alors donner l'enseignement
de façon plus adéquate, plus fructueuse, plus
efficace. Si par contre on lit un livre à cinq cents
kilomètres à l'heure et qu'on veuille par
la suite en livrer le contenu, cela risque d'être
très superficiel, une simple répétition
mécanique, n'est-ce pas ? Chaque parole doit être
méditée, soumise à une réflexion
profonde, comprise intégralement. Ainsi donc, l'information
que nous apportons à notre mental doit devenir consciente.
Voilà la manière d'élaborer, pour ainsi
dire, la connaissance supérieure dans notre mental.
Q
- Maître, est-il possible, comme le prétendent
certaines personnes, d'éveiller la Kundalini et de
la faire monter le long de la colonne vertébrale
uniquement en pratiquant le pranayama ?
R
- Je veux que vous compreniez clairement qu'il y a trois
forces primaires dans l'Univers.
En
premier lieu, quiconque a étudié un tant soit
peu les sciences naturelles, n'ignore pas qu'il existe des
organismes unicérébrés, c'est-à-dire,
dotés d'un seul cerveau, tels les mollusques, les
escargots, les insectes dont beaucoup d'espèces ne
vivent qu'un après-midi d'été ; en
ces organismes ne s'exprime qu'une seule force.
Viennent
ensuite les créatures bicérébrées,
ou possédant deux cerveaux, comme les oiseaux, les
chevaux, les chiens et les chats, bref tous les animaux
plus évolués ; chez ces animaux s'expriment
deux forces.
Nous
avons enfin les organismes tricérébrés,
munis de trois cerveaux. On ne retrouve ces trois cerveaux
que chez l'animal intellectuel que l'on appelle à
tort homme. En lui s'expriment les trois forces de la nature.
Je
veux dire par là que les organismes unicérébrés
ont des sensations, que les bicérébrés
ont des sensations et des émotions et que les tricérébrés
ont des sensations, des émotions et des concepts
rationnels.
Cela
implique que seuls les organismes tricérébrés
- les organismes humains - peuvent cristalliser les trois
forces en dedans d'eux-mêmes, ici et maintenant. Ces
trois forces sont représentées en Inde par
Brahma, Vishnou et Shiva ; ce sont la Sainte Affirmation,
la Sainte Négation et la Sainte Conciliation : la
force positive, la force négative et la force neutre.
Pour
créer un enfant, nous devons nécessairement
recourir aux trois forces : la première, la Sainte
Affirmation, est représentée par l'élément
masculin et la seconde, la Sainte Négation, par l'élément
féminin ; pendant l'union sexuelle, la Sainte Conciliation
conjugue les deux forces, masculine et féminine,
pour engendrer un enfant. Indéniablement, la création
d'un enfant ne serait pas possible sans le concours des
trois forces de la nature.
Quant
à Devi Kundalini - le Serpent igné de nos
pouvoirs magiques -, jamais elle ne pourrait s'éveiller
et se dérouler dans notre épine dorsale avec
une seule force, soit masculine, soit féminine ;
il faut absolument la coopération des trois forces
positive, négative et neutre. Vouloir éveiller
la Kundalini au moyen d'une seule force est aussi absurde
que vouloir créer un enfant au moyen d'une force
unique - la femme seule ou l'homme seul -. C'est tout à
fait impossible. C'est totalement incompatible avec la sagesse
tantrique.
Ceux
qui veulent vraiment connaître les fondements de nos
affirmations doivent étudier le Tantrisme oriental,
explorer le Tantrisme bouddhique, le Tantrisme des Bonnets
jaunes du Tibet, le Tantrisme de la Chine ou du Japon, -
c'est-à-dire le Tantrisme Tchan ou Zen -, etc.
Quiconque
est initié au Tantrisme et a approfondi l'ésotérisme
du Sahaja Maïthuna sait très bien, par expérience
directe, que le développement de la Kundalini n'est
possible qu'au moyen de l'intervention concentrée
des trois forces. Et ces trois forces, en vérité,
ne peuvent s'unir, travailler de concert, que dans la Forge
des Cyclopes, dans la Neuvième Sphère, c'est-à-dire
avec le Sahaja Maïthuna seulement.
Mais
il arrive que des personnes qui pratiquent intensément
le prânâyama fassent jaillir des étincelles
de la Flamme divine. Nous avons tous dans le chakra du coccyx
un véritable brasier : c'est Devi Kundalini Shakti
que nous avons là, enroulée trois fois et
demie sur elle-même.
Il
y a une intime relation entre le souffle et le sexe. Il
est possible de faire jaillir des étincelles au moyen
du souffle. Et c'est la seule chose que nous puissions obtenir
avec le pranayama : faire jaillir des étincelles.
Jamais le pranayama ne pourra éveiller ou dérouler
le Feu serpentin annulaire dans le corps de l'ascète
; jamais vous ne pourrez, par des exercices respiratoires,
faire monter la Kundalini par le canal médullaire
spinal jusqu'au cerveau.
Ceux
qui, par la pratique du pranayama, réussissent à
faire circuler des étincelles du Feu sacré
de la Kundalini dans leurs nadis ou canaux éthériques,
croient qu'ils ont éveillé la Kundalini elle-même
par le seul fait d'avoir eu alors une illumination ou quelque
perception extra-sensorielle. Plus tard ils affirment avec
emphase qu'on peut éveiller la Kundalini en recourant
uniquement au pranayama. Mais c'est complètement
faux et cela va à l'encontre de l'enseignement initiatique
des Tantras, à l'encontre des préceptes ésotériques
les plus profonds. Je dis la vérité, qu'on
l'accepte ou non. Celui qui veut vraiment éveiller
la Kundalini, dérouler le pouvoir serpentin dans
sa colonne vertébrale, doit absolument descendre
dans la Neuvième Sphère. Nier cela équivaudrait
à rejeter la Divine Comédie de Dante Alighieri,
à rejeter tous les vieux textes de la Sagesse universelle,
à cracher sur l'Iliade d'Homère, sur l'Enéide
de Virgile, sur l'ésotérisme des quatre Evangiles,
sur l'Apocalypse de saint Jean, sur l'ésotérisme
de la Bhagavad-Gîta et du Coran, etc. Il est très
déplorable qu'il y ait encore dans le monde des personnes
qui lancent des concepts qui ne sont fondés sur aucune
base sérieuse ; ces personnes sont dans l'erreur,
voilà tout.
Q
- Maître, est-il vrai que nous ne pouvons créer
les corps existentiels supérieurs de l'Etre par la
Magie sexuelle que pendant la nuit ?
R
- La réalité crue c'est qu'à cause
de l'inclination naturelle des organes créateurs,
ce type de création doit s'effectuer dans les ténèbres.
Le spermatozoïde sort des glandes sexuelles et pénètre
dans la matrice sans être éclairé par
la lumière du soleil ; il chemine dans l'obscurité.
Et c'est dans l'obscurité qu'il progresse vers les
trompes de Fallope pour y rencontrer l'ovule qui descend
du follicule de De Graaf ; et c'est dans les ténèbres
de la matrice que se fait la gestation.
Qu'arriverait-il
si le spermatozoïde, au lieu de cheminer sous la protection
de l'obscurité, sortait à découvert
pour que le soleil le baigne de sa lumière ? Que
se passerait-il si le foetus ne se développait pas
dans les ténèbres du sein matemel mais se
trouvait à découvert, exposé directement
à la lumière du soleil ? La nature ne pourrait
pas accomplir son travail de procréation.
La
fécondation s'accomplit donc toujours dans les ténèbres,
par la propension des organes créateurs eux-mêmes.
La nature nous indique par là que tout travail de
création doit s'effectuer dans les ténèbres
nocturnes. De même, pour parvenir un jour à
l'auto-réalisation intime de l'Etre, le sage doit
oeuvrer dans l'obscurité et l'auguste silence de
la pensée. Le travail dans la nuit nous est aussi
indiqué par cette représentation de la Vierge
de l'immaculée conception debout sur la lune et vêtue
d'une tunique bleue.
Q
- Au sujet de la pratique de l'Arcane (la Magie sexuelle),
j'ai entendu deux théories opposées : d'une
part, il y a ceux qui affirment qu'on obtient une meilleure
transmutation lorsqu'on pratique l'Arcane avec passion ;
certains soutiennent, d'autre part, que la passion ne doit
pas du tout intervenir dans la pratique du Grand Arcane.
Qu'en est-il exactement ?
R
- Dans toutes ces questions, il y a des degrés et
des degrés ; il est donc impossible de donner une
réponse catégorique, valable dans tous les
cas.
Incontestablement,
nous ne pouvons exiger de l'animal humain qu'il ne soit
pas passionnel. Même s'il est certain que les états
animaux, les impulsions inférieures, doivent être
éliminés, nous devons comprendre que cette
élimination s'effectue de façon graduelle.
Il est absolument impossible d'exiger d'un couple de bêtes
qu'ils deviennent des saints du jour au lendemain. Nous
n'avons pas le choix : nous ne pouvons commencer que là
où nous sommes, c'est-à-dire au niveau animal
; le spirituel viendra ensuite. C'est ce que dit aussi l'apôtre
Paul de Tarse.
On
commence donc à un niveau très inférieur
d'animalité, mais à mesure que l'on avance
sur le chemin rocailleux, les états animaux inférieurs
sont peu à peu éliminés, et la personne
s'épure progressivement jusqu'à ce que la
passion soit complètement sublimée.
A
ce sujet, une anecdote me vient justement à la mémoire.
Malgré
le haut degré de mysticisme qui imprégnait
mes travaux dans la Neuvième Sphère, je me
rappelle une chose insolite qui m'est arrivée il
y a quelque temps, alors que je me trouvais à Acapulco.
Une nuit, dans mon corps physique, je rencontrai un mystique
qui semblait venir du Moyen-Age. Il essaya de me faire les
fameux stigmates dans les mains ; à l'aide d'un clou,
il tenta de perforer mes mains. Mais en dépit de
tous ses efforts il ne réussit à enfoncer
son clou dans la chair astrale que de façon superficielle
; et des paumes de mes mains jaillissaient des éclairs
et des coups de tonnerre. N'obtenant pas le résultat
qu'il escomptait, le mystique me conduisit à l'Eglise
gnostique où il me présenta à un Grand
Maître.
Mon
Etre Réel intime m'accompagnait alors. A cette époque-là
je n'avais pas encore les mains astrales perforées.
Le mystique me dit : "Je t'amène à ce
Grand Maître pour lui demander conseil au sujet des
stigmates". Le Grand Etre, un divin androgyne, était
assis devant un bassin d'eau baptismale ; il s'adressa directement
à mon Etre Réel intérieur, c'est-à-dire
à Samaël, ma Monade particulière, lui
disant - parlant de moi - : "Il est très fort
et il répond bien, mais il doit mieux accomplir le
sacrement de l'Eglise de Rome". Je répondis
: "Je comprends parfaitement ! Je travaillerai mieux
!". Puis je réintégrai mon corps physique.
Je
comprenais ce qui m'avait été communiqué.
Il me fallait de toute évidence sublimer davantage
l'énergie créatrice. Bien que j'accomplissais
déjà le coïtus reservatus comme un rituel,
je devais le sanctifier encore plus, le rendre plus extatique.
Dès ce moment, je réalisai le travail dans
la Neuvième Sphère dans un état sublime
d'extase mystique, oubliant pour ainsi dire les organes
sexuels et le corps physique. Le résultat fut que
l'énergie sexuelle devint très raffinée
et c'est avec cette énergie que l'on forma les stigmates
sacrés, dans mes mains et dans mes pieds.
Vous
voyez donc comment l'énergie sexuelle peut être
raffinée progressivement. Nous commençons
nos pratiques au niveau brut et grossier où nous
nous trouvons, mais avec le temps, à mesure que nous
dissolvons les éléments inhumains en nous,
il ne fait pas de doute que nous nous spiritualisons, jusqu'à
ce que nous accédions finalement à une chasteté
absolue.
Ainsi
sont les choses, non telles que nous les voyons à
travers le prisme de nos conceptions théoriques,
mais telles qu'elles sont réellement. Il est inconcevable
d'exiger d'un couple de néophytes qu'ils aient le
degré de sainteté d'un François d'Assise.
Nous devons nous placer sur le terrain des faits concrets
et voir comment les choses se passent dans la pratique.
Q
- J'ai entendu un instructeur gnostique dire dans une conférence
que c'est parce que la coupe des Ames est pleine dans les
cieux - c'est-à-dire dans les mondes supérieurs
- que le Mouvement gnostique se consacre au contrôle
de la reproduction. Est-ce vrai ?
R
- Beaucoup de choses ont été dites sur cette
question de la natalité ; les scientifiques en ce
moment sont très préoccupés par cela.
Indéniablement, l'humanité a ses marées
hautes et ses marées basses ; il y a, pour ainsi
dire, des époques de plus démographique et
des époques de moins. En toutes choses, il y a un
flux et un reflux, un rythme incessant. Ainsi donc, nous
assistons présentement à une explosion démographique,
à une haute marée humaine. Il importe de bien
comprendre qu'à ce plus, à cette marée
haute, succédera une descente, un moins. En fait,
le jour n'est pas loin où des guerres et cataclysmes
terribles provoqueront cette descente, ce moins, cette baisse
de la marée, et produiront une nette diminution de
la population humaine. Mais comme les hommes de science
ne comprennent rien à cette question des cycles,
du flux et du reflux de toutes choses, comme ils ne connaissent
pas les lois du pendule, du rythme, etc., ils sont extrêmement
préoccupés et cherchent à contrôler
les naissances par des procédés artificiels
: pilules contraceptives et autres méthodes, qui
causent de graves préjudices à la santé,
entre autres le cancer. Nous, les gnostiques, nous avons
une méthode contraceptive simple et naturelle. Cette
méthode n'a pas pour but d'empêcher la naissance,
car ce serait criminel, mais plutôt la fécondation.
Le contrôle des naissances est un crime, le contrôle
de la fécondation est un devoir. Et il faut savoir
que la fécondation peut être contrôlée
efficacement, par la pratique du Sahaja Maïthuna, du
Yoga du Sexe. La clé en est très simple, tous
nos frères gnostiques la connaissent déjà
: elle consiste en la connexion du Lingam-Yoni sans éjaculation
de l'ens-seminis ("l'entité du sémen"),
car comme dit le médecin et alchimiste Paracelse,
dans l'ens-seminis se trouve tout l'ens-virtutis du feu.
Je ne veux pas dire qu'avec le Sahaja Maïthuna on élimine
toute possibilité de reproduction ; il va de soi
que tant qu'il y a contact sexuel direct, la fécondité
n'est pas totalement inhibée, il subsiste une possibilité
de fécondation. Mais si nous voulons réduire
le nombre des naissances, il n'y a rien de mieux que le
Sahaja Maïthuna,
Q
- Maître Samaël, certains s'interrogent à
savoir s'il n'est pas dangereux de retenir l'énergie
sexuelle dans les glandes sexuelles.
R
- Comment cela : "retenir l'énergie sexuelle"
? Nous parlons en ce moment de "l'entité du
sémen" ou ens-seminis. Soyons clairs et précis
dans nos questions. Tu as certainement déjà
vu, mon cher ami, les flaques d'eau dans les chemins se
dessécher au soleil. L'eau s'évapore et se
transforme en nuages et en électricité, produisant
éclairs et tonnerre. Voilà exactement ce qui
se passe à l'intérieur de notre organisme.
Avec le Maïthuna, avec la chaleur, avec le feu du sexe
créateur, les eaux séminales, cette liqueur
spermatique qui réside dans nos glandes endocrines
sexuelles, sont transmutées si l'on peut dire en
"vapeurs" ou, pour employer le langage médical,
en "humeurs". Ces vapeurs se convertissent à
leur tour en énergies positives/négatives.
Ces énergies s'élèvent par les canaux
sympathiques, appelés en Orient Ida et Pingala. Ces
canaux partent des glandes sexuelles et montent jusqu'au
cerveau. J'ai dit "canaux sympathiques", mais
ce n'est pas tout à fait exact en fait, les canaux
dont il s'agit ne sont pas complètement physiques
; ils seraient plutôt de nature mi-physique, mi-éthérique.
Ils n'en ont pas moins une existence bien réelle.
Ces deux canaux s'enroulent autour de la moelle épinière
en formant le Saint-Huit et ils aboutissent au cerveau.
Ce qui s'élève par ces canaux, ce n'est évidemment
pas le sémen, parce que si c'était le sémen
lui-même qui montait jusqu'au cerveau, nous deviendrions
tous fous. C'est l'énergie, résultat de la
transmutation du sémen, qui s'élève
au cerveau.
Par
conséquent, nous ne "retenons" pas le sémen,
nous le transmutons plutôt, ce qui est totalement
différent, nous le convertissons en énergie
et c'est cette énergie qui s'élève
par les deux canaux éthériques. C'est ainsi
que nous cérébralisons le sémen ; c'est
ainsi que nous séminisons le cerveau. La matière
se transforme en énergie, comme Einstein l'a démontré.
Alors,
quel mal y-a-t-il à transmuter notre substance séminale
en énergie et à faire monter cette énergie
créatrice au cerveau ?
De
cette façon, nous fortifions notre cerveau, nous
renforçons notre glande pinéale. Est-il criminel
d'amener notre énergie sexuelle à nous revivifier
? Et en quoi, dites-le moi, cela serait-il dangereux ? Ce
qui se passe en réalité, c'est que les fornicateurs,
ceux qui sont contents de perdre l'ens-seminis, ne veulent
pas renoncer à leur luxure, cherchent à justifier
leur fornication, leur lascivité, voilà tout.
Q
- Maître, quel degré de conscience l'humanité
a-t-elle actuellement et que faut-il faire pour éveiller
la conscience ?
R
- L'humanité n'a que trois pour cent de conscience
éveillée et elle a 97 pour cent de conscience
endormie. Ainsi donc, la situation est désastreuse.
Les
gens veulent tous voir, entendre, toucher, palper les grandes
réalités des plans supérieurs, ils
veulent se rappeler leurs vies passées, sortir en
astral consciemment, converser avec les dieux, etc. Malheureusement,
ils n'ont que trois pour cent de conscience éveillée.
Celui qui veut palper les grandes réalités
des mondes internes doit éveiller son 97 pour cent
de conscience endormie ; et celui qui veut éveiller
sa conscience doit s'évertuer à mourir d'instant
en instant, coûte que coûte. Avant toutes choses,
il est indispensable de savoir que nous avons en nous un
Moi pluralisé ; le Moi est le Seth de la mythologie
égyptienne, lequel est à la tête d'une
troupe de "diables rouges", dénomination
par laquelle les vieux Sacerdotes de la terre des pharaons
désignaient les agrégats psychiques. Ces entités
submergées qui personnifient l'Ego - ou Seth - constituent
la racine vivante de nos propres défauts. Notre conscience
est enfermée en chacune de ces entités, embouteillée,
endormie. Elle ne peut donc agir qu'en fonction de son propre
conditionnement, ce qui l'emprisonne définitivement
dans l'erreur. Notre conscience est hélas égoïque
!
Si
nous voulons nous éveiller, afin de voir, entendre
et palper les mondes supérieurs et pour pouvoir nous
entretenir avec les Maîtres de la Fraternité
Blanche, nous devons annihiler Seth, détruire totalement
l'Ego, les diables rouges, les Moi. C'est seulement ainsi
que la conscience réussit à s'émanciper,
à se libérer et à s'éveiller
intégralement. Quand la conscience s'éveille,
nous pouvons discerner le chemin ; quand la conscience s'éveille,
nous pouvons entrer en contact avec l'humanité divine
qui vit dans les terres en djinn ; quand la conscience s'éveille,
nous pouvons nous rappeler nos existences passées,
nous pouvons visiter d'autres mondes habités, nous
pouvons parler face à face avec les dieux du Mahamanvantara,
etc. Ce n'est qu'en étant vraiment éveillés
que nous pouvons avoir une connaissance directe. Tant que
nous n'avons pas atteint la connaissance directe, nous restons
des théoriciens : nous ne faisons que répéter
comme des perroquets ce que les autres disent.
Nous
devons avoir conscience de ce que nous étudions,
nous devons boire à la source directe de la sagesse
occulte. Quant à moi, je peux par exemple vous enseigner
- et je le fais - ce que je sais, ce que j'ai connu, expérimenté,
ce que j'ai vécu, non seulement dans ma réincarnation
présente, mais dans mes existences passées.
Plus encore je peux vous parler d'événements
qui ont eu lieu dans d'autres Mahamanvantaras, parce que
je me souviens de mes existences dans les Mahamanvantaras
passés. Je peux donc rendre témoignage de
ce que j'ai vécu, de ce que j'ai vu et entendu. Mais
je vous le dis en toute franchise : pour éveiller
la conscience, il faut une terrible discipline ésotérique.
Q
- Comment puis-je faire pour dissoudre le Moi ?
R
- Quoi ? Tu veux vraiment dissoudre l'Ego ? Eh bien, laisse-moi
te féliciter, mon estimable frère ! Oui, c'est
seulement ainsi que tu parviendras à l'éveil.
Pour
pouvoir annihiler les agrégats psychiques, tu dois
commencer par l'auto-observation psychologique, parce que
tu ne pourras comprendre ni dissoudre un Moi que tu n'as
pas observé attentivement dans le gymnase de la vie
quotidienne.
Lorsqu'une
personne admet qu'elle a une psychologie particulière,
qui lui est tout à fait propre, elle va alors sentir
la motivation pour s'auto-observer dans ses relations avec
les gens, dans la rue, à la maison, à la campagne,
à la ville, au restaurant, au bureau, à l'usine,
etc. Dans l'interaction sociale, nos défauts cachés
affleurent. Si nous nous auto-observons constamment, nous
pourrons les voir, les prendre sur le fait. Un défaut
découvert doit être disséqué
avec le bistouri de l'auto-critique pour nous permettre
de connaître ce qu'il est vraiment. Au lieu de toujours
critiquer les autres, nous devons apprendre à nous
auto-critiquer.
Lorsque
nous avons rencontré en nous un défaut, nous
devons l'analyser soigneusement, le dépecer avec
le bistouri de l'auto-critique. Nous pouvons y arriver au
moyen de l'auto-réflexion évidente de l'Etre,
dans l'état de méditation profonde. Une fois
compris le défaut en question, nous devrons le désintégrer
atomiquement.
Car
je dois te dire qu'il ne suffit pas de comprendre chacune
de nos erreurs, encore faut-il savoir comment en éliminer
les causes. Krishnamurti insiste sur l'importance de la
compréhension ; c'est bien, car il est indispensable
de comprendre chaque erreur, il n'y a pas de désintégration
possible sans la compréhension préalable de
l'agrégat que nous voulons désintégrer.
Supposons que tu veuilles éliminer le Moi de la colère
: tu dois d'abord comprendre ce Moi, et pour le comprendre,
tu dois avoir recours à la méditation profonde,
à l'auto-réflexion de l'Etre ; c'est la seule
manière de connaître les ressorts les plus
intimes du Moi. La colère surgit pour une raison
ou pour une autre ; parce qu'on a blessé notre amour
propre, ou par jalousie, ou à cause d'une frustration
émotionnelle, ou par réaction à une
parole agressive - il y a tellement de facettes, de nuances
-. Une fois qu'on a analysé et compris à travers
la méditation le ressort secret d'une explosion de
colère, à un moment donné, dans tel
ou tel contexte précis, il nous faut faire appel
à une force supérieure.
Le
mental à lui seul ne peut entamer, encore moins enrayer
radicalement un défaut. Il peut le faire passer d'un
niveau à un autre de notre psychisme, se le cacher
à lui-même ou le cacher aux autres, le justifier,
lui chercher des excuses, le condamner même, mais
jamais il ne pourra l'annihiler.
Nous
avons besoin d'un pouvoir supérieur au mental, et
nous avons en nous ce pouvoir, il se trouve latent dans
les profondeurs de notre Etre : c'est le Serpent igné
de nos pouvoirs magiques, enroulé dans le centre
magnétique que les Hindous nomment le chakra Muladhara,
lequel a sa racine dans le coccyx. C'est Devi Kundalini,
le Feu serpentin ; c'est Isis, Rhéa, Cybèle,
Adonia, Tonantzin, la chaste Diane, Artémis, Marah,
etc. Peu importe le nom qu'on lui donne dans les différentes
traditions, cette force n'est pas en dehors de nous mais
à l'intérieur ; ce pouvoir flamboyant est
une variante de notre propre Etre, une partie dérivée
de notre Etre. Tu dois l'invoquer, la prier, la supplier
d'éliminer le Moi de la colère que tu as observé,
puis étudié et compris à travers la
méditation et la réflexion profonde.
Lorsque,
plongés dans une profonde méditation, nous
implorons l'aide de Devi Kundalini Shakti, le Serpent mystique
des Grands Mystères, la puissance foudroyante de
notre Divine Mère, elle vient à notre secours
et elle peut alors réduire en poussière n'importe
quel défaut que nous aurons préalablement
compris dans tous les niveaux du subconscient. Une fois
ce défaut annihilé, à sa place surgira
une vertu de l'Ame, une caractéristique nouvelle,
un don spécial, une faculté, une certaine
qualité... La façon de procéder est
la même pour tous les Moi.
A
mesure que nous désintégrons les agrégats
psychiques, l'Ame se cristallise à l'intérieur
de nous. L'Essence enrichie par les vertus de l'Ame pourra
revêtir le Soma puchicon, l'Habit de noces de l'Ame,
le véhicule de l'Ame ; c'est ainsi que naît
réellement l'Homme christique en nous, lequel n'est
plus emprisonné dans le corps physique.
Ainsi
donc, il n'est pas suffisant de comprendre les motifs secrets
d'un accès de jalousie, par exemple, ou l'origine
d'un sentiment de haine ; il faut aller plus loin, plus
profondément, il faut faire appel - que cela nous
plaise ou non, il n'y a pas d'autre moyen - à un
pouvoir supérieur, transcendant. Seul, on ne peut
rien faire. Le mental est tout à fait incapable d'éliminer
un défaut : il peut le décrire, l'étiqueter
de divers noms, jongler avec lui, le refouler, etc., mais
il n'est pas capable de le réduire en poussière.
Si nous voulons réduire en cendres tel ou tel défaut,
personnifié par tel ou tel Moi, alors, en plus de
la compréhension, il faut aussi l'élimination,
la dissolution de ce Moi. Et pour le dissoudre, nous devons
absolument avoir recours à Devi Kundalini, le Serpent
igné de nos pouvoirs magiques, le Serpent d'airain
qui a guéri les Israélites pendant leur traversée
du désert.
Q
- Maître, voudriez-vous nous expliquer pour quelle
raison, au début du travail ésotérique
sur nous-mêmes, il est nécessaire d'accéder
au niveau du "bon maître de maison" ?
R
- Celui qui aspire à l'auto-réalisation de
l'Etre, celui qui veut parcourir avec succès le "Sentier
du tranchant du couteau", doit commencer par être
un bon maître de maison, savoir mener son foyer avec
harmonie, beauté, perfection. Ceux qui, dans la vie
pratique, n'ont pas su organiser leur foyer, sont impropres
au chemin, ils ne pourront pas s'auto-réaliser. J'ai
pu constater que la plupart de ceux qui sont entrés
sur la voie et n'ont pas réussi à être
de bons maîtres de maison, ont abouti à l'échec
dans leur travail spirituel.
Q
- Vénérable Maître, pour revenir à
cette question de l'éveil, comment se fait-il que
les seigneurs de la "Main gauche", qui ne pratiquent
aucun des trois facteurs, sont néanmoins éveillés
dans les mondes supérieurs ? Comment peuvent-ils
voir et entendre les choses des autres mondes ?
R
- Voilà une question très intéressante
et j'y répondrai avec plaisir. Alors, écoute-moi
bien : l'autre jour, j'ai invoqué dans les mondes
supérieurs l'Ange Adonaï, le fils de la lumière
et de la joie, le Maître du comte Zanoni, dont Bulwer
Lytton raconte admirablement l'histoire dans son roman Zanoni,
le Maître Rose-Croix. Cet ange a accouru à
mon appel et nous nous sommes assis pour converser aimablement.
L'Ange me dit une chose intéressante : il me parla
d'un philosophe qui, à une certaine époque,
avait été avec nous dans le Mouvement gnostique
et qui est à présent un détracteur
de la grande Cause. "Cet homme, me dit-il, s'est éveillé
dans le mal et pour le mal". Quelques jours plus tard,
je fus en mesure de corroborer les affirmations de l'Ange
Adonaï, le fils de la lumière et de la joie
; je rencontrai l'homme en question dans les mondes internes
: il était effectivement éveillé, mais
dans le mal, pour le mal.
Lorsque,
au cours des mes études ésotériques,
j'ai dû visiter la "lune noire" (Lilith),
j'y ai croisé ces démons rouges dont nous
parle le Livre des Morts des anciens Egyptiens, et j'ai
pu constater qu'ils étaient bien éveillés
; et quand nous pénétrons dans les mondes
infernaux, dans les neuf Cercles décrits par Dante
dans sa Divine Comédie et situés au coeur
de la Terre, nous y voyons tous ces gens des ténèbres
totalement éveillés dans le mal, certes, et
pour le mal. C'est qu'il existe des méthodes précises,
des techniques scientifiques au moyen desquelles on peut
aussi s'éveiller, mais dans le mal et pour le mal.
Les
diables rouges savent fort bien ce qui les attend, ils n'ignorent
pas que, involuant à l'intérieur du monde
souterrain, à travers les neuf Cercles de l'Enfer
de Dante, ils seront un jour désintégrés,
réduits en poussière cosmique au coeur de
la Terre. Mais ils semblent aimer cela : quand on les en
instruit, on constate que la "deuxième mort"
ne leur inspire aucun repentir. Ils savent qu'un jour leur
Essence, après s'être échappée
du coeur de la Terre, retournera à la surface, sous
la lumière du soleil, pour une nouvelle évolution.
Ils savent que leur Ame redeviendra un gnome joueur dans
les roches et les métaux, ensuite un végétal,
puis un animal, pour réintégrer enfin l'état
humain qu'elle avait jadis perdu lorsqu'elle était
tombée en involution. Ils n'ignorent pas non plus
qu'au terme de l'évolution, lorsque l'Essence accède
au niveau humain, on lui accorde 108 existences pour se
réaliser.
Dans
chaque cycle, tout être humain dispose donc de 108
existences sur la scène de la vie ; au bout de ces
108 existences, si l'on ne s'est pas auto-réalisé,
on descend dans les mondes infernaux, on involue très
lentement, on est peu à peu réduit en poussière,
pour recommencer, encore une fois, le processus d'ascension
dans l'échelle de la vie, pour entamer un nouveau
voyage vers l'intérieur et vers le haut. Les diables
rouges ne l'ignorent pas, car ils sont éveillés,
mais dans le mal et pour le mal.
Ce
qui importe, c'est de s'éveiller dans la lumière,
et ce n'est vraiment possible que sur la base du travail
psychologique : en dissolvant l'Ego, en le réduisant
en poussière cosmique, coûte que coûte
! C'est ainsi que nous grandissons en sainteté.
Q
- Quand on nous demande s'il est possible de vérifier
concrètement cette question des 108 existences, que
devons-nous répondre ?
R
- Vouloir vérifier, c'est très bien, mais
comment une personne endormie va-t-elle pouvoir le faire
? C'est aux gens éveillés que revient le privilège
de vérifier concrètement, parce que les endormis,
eux, dorment. Si tu veux constater, vérifier par
toi-même, réveille-toi ! Que fais-tu là
en train de dormir ?
Réveille-toi,
sors de ce sommeil où tu te trouves ! Le jour où
tu éveilleras ta conscience, tu pourras alors reconnaître
par toi-même l'exactitude de mes paroles.
Néanmoins,
ce que je dis ici est confirmé par de nombreux documents
: rappelle-toi, par exemple, les 108 perles du collier du
Bouddha ; rappelle-toi aussi ce que font les brahmanes,
en Inde, autour de la vache sacrée, en priant avec
un rosaire à 108 grains. Ils vocalisent alors des
mantras sacrés, tel le : OM MASI PADME HUM, bien
connu au Tibet. Avant que les communistes chinois eussent
envahi cette terre sainte du grand Lama, on y célébrait
des fêtes religieuses extraordinaires et les femmes
tibétaines arrangeaient leurs cheveux de façon
splendide et significative : les grandes dames, surtout,
se faisaient faire une coiffure formée de 108 boucles...
Q
- Maître, à quoi est dû le manque de
continuité de propos ?
R
- Tant qu'il n'y a pas de centre permanent de conscience
établi en nous, nous n'aurons pas de continuité
de propos. Mais lorsque, à travers l'auto-observation
permanente, à travers le rappel de soi constant,
nous avons établi un centre magnétique au
centre de l'Essence, nous avons alors une continuité
de propos. Généralement, le centre magnétique
de notre propre existence se trouve situé dans la
fausse personnalité. Nous avons tous une fausse personnalité,
qui est faite de présomption, de vanité, d'orgueil,
de crainte, d'égocentrisme, de colère, de
luxure, du sentiment de notre propre importance, d'apitoiement
sur soi, de sentimentalisme, de jalousie, de ressentiment,
etc.
La
fausse personnalité est vraiment problématique,
car elle est dominée par la multitude des Moi. Tant
que nous posséderons la fausse personnalité,
nous n'aurons pas de continuité de propos et nous
ne connaîtrons pas le vrai bonheur. Or, si nous voulons
être heureux - nous avons tous droit au bonheur -,
nous devons éliminer la fausse personnalité
; et pour éliminer la fausse personnalité,
nous devons annihiler les Moi qui la caractérisent.
Une fois les Moi annihilés, tout change, il se crée
dans notre conscience un centre de gravité permanent,
et alors survient un extraordinaire état de félicité.
Q
- De quoi est faite la personnalité authentique ?
R
- En elle-même, la personnalité est pure énergie.
On ne naît pas avec une personnalité ; la personnalité
est fille du temps, elle naît en son temps et meurt
en son temps : il n'y a pas de lendemain pour la personnalité
d'un mort. Lorsque nous revenons, lorsque nous nous réincorporons
dans un nouveau corps, nous devons créer une nouvelle
personnalité. Celle-ci se forme pendant les sept
premières années de l'enfance et se renforce
avec les expériences. La personnalité est
énergétique et atomique ; elle est périssable,
elle est mortelle. Ce n'est pas la personnalité qui
se réincarne, mais l'Essence possédée
par "l'Ego réincarnant", lequel est une
véritable légion de diables qui continue après
la mort du corps physique.
La
personnalité, donc, est énergie, c'est purement
un véhicule énergétique qui sert à
fonctionner dans le monde, à entrer en contact les
uns avec les autres, etc. La personnalité devient
fausse quand les Moi pénètrent en elle et
se l'approprient, pour la manoeuvrer à leur guise
et conformément à leurs propres intérêts.
Le
Moi de la vanité, par exemple, le Moi de la jalousie,
les Moi des préoccupations, les Moi de l'intellectualisme,
etc., tous ces Moi mécaniques s'introduisent dans
la personnalité, s'emparent de ce véhicule
énergétique, faussant totalement notre relation
avec les autres et avec le monde. Mais si nous désintégrons
ces Moi, la personnalité redevient une énergie
pure qui peut être mise au service de l'Etre ; sans
les Moi qui la corrompent, la personnalité n'est
plus fausse, elle devient un instrument pour travailler,
un véhicule de l'Etre.
Q
- Est-il souhaitable d'établir une personnalité
forte en nous ?
R
- La personnalité doit être équilibrée
par l'Essence. Quand la personnalité est plus forte
que l'Essence, il y a déséquilibre, et quand
l'Essence est plus forte que la personnalité, il
y a aussi déséquilibre. Certaines personnes
vivant isolées à la campagne peuvent développer
l'Essence aux dépens de la personnalité ;
lorsqu'elles viennent en ville, elles sont en déséquilibre.
Des gens de la ville peuvent développer la personnalité
de façon exorbitante ; quand ils vont à la
campagne, quand ils entrent en contact avec des gens simples,
ils se trouvent en déséquilibre. Il nous faut
un parfait équilibre entre l'Essence et la personnalité.
Q
- Lorsqu'un Adepte se réalise, sa personnalité
devient-elle immortelle ?
R
- Dans un certain sens, oui. Un Maître ressuscité,
par exemple, qui a le pouvoir de conserver éternellement
son corps physique, aura évidemment une personnalité
éternelle dans le monde physique ; il aura une autre
personnalité éternelle dans le monde astral,
reliée au corps astral ; une autre personnalité
éternelle dans le monde mental, reliée au
corps mental ; et une autre encore dans le monde causal,
reliée au corps causal. De sorte qu'il y a quatre
personnalités fondamentales : la personnalité
physique, qui est gouvernée par 48 lois ; la personnalité
astrale, régie par 24 lois ; la personnalité
mentale, gouvernée par 12 lois et la personnalité
causale, gouvernée par 6 lois.
Q
- Etant un produit du temps, ne peut-on considérer
la personnalité comme un agrégat, au même
titre que les Moi ?
R
- Non, parce qu'au contraire des agrégats psychiques,
la personnalité ne survit pas très longtemps
au corps physique et ne se réincarne pas. Elle peut
certes rôder dans le cimetière et se réjouir
quand les proches du défunt viennent visiter sa tombe
ou lui apporter des fleurs. Elle revient parfois hanter
les lieux où elle a vécu, devenant occasionnellement
visible, mais elle se désintègre peu à
peu, irrémédiablement ; elle est vouée
à disparaître plus ou moins rapidement.
Tout
comme le corps, la personnalité est un instrument,
un véhicule par lequel l'Etre peut agir quand elle
n'est pas faussée, pervertie par le Moi, mais qu'elle
existe sous sa forme énergétique pure, originelle.
Q
- Pourrait-on dire que la personnalité d'un Maître
divin est la façon dont il se présente à
nous, avec tous ses attributs et ses caractéristiques,
quand on l'invoque ?
R
- Tout Maître authentique a quatre personnalités
: physique, astrale, mentale et causale.
Q
- Cela veut-il dire qu'un Maître va se manifester
différemment selon le plan où l'on se trouve
?
R
- Bien sûr ! Il y a la manifestation dans le monde
physique avec la personnalité physique ; autre est
la manifestation dans le monde astral avec la personnalité
astrale ; autre encore est la manifestation dans le monde
mental avec la personnalité mentale ; et autre encore
la manifestation causale. Entre parenthèses, l'Homme
causal est l'Homme véritable.
Si
nous réussissons à nous affranchir de la fausse
personnalité, nous nous établirons par le
fait même dans le troisième état de
conscience, qui est celui du rappel de soi ; nous avons
tous droit à ce troisième état de conscience.
Observez les nouveau-nés : ils vivent dans le troisième
état de conscience, en rappel d'eux-mêmes,
ici et maintenant. Malheureusement, à cause de la
fausse éducation que nous avons reçue, à
cause des mauvais exemples de notre entourage, nous sommes
tombés du troisième état de conscience
au deuxième. C'est comme tomber du ciel en enfer.
Nous naissons dans le troisième état de conscience,
mais nous tombons rapidement dans le deuxième, dans
cet état qui a reçu l'appellation inadéquate
"d'état de veille". Cette chute, je le
répète, équivaut à tomber du
ciel en enfer ; c'est dans cet enfer du second état
de conscience que les Moi naissent, que les agrégats
psychiques se manifestent, que tous les éléments
inhumains et pervers qui vivent en nous affleurent, surgissent,
se fortifient. Le deuxième état - où
se trouve l'humanité tout entière - est un
véritable enfer.
Q
- Maître Samaël, vous nous avez déjà
dit que Krishnamurti n'a pas du tout d'Ego. Comment est-ce
possible si, comme vous l'avez expliqué dans vos
livres, le Maître doit encore, au terme de la "Seconde
Montagne" - c'est-à-dire avant d'atteindre la
Résurrection -, travailler dans les enfers des différentes
planètes afin d'y désintégrer les germes
des égos ?
R
- Oui, Krishnamurti est une très vieille Ame, et
réellement, malgré qu'il n'ait pas du tout
d'Ego, il n'a pas obtenu la Résurrection. Sans aucun
doute devra-t-il descendre à la Neuvième Sphère
pour y travailler ; il a quelque chose à éliminer,
qu'il ignore. Mais effectivement, il est dépourvu
d'égos, il n'a pas l'Ego, selon ce qu'il est humainement
possible de comprendre. Car au-delà il y a encore
certains éléments - qui échappent pour
ainsi dire à la compréhension de tout un chacun
- et qu'il faut aussi désintégrer.
Q
- Puisque Satan est la réflexion de Dieu en nous,
n'est-il pas incongru de dire que l'Ego est satanique ?
R
- Rappelez-vous qu'il y a deux sortes de ténèbres.
La première, nous la dénommerons l'obscurité
du silence et de l'auguste secret des Sages ; la seconde,
nous la qualifierons d'obscurité de l'ignorance et
de l'erreur. La première, évidemment, est
la supra-obscurité, et la seconde l'infra-obscurité.
Cela veut dire que les ténèbres se bipolarisent
et que l'aspect négatif n'est que le dédoublement
du positif.
Par
simple déduction logique, je vous invite à
comprendre que Prométhée-Lucifer enchaîné
au dur rocher, se sacrifiant pour nous, soumis aux pires
tortures bien qu'il soit le fléau de la balance,
le dispensateur de la lumière, le gardien des sept
Demeures, qui ne laisse passer que ceux qui ont été
oints par la Sagesse, qui porte dans la main droite la lampe
d'Hermès, que Prométhée-Lucifer, donc,
se dédouble inévitablement en l'aspect fatal
de la multiplicité égoïque, en ces sinistres
agrégats psychiques qui composent notre Moi et qui
ont été très bien étudiés
par l'Esotérisme tantrico-bouddhique.
Q
- Maître, on parle dans les Evangiles des enfants
de Dieu et des enfants du diable. Pourriez-vous caractériser
les uns et les autres, nous dire ce qui les distingue ?
R
- Jésus a dit, s'adressant de façon claire
aux Pharisiens, aux Sadducéens et aux foules qui
l'écoutaient : "Vous êtes des enfants
du diable, parce que si Dieu était votre père,
vous feriez les oeuvres de Dieu ; mais vous, vous n'êtes
pas les enfants de Dieu mais de votre père le diable".
Il
n'y a pas de doute que lorsque les gens ressentent de la
luxure, ils forniquent et procréent. Ils ne peuvent
donc pas dire que leurs enfants sont nés de l'Esprit-Saint,
de la Divinité. Ne descendons-nous pas du péché
originel ? Ne dit-on pas qu'Adam et Eve ont forniqué,
ne dit-on pas qu'ils ont ainsi désobéi à
l'Eternel ? Alors nous, qui sommes les enfants d'Adam et
Eve, serions-nous des enfants de Dieu ? Il est indéniable
que nous sommes enfants du péché originel,
c'est-à-dire, donc, du diable. A moins que vous croyiez
que Dieu soit capable de commettre le péché
originel... Or, si Dieu n'est pas capable de commettre le
péché originel, qui l'a commis ? De toute
évidence, celui qui l'a commis c'est le diable !
Ce qui s'est passé là-bas, aux temps édéniques,
paradisiaques, entre Adam et Eve, se répète
à chaque instant. Les gens s'unissent par lascivité
et reproduisent leur espèce ; des enfants naissent
qui relèvent du diable, parce que Dieu n'est pas
luxurieux ni lascif, il n'a pas de lascivité. Pourquoi
donc imputer à Dieu, mettre sur le compte de Dieu
les enfants du démon ? Nous sommes tous des enfants
du diable. Celui qui veut devenir fils de Dieu doit le gagner
: il faut éliminer le Moi, le réduire en poussière,
il faut fabriquer les Corps solaires dans la Forge des Cyclopes
et il faut se sacrifier pour l'humanité. Ainsi seulement,
mes chers frères, pourrez-vous vous convertir en
fils de Dieu. Il n'y a pas d'autre façon.
Il
est certain que tous les êtres humains, sans exception,
sont des fils du diable, comme nous l'a dit Notre Seigneur
Jésus, le Christ. Jésus ne ment pas, il dit
la vérité. Ainsi devons-nous faire nous-mêmes
: marcher avec fermeté et dire la vérité,
dire ce qui est et rien d'autre que ce qui est, coûte
que coûte.
Q
- Mais pour nous qui pratiquons le Maïthuna, comment
pouvons-nous avoir des enfants qui ne soient pas du diable
?
R
- Comme vous êtes anxieux d'avoir des enfants qui
ne soient pas du diable ! Vous êtes toujours des diables
et vous voulez avoir des enfants qui ne soient pas du diable...
Pensez-vous qu'il soit possible, tout en étant des
diables, d'avoir des enfants qui ne soient pas du diable
? Le mieux à faire, si tu veux avoir des enfants
de Dieu, c'est de cesser d'être un diable, parce que
le diable ne peut pas avoir des enfants de Dieu. Le diable
est le diable, et ce qu'il engendre, ce sont des petits
diables, que cela nous plaise ou non.
Q
- Maître, la Clavicule de Salomon sert-elle exclusivement
à évoquer des entités ténébreuses
ou peut-on aussi l'utiliser pour invoquer les Etres divins
?
R
- On peut, à l'aide de la Clavicule de Salomon, invoquer
les Anges, les Dieux saints. Au Moyen Age on utilisait les
Clavicules pour évoquer les entités de l'Abîme.
Mais il faut énormément de courage pour effectuer
ce type d'évocations. Elles sont très dangereuses,
et si un individu n'a pas encore la stature d'un Adepte,
d'un Mage, il pourrait lui arriver ce qui est arrivé
à un ami : trois jours après il mourait...
Il n'est pas superflu en ce moment de rappeler ce qui s'est
passé au Costa Rica : le cas de cette prostituée
qui vivait constamment en état d'ébriété,
de taverne en taverne. Et bien que ses propos soient plutôt
grossiers, je les répéterai pour le bien de
la grande Cause. Elle disait : "Je couche tous les
jours avec quinze, vingt hommes, et si le diable en personne
m'apparaissait, je coucherais avec lui aussi". On raconte
- tout le monde connaît cette histoire dans un village
du Costa Rica - qu'un beau jour quelqu'un qui avait l'air
d'un marin vint voir cette femme ; il coucha donc avec elle.
Après qu'ils eurent accompli l'acte sexuel, la femme
alla s'asseoir sur le seuil de son horrible logis. Assise
là, elle regardait les gens passer... Soudain, elle
entendit une voix qui l'appelait. C'était le marin.
Il lui dit : "Tu ne me connais pas. Tu crois que tu
me connais parce que tu as dormi avec moi, mais tu te trompes,
tu ne me connais pas. Retourne-toi et regarde à l'intérieur
pour me connaître sous mon vrai visage". Elle
se retourna et regarda. Que vit-elle ? Un véritable
diable, terrible, Lucifer comme le dépeint la mythologie,
dans toute son horreur cavernaire. La femme tomba sans connaissance.
Elle mourut à l'hôpital quelques jours plus
tard, non sans avoir pu évidemment raconter son histoire
avant de mourir. Les gens qui lui ont porté secours
affirmaient qu'il se dégageait de sa demeure une
odeur de soufre.
Bon,
que s'est-t-il passé exactement ? Eh bien, son propre
Lucifer, qui était horrible, est intervenu pour son
bien à elle. Il fut certainement envoyé par
l'Ancien des Jours, par son propre Père, qui est
en secret, et il se matérialisa physiquement. La
leçon fut terrible pour cette femme : elle ne put
résister, elle se désincarna. Nous pouvons
être sûrs que lorsque cette femme reviendra,
qu'elle prendra un nouveau corps, elle ne retombera jamais
plus dans la prostitution. Il est même possible qu'elle
emprunte le sentier de la chasteté, car la leçon
qu'elle a reçue fut très amère ; c'est-à-dire
que son Père qui est en secret a décidé
de lui faire une opération chirurgicale. Oui, la
grâce a utilisé comme canal cette partie de
l'Etre qu'on appelle Lucifer, et il se peut même que
cette femme en vienne plus tard à prendre le Chemin.
Q
- Que devons-nous faire pour "blanchir" notre
Lucifer ?
R
- Détruire l'Ego, le réduire en poussière
cosmique. Il faut le vêtir de blanc. Plus encore :
il faut le revêtir de la pourpre des rois. Nous devons
ressentir de la pitié pour notre pauvre Lucifer.
C'est
lui qui nous donne l'impulsion sexuelle. Il faut que vous
sachiez profiter de cette impulsion en clouant la lance
dans votre flanc. Rappelez-vous que Lucifer est l'échelle
pour descendre et qu'il est aussi l'échelle pour
monter. Lisez La Divine Comédie de Dante, vous y
trouverez une évocation détaillée de
Lucifer dans la neuvième Sphère des infra-mondes.
Q
- Maître, pourriez-vous nous parler du Feu luciférien
?
R
- Cette question du Feu est réellement extraordinaire.
Dans quelques-uns de mes livres, j'ai parlé sur le
Feu luciférien, dans sa forme négative. Il
nous reste maintenant à traiter du Feu créateur
dans sa forme positive. C'est comme cela que nous devons
donner l'enseignement : de manière didactique et
dialectique, de façon pédagogique, progressive.
Nous
avons donc parlé du Feu luciférien dans son
aspect purement sinistre, fatal ; cependant, dans mon prochain
"Message de Noël" 1970-71, qui s'intitulera
Le Parsifal dévoilé, je traiterai du Feu luciférien
dans sa forme transcendantale, positive.
La
nature divine du Feu luciférien ne fait aucun doute,
on lui attribue volontiers une essence archangélique.
Du point de vue transcendantal, nous dirons qu'il s'est
détaché du nimbe du Soleil et s'est fixé
sur la Terre par la force de la gravité et le poids
de l'atmosphère. Il est l'Azoth et la Magnésie
des vieux alchimistes ; il est le Dragon volant de Médée,
l'INRI des chrétiens, le Tarot des bohémiens...
C'est un Feu extraordinaire, sans lequel il serait impossible
- tout à fait impossible - de réaliser le
travail dans la Forge des Cyclopes. La connexion du Lingam-Yoni
ne pourrait s'effectuer sans le phosphore luciférien.
Donc, partant de ce principe, il est clair que le travail
dans la Neuvième Sphère serait irréalisable
sans l'agent luciférien. Celui-ci n'est en soi ni
bon ni mauvais ; tout dépend de l'usage qu'on en
fait : si on l'emploie pour le bien, il est bon, et si on
l'emploie pour le mal, il est mauvais. C'est comme l'électricité
; elle peut servir à éclairer les maisons,
à alimenter les industries, etc., mais aux U.S.A.
on l'utilise aussi pour la chaise électrique, pour
tuer... L'électricité a donc un double usage,
elle est bonne ou elle est mauvaise, dépendant de
l'usage que les gens en font. Ainsi en est-il du Feu luciférien.
Lucifer est le Prométhée des anciens Grecs,
il est l'Ombre du Logos solaire, le Seigneur des sept Demeures,
le gardien du Temple, qui ne laisse passer que ceux qui
ont été oints par la Sagesse, ceux qui connaissent
le Secret d'Hermès, ceux qui portent dans la main
droite la lampe gnostique. Eux seuls ont le droit de pénétrer
dans le Sanctuaire.
Lucifer
est donc le fondement de l'auto-réalisation intime
de l'Etre ; sans le Feu, l'auto-réalisation est impossible
; sans le Feu, il n'est pas possible de travailler dans
l'Alchimie. Qui pourrait transmuter le plomb en or sans
l'agent luciférien ? Le creuset pourrait-il faire
l'oeuvre par lui-même ? En dessous du creuset il doit
y avoir le Feu ardent ; sans le Feu l'auto-réalisation
est impossible.
A
l'aube du Mahamanvantara, le Logos solaire, voulant nous
aider, a émané de lui-même, de sa propre
réflexion, un Archange puissant qui est devenu le
seigneur des sept Demeures. Je parle évidemment en
langage allégorique : il ne s'agit pas d'un individu
en particulier, mais du Feu, du Feu luciférien. C'est
avec ce Feu, véritablement, que nous pouvons transmuter
le plomb en or, que nous pourrons nous convertir en quelque
chose de différent, en dieux terriblement divins.
Prométhée-Lucifer
est le Maha-Asoura des Hindous ; c'est lui qui est descendu
du Soleil pour se crucifier en notre monde. Les horribles
vautours de la ratiocination (ratiociner = user de la raison,
NdT) lui dévorent les entrailles et les flammes des
passions humaines le brûlent épouvantablement.
Voulant se manifester sur chaque monde, sur chaque planète,
le Logos a émané de lui-même son ombre,
son ministre, son Feu luciférien. De ce point de
vue, je puis vous dire que le trône de Lucifer est
l'échelle du Seigneur et que l'aspect supérieur
de Lucifer est le visage du Logos solaire. Demonius est
Deus inversus, c'est-à-dire "le démon
est Dieu inversé", comme disent les anciens.
Je
crois qu'avec cela tu comprendras ce qu'est le Feu luciférien,
mon estimable frère : Prométhée enchaîné
au dur rocher du Sexe, Prométhée souffrant
pour l'humanité. A l'intérieur de ce grand
incendie auquel nous pourrions comparer Lucifer, il y a
des anges et il y a des diables, des colonnes de dieux et
de démons. Rappelons-nous les Agnishvattas, les Seigneurs
de la flamme, qui vivent dans le côté positif
de la force luciférienne divine. Dans l'autre face
de cette force nous trouvons les ténébreux
lucifériens - les déchus de l'antique Terre-Lune
-, le hanasmussen Lucifer, lugubre et horrible. Ainsi donc,
dans le Feu il y a tout : des anges et des diables. C'est
la nature même du Feu.
Q
- Maître, s'il faut blanchir notre Lucifer, le faire
resplendir, ne peut-il lui-même collaborer afin qu'on
puisse le convertir en ce Lucifer exalté ?
R
- Il collabore au moyen de la tentation, comment pourrait-il
collaborer autrement ? La tentation est feu, mais le triomphe
sur la tentation est lumière. Si l'on vainc la tentation,
on vainc Lucifer. En le vainquant, on monte sur le corps
même de Lucifer, on s'élève sur son
dos. Rappelez-vous que dans La Divine Comédie Dante
et Virgile descendent au fond du puits par les flancs du
Seigneur Lucifer et en remontent par ses flancs. Lucifer
est une échelle pour descendre, Lucifer est une échelle
pour monter. Si nous triomphons de la tentation, nous nous
élèverons sur le dos même de Lucifer.
Celui-ci nous soumet à la tentation afin que nous
puissions nous élever. Pensez au Christ déguisé
en Lucifer : qu'il est grandiose, Christus-Lucifer, qui
nous offre une échelle pour que nous montions !
Q
- Maître Samaël, on dit que lors de la séparation
des sexes ce ne sont pas tous les Maîtres qui tombèrent
et que ceux qui n'étaient pas tombés purent
continuer leur chemin. Je voudrais savoir si tout Maître
doit tomber un jour ou l'autre, dans un Mahamanvantara ou
un autre ; est-ce que la chute est inévitable ?
R
- L'épisode auquel tu fais allusion est celui de
la révolte des Anges. Mais il faut distinguer ce
qu'est une chute de ce qu'est une descente. Nombreux sont
ceux qui confondent descente et chute : comme dans le premier
cas l'Initié descend au neuvième Cercle dantesque
pour y travailler avec le Feu et l'Eau, origine des mondes,
origine des bêtes, hommes et dieux, cela prête
à confusion, on peut interpréter cette descente
aux enfers de façon erronée. Il ne faut donc
jamais confondre une chute avec une descente.
Dans
toute genèse, dans toute naissance d'un univers,
il y a toujours des chutes et des descentes. Les Elohim
doivent descendre et il arrive parfois qu'ils tombent, mais
en tout cas il faut qu'ils descendent, pour pouvoir ensuite
remonter, s'élever victorieusement. C'est-à-dire
que toute ascension est précédée d'une
descente ; toute exaltation est précédée
d'une épouvantable et terrible humiliation. Sinon
où serait le mérite ?
Q
- Vous avez déjà parlé de la distinction
qu'il convient de faire entre AElohim et Elohim. Pourriez-vous
le réexpliquer ?
R
- AElohim est l'Eternel Père cosmique commun, l'infinitude
qui soutient tout, l'Omnimiséricordieux, l'Absolu
ineffable. Elohim est la seconde unité, l'Un manifesté,
l'ost des dieux créateurs, l'armée des androgynes
divins qui ont créé l'Univers, c'est-à-dire
l'Armée de la Parole, l'Armée de la Voix,
le Verbe. L'Elohim qui s'immerge dans le sein de l'Eternel
Père cosmique commun, au sein de l'Absolu, est appelé
dès lors un Paramartasatya. Un Paramartasatya est
quelque chose d'ineffable, d'impossible à comprendre
de prime abord. Un Paramartasatya est au-delà du
bien et du mal, au-delà de la personnalité,
de l'individualité et du Moi. Le Paramartasatya est
transparent comme le cristal, terriblement divin. Très
rares sont ceux qui réussissent à se convertir
en Paramartasatyas.
Q
- Maître, quand ils commencent sur le Sentier, plusieurs
gnostiques ressentent de grandes déceptions, car
lorsqu'ils travaillent dans la Neuvième Sphère,
par exemple, et qu'ils luttent pour annihiler leurs agrégats
psychiques, leurs Egos, ils ne voient pas de résultats
positifs immédiats. Si ces résultats ne sont
pas immédiatement visibles, est-ce parce que les
néophytes ne sont pas assez conscients pour les remarquer
à mesure qu'ils se produisent ?
R
- Ce que tu dis est très vrai : oui, c'est exact,
les néophytes veulent des résultats tout de
suite, et les choses ne sont pas comme les veut le mental,
mais comme elles sont. On ne peut pas avoir de résultats
immédiatement, il faut travailler pour cela. Mais
les résultats surviendraient qu'on ne pourrait les
percevoir, tant qu'on n'a pas éveillé la conscience.
Ce n'est effectivement qu'en éveillant notre conscience
que nous pouvons peu à peu nous rendre compte des
résultats. C'est là un labeur de toute une
vie, cela ne s'obtient pas du jour au lendemain. Il y a
des périodes de terrible solitude, les plus grands
Initiés ont parlé de cette solitude : nous
connaissons ainsi la nuit spirituelle d'un Beethoven, la
nuit spirituelle d'un Mozart, la nuit spirituelle d'un Jésus
de Nazareth, la nuit spirituelle d'un Hermès Trismégiste...
Il s'agit de périodes où l'on se voit dans
la plus affreuse solitude, coupé de toute spiritualité.
On ne nous reçoit pas en haut parce qu'on ne le mérite
pas ; et on ne veut plus de nous en bas non plus, parce
qu'on est devenu un ennemi du Moi psychologique. Bref, nous
traînons comme des malheureux dans la lie de la Terre.
La majorité échoue en ces époques de
la nuit spirituelle. Les quelques qui réussissent
à résister peuvent passer à travers
et triompher. Mais rares, je le répète, sont
ceux qui réussissent à surmonter cette très
dure épreuve.
Q
- Pourriez-vous nous dire quelles sont les caractéristiques,
les manifestations de cette "nuit spirituelle",
afin que nous ne la confondions pas avec autre chose au
moment où nous y serons confrontés ?
R
- Ses manifestations pratiques et concrètes sont
les suivantes : manque d'illumination intérieure,
ennui, échec sexuel, désespoir accru, haut
degré de matérialité... Pas un seul
rayon de lumière, ni la moindre note d'espoir : le
monde sensoriel, rien d'autre, jusqu'à satiété...
Voilà donc les principaux "symptômes"
de la nuit spirituelle.
Q
- Combien de temps dure cette nuit spirituelle et est-ce
qu'hommes et femmes la vivent de la même façon
?
R
- La nuit spirituelle est semblable pour tous, hommes et
femmes. Elle peut durer des mois comme elle peut durer plusieurs
années : le temps varie... La plupart fuient, s'adonnent
à la boisson, cherchent des refuges, des échappatoires.
Rares sont ceux, je le répète encore, qui
ont suffisamment de force et de ténacité pour
aller jusqu'au bout. Ceux qui persévèrent
malgré tout seront sauvés, ils parviendront
à l'illumination ; ceux qui persévèrent
avanceront sur le sentier de l'Initiation.
Q
- Quels conseils donneriez-vous aux personnes qui traversent
cette épreuve, pour qu'elles puissent en sortir le
plus tôt possible ?
R
- Au milieu de la solitude et du silence, au milieu de la
douleur et de la viduité, devant le sentiment d'ennui
mortel, de vacuité, il n'y a qu'un seul recours :
la voie de la méditation. Quand le mental est tranquille,
quand le mental est en silence, survient alors quelque chose
de nouveau. Il faut épuiser le processus de la pensée,
pendant la méditation. C'est quand ce processus est
épuisé que survient le nouveau, quelque chose
de neuf. Si nous réussissons à réaliser
en nous - dans notre mental - l'irruption du Vide illuminateur,
nous recevrons l'illumination et cela nous réconfortera
énormément. Aux temps de "rigoureuse
tentation", comme disait le Père Diego de Molina
dans son Guide spirituel, il faut nous adonner à
l'introspection, nous plonger en profonde méditation.
Ceux qui veulent sortir victorieux de la nuit spirituelle
doivent donc s'en remettre à la méditation
profonde.
Q
- Maître, vous êtes en train de nous dire que
la méditation consiste, à toutes fins pratiques,
à "mettre le mental en blanc". Mais n'y
a-t-il pas un autre type de méditation qui est au
contraire très dynamique et qui consiste à
se concentrer sur un thème, sur une pensée,
ce qui implique une dynamique mentale ? Y aurait-il donc
deux types de méditation ?
R
- Il y a plusieurs formes de méditation, mais si
ce que nous voulons c'est appréhender le Réel,
si ce que nous voulons c'est expérimenter la Vérité,
si nous voulons sentir dans notre psychisme cet élément
qui transforme radicalement, nous avons besoin de la quiétude
et du silence du mental. Il ne s'agit pas de "mettre
le mental en blanc", parce que c'est en soi une chose
absurde. Ce qu'il faut, c'est parvenir à la quiétude
et au silence du mental, ce qui est différent. "Mettre
le mental en blanc" s'avère au fond - pardonnez-moi
le mot - quelque peu stupide. Il faut plus que cela, il
faut atteindre la quiétude et le silence du mental
: lorsque le processus de la pensée est épuisé,
le mental devient naturellement tranquille et silencieux,
et alors vient ce qui est nouveau.
Il
ne s'agit donc pas de se battre contre les pensées
qui surgissent, pour que le mental devienne tranquille.
Non, il s'agit plutôt de contempler ces pensées
et de les comprendre ; de contempler intelligemment ces
désirs qui nous assaillent, de contempler et de comprendre
tous les souvenirs qui se présentent au mental. Quand
nous comprenons tout ce qui se présente à
notre entendement, nous ne pouvons plus dire alors une seule
parole. Supposons que vienne à l'esprit le souvenir
d'une scène de colère à la maison.
Que devons-nous faire ? Essayer de la comprendre. Quand
nous l'aurons comprise, elle disparaîtra d'elle-même,
nous l'oublierons. Puis surgit un autre souvenir : une conversation
avec notre père ou notre mère ou avec le voisin.
Que faire ? La repousser, la chasser ? Absurde ! Alors quoi
? Méditer et comprendre. Une fois cette scène
comprise, nous l'oublierons. Survient encore le souvenir
d'une partie de football. Qu'allons-nous faire ? La rejeter
? Cela ne servirait à rien. La seule chose à
faire c'est de comprendre la futilité de ce souvenir,
l'inutilité de cela dans le cadre de la méditation.
Une fois que nous aurons compris cela, le souvenir s'évanouira
de lui-même, nous l'oublierons.
Ainsi
donc, tout ce défilé des pensées, désirs,
sentiments, souvenirs, préoccupations, a un commencement
et une fin. Lorsque ce ruban de souvenirs, pensées,
désirs et émotions a cessé de se dérouler,
le mental devient tranquille et silencieux ; c'est alors
que survient du nouveau. Et si cela ne survient pas ? Si,
malgré que nous croyions être dans un état
de quiétude et de silence, rien n'arrive, à
quoi devons-nous en imputer la cause ? Tout simplement au
fait que nous n'avons pas atteint la quiétude absolue
dans tous les niveaux du mental. Il ne nous reste plus alors
d'autre remède que de descendre jusqu'aux niveaux
les plus profonds. Je veux dire qu'une fois que nous avons
atteint la quiétude au niveau purement intellectuel,
nous devons passer au second niveau, et là réprimander
sévèrement le mental, l'interroger, lui demander
pourquoi il se comporte ainsi, pourquoi il ne veut pas rester
en silence. Le mental répondra par des pensées
absurdes, par des sophismes. Nous devrons tenter de lui
faire comprendre sa futilité ou sa vanité,
et quand nous aurons atteint la quiétude mentale
à ce niveau, nous passerons à un troisième
niveau, afin de faire comprendre au mental, à ce
troisième niveau, la nécessité de demeurer
tranquille. Et ainsi de suite, de niveau en niveau, jusqu'au
quarante-neuvième. Si nous réussissons, si
nous parvenons à faire obéir chacun des quarante-neuf
niveaux, le mental alors restera tranquille et en silence.
A ce moment-là l'Essence se "désembouteille"
de l'intellect pour expérimenter "Cela"
qui transforme radicalement : ce qui est neuf, ce qui est
réel. C'est de cette façon que nous sortons
peu à peu victorieusement de la nuit spirituelle.
Encore
une fois, il n'est pas question de "mettre le mental
en blanc", car c'est une entreprise vaine et absurde
qui ne donne aucun résultat concret, mais plutôt
d'obtenir la quiétude et le silence du mental, chose
bien différente. Et si, malgré tous nos efforts,
le mental ne veut pas rester tranquille et silencieux, nous
devons le récriminer, le gronder, lui faire voir
son erreur, le châtier même, et il ne lui restera
plus en fin de compte d'autre issue que de se soumettre,
de garder la quiétude et le silence. Nous entrerons
alors en extase, en Samadhi ; l'Essence se libérera
de l'intellect pour expérimenter le Réel.
C'est ainsi, en vérité, que nous réussirons
à sortir de la nuit spirituelle.
Q
- Maître, au sujet de la parole de Jésus-Christ
: "il est plus facile à un chameau de passer
par le trou de l'aiguille qu'à un riche d'entrer
dans le Royaume des Cieux", pourriez-vous nous dire
en quoi la richesse matérielle s'oppose à
la révolution spirituelle ?
R
- Indubitablement, Jésus de Nazareth ne fait pas
allusion dans cette phrase aux biens matériels seulement,
mais à l'aspect intellectuel. Beaucoup de gens ont
l'intellect "riche" et ils n'éprouvent
jamais la moindre attirance, le moindre intérêt
pour les questions spirituelles. C'est dans ce sens qu'il
est plus facile à un chameau de passer par le trou
d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume
des Cieux.
D'autres
ont une mentalité toute simple, non artificielle
; ces gens-là entrent beaucoup plus facilement sur
le Chemin. Ainsi donc, les paroles du Maître Jésus
ne se réferent pas exclusivement aux biens terrestres,
mais à la question intellectuelle.
Il
est par contre bien certain et très vrai qu'il y
a des avares, des individus qui ont accumulé des
richesses et qui n'entreront jamais sur le Chemin parce
qu'ils sont trop attachés à leurs biens. La
parole évangélique s'applique aussi à
eux. Toutefois, on peut avoir des richesses, on peut avoir
de l'argent sans que cela nous empêche d'entrer dans
le Royaume des Cieux. Prenez par exemple le comte de Saint-Germain,
qui possédait des richesses incalculables ; ou Cagliostro,
qui pouvait transformer le plomb en or et fabriquer des
diamants de la meilleure qualité. L'un comme l'autre
disposaient de tous les biens de la Terre ; ils étaient
néanmoins dotés d'une formidable spiritualité,
car ils étaient des Maîtres ressuscités.
Ainsi donc, la question n'est pas d'avoir ou de ne pas avoir
de biens matériels, mais de savoir les administrer,
de ne pas s'y attacher. Le comte de Saint-Germain l'a enseigné
par son exemple : il apparaissait soudainement comme un
homme immensément riche, multimillionnaire, comme
lorsqu'il se présenta au roi Louis XV ; mais peu
de temps après on l'apercevait dans une mansarde,
vivant parmi les pauvres, et ce n'est pas parce qu'il n'avait
pas d'argent, parce qu'il n'avait pas de richesses. Le gouvernement
français de l'époque le fit appeler pour lui
offrir un emploi : il refusa. "Je n'ai pas besoin d'emploi,
dit-il, je vous remercie beaucoup. Je suis un prince et
je dispose d'une immense fortune..." Ce qui déconcerta
évidemment tout le monde. Lorsqu'il se désincarna,
ou plutôt lorsqu'il se fit passer pour mort - car
il ne s'est pas désincarné -, on prétendit
que son plus proche disciple le vit dans un taudis fabriquant
des encres qui servaient à peindre les cierges, malade,
affligé de la goutte et je ne sais quoi d'autre.
Puis on dit qu'il mourut. On le transporta au cimetière.
Un peu plus tard, lorsqu'on rouvrit la tombe, elle était
vide : les restes de Saint-Germain ne s'y trouvaient pas.
Il réapparut d'ailleurs à Paris des années
après, tout à fait vivant et étonnant
tout le monde. Ainsi donc, ces Maîtres se font passer
pour morts quand ils le veulent et ils se servent de tous
les biens de la Terre sans s'attacher à rien.
En
vérité, le grand Kabire Jésus ne se
réfere donc pas uniquement aux biens terrestres,
mais aussi aux "biens" de l'intellect. Beaucoup
de gens ont un intellect puissant, mais la spiritualité
ne les intéresse pas, l'ésotérisme
ne les intéresse pas, leur mental est trop compliqué.
Il y en a d'autres qui ont des biens terrestres et ils sont
si attachés à leurs biens que la spiritualité
ne les intéresse pas non plus, parce qu'ils aiment
leurs biens plus que toute autre chose. Mais les biens matériels
ne sont pas les seuls biens qui peuvent nous empêcher
d'accéder à la Gnose : nous devons élargir
le concept pour y inclure aussi les valeurs intellectuelles.
Q
- Maître Samaël, vous avez sûrement constaté
que plusieurs étudiants prétendent oeuvrer
dans la révolution spirituelle mais ne veulent rien
savoir des groupes. Cela ne semble pas les intéresser
de venir aux Lumisiaux gnostiques, ni de participer aux
chaînes ou autres travaux ésotériques
de la Deuxième Chambre avec les frères. Ils
veulent plutôt accomplir leur révolution intérieure
de façon individuelle. Que pensez-vous de cette attitude
? Est-ce convenable ?
R
- L'auto-réalisation est une chose très personnelle,
individuelle, propre à chacun. Nous devons cependant
tenir compte des trois facteurs indispensables à
la Révolution de la Conscience. Naître : ce
n'est possible qu'en travaillant dans la Forge des Cyclopes.
Mourir : il s'agit du travail de dissolution du Moi psychologique.
Mais il ne faut pas négliger le troisième
facteur : le sacrifice pour l'humanité. Nous sacrifier
pour l'humanité, c'est de l'amour. Nous devons, d'une
façon ou d'une autre, lutter pour nos semblables.
Dans les sanctuaires gnostiques, par exemple, dans les Lumisiaux,
il y a des occasions de sacrifice. Ainsi, par le fait de
participer à une chaîne de guérison,
pour concourir à guérir des personnes à
distance, nous rendons un service désintéressé,
non personnel. En faisant partie d'un sanctuaire, nous aidons
les autres avec nos énergies ; parce que dans chaque
sanctuaire se forme un centre magnétique spécial.
Ce centre est évidemment une chose vitale pour la
conscience, parce que dans ce centre on peut pratiquer la
méditation, dans ce centre on peut stimuler l'Essence.
C'est pourquoi ces centres sont si importants et déterminants
pour la nouvelle ère du Verseau. Il est donc toujours
opportun de faire partie d'un Lumisial, pas tant pour nous-mêmes
que pour les autres.
Q
- Maître, je vais vous exposer mon cas particulier
: mes parents m'ont tout donné depuis que je suis
au monde, gîte, vêtements, nourriture, ils m'ont
payé mes études, etc., et me voici maintenant
avec la Gnose. Je n'ai pas encore pu leur rendre ce que
je leur dois, les payer pour leur peine, pour tout ce qu'ils
ont fait pour moi. A présent je ne sais plus quoi
faire : retourner chez eux ou continuer à transmettre
la Gnose. Que dois-je faire ?
R
- Le grand Kabire Jésus a donné une réponse
très claire à cette question. Demandant à
quelqu'un de le suivre, celui-ci lui dit : "Maître,
permets-moi d'aller d'abord enterrer mon père, qui
vient de mourir". Jésus lui répondit
: "Laisse les morts enterrer leurs morts. Pour toi,
suis-moi et va publier le Royaume de Dieu". De sorte
qu'il ne reste pas d'autre issue que de suivre le Christ
Intime, n'est-ce pas ? C'est la vérité ! Et
lorsque la femme de Loth s'est retournée pour regarder
en arrière, au moment où elle s'éloignait
avec son mari des villes de Sodome et de Gomorrhe frappées
par le feu du ciel, on dit qu'elle fut transformée
en statue de sel. Et le grand Kabire nous avertit sur la
fin des temps en ces termes : "Que celui qui sera aux
champs ne retourne pas à la ville et que celui qui
est sur la terrasse et aura ses affaires dans la maison
n'en descende pas pour les prendre, qu'il ne se retourne
pas...". En un mot, Jésus nous avertit de la
nécessité de marcher en direction de ce vers
quoi nous devons marcher. Cela pourra paraître un
peu cruel, mais c'est là, assurément, le chemin
du Surhomme, et il n'y a pas d'autre chemin.
Q
- Je ne suis donc pas en train de commettre une erreur en
ce moment ?
R
- Eh bien ! tu n'es pas en train de commettre une erreur
puisque en ce moment tu suis le sentier du Christ intime.
Et il ne faut pas reculer !
Q
- Maître, les femmes se demandent pourquoi, dans les
questions spirituelles, on semble souvent les reléguer
au second plan. Qu'est-ce qu'une femme peut atteindre si
elle travaille avec les trois facteurs de la Révolution
de la Conscience ?
R
- Je ne vois pas pourquoi on voudrait reléguer les
femmes au second plan. La réalité crue des
faits c'est que la femme a exactement les mêmes droits
que l'homme à la Réalisation, cela va de soi.
Elle peut, tout comme l'homme, fabriquer les Corps existentiels
supérieurs de l'Etre. Elle doit aussi incarner son
Ame humaine, tout comme l'homme. Elle doit parvenir à
épouser son Bouddhi, son Bien-aimé, tout comme
l'homme. Ainsi donc, il n'y a aucune raison pour reléguer
la femme au second plan.
En
outre, c'est un fait avéré que les personnes
qui sont des femmes dans le monde physique sont des hommes
dans l'astral et vice-versa : ceux qui dans notre monde
sont des hommes, sont des femmes dans l'astral, que cela
leur plaise ou non.
Q
- Certains directeurs de centres gnostiques ont l'air de
penser que les groupes qu'ils dirigent leur appartiennent
en propre. Que pensez-vous de cette attitude ?
R
- Dans le Grand-Oeuvre du Père, nous devons tous
oeuvrer de façon désintéressée.
Les idées passent, les personnes passent, les choses
passent ; rien ne nous appartient, nous ne possédons
rien, la seule "chose" réelle, immuable,
qui ne passe pas, c'est l'Etre. Par conséquent, nous
croire le propriétaire d'un groupe déterminé,
c'est une marque d'égoïsme et d'ignorance parce
que, je le répète, les personnes passent.
Les gens qui sont aujourd'hui avec nous, demain ne seront
plus avec nous. Il est donc absurde de prétendre
nous approprier les personnes. Dans le Mouvement gnostique,
nous devons tous travailler de manière désintéressée,
pour le bien commun. Nous faisons tous partie d'une grande
armée qui s'appelle l'Armée du salut mondial.
Q
- Maître, pourquoi avez-vous dit qu'il y a des Ames
qui vivent dans le monde des Causes sans avoir créé
de Corps causal ?
R
- Il s'agit d'Ames qui n'ont pas encore accompli le Grand-Oeuvre
et qui néanmoins vivent dans le monde Causal. Comme
ces Ames n'ont pas réalisé le Grand-Oeuvre,
elles n'ont pas créé leurs Corps supérieurs.
A
l'aube, à l'aurore de tout Mahamanvantara apparaissent
les auto-engendreurs, les auto-engendrés et les non-engendrés.
Les premiers sont ceux qui sont capables de s'engendrer
eux-mêmes et qui ont créé leurs Corps
; les auto-engendrés sont ceux qui se sont déjà
engendrés ; et les non-engendrés sont ceux
qui n'ont pas créé leurs Corps. C'est-à-dire
que ceux qui ont les Corps et ceux qui n'en ont pas surgissent
du Grand Invisible à l'aurore de la création,
et ils vivent dans le monde Causal.
Créer
les Corps est indispensable. Si vous ne les avez pas encore
créés, vous pouvez le faire. Pour créer
les Corps, il faut réaliser le Grand-Oeuvre. Dans
le monde Causal nous rencontrons des millions d'Ames qui
n'ont pas encore créé leurs Corps, qui n'ont
pas fait le Grand-Oeuvre. L'Homme Causal les reconnaît
à première vue. Ces Ames obéissent
à l'Homme Causal, mais elles n'ont pas encore accompli
le Grand-Oeuvre. Elles attendent le moment opportun pour
s'incarner et accomplir le Grand-Oeuvre.
Q
- Maître, j'ai entendu parler d'une coutume haïtienne
insolite : les gens pleurent quand un enfant naît
et ils font une fête à la mort de quelqu'un.
C'est une coutume intéressante, n'est-ce pas ?
R
- Oui, en effet ! Il y a là une certaine forme de
compréhension. Réellement, on ne devrait pas
pleurer devant la mort. Le processus de la mort est aussi
naturel que celui de la naissance. Cette coutume que tu
évoques exprime qu'il est même plus douloureux
de naître que de mourir. En naissant, nous venons
dans le monde pour y souffrir ; en mourant, nous quittons
ce cloître d'amertumes. C'est pourquoi ils fêtent
lorsque quelqu'un s'en va. Oui, cela manifeste de leur part
une certaine compréhension.
Q
- Maître, êtes-vous végétarien
?
R
- Je suis arrivé par expérience directe à
la conclusion que ce système d'alimentation est inutile
; c'est pourquoi je ne suis pas végétarien.
Je considère que les protéines animales ne
peuvent être remplacées par les protéines
végétales. Nous pourrions essayer de consommer
des aliments comme l'avocat - dont Yogananda affirme qu'il
peut remplacer la viande -, et nous nous apercevrions qu'en
réalité ces aliments ne peuvent remplacer
la viande. Cela ne veut pas dire que nous devons être
carnivores à cent pour cent, car ce serait absurde.
Nous avons besoin d'une diète diversifiée.
Mais il nous faut au moins 50 % de chair animale (ce pourcentage
sera rectifié plus tard, NdT) parmi nos aliments.
Ainsi nous vivrons bien. Mais si nous suivons le système
végétarien, nous échouerons inévitablement.
Voilà ma réponse.
Q
- Les jeûnes de trente à quarante jours sont-ils
à conseiller, sont-ils bons pour la santé
ou non ?
R
- Des jeûnes de quarante jours ? Seulement pour des
Maîtres comme Jésus de Nazareth. Mais n'importe
quel "fils du voisin" qui s'adonne à un
jeûne comme celui-là, eh bien ! il peut en
mourir, et ce serait dommage d'avoir à chanter avant
le temps un Requiem in pace à l'un de nos pauvres
frères gnostiques. C'est pourquoi ces jeûnes
prolongés ne sont pas recommandables. Cependant on
peut effectuer des jeûnes à certains moments,
mais la durée maximum serait de neuf jours, à
condition d'avoir une bonne santé, et préférablement
après un examen médical. En fait, jeûner
c'est un luxe que bien peu de gens peuvent s'offrir...
Q
- Si ceux qui pratiquent le végétarisme absorbent
les protéines animales que contiennent le lait et
ses dérivés, les oeufs, etc. - ce qui est
un modèle préconisé par certains auteurs
qui excluent d'autre part la viande parce que trop protéinée
- comment pourraient-ils se sentir faibles ?
R
- Tout ce que disent sur la question les auteurs qui s'y
intéressent ou ce qu'affirment en général
les diverses écoles qui défendent d'une manière
ou d'une autre le système végétarien,
tend évidemment à justifier ce système.
La
réalité crue des faits est que rien ne peut
remplacer la protéine de la viande, même si
on forge d'innombrables théories affirmant le contraire.
Les protéines de la viande sont le fondement de la
vie cellulaire organique. Par conséquent, éliminer
la viande de notre alimentation afin de satisfaire à
telle ou telle théorie, parce que telle ou telle
hypothèse soutient que telle substance ou telle autre
peut remplacer la protéine de la viande, s'avère
tout à fait absurde.
Lorsque
j'étais végétarien, j'ajoutais foi
à toutes ces théories et j'ai expérimenté
tous ces systèmes, toutes ces méthodes qui
préconisent divers aliments pour remplacer la viande,
et au nom de la vérité je dois vous dire que
ces systèmes n'ont pas marché du tout. En
outre, j'en ai vu mourir plusieurs autour de moi ; j'ai
connu beaucoup de végétariens fanatiques,
or jamais je n'en ai vu un seul en santé, ils étaient
tous malades...
Q
- Est-ce que certaines plantes hallucinogènes, comme
la marihuana, peuvent aider à parvenir plus rapidement
au dédoublement astral ?
R
- Les drogues en général s'avèrent
beaucoup plus préjudiciables qu'utiles. La marihuana
et les autres drogues sont cent pour cent subjectives. Certes,
il est possible, au moyen des pouvoirs des champignons hallucinogènes
ou du L.S.D., par exemple, d'obtenir une espèce de
dédoublement, mais ce dédoublement est de
type subjectif et infrahumain, c'est-à-dire que l'on
va dans les infra-dimensions de la nature et du cosmos ;
il ne conduit pas à l'authentique illumination objective
transcendantale. Les drogues mènent donc à
l'échec.
Q
- Mais n'avez-vous pas déjà parlé du
peyotl comme susceptible de favoriser précisément
le dédoublement astral conscient ?
R
- Avec le peyotl c'est différent. Le peyotl coopère
avec la méditation et il n'engendre aucune espèce
d'habitude. Mais le rite du peyotl est très exigeant.
Il requiert la chasteté ; le peyotl n'aidera jamais,
par exemple, les personnes luxurieuses. Il a ses "règles".
Le
Maître Huiracocha parle aussi du peyotl dans ses oeuvres
; il raconte ainsi comment le Maître Rasmussen, à
l'intérieur du temple de Chapultepec, l'a utilisé
pour provoquer le dédoublement conscient. C'est la
seule plante recommandable, mais elle est pour les Hommes
cosmiques, à condition de ne pas en abuser. Un étudiant
qui voulait y avoir recours une troisième fois, après
avoir reçu diverses instructions, fut rappelé
à l'ordre par les Seigneurs du Karma : on lui défendit
de continuer à en prendre, en d'autres mots d'en
abuser.
Ainsi
donc, le peyotl peut être utile, mais il faut savoir
en user et ne jamais en abuser. Des autres drogues, je n'ai
rien à dire. Le peyotl quant à lui ne peut
être considéré comme une drogue ; c'est
une plante inoffensive qui ne crée pas d'accoutumance
et qui peut coopérer avec la méditation, quand
on sait méditer. Quelqu'un pourrait consommer beaucoup
de peyotl et n'avoir aucun résultat ; un autre pourrait
mâcher un petit morceau, quelques grammes, et obtenir
un résultat extraordinaire. Le tout, c'est de savoir
méditer. Le peyotl coopère avec celui qui
sait méditer, il l'aide, mais comme il ne peut être
obtenu que dans certains régions du Mexique - et
avec difficulté -, nous ne pourrions donc en recommander
l'usage.
Q
- Nous pouvons constater, de jour en jour, un intérêt
sans cesse croissant des gens envers les enseignements de
type ésotérique. Mais ces enseignements sont
donnés le plus souvent par des personnes qui ne savent
pas ce qu'elles disent, qui spéculent à qui
mieux mieux ; il y a beaucoup de spéculations sur
tout, par exemple sur la question des communications interplanétaires,
des extra-terrestres...
R
- Incontestablement, on a beaucoup parlé des "soucoupes
volantes". Depuis la Seconde Guerre mondiale, plus
précisément, les journaux du monde entier
ont largement traité du phénomène des
soucoupes volantes ou OVNIS. Dès le début
des années 50, notamment dans la première
édition de mon livre Le Mariage Parfait, j'ai déclaré
que ces disques volants étaient des vaisseaux cosmiques
manoeuvrés par des habitants d'autres mondes, étant
alors l'une des premières personnes à dire
cela au monde. Les gens évidemment ne l'ont pas cru,
ils se sont moqués de moi et me considéraient
comme fou... Mais depuis lors, il y a eu ici et là,
partout, de nombreux témoignages de personnes qui
sont même entrées en contact direct avec des
gens d'autres mondes.
Je
ne veux pas dire que les récits d'observations de
soucoupes volantes sont cent pour cent authentiques ; il
y a naturellement des faussaires, des gens qui exploitent
par des truquages la crédulité du public en
général, qui par exemple projettent dans les
airs des sphères, des disques éclairés,
et les photographient, etc. Nul doute qu'à côté
de la lumière il y a toujours les ténèbres.
Entre le solennel et le ridicule, il n'y a qu'un pas, bien
souvent. Mais la question des disques volants n'en perd
pas pour autant son intérêt et sa réalité.
Ici même, à Mexico, me trouvant un jour au
sommet de la "Tour Latine" avec un groupe de personnes,
nous avons aperçu un vaisseau cosmique ; nous prenions
tranquillement un café, quand l'une des personnes
présentes attira notre attention sur un point lumineux
dans le ciel. Ce point grossit et nous distinguâmes
bientôt un vaisseau interplanétaire volant
à basse altitude au-dessus de la capitale du Mexique,
s'approchant même passablement de la Tour Latine.
Il resplendissait sous la lumière du soleil, car
nous étions en plein jour. Le vaisseau s'immobilisa
un moment, puis il repartit lentement, enfin il s'éleva
verticalement, pour se perdre dans le ciel.
Nous
avons donc été témoins du phénomène
; si nous avions eu une caméra, nous aurions pu photographier
l'objet. Bien que beaucoup se moquent publiquement des disques
volants, les faits sont là. Il n'y a pas très
longtemps, peu après une émission à
la télé où l'on dénigrait ces
phénomènes, des gamins qui jouaient dans la
rue, en face de chez moi, attirèrent mon attention.
Je sortis pour voir de quoi il s'agissait. J'aperçus
alors un vaisseau cosmique passant juste au-dessus de la
maison, puis il s'éleva rapidement dans l'espace
jusqu'à disparaître dans l'infini. Les voisins,
qui étaient aussi sortis pour observer l'objet, durent
se moquer du scepticisme des savants, car nous venions de
voir de nos propres yeux un vaisseau spatial...
Un
jour, je suis même entré en contact direct
avec l'équipage d'un de ces vaisseaux cosmiques.
Me trouvant dans le "Désert des Lions",
non loin de la ville de Mexico, j'ai d'abord vu le vaisseau
atterrir. Je me dirigeai donc, tout naturellement, vers
l'endroit où je l'avais vu atterrir. Je finis par
le découvrir ; en m'approchant, je constatai qu'il
était posé sur une sorte de grand trépied
; je fus émerveillé par la forme ronde du
véhicule. Une petite porte s'ouvrit et un passager
descendit - que je supposai être le capitaine -, suivi
de tout l'équipage. J'allai résolument vers
le capitaine du vaisseau et lui dis tout de go : "J'aimerais
que vous me conduisiez à la planète Mars ;
ma Monade divine est le régent de cette planète.
Mais je ne m'y suis pas encore rendu personnellement, physiquement".
Le capitaine ne broncha pas. Tout l'équipage s'assit
alors dans l'herbe, à même le sol de la clairière
où s'était posé le véhicule
spatial, au coeur du Désert des Lions. On l'appelle
"désert" parce qu'il y a peu de gens, mais
ce n'est pas un désert en fait, c'est une forêt.
Parmi
les membres de l'équipage figuraient deux femmes.
Je pris de nouveau la parole, m'adressant toujours au capitaine
: "Je suis écrivain, j'ai la mission d'aider
l'humanité... Si je vous sollicite de m'emmener à
d'autres planètes, ce n'est pas pour moi, mais pour
l'humanité, et je voudrais qu'on m'emmène
à la planète Mars..." "Mars ? Mais
c'est juste à côté !" me répondit
enfin le capitaine, comme s'il s'était agi tout simplement
de se rendre à Xochimilco (dans la banlieue sud de
Mexico). C'était pour lui une demande plutôt
incongrue.
Je
repris : "C'est que je suis écrivain, je veux
rapporter de ces autres mondes la culture, la civilisation,
écrire à ce sujet pour aider l'humanité...
Je ne suis pas un "animal intellectuel", je suis
un homme, et je vous fais cette demande non comme le ferait
un animal intellectuel, mais avec le sens de responsabilité
dont un homme peut faire preuve, ce qui est très
différent". Le capitaine garda le silence. L'une
des deux femmes prit finalement la parole, elle dit : "Si
nous mettons une plante qui n'est pas aromatique près
d'une plante qui est aromatique, il va de soi que la plante
qui ne l'est pas s'imprégnera de l'arôme de
celle qui l'est, n'est-ce pas ?" Je répondis
: "Oui, c'est vrai !" Elle poursuivit : "La
même chose se passe avec les mondes de l'espace :
des planètes qui auparavant allaient mal se sont
peu à peu imprégnées de la vibration
des planètes voisines ; c'est ainsi que des humanités
égarées se sont transformées et fonctionnent
aujourd'hui au diapason des humanités voisines, elles
vont actuellement très bien... Mais nous venons de
parcourir la planète Terre et nous voyons qu'il ne
se produit pas le même phénomène ici.
Que se passe-t-il donc sur cette planète ?"
A cette question, je commençai par répondre
: "C'est que cette planète est une erreur des
dieux...". Mais, réfléchissant un instant,
j'arrondis ma réponse : "Ici, c'est le karma
des mondes". La dame acquiesça, de même
que le commandant du vaisseau ; et tous furent d'accord.
Ces
femmes et ces hommes étaient de véritables
dieux avec des corps humains. Ils n'étaient pas des
profanes communs et ordinaires, des humanoïdes, mais,
je le répète, des êtres divins avec
des corps d'êtres humains véritables. Ces gens
ont des connaissances très profondes et sont hautement
scientifiques.
Je
me permis d'insister auprès du commandant : "Je
veux que vous m'emmeniez", lui dis-je, et pour joindre
le geste à la parole, je me rapprochai du véhicule
spatial. C'était le matin et j'étais prêt
à partir, mais le commandant donna finalement sa
réponse : "Sur le chemin, nous verrons...",
me dit-il. Je compris la réponse, je savais à
quel chemin il faisait allusion : au chemin ésotérique.
Je compris que l'on attendait que j'atteigne ce que nous
appelons la résurrection ; lorsque j'aurai accédé
à la résurrection - par laquelle doit passer
tout Maître de la Fraternité Blanche, je pourrai
alors me joindre à ce groupe.
J'appris
aussi que ce vaisseau était un véhicule intergalactique
et que ces gens étaient des voyageurs intergalactiques,
des hommes et des femmes parfaits, des dieux avec des corps
humains, comme je l'ai déjà dit, des créatures
infiniment supérieures aux humanoïdes, aux animaux
intellectuels qui peuplent la face de la Terre ; des créatures
que les animaux intellectuels sont incapables de comprendre.
Il n'y a pas de doute que ces homoncules rationnels qui
se croient des hommes jugent très mal leurs semblables
extra-terrestres, car ils ne sont pas préparés
pour les comprendre.
Le
capitaine se leva et se dirigea vers son vaisseau, suivi
de son équipage ; ils montèrent dans la sphère
volante. Je m'écartai un peu pour éviter d'être
atteint par les radiations, puis le vaisseau décolla
silencieusement et s'évanouit dans l'espace.
J'étais
satisfait de la réponse qui m'avait été
donnée.
Ces
hommes et ces femmes avaient le teint cuivré, ils
étaient minces et de taille moyenne ; ils possédaient
une grande science et des capacités infiniment supérieures
à celles des terriens.
Les
extra-terrestres n'ont pas d'intentions malveillantes, ils
ne veulent pas faire de mal aux gens ; ils étudient
simplement la planète Terre et veulent aider l'humanité,
dans cette phase critique que nous traversons actuellement.
Il
se pourrait que je rejoigne bientôt ce groupe, et
ce sera pour apporter ici, sur Terre, des preuves de l'existence
de la vie sur d'autres planètes : des éléments
minéraux, végétaux, voire des organismes
vivants, que nous mettrons sur les tables des laboratoires
scientifiques. Nous écrirons des textes et nous dévoilerons
publiquement ces connaissances. Et nous fournirons des preuves
pour étayer nos affirmations. Alors la pensée
des gens se tournera vers ces autres mondes de l'espace
infini ; car, au moyen de nos oeuvres et des preuves que
nous aurons apportées, les gens projetteront leur
mental vers ces autres mondes et attireront de façon
magnétique la vibration de ces mondes, et ainsi,
cette radiation imprégnera la Terre entière.
Il
est nécessaire que la Terre s'imprègne de
la vibration d'autres planètes. C'est ainsi que notre
planète se régénérera. Il nous
faudra évidemment subir les cataclysmes qui marqueront
la fin de ce cycle, mais la vibration restera dans la Terre
pour former ultérieurement un monde meilleur.
L'enseignement
que je vous donne et celui que donnent ces émissaires
extra-terrestres, forment un tout unique ; cet enseignement
prépare l'avènement du monde futur.
Q
- Ces êtres ont-ils atteint un degré de perfection
comparable à celui du Christ, par exemple ?
R
- Ce sont des hommes de type supérieur, des Hommes-Dieux.
Mais il est préférable de ne jamais faire
ce genre de comparaison. Néamnoins, nous pouvons
assurer que ces hommes et ces femmes ont incarné
le Christ cosmique ; ce sont des êtres supérieurs.
Q
- Qu'est le Christ, essentiellement ?
R
- Le Christ est un principe cosmique qui se trouve au-delà
de l'individualité, au-delà de la personnalité
et du Moi.
Le
Christ proprement dit est cosmique, universel, et il se
manifeste en tout homme qui est dûment préparé.
Le Christ ne s'est pas exprimé uniquement à
travers Jésus de Nazareth ; il s'est exprimé
aussi, un jour, en Quetzalcoatl, et il s'est exprimé
à travers Krishna, à travers Gautama, le Bouddha
Shakyamuni, et à travers plusieurs autres hommes
supérieurs, tels Hermès Trismégiste
ou le Saint Lama. Il s'exprime toujours lorsqu'il y a des
éléments prêts, lorsqu'il y a des hommes
en lesquels il peut s'incarner.
Q
- Le Christ est-il un Dieu ?
R
- Il est ce qui est, ce qui a toujours été
et ce qui sera toujours. Il est la vie qui palpite en chaque
atome et en chaque soleil. Voilà ce qu'est le Christ.
Nous ne pouvons donc pas le définir en disant qu'il
est un Dieu. Il est cet agent merveilleux qui s'exprime
à travers tout Dieu, ou à travers tout homme
lorsque l'instrument est suffisamment raffiné.
Ainsi,
ces habitants d'autres mondes, avec lesquels nous sommes
entrés en contact, sont de véritables Hommes-Dieux,
dans le sens le plus complet du mot.
Les
gens cherchent à s'emparer des extra-terrestres.
Pourquoi ? Pour leur ravir leurs vaisseaux, puis les armer
avec le pouvoir atomique dans le but de détruire
des villes sans défense ; après quoi ils voudront
utiliser ces vaisseaux pour se lancer à l'assaut
d'autres mondes habités.
Mais
les extra-terrestres sont trop intelligents et lucides pour
se laisser capturer, ce que les terriens n'apprécient
pas ; les "habitants de la terre" préfèrent
alors dire que les soucoupes volantes n'existent pas, qu'il
s'agit d'une hallucination, d'une fantaisie, etc. Il y a
toujours une justification pour tout dans la vie.
Si
l'un de ces êtres était capturé, il
serait sûrement assassiné. On porterait son
corps dans un laboratoire afin de savoir de quoi il est
fait. On s'emparerait de son vaisseau et l'on pourrait sans
doute, assez rapidement, le reproduire à de nombreux
exemplaires. Personne dès lors ne serait plus en
sécurité sur la Terre. Les guerres seraient
épouvantables, car ces vaisseaux, dotés d'armes
nucléaires, seraient bien plus puissants que les
avions supersoniques les plus perfectionnés. Pire
encore : les terriens envahiraient d'autres planètes...
Ce serait un désastre sans nom, une véritable
tragédie !
Bref,
l'humanité utiliserait ces connaissances pour le
mal. Mais comme les extra-terrestres sont des êtres
conscients et qu'ils connaissent les terriens, ils se tiennent
à l'écart de ces barbares terricoles. Ils
ne leur font aucun mal, ils ne les dérangent pas,
préférant les fuir, car ils savent que les
habitants de la Terre sont des êtres dangereux. Les
extra-terrestres sont des individus de type supérieur
que les terriens ne comprennent pas et ne comprendront jamais.
Ces
gens qui viennent d'autres mondes, que font-ils donc sur
Terre ? Ils étudient notre monde et effectuent toute
une série d'expériences. Entre autres, ils
sélectionnent les meilleures semences humaines en
vue de former la sixième grande Race. Ils prennent
des gens de notre monde pour les croiser avec des gens d'autres
mondes.
Beaucoup
de gens disparaissent actuellement, ils sont emmenés
vers d'autres mondes, tels Ganymède, qui est un satellite
de Jupiter, ou Mars, ou Vénus, ou même Jupiter,
etc., afin d'être croisés avec des humanités
planétaires différentes. La race humaine qui
résultera de ces croisements sera ramenée
sur Terre après le grand cataclysme. Ainsi donc,
ces gens viendront sur une Terre renouvelée, purifiée,
pour former la sixième Race-Racine. Par conséquent,
la Jérusalem future, dont parle l'Apocalypse de saint
Jean, sera habitée par un nouveau peuple, par un
peuple saint...
Q
- Ces femmes et ces hommes que l'on emmène, il s'agit
de gens sains, n'est-ce pas ?
R
- Des gens de toute sorte, des gens plus ou moins sains,
parce qu'il s'agit d'extraire la meilleure qualité
de semence pour la croiser avec celle d'autres races habitant
d'autres mondes, afin d'implanter sur la face de la Terre
un meilleur type d'humanité, l'humanité de
l'avenir, l'humanité de la sixième Race-Racine.
Cette nouvelle humanité qui peuplera une Terre transformée,
rénovée, n'apparaîtra pas avant quelques
siècles.
La
première humanité qui ait habité notre
planète, c'est la race Polaire, la race Protoplasmique
; puis vinrent les Hyperboréens ; la troisième
race fut celle des Lémuriens, les habitants de Mu
; les Atlantes formèrent la quatrième race
et les Aryens la cinquième, qui peuple actuellement
la face de la Terre. La sixième race, qui est encore
à venir, n'apparaîtra qu'après le grand
cataclysme. La Fraternité Blanche universelle donne
à cette race le nom de Khoradi.
Je
parle entre autres de cette question des races dans mon
prochain livre, La Doctrine secrète de l'Anahuac,
qui constitue le "Message de Noël" 1974-75.
Dans cet ouvrage j'expose aussi la doctrine ésotérique
des anciennes tribus de l'Anahuac, car nous devons actualiser
l'extraordinaire message du Seigneur Quetzalcoatl - qui
est le Christ mexicain -, ainsi que la cosmologie des Nahuas,
ces peuples qui vivaient sur les hauts plateaux du Mexique
central. Nous devons divulguer cette doctrine secrète,
faire connaître les grands Mystères qui ont
fleuri dans le Mexique antique. Il y a là une profonde
sagesse qui doit être diffusée sur toute la
surface du globe, pour le bien de l'humanité.
Q
- A quelle époque le Seigneur Quetzalcoatl a-t-il
vécu ?
R
- Des milliers d'années avant la découverte
de l'Amérique.
Q
- Maître, quelles sont les exigences pour faire partie
de la sixième race Khoradi ?
R
- Seuls ceux qui auront annihilé l'Ego pourront former
le noyau de la sixième Race-Racine, car dans l'Age
d'or de la sixième Race, nulle personne ayant l'Ego
ne pourra prendre de corps physique. Une personne qui a
des "entités subjectives", même si
elle se trouve rendue à un haut degré initiatique,
pourrait nuire aux autres, et c'en serait fait de l'Age
d'or ; comme on sait, un seul fruit pourri dans un panier
fait pourrir tous les autres. Ce ne serait pas juste qu'à
cause d'une seule personne - si élevée soit-elle
dans le processus initiatique -, l'Age d'or soit compromis.
La Terre a déjà trop souffert avec la race
humaine actuelle, elle mérite de se reposer un peu
; oui, la Terre souffre et elle a besoin d'une petite pause.
Une
personne qui aurait accédé à la Maîtrise
sans avoir dissous l'Ego totalement, pourrait être
amenée à un autre monde de l'espace où
elle pourrait rencontrer des conditions favorables à
la poursuite de son développement vertical, après
quoi, une fois libérée de l'Ego, elle pourrait
revenir sur Terre. Mais chose certaine, dans l'Age d'or
de la prochaine race, on ne donnera pas de corps à
ceux qui auront encore l'Ego vivant.
Q
- N'avez-vous pas déjà dit que ceux qui auront
dissous 50 % de l'Ego pourront être amenés
dans une île du Pacifique, avant la grande catastrophe
?
R
- Ceux qui auront déjà dissous l'Ego ou une
bonne partie de l'Ego pourront en effet achever de le dissoudre
dans cette île protégée où se
réfugiera un groupe de personne choisies. Ces personnes
seront conduites secrètement à cette île
du Pacifique où elles pourront donc terminer le travail
de dissolution du Moi - si ce n'est pas encore fait à
ce moment-là -, afin que lorsqu'apparaîtra
le double arc-en-ciel et que surgiront des eaux de nouvelles
terres, ces gens soient prêts à y aller.
Q
- Ceux qui auront mérité de participer à
ce nouvel exode pourront-ils aussi voyager dans ces vaisseaux
cosmiques dont vous venez de parler ?
R
- Oui, beaucoup seront emmenés dans ces vaisseaux
cosmiques à l'île du Pacifique ou à
d'autres planètes où ils seront croisés
avec d'autres humanités planétaires. La race
humaine qui résultera de ces croisements sera ramenée
sur Terre quand arrivera l'heure de l'Age d'or et elle se
croisera à son tour avec le noyau fondamental resté
sur Terre ; de là sortira une humanité totalement
renouvelée.
Q
- Maître Samaël, jusqu'à quel point peut-on
accepter les prophéties de Nostradamus au sujet des
événements à venir ?
R
- Nostradamus ne s'est jamais trompé. Mais il use
de calculs qu'il faut savoir comprendre.
Les
prophéties de Nostradamus se sont avérées
exactes, elles se sont accomplies mathématiquement
et elles continuent toujours de s'accomplir. C'est le seul
astrologue que personne n'a pu railler, n'a pu prendre en
défaut. Nostradamus a prédit jusqu'à
l'heure exacte et aux circonstances de sa mort. Il vaut
la peine de l'étudier, en dépit des difficultés
que pose l'interprétation de ses prédictions
; il faut avoir reçu le donum dei pour être
en mesure de l'interpréter correctement.
L'oeuvre
des Centuries est composée de strophes versifiées,
mais comme ces vers sont écrits en vieux français
et, qui plus est, dans un langage allégorique et
symbolique, les gens les interprètent de la façon
la plus diverse et arbitraire, d'où les nombreuses
erreurs d'interprétation.
Q
- Nostradamus était-il un Maître ressuscité
?
R
- A ma connaissance, Nostradamus n'a pas atteint la résurrection.
Mais il n'y a aucun doute qu'il fut un grand astrologue
doublé d'un grand voyant et que ses prophéties
se sont réalisées avec une précision
stupéfiante. Il s'est spécialisé en
ces domaines : l'Astrologie, les prophéties... Il
a décrit ses visions du futur dans les Centuries.
On
dit qu'il passait des nuits entières devant une casserole
en cuivre remplie d'eau. Il se concentrait sur l'eau et,
comme il était voyant, il voyait dans cette eau les
événements à venir. Il ne s'est pas
contenté de décrire des événements,
il a aussi donné des dates et des noms précis.
Les Centuries sont toujours d'actualité, car elles
comportent de nombreuses références à
l'époque actuelle.
J'ai
vu récemment un film sur la fin du monde, telle que
Nostradamus était censé l'avoir décrite.
Le film était bien fait, mais la fin de ce film ne
coïncide pas avec la vision de Nostradamus. La Terre
y apparaît dévastée par les bombes atomiques,
rendue stérile, et de monstrueuses larves humaines
s'y traînent comme des serpents... Ce scénario
n'est pas conforme à la réalité : le
fait est qu'avec l'arrivée de cette gigantesque planète
appelée Hercolubus, il y aura un changement brutal
de l'axe de la terre, changement annoncé par Nostradamus
lui-même dans ses Centuries. La Terre semblera comme
sortie de son orbite, dit Nostradamus. Les mers changeront
alors de lit, des continents entiers s'enfonceront dans
les eaux et d'autres terres surgiront, au moment de ce déplacement
soudain de l'axe de la Terre, qui amènera les pôles
à l'équateur et l'équateur aux pôles.
Nostradamus
annonce que c'est en 1999 que surviendra le cataclysme final,
provoqué par l'arrivée d'un "grand roi
de terreur", qui n'est autre qu'Hercolubus, dont la
masse gigantesque traversera le système solaire,
passant à proximité de la Terre ; celle-ci
semblera alors sortie de son orbite et plonger dans les
ténèbres, selon Nostradamus...
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