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25. L'Horizontale et la Verticale de la Vie
Samaël Aun Weor
Conférence intitulée "La Horizontal y
la Vertical"
Mes
amis, quel est l'objet réel de notre existence ?
Pourquoi sommes-nous ici, dans quel but ? C'est quelque
chose que nous devons élucider, tirer au clair, quelque
chose que nous devons soupeser, analyser, examiner sereinement...
Nous
vivons dans ce monde : à quelle fin ? Nous souffrons
l'indicible : pourquoi ? Nous luttons pour obtenir pain,
vêtement, refuge, mais à quoi tout cela sert-il
? À quoi riment donc tous nos efforts ? Vivre pour
vivre, travailler pour survivre, puis mourir, est-ce un
sort très enviable ? En vérité, mes
chers soeurs et frères, il est devenu indispensable
de comprendre le sens de notre propre existence, la signification
de la vie.
La
vie est formée de deux "lignes" : la première,
nous l'appellerons la ligne horizontale, et l'autre ligne,
la verticale. Ces deux lignes forment une croix à
l'intérieur de nous-mêmes, ici et maintenant,
en cet instant précis.
Examinons
d'un peu plus près ces deux lignes.
La
ligne horizontale commence à la naissance et finit
à notre mort ; devant chacun de nous se profile toujours
la perspective de la mort, car tout ce qui naît doit
mourir. Dans l'horizontale nous retrouvons tous les processus
liés à la naissance, la croissance, la reproduction,
le vieillissement et enfin la mort ; tous les plaisirs de
la vie : beuveries, fornication, adultère, etc.,
relèvent de l'horizontale ; le combat pour le pain
de chaque jour, la lutte pour ne pas mourir, pour subsister
sous la lumière du soleil, relèvent de l'horizontale
; toutes les souffrances intimes de la vie quotidienne,
les problèmes au foyer, au bureau, etc., appartiennent
aussi à l'horizontale. La ligne horizontale n'offre
donc rien de très merveilleux...
Mais
il existe une autre "ligne", très différente,
qui croise l'horizontale : c'est la ligne verticale. Sur
cette verticale on retrouve les différents niveaux
de l'Etre et les pouvoirs transcendants et transcendantaux
de l'Intime ; sur cette verticale se trouvent aussi les
pouvoirs ésotériques, les pouvoirs qui divinisent,
la Révolution de la conscience, etc. Grâce
aux forces de la verticale nous pouvons agir de façon
déterminante sur les aspects horizontaux de la vie
pratique, nous pouvons modifier radicalement notre propre
destin, faire de notre vie quelque chose de différent,
devenir une personne totalement différente de celle
que nous étions, de celle que nous avons connue dans
cette amère existence. En somme, la verticale est
merveilleuse, révolutionnaire par nature ; mais pour
emprunter cette voie, il faut ressentir au préalable
certaines "inquiétudes"...
Avant
tout je me demande - et vous demande : sommes-nous vraiment
contents de ce que nous sommes ? Qui d'entre vous se sent
heureux dans le sens le plus complet du mot ? Lequel connaît
le vrai bonheur ? Soyons sincères : aucun de nous
ne peut dire qu'il vit dans une oasis de béatitude.
Nous éprouvons des inquiétudes et désirs
terribles, nous essuyons des déboires, désillusions
et amertumes de toutes sortes, nous souffrons beaucoup et
nous avons souvent le coeur serré...
Nous
devons sortir de cette fange où nous sommes plongés,
il nous faut vraiment changer radicalement et ce n'est possible
que si nous avons recours aux pouvoirs transcendantaux de
la verticale. Lorsque celui qui chemine sur l'horizontale
se rappelle à lui-même, se rappelle son propre
Etre, lorsqu'il se pose la question : qui suis-je ? d'où
est-ce que je viens ? où vais-je ? quelle est la
raison d'Etre de cette existence ? celui-là entre
sur le sentier vertical, qui est le sentier de la Révolution,
le sentier qui conduit au Surhomme.
Voici
l'heure du Surhomme ! En réalité "l'animal
intellectuel" n'est qu'un pont tendu entre l'animal
inférieur et le Surhomme.
Nous
devons devenir de véritables rois et reines de la
création, devenir souverains de nous-mêmes,
devenir seigneurs et maîtres de tout ce qui est, a
été et sera. Il est urgent d'opérer
un changement, une transformation totale ; il faut sortir
au plus vite de cette jungle, de ce chaos où nous
nous trouvons, où nous nous débattons misérablement.
Les
lois de la Terre ne pourront jamais nous offrir la paix
; les lois de la Terre ne pourront jamais nous offrir le
véritable bonheur, qui nous transforme totalement
; les lois de la Terre ne pourront jamais nous offrir la
liberté. Il est urgent, par conséquent, de
prendre le chemin vertical, que nous portons en nous, ici
et maintenant. L'heure est venue de la grande Révolution,
de la révolution psychologique, de la "révolution
en marche", de la révolution qui doit nous conduire
au Surhomme.
Soeurs
et frères gnostiques ici réunis, je vous invite
à réfléchir sur le Surhomme, je vous
invite à emprunter ce chemin vertical révolutionnaire
qui vous conduira infailliblement à la libération
finale.
Vous
n'êtes pas heureux, je le sais, et vous ne serez jamais
heureux si vous n'arpentez pas avec fermeté le sentier
vertical ; vous ne serez pas heureux tant que vous ne vous
serez pas élevés au niveau du Surhomme ; vous
ne serez pas heureux tant que vous n'aurez pas libéré
votre conscience du bourbier douloureux de ce monde ; vous
ne serez pas heureux tant que vous n'aurez pas expérimenté
ce qu'est la Réalité, ce qui ne relève
pas du temps, ce qu'est la Vérité. C'est pourquoi
je vous invite tous à la réflexion...
Le
sentier vertical est le chemin de la Révolution de
la Conscience. Lorsque nous admettons que nous avons une
"psychologie" propre, nous commençons alors
à travailler sur nous-mêmes ; nous entrons
par le fait même sur le sentier vertical. Nous sommes
une véritable énigme pour nous-mêmes,
une énigme qu'il faut résoudre, qu'il faut
déchiffrer. Nous ne nous connaissons pas, hélas
! bien que nous croyions nous connaître. Nous devons
être sincères avec nous-mêmes, nous devons
effectuer la dissection du Moi, du Je, de l'Ego.
Nous
admettons sans problème que nous avons un corps physique,
composé notamment de divers organes, mais peu d'entre
nous comprennent vraiment que nous avons une psychologie
particulière. Quand nous le comprendrons, nous commencerons
à travailler sur nous-mêmes, ici et maintenant,
nous commencerons à pratiquer l'auto-observation
psychologique. Celui qui commence à s'observer lui-même
devient par le fait même un individu différent,
tout à fait distinct des autres. Mais les gens ont
tendance à n'admettre que la réalité
physique, tridimensionnelle, celle du corps matériel,
parce qu'ils peuvent voir, entendre, toucher, palper ce
corps. Peu nombreux, en vérité, sont ceux
qui acceptent sincèrement qu'ils ont une psychologie
bien particulière. Ceux qui acceptent ce fait entreprennent
aussitôt de s'observer, ce qui les rend différents
de leur prochain. S'observer afin de se connaître,
c'est la base de tout.
Quelqu'un
me disait l'autre jour qu'il se connaissait bien lui-même.
Je lui demandai alors, tout bonnement : "Si vous vous
connaissez vous-même, dites-moi : combien d'atomes
y a-t-il dans un poil de votre moustache ? - Ça je
ne sais pas !" répondit l'homme. "Eh bien
! lui dis-je, si vous ne connaissez pas un des poils de
votre moustache, si vous ignorez combien d'atomes il y a
dans ce poil, vous êtes loin de vous connaître
en totalité !"
L'homme
ne put que me concéder que j'avais raison.
Quand
on se connaît soi-même profondément,
on "connaît l'Univers et les Dieux" ; sur
le sentier vertical notre objectif premier c'est de nous
connaître nous-mêmes ; si nous nous connaissons,
nous pourrons connaître les autres.
Sur
le sentier vertical il nous faut faire un inventaire psychologique
de nous-mêmes, pour savoir tout ce que nous avons
en trop et tout ce qui nous manque. Il y a beaucoup de choses
que nous devons éliminer, beaucoup de choses superflues
dont nous devons nous débarrasser ; il y a aussi
beaucoup de choses qui nous manquent, que nous devons conquérir.
Sur
le sentier vertical, nous devons faire un inventaire de
nous-mêmes pour savoir qui nous sommes, d'où
nous venons, où nous allons et quel est le but de
notre existence. Nous devons nous examiner, nous enquérir
sur nous-mêmes pour apprendre à nous connaître,
nous devons mettre cette question au premier plan si nous
voulons vraiment travailler sur nous-mêmes pour changer
du tout au tout.
Sur
le sentier vertical se trouvent les différents niveaux
de l'Etre ; quand on commence à travailler sur soi-même
pour éliminer tel ou tel défaut psychologique,
on accède par le fait même et de plein droit
à un niveau supérieur de l'Etre. On nous a
dit, avec raison, que le niveau de l'Etre de chacun attire
toutes les circonstances de sa vie - un homme est ce qu'est
sa vie ! Observez la vache dans son étable : sa vie
correspond à son niveau d'être. Prenez cette
vache et sortez-la de l'étable, amenez-la dans votre
chambre, mettez une femme de chambre à son service,
peignez-la soigneusement, saupoudrez-la de talc, aspergez-la
de parfum... elle ne cessera pas pour autant d'être
une vache ; elle continuera à avoir des habitudes
de vache et elle fera de votre belle chambre une étable
; elle ne changera pas, parce que le niveau de l'Etre de
chacun attire sa propre vie.
Si
nous sortons de la foule anonyme un clochard inculte et
en haillons, si nous lui donnons de beaux habits et le conduisons
au Palais de Buckingham pour qu'il y vive auprès
de la reine Elizabeth, au début les domestiques s'occuperont
bien de lui, on le considérera comme un grand seigneur,
mais son niveau de l'Etre attirera sa propre vie : bientôt
les serviteurs découvriront chez ce mendiant des
coutumes très différentes de celles du Palais,
ils constateront sa cupidité, son avarice - il chaparde
tout ce qu'il peut et ne donne rien -, ils remarqueront
son irritabilité, sa grossièreté, son
absence de tout scrupule, son caractère vindicatif,
ils se rendront compte de son penchant à calomnier,
à dénigrer les autres, etc. Viendra enfin
le moment où il se retrouvera seul en plein Palais
de Buckingham ; il lui faudra supplier les domestiques de
lui apporter à manger, car ils ne voudront plus le
servir et l'abandonneront à lui-même. Ainsi
donc, même si ce clochard vit au Palais de Buckingham
et qu'il est richement vêtu, il continuera d'être
ce qu'il est : un clochard. Le niveau de l'Etre de chacun,
je le répète, attire sa propre vie ; un homme
est ce qu'est sa vie.
Beaucoup
de gens rêvent d'avoir une grande quantité
d'argent. "Si je remporte le gros lot à la loterie,
comme ma vie sera différente ! Toute mon existence
sera transformée !" se disent-ils. Mais c'est
faux, complètement faux, car le niveau de l'Etre
d'une personne attire sa propre vie. En réfléchissant
un peu à la question nous comprenons que ce n'est
pas en gagnant beaucoup d'argent que nous allons transformer
notre existence, mais en passant à un niveau supérieur
de l'Etre.
Afin
de mieux comprendre cette question du niveau de l'Etre,
imaginons-nous pour un instant dans l'un de ces lieux insolites
d'une grande ville, d'une de ces cités perdues, dans
l'un de ces terrains vagues où des squatters vivent
ensemble dans des conditions proprement infrahumaines. Je
me rappelle avoir déjà observé un groupe
de squatters dans un terrain vague : ils se battaient entre
eux tous les jours, s'enivraient, se blessaient, s'entretuaient,
et ce quartier, qui autrefois vivait en paix, connut une
agitation inouïe ; on entendait à tout moment
les sirènes des voitures de police, on entendait
des cris de douleur, de colère, de désespoir,
et ces malheureux continuaient jour après jour à
vivre ainsi, s'enfonçant toujours plus dans la souffrance...
De toute évidence, leur niveau de l'Etre attirait
leur propre vie.
Si
l'une de ces personnes avait réfléchi, ne
fût-ce qu'un instant, si elle avait décidé
de s'étudier elle-même, si elle avait découvert
ses défauts psychologiques, elle se serait engagée
hardiment sur le sentier vertical, le sentier révolutionnaire
de la psychologie, et il est indéniable qu'elle aurait
pu éliminer quelques-uns de ses défauts, la
colère peut-être, ou la haine, ou l'égoïsme,
ou la médisance... En somme, son niveau de l'Etre
aurait changé, et en changeant de niveau de l'Etre
ses moeurs se seraient raffinées. Elle ne pourrait
plus accepter désormais le mode de vie des gens qui
l'entouraient et ceux-ci ne la comprendraient plus. Elle
rechercherait donc de nouveaux contacts, et par la simple
loi des affinités psychologiques elle se ferait de
nouveaux amis. Bref, en changeant de niveau de l'Etre, cette
personne transformerait sa vie. Ses nouvelles amitiés
lui offriraient sans doute de nouvelles opportunités
; grâce à cette interrelation, sa situation
économique pourrait s'améliorer, elle obtiendrait
un travail et son existence se transformerait pour le mieux.
Nous voyons ainsi que le niveau de l'Etre de chacun attire
toutes les circonstances de sa vie et que tout homme est
bien ce qu'est sa vie.
Le
sentier vertical nous offre la possibilité de changer
notre propre niveau de l'Etre ; si nous éliminons
nos défauts psychologiques, le résultat sera
extraordinaire, parce qu'en changeant notre niveau de l'Etre,
toute notre vie changera par le fait même. Lorsque
nous changeons radicalement, tout ce qui nous entoure change
aussi. Les situations fastidieuses de la vie, les circonstances
désagréables ne sont que de pures projections
de ce qui se passe à l'intérieur de nous ;
si nous changeons à l'intérieur, les circonstances
extérieures changeront aussi ; mais si nous ne changeons
pas, les circonstances extérieures ne changeront
pas non plus. Emmanuel Kant, le célèbre philosophe
de Königsberg, a écrit : "L'extérieur
est l'intérieur". En d'autres mots nous pourrions
dire : "L'extérieur n'est que le reflet de ce
que nous sommes à l'intérieur". Si nous
sommes des personnes irascibles, si nous sommes remplis
de haine, si nous sommes jaloux, envieux, pervers, les circonstances
qui nous entoureront seront sinistres, malsaines, fatales,
elles pourraient même figurer dans la presse à
sensation (Prensa Roja). Mais si nous sommes des personnes
décentes, si nous vivons en harmonie avec l'infini,
si nous respirons la paix, si nous irradions l'amour, la
joie, le bonheur, les circonstances qui émaneront
de nous-mêmes seront splendides, nos relations avec
autrui seront empreintes de beauté, tout ce qui nous
entoure sera imprégné d'harmonie...
Nombreux
sont ceux qui m'écrivent pour me raconter leurs problèmes
: "Mon mari est parti avec une autre", m'écrit
une femme. "Ma femme ne veut plus vivre avec moi",
se plaint un homme. "Que dois-je faire ?" dit
l'un. "Comment vais-je résoudre tel ou tel problème
? Un tel m'a intenté un procès", écrit
un autre. "Comment vais-je m'en sortir ? Aidez-moi
à gagner ce procès", etc. Chacun semble
enlisé dans des complications, dans des difficultés
sans nombre et tous veulent qu'on résolve leurs problèmes
! Tous veulent vivre en paix, sans problèmes, connaître
l'harmonie parfaite, le bonheur total, mais tous ces gens
qui m'écrivent ne veulent pas comprendre que la racine
de tous leurs problèmes se trouve à l'intérieur
d'eux-mêmes, que ces problèmes ne sont que
la projection de leur monde intérieur, que les problèmes
proviennent de l'intérieur d'eux-mêmes, parce
que tout homme est ce qu'est sa vie et rien d'autre. Si
nous ne changeons pas notre propre niveau de l'Etre, si
nous ne changeons pas notre vie intérieure, rien
ne changera ; l'extérieur est seulement la projection
de l'intérieur.
L'heure
est venue de bien comprendre tout cela. Vous voulez la félicité,
mais où irez-vous donc chercher cette félicité
? Ne voulez-vous pas comprendre que vous portez en vous
les causes de tout ce qui vous arrive ? En effet, chacun
porte en lui les causes de ses souffrances, et tant que
ces causes n'auront pas été dissoutes, les
souffrances non plus ne cesseront pas ; tout effet a une
cause et toute cause produit un effet !
Ainsi
donc, quand on veut cheminer sur le sentier vertical, il
faut commencer par se découvrir soi-même, par
connaître nos propres erreurs afin de les extraire,
de les extirper de nous-mêmes ; ainsi seulement pourrons-nous
changer de manière fondamentale. Un homme est ce
qu'est sa vie ; s'il ne travaille pas sur sa propre vie,
il perd misérablement son temps.
La
vie est comme un film, qui s'achève apparemment avec
la mort. La mort est le retour au point de départ,
avec la possibilité de projeter de nouveau la même
vie sur l'écran du monde.
Dans
le Bouddhisme, on parle des vies successives, mais je vous
dis, en vérité, qu'il n'y a pas de "vies
successives", il n'y a que des "existences successives",
parce que c'est la même vie qui se répète.
Lorsqu'arrive l'heure de la mort, le film se termine, nous
le rembobinons et l'emportons dans l'Eternité ; là
nous le revivons de façon rétrospective. N'oubliez
pas que tout comme il y a un espace tri-dimensionnel, visible
et tangible, il existe aussi un espace "psychologique".
Après la mort notre vie continue dans l'espace psychologique
où nous la revivons, ai-je dit, rétrospectivement.
Plus tard nous revenons dans le temps, nous retournons sur
Terre et nous reprenons un nouvel organisme, conformément
à la loi du Retour de toutes choses ; nous revenons
donc projeter de nouveau notre vie, toujours la même,
la projeter une autre fois sur le tapis de ce monde.
Rappelez-vous
: nous n'avons-pas des vies successives, mais des existences
successives. Nous n'avons qu'une seule vie ; cette vie,
nous l'emportons dans l'Eternité, puis la déroulons
de nouveau sur Terre, puis la remportons, puis la déroulons
encore une fois, etc. C'est toujours la même vie !
Mais nous avons de multiples existences : on assigne à
chaque âme 108 existences.
Si
je vous parle de toutes ces choses, c'est parce que je me
trouve devant un auditoire très spécial, un
auditoire formé de membres du mouvement gnostique
international, une assemblée de gens révolutionnaires,
rebelles, prêts à suivre le sentier vertical,
le sentier des transformations, le chemin qui mène
au Surhomme !
C'est
le moment pour nous de réfléchir à
ce qu'est notre propre vie. Si nous ne changeons pas ce
film de notre vie, si nous ne modifions rien, il se répétera
toujours, à travers 108 existences ; en outre, si
nous ne changeons pas notre vie, nous devrons finalement
"mettre les voiles", comme on dit familièrement,
nous devrons emporter notre vie dans le Royaume minéral
submergé… Où ce Royaume est-il situé
? Sous l'épiderme de cette pauvre Terre qui voyage
avec nous à travers l'espace infini. C'est là,
dans ce Royaume minéral submergé, que Dante
Alighieri, l'auteur de La Divine Comédie, a situé
son Infernus. La réalité de ces "Enfers"
est indéniable, les dieux et les hommes le savent.
Il est également indéniable que ceux qui échouent
dans la transformation de leur propre vie, ceux qui seront
incapables d'éliminer leurs défauts psychologiques,
devront involuer dans le temps, à l'intérieur
des neuf cercles de l'Enfer de Dante, jusqu'à la
"deuxième mort". Et ce n'est pas du tout
agréable d'involuer dans le temps...
C'est
dans ces mondes infernaux que l'Ego, le Je, le Moi de la
psychologie expérimentale - ce Moi qu'étudient
tous les psychologues de la planète - finit par être
désintégré ; nous passons ainsi dans
le Royaume minéral submergé par la "deuxième
mort". En vérité, cette involution à
travers les neuf cercles dantesques est très douloureuse
; je ne vous recommanderais pas de passer par le Mictlan,
avec ses épreuves réellement terribles. Ce
sont nos ancêtres de l'Anahuac, au coeur de notre
cher Mexique, qui nous ont parlé du Mictlan ; ce
terme désigne, précisément, les mondes
submergés de Dante, avec leurs neuf cercles infernaux
et leurs terribles épreuves qu'ont évoquées
les antiques initiés.
D'incroyables
amertumes attendent ceux qui entrent dans l'involution submergée
des mondes infernaux qu'ont décrits le florentin
Dante Alighieri et le poète latin Virgile dans son
Enéide. Par conséquent, il n'est pas souhaitable
d'involuer dans le temps.
Après
avoir traversé ces terribles épreuves où
l'on passe par la "deuxième mort", on entre
dans les paradis élémentaux de la nature ;
on évolue à travers les règnes minéral,
végétal et animal, avant de retrouver l'état
humain que l'on avait jadis perdu.
Dissoudre
le Moi est primordial, et il vaut bien mieux le faire ici
et maintenant ! Un épisode de la vie de Mahomet me
revient présentement en mémoire ; peu avant
sa mort, le Prophète, à côté
de la source cristalline d'une oasis, s'adressa à
la foule rassemblée autour de lui : "Si j'ai
quelque dette envers quelqu'un d'entre vous, qu'il vienne
et qu'il me crache à la figure !" Un homme s'avança
et lui cracha au visage. Le sage Mahomet lava son visage
dans la source et s'exclama, à l'intention de la
foule : "Il vaut mieux payer tout de suite, pendant
qu'on est vivant, plutôt qu'après la mort".
Car les souffrances que l'on devra traverser dans les Enfers,
dans le Mictlan des Aztèques, sont assurément
très douloureuses. Certains, donc, préféreront
se libérer pendant leur vie, une fois pour toutes,
et entrer dans ce que la sagesse de nos ancêtres de
l'Anahuac appelait le Tlalocan, régions ineffables
sous la "gouverne" de Tlaloc, le dieu aztèque
de la pluie. Il existe, dans le monde moléculaire,
des régions sublimes gouvernées par Huehueteotl,
le dieu aztèque du feu, ou par le dieu Chauve-Souris,
etc., vives représentations de l'Esotérisme
antique, vives représentations de la mystique christico-aztèque
- mystique transcendante et transcendantale. En tout cas,
tant que nous n'avons pas dissous l'Ego, nous n'aurons pas
le droit de pénétrer dans ces régions
ineffables dont parlaient les religions antiques ; tant
que nous ne nous sommes pas élevés sur la
ligne verticale, où se trouvent les différents
niveaux de l'Etre, notre conscience superlative et transcendantale
ne pourra pas entrer aux paradis moléculaires. Ceux
qui s'efforcent vraiment d'atteindre l'authentique félicité
devront commencer par emprunter le chemin vertical.
Sur
le sentier vertical nous comprenons que nous ne sommes pas
encore des Individus sacrés, que chacun de nous est
une personne-machine et qu'à l'intérieur de
cette personne il y a d'innombrables personnes psychologiques
: il y a le Moi de la colère, il y a le Moi de la
haine, il y a le Moi de l'envie, il y a le Moi de la jalousie,
il y a le Moi de la calomnie, il y a le Moi de l'ambition,
il y a le Moi de la perfidie, etc. Tous ces Moi ne sont
pas simplement une façon imagée de dire les
choses, ils représentent au contraire une formidable
réalité pour celui qui a développé
le sens de l'auto-observation psychologique. Tous ces "Moi-personnes"
entrent et sortent de notre corps physique à volonté
; tous ces "Moi-personnes" ont comme nous trois
"cerveaux", c'est-à-dire, un cerveau intellectuel,
un cerveau émotionnel et un cerveau moteur-instinctif-sexuel
; chaque Moi-personne est donc, en elle-même, une
entité complète.
Ainsi
donc, à l'intérieur de notre personne vivent
beaucoup de personnes qui entrent et sortent librement de
notre organisme. Vous comprenez maintenant pourquoi il n'y
a pas d'unité en nous, pourquoi nous sommes remplis
de terribles contradictions ; à un certain moment
nous disons une chose, à un autre moment nous affirmons
le contraire... Si nous pouvions nous voir dans un miroir
tels que nous sommes, si nous pouvions nous voir intégralement,
je vous certifie que nous deviendrions fous, nous fuirions
épouvantés, nous essayerions de nous évader
de nous-mêmes.
Si
nous étions des personnes responsables, si nous étions
des Individus sacrés, si nous étions des êtres
entiers, tout serait différent ; mais nous ne sommes
pas entiers, nous n'avons pas, pour ainsi dire, d'unicité,
nous sommes une multiplicité désordonnée
et chaotique. Nous nous croyons vivants, mais nous sommes
morts ; il y a en nous d'innombrables spectres d'outre-tombe
: le Moi de la haine, le Moi de l'envie, le Moi de la luxure,
le Moi de la colère, etc. En chacun de ces Moi-personnes
est emprisonnée une parcelle de notre propre conscience.
Ainsi, notre conscience est embouteillée dans toute
cette multitude de Moi qui constituent l'Ego, et notre conscience
embouteillée ne peut donc fonctionner qu'en vertu
de son propre conditionnement ; c'est-à-dire que
nous avons la conscience endormie.
De
tous les phénomènes physiques qui se produisent
autour de nous - je dis bien physiques -, nous ne pouvons
percevoir qu'une infime partie ; en effet, il y a une multitude
incroyable de phénomènes physiques autour
de nous que nous sommes incapables de percevoir. Car nous
sommes endormis ; pourtant nous croyons que nous sommes
réveillés. Nous refusons d'admettre que nous
dormons et nous sommes offusqués quand on ose affirmer
que nous sommes endormis. Mais, en vérité,
nous avons besoin de nous réveiller. Les quatre Evangiles
insistent sur la nécessité de l'éveil
; si nous étions éveillés, nous pourrions
voir, entendre, toucher et palper les grandes réalités
des mondes supérieurs ; si nous étions éveillés,
la vie serait pour nous tout à fait différente,
nous ne serions plus victimes des circonstances, nous les
contrôlerions à volonté. Malheureusement,
nous sommes endormis, nous dormons profondément,
mais nous l'ignorons ; qui plus est, nous ignorons que nous
ignorons...
L'heure
est venue de nous préoccuper de cette question de
l'éveil. Quand nous nous éveillons, nous pouvons
percevoir parfaitement ce qu'est la Vérité,
ce qui ne relève pas du temps, ce qui est au-delà
du corps, des émotions et du mental. Lorsque nous
expérimentons la Réalité, nous expérimentons
un élément qui nous transforme radicalement.
Le fait d'expérimenter cet "élément"
nous aide à travailler plus intensément encore
sur nous-mêmes.
Il
faut avant tout dissoudre ces vaines personnalités
que nous avons en nous, afin, précisément,
d'éveiller notre conscience. Lorsqu'un Moi psychologique,
soit de colère, soit de haine, etc., est désintégré,
la parcelle de conscience qui s'y trouvait emboutie s'affranchit,
se libère : alors vient l'éveil...
Les
gens en général ont environ trois pour cent
de conscience éveillée ; mais s'ils travaillent
sur eux-mêmes, s'ils éliminent ces Moi-personnes
qu'ils abritent dans leurs profondeurs psychologiques, ils
accroîtront peu à peu leur pourcentage de conscience.
Si les gens avaient ne serait-ce que dix pour cent de conscience
éveillée, en vérité les guerres
disparaîtraient de la surface de la Terre ; si les
gens avaient cinquante pour cent de conscience éveillée,
la Terre serait un paradis. Seuls les grands Initiés
réussissent à avoir cent pour cent de conscience
éveillée, les Surhommes tels Moïse, le
Bouddha Gautama, Jésus le Christ, etc.
Il
nous faut donc travailler avec ardeur, dissoudre tous ces
Moi que nous avons en nous, afin d'éveiller notre
conscience et de parvenir à l'Illumination, pour
expérimenter ce qui ne relève pas du temps,
pour expérimenter ce qu'est la Vérité
!
En
résumé, lorsque nous admettons que nous avons
une "psychologie" propre, nous entreprenons de
nous auto-observer et nous nous engageons sur le sentier
vertical. Si nous découvrons en nous le Moi de la
colère, par exemple, nous devrons travailler sur
lui ; au début nous nous contenterons de l'observer,
puis nous nous efforcerons de le comprendre au moyen de
l'analyse, de l'étude directe, à travers la
méditation profonde. Une fois ce "Moi-défaut"
bien compris, nous passerons à la troisième
étape : la désintégration, l'élimination.
Par lui-même, le mental ne peut éliminer aucun
défaut psychologique ; il peut étiqueter les
Moi de divers noms, les faire passer d'une catégorie
à une autre, se les dissimuler à lui-même
ou les cacher aux autres, il peut les condamner ou les justifier,
mais jamais il ne pourra les annihiler. Nous avons besoin
d'un pouvoir supérieur au mental, d'un pouvoir capable
de désintégrer réellement n'importe
quel Moi-défaut. Heureusement, nous possédons
tous ce pouvoir à l'intérieur de nous, ici
et maintenant : il s'agit du pouvoir serpentin, annulaire,
qui se développe dans le corps de l'ascète
gnostique, de ce pouvoir extraordinaire que les orientaux
appellent Kundalini et que les alchimistes médiévaux
dénommaient Stella Maris (l'Etoile de la Mer). Celle-ci,
en vérité, est une variante de notre propre
Etre, un aspect dérivé de l'Etre. Stella Maris,
le cobra sacré, le pouvoir serpentin de la Kundalini,
comme on l'appelle en Inde et au Tibet, peut désintégrer
instantanément n'importe quel défaut psychologique.
Nous
avons tous pleinement le droit d'invoquer Devi Kundalini
Shakti ; ce pouvoir serpentin s'accroît, se développe,
se déroule lorsque nous travaillons intensément
dans la "Forge ardente de Vulcain", dans la "Neuvième
Sphère". Les célibataires peuvent aussi
invoquer Devi Kundalini lorsqu'ils veulent éliminer
tel ou tel défaut psychologique, mais nous devons
souligner que le pouvoir merveilleux de Devi Kundalini est
multiplié dans la Neuvième Sphère ;
ce pouvoir miraculeux permet de désintégrer
n'importe quel Moi. Devi Kundalini, Isis, Adonia, cette
variante de notre propre Etre, Dieu-Mère en nous,
peut annihiler dans tous les niveaux du mental le défaut
que nous avons compris intégralement.
Il
est indispensable de comprendre à fond cette question.
Nous devons mourir d'instant en instant. C'est par la mort
seulement que survient du nouveau ; si le grain ne meurt,
la plante ne naît pas... Il faut nous résoudre
à mourir si vraiment nous voulons naître spirituellement.
Rappelons-nous ce passage des Evangiles où Jésus,
s'adressant à Nicodème, lui dit : "A
moins de mourir et de renaître, nul ne peut entrer
au Royaume des Cieux". Il nous faut donc mourir, ici-même
et maintenant, si nous voulons entrer dans les mondes supérieurs
de la Conscience cosmique, y pénétrer complètement
éveillés, illuminés, radicalement transformés.
Tels
que nous sommes présentement, nous ne servons à
rien, nous sommes un échec total ; tels que nous
sommes, nous ne sommes qu'un amas d'Egos. Le Moi psychologique
ne peut créer un "nouvel âge", le
Moi psychologique ne peut susciter un "âge d'or".
Ces faux prophètes qui affirment qu'en l'an 2001
ou 2007... commencera une ère de fraternité
et d'amour, l'Age d'or célébré par
Virgile, le poète de Mantoue, dans son chef-d'oeuvre
intitulé l'Enéide, ceux-là sont dans
l'erreur, ils mentent ; en effet, comment l'Ego pourrait-il
créer un âge d'or ? Croyez-vous par hasard
que le Moi de la psychologie expérimentale, ce Moi
ténébreux, le Moi de la haine et de la convoitise,
le Moi de la guerre, etc., pourraient susciter un véritable
âge d'or ? Indéniablement, il faut mourir en
nous-mêmes, ici et maintenant, si nous voulons engendrer
une ère nouvelle, créer une nouvelle civilisation,
une nouvelle culture.
Travaillons
pour notre propre régénération et celle
de notre frère, l'être humain. Comprenons que
le sentier vertical est la voie de la Révolution
de la conscience, avec ses trois facteurs fondamentaux :
mourir, naître, nous sacrifier pour l'humanité.
Nous
devons nous rendre compte que nous ne sommes pas heureux,
nous devons prendre conscience que nous sommes affligés,
désorientés ; cessons de nous tromper nous-mêmes
en essayant de nous persuader que nous sommes des êtres
importants, parfaits, souverains, des hommes véritables,
des dieux... Regardons la réalité en face
: chacun de nous doit lutter pour vivre, pour tirer son
épingle du jeu, aucun de nous n'est heureux.
J'ai
traité amplement de la sexualité dans mes
livres, j'ai souvent parlé de la "Forge ardente
de Vulcain", de l'Alchimie sexuelle. Grâce à
la transmutation de la libido génétique, que
saint Augustin lui-même mentionne dans ses oeuvres,
il est possible de créer les corps existentiels supérieurs
de l'Etre pour nous convertir en Hommes. Mais à quoi
servirait de devenir des Hommes authentiques, dans le sens
le plus complet du mot, si nous n'éliminions pas
l'Ego ? Celui qui possède les corps existentiels
supérieurs de l'Etre et qui n'a pas éliminé
l'Ego, devient par le fait même un "Hanasmussen",
doté d'un double centre de gravité ; il devient
un échec, un avorton de la Mère cosmique.
Certes, il est nécessaire de travailler dans la Forge
des Cyclopes, mais si nous n'éliminons pas l'Ego,
nous échouerons carrément !
Personne
ne doit se croire parfait, car seul est parfait le Père
qui est aux Cieux. Nous tous, à commencer par moi
qui vous parle en ce moment, sommes imparfaits. Il est déplorable
qu'il y ait toujours dans le mouvement gnostique des mythomanes,
des gens qui se considèrent sublimes, qui se croient
de grands hiérarques. Moi-même qui ai fondé
ce mouvement, je ne me suis jamais senti parfait, car je
sais que Lui seul, le Seigneur, le Père, est parfait.
Mais on voit dans notre mouvement gnostique des choses incongrues
: des personnes ignorantes se considèrent savantes
; des personnes remplies d'erreurs égoïques
se croient très sages, très saintes, alors
que leurs mains sont souillées de "charbon"
; des personnes qui se pensent très élevées
hiérarchiquement, alors qu'en réalité
elles ne font que commencer à parcourir le sentier
vertical révolutionnaire...
Loin
de moi l'intention de me montrer pessimiste ou de remplir
votre coeur de pessimisme. Soyons simplement réalistes
: nous n'avons qu'à observer l'état psychologique
dans lequel tous et chacun d'entre nous se trouvent... Tant
que nous n'aurons pas éliminé tous ces Moi-défauts
que nous portons en nous, notre conscience sera profondément
endormie, nous mourrons sans savoir quand, nous renaîtrons
sans savoir comment et nous errerons dans l'au-delà
comme des somnambules, comme des fantômes. Notre existence
sera telle qu'elle a toujours été tant que
nous n'aurons pas désintégré nos Moi-défauts.
Je
dois en outre vous signaler que tout n'est pas comme on
croit, c'est-à-dire, pure intellectualisation. Je
ne veux pas dire que l'intellection illuminée n'est
d'aucune utilité, je veux simplement préciser
que "si l'eau ne bout pas à cent degrés",
ce qui doit être dissous n'est pas dissous et ce qui
doit être cuit n'est pas cuit. Cela signifie que si
nous ne traversons pas de fortes crises émotionnelles
conscientes et assumées volontairement, nous n'éliminerons
pas ce qu'il nous faut éliminer et nous ne cristalliserons
pas en nous ce qu'il nous faut cristalliser. Tout ce processus
n'est donc pas purement intellectuel ; sur ce chemin il
n'est possible d'avancer que sur la base de travaux conscients
et de souffrances volontaires. L'intellect n'est pas tout
: le cerveau émotionnel doit aussi intervenir dans
le travail psychologique qui conduit à notre transformation
profonde. En fait, l'émotion doit travailler davantage
que l'intellect ; l'émotion doit devenir active on
nous ; c'est par la voie des émotions authentiques
que nous parviendrons à l'éveil de notre conscience.
En
vérité, si pour m'adresser à vous,
pour transmettre cet enseignement à l'humanité,
pour bien me faire comprendre de vous j'utilise surtout
l'intellect, ce qui prime dans ma vie privée c'est
le sentiment, l'amour, la conscience, la musique, la beauté...
Au
nom de la vérité je dois vous dire qu'il est
des plus urgents de désintégrer l'Ego. Lorsque
le Moi psychologique est désintégré
en totalité, lorsqu'il est réduit en cendres,
lorsque l'Ego animal cesse d'exister, la conscience devient
totalement illuminée et nous pouvons voir les Elohim,
nous pouvons converser avec eux face à face ; nous
pouvons voir, sentir et palper les grandes réalités
des mondes supérieurs, nous pouvons visiter le Nirvana,
le Paranirvana, le Maha-Paranirvana, etc. Mais tant que
notre conscience est endormie, nous ne cesserons pas d'être
de simples intellectuels condamnés à la peine
de vivre et c'est tout !
L'heure
est venue des grandes révolutions ; l'heure est venue
de nous décider pour "l'être ou ne pas
être" de la philosophie ; l'heure est venue de
nous lever en armes contre nous-mêmes, contre le monde,
contre la nature, contre le cosmos, contre tout et contre
tous. L'heure est venue de briser nos fers et de quitter
cette prison de misère dans laquelle nous vivons,
de quitter cette prison qui se nomme l'Ego. Tant que nous
ne détruirons pas cette sinistre prison, ce cachot
immonde, notre conscience y restera enfermée, inerte,
endormie, ne fonctionnant qu'en vertu de son propre conditionnement.
Vous
comprenez maintenant pourquoi j'ai tellement insisté
ce soir sur la nécessité de mourir. C'est
le fondement de tout ce travail. Il en a toujours été
ainsi, il en sera toujours ainsi et ainsi cela doit-il être
! Malheureusement, l'Ego exerce une extraordinaire fascination
sur notre propre conscience. Plusieurs d'entre vous diront
sans doute que j'exagère, que je suis beaucoup trop
pessimiste, et mettant la main sur leur coeur ils se récrieront
: "Mais moi j'ai eu certaines expériences, obtenu
certains pouvoirs, etc." Chacun cherchera à
justifier sa conduite, son mode de vie, sa manière
d'être, car personne ne veut reconnaître la
vérité, reconnaître que nous sommes
des malheureux.
On
nous a fait beaucoup de promesses, on nous promet de toute
part monts et merveilles ; jusqu'aux politiciens qui promettent
de nous accorder un monde meilleur et même le bonheur...
Cependant, les gens sont toujours enlisés dans les
mêmes problèmes, les mêmes amertumes,
et ils le seront toujours, et leur souffrance persistera
jour après jour, jusqu'à ce qu'ils aient éliminé
les causes de la douleur ; ces causes ne sont pas en dehors,
mais à l'intérieur de nous-mêmes, ici
et maintenant.
Il
faut, je le répète, nous rebeller contre nous-mêmes,
contre la nature et contre le cosmos ; il faut nous lever
en armes contre tout et contre tous, si nous voulons vraiment
l'émancipation de notre conscience et la libération
finale. Nous devons faire preuve de sincérité
et cesser de nous tromper misérablement les uns les
autres. La sincérité, hélas ! fait
grandement défaut dans ce monde, tous veulent se
croire parfaits, tous préfèrent se prendre
pour des saints, des grands sages, etc. Dans les différentes
écoles pseudo-ésotériques ou pseudo-occultistes,
pas un seul n'admet son ignorance, tous croient déjà
"tenir Dieu par la barbichette". Ils ne savent
pas, mais le pire de tout c'est qu'ils ne savent même
pas qu'ils ne savent pas !
Oui,
c'est l'heure des grandes décisions, c'est le moment
de nous engager sur le sentier de la "Révolution
en marche", sur le chemin étroit, resserré
et difficile qui mène à la lumière,
sur le chemin vertical, le chemin de la Révolution
de la conscience, le chemin qui conduit au Surhomme. Présentement
nous ne sommes malheureusement que des "animaux intellectuels"
condamnés à la peine de vivre ; pour être
des hommes, il faut avoir dissous l'Ego et avoir créé
les corps existentiels supérieurs de l'Etre ; et
en outre, s'être sacrifiés intensément
pour l'humanité. Je sais que ce que je suis en train
de vous dire est dur à accepter. Mais je vous certifie
que nous n'avons pas encore atteint l'état humain,
que nous sommes de simples "animaux intellectuels".
Il faut donc atteindre d'abord l'état humain, avant
de penser à nous élever au Surhomme.
En
étudiant l'un des précieux manuscrits de la
civilisation de l'Anahuac, j'ai découvert quelque
chose d'extraordinaire. Nos ancêtres aztèques
affirment ceci : "Les dieux ont créé
les hommes de bois ; ils les ont faits de bois et après
les avoir faits de bois, ils les fusionnèrent avec
la Divinité". Puis, le texte conclut en ces
termes : "Ce ne sont pas tous les hommes qui réussirent
à fusionner avec la Divinité". Il est
indéniable que si nous devenons des hommes, pour
avoir créé les corps existentiels supérieurs
de l'Etre, en ayant ainsi accompli le "devoir parlok"
de l'Etre, cela ne signifie pas pour autant que nous avons
obtenu la victoire ; la victoire totale ne s'obtient que
lors de notre intégration au divin. Celui qui a atteint
l'état humain authentique et véritable doit
d'abord se soumettre à la dissolution de l'Ego, car
si un Homme véritable ne dissout pas l'Ego, il deviendra
un Hanasmussen avec un double centre de gravité,
un avorton de la Mère cosmique.
Ainsi
donc, ce n'est qu'en éliminant la totalité
de nos défauts psychologiques, en mourant en nous-mêmes
que nous parviendrons à nous intégrer au Logos,
à la Divinité. Nous deviendrons alors des
Kumarats. Un Kumarat est un Surhomme, un Logoï incarné
; un Kumarat a le pouvoir sur le feu, sur l'air, sur les
eaux et sur la terre. Nous devons nous convertir en Kumarats,
en hommes authentiques, en Etres divins ineffables, en Individus
sacrés. Mais en ce moment nous ne sommes, en vérité,
que des "animaux intellectuels" ballottés
au gré des circonstances de notre vie.
En
terminant, je vous invite tous à vous efforcer de
vous connaître vous-mêmes, à vous étudier,
vous analyser, vous scruter en profondeur, pour arriver
à savoir ce que vous avez en trop et ce qui vous
manque. Lorsque nous comprenons tout cela, nous entrons
sur le chemin qui conduit au Surhomme.
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