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20. Message aux Dames Gnostiques
Avec
une joie infinie, je vois ici réunies beaucoup de
soeurs du Mouvement Gnostique International. Il ne pouvait
certainement pas manquer l'élément féminin,
dûment organisé, dans ce grand événement
aux répercussions mondiales. La femme est l'Éternel
amour qui vit et palpite dans tout ce qui est, dans tout
ce qui a été et dans tout ce qui sera ; jamais
la femme ne manqua dans les pyramides d'Égypte ;
elle fut la Vestale qui initia les Grands Maîtres
; jamais il ne manqua une femme dans le Temple de Delphes
; il nous semble même la voir, assise à la
façon de la Pythonisse, là-bas, dans le pays
de Grèce : elle prévoyait alors de grands
événements qui arrivaient inévitablement.
Il
me vient à la mémoire le cas d'Alexandre le
Grand, grand conquérant du monde, celui qui unit
l'Europe et l'Asie sous son sceptre en un grand empire.
Rappelons-nous le noeud gordien, nombreuses furent les Pythonisses
de Delphes qui, en extase, défièrent les hommes
les plus sages à défaire ce noeud, aucun ne
pouvait ; il y en eut un seul, qui fut Alexandre ; il alla
vers le noeud, dégaina l'épée et le
coupa en morceaux. Les prêtresses de Delphes le serrèrent
dans leurs bras, disant : « Tu feras la conquête
du monde », et certes, il le conquit.
Voyez
comment, à travers le temps, la femme a guidé
le cours des siècles. Dans la vieille Égypte
des Pharaons, la femme, convertie en Cléopâtre,
enseignait aux multitudes ; les Cléopâtre,
dans l'île Éléphantine, sur le Nil,
faisaient résonner leur Verbe devant le feu, pour
enseigner aux gens.
Rappelons-nous
la femme convertie en une prêtresse de Thèbes
; les torches brûlaient alors qu'elle parlait aux
multitudes. On découvrit la momie de l'une d'elles
il y a de nombreuses années, elle fut transportée
en occident. On la mit sur ce paquebot immense qui existait
il y a plusieurs années, un bateau énorme
; malheureusement ce bateau sombra au fond de la mer. Incontestablement
cette momie possédait des pouvoirs extraordinaires
aussi grandioses que ceux que possédaient les femmes
de l'Île Éléphantine, aussi formidables
que ceux que possédaient les Pythonisses de Delphes,
aussi solennels que ces dons que possédaient les
prêtresses du Druidisme. Ainsi, la femme à
travers les siècles, a resplendi merveilleusement.
Le
Grand Alaya de l'Univers resplendit dans chaque pierre précieuse,
dans chaque arbre, dans chaque colosse. L'Éternel
Féminin fut représenté par Isis, sur
la terre des Pharaons ; tantôt il est adoré
comme Astart sur la terre de Perse, tantôt on lui
rend un culte sous le nom de Cybèle, dans l'Île
de Crête, tantôt on la vénère
sous le nom de Cérès sur la terre grecque.
Il me vient encore en mémoire ces instants où
les Prêtres de Saïs enseignaient au peuple devant
le regard très ancien de la Vierge Noire.
La
femme a resplendi comme déesse et comme être
humain ; tantôt elle porte dans ses bras l'enfant
Horus, tantôt elle chante délicieusement au-dessus
de son berceau en attendant l'aurore. La femme, l'Éternel
Féminin, est le dédoublement du Principe Masculin
Éternel. Dieu même, dans toute sa grandeur,
se dédouble pour se convertir en femme. Je me souviens
aussi de cette parole qui dit : « Elohim-Dieu créa
le monde, il le créa Elohim ». Elohim, en hébreux,
signifie Dieux et Déesses. Ainsi donc, la parole
« Elohim-Dieu créa l'Univers » est masculin
et féminin à la fois. Elohim est un mot féminin,
avec un pluriel masculin. Cette religion où il n'y
aurait pas de Déesses, se trouve à la moitié
du chemin qui mène à l'athéisme, parce
qu'Elohim est Dieux et Déesses.
Ainsi
donc, il est absurde de supposer que seulement l'homme peut
arriver à l'auto-réalisation Intime de l'Être.
Il est incongru de penser que seuls les hommes peuvent se
« christifier ». Au nom de la Vérité,
nous dirons que si Elohim est Dieux et Déesses, les
femmes ont le même droit que les hommes.
L'homme
n'est jamais plus que la femme, ni la femme plus que l'homme
; si l'homme peut incarner le Christ dans sa nature intime,
la femme a aussi le même droit. Je connais des femmes
christifiées, je les ai vues, je suis leur ami, l'une
d'elles vit dans la vieille Europe, resplendit de beauté,
possède le Christ intime dans son intérieur,
il s'agit d'une dame « ressuscitée, immortelle
». J'en connais une autre, du Cercle de l'Humanité
Consciente, qui opère sur les différents Centres
Supérieurs de l'Être, elle est Druide, immortelle
aussi.
C'est
ainsi que le concept selon lequel seuls les hommes peuvent
arriver à la Christification est faux, parce que
Dieu est aussi femme. Au nom de la Vérité,
je dois dire, de façon emphatique, que si Dieu resplendit
à travers les Cléopâtre de l'Île
Éléphantine, que si Dieu resplendit à
travers les Vestales d'Égypte, de Perse, de Grèce,
de Rome et de Syracuse, il resplendit aussi, glorieusement,
à travers la Mère qui berce l'enfant dans
ses bras.
C'est
ainsi que, au nom de la Vérité, je dois dire
que la femme a les mêmes droits que l'homme. L'homme
n'est jamais plus que la femme, bien qu'il prétende
l'être.
Le
Principe Féminin Universel resplendit dans chaque
pierre, dans le lit chantant de chaque petit ruisseau, dans
la montagne délicieuse remplie d'arbres, dans toutes
les beautés de la Nature. Le Principe Féminin
Universel, nous le voyons aussi jusque dans les plantes,
dans les fleurs, nous trouvons les organes masculins et
féminins dans le pistil. Le Principe Féminin
resplendit dans les étoiles, car celles-ci ont les
polarités masculine et féminine à la
fois. Le rayon de l'Éternel Féminin parvenant
des étoiles les plus éloignées, se
niche dans le coeur de la femme qui a resplendi dans la
dissolution de l'Égo et la Christification.
C'est
ainsi qu'au nom de la Vérité, nous ne pouvons
moins que ressentir de l'admiration pour l'Éternel
Féminin. Dieu même dédoublé,
converti en femme, niche avec son amour dans le Coeur du
Système Solaire.
L'Éternel
Féminin est le siège d'où surgit toute
vie. Au lever de l'aurore du Mahamanvantara, le Logos fait
féconder la matière chaotique, fait que resplendisse
le ventre de la Vierge-Mère, l'Éternel Féminin,
pour que surgisse du chaos, le grand ventre, l'Univers.
Ainsi,
il n'y a aucune raison pour que les femmes du Mouvement
Gnostique se sentent tristes ou déprimées,
en supposant qu'elles ne servent que de véhicule
aux hommes qui veulent se christifier réellement
; elles ont le même droit, et arrivent au plus haut.
Si la femme est le véhicule pour l'homme, au moyen
duquel ce dernier peut se christifier, je dois vous dire,
à vous les soeurs gnostiques, que l'homme est l'instrument,
le véhicule médiateur par lequel chacune de
vous peut arriver à la Christification. Les colonnes
de tout Temple sont présentes dans le Temple coeur.
Les colonnes masculine et féminine ne sont pas trop
proches, ni trop éloignées, il y a un espace
entre elles pour que la Lumière puisse pénétrer
au milieu des deux.
L'Éternel
Féminin resplendit non seulement en ce qui n'a pas
de nom, non seulement dans l'Esprit Universel de vie, mais
aussi dans les étoiles qui s'attirent et se repoussent,
en accord avec la Loi des polarités. L'Éternel
Féminin resplendit aussi à l'intérieur
de l'atome, à l'intérieur des ions, à
l'intérieur des électrons, à l'intérieur
des protons, dans les particules les plus infimes de tout
ce qui vibre et palpite dans la Création.
L'Éternel
Féminin a la dimension merveilleuse de l'Éternel
Masculin, pour créer et recréer. L'Éternel
Féminin, Dieu même, converti en Mère,
travaille intensément dans cette création.
L'Éternel Féminin est le rayon qui réveille
les Consciences endormies des êtres humains. Le moment
est venu où chaque femme doit lever, avec sa dextre,
la « torche du Verbe », pour illuminer le chemin
des hommes.
Avec
profonde douleur, je dois dire que les hommes marchent dans
la direction de l'entropie, c'est-à-dire qu'ils cheminent
de façon descendante, involutive. Il est arrivé
le moment où les femmes doivent tendre leur dextre
aux hommes, pour les relever, pour les régénérer,
pour faire d'eux quelque chose de distinct, quelque chose
de différent. Il est arrivé le moment où
les femmes doivent comprendre qu'en ces temps-ci l'élément
masculin est en involution. Il est arrivé le moment
où la femme doit lutter intensément pour régénérer
l'homme. Ainsi donc, en cette Ère du Verseau, revient
aux femmes un grand rôle, celui de régénérer
l'élément masculin décadent.
Au
nom de la Vérité, je dois dire que l'Amour
est le fondement de la Réalisation intime de l'Être.
Un mariage parfait est l'union de deux êtres, un qui
aime plus, et l'autre qui aime mieux. L'Amour est la meilleure
religion accessible à l'espèce humaine. Pour
qu'il y ait Amour, il est nécessaire qu'il y ait
affinité de pensée, affinité de sentiment,
préoccupations identiques. Le baiser vient à
être précisément comme une consécration
de deux Âmes, avides d'exprimer ce qu'elles vivent
intérieurement. L'acte sexuel vient à être
la consubstantiation de l'Amour, dans le réalisme
psycho-physiologique de notre nature.
L'amour
en soi, est une effusion, une émanation angélique
de ce que nous avons de plus profond à l'intérieur,
dans la Conscience. Observez par exemple une personne âgée
amoureuse, qui travaille dans son monde intime. Elle fait
vibrer intensément les glandes endocrines de l'organisme
entier, et celles-ci intensifient leur production hormonale,
revitalisant tout le corps physique, et ainsi, la personne
âgée se régénère, rajeunit,
et en elle resplendit la vitalité.
Certainement,
l'Amour en lui-même est grandiose. Aimer, qu'il est
grandiose d'aimer ! Seules les grandes Âmes peuvent
et savent aimer. Pour qu'il y ait Amour, il est nécessaire
qu'il y ait affinité absolue de sentiment. L'Amour,
en lui-même, est le summum de la sagesse, l'Amour
ne peut être défini, parce qu'alors, on le
défigure. Sur la terre d'Orient, jamais on n'éleva
de monuments aux héros, aux hommes, sinon aux femmes
qui savent aimer, on rend un culte à l'Éternel
Féminin, par divers noms orientaux. Elle est la Kundalini
divine, elle est précisément le Verbe, sous
son aspect féminin universel. En Orient, on apprécie
plus l'Amour, beaucoup plus, que les théories simplement
intellectuelles.
Les
prêtresses du Japon sont des femmes de l'Amour. Là-bas,
jamais on ne profane l'Amour, on le considère comme
quelque chose de trop sacré. Dans le monde de la
Grèce Antique, les prêtresses étaient
toujours respectées par tous les hommes, parce que,
vraiment, elles étaient en elles-mêmes, les
prêtresses de l'Amour. Dieu, en son aspect féminin,
est l'adorable Isis, la chaste Diane, il est aussi le Grand
Alaya de l'Univers.
Dieu,
en son aspect féminin, est la matrice de toute cette
création. En réalité, jamais les mondes
n'auraient surgi du chaos, du Grand Alaya, si n'avait existé,
préalablement, l'Éternel Féminin. Dieu-Mère,
la Matrice Universelle, resplendit dans le chaos, profondément.
La femme en elle-même, possède tous les pouvoirs
et attributs du Divin, parce que, en elle-même, elle
doit aider l'homme.
Il
est arrivé l'heure de comprendre que l'Éternel
Féminin est le pouvoir le plus grandiose de cet Univers.
Il est arrivé l'heure de comprendre cette vérité,
cette réceptivité transcendante et transcendantale
que possède la femme, cette intuition, cette capacité
qu'elle a de percevoir directement par elle-même et
sans tant de théories, la Vérité. Il
est arrivé l'heure de comprendre qu'à côté
de la colonne Jakin se trouve la colonne Bohaz. Il est arrivé
l'heure de comprendre qu'à l'intérieur de
l'atome, les principes masculins et féminins, les
ions et électrons, s'ordonnent et s'arrangent intensivement.
L'Éternel Féminin, Dieu-Mère, est l'Âme
de l'Univers, comme disait Platon, « l'Anima Mundi
» crucifiée sur la planète Terre.
Le
Soleil de Minuit vit, amoureux de la femme, le Soleil de
Minuit, le Logos, aime la femme, elle est Uranie-Vénus,
celle qui tient le Livre de la Sagesse dans les mains. Elle
est précisément la Vestale qui est entre les
deux colonnes du Temple Égyptien. Elle est l'épouse
du Troisième Logos.
Ces
principes ayant été compris, nous devons,
nous autres les hommes, révérer la femme,
rendre un culte à la femme, parce que sans la femme,
nous ne pourrions arriver à l'auto-réalisation
intime de l'Être. La Yoni féminine est représentée
par le Saint-Graal, par le Vase d'Hermès et la Clavicule
de Salomon. C'est dans ce Calice délicieux que but
le Christ, lors de l'Ultime Cène.
Il
me vient en ces instants le souvenir d'Abraham. On dit que,
alors qu'il revenait de la déroute des Rois (il combattit
contre Sodome et Gomorrhe), il rencontra une grande forteresse
militaire. En ce lieu, plus tard, s'éleva Jérusalem,
la ville chérie des Prophètes.
Les
légendes des siècles racontent qu'Abraham
paya la dîme et les prémices à Melchisedech,
Roi de Jérusalem. Ce fut là-bas qu'Abraham
rencontra le Génie de la Terre, Melchisedech.
Melchisedech,
après avoir célébré l'Onction
Gnostique, justement avec Abraham et ses gens, lui fit présent
du Saint-Graal, ce merveilleux Calice d'argent dans lequel
boira le Christ, lors de l'Ultime Cène. Le Calice
représente clairement la Yoni féminine, et
pour cela, il est Vénérable. À travers
les siècles, ce Calice fut donné à
la Reine de Saba. Au cours du temps, avec une relique de
si grand prix, elle arriva à vaincre. Elle soumit
le Roi Salomon à plusieurs épreuves différentes,
et le Grand Roi sortit victorieux, reçut le Joyau
précieux des mains de Reine de Saba.
Quand
le Grand Martyre du Calvaire célébra l'Ultime
Cène, on dit que la relique resplendit sur la table
sacrée. Dans cette relique, il but le Vin de la Sagesse.
Le Martyre du Calvaire utilisa alors le Calice béni
lors de l'Ultime Cène et quand il fut crucifié,
la terre frissonna. Nicodème, ce sage sénateur
de l'Antique Rome, recueillit dans le Calice béni,
le sang qui jaillissait des blessures de l'Adorable.
Ainsi,
chères soeurs gnostiques qui êtes là
aujourd'hui, nous devons comprendre ce qu'est le Saint-Graal.
Il est arrivé l'heure de comprendre que, sans le
Calice Béni dans lequel but le Divin Rabbin de Galilée,
il n'est pas possible à l'homme d'obtenir la Christification
absolue. Il est arrivé l'heure de comprendre que,
dans tout Temple des Adeptes de la Fraternité Universelle
de la Lumière intérieure, resplendit toujours
le Saint-Graal. Il serait inconcevable que, dans le Temple
de l'Adepte de la Grande Lumière, manque le Saint-Graal.
C'est dans le Saint-Graal que se trouve la Manne du désert,
avec laquelle s'alimentèrent les Israélites
pendant 40 ans.
Dans
l'Arche d'Alliance, à l'intérieur du Sanctum
Sanctuorum du Temple de Salomon, était toujours enfermé
le Gomorrhe ou Vase Sacré, qui contient justement
la Manne du Désert. Il ne manquait pas non plus,
à l'intérieur de l'Arche d'Alliance, la Verge
d'Aaron et les Tables de la Loi.
Les
Elohim qui protégeaient cette Arche précieuse,
les ailes jointes, figuraient l'homme et la femme pendant
la Copulation Sacrée. Ainsi donc, au nom de la Vérité,
je dirai que l'Éternel Féminin resplendit
toujours à l'intérieur du Sanctum Sanctorum,
il resplendit dans tout le créé, dans tout
ce qui est, a été et sera.
C'est
avec une grande joie que j'inaugure précisément
aujourd'hui ce congrès Gnostique Féminin.
C'est avec une grande joie que j'amorce les travaux augustes
de ces dames adorables.
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