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19. Sexologie Transcendantale
Samaël Aun Weor
Conférence présentée à l'Université
de San Luis Potosi, au Mexique, le 19 mai 1976 et intitulée
"Sexologia Trascendental"
"En
toute clarté, il s'avère que la Magie Sexuelle,
le Yoga Sexuel, conduit intelligemment vers l'unité
mystique de l'Ame et de la sensualité, ou de la sexualité
vivifiante. L'aspect sexuel cesse alors d'être un
motif de honte, quelque chose de caché ou tabou,
et devient profondément religieux.
De
la fusion intégrale de l'enthousiasme spirituel avec
le désir sexuel surgit la conscience magique".
Assurément,
nous pouvons étudier la Sexologie sous deux angles
totalement différents : le premier, c'est le point
de vue officiel tel qu'on l'enseigne dans les universités,
les facultés de médecine, etc., et l'autre,
c'est le point de vue gnostique. Je vais aborder la Sexologie
à la lumière du Gnosticisme universel.
Avant
tout, précisons que le mot Gnose, Gnosis, signifie
"connaissance". Le mot "Gnose" se retrouve
aussi dans certains termes scientifiques : par exemple diagnose,
diagnostic, pronostic, etc. Nous voyons donc, étymologiquement,
que le mot Gnosis est la racine de plusieurs termes dans
notre langue. Les grands courants qui, dans le passé,
ont été définis comme gnostiques, connaissent
à fond la Sexologie.
Au
nom de la vérité, je dois vous dire que Sigmund
Freud, avec sa psychanalyse, a inauguré une époque
de transformation extraordinaire dans le domaine de la Sexologie.
Sigmund Freud fut un innovateur dans le monde de la médecine,
comme le savent tous ceux qui ont étudié ses
oeuvres. Adler fut l'un de ses disciples les plus célèbres,
de même que Jung ; beaucoup d'autres psychologues,
psychanalystes et parapsychologues de notre époque
ont été aussi ses disciples.
Que
l'on en soit conscient ou non, le sexe est le centre de
gravité de toutes les activités humaines.
Tout orbite autour du sexe, toutes les multiples facettes
de l'activité sociale gravitent autour du sexe. Observons
ce qui se passe lors d'une danse, d'une fête quelconque
: nous remarquerons que tout est basé sur le désir
de plaire, sur la séduction, sur le sexe... Pourquoi
les gens vont-ils dans les fêtes, les cafés,
les cinémas, sinon pour des motifs sexuels plus ou
moins avoués ? Quant à l'acte sexuel proprement
dit, il convient de souligner qu'en plus de la sexualité
dite "normale", c'est-à-dire la sexualité
ordinaire, conforme à la "norme", il y
a aussi l'infrasexualité et la suprasexualité.
Aujourd'hui, malheureusement, la pornographie est omniprésente,
et le sexe détourné exclusivement vers la
satisfaction des passions charnelles.
Qu'est-ce
qu'on entend par "sexualité normale" ?
Par
"sexualité normale", nous entendons l'activité
sexuelle conduisant à la reproduction de l'espèce.
L'infrasexualité est une chose différente
; en fait, il y a deux sortes d'infrasexuels. Dans la Kabbale
hébraïque on dit qu'Adam avait deux épouses
nommées Lilith et Nahémah. Lilith représente
l'une des sphères infrasexuelles ; nous y retrouvons
les pédérastes, les homosexuels, les lesbiennes,
etc. A la sphère infrasexuelle de Nahémah
se rattachent ceux qui abusent du sexe, ceux qui s'abandonnent
à la luxure de façon effrénée,
incontrôlée. Voilà les deux sphères
de l'infrasexualité.
La
suprasexualité, quant à elle, est pour les
génies, pour les hommes et les femmes supérieurs,
transcendantaux. Jésus de Nazareth, Bouddha, Hermès
Trismégiste, Mahomet, Lao Tseu en Chine, Quetzalcoatl
au Mexique, Pythagore, furent tous des suprasexuels. Nous
pourrions entrer nous aussi dans le royaume de la suprasexualité
; pour entrer dans la sphère de la suprasexualité,
il faut d'abord être passé par la sexualité
normale. Les infrasexuels - lesbiennes, homosexuels, pédérastes,
masturbateurs - ne sont pas prêts à entrer
dans la sphère de la suprasexualité ; l'infrasexuel
de la sphère de Lilith doit en premier lieu, s'il
veut vraiment se régénérer, accéder
à la sexualité normale, alors seulement pourra-t-il
emprunter de plein droit le chemin de la suprasexualité.
Il
y a quelque temps de cela, un homosexuel est venu me rendre
visite. Cet homme, qui possède une grande culture
intellectuelle, s'est enthousiasmé pour les idées
révolutionnaires de la Sexologie transcendante, enseignées
par le Gnosticisme universel ; il me parla avec franchise
et me raconta sa tragique histoire d'homosexuel. Toutefois,
il m'exprima le désir de se régénérer,
d'adopter la sexualité normale afin de prendre, ultérieurement,
le chemin de la suprasexualité. "Oui, mon ami,
approuvai-je, il n'y a pas d'autre solution : commencez
par avoir une sexualité normale. D'abord et avant
tout, ayez une femme, mariez-vous, régénérez-vous,
pratiquez une sexualité normale, devenez un homme
"normal". Le jour où vous aimerez vraiment
une femme, vous serez prêt à entrer sur la
voie de la supra-sexualité, pas avant. En ce moment,
vous marchez sur le chemin de la dégénérescence..."
L'homme
ne fut nullement offensé par mes propos. Il n'y avait
vraiment pas de raison. Il affirma qu'il allait chercher
une femme, qu'il allait se marier, qu'il allait essayer
de revenir à la sexualité normale, car il
désirait plus que tout entrer un jour dans la sphère
transcendantale de la suprasexualité. Dieu veuille
que notre ami se régénère, nous le
lui souhaitons vivement.
L'autre
jour, c'est une lesbienne qui est venue me voir ; elle voulait
que je la conseille, elle me dit que les femmes l'attiraient
et que c'était là un grave problème
; qu'elle avait dépensé beaucoup d'argent
pour une certaine dame, mais que celle-ci lui "mettait
des cornes" (la trompait), comme on dit. Chose certaine,
la dame de ses désirs se promenait avec d'autres
femmes, ce qui, bien sûr, provoquait en elle des crises
de jalousie.
Cette
lesbienne souffrait comme si elle était un homme,
exactement ; elle pleurait et suppliait et me demandait
conseil. Je lui ai dit que le mieux pour elle était
qu'elle se régénère, qu'elle se trouve
un homme, qu'elle prenne le chemin de la sexualité
normale, etc. Je ne sais pas si cette pauvre femme a fini
par se régénérer ; elle ne semblait
pas vraiment le vouloir, elle était trop attachée
à sa dame, trop jalouse des autres femmes qui sortaient
avec "sa" femme... Il est très difficile
de sortir du chemin de la dégénérescence,
du chemin infrasexuel.
À
vrai dire, ce ne sont pas seulement les lesbiennes, les
homosexuels et les masturbateurs qui sont des infrasexuels
; non, sont aussi des infrasexuels ceux qui abusent du sexe,
ceux qui changent de femme à tout moment, ceux qui
copulent cinq, dix, quinze fois par jour. Ce sont indubitablement
des personnes dégénérées, infrasexuelles,
bien qu'elles se croient très viriles, très
mâles.
Revenons
maintenant à la sexualité "normale".
L'homme s'unit à sa femme, ils s'aiment, ils reproduisent
leur espèce... Ils vivent en accord avec les intérêts
de la nature, ils servent l'économie de la nature...
Chacun
de nous est une petite machine qui capte certains types
précis d'énergie cosmique. Chaque petite machine
- c'est-à-dire, chaque organisme humain - capte ces
énergies cosmiques, ces énergies qui proviennent
de l'Univers, les transforme de façon automatique,
subconsciente, et les transmet aux couches intérieures
de la Terre. Car la Terre est un organisme vivant, un organisme
qui se nourrit, qui vit à travers nous.
Les
plantes exercent aussi une fonction similaire : chaque plante,
selon son espèce, capte tel ou tel type de vibration
cosmique, qu'elle transforme puis retransmet aux couches
intérieures de la Terre. Et la même chose se
passe avec les organismes animaux : ils captent tel ou tel
type spécifique d'énergie, selon leur espèce,
qu'ils transforment et transmettent ensuite aux couches
intérieures de l'organisme planétaire.
Nous
nous reproduisons sans cesse par la sexualité normale
: cela est nécessaire à l'économie
de la nature. Ainsi donc, avec notre sexualité normale,
nous vivons conformément aux intérêts
économiques de la nature.
La
suprasexualité, c'est tout à fait autre chose.
Entrer dans le domaine de la suprasexualité, c'est
entrer sur le chemin de transformations extraordinaires.
Frédéric Nietzsche, dans son oeuvre magistrale
intitulée "Ainsi parlait Zarathoustra",
traite éloquemment du Surhomme. L'heure du Surhomme
a sonné, proclame-t-il, et "l'homme n'est qu'une
corde tendue entre la bête et le Surhomme, une corde
au-dessus d'un abîme". Franchir cet abîme
est dangereux, chaque pas sur cette voie est dangereux,
regarder en arrière est dangereux, s'arrêter
en chemin est dangereux... Oui, l'heure du Surhomme est
arrivée... Hitler a interprété Nietzsche
à sa façon : pendant la Seconde Guerre mondiale,
même le plus insignifiant policier allemand était
un surhomme ; personne ne se sentait petit à l'époque
de Hitler ; en Allemagne, tous étaient des surhommes.
Bien qu'il ait eu à l'origine d'excellentes intentions,
Hitler n'a malheureusement pas su interpréter Nietzsche.
Le Surhomme n'a rien de commun avec la conception qu'en
avait le Führer. Pour ma part, je sais que le Surhomme
est une possibilité bien réelle en chaque
être humain ; nous pouvons atteindre la stature du
Surhomme, mais ce n'est réalisable que par la transmutation
des énergies sexuelles, et cela relève du
domaine de la suprasexualité.
En
chaque être humain il y a cinq centres fondamentaux
: d'abord le centre intellectuel ; puis le centre émotionnel
; troisièmement le centre moteur, qui a son siège
en haut de l'épine dorsale ; ensuite le centre instinctif,
qui est situé à la partie inférieure
de l'épine dorsale ; enfin le centre sexuel. Ces
cinq centres exercent des fonctions fondamentales. Le centre
sexuel est celui autour duquel orbitent toutes les activités
humaines. La pensée est apparemment très rapide,
mais elle est en fait très lente : supposons que
vous conduisez une voiture et que, dans un moment de danger,
vous vous mettez à analyser la situation, vous demandant
si vous devez faire ceci ou cela, avancer ou arrêter,
ou reculer, etc., vous aurez sûrement un accident.
Le centre moteur est beaucoup plus rapide ; quand on conduit
une automobile, on n'a pas le temps de penser, c'est le
centre moteur qui intervient : on agit rapidement, instinctivement
- le centre moteur est en relation intime avec le centre
instinctif - et c'est ainsi qu'on peut se tirer du mauvais
pas. Il vous est peut-être arrivé, au volant
de votre voiture, dans une situation de danger, de vous
trouver soudain indécis : "Vais-je à
droite ? vais-je à gauche ?" Résultat
: l'accident. Parce que vous avez laissé intervenir
le centre de la pensée, qui est très lent.
Le centre du mouvement, quant à lui, réagit
presque instantanément, il est beaucoup plus rapide.
Le centre émotionnel est encore plus rapide, mais
il n'y a pas de centre plus rapide que le centre sexuel
: un homme voit une femme et en un millième de seconde
il sait, tout au fond de lui, si elle le complète
ou non, si elle est en accord ou non avec l'onde ou la vibration
qui est la sienne. Il sait instantanément si elle
s'harmonise ou non avec sa vibration.
La
recherche du complément sexuel intervient en fait
dans chaque fonction de la machine humaine, et le degré
d'attraction, d'indifférence ou de répulsion
entre un homme et une femme est le résultat d'un
calcul très complexe du facteur de réciprocité
existant dans chacune des fonctions. Heureusement, ce n'est
pas le centre intellectuel qui doit effectuer ce calcul,
mais le centre sexuel, lequel peut obtenir une réponse
en une fraction de seconde. Le centre sexuel permet d'enregistrer
avec une rapidité inouïe le coefficient de compatibilité
avec l'autre pôle. Le problème c'est que la
luxure s'interpose et fausse le calcul.
À
l'intérieur du centre sexuel, il y a d'infinies possibilités
qui, si elles sont développées, peuvent nous
transformer en Anges ou en Démons. Le Feu électronique
solaire du centre sexuel pourrait nous transformer radicalement,
s'il était éveillé intelligemment.
Et seule la suprasexualité permet de réveiller
et de développer en nous ce Feu christique solaire.
Abordons
maintenant une question extrêmement délicate...
Un homme, par exemple, aime une femme, il l'épouse,
il semble vivre heureux avec elle ; mais il se rend compte
peu à peu que quelque chose ne tourne pas rond, que
quelque chose lui manque. Il peut arriver qu'avec la femme
avec qui il vit il se sente incomplet : il est possible
qu'elle remplisse les attentes du centre émotionnel,
mais peut-être ne le complète-t-elle pas mentalement
ou sexuellement ; il rencontre une autre femme et il se
peut que celle-ci le complète sexuellement alors
survient l'adultère...
Mais
attention je ne fais pas ici l'éloge de l'adultère.
L'autre jour, à l'occasion d'une fête où
plusieurs personnes étaient en train de boire ensemble,
l'une d'elles, un peu trop ivre, s'écria : "Vive
l'adultère !" Non, en ce qui me concerne, jamais
je ne ferais l'éloge de l'adultère ; je tente
simplement d'en dégager les causes profondes. Il
arrive souvent, dans un couple, que l'un des deux ne trouve
pas en l'autre son parfait complément dans les cinq
centres ; il est possible qu'il ne trouve alors son complément
qu'avec une autre personne : de là découle
ce qu'on appelle l'adultère.
Supposons
qu'une femme se complète mentalement avec un homme,
mais non émotionnellement. Il peut se produire qu'elle
fasse la connaissance d'un autre homme avec qui elle trouve
à se compléter émotionnellement. Il
peut aussi arriver que, dans le domaine des habitudes, en
relation avec le centre moteur, un homme ne se complète
pas avec sa femme ; il pourra rencontrer une autre femme
qui le complétera, avec qui il se sentira en affinité
au niveau du centre moteur.
Voilà
la cause intrinsèque de tant d'adultères,
qui conduisent naturellement au divorce.
Encore
une fois, qu'on ne s'y méprenne pas, je l'ai dit
et je le répète, je ne veux absolument pas
louanger l'adultère, car ce serait absurde. Mais
comme nous sommes en train d'étudier la question
sexuelle, nous ne pourrions passer sous silence le problème
de l'adultère. Je crois que le mieux, pour un homme,
c'est de trouver une femme qui le complète intellectuellement,
émotionnellement, ainsi que dans le centre moteur
- ou monde des habitudes -, dans le centre instinctif et
dans le domaine sexuel. Ce serait vraiment le couple idéal,
le couple parfait. Pour une femme aussi, l'idéal
serait de trouver un homme qui la complète totalement,
dans les cinq centres : ce serait alors pour elle, le vrai
bonheur...
Un
autre grave obstacle au bonheur, c'est cette question des
tempéraments. Il est impossible, pour un homme au
tempérament ardent, d'être heureux avec une
femme qui est un bloc de glace.
Imaginez-vous
cet homme s'unissant sexuellement avec une femme froide
comme un glaçon ! Peut-être avez-vous lu ce
livre intitulé Siloé l'Égyptien ? On
y parle entre autres de ces endroits, dans l'ancienne Égypte,
où l'on pratiquait la momification. Il y avait plusieurs
de ces lieux infects où l'on préparait les
cadavres pour les momifier. Ceux qui travaillaient là
dégageaient une odeur immonde et aucune femme ne
pouvait aimer ces hommes qui sentaient tellement mauvais
; ils sentaient la pourriture, car ils vivaient au milieu
de la pourriture. Savez-vous ce que faisaient ces momificateurs
? Ils copulaient avec les cadavres des femmes qui leur était
amenés ! Ce ne doit pas être bien agréable,
n'est-ce pas, de copuler avec des défuntes. C'est
un peu ce que doit ressentir l'homme au tempérament
ardent qui doit s'unir avec une femme de glace, avec un
cadavre...
Il
y a aussi, notamment, le tempérament lymphatique
des gens lourds, maladroits, lents. Il est impossible qu'une
femme au tempérament nerveux, par exemple, puisse
s'entendre avec un homme buté, lourd et maladroit
!
Ainsi
donc, la question des tempéraments est importante.
Non seulement est-il nécessaire qu'il y ait corrélation
entre les différents centres de la machine organique
: intellectuel, émotionnel, moteur, instinctif et
sexuel, mais il faut aussi qu'il y ait affinité de
tempérament. Ce n'est que lorsqu'il y a affinité
de tempérament et une parfaite interrelation dans
les différents centres de la machine humaine que
l'on peut parler d'une authentique affinité, laquelle
apporte le bonheur.
Mais
ce dont il s'agit, en ce moment, c'est de la sexualité
"normale". La suprasexualité est différente,
mes amis. Pour entrer dans le domaine de la suprasexualité,
il faut avant tout apprendre à transmuter l'énergie
créatrice.
Nous
ne devons pas penser au sexe seulement du point de vue physiologique
; nous devons aussi savoir que dans le sexe il y a de l'énergie.
Einstein a dit l'énergie est égale à
la masse multipliée par le carré de la vitesse
de la lumière (E=mc²). Il a dit également
que l'énergie se transforme en masse et que la masse
se transforme en énergie. Est-il possible de transformer
la masse en énergie ? Tout à fait ! Illustrons
cela par un exemple simple qui vous aidera à comprendre
la nature de ce processus.
Prenez
une flaque d'eau sur la route : la chaleur du soleil fait
évaporer cette eau qui se convertit en nuages, puis
en énergie, c'est-à-dire en tonnerre et en
éclairs. Les eaux des mers et des rivières
se transforment en nuages, puis en tonnerre et en éclairs,
en énergie. Il se passe la même chose avec
l'ens-seminis...
Qu'entend-on
par ens-seminis ? L'ens-seminis est une dénomination
que nous avons empruntée au médecin alchimiste
Paracelse, qui signifie "entité du sémen"
; il s'agit en fait du sémen lui-même, du sperme
sacré, mais pour employer un langage plus délicat,
afin de ne pas effrayer les gens - du moins ceux qui ne
sont pas prêts -, nous disons ens-seminis. Aujourd'hui
on a tendance à considérer le sperme simplement
comme une substance sécrétée par nos
glandes sexuelles. Le mot "sacré" accolé
au mot sperme semble déplacé, incongru, voire
sacrilège. Toutefois, si vous étudiez la psychologie
freudienne, vous y découvrirez cette affirmation
à savoir que les religions ont, en dernière
analyse, une origine sexuelle. Je suis d'accord avec Freud
sur ce point.
Lorsqu'on
se penche sur les religions antiques ou les cultes des peuples
dits primitifs - ceux par exemple des différentes
tribus amérindiennes, africaines ou asiatiques -,
on peut constater, on peut se rendre à l'évidence
par soi-même que dans toutes ces religions, dans tous
ces cultes, il y a un mélange du sexuel et du mystique,
du religieux et de l'érotique : les Dieux et les
Déesses y sont souvent représentés
dans des postures érotiques, en train de copuler.
Sur la terre des Védas, ces postures étaient
considérées comme sacrées et ont été
codifiées dans des traités religieux qui exposent
comment la sexualité peut assurer la rédemption
de l'être humain.
Il
y avait en Crète de grandes processions rituelles
au cours desquelles des prêtresses portaient d'énormes
phallus en bois. En ce temps-là, le phallus n'était
pas considéré de façon vulgaire, comme
il l'est de nos jours, on lui rendait un véritable
culte, ce dont témoignent encore les offrandes sacrificielles
faites en Inde aux lingams - emblèmes phalliques
du dieu Shiva, la troisième personne de la trimurti
(trinité) hindoue -. On rendait également
un culte à la yoni, c'est-à-dire, à
l'organe sexuel féminin.
Il
n'y a pas de doute que la lance avec laquelle, dit-on, le
soldat romain Longinus a transpercé le flanc du Christ,
est une vive représentation du phallus. Il n'y a
pas de doute non plus que la coupe, le calice ou le Saint-Graal
pour lequel tous les chevaliers du Moyen-Age ont combattu,
lorsqu'ils se sont rendus en Terre Sainte à l'époque
des Croisades, représente la yoni féminine,
l'éternel féminin. On sait que les chevaliers
du Moyen-Age étaient à la recherche de ce
calice dans lequel le Christ a bu lors de la Dernière
Cène, de ce calice qui symbolise en fait la yoni.
Ils ne l'ont jamais trouvé, évidemment, mais
en souvenir de cette époque de la quête du
Saint-Graal, de la lutte contre les Maures, nous avons la
coupe des Olympiades, coupe que l'on remet aux vainqueurs,
dans les jeux olympiques : c'est là l'origine de
cette coupe qui, je le répète, représente
la yoni, c'est-à-dire, l'organe sexuel de la femme.
Ainsi donc, dans le domaine de la suprasexualité,
le calice et la lance sont sacrés.
Le
sperme est sacré, car il renferme des potentialités
extraordinaires. Les alchimistes médiévaux
désignaient le sperme sous le nom de "Vitriol"
; ce mot est un acrostiche formé d'après la
phrase latine suivante : Visita Interiora Terrae, Rectificando,
Invenies Occultum Lapidem, c'est-à-dire : "Visite
l'intérieur de la Terre, en rectifiant tu trouveras
la pierre cachée." Mais quelle est cette "pierre"
qu'évoquaient les alchimistes médiévaux
? C'est la fameuse Pierre philosophale. Cette pierre, il
faut la fabriquer. Il existe, indéniablement, des
formules, des méthodes pour la fabriquer. C'est à
l'aide du sperme sacré et de la transmutation qu'il
est possible d'acquérir la Pierre philosophale. La
transmutation de la libido sexuelle convertit le sperme
en énergie ; on peut y parvenir quand on connaît
la clef...
Si
avec l'ens-seminis nous pouvons donner vie à un enfant,
si avec l'ens-seminis nous pouvons reproduire l'espèce
humaine, si avec l'ens-seminis nous pouvons remplir le monde
de millions d'êtres humains, il est certain et très
véritable qu'avec l'ens-seminis, c'est-à-dire
avec "l'entité du sémen", nous pouvons
nous donner vie à nous-mêmes et nous convertir
en véritables Surhommes, dans le sens le plus complet
du mot.
Or
l'important, c'est d'accomplir la transmutation de la libido
sexuelle. Par cette transmutation nous cérébralisons
le sémen et nous séminisons le cerveau. Il
faut séminiser le cerveau car, comme les hommes de
science le savent très bien, ce ne sont pas toutes
les régions du cerveau qui se trouvent actuellement
actives. La médecine sait aujourd'hui que seule une
partie minime de notre cerveau exerce ses fonctions. Incontestablement,
il y a dans notre cerveau plusieurs régions, plusieurs
parties inactives. Et si, avec la toute petite portion du
cerveau qui est active, nous avons réussi à
fabriquer des fusées qui voyagent jusqu'à
la lune, si nous avons été capables de créer
des bombes atomiques - avec lesquelles on a détruit
les villes d'Hiroshima et de Nagasaki - si nous avons pu
fabriquer ces avions supersoniques et ces ordinateurs ultra-sophistiqués,
que pourrions-nous donc faire si nous régénérions
notre cerveau, si la totalité de la masse encéphalique
travaillait ? Nous pourrions transformer le monde, en faire
un jardin merveilleux où il ferait bon vivre. Mais
il faut pour cela régénérer le cerveau,
il faut le séminiser : cérébraliser
le sémen et séminiser le cerveau, voilà
la clef !
Les
grands musiciens d'autrefois, un Beethoven par exemple,
un Chopin ou un Liszt, furent des hommes qui avaient le
cerveau très séminisé, des hommes qui
ont su tirer de leur cerveau des capacités extraordinaires,
qui ont utilisé un pourcentage relativement élevé
de leurs aires cérébrales. Mais les choses
sont très différentes aujourd'hui : le cerveau
humain est extrêmement dégénéré
et nous ne nous en rendons même pas compte...
Supposons
que vous vous trouviez au beau milieu d'une surprise-party,
tout content, vous trémoussant sur une musique rock
et que soudain quelqu'un enlève le disque et mette
une symphonie de Beethoven, comment réagiriez-vous
? Vous n'iriez pas jusqu'à insulter votre hôte,
bien sûr, mais vous vous retireriez discrètement,
n'est-ce pas ? Pourquoi ? Au Moyen-Age, lorsque le cerveau
n'était pas aussi dégénéré
que maintenant, il en allait différemment : on dansait
le menuet ou la valse, au rythme de la musique classique.
Les musiciens accompagnaient les repas des seigneurs, interprétant
les plus délicieuses symphonies. Jadis, Bach, Vivaldi,
Mozart, Beethoven, Liszt, étaient les musiciens à
la mode. C'était il y a longtemps... A présent
cette époque est bien révolue. Si aujourd'hui
quelqu'un dans une fête a le malheur de mettre une
de ces musiques, nous prenons congé, tout simplement,
et good bye nous nous éclipsons en douce, n'est-ce
pas ? Pourquoi ? Parce que cela nous ennuie ! Et pourquoi
cela nous ennuie-t-il ? Soyons analytiques, nous sommes
ici pour analyser : cela nous ennuie tout simplement parce
que notre cerveau est dégénéré
; il y a certaines zones cérébrales qui n'ont
plus la capacité d'apprécier la bonne musique.
Et
pourquoi notre cerveau a-t-il dégénéré
? Notre cerveau a dégénéré parce
que pendant de nombreux siècles nous avons extrait
de notre organisme "l'entité du sémen".
Nous ne l'avons pas extrait uniquement pour donner vie à
d'autres créatures, nous l'avons extrait surtout
parce que cela nous plaisait, parce que cela nous procure
un grand plaisir, voilà tout. C'est pourquoi nous
nous sommes vautrés dans la luxure, dans des lits
de plaisir, jouissant goulûment, mais le dindon de
la farce ce fut le cerveau, c'est-à-dire que le cerveau
a dû payer pour les pots cassés. Le résultat
c'est qu'à présent plusieurs régions
du cerveau ne travaillent plus. Mais il est possible de
le régénérer : il faut pour cela transmuter
"l'entité du sémen", la convertir
en énergie. Ainsi seulement pourrons-nous cérébraliser
le sémen.
Et
je vais vous dire comment, car je ne puis me permettre ici
de vous le cacher. Je vais vous expliquer une technique
très particulière que les alchimistes médiévaux
enseignaient à leurs disciples. Des hommes de science
contemporains ont aussi professé cette technique,
tels Brown-Séquard en France ou le Docteur Arnold
Krumm-Heller, qui fut médecin-colonel de l'armée
mexicaine ; Carl Jung l'a également enseignée,
de même que les écoles asiatiques de Tantrisme...
Ce n'est donc pas une découverte personnelle, car
cet enseignement je l'ai appris de tous ces sages et savants,
et à mon tour je vous le communique, mais non comme
un article de foi ou comme un dogme inébranlable.
Si vous voulez l'accepter, acceptez-le ; si vous ne le voulez
pas, ne l'acceptez pas. Beaucoup d'écoles l'ont accepté,
beaucoup l'ont rejeté ; chacun est libre de penser
ce qu'il veut...
Voici
donc en quoi consiste cette technique : connexion du lingam-yoni
- le lingam, vous savez ce que c'est : c'est le phallus
; et vous savez aussi que le mot yoni désigne l'éternel
féminin et plus précisément l'utérus
ou l'organe sexuel de la femme - donc connexion du lingam-yoni
sans éjaculation de "l'entité du sémen".
Le Dr Krumm-Heller donnait la formule en latin : Immittere
membrum virile in vagina feminae sine ejaculatio seminis.
Certains
hommes de science modernes, comme nous l'avons dit, ont
accepté cette méthode ; la communauté
Onéïda, aux Etats-Unis, en a fait l'expérience
pendant plus de trente ans. Près de 250 personnes,
hommes et femmes de cette communauté, ont commencé
à travailler avec la sexualité. On leur demandait
de copuler pendant un certain temps, mais sans éjaculer
"l'entité du sémen", après
quoi on les soumettait à des études cliniques.
On a pu ainsi observer la séminisation du cerveau,
une augmentation hormonale significative dans le sang, une
amélioration de la vitalité et de la résistance
organique aux agressions pathogènes, un accroissement
de la puissance sexuelle et la disparition de plusieurs
maladies... Lorsque les scientifiques ont voulu voir quelle
sorte d'enfants ces hommes et femmes de la Société
Onéïda pouvaient engendrer, ils leur ont accordé
la liberté de copuler avec éjaculation séminale.
Des 60 enfants qui furent ainsi engendrés, aucun
ne présentait de malformation ou de déficience
: au contraire, ces enfants se sont avérés
physiquement et mentalement supérieurs à leurs
parents. On a donc fait des expériences très
intéressantes dans cette communauté Onéïda.
En
tout cas, une chose à retenir dans cette vieille
méthode, dans ce vieil art qui constituait le secretum
secretorum des alchimistes médiévaux, c'est
que les glandes sexuelles ne dégénèrent
pas avec l'âge. Vous savez sans doute que lorsque
les glandes sexuelles dégénèrent, l'hypophyse
dégénère aussi, de même que toutes
les glandes à sécrétion interne, ce
qui amène la sénilité. Tout le système
nerveux subit un processus de dégénérescence.
Alors vient la décrépitude et la mort.
Pourquoi
vieillit-on ? Tout simplement parce que les glandes sexuelles
décrépissent. Alors, toutes les glandes endocrines
décrépissent également, ce qui amène
la décrépitude générale de l'organisme
et la vieillesse. Mais s'il y avait une méthode qui
permettait que les glandes sexuelles ne dégénèrent
pas, n'entrent pas en décrépitude, nous pourrions
préserver la vitalité des glandes endocrines,
nous pourrions conserver tout le système nerveux
en parfait état, et dès lors il n'y aurait
pas de décrépitude ni de vieillesse, cela
va de soi.
Or
donc, grâce à cet art très raffiné
: connexion du lingam-yoni sans éjaculation de l'ens-seminis
- comme le professent ces grands médecins, Arnold
Krumm-Heller et Brown-Séquard - il est possible de
garder actives les glandes sexuelles pendant toute notre
vie. Cela signifie qu'un homme qui mettrait cette méthode
en pratique pourrait atteindre l'âge de 90 ou 100
ans en conservant la capacité de copuler, de jouir
librement du plaisir sexuel...
Le
plaisir sexuel est un pouvoir légitime de l'être
humain, ce n'est pas un "péché",
ce n'est pas "tabou", ce ne doit pas être
un motif de honte ou de dissimulation, car cela constitue
un droit légitime de l'homme. Ceux qui considèrent
la jouissance sexuelle comme répréhensible,
quelque chose qu'on doit cacher ou réprimer, sont
dans l'erreur ; la jouissance sexuelle, je le répète,
ne doit pas être méprisée, car nous
y avons droit par nature...
Nous
disions donc que grâce à la transmutation de
"l'entité du sémen" en énergie,
il se produit des changements psychologiques extraordinaires.
La glande pinéale, entre autres, se développe.
Cette glande était active autrefois, à une
époque très reculée de l'Histoire ;
l'être humain possédait alors cet oeil dont
nous parle Homère dans son Odyssée : l'oeil
des Cyclopes, l'oeil qu'Ulysse vit au front du terrible
géant Polyphème qui voulait le dévorer.
Cet oeil des Cyclopes n'est pas une simple légende
sans fondement. Grâce à la transmutation sexuelle,
cette glande se développe, entre de nouveau en activité
; c'est là que se trouve cet oeil qui nous permet
de percevoir l'Ultra de toutes choses. Car notre monde n'est
pas seulement à trois dimensions, comme le croient
les "ignorants instruits" ; notre monde se prolonge
dans une quatrième verticale. Plus encore nous pouvons
affirmer en toute certitude qu'il existe une cinquième
verticale, une sixième et une septième. Cela
signifie que nous n'avons jamais vu notre monde tel qu'il
est réellement, et nous ne le voyons pas parce que
nos cinq sens sont dégénérés
et que notre glande pinéale s'est atrophiée.
Il existe aussi d'autres sens en nous qui ont dégénéré
et que nous avons complètement perdus. Si nous réussissons
à les régénérer, nous pourrons
percevoir le monde tel qu'il est, avec ses sept dimensions.
Ainsi,
la crue réalité des faits c'est que par la
transmutation sexuelle nous pourrons régénérer
la glande pinéale et les autres sens qui se sont
atrophiés. Nous aurons alors accès à
un monde de connaissances extraordinaires, nous aurons accès
aux dimensions supérieures de la Nature et du Cosmos,
nous pourrons voir, entendre, toucher et palper les grandes
réalités de la vie et de la mort, nous pourrons
appréhender, capter tous les phénomènes
cosmiques en eux-mêmes, tels qu'ils sont réellement
et non tels qu'ils paraissent être.
La
transmutation est la clef : transformer le sperme, le changer
en énergie, voilà l'essentiel. L'heure est
venue, mes chers amis, de comprendre tout cela à
fond, intégralement...
Si
un homme se proposait de mettre en application cette formule
tellement simple, cet art que nous ont légué
Brown-Séquard et Krumm-Heller, de même que
les alchimistes médiévaux, je puis vous affirmer
sans l'ombre d'un doute que cet homme se transformerait
à la longue en un Surhomme.
Il
est important de ressentir le besoin de changer, de nous
transformer en quelqu'un de différent. Le réactionnaire,
le conservateur, le rétrograde, lui, ne désire
pas changer. Mais lorsqu'on est vraiment révolutionnaire,
on veut être différent, on veut changer fondamentalement,
se transformer en quelque chose de distinct, se convertir
en un Surhomme, faire de la doctrine de Nietzsche une réalité.
La
transmutation sexuelle nous accorde la possibilité
de changer. C'est la force sexuelle qui nous a mis sur le
tapis de l'existence ; sans la copulation d'un homme et
d'une femme nous ne serions pas là, n'est-ce pas
? Or, si la force sexuelle, si l'énergie du sexe
a eu le pouvoir de nous mettre au monde, elle seule a vraiment
le pouvoir de nous transformer radicalement.
Il
y a dans le monde beaucoup d'idéologies, une foule
de croyances, et chacun est libre de croire ce que bon lui
semble, mais en vérité la seule force qui
ait le pouvoir de nous transformer, c'est celle qui nous
a créés, celle qui nous a donné le
jour, c'est-à-dire, évidemment, la force sexuelle.
Apprendre à manier cette merveilleuse énergie
du sexe signifie se rendre maître de la création.
Lorsque
le sperme sacré se transforme en énergie,
il se produit des changements psychosomatiques prodigieux.
Nous connaissons tous ces réservoirs hormonaux de
nos gonades, comment les hormones passent de vaisseau en
vaisseau, puis le long des cordons spermatiques, jusqu'à
la prostate, où se produisent les plus grandes transformations
de l'entité du sémen. Les hormones entrent
enfin dans le torrent sanguin.
Le
mot hormone vient d'un mot grec qui signifie "force
d'activation" ou de "stimulation". Les hormones
ont été étudiées par les hommes
de science. Ce sont des substances merveilleuses dont l'action
fondamentale sur les diverses fonctions organiques a été
amplement démontrée. Les hormones sexuelles,
par exemple, lorsqu'elles entrent dans le courant sanguin,
réalisent des prodiges. Quand elles atteignent les
glandes endocrines, soit la thyroïde ou les parathyroïdes,
les surrénales, le thymus, etc., elles les stimulent,
elles activent ces micro-laboratoires et leur font produire
davantage d'hormones, lesquelles enrichissent le torrent
sanguin et régénèrent organes et tissus
de façon extraordinaire ; alors maux et maladies
disparaissent.
De
nos jours, hélas ! le sperme qui monte à la
prostate est gaspillé dans l'éjaculation,
et on ne laisse même pas la chance aux spermatozoïdes
de se décomposer dans les hormones : aussitôt
créés, ils sont évacués, éjectés
bêtement hors de l'organisme. "L'entité
du sémen" a bien souvent à peine le temps
de s'engager dans les tubes séminifères, qu'elle
est expulsée hors du corps.
Il
convient ici de mettre en garde contre la masturbation qui,
en plus de constituer un crime contre nature, peut être
extrêmement dommageable. Au moment de l'éjaculation
de "l'entité du sémen" il se produit,
comme on sait, un mouvement péristaltique du phallus
; par ce mouvement le phallus évacue le sémen
et aspire de l'utérus de la femme une certaine quantité
d'énergie dont on a besoin pour nourrir le cerveau
et compenser dans une certaine mesure la perte de la précieuse
substance séminale. Mais lors de la masturbation
le phallus ne recueille, par le mouvement péristaltique,
que de l'air qui pénètre dans l'organisme
et va au cerveau, contribuant à débiliter
les facultés cérébrales.
Pour
transmuter le sperme sacré en énergie créatrice,
pendant l'union sexuelle de l'homme et de la femme, on doit
à tout prix éviter l'éjaculation de
l'ens-seminis. Car, comme disaient les plus grands sages
du Moyen-Age, "dans l'ens-seminis se trouve l'ens-virtutis
du Feu", c'est-à-dire, l'entité ignée
du Feu...
Enrichir
le sang par les hormones ne me semble pas un crime. La transmutation
du sperme en énergie est une chose connue, bien documentée
; Sigmund Freud lui-même, parmi d'autres, en fait
état à maintes reprises dans ses oeuvres.
En
tout cas, l'important c'est de tirer profit au maximum de
la puissance sexuelle pour séminiser le cerveau et
développer la glande pinéale, de même
que l'hypophyse et les autres glandes. Nous obtiendrons
ainsi une transmutation organique merveilleuse.
Le
psychosomatique est en relation intime avec le sexuel. Une
suprasexualité implique aussi quelque chose de suprasexuel
dans le domaine psychosomatique. C'est pourquoi je puis
vous affirmer en toute certitude que Hermès Trismégiste
par exemple, ou Quetzalcoatl, ou Bouddha, ou Jeshua Ben
Pandira (le grand Kabire Jésus), étaient des
suprasexuels : le suprasexuel est le Surhomme de Nietzsche.
On
peut atteindre la stature de Surhomme en entrant sur le
chemin de la suprasexualité, en apprenant à
jouir de l'Amour, en sachant vivre avec allégresse,
avec plus d'émotion et moins de raisonnements futiles.
C'est l'émotion avant tout qui compte.
Ainsi
donc, d'un point de vue révolutionnaire, nous pourrions
nous convertir en véritables Hommes-Dieux, si nous
le voulions. Il suffirait que nous régénérions
les différentes régions du cerveau, que nous
les fassions toutes travailler, et nous aurions alors certainement
un monde meilleur. En tout état de cause, je crois
qu'il est indispensable de ne pas oublier que la clef de
la transmutation est aussi la clef de la régénération.
Les
sages de l'Antiquité parlaient d'un Feu solaire qui
serait toujours présent dans toute matière,
organique et inorganique. Ce Feu est enfermé, chez
l'homme, dans son système séminal. Il ne s'agit
pas, évidemment, d'un feu physique, mais plutôt
d'un feu de type supradimensionnel, psychologique ou métaphysique.
Ce Fohat - mot qui désigne strictement le "Feu
sexuel" : nous ressentons tous ce Feu pendant la copulation
- peut être éveillé et développé
pour s'élever, depuis notre système séminal,
le long du canal médullaire de notre épine
dorsale. Lorsque ce Feu s'élève, il éveille
en nous des pouvoirs que nous ignorons, d'extraordinaires
pouvoirs de perception ou, pour mieux dire, d'extra-perception
sensorielle ; des pouvoirs qui divinisent. Mais nous devons
les éveiller au moyen de la transmutation de la libido,
en sachant jouir intelligemment de l'Amour, l'homme de sa
femme et la femme de son mari, car la femme a la même
possibilité d'éveiller ses pouvoirs. Ce Feu
permet de réaliser des prodiges. Les Orientaux l'appellent
Kundalini ou la "Puissance du Serpent". Nos ancêtres
mexicains l'appelaient aussi le "Serpent" parce
que, disaient-ils, il a l'aspect d'un Serpent sacré,
lequel s'élève le long du canal médullaire
spinal.
En
Orient, on professe l'existence de sept centres le long
de l'épine dorsale : sept centres magnétiques
- appelés chakras, c'est-à-dire "roues"
- qui pourraient parfaitement être étudiés,
au moyen d'instruments spéciaux et à l'aide
d'aiguilles aimantées et d'autres méthodes
d'investigation. Le premier de ces sept centres a sa racine
dans le coccyx ; quand il entre en fonction il nous confère
un certain pouvoir sur l'élément terre. Le
second est situé à la hauteur de la prostate
ou de l'utérus et il nous confère des pouvoirs
sur l'élément aquatique de notre organisme.
Le troisième est situé juste au-dessus du
nombril et lorsqu'il est éveillé il nous permet
de maîtriser notre tempérament ardent et d'agir
sur le Feu universel. Le quatrième est à la
hauteur du coeur et il peut indéniablement nous conférer
certaines facultés extraordinaires, comme la télépathie,
l'intuition, etc. Le cinquième centre, situé
à la hauteur de la glande thyroïde qui sécrète
l'iode biologique, nous confère un pouvoir psychique
merveilleux que l'on nomme la clairaudience : c'est le pouvoir
d'écouter les sons de l'Ultra. Le sixième
centre, à la hauteur de l'entre-sourcils, nous donne
quant à lui le pouvoir de la clairvoyance, qui nous
permet de percevoir les dimensions supérieures de
la Nature et du Cosmos. Et le septième, à
la hauteur de la glande pinéale, nous accorde le
pouvoir de voir par nous-mêmes les grands mystères
de la Vie et de la Mort.
Ainsi
donc, ces facultés qui se trouvent latentes dans
notre organisme peuvent être éveillées
par ce Feu extraordinaire que les Hindous appellent Kundalini,
qui monte par le canal médullaire au moyen de la
transmutation sexuelle. Mais pour développer en nous
ce Feu serpentin, il faut travailler sans relâche
pendant des années avec ce secretum secretorum. Celui
qui est résolu à consacrer sa vie à
ce Grand-Oeuvre se transformera en Surhomme et pourra pénétrer
dans l'amphithéâtre de la Science cosmique,
il pourra entrer à l'université de la Science
Pure et résoudre les problèmes que la science
officielle n'a pu encore résoudre.
Voilà,
c'est tout pour aujourd'hui. Si quelqu'un d'entre vous désire
poser des questions, il peut le faire avec la plus entière
liberté.
Q.
Les gens que nous appelons communément "masochistes",
dans quel type de sexualité pourrions-nous les classer
?
R.
Le masochiste a une certaine ressemblance avec le sadique
; seulement, au lieu de maltraiter d'autres personnes, comme
le fait le sadique et comme le préconisait allègrement
le Marquis de Sade, il jouit en se mortifiant lui-même,
de façon épouvantable. Assurément,
sadiques et masochistes sont des infrasexuels ; ils appartiendraient
en fait, pour employer le langage des vieux sages, à
la sphère infrasexuelle de Lilith.
Q.
L'union sexuelle que l'on effectue sans éjaculer
l'entité du sémen, quelles fins, quels objectifs
poursuit-elle ?
R.
Tout ce que l'on cherche à travers cet art si simple
à pratiquer, enseigné par le Dr Krumm-Heller
et la société Onéïda, c'est donc
de copuler, de s'unir sexuellement sans éjaculer
"l'entité du sémen" parce que, soutiennent
les sages et les savants, par cette méthode nous
pouvons convertir le sperme sacré en énergie.
De sorte que ce qui monte au cerveau, ce n'est pas le sperme
lui-même, car nous deviendrions fous, mais l'énergie
du sperme, ce qui très différent. Cela s'appelle
"transmutation". Nous pouvons alors jouir du plaisir
sexuel sans nous lasser et sans nous affaiblir. Normalement,
après la copulation nous ressentons un certain abattement,
voire un certain dégoût, mais si nous n'éjaculons
pas "l'entité du sémen", nous garderons,
après la copulation, le désir de la répéter
un million de fois et, toujours heureux, nous pourrons jouir
de l'union sexuelle sans jamais nous affaiblir. C'est enseigné
notamment, je le répète, par la société
Onéïda, aux Etats-Unis ; Jung, le célèbre
psychologue, en a professé le principe et les plus
grands sages du monde entier l'ont enseigné et l'enseignent
encore, aujourd'hui même..
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