|
18. Conseils aux aspirants gnostiques
Rien
ne peut arrêter le processus de l'évolution.
Premièrement,
ne vous attachez pas à la forme, quelle qu'elle soit.
Toutes les formes ne sont que des expériences ; elles
atteignent un point d'équilibre, puis sont détruites
ou vivifiées.
Deuxièmement,
rappelez-vous que toutes les personnalités (la vôtre
incluse) ont leurs périodes de flux et de reflux,
selon la Loi. Les périodes de déclin, quand
il s'agit de gens qui ont une situation importante, causent
parfois de la consternation à ceux qui regardent
à la personnalité et non au Dieu intérieur
dans le coeur.
Troisièmement,
de même que dans la vie de l'individu, il y des périodes
où la vision est obscurcie, pendant lesquelles on
chemine dans la vallée, où la lumière
ne pénètre pas, où la lumière
des étoiles arrive à peine à travers
le brouillard, ainsi en est-il des groupes. Mais rappelez-vous
qu'après avoir traversé la vallée,
commence, pour les aspirants et les groupes vraiment spirituels,
l'ascension de la Montagne de l'Initiation. A l'obscurité
succède la vision, après la nuit, vient le
jour. Dans les grands cycles affectant les groupes cosmiques,
le même phénomène se vérifie
; il en va de même des cycles mineurs jusqu'aux groupes
des vies microscopiques existant dans les véhicules
de l'homme. C'est un fait très important.
Quatrièmement,
ne vous laissez pas aller au découragement. Il est
dû à trois causes :
Il
est dû surtout à la diminution de la vitalité
de l'organisme physique. Dans ce cas, l'effort que le corps
astral exige du physique, et auquel ce dernier cherche à
répondre avec efficacité, produit le découragement.
Celui-ci concerne souvent ceux qui ont une structure physique
plutôt fragile. Le remède n'est-il pas évident
? Le repos et la relaxation permettent de récupérer
les forces et donnent le temps à notre organisme
de remédier au trouble. Le soleil est un bon dispensateur
de vitalité par le prana ; ne l'oublions pas. Ce
qu'il faut surtout, c'est un solide bon sens ; il faut aussi
réaliser que le travail est proportionné aux
possibilités de chacun et non aux besoins immenses.
Une
autre cause de découragement est le développement
excessif du mental concret qui exige trop de la nature émotive
et, par conséquent, du physique aussi. La capacité
de voir un sujet de trop de points de vue, la compréhension
disproportionnée des besoins du monde et la perception
trop rapide des nombreuses questions impliquées dans
un sujet particulier, produisent une vibration violente
dans le corps astral. Il s'ensuit une forte répercussion
dans le corps physique, d'où le découragement.
C'est le cas de faire appel au juste sens des proportions
et à un sage équilibre mental. Le remède
est dans la compréhension que le temps, l'éternité,
l'évolution feront que chaque chose viendra au moment
opportun et que tout ne dépend pas de l'effort d'un
seul individu. Il est possible aux âmes sages de hâter
l'oeuvre, mais, de toute façon, le résultat
final est immanquable. Même si les âmes sages
n'ont pas la possibilité d'intervenir, la force de
l'évolution conduira au même but, bien que
plus lentement. Ne l'oubliez pas. Quand vous êtres
pris de découragement d'origine mentale, cherchez
dans le calme et le silence à reprendre l'équilibre
et, dans la contemplation, pressentez l'ultime accomplissement
du grand facteur, le Temps.
Une
troisième cause se trouve dans des domaines plus
occultes ; elle est due à l'équilibre des
pôles opposés. Quand le pendule oscille vers
ce que nous appelons les ténèbres, le mal,
l'indésirable, il se produit en ceux d'entre vous
qui sont orientés vers la lumière une tension
qui crée un malaise dans tous les corps et que ressent
surtout le corps physique sous forme de dépression.
Plus votre corps est sensible, plus vous serez sujet à
cette forme de tentation. C'est l'un des obstacles au travail
de l'aspirant. Il le rend négatif aux forces intérieures
et réceptif à l'influence de la forme. Il
abaisse le taux de sa vibration, empêche son progrès
et son service pour le monde. Le remède contre cette
forme de découragement ne consiste pas à cultiver
une contre-vibration violente, mais il est dans la sage
utilisation du corps mental, dans la capacité de
raisonner avec logique, de voir la cause des circonstances,
soit dans la personnalité, soit dans le milieu. Seulement
ainsi peut s'établir un calme équilibre. Le
traitement est aussi dans la juste appréciation du
temps, dans l'apaisement du mental concret suivi de l'union
avec l'âme et, par elle, avec le groupe, puis par
conséquent avec le Maître. Il ne faut jamais
oublier que le contact avec le Maître s'établit
dans cet ordre et que celui qui se soumet à la direction
de l'âme entre toujours plus dans la conscience de
son Maître.
Après
l'union sans égoïsme avec le Maître, vient
l'effort délibéré de travailler avec
un complet détachement sans aucun désir de
voir le fruit de l'action. Ce procédé suivi
avec persévérance conduira au parfait équilibre
que rien ne pourra détruire.
Il
y a cinq conditions que doivent respecter tous ceux qui
choisissent la voie de l'occultisme ; il est nécessaire
qu'elles soient établies aussi dans chaque groupe
:
1.
Consécration au motif
2.
Complète absence de peur
3.
Imagination sagement équilibrée par le raisonnement
4.
Capacité de mesurer avec sagesse ce qui est évident
et d'accepter seulement ce qui est compatible avec l'instinct
supérieur et l'intuition
5.
Disponibilité à expérimenter
Ces
cinq conditions associées à la pureté
de vie et au contrôle de la pensée conduiront
à un accomplissement. Rappelez-vous que le but n'est
pas de faire connaître tout ce qu'il est possible
de connaître, mais seulement ce qui peut être
utilisé avec sagesse pour l'illumination de l'humanité
et de ceux que vous pouvez influencer dans votre sphère.
Atteindre
à la complète absence de peur pose, vous le
comprenez tous, un réel problème. Tout doute,
toute crainte, tout souci doivent être éliminés.
Alors, le développement du point de contact intérieur
et la capacité à puiser aux sources de l'inspiration
augmenteront de manière remarquable. Beaucoup sont
ceux qui obstruent la source de la connaissance par leur
nature émotive non dominée. Le corps astral
peut être maîtrisé. Comment ?
1.
Par inhibition directe. Cette méthode peut convenir
aux débutants, mais elle n'est pas la meilleure.
Elle peut provoquer des réactions du corps physique,
conduire à la congestion du corps astral et à
une condition semblable dans le véhicule éthérique.
Elle cause souvent le mal de tête, la congestion du
foie et d'autres malaises.
2.
Par la réalisation directe des résultats et
par la conscience qu'aucun progrès ne peut arriver
à un disciple du Maître qui ne contribue à
augmenter sa connaissance, son développement et son
utilité dans le service. La peur n'est pas toujours
fondée sur la timidité, si paradoxal que cela
paraisse. Souvent elle a son origine dans un état
mental, c'est-à-dire l'orgueil. En effet, ceux qui
sont polarisés mentalement voient leurs peurs s'allier
à l'intellect, donc plus difficiles à vaincre
que celles des personnes polarisées dans l'astral.
Celles-ci peuvent recourir au mental pour éliminer
leurs peurs alors que le type mental doit faire appel à
l'Être, car c'est toujours au supérieur qu'il
faut en appeler pour traiter l'inférieur. D'où
la nécessité de garder toujours non obstrué
le canal de communication entre l'intellect et l'âme.
Ne refoulez pas la peur. Cherchez à la faire disparaître
par le pouvoir dynamique de la substitution. Ceci amène
à la troisième suggestion aux étudiants
qui font partie d'un groupe, à la méthode
qu'ils pourraient utiliser au sujet de la peur.
3.
Une méthode de relaxation, de concentration, de calme
baignant la personnalité toute entière dans
la pure lumière blanche. Supposons que vous êtes
en proie à la panique ; des pensées, très
désagréables vous envahissent, votre imagination
est désordonnée et votre mental l'y encourage.
N'oubliez pas que les peurs d'une personne émotive
sont moins fortes que les vôtres. En effet, si le
mental est fort, il revêtira les réactions
de peur de matière mentale, très vitalisée,
qui crée une puissante forme-pensée laquelle
circule entre vous et l'événement redouté.
Quand vous vous en serez rendu compte, cherchez à
établir le calme en vous relâchez votre corps
physique, tranquillisez votre corps astral autant que possible,
calmez le mental. Visualisez ensuite vous-même (votre
personnalité), votre âme et le Maître,
disposés en triangle, le Maître au sommet du
triangle. Puis invoquez délibérément
un courant de pure lumière blanche que vous faites
passer dans vos véhicules inférieurs pour
les purifier de tout ce qui les obstrue. Procédez
ainsi jusqu'à ce que vous sentiez que le travail
nécessaire est fait. Il se peut qu'il vous faille
recommencer le travail plusieurs fois au début. Plus
tard une seule fois suffira et, plus tard encore, ce processus
sera inutile, car vous aurez complètement dominé
la peur. Ceci s'applique aux peurs liées à
la personnalité. Vous employez l'aspect amour, inondez-vous
d'amour et de lumière.
Les
peurs légitimes qui proviennent de circonstances
en relation avec le travail que vous devez faire et de la
connaissance des obstacles matérialisés qui
s'opposent au travail, doivent être traitées
différemment.
Là
aussi, il faut suivre une méthode bien définie
:
Relâchez
le corps physique. Tranquillisez le corps astral par une
inhibition temporaire. Unissez-vous avec l'Être et
déterminez clairement la méthode à
employer pour faire face à la difficulté.
Ayant épuisé toutes les méthodes rationnelles
et ayant tracé mentalement la ligne d'action à
suivre, élevez aussi haut que possible votre vibration
et, du niveau de l'intuition, appelez la lumière
sur votre difficulté. Si votre intuition et votre
faculté de raisonnement produisent l'harmonie et
vous montrent la solution, poursuivez. Le fait occulte établi
vous convaincra que rien dès lors ne peut arriver
qui ne soit pour le mieux. Vous êtes certain d'être
dirigé ; celui qui garde ce point de vue du commencement
à la fin ne peut commettre d'erreurs.
Une
autre sorte de peur que les aspirants rencontrent de plus
en plus fréquemment, à mesure que leur force
et leur utilité pour le service s'accroissent, naît
de la réalisation des forces qui travaillent contre
le Plan et qui font obstacle à l'accomplissement
de la tâche. Les pouvoirs occultes s'acharnent contre
l'aspirant, attaquent l'un ou l'autre de ses véhicules
et, dans de rares cas, tous les trois si l'aspirant a une
certaine importance. Parfois les attaques se portent sur
le travailleur en tant qu'individu, d'autres fois, sur le
groupe de travailleurs. Pour repousser ces attaques, suivez
la méthode indiquée précédemment
avec les changements suivants. Unissez-vous comme individu
ou comme groupe avec votre âme et avec la Loge Blanche
des Maîtres, non seulement avec votre propre Maître,
mais avec la Fraternité pour laquelle vous travaillez.
Après avoir atteint le calme, visualisez les Maîtres
dont vous connaissez l'existence et, élevant plus
haut encore votre vibration, reliez-vous avec les Chohans,
avec le Christ et la Mère Divine selon la direction,
religieuse ou politique, dans laquelle vous travaillez et
d'où l'attaque viendra. Déversez, à
travers la chaîne que vous avez formée et à
travers tous les véhicules, un flot de lumière
violette. N'employez cette méthode que si le besoin
est urgent. La raison de cette précaution est que
le véhicule éthérique réagit
fortement à la couleur violette.
Si
vous vous souvenez de ces précautions, la vibration
de peur peut être envisagée et finalement éliminée.
Les travailleurs sont sujets à deux sortes de peur
: la peur de ce que réserve l'avenir et le doute
au sujet du résultat des efforts. Chez beaucoup de
gens, les deux se combinent. La plupart des aspirants ne
doute pas des résultats finaux, mais ils doutent
des résultats qu'ils peuvent obtenir au moment présent
et ils reculent devant le Sentier de l'effort sachant, à
juste titre, qu'il conduit par l'épreuve et la solitude
aux pieds du Hiérophante. Ils sont en outre troublés
par des phénomènes de haute vibration qui
semblent émaner de hautes sources spirituelles. Les
fortes vibrations deviendront toujours plus fréquentes
avec l'évolution de l'homme et leurs réactions
doivent être traitées avec sagesse.
Deux
faits surviennent quand la vibration spirituelle est très
puissante. Les bonnes aspirations et les hautes vibrations
synchrones sont stimulées et ce que nous appelons
« mal » est aussi stimulé. Il faut s'en
souvenir. Il peut y avoir un facteur du mal qui se manifeste
par une vague de crimes ; en même temps il y aura
un nombre croissant de groupes visant à l'effort
spirituel et aux aspirations élevées. Chez
l'aspirant, l'effet de la vibration peut se manifester de
manières diverses. Il peut produire la fatigue physique
qu'il faut traiter moins par le sommeil et le repos (bien
qu'ils soient nécessaires), que par un changement
de vibrations, de récréation et de divertissement.
L'effet d'une forte vibration peut aussi être une
profonde dépression, un complet découragement
devant l'avenir. Il est dit : n'ayez pas peur de l'avenir
et souvenez-vous que l'avenir n'est pas révélé,
mais que « la joie vient au matin ». Quelquefois
la sensibilité du corps astral est difficile à
supporter et il faut traiter cette condition le mieux possible
en se souvenant des suggestions données précédemment.
Il peut y avoir aussi une stimulation continue des atomes
dans les divers véhicules et dans leur vibration
cohérente et stabilisée. Ce phénomène
aide à s'élever plus près du but, même
si l'aspirant ne s'en rend pas compte.
TOUT
DEPEND DE LA CAPACITE DE L'ELEVE DE SAISIR LE SENS PROFOND
DE TOUS LES EVENEMENTS. LE PROGRES SUR LE SENTIER DEPEND
DE LA CAPACITE D'ASSIMILER L'ENSEIGNEMENT. CE N'EST QUE
LORSQUE LES LEÇONS, APPRISES SUR LE PLAN INTERIEUR,
SONT APPLIQUEES, QU'ELLES FONT PARTIE DE NOTRE PROPRE EXPERIENCE
ET CESSENT D'ETRE THEORIQUES. L'EXPANSION DE LA CONSCIENCE
DOIT TOUJOURS ETRE UNE EXPERIENCE VECUE. LES THEORIES N'ONT
PAS DE VALEUR TANT QUE NOUS NE LES AVONS PAS TRANSFORMEES
EN FAITS. C'EST POURQUOI IL EST IMPORTANT DE MEDITER SUR
UN IDEAL. PENDANT LA MEDITATION, EN EFFET, NOS PENSEES VIBRENT
A L'UNISSON AVEC NOS CONCEPTS ET, AVEC LE TEMPS, LES VIBRATIONS
DEVIENNENT PERMANENTES.
Ceux
qui commencent l'entraînement occulte, doivent en
calculer le prix. La récompense est grande, mais
le Sentier est rude et le véritable occultiste le
parcourt dans la solitude. ÊTRE CAPABLE DE MARCHER
SEUL, D'ASSUMER SES RESPONSABILITES, DE NE PAS COMPTER SUR
AUTRUI ET D'AFFRONTER LE MAL POUR LE BIEN QUI PEUT EN DECOULER,
EST LA MARQUE DU FRERE BLANC. SOYEZ DONC PREPARES A LA SOLITUDE,
AUX DANGERS DE CARACTERE OBSCUR ET INCERTAIN, ET SOYEZ PRETS
A PASSER VOTRE VIE SANS RECOMPENSE POUR LA PERSONNALITE.
Quand
l'expansion de la conscience permet de découvrir
sa propre place dans le tout cosmique, la récompense
devient visible. Cessez donc d'avoir peur. Souvenez-vous
que la personnalité est seulement temporaire et que
ses souffrances ont une importance relative. Le bien accompli
en faveur de la Fraternité Universelle, la compréhension
des lois et leur application dans la vie quotidienne peuvent
faire dire au Maître (finalement, quand tout est accompli)
quelques mots d'approbation. Regardez droit devant vous,
ni à droite, ni à gauche. Le Sentier conduit
vers une plus rapide vibration et une sensibilité
plus affinée. CHERCHEZ UN POINT D'EQUILIBRE DANS
VOTRE TRAVAIL ET GARDEZ-LE, CAR IL VOUS SERA BEAUCOUP DEMANDE
: BEAUCOUP D'EFFORTS, BEAUCOUP DE SOUFFRANCE.
Êtes-vous
assez forts pour voir la misère du monde, pour assister
aux désastres et demeurer dans la joie ? Pouvez-vous
collaborer au travail de l'évolution de l'humanité
et voir la nécessité d'un bouleversement,
sans intervenir pour arrêter ce qui bouleverse le
monde ? Des âmes choisies et éprouvées
sont appelées à travailler dans le monde actuellement.
Les Maîtres sont surchargés de travail ; malgré
cela, ils donnent tout ce qu'ils peuvent aux aspirants ;
c'est de ces derniers que dépend l'utilisation de
ce qui leur est donné.
Ceux
d'entre nous qui veillons et guidons du côté
intérieur de la vie réalisent, peut-être
mieux que vous ne le pensez, quels sont votre fardeau et
vos épreuves ; nous connaissons vos infirmités
et peut-être serons-nous capables un jour d'aider
à construire des corps vigoureux propres au service
du monde. Les miasmes de l'astral sont tels qu'il vous est
presque impossible d'être en bonne santé. Le
Karma du monde ne le permet pas. La corruption astrale et
les exhalaisons malsaines des plus bas niveaux du plan astral
infectent tout ; heureux celui qui y échappe. Nous
veillons sur vous avec tendresse, vous qui, avec des corps
faibles et sensibles, luttez, travaillez, combattez, échouez
parfois, mais continuez et servez. Pas une heure de service
rendu dans la douleur et la tension, pas un jour de travail
avec les nerfs tendus, la tête fatiguée, le
coeur en proie à l'agitation, ne passent inaperçus.
Nous le savons et le comprenons ; toutefois, nous ne pouvons
faire ce qu'il vous appartient de faire dans le monde. Le
Karma mondial vous engloutit tous à cette époque.
Si seulement vous pouviez réaliser la brièveté
du temps et vous rendre compte que la joie et la paix sont
proches.
La
victoire à demi gagnée, les jours vécus
avec un certain succès, mais sans avoir atteint l'idéal,
les minutes d'épuisement physique et moral quand
le vide de toute chose, même du service, semble la
seule réalité, les semaines et les mois de
tentatives, d'efforts et de luttes contre des difficultés
apparemment insurmontables, contre le pouvoir de forces
que vous ignorez, contre les forces qui s'opposent à
l'évolution, contre l'ignorance, tout cela nous le
savons. Prenez courage grâce à la certitude
que l'amour régit toute chose et que la Hiérarchie
demeure.
Ceux
qui ont la tâche de donner au monde un enseignement
sur les Maîtres, et qui sont entraînés
pour être des centres de contact, sont soumis à
une discipline très sévère et ils apprennent
par une dure expérience ; ils apprennent à
n'attacher aucune importance à être reconnus,
à ne pas juger sur les apparences, mais par la vision
intérieure. La capacité de comprendre le but
du Maître et d'aimer son prochain est considérée
comme de la plus grande importance. L'aspirant qui désire
être choisi par un Maître pour un certain travail
doit renoncer à tout désir du soi séparé
et être prêt à payer chèrement
la connaissance.
S'il
faut donner la preuve de l'existence du monde subjectif
de la réalité, cette preuve doit être
payée avec le sang, car seulement dans le «
sang du coeur » s'acquiert le pouvoir qui pourra être
exercé avec innocuité et sagesse. À
mesure que vous étudierez les lois de la nature,
vous comprendrez la nécessité de payer ce
prix. Le développement spirituel du caractère
du disciple doit être au niveau de sa connaissance
intérieure.
Cette
connaissance s'accroît de trois manières :
1.
Par des expansions de conscience qui ouvrent au disciple
la vision des buts à atteindre. Il comprend ce qu'il
lui reste à saisir et c'est le premier pas pour l'acquérir.
Il est pris sur les plans intérieurs et un Chéla
plus avancé lui montre le travail à accomplir,
un peu comme un maître montre à l'élève
comment apprendre.
2.
Le prochain pas consiste à maîtriser la leçon
et à appliquer dans la méditation et l'expérimentation
les vérités pressenties. C'est un long processus,
car tout doit être assimilé jusqu'à
devenir partie intégrante de l'aspirant lui-même
avant même qu'il ne puisse poursuivre. Le travail
ressemble à celui d'une addition, chiffre par chiffre,
ligne par ligne avant d'arriver au résultat exact.
Ce travail serait tant sur le plan extérieur que
sur le plan intérieur. Dans la Salle de l'Enseignement,
l'aspirant est instruit de nuit pendant quelque temps avant
de procéder à certain travail de service.
Ces enseignements sont apportés dans sa conscience,
dans le cerveau physique, sous forme d'un intérêt
profond pour certains sujets, d'augmentation de la capacité
de penser, concrètement et abstraitement, sur différents
arguments occultes qui retiennent son attention. Il tente
d'expérimenter et essaie diverses méthodes
d'étude des lois pour arriver, avec le temps, à
des résultats valables pour lui. A mesure que sa
connaissance augmente et prend une forme synthétique,
il est prêt à enseigner à autrui le
résultat des connaissances dont il est sûr.
3.
Enseigner à autrui apporte plus de connaissance.
La définition de la vérité, au cours
de l'enseignement, fixe les faits appris et, dans le jeu
d'autres pensées, la vibration du mental de l'aspirant
s'élève à des plans supérieurs
; ainsi, de nouvelles intuitions, de nouvelles vérités
affluent dans son cerveau. Quand une leçon a été
bien assimilée, une autre est donnée et ainsi
de suite jusqu'à ce que l'aspirant ait appris toute
une série de leçons ; il est alors admis à
l'initiation. Tout le groupe qu'il enseigne profite de ce
pas en avant, car chaque disciple entraîne avec lui
ceux qu'il instruit. De manière indéfinissable,
le bénéfice de l'un réagit sur l'ensemble.
Un Maître entraîne son disciple à sa
suite de la même manière. La question est difficile
à comprendre et touche aux secrets de la loi de l'Expansion
vibratoire. L'initiation du Logos a un effet universel.
Le
Sentier de Probation correspond aux derniers stades de la
période de gestation. A la première initiation,
celui que le Nouveau Testament appelle « le nouveau-né
en Christ » commence son pèlerinage sur le
Sentier. La première initiation indique un commencement.
Quand une certaine mesure de vie juste, de pensée
juste et de conduite juste est atteinte, la forme que le
Christ viendra occuper est prête pour être vivifiée
et habitée. C'est la vie christique qui rend la forme
vivante. Là est la différence entre la théorie
et le fait de rendre cette théorie partie de soi-même.
Par
exemple, on peut avoir une belle image, mais il lui manque
la vie. Ainsi une personne peut avoir modelé sa vie
sur le divin autant qu'il lui est possible ; la copie est
bonne, mais il lui manque quelque chose. Qu'est-ce donc
? La manifestation du Christ immanent. Le germe était
là, mais à l'état latent ; quand il
est nourri et porté à naître, on atteint
la première initiation. Il reste ensuite beaucoup
à faire. L'analogie est complète. Beaucoup
d'années passèrent dans la vie du disciple
Jésus entre sa naissance et son baptême. Il
prit les trois dernières initiations en trois ans.
La même situation se vérifie sur le sentier
de l'aspirant.
La
deuxième initiation indique la crise de la maîtrise
sur le corps astral. Après le baptême, il reste
trois tentations dont la victoire représente la complète
domination sur les trois véhicules inférieurs.
Puis vient la Transfiguration suivie par la connaissance
de l'avenir et la complète abnégation. Il
y a donc les trois moments suivants :
1.
Le moment de la conception, c'est-à-dire l'individualisation.
2.
Les neuf mois de gestation, c'est-à-dire la roue
de la vie.
3.
La première initiation qui est l'heure de la naissance.
Sur
le Sentier, on passe donc d'une expansion de conscience
à une autre avec une intensification des vibrations,
ce qui s'exprime tout d'abord par la sensibilité
à la voix intérieure ; c'est l'une de facultés
les plus nécessaires au disciple. Les Grands Êtres
cherchent toujours ceux qui peuvent obéir rapidement
à la voix de leur âme. Les temps sont critiques,
aussi tous les aspirants sont engagés à se
rendre toujours plus sensibles à la voix de leur
Maître. Son temps est très rempli et les disciples
doivent s'entraîner à percevoir l'impression
qu'Il cherche à produire sur eux. Son aide se limite
souvent à un simple signe, à une indication
fugace, une suggestion rapide ; aussi chaque disciple doit
être aux aguets. La pression exercée sur les
Maîtres est si forte actuellement qu'Ils se rapprochent
de la terre. Un plus grand nombre d'âmes ont conscience
qu'Ils n'agissent plus seulement sur le plan mental, mais
qu'Ils agissent sur des plans plus denses où Ils
trouvent des conditions plus difficiles. Les dévas
et les disciples, les aspirants et ceux qui sont sur le
sentier de probation sont rassemblés autour d'eux
et organisés en groupes, chacun d'eux chargé
d'un travail particulier. Certaines âmes ne peuvent
travailler qu'en formation de groupes unis par une aspiration
commune. C'est le cas de la majorité des chrétiens,
par exemple, dans les églises. Ignorant les lois
de l'occultisme et ayant seulement un sentiment vague de
la vérité intérieure, ils travaillent
selon de grandes lignes de préparation ; ils sont
aidés par des groupes de dévas mineurs qui
les inspirent et les guident.
D'autres
âmes, plus avancées, travaillent en groupes
plus restreints, et ont la capacité d'idéaliser
; ce sont les penseurs, ceux qui s'occupent des réformes
sociales, de la régénération des hommes,
ceux qui sont à la tête de l'Église,
chrétienne ou orientale. Des dévas majeurs
les guident, les dévas bleus et jaunes, tandis que
les dévas mineurs sont bleus et roses.
Les
aspirants, ceux qui sont sur le sentier de probation, et
les disciples travaillent seuls ou par groupes de deux ou
trois, mais jamais en groupes supérieurs à
neuf ; le sens occulte de ces nombres favorise le succès
de leur travail. De grands dévas blancs et or suivent
leur travail.
En
arrière de ces trois groupes, se trouvent les Maîtres
et les dévas des niveaux sans forme, Grande Fraternité
vouée au service de l'humanité.
Ils
donnent naissance à des mouvements pour transmuer,
si possible, l'oeuvre de destruction en activité
constructive. Les temps sont critiques ; il y a une pause
dans le travail des destructeurs. L'occasion est propice
à un changement, à la reconstruction du corps
social. C'est pourquoi il est nécessaire que chacun
d'entre vous renouvelle sa consécration au travail
de rédemption. Les personnalités ne doivent
plus avoir d'importance, les aspirants doivent cultiver
l'innocuité de pensée, de parole et d'action.
Ainsi chacun de vous offrira un canal pur, deviendra un
avant-poste de la conscience du Maître et un centre
d'énergie par lequel la Fraternité peut agir.
Le
principal problème de l'aspirant est de dominer la
nature émotive ; il est alors victorieux sur le champ
de Kurukshetra. Les nuages se sont dissipés, il peut
marcher dans la lumière. Qu'il n'oublie toutefois
pas que cette liberté de marcher dans la lumière
apporte ses propres problèmes. Comment cela ? Voici
un explication qui vous convaincra.
Quand
un homme avance dans la lumière de son âme,
la claire lumière qui se déverse sur lui,
révélant le Sentier, lui révèle
en même temps le Plan. Il se rend compte alors que
l'accomplissement du Plan est encore fort loin. Les ténèbres
sont plus apparentes ; le chaos, la misère et l'insuccès
du travail des groupes sont perçus clairement de
même que l'horreur des forces contrastantes. Toute
la douleur du monde s'abat sur l'aspirant accablé,
mais illuminé. Pourra-t-il soutenir la vision de
la douleur du monde et, en même temps, éprouver
de la joie dans la conscience divine ? Pourra-t-il regarder
tout ce que la lumière révèle et continuer
son chemin avec sérénité, sûr
de l'ultime triomphe du bien ? Se laissera-t-il accabler
par le mal apparent, oubliant le coeur d'amour qui bat derrière
toutes les apparences ? Cette situation devrait toujours
être présente à l'esprit du disciple,
sinon il serait écrasé par ce qu'il aurait
découvert.
Toutefois,
avec la venue de la lumière, il prend conscience
d'une forme d'énergie nouvelle pour lui. Il apprend
à travailler dans un nouveau domaine fertile en opportunités.
Le domaine du mental s'ouvre devant lui et il découvre
la différence entre le plan émotif et le plan
mental. Il découvre aussi que le mental peut assumer
la position de commandement et obtenir que les forces sensibles
répondent aux énergies mentales. La «
lumière de la raison » en est la cause, lumière
toujours présente en l'homme, mais qui n'acquiert
de vraie importance et de puissance que lorsqu'elle est
reconnue, phénoménalement ou intuitivement.
|