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17. Les Trois Sortes de Mental
A
l'époque du Roi Arthur et des Chevaliers de la Table
Ronde, les élémentaux de la nature se manifestèrent
partout, en pénétrant profondément
dans notre atmosphère physique.
Pour
les fripouilles de l'intellect, attrapées totalement
par les sens externes, embouteillées dans les concepts
du mental sensoriel, nos études ésotériques
ne sont qu'un tas d'insanités.
La
Conscience connaît directement la réalité
de chaque phénomène naturel et, grâce
au mental intérieur, elle peut le manifester.
Ouvrir
le mental intérieur est essentiel pour échapper
au monde des doutes et de l'ignorance.
Cela
signifie que seule l'ouverture du mental intérieur
fait naître la foi authentique en l'être humain.
Malheureusement,
il existe encore une tendance générale à
confondre la croyance avec la foi. Si paradoxal que cela
puisse paraître, nous affirmerons ce qui suit :
CELUI
QUI A LA FOI AUTHENTIQUE N'A PAS BESOIN DE CROIRE.
Samaël
Aun Weor, extrait de "La Grande Rébellion"
Savoir
écouter est très difficile. Il est plus facile
de savoir parler. Il se fait que lorsqu'on écoute,
il est nécessaire d'être ouvert à la
nouveauté, avec un mental spontané, libre
de préjugés, de concepts préconçus,
etc.
Mais
il se fait que l'Ego, le moi, le moi-même, ne sait
pas écouter, il traduit tout sur base de ses préjugés,
interprète tout en fonction de ce qu'il a emmagasiné
dans le centre formatif. Quel est le centre formatif ? La
mémoire. Pourquoi l'appelle-t-on le centre formatif
? Parce que c'est là qu'a lieu la formation intellectuelle
des concepts.
Il
est urgent d'apprendre à écouter avec un nouveau
mental, en ne répétant pas ce que l'on a accumulé
dans la mémoire.
Après
ce préambule, nous allons essayer de nous mettre
d'accord sur les concepts, les idées, etc. Il est
avant tout indispensable de savoir si par lui-même
l'intellect peut nous mener à expérimenter
le réel ; il existe des intellects brillants, nous
ne pouvons le nier, mais ces derniers n'ont jamais expérimenté
ce qu'est la Vérité.
Avant
tout, il est nécessaire de savoir que nous possédons
trois sortes de mental. Le premier, nous pourrions l'appeler
le mental sensuel. Le deuxième, le mental intermédiaire.
Et le troisième, le mental intérieur.
Mais
pensons un peu à ce qu'est le mental sensuel que
nous utilisons tous quotidiennement : je dirais qu'il élabore
ses concepts de contenu, avec les données fournies
par les cinq sens, et avec ces concepts, il forme ses raisonnements.
Les choses envisagées de cette manière, il
est évident que la raison subjective ou sensuelle
a pour base les perceptions sensorielles extérieures.
Si les données apportées par les cinq sens
sont les seuls ressorts de ces fonctionnalismes, il est
incontestable qu'un tel mental n'aura pas accès à
ce qui échappe au cercle vicieux des perceptions
sensorielles externes ; cela est évident. Un tel
mental ne pourra rien savoir sur la réalité
des mystères de la vie et de la mort, sur la vérité,
sur Dieu... Car d'où un tel mental pourrait-il extraire
de l'information, si sa seule source est faite de données
apportées par les cinq sens ? Evidemment, il ne possède
rien pour pouvoir connaître le réel.
Il
nous vient en mémoire quelque chose de très
intéressant. Il y eut une fois un grand congrès
à Babylone, à l'époque des splendeurs
égyptiennes. Des gens d'Assyrie, d'Egypte, de Phénicie,
vinrent à ce congrès. Il est clair que le
sujet était intéressant, car on voulait savoir,
sur base de discussions analytiques, si l'être humain
avait ou non une âme. Il est évident que les
cinq sens avaient déjà dégénéré,
c'est la seule manière d'expliquer que les gens aient
pu choisir un tel thème pour un congrès. En
d'autres temps, un tel congrès aurait semblé
ridicule, il ne serait jamais venu à l'esprit des
Lémuriens d'organiser un congrès de cette
sorte. Pour les gens du continent, il suffisait de sortir
de leur corps pour savoir s'ils avaient ou non une âme
; ceci, ils le faisaient avec une très grande facilité
car ils n'étaient pas retardés dans la mécanique
physique. Ainsi, un thème de cette sorte ne pouvait
être invoqué que par une humanité involutive,
dégénérée.
Il
en résulta qu'il y eut beaucoup de discussions, tant
pour que contre. Finalement, un grand sage assyrien monta
à la tribune de l'éloquence. Cet homme s'était
instruit en Egypte, il avait étudié dans les
mystères. Il parla d'une voix très forte et
dit : "La raison ne peut rien savoir sur la vérité,
sur la réalité, sur l'Ame, sur l'Immortel
; la raison sert de la même manière à
soutenir une théorie spiritualiste ou une théorie
matérialiste ; elle pourrait élaborer une
thèse spiritualiste avec une logique formidable.
A l'inverse, elle pourrait élaborer une théorie
de type matérialiste avec une logique similaire.
De cette manière, la raison subjective, sensualiste,
alimentée par les données fournies par les
cinq sens sert à beaucoup de choses ; elle peut fabriquer
aussi bien des théories matérialistes que
spiritualistes. Dès lors, elle n'est pas du tout
fiable".
"Il
existe un sens différent, le sens instinctif de la
perception des vérités cosmiques ; ça,
c'est la faculté de l'Etre ; mais la raison subjective
ne peut, par elle-même, nous fournir véritablement
aucune donnée sur la vérité, sur le
réel, la raison sensualiste ne peut rien savoir des
mystères de la vie et de la mort".
Ainsi
parla le grand sage, et il dit même plus : "Vous
me connaissez, j'ai du mérite auprès de vous,
vous savez très bien que je viens d'Egypte, il ne
fait pas de doute que ma vie a été différente,
et mon mental sensualiste ne pourrait apporter aucune donnée
sur le réel".
Ainsi
parla cet homme, et il expliqua aux orgueilleux : "Avec
vos rationalismes, vous ne pouvez rien savoir de la vérité,
sur l'Ame ou sur l'Esprit ; le mental rationaliste ne peut
rien savoir de tout cela".
Cet
homme parla avec beaucoup d'éloquence et ensuite
il se retira, il s'écarta définitivement de
toute scolastique, il préféra laisser de côté
le rationalisme subjectif, et développer en lui-même
cette faculté déjà citée par
lui, qui se connaît sous le nom de perception instinctive
des vérités cosmiques, faculté qu'en
d'autres temps avait l'humanité en général,
mais qui s'atrophia à mesure que le moi psychologique,
le moi-même, le soi-même se développa.
On
dit que le sage assyrien revenu d'Egypte, retiré
de toute école, partit cultiver la terre et fit exclusivement
confiance en cette prodigieuse faculté de l'Etre,
connue comme la "perception instinctive des vérités
cosmiques".
Mais
allons un peu plus loin. Il y a un mental différent
du mental sensuel, je veux me référer au mental
intermédiaire ; dans ce mental intermédiaire,
nous rencontrons les croyances religieuses de toutes sortes.
Evidemment, tout compte fait, les données apportées
par les religions ont leur place dans le mental intermédiaire.
Enfin,
il existe le mental intérieur. Ce mental intérieur
en lui-même, et par lui-même, fonctionne exclusivement
avec les données apportées par la Conscience
de l'Etre. Le mental intérieur ne pourrait jamais
fonctionner sans ces données que fournit la Conscience
intérieure de l'Etre.
Voilà
les trois sortes de mental.
Le
mental sensuel, dans l'Evangile, est connu pour toutes ses
théories et, de plus, comme la levure des Saducéens.
Jésus le Christ avertit en disant : "Méfiez-vous
de la levure des Saducéens". C'est-à-dire
des doctrines matérialistes, athéistes, car
ce type de doctrines correspond exactement à la doctrine
des Saducéens dont parle le Christ.
Mais
le Seigneur de Perfection avertit aussi sur la doctrine
des Pharisiens. La doctrine des Pharisiens correspond au
mental intermédiaire. Et qui sont les Pharisiens
? Ce sont ceux qui se rendent à ces temples, aux
écoles et aux religions secrètes... Pour que
tous les voient. Ils écoutent la parole, mais ne
l'appliquent pas en eux-mêmes. Ils sont comme l'homme
qui se regarde dans un miroir et s'en va. Ils assistent
uniquement pour que les autres les voient, mais jamais ne
travaillent sur eux-mêmes, et cela est très
grave ; ils se contentent de simples croyances ; la transformation
intime, totale, ne les intéresse pas ; de cette manière,
ils perdent leur temps lamentablement et échouent.
Eloignons-nous
donc de la levure des Saducéens et des Pharisiens
et pensons à ouvrir le mental intérieur.
Comment
l'ouvrirons-nous ? En sachant penser psychologiquement,
c'est ainsi que s'ouvre le mental intérieur et celui-ci
fonctionne avec les données de la Conscience superlative
de l'Etre, qui, grâce à cela, peut alors expérimenter
la vérité des divers phénomènes
de la nature.
Avec
le mental intérieur ouvert, nous pouvons par exemple
parler sur la loi du Karma et non seulement sur ce qui se
dit, mais par l'expérience directe. Avec le mental
intérieur ouvert, nous sommes suffisamment préparés
pour parler de la réincarnation, de la loi de l'éternel
retour de toutes les choses, de la loi de la transmigration
des âmes et de fait, nous ne nous basons pas sur ce
que nous avons déjà lu, ou entendu de certains
auteurs, mais sur ce que nous expérimentons par nous-mêmes,
de manière réelle et directe, cela est évident.
Le
philosophe Emmanuel Kant fait une distinction entre la critique
de la raison subjective et la critique de la raison pure.
Il n'y a pas de doute que la raison subjective, rationaliste,
ne pourra jamais rien nous apporter de ce qui n'appartient
pas au monde des cinq sens. L'intellect par lui-même
est rationaliste et subjectif. S'il entend un sujet sur
la réincarnation, sur le karma, il exigera toujours
des preuves, des démonstrations. Les vérités
qui sont seulement perçues par le mental intérieur
ne pourraient être démontrées aux personnes
sensualistes ; exiger des preuves sur cela dans le monde
sensoriel externe équivaut à exiger d'un bactériologue
qu'il étudie les microbes avec des télescopes
ou exiger d'un astronome qu'il étudie la raison subjective
car celle-ci n'a rien à voir avec ce qui n'appartient
pas au monde des cinq sens. Les sujets comme la réincarnation,
le karma, la vie après la mort, etc., sont de fait
exclusivement du mental intérieur, jamais du mental
sensuel. On peut démontrer au mental intérieur,
mais avant tout, on exige du candidat qu'il ouvre son mental
intérieur, s'il ne l'a pas ouvert. Sinon, comment
ferions-nous pour lui faire une démonstration de
cette sorte ? Impossible, n'est-ce pas ?
Ceci
étant vu avec clarté, il convient que nous
approfondissions un peu maintenant la question des facultés.
L'intellect par lui-même est une des facultés
les plus rustres dans les niveaux de l'Etre. Si nous voulons
tout appréhender par l'intellect, jamais nous ne
parviendrons à capter les grandes vérités
cosmiques ; incontestablement, il existe au-delà
de l'intellect une autre faculté de cognition, cette
fois, je me réfère à l'imagination.
On a beaucoup sous-estimé cette faculté ;
quelques uns l'ont même appelée "la folle
du logis", dénomination injuste car si l'imagination
n'existait pas, il n'y aurait pas de magnétophone,
d'automobile, de chemin de fer...
La
nature même possède l'imagination, ceci est
évident ; si l'imagination n'existait pas, toutes
les créatures de la nature seraient aveugles ; mais
grâce à cette puissante faculté, il
existe la perception. Les images se forment dans le centre
perceptif de l'Etre ou centre perceptif des sensations.
L'imagination créatrice de la nature a donné
naissance aux multiples formes qui existent dans tout ce
qui est. Aux temps des Hyperboréens ou des Lémuriens,
on n'utilisait pas l'intellect, on utilisait l'imagination.
L'être humain était alors innocent et, comme
un merveilleux spectacle, le cosmos se reflétait
comme un lac cristallin dans son imagination. C'était
un autre type d'humanité. Aujourd'hui, cela fait
mal de voir comment les gens ont perdu jusqu'à l'imagination
; cette faculté est épouvantablement dégénérée.
Il est possible de développer l'imagination, ceci
nous mènerait à penser psychologiquement.
Seule la pensée psychologique peut nous ouvrir les
portes du mental intérieur. Si quelqu'un développe
l'imagination, il peut apprendre à penser psychologiquement.
Imagination,
inspiration et intuition sont les trois chemins obligatoires
de l'initiation, mais si nous restons embouteillés
uniquement dans les fonctionnalismes sensoriels de l'appareil
intellectuel, il ne sera pas possible de gravir les échelons
de l'imagination, de l'inspiration et de l'intuition. Je
ne veux pas pour autant vous dire que l'intellect ne sert
pas, je suis loin de poser une telle affirmation. Ce que
je fais, c'est éclaircir des concepts. Toute faculté
est utile dans son domaine. N'importe quelle planète
est utile, si elle reste dans son orbite. En dehors de celle-ci,
elle est inutile et catastrophique. Il en va de même
avec les facultés de l'être humain. Vouloir
sortir la raison de son domaine, la raison sensualiste,
c'est absurde car on tombe dans le scepticisme matérialiste.
Beaucoup de gens, appelons-les étudiants de pseudo-ésotérisme
et pseudo-occultisme qui sont tellement à la mode
ces derniers temps, sont toujours en train de lutter contre
ce genre de doutes.
Pourquoi
y en a-t-il beaucoup qui papillonnent d'école en
école jusqu'à atteindre la vieillesse sans
n'avoir jamais rien réalisé ? Par cette même
expérience, j'ai pu observer que ceux qui restent
embouteillés dans l'intellect échouent. Ceux
qui veulent prouver avec l'intellect les vérités
qui n'appartiennent pas à l'intellect échouent.
Disons que, de manière symbolique, ce serait commettre
la même erreur que de vouloir étudier l'astronomie
avec un microscope et la bactériologie avec un télescope.
Laissons chaque faculté à sa place, dans son
domaine. Nous devons apprendre à penser psychologiquement.
Ceci ne serait cependant pas possible, si nous restions
embouteillés dans l'intellect.
Dès
lors, il vaut mieux que nous commencions à gravir
l'échelle de l'imagination, ensuite nous passerons
à l'étape suivante qui est celle de l'inspiration,
pour enfin atteindre l'intuition.
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