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16. Le Sens de l'Auto-Observation Psychologique
Recueil
des aspects les plus révélateurs que le Maître
Samaël Aun Weor nous a remis, que ce soit dans ses
conférences ou ses oeuvres écrites.
Il
faut comprendre, car il en est ainsi, que les enseignements
qui sont contenus ici ne sont pas basés sur de simples
hypothèses, mais sur des expériences vécues
par l'auteur, et qui sont de plus enracinées sur
les anciennes et légitimes traditions ésotériques.
«
Les gens se plaignent de tout, ils souffrent, pleurent,
protestent, voudraient changer de vie, sortir de l'infortune
dans laquelle ils se trouvent, mais malheureusement ils
ne travaillent pas sur eux-mêmes ».
1.
Le changement radical
Nous
avons besoin de modifier le drame de notre propre vie, nous
avons besoin de nous rendre libres ; cependant, une telle
liberté serait impossible, si nous ne transformions
pas, si nous ne changions pas notre propre vie.
Indubitablement,
si un homme est ce qu'est sa vie, en changeant sa vie, l'homme
change, mais il faut travailler sur soi-même pour
pouvoir changer la vie. Il serait impossible de nous rendre
véritablement libres, au sens le plus complet du
mot, si nous n'établissions pas à l'intérieur
de nous, un changement radical.
Nous
allons et venons toujours, répétant exactement
les mêmes choses. Il faut nous émanciper de
cette répétition incessante, il est urgent
de nous libérer radicalement de cette mécanicité
: d'une vie sans changements, ou d'un homme sans changements
(toujours les mêmes douleurs, les mêmes erreurs,
les mêmes souffrances). Tout ceci il faut le transformer,
si nous souhaitons, en vérité, l'authentique
et légitime félicité.
A
l'intérieur de chacun de nous existe (certainement)
un élément de valeur : l'Essence, la Conscience.
Cette Essence à l'origine, descend de la "Voie
Lactée", et après être passée
par le Sol, elle pénètre en notre intérieur.
Malheureusement, elle se trouve embouteillée parmi
cette diversité "d'éléments inhumains"
qui constitue le "moi", le "moi-même",
le "soi-même". Développer l'Essence
est indispensable, lorsque nous voulons éveiller
la Conscience, mais cela n'est possible qu'en désintégrant
le "moi", le "moi-même".
Je
perçois avec beaucoup de douleur que beaucoup d'aspirants
souhaitent des degrés, des initiations, des pouvoirs,
etc. Mais ils oublient le plus important : la mort du "moi-même".
Le changement serait impossible, si quelque chose ne meurt
pas en nous, parce que seul avec la Mort advient le nouveau.
A
mesure que nous éliminons de notre psyché
les "éléments indésirables",
l'Essence se développe, évolue, et lorsque
nous sommes parvenus à la dissolution radicale de
l'Ego, ladite Essence (complètement émancipée)
se trouvera illuminée, éveillée.
Moïse
dit dans la "Genèse" : "Que la Lumière
soit ! et la Lumière fut". Incontestablement,
Lumière et Conscience sont la même chose. Lorsque
la Conscience est endormie, il y a des ténèbres.
La conquête de cette Lumière n'est possible
qu'en s'éveillant, et un tel éveil serait
quelque chose de plus qu'impossible si nous ne mourons pas
en nous-mêmes, c'est-à-dire, si nous ne dissolvons
pas le "moi".
Les
Evangiles Chrétiens insistent sur le besoin de s'éveiller,
mais les gens ne savent pas comment ils doivent s'éveiller.
La
prière de Jésus, le "Notre Père",
possède une clé très intéressante
qui dit ceci : "Donnez-nous aujourd'hui notre pain
quotidien". A quelle sorte de pain Jésus le
Grand Kabire se réfère-t-il ? Il est évident
qu'il ne se réfère pas au pain complet que
l'on vend dans les boulangeries. Non, il se réfère
au "Pain de la Sagesse", au "Pain Spirituel"
qui descend d'en haut, le "Pain Suprasubstantiel".
En travaillant sur nous-mêmes quotidiennement, nous
mangerons de ce "Pain" et avec lui, nous éveillerons
notre Conscience.
Quand
on étudie les quatre Evangiles, on y trouve des choses
merveilleuses. On y dit que le Grand Kabire « rendait
la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, la parole aux
muets », etc. Tout ceci il faut savoir le comprendre.
"Ouvrir les yeux" se réfère à
ceux qui ne voulaient pas voir les choses de l'Esprit, faire
comprendre la parole de Dieu à ceux qui étaient
"sourds" pour écouter l'Enseignement, et
qui, grâce à la Sagesse du Maître, se
sont convertis en ses suiveurs, ils ont appris à
écouter cette Sagesse, à voir le chemin, à
parler la parole de l'Esprit, parce que jusque là,
ils articulaient seulement les phrases de l'Ego. Donc, grâce
à l'Enseignement Christique du Maître, ils
ont pu dissoudre l'Ego, pour parler le langage de la Lumière.
"Beaucoup
de morts ressuscitèrent". Il est clair qu'il
faut d'abord mourir en nous-mêmes, pour pouvoir ensuite
"ressusciter d'entre les morts". C'est seulement
en mourant en nous-mêmes, ici et maintenant, que nous
parviendrons un jour à la résurrection préconisée
par le Maître des Maîtres.
Si
le grain ne meurt pas, la plante ne naît pas. Il est
indispensable que tous les "agrégats psychologiques"que
nous charrions en notre intérieur (c'est-à-dire
nos habitudes, vices, défauts, etc.), meurent pour
qu'habite en nous le meilleur qui est : l'Esprit, l'Etre
qui donne vie et sagesse.
2.
Nous ne sommes pas toujours les mêmes
"La
plus grosse erreur du pseudo-ésotérisme ou
pseudo-occultisme bon marché, c'est de supposer que
les autres possèdent, ou que l'on possède
soi-même, un moi permanent et immuable, sans commencement
ni fin".
"Si
ceux qui pensent ainsi éveillaient la Conscience,
ne fut-ce que pour un instant, ils pourraient clairement
se rendre compte par eux-mêmes, que l'humanoïde
rationnel, n'est jamais le même très longtemps
du point de vue psychologique, il change continuellement".
"Penser
qu'une personne qui s'appelle Louis est toujours Louis,
est certainement une plaisanterie de très mauvais
goût".
"Ce
sujet qu'on nomme Louis, possède en lui-même
d'autres moi, d'autres égos qui s'expriment à
travers sa personnalité à différents
moments, et même si Louis n'aime pas la convoitise,
un autre moi, en lui, (appelons-le Pépé),
aime la convoitise, et ainsi successivement".
"Aucune
personne n'est la même de manière continue.
Réellement, il n'est pas nécessaire d'être
un grand sage, pour se rendre parfaitement compte des innombrables
changements et contradictions de chaque sujet".
A
l'intérieur de chacun de nous, il y a beaucoup de
gens, chaque défaut psychologique est personnifié
par quelque "moi".
Le
"moi" qui aujourd'hui, jure un amour éternel
à une cause, est plus tard déplacé
par un autre "moi", et le château de cartes
s'écroule.
Indubitablement,
et au nom de la Vérité, nous devons dire que
les "humanoïdes" n'ont pas en réalité
un sens de la responsabilité morale. Le "moi"
qui dit quelque chose aujourd'hui, est déplacé
par un autre "moi" le lendemain, qui contredit
ce que le premier "moi" a affirmé.
Il
n'y a personne qui demeure ne fut-ce qu'une demi-heure,
en étant la même personne. Il sera même
délictueux de penser qu'une personne est toujours
la même (ce serait abuser de la personne ; et s'abuser
soi-même).
Ainsi
donc, à l'intérieur de nous, vivent beaucoup
de gens : des gens qui entrent, des gens qui sortent, mais
différents, divers.
Dans
quelques écoles de type pseudo-ésotériste
ou pseudo-occultiste, on parle du mental, on enseigne des
pratiques "pour contrôler le mental", etc.
Mais moi je vous demande : de quel mental s'agit-il ? Quel
est le mental auquel se réfèrent les écoles
pseudo-ésotéristes, pseudo-occultistes ? Chaque
"moi" possède son propre mental, cela est
déjà démontré.
On
parle donc d'un mental quand en réalité de
vérité, nous possédons beaucoup de
mentals. Chaque "moi" possède ses propres
critères, ses propres idées, ses propres pensées.
Chaque "moi" lutte pour la suprématie,
veut contrôler notre corps, se fait maître et
seigneur du cerveau, du coeur et des centres instinctif-moteur-sexuel.
Chaque "moi" contrôle la machine et ceci
est un aspect qui ne fait pas de doute.
On
parle d'une "volonté individuelle" et il
y a des écoles et des écrivains qui préconisent
aux quatre vents de "développer le pouvoir grandiose
de la Volonté". Mais à quelle volonté
se réfère-t-on ? Chaque "moi" possède
sa propre "volonté", et les "volontés"
des "moi" vont jusqu'à s'affronter entre
elles.
Ainsi
donc, à quelle volonté se réfèrent
les différents écrivains de type pseudo-ésotériste
et pseudo-occultiste ? L'humanoïde intellectuel n'a
pas de volonté propre, individuelle.
Ainsi
donc, mes chers frères gnostiques, il est bon que
vous sachiez que nous ne sommes que de simples machines,
activées par différents "moi", des
simples marionnettes contrôlées par des fils
invisibles.
Je
considère qu'il faut sans délai nous auto-observer
journalièrement, sur le terrain de la vie pratique,
avec le propos évident de nous auto-découvrir.
Quand on s'observe soi-même, on s'auto-découvre.
N'importe quel événement normal de l'existence,
peut nous servir de miroir pour nous regarder entièrement,
tels que nous sommes.
Ainsi
donc, il est indispensable de nous auto-observer d'instant
en instant. Quand on s'auto-observe, on se découvre.
Et c'est précisément dans l'interrelation,
dans la coexistence, que nous pouvons nous auto-découvrir.
Dans la coexistence, les défauts que nous portons
cachés en notre intérieur affleurent naturellement,
spontanément, et si nous sommes alertes et vigilants,
comme la sentinelle en temps de guerre, alors nous les découvrirons.
3.
En quoi consiste le travail ésotérique sur
soi-même
La
Conscience peut seulement être éveillée
sur la base de travaux conscients et de souffrances volontaires.
Le
travail sur soi-même est la caractéristique
principale du Chemin Vertical. Personne ne pourrait fouler
le sentier de la Grande Rébellion, sans jamais travailler
sur lui-même.
Le
travail auquel nous nous référons est de type
psychologique, et s'occupe d'une certaine transformation
du moment présent dans lequel nous nous trouvons
(nous avons besoin d'apprendre à vivre d'instant
en instant).
Par
exemple : une personne qui se trouve désespérée
par quelque problème sentimental, économique
ou politique, s'est de toute évidence oubliée
elle-même. Si cette personne s'arrêtait un instant,
si elle observait la situation en essayant de se rappeler
à elle-même, si ensuite elle s'efforçait
de comprendre le sens de son attitude, en réfléchissant
un peu, si elle pense que tout passe, que la vie est illusoire,
fugace, et que la mort réduit en cendres toutes les
vanités du monde ; si elle comprend que son problème
est un feu de paille, une étincelle qui s'éteint
rapidement, elle verra subitement, avec surprise, que tout
a changé.
Transformer
des réactions mécaniques est possible au moyen
de la confrontation logique et l'auto-réflexion intime
de l'Etre.
Il
est évident que les gens réagissent mécaniquement
face à toutes les circonstances de la vie.
Pauvres
gens ! Ils se convertissent toujours en victimes ! Quand
quelqu'un les adule, ils sourient, quand on les humilie,
ils souffrent ; ils insultent si on les insulte, blessent
si on les blesse. Ils ne sont jamais libres, leurs semblables
ont le pouvoir de les faire passer de la joie à la
tristesse, de l'espoir au désespoir !
Nous
savons que nous avons tous en notre intérieur ce
qu'on appelle "égo", "moi", "moi-même",
"soi-même". Malheureusement, l'Essence se
trouve embouteillée, "enflaconnée"
dans l'égo et cela est lamentable.
Dissoudre
le "moi" psychologique, désintégrer
ses "éléments indésirables"
est le sens du travail sur soi-même.
Nous
ne pourrions jamais libérer l'Essence sans préalablement
désintégrer le "moi" psychologique.
Dans
l'Essence se trouve la Religion, le Bouddha, la Sagesse,
les particules de douleur de notre Père qui est en
secret, et toutes les données dont nous avons besoin
pour l'auto-réalisation intime de l'Etre.
A
mesure que l'on travaille sur soi-même, on comprend
de plus en plus la nécessité d'éliminer
radicalement de sa nature intérieure, tout ce qui
nous rend tellement abominables.
Nous
avons besoin de réduire en cendres la cruauté
monstrueuse de ces temps, l'envie, qui malheureusement s'est
convertie dans le ressort secret de l'action, la convoitise
insupportable, qui a rendu la vie si amère, la médisance
répugnante, la calomnie qui est à l'origine
de tellement de tragédies, les saouleries, l'immense
luxure qui sent si mauvais, etc.
A
mesure que toutes ces abominations se réduisent en
poussière cosmique, l'Essence (en plus de s'émanciper)
grandira et se développera harmonieusement.
Indubitablement,
quand le "moi"psychologique est mort, l'Essence
resplendit en nous.
L'Essence
libre nous confère de la beauté Intime. D'une
telle beauté émanent le bonheur et l'Amour
véritable.
L'Essence
possède de multiples sens de perfection et d'extraordinaires
pouvoirs naturels.
Lorsque
nous mourons en nous-mêmes, nous dissolvons le "moi"
psychologique, nous jouissons des sens et des pouvoirs précieux
de l'Essence.
4.
Les sens et les pouvoirs internes
"L'Essence,
embouteillée dans le moi-même, est le génie
de la lampe d'Aladin souhaitant la liberté. Le génie
libéré, il peut réaliser des prodiges".
"L'Essence
est Volonté-Conscience, qui se développe malheureusement
en vertu de notre propre conditionnement".
"Quand
la Volonté se libère, alors elle se mélange,
fusionne, et s'intègre avec la volonté universelle,
se rendant ainsi souveraine".
"Celui
qui possède la Volonté véritablement
libre, peut engendrer de nouvelles circonstances. Celui
qui possède sa volonté embouteillée
dans le "moi" pluralisé, est victime des
circonstances".
"Personne
ne pourrait parvenir à l'Illumination Réelle,
ni exercer le Sacerdoce absolu de la Volonté-Conscience,
s'il n'est préalablement mort à lui-même
ici et maintenant".
"Eliminer
des erreurs est quelque chose de magique, merveilleux en
soi, ce qui implique une rigoureuse auto-observation psychologique".
"Il
est possible d'exercer des pouvoirs quand on libère
radicalement le pouvoir merveilleux de la volonté".
On
nous a dit qu'il existe les sens internes, (ce que nous
ne nions pas). De toute évidence il y a plus de sens
internes qu'externes.
Les
différentes écoles possèdent des méthodes
pour développer les pouvoirs, pour développer
les sens intimes, les sens internes, mais en vérité
je vous dis, mes chers frères, que si nous voulons
développer les sens internes, nous devons commencer
par développer le sens de l'observation de soi-même,
c'est-à-dire, de l'auto-observation.
Ce
sens est latent à l'intérieur de chacun de
nous, mais il faut le développer. Le développement
n'est possible que sur la base de pratiques.
A
mesure que nous utiliserons ce sens, il se développera
lui-même, et à mesure que nous progresserons
dans l'observation de nous-mêmes, d'autres sens se
feront également manifestes, enfin, (le jour où
au moyen de l'auto-observation intime, nous nous connaîtrons
à fond, intégralement, dans tous les niveaux
du mental et du cœur), les multiples sens internes
que nous possédons se feront manifestes, se développeront
précieusement. Voilà pourquoi on nous dit
: "Nosce te Ipsum" ("Homme, connais-toi toi-même,
et tu connaîtras l'Univers et les Dieux").
Les
gens communs et courants vivent attrapés par les
sens externes. Cependant, il y a des gens qui ont déjà
établi en eux-mêmes un centre de gravité
permanent (ce sont des gens qui dans des vies antérieures
ont été dans ces études).
Ces
personnes chercheront l'enseignement, le souhaiteront, et
sentiront qu'au-delà du monde des sens externes,
il y a quelque chose. Et ils ne se trompent pas, bien au-delà
de ces sens (au moyen desquels nous nous mettons en contact
avec le monde extérieur), nous trouvons l'Essence.
Dans
l'Essence se trouve ce que nous possédons de meilleur
(l'Essence est la Conscience), c'est le plus décent,
le plus digne de notre Etre.
Il
y en a beaucoup qui se préoccupent pour les pouvoirs
magiques. Moi je vous dis que l'Essence éveillée,
possède en elle-même de très belles
facultés. Ce dont nous avons besoin, c'est de développer
l'Essence, et on ne pourrait la développer autrement
qu'en travaillant sur nous-mêmes.
En
vérité, quand nous nous préoccupons
d'éliminer (de notre nature intime) nos défauts
psychologiques, colère, convoitise, luxure, envie,
orgueil, paresse, gourmandise, etc., l'Essence commence
naturellement à se développer merveilleusement.
Avec
la mort radicale du "moi", du "moi-même",
du "soi-même", l'Essence demeure absolument
libre et une Essence libre, qui se manifeste à travers
un corps humain, à travers un cerveau (ou de trois
cerveaux, parce qu'en réalité, nous ne possédons
pas seulement le cerveau intellectuel, mais nous avons aussi
le cerveau émotionnel et le cerveau moteur), sera
une Essence précieuse, et resplendiront (en elle)
les pouvoirs de la Clairvoyance, de la Clairaudience, de
la Télépathie, les facultés pour le
dédoublement astral et beaucoup d'autres sens intimes,
qu'il serait long d'énumérer.
Ainsi
donc, le chemin pour obtenir des pouvoirs est celui de la
mort. Ce n'est pas pour rien qu'on nous a dit : "Si
le grain ne meurt pas, la plante ne naît pas".
Quand
nous mourons en nous-mêmes, quand ce cher égo
que nous portons à l'intérieur devient poussière,
les pouvoirs affleurent parce que l'Essence surgit (l'Essence
libre surgit). L'Essence libre jouit de beaucoup de facultés,
de sens précieux, de capacités étonnantes.
Il
existe également de multiples organisations (diverses
organisations, écoles, etc.) pour développer
les "chakras", pour obtenir des Pouvoirs magiques.
Quelques-unes de ces institutions enseignent des pratiques
que nous pourrions définitivement qualifier de "noires".
En
vérité, nous pouvons affirmer, mes chers frères,
que si nous nous préoccupons seulement de développer
des pouvoirs et nous n'annihilons pas le "moi-même",
le "soi-même", le "moi" de la
psychologie, le pire qui pourrait nous arriver, c'est que
nous nous convertissions en magiciens noirs.
Les
Ecritures Sacrées ont parlé très clairement
; l'Evangile a dit : "Cherchez d'abord le Royaume de
Dieu et sa Justice, car tout le reste vous sera donné
par surcroît".
Malheureusement,
97% de l'Essence est embouteillé dans les divers
"éléments" qui constituent l'égo,
le "moi". Nous avons besoin de développer
l'Essence, la désembouteiller, la "désenflaconner".
Lorsque nous y serons parvenus, des multiples pouvoirs naturels,
divins, s'exprimeront en nous avec toute leur beauté
et toute leur splendeur. Nous n'avons pas besoin donc de
nous "affairer" à obtenir des pouvoirs
; ce à quoi nous devons nous "affairer",
c'est à mourir en nous-mêmes ici et maintenant,
parce que "seul avec la mort advient le nouveau".
Observez
la vie des grands mystiques chrétiens, ils ne se
sont pas préoccupés d'obtenir des pouvoirs
; ils se sont seulement préoccupés de la sainteté,
d'éliminer chacun leurs défauts psychologiques,
de mourir en eux-mêmes, et à mesure qu'ils
y parvenaient, des multiples facultés supra-normales
s'exprimaient en eux. Ces derniers, on les a connus comme
des "saints", ils sont nombreux et d'origines
diverses, tant de l'Orient que de l'Occident.
5.
Qu'est-ce en lui-même le sens de l'auto-observation
psychologique ?
"Le
sens de l'auto-observation psychologique en lui-même,
est la clairvoyance, l'imagination consciente ou translucide".
Le
sens de l'auto-observation intime se trouve atrophié
dans tout être humain. En travaillant sérieusement,
en s'auto-observant d'instant en instant, un tel sens se
développera de manière progressive.
Les
pires circonstances de la vie, les situations les plus critiques,
les faits les plus difficiles s'avèrent toujours
merveilleux pour l'auto-découverte.
Dans
ces moments insoupçonnés, critiques, affleurent
toujours (et quand nous y pensons le moins), les "moi"
les plus secrets, si nous sommes alertes il ne fait aucun
doute que nous les découvrirons.
Les
époques les plus tranquilles de la vie, sont précisément
les moins favorables pour le travail sur soi-même.
Il
existe des moments de la vie très compliqués
dans lesquels on a une forte tendance à s'identifier
facilement avec les événements, et à
s'oublier complètement soi-même. Au cours de
ces moments on fait des bêtises qui ne mènent
à rien ; mais si on était alerte, si à
ces moments (au lieu de perdre la tête), on se rappelait
à soi-même, on découvrirait avec étonnement
certains "moi" dont on n'a jamais eu le moindre
soupçon de leur possible existence.
A
mesure que le sens de l'auto-observation poursuivra son
développement, au moyen de l'usage continuel, nous
nous rendrons chaque fois plus capables de percevoir de
manière directe les "moi" dont nous n'avons
jamais soupçonné l'existence.
Face
au sens de l'auto-observation intime, chacun de ces "moi"
qui habitent en notre intérieur, assume (réellement)
l'une ou l'autre figure qui est en affinité secrète
avec le défaut personnifié par là même.
Indubitablement, l'image de chacun de ces "moi"
possède une certaine saveur psychologique inconfondable,
au moyen de laquelle nous appréhendons, nous capturons,
nous attrapons instinctivement sa nature intime, et le défaut
qui la caractérise.
Au
début, l'ésotériste ne sait pas par
où commencer : il sent la nécessité
de travailler sur lui-même mais se trouve complètement
désorienté.
En
profitant des moments critiques, des situations les plus
désagréables, des instants les plus adverses,
si nous sommes alertes, nous découvrirons les défauts
qui ressortent, les "moi" que nous devons désintégrer
urgemment.
On
peut parfois commencer par la colère ou par l'amour-propre,
ou par un malheureux adjoint de la luxure, etc.
Il
est nécessaire de prendre note, surtout de nos états
psychologiques quotidiens si, en vérité, nous
voulons un changement définitif.
Avant
de nous mettre au lit, il convient que nous examinions les
faits qui se sont déroulés pendant la journée,
les situations embarrassantes, les éclats de rire
tonitruants d'Aristophane et le sourire subtil de Socrate,
parce qu'il se peut que nous ayons blessé quelqu'un
avec un éclat de rire, ou il se peut que nous ayons
rendu quelqu'un malade avec un sourire, ou un regard hors
de propos.
Souvenons-nous
qu'en ésotérisme pur, est "bon"
tout ce qui est à sa place, est "mauvais"
tout ce qui n'est pas à sa place.
L'eau,
à sa place, est bonne, mais si elle inondait la maison,
elle causerait des dégâts, elle serait nuisible.
Le
feu dans la cuisine, à sa place, en plus d'être
utile est bon ; en dehors de sa place, brûlant les
meubles du salon, il serait mauvais et nuisible.
N'importe
quelle vertu aussi sainte soit-elle, à sa place est
bonne ; en dehors de sa place, elle est mauvaise et nuisible.
Nous pouvons nuire à d'autres avec les vertus, il
est indispensable de placer les vertus à leur place
correspondante.
Que
diriez-vous d'un prêtre qui prêcherait la parole
du Seigneur dans un bordel ? Que diriez-vous d'un homme
docile et tolérant qui bénirait une troupe
d'assaillants qui tenteraient de violer sa femme et ses
filles ? Que diriez-vous sur l'attitude charitable d'un
homme qui au lieu de ramener à manger chez lui, répartirait
l'argent aux mendiants du vice ? Quelle serait votre opinion
au sujet d'un homme serviable qui, à un moment donné,
prêterait son poignard à un assassin ?
Souviens-toi,
cher lecteur, que parmi les cadences du vers de la poésie
se cache aussi le délit. Il y a beaucoup de vertus
chez les méchants et beaucoup de méchanceté
chez les vertueux.
Même
si cela paraît incroyable, à l'intérieur
même de la prière se cache aussi le délit.
Le délit se déguise en saint, utilise les
meilleures vertus, se présente comme martyr, et va
jusqu'à officier dans les temples sacrés.
A
mesure que le sens de l'auto-observation se développe
en nous, au moyen de son utilisation continue, nous pouvons
voir tous ces "moi" qui servent de fondement,
de base à notre tempérament individuel, que
ce dernier soit sanguin ou nerveux, flegmatique ou bilieux.
Même
si vous ne le croyez pas cher lecteur, derrière le
tempérament que nous possédons se cachent
(parmi les profondeurs les plus éloignées
de notre psyché) les créations diaboliques
les plus exécrables.
Voir
de telles créations, observer ces monstruosités
de l'enfer (à l'intérieur desquelles se trouve
embouteillée notre Conscience même) devient
possible avec le développement graduel du sens de
l'auto-observation intime.
Tant
qu'un homme n'a pas dissout ces créations de l'enfer,
ces aberrations de lui-même, il ne fait aucun doute
que dans les profondeurs de son psychisme continuera toujours
à être ce qui ne devrait pas exister ; une
difformité, une abomination.
Le
plus grave de tout ceci, est que l'abominable ne se rende
pas compte de sa propre abomination, il se croit beau, juste,
une bonne personne, et va jusqu'à se plaindre de
l'incompréhension d'autrui ; il se lamente de l'ingratitude
de ses semblables, il s'estime incompris, pleure en réclamant
ce qu'on lui doit, qu'on l'a payé en "monnaie
de singe", etc.
Le
sens de l'auto-observation intime nous permet de vérifier
par nous-mêmes, de manière directe, le travail
secret au moyen duquel (à un moment donné),
nous sommes en train de dissoudre tel ou tel "moi",
tel ou tel défaut psychologique, découvert
dans les conditions difficiles et lorsque nous le soupçonnions
le moins.
As-tu
déjà pensé une fois dans la vie, à
ce qui te plaît, ou te déplaît le plus
? Toi, as-tu déjà réfléchi sur
les ressorts secrets de ton action ? Pourquoi as-tu une
belle maison ? Pourquoi désires-tu avoir une voiture
dernier modèle ? Pourquoi veux-tu toujours être
à la dernière mode ? Pourquoi convoites-tu
de ne pas convoiter ? Qu'est-ce qui t'a le plus offensé
à un moment donné ? Qu'est-ce qui t'a le plus
flatté hier ? Pourquoi t'es-tu senti supérieur
à untel, ou à unetelle à un moment
donné ? A quelle heure t'es-tu senti supérieur
à quelqu'un ? Pourquoi t'es-tu enorgueilli en racontant
tes triomphes ? Ne pouvais-tu pas te taire quand ils murmuraient
d'une personne que tu connaissais ? As-tu accepté
un verre par courtoisie ? As-tu accepté de fumer,
tout en n'ayant pas le vice, par le concept d'éducation
ou de virilité ? Es-tu sûr d'avoir été
sincère dans cette conversation ? Et quand tu te
justifies toi-même, que tu te vantes, et quand tu
racontes tes triomphes, les décris, en répétant
ce que tu as déjà dit à d'autres, comprends-tu
quel vaniteux tu es ?
Le
sens de l'auto-observation intime, en plus de te permettre
de voir clairement le "moi" que tu es en train
de dissoudre, te permettra de voir aussi les résultats
pathétiques et définis de ton travail intérieur.
Au
début, ces créations de l'enfer, ces aberrations
psychiques qui malheureusement te caractérisent sont
plus laides et monstrueuses que les bêtes les plus
horribles qui existent au fond des mers, ou dans les forêts
les plus profondes de la Terre. Plus tu avanceras dans ton
travail, plus tu pourras te rendre à l'évidence
(au moyen du sens de l'auto-observation intérieure),
du fait saillant que les abominations perdent de leur volume,
s'amenuisent.
Il
est intéressant de savoir que de telles bestialités,
à mesure qu'elles perdent du volume et s'amenuisent,
gagnent en beauté, prennent lentement une forme d'enfant,
et pour finir se désintègrent, se convertissent
en poussière cosmique. Alors, l'Essence embouteillée
se libère, s'émancipe et s'éveille.
Sans
aucun doute, le mental ne peut altérer (fondamentalement)
aucun défaut psychologique. Il est évident
que l'intellect peut se donner le luxe de légender
un défaut avec l'un ou l'autre nom, le justifier,
le faire passer d'un niveau à un autre, etc., mais
par lui-même, il ne pourrait jamais l'annihiler, le
désintégrer.
Nous
nécessitons urgemment un pouvoir flammigère
supérieur au mental, un pouvoir qui soit capable
par lui-même de réduire tel ou tel défaut
psychologique à de la simple poussière cosmique.
Heureusement, ce pouvoir serpentin existe en nous, ce feu
merveilleux que les Alchimistes médiévaux
ont baptisé avec le nom mystérieux de Stella
Maris : la Vierge de la Mer, "l'Azoé" de
la Science d'Hermès, la Tonantzin du Mexique Aztèque,
cette dérivation de notre propre être intime,
Dieu-Mère en notre intérieur, toujours symbolisée
par le Serpent Sacré des Grands Mystères.
Si,
après avoir observé et compris tel ou tel
défaut psychologique, tel ou tel "moi",
nous supplions notre Mère Cosmique particulière
(car chacun de nous possède la sienne) qu'elle désintègre
tel ou tel défaut, ce "moi" (objet de notre
travail intérieur), vous pouvez être sûrs
qu'il perdra du volume et sera lentement pulvérisé.
Tout
ceci implique naturellement des travaux de fond successifs,
toujours continus, car il n'y a aucun "moi" qui
ne pourra jamais être désintégré
instantanément. Le sens de l'auto-observation intime,
pourra voir l'avancement progressif du travail, en relation
avec l'abomination qu'il nous intéresse véritablement
de désintégrer.
Stella
Maris, même si cela paraît incroyable, est la
signature astrale de la puissance sexuelle humaine.
Il
ne fait pas de doute que Stella Maris possède le
pouvoir effectif pour désintégrer les abominations
que nous charrions dans notre propre espace psychologique.
La
décapitation de Jean Baptiste est quelque chose qui
nous invite à la réflexion. Aucun changement
psychologique radical ne serait possible si, avant, nous
ne passions pas par la Décapitation.
Notre
propre Etre Dérivé (Tonantzin, Stella Maris),
comme puissance inconnue pour l'humanité entière,
et qui se trouve latente au fond même de notre psyché,
jouit ostensiblement du pouvoir qui lui permet de décapiter
n'importe quel "moi", avant la désintégration
finale.
Stella
Maris est ce feu philosophal qui se trouve latent dans n'importe
quelle matière organique et inorganique. Les impulsions
psychologiques peuvent provoquer l'action intensive d'un
tel feu, et alors la décapitation devient possible.
Quelque
"moi" sont décapités au début
du travail psychologique, d'autres au milieu, et les derniers
à la fin. Stella Maris, comme puissance sexuelle
ignée, a pleine conscience du travail à réaliser,
et réalise la décapitation au moment opportun,
à l'instant adéquat.
Tant
que ne s'est pas produite la désintégration
de toutes ces abominations psychologiques, de toutes ces
lascivités, de toutes ces malédictions : vol,
envie, adultère secret ou manifeste, ambition d'argent
ou de pouvoirs psychiques, etc., même si nous nous
croyons des personnes honorables, respectueuses de notre
parole, sincères, courtoises, charitables, belles
intérieurement, etc., nous ne passerons pas au-delà
du fait de n'être que de simples "sépulcres
blanchis" : beaux à l'extérieur, mais
à l'intérieur, remplis de pourriture dégoûtante.
L'érudition
livresque, la pseudo-sapience, l'information complète
sur les Ecritures Sacrées (qu'elles soient de l'Orient
ou de l'Occident, du Nord ou du Sud), l'absolue sécurité
d'être "bien documentés", le sectarisme
intransigeant (avec une pleine conviction), etc., ne sert
à rien parce qu'en réalité, seul existe
au fond ce que nous ignorons : des créations de l'enfer,
des malédictions, des monstruosités qui se
cachent derrière une belle expression du visage,
derrière une figure vénérable, en-dessous
des très saints vêtements du leader sacré,
etc.
Dans
ce sens, nous devons être sincères avec nous-mêmes,
nous demander ce que nous voulons vraiment. Si nous sommes
venus à l'enseignement Gnostique par simple curiosité,
et si en réalité ce n'est pas la décapitation
que nous désirons, alors nous sommes en train de
nous tromper, nous sommes en train de défendre notre
propre pourriture, nous sommes en train de procéder
hypocritement.
Dans
les écoles les plus vénérables de la
Sapience Esotérique et de l'Occultisme, il existe
beaucoup d'équivoqués sincères qui
veulent véritablement s'auto-réaliser, mais
qui ne se sont pas consacrés à la désintégration
de leurs abominations intérieures.
Il
y a beaucoup de gens qui supposent qu'au moyen des bonnes
intentions, il est possible de parvenir à la sanctification.
Il est évident que tant qu'on ne travaillera pas
avec intensité sur ces "moi", que nous
charrions en notre intérieur, ils continueront à
exister sous le regard pieux de la bonne conduite.
L'heure
est arrivée de savoir que nous sommes des malveillants
en tunique de sainteté, des loups dans la peau d'agneaux,
des cannibales habillés en monsieurs, des bourreaux
cachés derrière le signe sacré de la
croix, etc. Et même si nous paraissons majestueux
dans nos auditoires de Lumière et d'Harmonie, même
si nos semblables nous voient doux et sereins, même
si nous paraissons révérencieux et humbles,
toutes les abominations de l'enfer, et toutes les monstruosités
de la guerre, continueront à exister au fond de notre
psyché.
En
psychologie révolutionnaire, la nécessité
d'une transformation radicale est une évidence, et
celle-ci n'est possible qu'en nous déclarant (à
nous-mêmes) une guerre à mort, sans pitié
et cruelle.
Certainement,
nous tous, nous ne valons rien ; nous sommes chacun le malheur
de la Terre, l'exécrable.
Heureusement,
Jean-Baptiste nous enseigna le chemin secret : mourir en
nous-mêmes, au moyen de la décapitation psychologique.
6.
Le pourquoi de l'auto-observation psychologique
"Il
est urgent de dire à nos étudiants gnostiques
qu'ils s'observent, dans quel sens ils doivent s'auto-observer,
et les raisons pour le faire".
"Quand
on veut véritablement se connaître soi-même,
il faut s'observer et essayer de connaître les différents
"moi" qui sont placés à l'intérieur
de la personnalité".
"S'il
y en a parmi nos lecteurs qui ne comprennent pas encore
la doctrine des multiples "moi", cela est dû
exclusivement au manque de pratique en matière d'auto-observation".
"A
mesure que l'on pratique l'auto-observation intérieure,
on découvre (par soi-même) beaucoup de gens,
beaucoup de "moi", qui vivent à l'intérieur
de notre propre personnalité".
"Ceux
qui nient la doctrine des multiples "moi", ceux
qui adorent un "moi" divin, il ne fait aucun doute
qu'ils ne se sont jamais auto-observés sérieusement.
En parlant cette fois à la manière socratique,
nous dirons que ces gens non seulement ignorent, mais en
plus, ils ignorent qu'ils ignorent".
"Certainement,
jamais nous ne pourrions nous connaître nous-mêmes
sans l'auto-observation sérieuse et profonde. Mais
tant qu'un sujet quelconque continuera à se considérer
comme un, il est clair que n'importe quel changement intérieur
sera quelque chose de plus qu'impossible".
Tant
qu'un homme continuera dans l'erreur de se croire un, unique,
individuel, il est évident que le changement radical
sera quelque chose de plus qu'impossible.
Indubitablement,
ce manque d'unité psychologique dans "l'humanoïde"
est la cause de tant de difficultés et d'amertumes.
Le
corps physique est une unité complète et travaille
comme un tout organique, à moins qu'il ne soit malade.
Cependant, la vie intérieure de "l'humanoïde"
n'est en aucune manière une unité psychologique.
Le
plus grave de tout ceci, malgré ce que peuvent dire
les diverses écoles de type pseudo-ésotérique
ou pseudo-occultiste, c'est l'absence d'organisation psychologique
dans le fond intime de chaque sujet.
Certainement,
dans de telles conditions, il n'existe pas de travail harmonieux
(comme un tout) dans la vie intérieure des personnes.
Le
fait même que le travail ésotérique
commence par la rigoureuse observation de soi-même,
nous indique une multiplicité de facteurs psychologiques,
"moi" ou "éléments indésirables"
qu'il est urgent d'extirper, éradiquer de notre espace
intérieur.
Ce
type de travail n'est pas extérieur, mais intérieur,
et ceux qui pensent que n'importe quel manuel de civisme
ou système éthique (externe et superficiel)
peut les mener au succès, sont (de fait) totalement
dans l'erreur.
Le
fait concret et définitif que le travail intime commence
par l'attention concentrée, par la pleine observation
de soi-même, démontre que ceci exige un effort
personnel très particulier de chacun d'entre nous.
En
parlant franchement et sans ambages, nous affirmons emphatiquement
ce qui suit : Il n'y a aucun autre être humain qui
pourrait faire ce travail pour nous.
Aucun
changement n'est possible dans notre psyché, sans
l'observation directe de tout cet ensemble de facteurs que
nous portons à l'intérieur.
Accepter
la multiplicité de "moi" en écartant
la nécessité d'étudier et d'observer
directement, signifie de fait une fuite de soi-même,
une forme d'auto-tromperie.
Seul
à travers l'effort rigoureux qu'implique l'auto-observation
judicieuse de soi-même (sans échappatoires
d'aucune sorte), nous pourrons nous rendre à l'évidence,
réellement, que nous ne sommes pas un, mais plusieurs.
Admettre
la pluralité de "moi" et la percevoir,
à travers l'observation rigoureuse, sont deux choses
différentes.
Quelqu'un
peut accepter la "doctrine des différents moi",
sans jamais l'avoir perçue, parce que ceci n'est
possible qu'en s'auto-observant soigneusement.
Fuir
le travail d'observation intime, chercher des échappatoires,
est un signe inconfondable de dégénérescence.
Tant
qu'un homme (nous le répétons) nourrira l'illusion
de se croire toujours un, et la même personne, il
ne peut changer, et il est évident que la finalité
de ce travail est précisément de parvenir
à un changement graduel dans notre vie intérieure.
La
transformation radicale est une possibilité définie,
qui normalement se perd quand on ne travaille pas sur soi-même.
Le point de départ de ce changement radical demeurera
occulte tant que l'homme continuera à se croire un.
Quand
nous pensons que nous sommes un, nous ne pouvons bouger
de là où nous sommes (en nous-mêmes),
nous demeurons stagnants, et pour finir, nous dégénérons,
nous involuons.
Chacun
de nous se trouve à une étape psychologique
déterminée, et nous ne pourrons sortir de
là tant que nous ne découvrirons pas toutes
ces personnes ou "moi" qui vivent à l'intérieur
de notre personne.
Il
est clair qu'au moyen de l'auto-observation intime nous
pouvons voir beaucoup de gens qui vivent dans notre psyché,
et que nous avons besoin d'éliminer pour parvenir
à la transformation radicale.
Cette
perception, cette auto-observation, change fondamentalement
tous les concepts erronés que nous avons sur nous-mêmes,
et comme résultat nous apercevons le fait concret
que nous ne possédons pas de véritable individualité.
Tant
que nous ne nous auto-observons pas, nous vivrons dans l'illusion
que nous sommes un, et par conséquent notre vie sera
erronée.
Il
n'est pas possible d'être en relation correcte avec
nos semblables, tant qu'un changement intérieur ne
s'est pas réalisé au fond de notre psyché.
N'importe
quel changement intime exige l'élimination préalable
des "moi" que nous portons en notre intérieur.
En aucune manière nous ne pourrions éliminer
de tels "moi" si nous ne les observons pas en
notre intérieur.
Ceux
qui se sentent un, et qui pensent le meilleur d'eux-mêmes,
n'accepteraient jamais la "doctrine des multiples"
et ne désireraient pas non plus observer les "moi"
; par conséquent, n'importe quelle possibilité
de changement est impossible en eux.
Il
est impossible de changer si on n'élimine pas. Mais
celui qui se sent détenteur de l'individualité,
s'il acceptait le fait de devoir éliminer, il ignorerait
réellement ce qu'il doit éliminer.
Cependant,
nous ne devons pas oublier que celui qui se croit un, auto-trompé,
croit qu'il sait ce qu'il doit éliminer ; pourtant,
en vérité, il ne sait même pas qu'il
ne sait pas (c'est un ignorant illustré).
Nous
avons besoin de nous déségoïtiser pour
nous individualiser, mais celui qui croit qu'il possède
l'individualité, il lui est impossible de se déségoïtiser.
L'individualité
est à cent pour cent sacrée. Rares sont ceux
qui la possèdent, mais tout le monde croit l'avoir.
Comment
pourrions-nous éliminer des "moi" si nous
croyons posséder un "moi" unique ? Certainement,
seul celui qui ne s'est jamais auto-observé sérieusement,
pense qu'il possède un "moi" unique.
Cependant,
nous devons être très clairs dans cet enseignement,
parce qu'il existe le danger psychologique de confondre
l'individualité authentique avec le concept d'une
sorte de "moi supérieur", ou quelque chose
de ce style.
L'individualité
sacrée est bien au-delà de n'importe quelle
forme de "moi", l'individualité sacrée
est ce qui est, ce qui a toujours été, et
ce qui sera toujours. L'individualité légitime
appartient à l'Etre, et la raison d'Etre de l'Etre
est ce même Etre.
Il
faut faire une distinction entre l'Etre et le "moi".
Ceux qui confondent le "moi" avec l'Etre ne se
sont jamais auto-observés sérieusement.
7.
La pratique de l'auto-observation
"L'auto-observation
est à cent pour cent active, c'est un moyen pour
le changement de soi-même, alors que le connaître,
qui est passif, n'est pas un moyen pour changer".
"Certainement,
connaître n'est pas un acte d'attention. L'attention
dirigée vers l'intérieur de nous mêmes,
vers ce qui est en train de se passer dans notre intérieur,
est quelque chose de positif, d'actif".
"Dans
le cas d'une personne envers laquelle on éprouve
de l'antipathie (parce que c'est comme ça, parce
qu'on a envie, et beaucoup de fois sans aucun motif), on
perçoit la multitude de pensées qui s'accumulent
dans le mental, le groupe de voix qui parlent et crient
de manière désordonnée à l'intérieur
de nous-mêmes ; ce qu'elles disent, les émotions
désagréables qui surgissent en notre intérieur,
la saveur désagréable que tout cela laisse
dans notre psyché, etc".
"De
toute évidence, dans un tel état, nous nous
rendons compte qu'intérieurement nous traitons très
mal la personne envers laquelle nous avons de l'antipathie.
Cependant, pour voir tout ceci, il est nécessaire
(sans aucun doute) d'avoir une attention intentionnellement
dirigée vers l'intérieur, et non pas une attention
passive".
"L'attention
dynamique provient réellement du côté
observant, alors que les pensées et sentiments appartiennent
au côté observé".
"Tout
ceci nous fait comprendre que connaître est quelque
chose de complètement passif et mécanique,
par contraste évident avec l'observation de soi qui
est un acte conscient".
"Nous
ne voulons pas dire par là, que l'observation mécanique
de soi-même n'existe pas, mais un tel type d'observation
n'a rien à voir avec l'auto-observation psychologique
à la quelle nous nous référons".
Sauver
l'âme, la faire sortir des ténèbres,
c'est beau, mais cela n'a rien de facile ; ce qui est normal,
c'est qu'elle demeure prisonnière. On ne pourra jamais
jouir de l'illumination authentique, tant que l'Essence,
la Conscience, reste embouteillée, prisonnière
(et cela est grave). Alors, il est forcément nécessaire
de détruire, désintégrer héroïquement
avec un héroïsme supérieur à celui
de Napoléon dans ses grandes batailles, ou à
celui de Morelo dans ses luttes pour la liberté,
etc. (cet héroïsme inégalable), afin
de libérer la pauvre âme, la faire sortir des
ténèbres. Il est avant tout nécessaire
comme je le disais lors d'un échange passé
avec les frères, de connaître les procédés
qui mènent à la désintégration
de ces "éléments" dans lesquels
l'âme est embouteillée, prisonnière,
pour que vienne l'illumination.
Avant
tout, il faut commencer par comprendre la nécessité
de savoir observer. Par exemple, nous sommes assis ici.
Tous, sur ces chaises, savons que nous sommes assis, mais
nous n'avons pas observé les chaises. Dans le premier
cas, nous avons la connaissance du fait que nous sommes
assis sur les chaises, mais le fait de les observer est
quelque chose de différent.
Dans
le premier cas, il y a, disons, la connaissance, mais pas
l'observation. L'observation requiert une observation spéciale
; observer de quoi elles sont faites, et ensuite entrer
en méditation pour découvrir leurs atomes,
molécules, etc. , et cela requiert une attention
dirigée.
Savoir
que l'on est assis sur une chaise est de l'attention non-dirigée,
de l'attention passive, mais observer la chaise serait déjà
de l'attention dirigée.
Ainsi
aussi, nous pouvons penser beaucoup à nous-mêmes,
mais cela ne veut pas dire que nous sommes en train d'observer
nos propres pensées. Les observer est quelque chose
de distinct, de différent.
Nous
vivons dans un monde d'émotions inférieures,
n'importe quelle chose nous produit des émotions
de type inférieur, et nous savons que nous les possédons.
Mais une chose est de savoir que l'on se trouve dans un
état négatif, et une autre chose est d'observer
l'état négatif dans lequel on se trouve, ce
qui est quelque chose de complètement différent.
Voyons
un exemple. A un moment donné, un monsieur raconta
à un psychologue : "Bon, il se fait que je ressens
de l'antipathie pour telle personne" (il cita le nom
et le prénom). Le psychologue lui répondit
: "observez cette personne !". Le monsieur répondit
: "Mais pourquoi vais-je l'observer si je la connais
?". Le psychologue conclut que ce monsieur ne voulait
pas observer, qu'il connaissait mais n'observait pas.
Connaître
est une chose, et observer est une autre chose très
différente. On peut connaître que l'on a une
pensée négative, mais cela ne signifie pas
que l'on est en train d'observer. On sait que l'on se trouve
dans un état négatif, mais on n'a pas observé
l'état négatif.
Dans
la vie pratique, nous voyons qu'à l'intérieur
de nous il y a beaucoup de choses qui devraient nous rendre
honteux : comédies ridicules, questions intérieures
grotesques, pensées morbides, etc. Savoir qu'on les
possède ne veut pas dire qu'on les a observées.
Quelqu'un pourrait dire : "Oui, en ce moment j'ai une
pensée morbide" ; mais une chose est de savoir
qu'on la possède, et autre chose est de l'observer,
ce qui est totalement différent.
Ainsi
donc, si on veut parvenir à éliminer tel ou
tel "élément psychologique indésirable",
il faut d'abord apprendre à observer avec le propos
d'obtenir un changement, parce que certainement si on n'apprend
pas à s'auto-observer, n'importe quelle possibilité
de changement est impossible.
D'un
premier point de vue, nous constatons qu'à travers
l'auto-observation, les pensées les plus insignifiantes,
les comédies les plus ridicules (qui se déroulent
intérieurement, sans aucune extériorisation)
ne nous appartiennent pas, elles sont créées
par d'autres, par les "moi".
Le
fait grave, c'est de s'identifier avec ces comédies,
avec ces ridiculités, ces protestations, ces colères,
etc. Si on s'identifie avec n'importe lequel de ces extrêmes
intérieurs, le "moi" qui les produit se
renforce, et ainsi, toute possibilité de les éliminer,
devient de plus en plus difficile. De cette manière,
l'auto-observation est vitale quand il s'agit de provoquer
un changement radical en nous.
Les
différents "moi" qui vivent à l'intérieur
de notre psyché, sont très rusés ;
ils font souvent appel à la "bobine" des
souvenirs que nous charrions dans le centre intellectuel.
Supposons
que dans le passé, on ait forniqué avec une
personne quelconque du sexe opposé, et que pour le
moment, on insiste ou non, à vouloir éliminer
la luxure. Alors, le "moi" de la luxure fera appel,
s'emparera du centre des souvenirs, du centre intellectuel,
il prendra, disons, la "bobine" de souvenirs (celui
dont il aura besoin) et le fera passer par la fantaisie
de la personne, et il se renforcera, deviendra de plus en
plus fort. Pour toutes ces raisons, vous devez voir la nécessité
de l'auto-observation. Un changement véritable, radical
et définitif, est impossible si nous n'apprenons
pas à nous auto-observer.
Connaître
n'est pas observer, penser, n'est pas non plus observer.
Il y en a beaucoup qui croient que penser par soi-même
c'est observer, mais il n'en est pas ainsi. On peut penser
par soi-même, et cependant ne pas s'observer. Penser
par soi-même est aussi différent que la soif
l'est de l'eau ou l'eau de la soif.
Pour
s'observer, il faut se diviser en deux, en deux moitiés
: une partie qui observe, et l'autre partie qui est observée.
Quand la partie qui observe voit les ridiculités
et niaiseries de la partie observée, il y a plus
que jamais des possibilités de découvrir (supposons
le "moi" de la colère) que ce "moi"
n'est pas nous, qu'il est lui. Nous pourrions nous exclamer
: "le moi a de la colère, c'est un moi, celui-là
doit mourir, je vais le travailler pour le désintégrer
! ". Mais si on s'identifie avec lui en disant : "j'ai
de la colère, je suis furieux", il prend plus
de force, il se fait chaque fois plus vigoureux, dès
lors, comment va-t-on le dissoudre, de quelle manière
? On ne pourrait pas, n'est-ce pas ? De telle manière,
on ne doit pas s'identifier avec ce "moi", avec
sa petite colère ou avec sa tragédie, car
si on s'identifie avec sa création, alors on finit
par vivre dans sa création aussi, et cela est absurde.
A
mesure que l'on travaille sur soi-même, qu'on approfondit
chaque fois plus les questions de l'auto-observation, on
devient chaque fois plus profond. Dans tout ceci, il ne
faut pas manquer d'observer jusqu'à la pensée
la plus insignifiante. N'importe quel désir (même
passager), n'importe quelle création, doit être
un sujet d'observation, parce que n'importe quel désir,
n'importe quelle action, n'importe quelle pensée
négative, provient de tel ou tel "moi".
Et si nous voulons fabriquer la lumière, libérer
l'Ame, allons-nous permettre que ces "moi" continuent
à exister ?
Cela
serait absurde ! Si c'est la Lumière que nous voulons,
si nous sommes véritablement amoureux de la Lumière,
alors nous devons désintégrer les "moi",
il n'y a pas d'autre remède que de les réduire
en poussière, et nous ne pourrions pas réduire
en poussière ce que nous n'avons pas observé.
Dès lors, nous avons besoin de savoir observer.
Dans
cette question nous devons également surveiller la
parlotte intérieure, parce qu'il y a beaucoup de
parlottes intérieures négatives et absurdes,
des conversations intimes qui ne s'extériorisent
jamais et naturellement, nous devons corriger cette parlotte
intérieure, apprendre à garder le silence,
et savoir parler quand on doit parler, savoir se taire quand
on devrait se taire (ceci fait loi, non seulement pour le
monde physique, le monde extérieur, mais aussi pour
le monde intérieur). Les parlottes intérieures
négatives, s'extériorisent plus tard, physiquement.
C'est pourquoi il est important d'éliminer la parlotte
intérieure négative car elle est nuisible.
Il
faut apprendre à garder le silence intérieur.
Normalement, on entend par "silence mental" quand
on vide le mental de toutes sortes de pensées, quand
on parvient à la quiétude et le silence du
mental à travers la méditation, etc, mais
il y a une autre sorte de silence.
Supposons
que se présente devant nous un cas de jugement critique
(en relation avec un de nos semblables) et nous gardons
malgré tout le silence mental ; nous ne jugeons pas,
ne condamnons pas, nous nous taisons tant extérieurement
qu'intérieurement. Dans ce cas, il y a dès
lors silence intérieur.
Les
faits de la vie pratique, en fin de compte doivent rester
en correspondance intime avec une conduite intérieure
parfaite, c'est le signe que nous sommes en train de créer
en nous-mêmes le fameux corps mental.
Si
nous mettons les différentes parties d'une radio
ou d'un enregistreur sur une table, mais nous n'y connaissons
rien en électronique, alors nous ne pourrons pas
non plus capter les différentes vibrations qui pullulent
dans le cosmos. Mais si, au moyen de la compréhension
nous unissons les différentes parties, nous aurons
la radio, et l'appareil qui peut capter les sons, que d'une
autre manière nous ne capterions pas. Ainsi aussi,
les différentes parties de ces études de ce
travail se complètent entre elles pour venir former
un Corps merveilleux : le fameux Corps du Mental. Ce Corps
nous permettra de mieux capter ce qui existe à l'intérieur
de nous, et développera plus en nous le sens de l'auto-observation
intime, et cela est assez important.
Ainsi
donc, l'objectif de l'observation est de réaliser
un changement en nous-mêmes, de promouvoir un changement
effectif, véritable.
Une
fois que nous serons devenus, disons, adroits dans l'observation
de nous-mêmes, alors vient le processus d'élimination.
De cette manière, il y a, proprement dit, trois étapes
dans cette question :
Premièrement,
l'observation,
Deuxièmement,
le jugement critique,
Troisièmement,
c'est déjà proprement l'élimination
de tel ou tel "moi".
En
observant un "moi", nous devons voir comment il
se comporte dans le centre intellectuel (de quelle manière)
et connaître ses "jeux" dans le Mental.
Deuxièmement, de quelle manière il s'exprime
à travers le sentiment (dans le coeur) et troisièmement,
découvrir son mode d'action dans les centres Moteur,
Instinctif et Sexuel.
Il
est évident que dans le sexe, un "moi"
a une forme d'expression, dans le coeur il a une autre forme,
et dans le cerveau une autre. Dans le cerveau, un "moi"
se manifeste à travers les questions intellectuelles
: raisons, justifications, évasions, échappatoires,
etc. ; dans le coeur, comme une souffrance, comme de l'affection,
comme de l'amour (apparemment, et souvent, alors qu'en réalité
il s'agit d'une question de luxure), etc. ; et dans les
centres Instinctif-Moteur-Sexuel, il possède une
autre forme d'expression (comme action, instinct, impulsion
lascive, etc.).
Citons
par exemple un cas concret : luxure. Un "moi"
luxurieux (face à une personne du sexe opposé),
dans le Mental, peut se manifester par des pensées
constantes, il pourrait se manifester dans le coeur comme
de l'affection, comme de l'amour apparemment très
pur, vierge de toute souillure, à tel point que l'on
pourrait se justifier en disant : "Bon, je ne sens
pas de luxure pour cette personne, ce que je ressens, c'est
de l'amour" ; mais si on est observateur et on fait
très attention à sa machine organique et l'on
observe le Centre Sexuel, on vient à découvrir
que dans ce Centre, il y a une certaine activité
face à cette personne, alors de toute évidence,
il n'y a pas d'affection, il n'y a pas d'amour pour cette
personne, mais ce qu'il y a, c'est de la luxure.
Mais,
voyez à quel point le délit est fin, la luxure
peut parfaitement se déguiser (dans le coeur) avec
l'amour et écrire des vers, etc., mais c'est de la
luxure déguisée.
Si
on est attentif, et on observe ces centres de la machine,
on peut s'apercevoir qu'il s'agit d'un "moi",
et en ayant découvert qu'il s'agit d'un "moi",
en connaissant ces manipulations dans les trois centres,
c'est-à-dire dans l'intellectuel, dans le coeur et
dans le sexe, alors on peut procéder à la
troisième phase. Quelle est la troisième phase
? L'exécution. Celle-ci est la phase finale du-travail
: l'exécution. Alors, il faut faire appel à
la prière dans le travail. Qu'entend-on par prière
dans le travail ? La prière dans le travail doit
être faite sur la base du rappel intime de soi-même.
Au
cours d'une autre occasion, nous avons dit qu'il y a quatre
niveaux d'hommes, ou quatre états de Conscience,
pour être plus clairs. Un premier état de Conscience
est celui du sommeil profond et inconscient d'une personne,
d'un Ego qui a laissé le corps physique endormi dans
son lit, mais qui déambule dans le monde moléculaire
en "état de coma" (c'est l'état
inférieur). Un deuxième état d'inconscience
est celui du rêveur qui est retourné à
son corps physique et qui s'imagine être à
l'état de veille. Dans ce cas les rêves continuent,
évidemment, simplement on est avec le corps physique
à l'état de veille. Ce type de rêveur
est plus dangereux, parce qu'il peut tuer, il peut voler,
il peut commettre des crimes de toutes sortes. Cependant,
dans le premier cas, le rêveur est plus infrahumain,
il ne peut rien faire de toutes ces choses. Comment pourrait-il
le faire ? Comment pourrait-il nuire ? Si le corps est passif
pour les rêves, la personne ne peut nuire à
personne dans le monde physique, mais quand le corps est
actif pour les rêves, la personne peut faire beaucoup
de torts dans le monde physique. C'est pourquoi les Ecritures
Sacrées insistent sur le besoin de s'éveiller.
Si
ces deux types de personnes (ceux qui se trouvent, disons
en état d'inconscience profonde, ou ceux qui possèdent
leur corps actif pour les rêves) font une prière,
car de ces différents états (tellement infrahumains)
ils ne peuvent rien attendre, même malgré leurs
états négatifs, cependant la Nature répond.
Par
exemple : si un inconscient, un endormi fait une prière,
pour arranger une affaire, il se peut que ses "moi",
innombrables, ne soient pas tous d'accord avec ce qu'il
est en train de faire. Ce n'est qu'un de ses "moi"
qui fait la prière, et les autres (qui n'ont pas
été pris en considération), il se peut
que cela ne les intéresse pas une telle affaire,
qu'ils ne soient pas d'accord avec cette prière,
et demandent (dans cette prière), exactement le contraire,
afin que cette affaire échoue, car ils ne sont pas
d'accord. Comme les autres sont en majorité, la Nature
répond avec ses forces, avec un flux de forces, et
vient l'échec dans l'affaire (cela est clair). Alors,
pour que la prière ait une valeur effective dans
le travail sur nous-mêmes, nous devons nous placer
dans le troisième état de Conscience, qui
est celui du rappel intime de soi, c'est-à-dire dans
le rappel de son Propre Etre.
Alors,
plongés en méditation profonde, concentrés
sur notre Divine Mère Intérieure, on la suppliera
d'éliminer de notre psyché, le "moi"
que l'on veut désintégrer. Il se peut qu'à
ce moment, la Mère Divine agisse en décapitant
un tel "moi", mais ce n'est pas pour cela que
l'on a fait la totalité du travail. La Mère
Divine ne va pas tout désintégrer instantanément.
Il sera nécessaire, si tout n'est pas désintégré,
d'avoir de la patience, et au cours de travaux successifs
dans le temps, nous obtiendrons qu'un tel "moi"
se désintègre lentement, qu'il perde de son
volume, de sa dimension.
Un
"moi" peut être épouvantablement
horrible, mais à mesure qu'il perd de son volume,
il s'embellit, puis prend l'aspect d'un enfant, et enfin,
il devient poussière. Quand il n'en reste que de
la poussière, la Conscience (qui était à
l'intérieur, embouteillée, emboutie dans ce
"moi") demeure libre. Alors la lumière
aura augmenté, car c'est un pourcentage de lumière
qui se libère. Nous procéderons ainsi avec
chacun des "moi".
Le
travail est long et très dur. De nombreuses fois,
n'importe quelle pensée négative, aussi insignifiante
soit-elle, a pour fondement un "moi" très
ancien. Cette pensée négative qui parvient
au Mental, nous indique que (de fait), il y a un "moi"
derrière, et que ce "moi" doit être
extirpé, éradiqué de notre psyché
; qu'il faut l'étudier, connaître ses "manipulations".
Voir comment il se comporte dans les trois cerveaux : l'intellectuel,
l'émotionnel et, pour résumer, l'instinctif-moteur-sexuel
; voir de quelle manière il travaille dans ces trois
centres. On le connaîtra au fur et à mesure,
suivant ses agissements.
Quand
on a développé le sens de l'auto-observation,
on se rend (par soi-même) à l'évidence,
que quelques-uns de ces "moi" sont épouvantablement
horribles, que ce sont de véritables monstres aux
formes horripilantes qui vivent à l'intérieur
de notre psyché.
8.
La séparation intérieure
"On
se doit d'apprendre à produire la séparation
du soi-même, la séparation de toutes les choses
; ne pas s'identifier avec les faits, déroulements,
les événements, parce que cette identification
nous absorbe, nous vampirise la Conscience et la plonge
plus profondément dans le sommeil".
"De
cette manière, nous avons besoin que notre Conscience
s'éveille, ce qui est possible en faisant la séparation
entre nous et les choses, entre nous et les faits ou évènements".
En
état d'alerte-perception, d'alerte-nouveauté,
nous pouvons directement vérifier que les défauts
cachés affleurent spontanément. Il est clair
qu'un défaut découvert (dans le gymnase de
la vie pratique), doit être travaillé consciemment,
avec le propos de le séparer de notre psyché.
Si
debout sur une planche, nous souhaitons la soulever, pour
la poser contre un mur, l'opération serait impossible
si nous demeurons debout sur la planche.
Il
est évident que nous devons commencer par séparer
la planche de nous-mêmes, en nous ôtant, et
ensuite soulever la planche, et la placer sur le mur.
De
la même manière, nous ne devons pas nous identifier
avec aucun "agrégat psychique", si en vérité
nous voulons le séparer de notre psyché.
Celui
qui se croit toujours "un", ne sera jamais capable
de se séparer de ses propres "éléments
indésirables" : il considérera chaque
pensée, sentiment, désir, passion, affection,
etc., comme des fonctionnalismes différents et immuables
de sa propre nature, et ira même jusqu'à se
justifier en disant de tels ou tels "défauts-personnages"
qu'ils sont de "caractère héréditaire".
Cependant,
celui qui accepte la "doctrine des nombreux moi"
comprend (sur base de l'observation), que chaque désir,
chaque pensée, action, passion, etc., correspond
à l'un ou l'autre "moi" distinct, différent.
N'importe
quel athlète de l'auto-observation intime travaille
très sérieusement à l'intérieur
de lui, et s'efforce d'écarter de sa psyché
tous les "éléments indésirables"
qu'il charrie en son intérieur.
Si,
vraiment et sincèrement, on commence à s'observer
intérieurement, on finit par se diviser en deux :
observateur et observé. Si une telle division ne
se produisait pas, il est évident que jamais nous
ne ferions un pas en avant dans la voie merveilleuse de
l'auto-connaissance.
Comment
pourrions-nous nous observer, si nous commettions l'erreur
de ne pas vouloir nous diviser en observateur et observé
?
Indubitablement,
quand cette division n'a pas lieu, nous continuons à
nous identifier avec tous les processus du "moi"
pluralisé.
Celui
qui s'identifie avec tous les processus du "moi"
pluralisé est toujours victime des circonstances.
Comment
celui qui ne se connaît pas lui-même pourrait-il
modifier les circonstances ? Comment celui qui ne s'est
jamais observé intérieurement pourrait-il
se connaître lui-même ? De quelle manière
quelqu'un pourrait-il s'auto-observer s'il ne se divise
pas en observateur et observé ?
Personne
ne peut commencer à changer radicalement tant qu'il
ne sera pas capable de dire : ce désir est un moi
animal que je dois éliminer", "cette pensée
égoïste est un autre moi qui me tourmente, et
que j'ai besoin de désintégrer", "ce
sentiment qui blesse mon coeur est un moi intrus que j'ai
besoin de réduire en poussière cosmique",
etc.
Naturellement,
cela est impossible pour quelqu'un qui ne s'est jamais divisé
en observateur et observé.
Celui
qui prend tous ses processus psychologiques comme des fonctionnalismes
d'un "moi" unique, individuel et permanent, se
trouve tellement identifié avec toutes ses erreurs,
il les a tellement unies à lui-même qu'il a
perdu (pour ce motif) la capacité de les séparer
de sa psyché.
Evidemment,
les personnes qui sont comme cela ne pourront jamais changer
radicalement, ce sont des gens condamnés à
l'échec le plus retentissant.
9.
L'auto-observation n'a rien a voir avec les processus intellectuels
"Nous
devons nous connaître par voie directe, sans le processus
déprimant de l'option conceptuelle. Ceci ne serait
en aucune manière possible, si nous ne nous auto-observons
pas dans l'action, d'instant en instant, de moment en moment".
Il
ne s'agit pas de nous voir à travers une quelconque
théorie, ou une simple spéculation intellectuelle.
Nous voir directement, tels que nous sommes, est ce qui
nous intéresse. Ainsi seulement, nous pourrons parvenir
à la connaissance véritable de nous-mêmes".
Une
chose est l'homme simplement animal (c'est-à-dire
"l'animal intellectuel"), et une autre chose (en
vérité très différente, certainement),
est le véritable homme psychologique. En disant "homme",
j'inclus également, naturellement, la femme, ceci
doit être clairement sous-entendu.
Nous
naissons avec un corps physique merveilleux, mais en réalité
de vérité, nous avons besoin de faire quelque
chose de plus. Former le corps physique n'est pas difficile
(nous en héritons), mais former l'homme psychologique
est en vérité difficile.
Pour
former le corps physique, nous n'avons pas besoin de travailler
sur nous-mêmes, mais pour former l'homme psychologique,
nous avons besoin de travailler sur nous-mêmes (cela
est évident).
Il
s'agit donc d'organiser la psyché (qui se trouve
désordonnée) pour créer l'homme psychologique,
qui est l'homme véritable, dans le sens le plus complet
du mot.
Il
faut donc distinguer entre "l'animal intellectuel"
erronément appelé "homme", et le
véritable et authentique homme psychologique.
Nous
avons besoin de travailler sur nous-mêmes, si nous
voulons créer un tel homme. Cependant, il y a une
lutte à l'intérieur de nous : le Mental sensuel
est l'ennemi du Mental supérieur.
Le
Mental sensuel s'identifie avec n'importe quelle circonstance.
Si (par exemple) nous nous trouvons tout à coup dans
un somptueux banquet, nous nous identifions tellement avec
les mets, que nous nous convertissons en gloutons. Et si
on nous offre un verre, nous nous identifions tellement
avec le vin, que nous finissons ivres. Et si nous croisons
sur notre route une personne du sexe opposé (fascinante,
intéressante) nous nous identifions tellement avec
elle que nous finissons fornicateurs, ou simplement convertis
en adultères. Dans ces circonstances, et de cette
manière, il n'est pas possible de créer l'homme
psychologique.
Si
d'une quelconque manière nous devons commencer le
travail de créer l'homme psychologique, ce sera (en
réalité de vérité) en travaillant
sur nous-mêmes : en ne nous identifiant jamais avec
aucune circonstance, et en nous auto-observant d'instant
en instant, de moment en moment.
Il
y en a qui se trompent sur le chemin. Il existe des sociétés,
ordres, loges, religions et sectes, qui prétendent
organiser la psyché humaine au moyen de certaines
maximes que nous pourrions qualifier "d'or". Ce
sont des communautés qui prétendent, au moyen
de telle ou telle autre maxime, régir tous les comportements
de la vie, afin d'obtenir ce qu'ils appelleraient "purification",
"sainteté", etc. Il est urgent d'analyser
tout cela.
Il
est évident qu'une maxime quelconque, de type éthique,
religieux, ne pourrait jamais servir de patron pour les
différents faits de la vie. Une maxime, même
structurée avec la Logique Supérieure d'un
Ouspensky, par exemple, ne pourrait en vérité,
jamais créer un nouveau cosmos, ni une nouvelle nature.
Nous confiner strictement à une maxime avec le propos
d'organiser notre psyché, serait absurde. Ceci signifierait
nous convertir de toute évidence en esclaves.
De
cette manière, il convient que nous réfléchissions
sur de nombreux catalogues éthiques et codes moraux
avec des "maximes d'or". Toutes ces règles
ou maximes ne pourront jamais transformer personne (cela
est évident). En plus, il y a des facteurs qu'il
faut analyser, avant de pouvoir commencer le travail d'organisation
de la psyché.
Indubitablement,
un énoncé démonstratif, par exemple,
aussi riche (et parfait) qu'il puisse être, pourrait
être faux, et pis encore : intentionnellement faux.
Ainsi
donc, en tentant une transformation de nous-mêmes,
nous devons devenir un peu plus individuels (je ne veux
pas dire "égoïstes", ceci doit être
compris comme apprendre à mieux penser de manière
indépendante et parfaite), car beaucoup de sentences
sacrées ("maximes d'or", comme je l'ai
dit, ou aphorismes que tout le monde considère comme
parfaits), ne pourraient réellement servir de patron
de mesures pour parvenir à une transformation authentique
et une organisation de la psyché à l'intérieur
de nous.
Il
s'agit d'organiser la psyché interne, et nous devons
sortir de tellement de rationalisme de type subjectif, et
aller (comme on dit) à la source, aux faits : affronter
nos propres erreurs telles qu'elles sont, ne jamais vouloir
les justifier, ne pas tenter de les fuir, ne pas tenter
de les excuser.
Il
est nécessaire que nous devenions plus sérieux.
Dans l'analytique, nous devons être (disons), plus
judicieux, plus compréhensifs. Si en vérité
nous ne cherchons pas d'échappatoires, alors nous
pourrons travailler sur nous-mêmes pour obtenir l'organisation
de l'homme psychologique et cesser de n'être que de
simples "animaux intellectuels", comme nous l'avons
été jusqu'à présent.
L'auto-observation
psychologique est fondamentale. Il est nécessaire
en vérité, de nous auto-observer d'instant
en instant, de seconde en seconde. Dans quel but ? Un seul
! Lequel ? Découvrir des défauts de type psychologique,
mais les découvrir sur le terrain des faits, les
observer directement, judicieusement, sans faux-fuyants,
ni excuses, sans échappatoires d'aucune sorte.
Une
fois qu'un défaut a été dûment
découvert, alors et seulement alors, nous pourrons
le comprendre, et en essayant de le comprendre, nous devons
(je le répète) être sévères
avec nous-mêmes.
Il
y en a beaucoup qui, en essayant de comprendre une erreur,
la justifient, l'évitent, se la cachent à
eux-mêmes, et cela est absurde. Il y a aussi des petits
frères gnostiques qui, en se découvrant tel
ou tel défaut, commencent avec leur Mental théorique
à faire disons, des spéculations, et cela
est très grave, car comme je l'ai déjà
dit, et je le répète maintenant, en ce moment,
les spéculations du Mental (purement subjectives)
débouchent forcément sur le terrain de 1'utopisme,
cela est clair.
Ainsi
donc, si l'on veut comprendre une erreur, les spéculations
purement subjectives doivent être éliminées,
et pour qu'elles soient éliminées, il est
nécessaire d'avoir observé directement l'erreur.
Ainsi seulement, au moyen d'une observation correcte, il
est possible de corriger la tendance à la spéculation.
10.
La connaissance et la compréhension
"Affirmer
est une chose, et comprendre en est une autre. Quand quelqu'un
dit "je sais que je ne suis pas unique, mais plusieurs",
si sa compréhension est véritable et que ce
n'est pas de la simple jacasserie, une parlotte insubstantielle
ambiguë, cela indique, signale, accuse une pleine vérification
de la doctrine des nombreux moi".
"La
connaissance et la compréhension sont différentes
: la première est du Mental, la deuxième est
du Coeur".
"La
simple connaissance de la doctrine des nombreux moi ne sert
à rien".
"Malheureusement,
à l'époque dans laquelle nous vivons, la connaissance
est allée au delà de la compréhension,
parce que le pauvre animal intellectuel, erronément
appelé homme, évolua uniquement du côté
de la connaissance, en oubliant (lamentablement) le côté
correspondant à l'Etre".
"Connaître
la doctrine des nombreux moi, et la comprendre est fondamental
pour tout changement radical et véritable".
"Etudier,
expérimenter et comprendre, est ce qui est fondamental.
Ainsi seulement, il est possible de travailler (consciemment)
pour parvenir à un changement radical".
"Quand
un homme commence à s'auto-observer posément,
depuis le point de vue qu'il n'est pas un mais plusieurs,
il a de toute évidence commencé un travail
sérieux sur sa nature inférieure".
Observer
et s'auto-observer sont deux choses complètement
différentes. Cependant, les deux exigent de l'attention.
Dans
l'observation, l'attention est orientée vers le dehors,
vers le monde extérieur (à travers les fenêtres
des cinq sens).
Dans
l'auto-observation, l'attention est orientée vers
l'intérieur et pour cela, les sens de perception
externe ne servent pas, ce motif est plus que suffisant,
pour que l'auto-observation de ses processus psychologiques
intimes soit difficile (pour le néophyte).
Indubitablement,
ces deux points de départ, cités dans les
paragraphes précédents, nous mènent
dans des directions complètement différentes.
N'importe
qui pourrait vieillir "enflaconné" dans
les dogmes intransigeants de la science officielle, étudiant
des phénomènes extérieurs, observer
des cellules, atomes, soleils, étoiles, comètes,
etc., sans expérimenter à l'intérieur
de soi-même, aucun changement radical, parce que le
type de connaissance qui transforme radicalement quelqu'un
ne pourrait jamais s'obtenir au moyen de l'observation externe.
La
véritable connaissance qui peut réellement
faire naître en nous un changement intérieur
fondamental, a pour fondement l'auto-observation directe
de soi-même.
Comme
conséquence ou corollaire de tout ceci, nous pouvons
et devons affirmer, de manière emphatique, qu'il
existe deux sortes de connaissances : l'externe et l'interne,
et à moins que nous ayons (en nous-mêmes) le
Centre Magnétique qui puisse différencier
les qualités de connaissance, ce mélange des
deux plans ou ordres d'idées pourrait nous mener
à la confusion.
Des
sublimes doctrines pseudo-ésotériques, avec
un scientisme de fond marqué, appartiennent au domaine
de l'observable. Cependant, elles sont acceptées
par un grand nombre d'aspirants comme de la connaissance
interne.
Nous
nous trouvons donc face à deux mondes : l'extérieur
et l'intérieur. Le premier est perçu par les
sens externes, le second ne peut être perçu
qu'au moyen du sens de l'auto-observation psychologique.
Pensées,
idées, émotion, souhaits, espoirs, déceptions,
etc., sont intérieurs et invisibles pour les sens
ordinaires, communs et courants. Cependant, ils sont pour
nous plus réels que la table de la salle à
manger, ou que les fauteuils du salon.
Nous
vivons certainement beaucoup plus dans notre monde intérieur
que dans l'extérieur. Cela est irréfutable,
indéniable.
Dans
nos mondes internes, dans notre monde secret, nous aimons,
désirons, soupçonnons, bénissons, maudissons,
souhaitons, souffrons, jouissons, sommes déçus
ou récompensés, etc.
Indubitablement,
les deux mondes (interne et externe) sont vérifiables
expérimentalement.
Le
monde extérieur est l'observable, le monde intérieur
est l'auto-observable, en nous-mêmes et à l'intérieur
de nous, ici et maintenant.
Celui
qui en vérité voudrait connaître les
mondes internes de la planète terre, ou du système
solaire, ou de la galaxie dans laquelle nous vivons, doit
(au préalable) connaître son monde intime,
sa vie intérieure particulière, ses propres
mondes internes (Homme, connais-toi toi-même, et tu
connaîtras l'Univers et les Dieux).
Au
plus quelqu'un explorera ce monde interne appelé
"soi-même", plus il comprendra qu'il vit
simultanément dans deux mondes, deux réalités
: l'extérieure et l'intérieure.
11.
L'auto-observation et le pays psychologique
"De
même qu'à l'extérieur de nous, il existe
la ville (la ville de Mexico par exemple), et de même
que dans la ville de la vie urbaine commune et courante,
il y a des gens de toutes sortes (colonies ou urbanisations
de gens bons, des colonies et urbanisations de gens mauvais),
il en va de même avec la ville intérieure,
avec la ville psychologique".
"Dans
cette ville psychologique vivent beaucoup de gens (nos propres
moi), et il y a des colonies de gens décidément
pervers, il y a des colonies de gens moyens, et il y a des
colonies de gens plus ou moins choisis (c'est cela notre
propre ville psychologique)".
"Si
on s'identifie avec un moi de vengeance, par exemple, celui-ci
à son tour se met en rapport avec d'autres moi de
quartiers mal famés (où vivent des assassins,
des voleurs, etc.) et en se mettant en rapport avec eux,
ceux-ci à leur tour nous contrôlent, nous contrôlent
le cerveau et le cœur, et on finit par faire des barbaries
(à la fin, on finit en prison)".
"Mais
dès lors, comment éviter de tomber dans des
situations semblables ? En ne s'identifiant pas avec celui
qui insulte".
"Il
y a à l'intérieur de nous des moi qui nous
dictent ce que nous devons faire, qui nous disent : réponds,
venge-toi, ôte-toi cette épine, prends ta revanche.
Si on s'identifie avec eux, on finit par faire ce qu'ils
nous disent : on répond à celui qui nous a
insultés, en se vengeant, en prenant sa revanche.
Mais si on ne s'identifie pas avec le moi qui nous dicte
une pareille folie, alors on ne fait rien de tout cela".
De
la même manière qu'il nous est indispensable
d'apprendre à marcher dans le monde extérieur
pour ne pas tomber dans un ravin, ne pas nous perdre dans
les rues de la ville, à choisir ses amis, ne pas
s'associer avec des pervers, à ne pas manger du poison,
etc., ainsi aussi au moyen du travail psychologique nous
apprenons à marcher dans le monde intérieur,
lequel est explorable au moyen de l'auto-observation.
Indubitablement,
de la même manière qu'il existe le pays extérieur
dans lequel nous vivons, de la même manière,
il existe aussi dans notre intimité, le pays psychologique.
Les
gens n'ignorent pas la ville ou la contrée dans laquelle
ils vivent, mais malheureusement, il se fait qu'ils ne connaissent
pas l'endroit psychologique où ils se trouvent situés.
A
un moment donné, n'importe qui sait dans quel quartier
ou "colonie" il se trouve, pourtant, il n'en va
pas de même sur le terrain psychologique : normalement
les gens ne soupçonnent pas le moins du monde (à
un moment donné), l'endroit de leur pays psychologique
dans lequel ils se sont fourrés.
De
même que dans le monde physique il existe des "colonies"
de gens décents et cultivés, de même
il se produit la même chose dans la "contrée
psychologique" de chacun d'entre nous (il n'y a pas
de doute qu'il existe des "colonies" très
élégantes et belles). De même que dans
le monde physique il y a des "colonies" ou quartiers
avec des ruelles très dangereuses, remplies d'assaillants,
il se produit la même chose dans la "contrée
psychologique" de notre espace intérieur.
Tout
dépend des types de gens qui nous accompagnent, si
nous avons des amis ivrognes, nous finirons dans une taverne,
et si ces derniers sont des "coureurs", notre
destin se trouvera dans les bordels.
A
l'intérieur de notre pays psychologique, chacun possède
ses accompagnateurs, ses "moi", et ceux-ci nous
mèneront là où ils doivent nous mener,
en accord avec nos caractéristiques psychologiques.
Une
dame vertueuse et honorable, épouse magnifique, de
conduite exemplaire, vivant dans une merveilleuse villa
du monde physique, pourrait être située dans
des antres de prostitution à l'intérieur de
son pays psychologique, vu ses "moi" luxurieux.
Un
honorable Monsieur, d'une honnêteté irréprochable,
citoyen magnifique, pourrait (dans sa contrée psychologique)
se trouver situé dans une caverne de voleurs, étant
donné ses très mauvais accompagnateurs ou
"moi" du vol, profondément submergés
dans l'inconscient.
Un
anachorète et pénitent (probablement un "Moine
Bleu"), vivant austèrement dans sa cellule,
dans quelque monastère, pourrait psychologiquement
se trouver situé dans une colonie d'assassins, bandits,
truands, drogués, etc., étant donné
précisément les "moi" infraconscients
ou inconscients, submergés profondément à
l'intérieur des recoins les plus inaccessibles de
sa psyché.
Ce
n'est pas pour rien que l'on nous a dit : "il y a beaucoup
de vertu chez les méchants" et "il y a
beaucoup de méchanceté chez les vertueux".
Beaucoup
de saints canonisés vivent (encore) dans les antres
psychologiques du vol ou dans des maisons de prostitution.
Ce
que nous sommes en train d'affirmer emphatiquement pourrait
scandaliser les hypocrites, les piétistes, les "ignorants
illustrés", les "gonflés de la connaissance",
mais jamais les psychologues véritables.
Même
si cela paraît incroyable, parmi l'encens de la prière,
se cache également le délit, et parmi les
cadences du vers, se cache aussi le délit. Sous la
coupole des sanctuaires les plus divins, le délit
se revêt de la tunique de sainteté et de la
parole sublime.
Dans
le fond profond des saints les plus vénérables
vivent les "moi" du bordel, du vol, de l'homicide,
etc., accompagnateurs infra-humains, cachés dans
les profondeurs insondables de l'inconscient.
Pour
ce motif, beaucoup de saints de l'histoire ont énormément
souffert. Rappelons-nous des tentations de Saint-Antoine
et toutes les abominations contre lesquelles a dû
lutter notre Frère Saint-François d'Assise.
Cependant,
ces saints n'ont pas tout dit, et la plus grande partie
des anachorètes se sont tus.
On
ne peut que s'étonner de penser que quelques anachorètes,
pénitents et très saints, vivent dans les
"colonies psychologiques" de la prostitution et
du vol.
Cependant,
ce sont des saints, et s'ils n'ont pas encore découvert
ces choses épouvantables dans leur psyché,
quand ils les découvriront, ils utiliseront des silices
sur leurs chairs, ils jeûneront, et il est possible
qu'ils se fouetteront et prieront leur Mère Divine
Kundalini d'éliminer de leur psyché ces mauvais
accompagnateurs qui vivent dans les antres ténébreux
de leur propre pays psychologique.
Les
différentes religions ont beaucoup parlé sur
la vie après la mort, et de "l'au-delà".
Que
les gens ne se détruisent plus la cervelle sur ce
qu'il y a là-bas, de l'autre côté, au-delà
du sépulcre ! Indubitablement, après la mort,
chacun continue à vivre dans sa "colonie psychologique"
habituelle. Le voleur, dans les antres de voleurs continuera
; le luxurieux dans les maisons de prostitution poursuivra,
comme un fantôme de mauvaise augure ; l'irascible,
le furieux, continuera à vivre dans les ruelles dangereuses
du vice et de la colère, là où brille
également le poignard et résonnent les tirs
de pistolets.
L'Essence
en elle-même est très belle. Elle est venue
d'en haut, des étoiles, et malheureusement elle est
à l'intérieur de tous ces "moi"
que nous portons à l'intérieur.
Par
opposition, l'Essence peut refaire le chemin : retourner
au point de départ originel, retourner aux étoiles,
cependant elle doit d'abord se libérer des mauvais
accompagnateurs, qui l'ont plongée dans les sous-couches
de la perdition.
Quand
François d'Assises et Antoine de Padoue, illustres
Maîtres christifiés, ont découvert dans
leur intérieur les "moi" de la perdition,
ils ont souffert l'indicible, il n'y a pas de doute que,
sur base de travaux conscients et de souffrances volontaires,
ils sont parvenus à réduire en poussière
cosmique tout cet ensemble "d'éléments
inhumains" qui vivaient dans leur intérieur.
Il ne fait pas de doute que ces Saints se sont christifiés
et sont retournés au point de départ originel,
après avoir énormément souffert.
Avant
tout, il est nécessaire, urgent et inajournable,
que le Centre Magnétique que (de manière anormale)
nous avons établi dans notre fausse personnalité,
soit transféré à l'Essence. Ainsi,
l'homme complet pourra initier son voyage depuis la personnalité
jusqu'aux étoiles, ascendant de manière didactique,
progressive, degré par degré, jusqu'à
la montagne de l'Etre.
Mais,
tant que le centre magnétique sera établi
dans notre personnalité illusoire, nous vivrons dans
les antres psychologiques les plus abominables, même
si dans la vie pratique nous sommes des citoyens magnifiques.
Chacun
possède un centre magnétique qui le caractérise.
Le commerçant a le centre magnétique dans
le commerce, c'est pour cela qu'il évolue dans les
marchés et attire ce qui lui est compatible : acheteurs
et marchands.
L'homme
de science possède dans sa personnalité le
centre magnétique de la science et c'est pour cela
qu'il attire vers lui toutes les choses de la science :
livres, laboratoires, etc.
L'ésotériste
possède en lui-même le centre magnétique
de l'ésotérisme, et vu que ce genre de centre
devient différent de toutes ces questions de personnalité,
pour ce motif le transfert se produit.
Quand
le centre magnétique s'établit dans la Conscience,
c'est-à-dire dans l'Essence, alors commence le processus
du retour de l'homme total vers les étoiles.
12.
Ou sommes-nous situes ?
"En
général quand on parle de Gnose, ceux qui
apparemment écoutent, n'écoutent pas ; ils
fuient épouvantés, vont ici et là,
de là à ici, voyagent dans la ville psychologique
intérieure. Souvenons-nous que dans chacun de nous,
il y a une ville psychologique, et une chose est un endroit
du monde physique, et une autre est l'endroit psychologique
dans lequel nous sommes situés".
"Dans
quel endroit sommes nous situés actuellement ? Vous
direz ici ; (cela pourrait être, cela pourrait ne
pas être). La réalité est qu'il s'avère
difficile de savoir écouter, parce qu'en général,
celui qui écoute s'échappe, il voyage dans
son pays psychologique, fuit n'importe quelle direction.
Résultat : il n'est pas à la maison, et n'étant
pas à la maison, qui pourrait écouter ? La
personnalité humaine ? Vraiment, elle ne sait pas
écouter. Le corps physique ? Ce dernier n'est rien
de plus qu'un instrument ! Dès lors, qui pourrait
écouter ? ".
Avez-vous
déjà réfléchi sur ce qu'est
la Conscience ? Avec qui pourrait-on comparer la Conscience
? Avec un phare de lumière, que l'on dirige vers
un endroit, et vers un autre ; cela est évident.
La
Conscience est quelque chose qu'il faut apprendre à
placer intelligemment, là où elle doit être
placée.
Si
nous plaçons notre Conscience dans une cantine, elle
procèdera en vertu de la cantine, et si nous la plaçons
dans une maison de rendez-vous, elle procèdera là-bas,
si nous la plaçons dans un marché, nous aurons
un bon commerçant, ou un mauvais commerçant.
Là où se trouve notre Conscience, nous serons
également.
La
Conscience se trouve (malheureusement) embouteillée,
et un "moi" de luxure pourrait amener notre Conscience
à une maison de rendez-vous ; un "moi"
de l'ivrognerie pourrait la charger d'une cantine, un "moi"
convoiteur l'emmènera là-bas, dans un marché,
un "moi" assassin, l'emmènera là-bas
dans la maison d'un ennemi, etc.
Est-ce
qu'il vous paraît correct de ne pas savoir manier
la Conscience ? Il est clair qu'il est absurde de l'emmener
à des endroits où elle ne doit pas être
; cela est évident.
De
toute évidence, chacun de ces "moi" met
dans notre Mental ce que nous devons penser ; dans notre
bouche, ce que nous devons dire, dans le coeur, ce que nous
devons sentir, etc., et dans ces conditions, la personnalité
humaine n'est qu'un robot gouverné par les différentes
personnes qui se disputent la suprématie et qui aspirent
au contrôle suprême des centres capitaux de
la machine organique.
Au
nom de la vérité, nous devons affirmer solennellement
que le pauvre "animal intellectuel" faussement
appelé homme, même s'il se croit équilibré,
vit dans un déséquilibre psychologique complet.
Comment
"l'humanoïde rationnel" pourrait-il être
équilibré ? Pour que l'équilibre parfait
existe, il est nécessaire d'avoir la Conscience éveillée.
Les
Ténèbres sont l'inconscience, la Lumière
c'est la Conscience. Nous devons permettre à la Lumière
de pénétrer dans nos propres ténèbres,
parce que de toute évidence, la Lumière a
le pouvoir de vaincre les ténèbres.
Seule
la lumière de la Conscience, dirigée non pas
depuis les angles, mais de façon entière et
centrale sur nous-mêmes, peut en finir avec les contrastes,
avec les contradictions psychologiques et établir
en nous le véritable équilibre intérieur.
Si
nous dissolvons tout cet ensemble de "moi" que
nous portons dans notre intérieur, vient l'éveil
de la Conscience et comme conséquence ou corollaire,
l'équilibre véritable de notre propre psychologie.
La
lumière de la Conscience nous donnant un véritable
équilibre psychologique, vient remettre chaque chose
à sa place, et ce qui auparavant entrait en conflit
intime à l'intérieur de nous, est de fait
remis à sa place appropriée.
Seulement
au moyen de l'auto-observation psychologique, nous permettons
que la lumière pénètre à l'intérieur
de nos propres ténèbres.
Ainsi
donc, nous avons besoin de nous rendre maîtres de
notre propre Conscience : la remettre là où
elle doit être remise, la situer là où
elle doit être située, il faut apprendre à
la mettre à un endroit et à l'enlever de cet
endroit. La Conscience est un don merveilleux, mais un don
que nous ne sommes pas en train d'utiliser sagement.
Réellement,
la Conscience est ce que nous avons de plus digne. La seule
chose digne, la seule chose réelle, ce qui vaut vraiment
la peine en nous, est la Conscience, mais elle est endormie,
nous ne savons pas la manier : les "agrégats
psychiques" l'emmènent où bon leur semble.
Nous, réellement, nous ne savons pas la manier, et
cela est véritablement lamentable.
Si
nous voulons un changement, mais un changement de fond,
nous devons peu à peu apprendre à manier ce
qui s'appelle "Conscience".
13.
La nécessite d'un changement radical et l'auto-observation
psychologique
"La
vie pratique est le miroir psychologique où nous
pouvons nous voir tels que nous sommes ; mais avant tout,
nous devons comprendre la nécessité de nous
regarder, de changer radicalement, parce que c'est seulement
de cette manière que nous aurons envie de nous auto-observer
réellement".
"Celui
qui se contente de l'état dans lequel il vit (l'idiot,
le retardataire, le négligent) ne sentira jamais
le désir de se regarder lui-même, il s'aimera
de trop, et en aucune manière il ne sera disposé
à revoir sa conduite et sa manière d'être".
Indubitablement,
chaque personne possède sa propre psychologie particulière.
Cela est incontestable, incontournable, irréfutable.
Malheureusement,
les gens ne pensent jamais à cela, et il y en a peu
qui l'acceptent, étant donné qu'ils se trouvent
prisonniers du Mental sensoriel.
N'importe
qui admet la réalité du corps physique, parce
qu'il peut le voir, le palper, cependant la psychologie
est une autre histoire ; elle n'est pas perceptible par
les cinq sens, c'est pourquoi il existe une tendance générale
à la refuser, ou simplement la sous-estimer, et la
déprécier, la qualifiant comme quelque chose
qui n'a "aucune importance".
Indubitablement,
quand quelqu'un commence à s'auto-observer, c'est
le signe infaillible qu'il a accepté la terrible
réalité de sa propre psychologie.
Il
est clair que personne ne tenterait de s'auto-observer si
auparavant il n'avait pas trouvé un motif fondamental
pour le faire.
De
toute évidence, celui qui commence l'auto-observation
se convertit en un sujet très différent des
autres, et de fait, il donne des signes de possibilités
de changement.
Malheureusement,
les gens ne veulent pas changer, ils se contentent de l'état
dans lequel ils vivent.
Cela
fait mal de voir comment les gens naissent, grandissent,
se reproduisent comme des bêtes, souffrent l'indicible
et meurent sans savoir pourquoi !
Changer
est quelque chose de fondamental, mais cela est impossible
si on ne commence pas l'auto-observation psychologique.
Il
est nécessaire de commencer à se regarder
soi-même dans le but de s'auto-connaître, car
en vérité "l'humanoïde rationnel"
ne se connaît pas lui-même.
Quand
on découvre un défaut psychologique, de fait
on a effectué un grand pas, parce que ceci permettra
de l'étudier, et jusqu'à l'éliminer
radicalement.
Il
est vrai que nos défauts psychologiques sont innombrables
et même si nous avions mille langues pour parler et
un palais d'acier, nous ne parviendrions pas à les
énumérer tous complètement.
La
chose grave dans tout ceci, c'est que nous ne savons pas
mesurer l'épouvantable réalisme d'un quelconque
défaut, nous le regardons toujours de façon
vaine, sans porter sur lui toute l'attention requise (nous
le voyons comme quelque chose sans importance).
Quand
nous acceptons la doctrine des "nombreux moi",
et nous comprenons le cru réalisme des sept démons
que Jésus le Christ a extirpés du corps de
Marie-Madeleine, il est évident que notre manière
de penser (par rapport à nos défauts psychologiques)
souffre un changement fondamental.
Il
n'est pas superflu d'affirmer, de manière emphatique,
que la "doctrine des nombreux moi" est d'origine
tibétaine et gnostique à cent pour cent.
En
vérité, cela n'a rien d'agréable de
savoir qu'à l'intérieur de notre personne
vivent des centaines de milliers de "personnes psychologiques".
Chaque
défaut est une personne différente, existant
à l'intérieur de nous-mêmes, ici et
maintenant.
Les
sept démons que le Grand Maître Jésus
le Christ extirpa du corps de Marie-Madeleine sont les sept
péchés capitaux : colère, convoitise,
luxure, envie, orgueil, paresse, gourmandise.
Naturellement,
chacun de ces démons (pris séparément)
est une tête de légion.
Dans
la vieille Egypte des Pharaons, l'initié devait éliminer
(de sa nature intérieure) les "démons
rouges de Seth", s'il voulait éveiller sa Conscience.
Etant
donné le réalisme des défauts psychologiques,
l'aspirant désire changer : il ne veut pas continuer
dans l'état dans lequel il vit, avec tant de gens
à l'intérieur de sa psyché, dès
lors, il commencera l'auto-observation.
14.
L'auto-observation et la dialectique de la conscience
"La
Conscience éveillée, nous permet d'expérimenter
(de manière directe) la réalité. Malheureusement,
"l'animal intellectuel" faussement appelé
"homme", fasciné par le pouvoir énonciateur
de la dialectique rationaliste, a oublié la dialectique
de la Conscience".
"Indubitablement,
la capacité de pouvoir énoncer des concepts
logiques est, au fond, terriblement pauvre : de la thèse,
nous pouvons passer à l'antithèse, et au moyen
de la discussion parvenir à la synthèse, mais
cette dernière en elle-même, continue à
être un concept intellectuel qui ne peut en aucune
manière coïncider avec la réalité".
"La
dialectique de la Conscience est plus directe : elle nous
permet d'expérimenter la réalité de
n'importe quel phénomène, en lui-même,
et par lui-même".
"La
dialectique de la Conscience se fonde sur des expériences
vécues, et non pas sur le simple rationalisme subjectif".
"Réel,
est cela que quelqu'un expérimente en son intérieur,
et seule la Conscience peut expérimenter la réalité".
"Le
langage de la Conscience est symbolique, intime, profondément
significatif, et seuls les Eveillés peuvent le comprendre".
A
mesure que nous progressons dans le travail intérieur,
nous pourrons vérifier (par nous-mêmes) un
ordonnancement très intéressant dans le système
d'élimination.
On
s'étonne quand on découvre un ordre dans le
travail, en relation avec l'élimination des multiples
"agrégats psychiques" qui personnifient
nos erreurs.
L'intéressant
de tout ceci, est qu'un tel ordre dans l'élimination
des défauts se produit de façon graduelle,
et se développe en accord avec la dialectique de
la Conscience.
Les
faits nous démontrent que l'ordonnancement psychologique
dans le travail de l'élimination des défauts
est établi par notre propre Etre Intérieur
Profond.
Nous
devons éclaircir le fait qu'il existe une différence
radicale entre l'Ego et l'Etre. Le "moi" ne pourrait
jamais établir un ordre dans les questions psychologiques,
car lui, (en lui-même), est le résultat du
désordre.
Seul
l'Etre possède le pouvoir pour établir l'ordre
dans notre psyché. L'Etre est l'Etre, et la raison
d'être de l'Etre est ce même Etre.
L'ordonnancement
dans le travail d'observation, jugement et élimination
de nos "agrégats psychiques", est peu à
peu mis en évidence par le sens judicieux de l'auto-observation
psychologique.
Dans
tous les êtres humains, le sens de l'auto-observation
se trouve latent, cependant il se développe de façon
graduelle à mesure que nous l'utilisons.
Un
tel sens nous permet de percevoir directement, et non pas
au moyen de simples associations intellectuelles les divers
"moi" qui vivent dans notre psyché.
Cette
question des perceptions extra-sensorielles commence à
être étudiée sur le terrain de la para-psychologie,
et de fait, a été démontrée
au cours de multiples expériences qui ont été
réalisées (judicieusement) à travers
le temps, et sur lesquelles il existe une nombreuse documentation.
Ceux
qui nient la réalité des perceptions extrasensorielles,
sont à cent pour cent ignorants, ce sont des "fripouilles
de l'intellect", embouteillés dans le Mental
sensuel.
Par
contre, le sens de l'auto-observation psychologique est
quelque chose de plus profond, il va au delà de simples
énoncés para-psychologiques : il nous permet
l'auto-observation intime et la pleine vérification
de l'immense réalisme de nos divers "agrégats".
15.
L'observation de l'observé
"Aucune
théorie, aucun système, ne pourra nous mener
à la libération. Ceux qui prétendent
ébranler l'égo sur base de théories,
avec le pur intellect, ne sont que de simples réactionnaires,
conservateurs, retardataires, et marchent sur le sentier
de la grande erreur".
"Cette
Babylone que nous portons à l'intérieur, cette
ville psychologique, là où vivent les démons
de la colère, convoitise, envie, gourmandise, etc.,
doit être détruite par le feu".
De
toute évidence, nous avons besoin de nous auto-connaître,
et pour cela, nous avons besoin de nous auto-observer, de
nous voir nous-mêmes. Seul par ce chemin il sera possible
de parvenir un jour à la désintégration
de l'égo.
Je
veux que vous compreniez, mes chers Frères Gnostiques,
la nécessité de s'observer, de se voir soi-même.
Mais il faut apprendre à s'observer, parce qu'une
chose est l'observation mécanique, et l'autre est
l'observation consciente.
Quelqu'un
qui découvrirait nos enseignements pour la première
fois dirait : "Mais qu'est-ce que je gagne à
m'auto-observer ? Cela est ennuyeux : j'ai vu que j'ai de
la colère, j'ai vu que j'ai de la jalousie, et alors
?" C'est clair : ainsi est l'observation mécanique.
Nous avons besoin d'observer l'observé et cela est
déjà de l'observation consciente de nous-mêmes.
L'observation
mécanique de nous-mêmes ne nous mènera
jamais à rien (elle est absurde, inconsciente, stérile).
Nous avons besoin de l'observation consciente ; ainsi seulement
nous pourrons nous auto-connaître pour travailler
sur nos défauts.
Nous
sentons de la colère à un moment donné
? Nous allons observer l'observé (la scène
de colère), ce n'est pas grave si nous le faisons
plus tard, mais nous allons le faire ! Et en observant l'observé,
ce que nous avons vu en nous, nous saurons réellement
si ce fut ou non de la colère, parce qu'il a pu se
produire un syndrome nerveux, que nous avons pris pour de
la colère.
Tout
à coup, nous avons été envahis par
la colère ? Et bien, nous allons observer l'observé
! Qu'est-ce que nous avons observé ? Peut-être
que la femme était avec un autre type, et si c'est
une femme, elle a peut-être vu son homme avec une
autre femme, et elle ressentit de la jalousie ? En tous
cas, très sereinement et en méditation profonde,
nous observerons l'observé pour savoir, réellement,
s'il y a eu ou non de la jalousie.
Observer
l'observé, nous le ferons au moyen de la méditation
et de l'auto-réflexion évidente de l'Etre.
Ainsi, l'auto-observation devient consciente.
Quand
on se rend conscients de tel ou tel défaut psychologique,
on peut le travailler avec le feu. Il faudrait se concentrer
sur Stella Maris, la Tonantzin Aztèque, Réa,
Cibèles, Marah, Marie, ou Ram-Io. Elle est une partie
de notre propre Etre, mais dérivée.
Souvenez-vous
que les "agrégats psychiques" ou "Démons
Rouges de Seth", vives personnifications de nos erreurs,
altèrent le corps vital, et ce dernier altéré,
il abîme le corps physique. Ainsi surgissent les maladies
en nous.
Qui
est celui qui produit les ulcères, n'est-ce donc
pas la colère ? Qui est-ce qui produit le cancer
? N'est-ce pas la luxure ? Qui produit la paralysie ? N'est-ce
donc pas la vie matérialiste, grossière, égoïste
et fatale ?
Nous
avons besoin d'apprendre à aimer le feu et à
travailler, en réalité de vérité,
avec les mystères du Feu.
Si
nous nous auto-observons, nous comprenons et éliminons
les "moi" de la luxure, les scènes du bordel
et de la morbidité se terminent.
Si
nous nous auto-observons, nous comprenons et réduisons
en cendres les personnages secrets de l'envie, les événements
concluront radicalement.
Si
nous nous auto-observons, nous comprenons et tuons les "moi"
de l'orgueil, de la vanité, de l'autosuffisance,
de l'auto-importance, les scènes ridicules de ces
défauts s'achèveront par manque d'acteurs.
Si
nous nous auto-observons, nous comprenons et éliminons
de notre psyché les facteurs de la paresse, de l'inertie,
du laisser-aller, les scènes horripilantes de ces
sortes de défauts ne pourront se répéter
par manque d'acteurs.
Si
nous nous auto-observons, nous comprenons et pulvérisons
les "moi" répugnants de la gourmandise,
de la gloutonnerie, les banquets, saouleries, se termineront
par manque d'acteurs.
Comme
il se fait que ces multiples "moi" se développent
dans les différents niveaux de l'Etre, il se fait
nécessaire de connaître leurs causes, leurs
origines, et les procédures qui finalement, devront
nous conduire à la libération finale.
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