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14. Les Trois Facteurs de la Révolution de la Conscience
Samaël Aun Weor
Conférence intitulée "Los Tres Factores
de la Revolucion de la Conciencia"
Introduction
Même
si cela doit effrayer les faibles et les timorés,
il est primordial d'affirmer que le chemin qui conduit les
courageux à l'Auto-Réalisation intime est
terriblement révolutionnaire et épouvantablement
dangereux.
C'est
le chemin de la Révolution de la Conscience, le sentier
étroit et difficile, la voie qu'haïssent tellement
les pervers de cette race lunaire.
Ce
Chemin est à l'opposé de la vie commune et
ordinaire de tous les jours, il se fonde sur d'autres principes
et est soumis à d'autres lois ; c'est en cela que
consiste son pouvoir et sa signification.
La
doctrine de tous les Avatars a sa racine dans les trois
facteurs fondamentaux de la Révolution de la Conscience
: naître, mourir et se sacrifier pour l'humanité.
Jésus,
le grand Kabire, a synthétisé magistralement
la doctrine de la Révolution de la Conscience lorsqu'il
a dit : « Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup
et qu'il soit rejeté des anciens et des princes,
des prêtres et des scribes, qu'il soit mis à
mort et qu'il ressuscite le troisième jour ».
Et il a ajouté : « En vérité
je vous le dis, il y en a d'ici présents qui ne goûteront
pas la mort avant d'avoir vu le Royaume de Dieu ».
(Luc IX, 22 et 27)
Le
premier facteur : NAÎTRE
«
Le Fils de l'Homme naît dans la Neuvième sphère,
le Fils de l'Homme naît de l'eau et du feu ».
La
Révolution de la Conscience repose sur trois facteurs
: naître, mourir et se sacrifier pour l'humanité.
Naître est un problème totalement sexuel ;
quant au facteur de la mort, là aussi le sexe intervient
; et le sacrifice pour l'humanité, c'est l'Amour
pour nos semblables. Car le sacrifice s'accomplit à
travers le travail ésotérique au profit de
tout le monde.
Commençons
donc par le premier facteur : naître.
Chose
certaine, l'homme est un être non encore accompli.
Toutes les créatures naissent complètes, sauf
l'être humain. Un chien, à la naissance, est
un chien, et en tant que chien il est complet. L'aigle naît
aigle ; il possède de grandes ailes et une vue d'une
admirable acuité qui lui permet d'apercevoir les
serpents les plus éloignés. L'aigle naît
complet, mais le pauvre « animal intellectuel »,
erronément appelé « homme », naît
incomplet.
Ainsi
naît-il sans les véhicules qu'il devrait posséder
: il naît sans corps astral, il naît sans corps
mental, il naît sans corps causal. Mais qu'est-ce
donc qui naît ? Ce qui naît, c'est un corps
physique, un « corps planétaire » avec
une assise vitale, rien d'autre. Avec, en plus, l'Ego, lequel
est de nature animale. Le pauvre « animal intellectuel
» possède-t-il une conscience ? Oui, mais elle
est embouteillée dans l'Égo ; une conscience
endormie, une conscience, pour ainsi dire, conditionnée
par son propre « embouteillement ».
Bref,
concrètement, l'homme naît incomplet. Le germe
pénètre dans une matrice afin de se développer
; mais le fait de naître ne signifie absolument pas
qu'il a complété son processus de développement.
L'embryon qui est en gestation dans le ventre maternel,
puis qui naît, qui vient au monde, est toujours un
embryon, un être incomplet dans tous les sens. Parce
que, d'une part, il ne possède pas les corps existentiels
supérieurs de l'Etre ; d'autre part, le corps physique
lui-même n'a pas terminé son développement.
Le développement total du corps physique se poursuit
à travers différentes étapes ponctuées
par les âges de 7, 14 et 21 ans. C'est grâce
à l'énergie créatrice que le corps
physique a pu être conçu dans le ventre maternel,
et c'est aussi grâce à l'énergie créatrice
que le corps physique peut continuer son développement
de sept ans en sept ans, jusqu'à 21 ans. Ainsi donc,
le corps physique, une fois né, doit poursuivre son
développement jusqu'à l'âge de 21 ans.
Malheureusement,
nous voyons aujourd'hui des adolescents qui, sans avoir
encore complété leur processus de développement,
ont déjà commencé à «
forniquer », ce qui est manifestement absurde. Car
cette énergie créatrice qu'ils gaspillent
est nécessaire, indispensable au complet développement
de leur corps physique. L'activité sexuelle ne devrait
donc commencer qu'à l'âge de 21 ans, pas avant.
Parce qu'avant cela le germe qui est entré dans le
ventre maternel et qui est venu au monde n'a pas encore
complété tous ses processus de développement,
et il s'avère absurde, par conséquent, de
l'exposer à la copulation. À partir de 21
ans, l'énergie sexuelle est libre pour d'autres activités.
Avant 21 ans, l'énergie sexuelle n'a qu'un seul objectif
: compléter le développement du germe qui
est venu au monde, c'est-à-dire, compléter
le développement du corps physique. A partir de 21
ans, l'énergie devient disponible pour autre chose.
Toutes ces considérations nous amènent à
réfléchir sérieusement à cette
question, n'est-ce pas ?
Après
l'âge de 21 ans, l'énergie créatrice
pourrait servir à fabriquer les corps existentiels
supérieurs de l'Être et nous permettre d'atteindre,
ainsi, la « deuxième naissance ». Hélas
les gens ne savent pas utiliser l'énergie créatrice,
l'énergie qui a fécondé le ventre maternel,
l'énergie qui a permis au foetus de se développer
dans ce ventre, de naître et de se développer,
en passant par les étapes de 7, 14 et 21 ans.
Non,
les gens ne savent pas utiliser adéquatement cette
énergie. Lorsqu'elle devient libre, au lieu de l'utiliser
pour leur réalisation et de compléter leur
auto-création - car l'être humain, je le répète,
naît incomplet - ils l'éliminent de leur organisme.
Les gens rejettent de leur organisme l'Exioéhary,
c'est-à-dire, le « sperme sacré »,
et c'est une chose extrêmement grave !
En
ce qui concerne cette question du premier facteur de la
Révolution de la Conscience - la Naissance -, nous
devons comprendre que l'humanité agit de façon
totalement involutive. Ainsi, nous savons très bien
que les adolescents, non seulement dilapident leur «
matériau » sexuel - l'énergie créatrice
ou sperme sacré - par la copulation, mais ils contractent
en outre des vices, tel celui de la masturbation. Ce vice,
malheureusement, est devenu de nos jours plus banal que
de se laver les mains ! Les jeunes gens, qu'ils soient du
sexe masculin ou féminin, en acquérant ce
vice débilitent, ruinent misérablement leur
cerveau. Combien de volontés eussent été
puissantes, mais qui s'épuisent, combien de beaux
visages se flétrissent, tout cela faute d'orientation
adéquate ! Car, en réalité, garçons
et filles ne reçoivent pas dans les écoles,
dans les lycées ou collèges, une instruction
pertinente sur la question sexuelle et, bien sûr,
l'impulsion sexuelle leur fait sentir le besoin pressant
de faire usage du sexe, mais comme ils n'ont pas d'orientation
appropriée, les garçons commencent à
en parler entre eux et les jeunes filles en discutent aussi
entre elles, et c'est ainsi qu'ils finissent par s'adonner
au vice répugnant de la masturbation. C'est la grande
plaie de notre époque, avec d'autres vices qui, hélas
sont devenus très communs eux aussi, comme l'homosexualité
et le lesbianisme. De toute évidence, les homosexuels
sont des semences dégénérées
qui ne sont plus d'aucune utilité. Les lesbiennes
aussi sont des semences dégénérées
qui ne pourront jamais plus germer.
Ainsi
donc, les vices si répandus aujourd'hui en relation
avec le sexe sont inadmissibles. Si les adolescents et adolescentes
pouvaient être élevés convenablement,
avec une éducation sexuelle parfaite et complète,
tout serait bien différent. Si vraiment les jeunes
gens - garçons ou filles - pouvaient atteindre 21
ans en respectant le sexe, avec une pureté réelle,
ce serait une chose admirable, nous aurions une nouvelle
génération d'êtres meilleurs.
Par
malheur, notre pauvre humanité ne reçoit pas
l'éducation sexuelle appropriée au moment
où elle en a le plus besoin ; c'est ainsi qu'à
21 ans tous sont déjà dégénérés.
Ce serait merveilleux de pouvoir arriver à 21 ans
avec des corps sains et forts ! Si donc on attendait à
21 ans, si l'on attendait que l'énergie sexuelle
devienne disponible pour toute sorte d'activités,
on pourrait l'utiliser pour créer les corps existentiels
supérieurs de l'Être : ce serait vraiment formidable
!
Je
crois que la plupart d'entre vous connaissent déjà
la clé de l'Alchimie ; cette maxime latine ne vous
est donc pas inconnue : « Immissum membrum virile
in vagina feminae sine ejaculatio seminis ». En d'autres
mots : connexion du « lingam-yoni », sans jamais
renverser la coupe d'Hermès Trismégiste, le
« trois fois grand » Dieu Ibis-Thot. Le désir
réfréné transmutera complètement
le sperme sacré en énergie créatrice.
Comme vous le voyez, je vous livre ici la clé de
façon claire et nette, mais dans un langage décent.
Car lorsque l'on enseigne aux étudiants et que l'on
parle des mystères du sexe on doit le faire avec
modestie et de façon vivante, mais jamais de manière
vulgaire, parce que ce serait très grave et indigne
de nous. Les gens se scandaliseraient et se feraient de
nos enseignements une conception erronée.
Il
vous faut également savoir que l'énergie sexuelle,
dont on parle tant actuellement en physiologie, en psychologie,
en psychanalyse, etc., est, précisément, le
Mercure des alchimistes médiévaux. L'énergie
créatrice transmutée est le fameux Mercure
des Sages. Ce Mercure se condense, se cristallise à
une octave supérieure à travers certaines
étapes graduelles correspondant aux sept notes de
la gamme do, ré, mi, fa, sol, la, si, sous la forme
merveilleuse et resplendissante du corps astral.
Le
corps astral n'est donc pas un élément indispensable
à la vie de l'être humain. Les gens peuvent
vivre sans corps astral. C'est le corps vital qui assure
ou garantit complètement la vie du corps physique.
Il n'est pas nécessaire de posséder un corps
astral ; celui-ci est un luxe que bien peu de gens peuvent
s'offrir, mais il vaut vraiment la peine de s'offrir ce
luxe.
On
sait qu'on a un corps astral quand on peut s'en servir,
quand on peut voyager avec lui, quand on peut se déplacer
dans l'espace avec lui. Ce véhicule donc, si on l'a,
confère l'immortalité dans le monde astral
; on devient immortel dans cette région.
Un
peu plus haut, à une seconde octave, en franchissant
de nouveau les sept étapes - do, ré, mi, fa,
sol, la, si -, le Mercure des Sages se cristallise sous
la forme du merveilleux et radieux corps mental. Lorsqu'on
possède un corps mental, on reçoit l'illumination
directe. Avec un corps mental, nous pouvons capter, recevoir
tous les enseignements de l'Univers.
Un
peu plus haut encore, nous avons le corps de la Volonté
consciente. Personne ne naît avec un corps de la Volonté
consciente, mais grâce à la transmutation de
la libido sexuelle, le Mercure des Sages finit par se cristalliser
à une octave plus élevée, selon les
sept notes : do, ré, mi, fa, sol, la, si, sous la
forme extraordinaire du corps causal ou corps de la Volonté
consciente. Une fois que l'on a ces véhicules : physico-éthérique,
astral, mental et causal, on peut alors recevoir les principes
animiques et spirituels et l'on devient un Homme.
La
première naissance, nous l'avons vu, fut celle de
notre « corps planétaire » ou corps physique.
La « deuxième naissance », c'est la naissance
du Fils de l'Homme, la naissance de l'Homme. Oui, du vrai
Homme, dans le plein sens du terme.
De
sorte que le premier facteur de la Révolution de
la Conscience, c'est la Naissance : il nous faut naître
en tant qu'Hommes. Ce qui naît d'abord, c'est «
l'animal intellectuel » ; dans la deuxième
naissance naît l'Homme, le Fils de l'Homme, l'Homme
véritable.
On
dit de l'Homme véritable qu'il est l'Homme causal.
Pourquoi appelle-t-on l'Homme véritable un Homme
causal ? Simplement parce qu'il a créé son
corps causal, qui est le dernier des corps nécessaires
pour devenir un Homme. Le centre de gravité de l'Homme
est établi dans le monde causal ; c'est là
qu'il vit, dans cette région. Le monde causal a une
tonalité d'un bleu profond, intense, électrique.
C'est là sa couleur fondamentale, sa couleur de base
c'est la couleur de l'Ether ou Akash, de l'Akasha pur. Dans
le monde des causes naturelles, nous découvrons que
tout flue et reflue, va et vient, monte et descend, croît
et décroît. Nous connaissons tout l'enchaînement
des causes et des effets : toute cause a un effet, et tout
effet devient à son tour la cause d'autres effets,
et ainsi de suite. Chaque parole que nous disons peut engendrer
de multiples effets, toute une série d'effets.
Me
trouvant un jour dans le monde causal, j'écoutais
parler un homme causal ; il donnait un cours. J'interrompis
volontairement cet Homme pour émettre une objection
à l'une de ses paroles. Il garda le silence - et
il a bien fait, mais je vis ensuite se manifester un résultat
de mes paroles, de mon objection : l'Homme causal se retira,
ce qui mit fin à cette réunion ; chaque personne
sortit alors en disant quelque chose, en exprimant son idée,
sa conception, et ces conceptions produisaient à
leur tour d'autres résultats, et ces autres résultats
en produisaient d'autres encore, etc. Bref, je découvris
que l'interruption que j'avais faite avait engendré
toute une série de conséquences. J'avais fait
cela intentionnellement, dans le but d'investiguer sur la
loi de cause et effet, et voilà le résultat
qui s'était produit.
Dans
le monde des causes naturelles nous apprenons à connaître
ce qu'est la loi de cause et effet. C'est là, bien
sûr, qu'agissent les Seigneurs de la Loi, avec leurs
poids et balances ; ils sont toujours actifs, notant dans
les Registres akashiques le dû et l'avoir de chacun
de nous.
Dans
certaines réunions du monde des causes naturelles
- cela peut surprendre quelque peu - nous pouvons apercevoir
les différents Adeptes incarnés, réunis
sur la place publique en tenue civile, vêtus donc
de la même façon qu'ici, dans le monde physique.
Je ne veux pas dire qu'il en est toujours ainsi. Il va de
soi qu'à l'intérieur des Temples, les Adeptes
revêtent leurs habits sacrés, mais dans certaines
réunions ou assemblées, pour ainsi dire, tous
ces Maîtres qui ont un corps dans le monde physique
assistent en tenue civile correcte, décente, comme
les hommes et les femmes qui participent à des réunions
officielles dans le plan physique : ils portent une cravate,
ils ont des vêtements soignés, des montres-bracelets,
etc. Pourquoi cela ? Eh bien parce qu'il s'agit de la région
de l'Homme, de l'Homme réel, de l'Homme véritable,
la région de l'Homme causal.
Le
second facteur : MOURIR
De
même que la vie représente un processus d'extériorisation
ou d'extraversion graduelle et toujours plus complète,
de même la mort de l'Égo est un processus d'intériorisation
graduelle, dans lequel la conscience individuelle, l'Essence
pure, se dépouille de ses vêtements inutiles,
tout comme Ishtar dans sa descente symbolique, jusqu'à
ce qu'elle soit entièrement nue et éveillée,
en elle-même, devant la grande réalité
de la vie libre en son mouvement.
«
Indéniablement, pour que la lumière qui constitue
l'Essence animique - actuellement embouteillée dans
l'Égo animal -commence à briller, à
scintiller et resplendir, elle doit être libérée.
Mais, en vérité, je vous dis que ce n'est
possible qu'en passant par la terrible annihilation bouddhique
: en dissolvant le « Moi » , en mourant en nous-mêmes.
» (La doctrine Secrète de l'Anahuac, chapitre
9)
«
Si le grain ne meurt, la plante ne naît pas ».
Il est nécessaire de mourir. C'est-à-dire
que l'Égo animal doit cesser d'exister en nous, dans
notre psychisme, si vraiment nous voulons jouir de l'illumination
authentique.
Les
frères gnostiques en général, les aspirants
à la Gnose, souffrent beaucoup du manque d'illumination.
Ils voudraient voyager dans les régions ineffables,
visiter le Nirvana, le MahaPara nirvana, entendre la «
musique des Sphères », etc., mais en se voyant
prisonniers, asservis dans cette région tridimensionnelle
d'Euclide, incapables de percevoir toutes ces merveilles
des mondes supérieurs, ils souffrent l'indicible.
Et, bien sûr, leurs souffrances sont justifiées,
ils ont raison de souffrir.
Certains
veulent néanmoins devancer les faits. Pour parler
dans un langage familier, nous dirions que certains veulent
« mettre la charrue avant les boeufs » ou «
vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué »...
Ils veulent être des explorateurs de l'espace, sans
avoir encore acquis les facultés requises. Ils s'adonnent
donc, parfois, au spiritisme et finissent par devenir des
« médiums », etc. Soulignons incidemment
que le résultat, la conséquence du médiumnisme,
c'est l'épilepsie ; tous les épileptiques
que nous avons étudiés ont été
des médiums spirites au cours d'existences antérieures
; devenir épileptique, ce n'est sûrement pas
un sort enviable, c'est très pénible.
Pour
revenir à notre sujet, je vous dirai qu'il est impossible
d'atteindre l'illumination tant que l'on n'a pas désintégré
l'Égo. Normalement, la conscience - en fait, il faudrait
plutôt dire « anormalement » , car je
n'appellerais pas ça une chose « normale »
- la conscience, donc, est embouteillée dans «
l'Ego », dans le Moi de la psychologie expérimentale.
Il est clair que tant que la conscience continuera à
être embouteillée dans l'Égo, emboutie,
enfermée dans le Moi, elle restera endormie et continuera
de fonctionner en vertu de son propre conditionnement. Elle
restera subjective, incohérente, brouillonne...
J'ai
écouté ce que les gens avaient à dire
au sujet des attaques de ténébreux à
Guadalajara. Je leur ai répondu que tout cela est
dû au subjectivisme, à l'Égo. Que certains
frères soient possédés par des démons,
que les sorcières de minuit, montées sur leur
balai, viennent tourmenter nos bons petits frères
; qu'elles les attaquent continuellement, qu'elles les menacent
de mort, et mille autres aberrations du genre, cela sent
plutôt la secte des Vaudous ! Évidemment, c'est
quelque chose d'affreux dans le fond. Mais rien de tout
cela n'arriverait, aucune de ces choses absurdes, confuses,
aberrantes, ces histoires de sorcières, de vampires
et mille choses du genre, rien de cela donc ne se produirait
si les aspirants n'avaient pas l'Ego. Ce problème-là
est causé par l'Égo. Quand avez-vous entendu
parler qu'un Gautama Sakyamuni ait été attaqué
par les sorcières du Sabbat, qu'elles l'aient investi,
qu'elles aient pris possession de lui ? que Gautama, se
levant soudain, frappe mortellement une autre personne en
criant : « Je te tue, je te tue, je viens pour te
tuer » ? On n'a jamais vu de choses pareilles chez
les initiés. C'est pourquoi je vous répète
que toutes ces choses ne se produisent que chez des personnes
qui ont l'Ego. Lorsqu'il n'y a pas d'Ego, rien de tout cela
n'arrive. En détruisant l'Égo, c'en est fini
de tout cela. Car lorsqu'on détruit l'Égo,
lorsqu'on passe par l'annihilation bouddhique, la conscience
s'émancipe, se libère. Elle devient alors
« auto-éveillée », elle devient
objective, et les aberrations prennent fin. Alors survient
l'illumination totale, claire, sans taches, sans choses
troubles d'aucune sorte. Lorsque nous avons objectivé
notre mental, lorsque notre conscience est devenue objective,
la seule et unique chose qui règne en nous, c'est
la clarté méridienne de l'Esprit ; nous nous
mouvons alors dans le monde des mathématiques et
des perfections. Mais ce serait impossible si nous ne passions
pas d'abord par l'annihilation bouddhique.
Je
pourrais vous synthétiser la didactique, pour ainsi
dire, de l'annihilation bouddhique en quelques mots : nous
devons vivre alertes et vigilants comme la sentinelle en
temps de guerre. C'est sur le terrain de la vie pratique,
dans nos relations avec nos amis et connaissances, à
la maison, dans la rue, au travail, que les défauts
que nous portons cachés à l'intérieur
de nous affleurent spontanément. Un défaut
découvert doit être jugé sur le champ,
soumis aussitôt à l'analyse. Nous pouvons connaître
directement n'importe quel défaut grâce à
« l'auto-réflexion évidente de l'Être
». Une fois que nous avons compris telle ou telle
erreur psychologique, nous pouvons indubitablement nous
offrir le « luxe » de la désintégrer.
Nous
voici arrivés à un point critique, épineux
de cette causerie : en effet, Gurdjieff, Ouspensky, Nicoll,
et plusieurs autres auteurs de la « Quatrième
Voie », des gnostiques tout comme nous - car, entre
parenthèses, nous sommes de la « Quatrième
Voie » ou du « Quatrième Chemin »
- ont cru sincèrement que l'on pouvait désintégrer
n'importe quel agrégat psychique inhumain, c'est-à-dire
n'importe quel défaut, n'importe quel Moi, à
travers la simple compréhension créatrice,
sans plus. Gurdjieff a commis en outre une erreur impardonnable
pour laquelle, cela va sans dire, il a contracté
un grave karma, et cette erreur fut de s'être prononcé
contre la Divine Mère Kundalini. L'a-t-il fait par
ignorance ? Sans doute. Mais l'ignorance de la Loi n'empêche
pas son application. Gurdjieff, donc, a confondu le Serpent
sacré Kundalini avec l'abominable organe Kundartiguateur
; il a attribué à Devi Kundalini les défauts
sinistres et ténébreux de l'abominable organe
Kundartiguateur.
Pour
que vous me compreniez mieux, je vous précise qu'il
y a deux serpents : celui qui monte et celui qui descend
; le Serpent d'airain qui a guéri les Israélites
dans le désert, enroulé sur le lingam générateur,
sur la croix Tau, et le Serpent Python à sept têtes,
qui se vautrait dans le limon de la terre et qu'Apollon,
courroucé, a frappé de ses dards ; le Serpent
qui s'élève sur le bâton d'Esculape,
le Dieu romain de la Médecine, et le Serpent qui
se traîne dans la boue, le Serpent tentateur de l'Éden.
Voilà la signification de la double patte serpentine
du coq des Abraxas chez les anciens gnostiques.
Ainsi
donc, le Serpent qui monte est sacré : c'est la Kundalini.
Celui qui descend, c'est le Kundartiguateur. L'erreur de
Gurdjieff a été, donc, d'attribuer au Serpent
ascendant les effets hypnotiques, ténébreux
et abominables du Serpent descendant. C'est là que
Gurdjieff s'est trompé.
Il
existe ici, au Mexique, un « Institut pour le développement
harmonieux de l'Homme » : c'est l'école de
Gurdjieff. Mais je me demande quel étudiant de cette
école a réussi à éliminer ses
Moi. Lequel est parvenu à libérer radicalement
sa conscience ? Lequel des membres de cette école
a atteint l'illumination objective ? Aucun ! Pourquoi ?
Parce que le mental, par lui-même, ne peut altérer
fondamentalement aucun défaut. Il peut, certes, l'étiqueter
de différents noms, le justifier, le condamner, lui
chercher des justifications ou des échappatoires,
afin de l'éluder ; il peut le cacher à lui-même
et aux autres, mais jamais le désintégrer.
Nous avons besoin d'un pouvoir supérieur au mental,
et Gurdjieff n'a pas appliqué ce principe sur lui-même.
Je déplore que Gurdjieff ait dévié
le sens de l'enseignement que je lui avais moi-même
transmis, car Gurdjieff a été mon disciple.
Je déplore, dis-je, qu'il ait commis cette grave
erreur. Il s'est laissé influencer par d'autres conceptions
et c'est infiniment regrettable.
Donc,
pour regarder les choses en face, il nous faut un pouvoir
supérieur au mental et ce pouvoir n'est autre que
la Kundalini, le Serpent igné de nos pouvoirs magiques.
Il n'y a qu'elle qui puisse pulvériser n'importe
quel agrégat psychologique inhumain, soit de colère,
de convoitise, de luxure, d'envie, etc. Naturellement, il
faut d'abord découvrir le défaut que l'on
veut éliminer, et ensuite, seconde étape,
il faut travailler sur lui, le comprendre, et en troisième
lieu, enfin, il faut l'éliminer. Et c'est avec le
pouvoir de la Divine Mère cosmique, avec le pouvoir
de la Divine Mère Kundalini, que l'on peut éliminer
cet agrégat, ce Moi. Mais nous devons invoquer Kundalini,
Devi Kundalini Shakti. L'appeler au moment même où
il nous faut éliminer l'agrégat psychique
que nous avons préalablement découvert et
compris. Oui, il faut l'invoquer et lui demander de pulvériser
tel ou tel défaut, et elle le fera.
Or,
le pouvoir de la Vipère sacrée, du Cobra divin
des temples culmine dans la Forge des Cyclopes. Si un couple
qui travaille dans la Forge des Cyclopes invoque ardemment
la Vipère divine, en plein travail sexo-spirituel,
il obtiendra la réponse désirée.
On
doit donc recourir à ce pouvoir transcendantal du
Cobra des Mystères antiques, ce pouvoir merveilleux
de la Vipère divine. Vous n'avez pas de compagne
? Ou la femme n'a pas de conjoint ? Vous pouvez quand même
invoquer le Cobra sacré : il travaillera de toute
manière et désintégrera le défaut
que vous aurez compris. Je veux seulement dire que son pouvoir
est à son apogée dans la Forge des Cyclopes,
dans la Forge ardente de Vulcain.
Je
vous parle dans ce langage « serpentin » parce
que vous êtes des frères qui avez déjà
fait le cours (de Missionnaires gnostiques) et que, par
conséquent, vous devez être aptes à
comprendre et à employer cette langue. Car lorsque
nous parlons des mystères sexuels, nous devons en
parler avec décence, avec dignité, jamais
dans un langage vulgaire ; toujours dans un langage ésotérique
édifiant et essentiellement dignifiant...
Si
vous réussissez à passer par l'annihilation
bouddhique, si vous réussissez à mourir de
façon radicale, vous vous éveillerez totalement,
ici et maintenant ! Et alors vous deviendrez conscients
de la vie dans les mondes supérieurs. Mais, je le
répète, il faut mourir pour s'éveiller
ici et maintenant. Quand nous nous éveillons véritablement,
le problème du dédoublement (astral) cesse
d'exister. Nous devenons conscients, aussi bien dans le
monde physique que dans les mondes supérieurs. Et
que notre corps soit endormi ou qu'il soit éveillé,
nous vivons toujours conscients. Alors disparaît de
façon définitive, pour toujours, le problème
du dédoublement astral. Car lorsque notre corps s'endort,
nous demeurons conscients, nous sommes conscients dans le
monde astral. Nous y vivons consciemment, nous y agissons
consciemment et nous revenons à volonté à
notre corps physique, au moment où nous le désirons.
Par conséquent, le problème du dédoublement
comme tel cesse d'exister.
L'important
c'est de s'éveiller...
«
Avec la mort, on tue la mort pour toute une éternité.
»
Le
troisième facteur : LE SACRIFICE POUR L'HUMANITÉ
«
Jésus le Christ a dit: « A cet amour que vous
aurez les uns les autres, on vous reconnaîtra pour
mes disciples » (Jean XIII, 35). Mais il sera impossible
de respecter ce précepte christique tant que continueront
d'exister à l'intérieur de nous les «
Moi » du ressentiment et de l'amour-propre. Il est
extrêmement urgent d'éliminer de notre psychisme
ces éléments indésirables. Le Moi du
ressentiment ou du désir de revanche a toujours engendré
dans le monde de grandes ruines. »
Le
troisième facteur est celui du Sacrifice pour l'humanité.
Nous devons aimer nos semblables, mais cet amour, il faut
le démontrer par des faits concrets, par des actions
claires et précises. Il ne suffit pas d'affirmer
que nous aimons nos semblables ; non, il faut le prouver
dans nos faits et gestes, il nous faut être prêts
à monter à l'autel du suprême sacrifice
pour l'humanité. Il faut brandir la torche de la
Sagesse, afin d'illuminer le chemin des autres ; nous devons
être prêts à donner jusqu'à la
dernière goutte de notre sang pour tous nos semblables,
avec un amour véritable, désintéressé
et pur...
Donc,
le troisième facteur de la Révolution de la
Conscience est le Sacrifice pour nos semblables. Naître,
Mourir et nous sacrifier pour l'humanité, voilà
les trois facteurs qui nous convertissent en véritables
incarnations du Christ cosmique. Ces trois facteurs nous
transforment en Dieux, même si nous avons toujours
un corps d'être humain. Ces trois facteurs font de
nous quelque chose de différent : ils nous transforment
en Déités, en Dieux ineffables, en Élohims,
en Daïmons, etc. Si nous travaillons avec les premier
et deuxième facteurs - Naître et Mourir -,
mais n'aimons pas nos semblables, nous ne ferons rien pour
apporter la lumière de la connaissance à d'autres
personnes, d'autres peuples, d'autres langues, nous tomberons
dans un égoïsme spirituel très raffiné
qui empêchera, en fait, tout avancement intérieur.
Car si nous ne nous préoccupons que de nous-mêmes
et de rien d'autre que nous-mêmes, en oubliant tous
ces millions d'êtres qui peuplent le monde, nous nous
enfermerons manifestement dans notre propre égoïsme.
De sorte que le Moi de l'égoïsme nous empêchera
de recevoir l'illumination.
L'égoïsme
peut se présenter sous des formes extrêmement
raffinées, qu'il faut toutes éliminer. Tant
que nous aurons de l'égoïsme en nous, il sera
impossible d'atteindre l'illumination.
L'égoïsme
est formé de multiples Moi, à l'intérieur
desquels est emprisonnée notre conscience. Faut-il
désintégrer cette multitude de Moi égoïstes
? Oui, il le faut absolument. Car si nous ne le faisons
pas, notre conscience restera embouteillée, ligotée,
limitée, conditionnée, et toute possibilité
d'illumination sera annulée.
Nous
devons comprendre que l'humanité tout entière
est une grande famille. Malheureusement, nous sommes embouteillés
dans de nombreux affects qui font que nous ne considérons
comme notre famille qu'un petit nombre de personnes qui
nous entourent, ce qui est de l'égoïsme pur
et simple, car tous les êtres humains, sans distinction
de races, de croyances, de castes ou de couleur, forment
une seule et même famille, et cette famille s'appelle
l'humanité. Si nous ne regardons comme nos frères
et soeurs que ces personnes qui nous entourent depuis le
berceau, si nous ne voulons « sauver » que ces
gens que nous appelons nos « proches », en vérité
nous allons très mal : nous cheminons de façon
égoïste. Il est indispensable d'apprendre à
voir un frère en chaque personne. Ce que je vous
dis là ne relève pas de quelque sentimentalisme,
car c'est la stricte vérité que nous sommes
tous frères ! Oui, nous formons bien une famille,
une seule grande famille qu'on ne doit pas diviser ; une
immense famille qui peuple la Terre entière et que
l'on appelle l'humanité.
C'est
à eux, à tous nos frères humains, qu'il
nous faut porter la connaissance, montrer le Sentier, afin
qu'un jour ils puissent eux aussi le fouler et parvenir
à la Libération finale.
Si
nous voulons le bonheur, la félicité, nous
devons lutter pour le bonheur des autres. Plus on donne,
plus on reçoit ; mais celui qui ne donne rien, «
on lui enlèvera même ce qu'il a ».
Comment
pourrions-nous parvenir à l'authentique félicité
nirvanique ou paranirvanique, ici et maintenant, si nous
ne travaillons pas pour le bonheur des autres ? La véritable
félicité de l'Etre ne peut être égoïste
; elle ne peut être atteinte qu'au moyen du sacrifice
pour nos semblables.
Ainsi
donc, ceux qui ont accédé aux stades les plus
élevés de l'Être, ceux qui sont entrés
dans les mondes paranirvanique, maha-paranirvanique, ou
dans la sphère monadique ou adique, ou ceux qui ont
finalement réussi à fusionner avec l'Éternel
Père cosmique commun, ceux-là, de toute évidence,
se sont sacrifiés d'une façon ou d'une autre
pour leurs semblables, dans notre monde, ce qui leur a donné
des mérites suffisants pour atteindre, en vérité,
le bonheur sans limites et sans frontières.
C'est
ainsi que, pour vouloir suivre le cours de Missionnaires,
il nous faut penser au bien commun ; nous devons aimer,
et ce d'une façon extraordinaire, tous les êtres
qui peuplent la face de la Terre. Aimer non seulement ceux
qui nous aiment - parce que cela tout le monde le fait -
mais aimer aussi ceux qui nous détestent. Aimer ceux
qui nous aiment, parce qu'ils nous comprennent, et ceux
qui nous haïssent, parce qu'ils ne nous comprennent
pas...
Ce
que l'on appelle la haine ne doit pas exister en nous. Il
y a des gens qui distillent et boivent leur propre venin,
et qui à cause de cela souffrent l'indicible. Ne
soyons pas aussi stupides. Car celui qui distille et boit
son propre venin est un idiot. Celui qui s'est forgé
un « petit enfer » dans son mental et qui porte
en lui constamment ce petit enfer, est un imbécile.
Il faut nous dire que le mieux c'est d'aimer, car si l'on
fait de son mental un enfer, on ne sera jamais heureux.
Les
gens sont tous remplis de ressentiments, et c'est une chose
très grave, car là où il y a le Moi
du ressentiment, l'amour ne peut fleurir. Il n'y a personne
qui n'ait pas de ressentiment ; tout le monde garde dans
son coeur des paroles, des faits ou des événements
douloureux, accompagnés naturellement de leurs conséquences
ou corollaires, qui sont ces fameux ressentiments.
Que
gagnera donc celui qui nourrit en lui ces ressentiments
? Car il ne sait pas aimer, il est revanchard, il est incapable
d'aimer. Celui qui hait est très proche de la malédiction.
Il
faut savoir comprendre les autres, apprendre à regarder
le point de vue d'autrui, si nous voulons vraiment apprendre
à aimer. Les gens manquent de compréhension,
ils ne veulent pas comprendre les autres ; simplement parce
qu'ils ne savent pas voir le point de vue d'autrui. Si nous
pouvons nous placer dans le point de vue d'autrui, nous
apprendrons à pardonner, à aimer. Mais si
nous ne sommes capables de pardonner à personne,
il est certain que nous ne savons pas aimer.
Par
ailleurs, pardonner de façon « mécanique
» ne sert à rien. On pourrait pardonner simplement
parce qu'on a appris dans la doctrine gnostique qu'il faut
pardonner, mais c'est un pardon automatique et sans fondement.
Nous continuerons de ressentir au fond de nous le même
ressentiment, la même haine, le même désir
de vengeance étouffé ou réprimé.
Lorsque
nous disons « pardonner », cela implique une
élimination. On ne peut pardonner si l'on n'élimine
pas le Moi du ressentiment, si l'on ne supprime pas le Moi
de la rancoeur, si l'on ne réduit pas en poussière
cosmique le Moi de la vengeance, le Moi qui veut «
dire ce qu'il a sur le coeur », « demander des
comptes », etc. Tant qu'on n'a pas éliminé
ces Moi à travers la compréhension et avec
l'aide de Kundalini Shakti, il n'est pas possible de pardonner
véritablement. Et si l'on accorde son pardon sans
avoir désintégré ces Moi, ce sera un
pardon automatique, et un pardon automatique n'est pas un
pardon.
Nous
devons être sincères avec nous-mêmes
si nous voulons apprendre à aimer. Tant que nous
ne sommes pas sincères avec nous-mêmes, nous
ne pourrons pas aimer. Aimer implique un travail, un travail
rigoureux sur nous-mêmes. Comment pourrions-nous aimer
une autre personne si nous ne travaillons pas sur nous-mêmes,
si nous n'éliminons pas en nous les éléments
de la discorde, de la vengeance, du ressentiment, de la
haine, etc. ? Tant qu'il y a ces éléments
infrahumains dans notre psychisme, toute capacité
d'aimer se trouve annulée par le fait même.
Oui,
nous devons aimer tous nos semblables, mais, je le répète,
cela implique un travail. Nous ne pourrons pas aimer tant
qu'il y aura en nous les éléments de la haine.
Si nous voulons aimer, nous devons apprendre à être
sincères, nous devons nous auto-explorer, fouiller
profondément en nous-mêmes pour découvrir
ces éléments qui nous rendent incapables d'aimer.
Il
y a beaucoup d'amour feint dans les différentes écoles
de type pseudo-ésotérique ou pseudo-occultiste.
Nous, gnostiques, nous ne devons pas accepter le simili-amour,
nous devons être exigeants avec nous-mêmes.
Allons-nous aimer ou non nos semblables ? Soyons sincères.
Il ne s'agit pas de nous laisser emporter par un sentimentalisme
superficiel. Nous pourrions croire que nous aimons vraiment,
alors qu'en réalité nous n'aimons pas.
L'amour
est une chose tout à fait sublime. Je vais vous donner
un exemple sur l'amour. Le fondateur de New-York était
un homme intelligent. Il avait une épouse très
distinguée. À l'endroit où il décida
de fonder New-York, il n'y avait là rien d'autre
que de la végétation, des arbres, de la forêt...
En contemplant ce lieu, il conçut l'idée d'une
grande cité. C'était l'époque de la
ruée vers l'or, l'époque où les gens
aux États-Unis avaient la soif de l'or - en fait,
ils l'ont toujours eue, mais à cette époque
la convoitise de l'or matériel, des mines d'or, etc.,
était très manifeste. Cet homme donc, s'en
allant de par le monde, commit une erreur que je considère
très grave : il abandonna sa femme en pleine forêt.
Il ne l'a pas quittée pour une autre femme, non,
mais pour l'or, pour aller à la recherche de mines
d'or... Un jour, il reçut des nouvelles d'elle :
quelqu'un lui dit qu'elle était morte. Il ne s'en
inquiéta pas outre mesure, parce qu'il n'avait pas
d'autre désir qu'une soif insatiable d'or. Plus tard
- le temps ayant passé - il rencontra une autre femme
et l'épousa. Il construisit un chemin de fer, fonda
des banques. Parlant un jour devant un auditoire, le «
grand homme » qu'il était devenu reconnut soudain,
parmi l'assistance, celle qu'il avait jadis abandonnée...
Il se tut, incapable de prononcer un mot ; il essaya de
se reprendre, mais il s'empêtra, très troublé,
car il avait toujours pensé qu'elle était
morte. Quant à elle, on l'avait informée qu'il
s'était remarié, qu'il avait six enfants...
Puis, dans la salle, voilà qu'ils se retrouvent face
à face ; l'homme ne savait plus quoi faire, ni quoi
dire. La femme parla : « Ne t'inquiète pas,
je sais que tu t'es remarié. » Mais lui était
perplexe parce que, bien sûr, il se rappelait son
premier amour et il l'aimait toujours, sauf que la soif
de l'or l'avait poussé à l'abandonner... Il
ne savait vraiment plus que faire. Elle lui dit encore :
« Tu peux partir, suis ton chemin. » Elle aussi
l'adorait... Il tenta de s'éloigner, mais n'en fut
pas capable. Il sentait qu'il lui était difficile
de se séparer d'elle. Mais elle lui redonna courage
« Ne regarde pas en arrière, lui dit-elle,
marche en avant, ne t'arrête pas pour moi. Tu dois
triompher, je t'aime beaucoup et je désire ton triomphe...
» Il s'en fut, en marchant comme un sonmambule, puis
elle partit elle-même de son côté. Elle
l'aimait énormément. Il aurait pu laisser
l'autre femme sur le champ et s'en aller avec elle, mais
elle a préféré son bonheur. C'est ça
l'amour !
Lequel
d'entre vous se sent capable d'accomplir une telle chose,
capable de renoncer à l'être qu'il aime le
plus au monde pour le bonheur même de cet être
? C'est que l'amour ne veut pas de récompenses ;
il donne, il est un don en lui-même et il renonce
aux fruits, il ne veut que le bien des autres, même
au prix de son propre bonheur.
Vouloir
définir l'amour est très difficile. Quand
on essaie de le définir, on le défigure. L'amour
est plutôt comme une émanation surgie, pour
ainsi dire, du fond même de la conscience, il est
un « fonctionnalisme » de l'Etre.
Il
faut absolument comprendre, donc, la nécessité
d'aimer nos semblables. Car, grâce à l'amour,
nous pouvons nous transformer, et par notre amour nous pouvons
répandre bénédictions et bienfaits
sur la Terre, apporter l'enseignement à tous les
peuples, mettre les autres sur le chemin avec une extrême
patience, apprendre à pardonner les défauts
d'autrui...
En
apportant l'enseignement aux autres, nous rencontrerons
incontestablement beaucoup de résistance. Sans doute
nous lancera-t-on bien souvent des « pierres »,
mais il faut savoir aimer et pardonner à tous, et
cesser de réagir à tout propos. Les gens vivent
en réagissant constamment aux impacts qui proviennent
du monde extérieur. Nous avons toujours tendance
à réagir. J'ai observé, par exemple,
ce qui se passe aux tables de direction des Centres gnostiques.
En pleine réunion quelqu'un dit une chose à
propos d'une autre personne et la réaction immédiate
de la personne concernée ne se fait jamais attendre
: elle réagit parfois avec colère, d'autres
fois avec impatience, mais elle réagit toujours,
d'une façon ou d'une autre. J'ai très rarement
vu autour d'une table de direction une personne demeurer
impassible, sans réagir aux propos que les autres
tenaient sur elle.
Il
y a chez tout le monde cette tendance à réagir
contre tout le monde. Comme les gens sont drôles !
Il suffit d'appuyer sur un bouton et voilà qu'ils
tonnent et lancent des éclairs. Et si l'on appuie
sur un autre bouton, ils sourient béatement... Les
« humanoïdes » sont des machines que tout
le monde manoeuvre à sa guise ; ils sont comme un
instrument de musique sur lequel chacun joue l'air qu'il
veut. Si quelqu'un veut que vous souriiez, il suffit de
vous adresser des paroles gentilles et de vous donner quelques
petites tapes sur l'épaule - et vous souriez béatement
! Si l'on veut vous voir exploser de colère, il suffit
de vous dire quelques paroles un peu dures, et vous allez
froncer les sourcils et réagir instantanément.
Je vous regarde présentement et je vous vois sourire.
Mais si je me mettais soudain à vous critiquer, qu'arriverait-il
? Vous changeriez d'air, vous ne seriez plus aussi souriants,
vous fronceriez les sourcils... C'est triste, mais c'est
ainsi ! Pourquoi donc ? Parce que vous êtes des machines,
des instruments sur lesquels tout le monde joue ce qui lui
chante. Des instruments, comme une guitare. Celui qui veut
nous voir contents nous dira quelques mots doux et voilà,
nous sommes contents. Et celui qui veut nous voir pleins
de haine, pourra prononcer quelques paroles dures et nous
serons terribles à voir.
De
sorte que nous dépendons des autres, nous ne sommes
pas libres, nous ne sommes pas maîtres de nos propres
processus psychologiques, puisque chacun fait de nous ce
dont il a envie. Quelques petits mots flatteurs et aussitôt,
ah ! nous nous sentons bouffis de notre auto-importance
; suit un petit mot humiliant, et comme nous devenons soudain
tristes et petits ! Si chacun fait de nous ce qu'il veut,
alors où est notre autonomie ? Quand cesserons-nous
d'être des machines ? Il est évident que pour
apprendre à aimer il nous faut devenir autonomes,
parce que si nous ne sommes pas maîtres de nos propres
processus psychologiques, comment pourrons-nous aimer ?
Si les autres sont capables de nous faire passer à
volonté de l'état de paix à l'état
de discorde, quand donc pourrons-nous vraiment aimer ? Tant
que nous dépendrons psychologiquement des autres,
nous ne serons pas capables d'aimer. La dépendance
fait obstacle à l'amour. Il faut que nous en finissions
avec la dépendance, que nous devenions propriétaires
de nous-mêmes, maîtres de nos propres processus
psychologiques.
Je
me suis jadis réincarné en Thomas a Kempis
et j'ai écrit alors un livre intitulé L'imitation
de Jésus-Christ, où l'on retrouve la phrase
suivante : « Je ne suis pas davantage parce qu'on
me louange, ni moins parce qu'on me blâme, car je
suis toujours ce que je suis. » De sorte que nous
devons demeurer impassibles devant l'éloge et la
critique, devant la victoire et devant la défaite
; toujours sereins, imperturbables, toujours maîtres
de nous-mêmes, de nos processus psychologiques.
Ainsi
donc, en empruntant cette voie nous réussirons à
demeurer toujours stables dans ce qu'on appelle «
l'amour ». Nous devons nous établir dans le
royaume de l'amour, mais nous ne pourrons pas le faire tant
que nous ne serons pas maîtres de nos propres processus
psychologiques. Car si d'autres sont capables de nous faire
rager chaque fois qu'ils le veulent, si d'autres sont capables
de nous faire ressentir de la haine, ou un désir
de vengeance, de toute évidence nous ne sommes pas
maîtres de nous-mêmes. Dans ces conditions,
jamais nous ne pourrons nous établir dans le royaume
de l'amour. Nous vivrons dans le royaume de la haine, dans
celui de la discorde, dans celui de l'égoïsme,
dans celui de la violence, mais jamais dans le royaume de
ce que l'on appelle l'amour.
Pour
nous maintenir dans le royaume de l'amour, nous devons nous
rendre maîtres de nos processus psychologiques. Si
nous frappons à une porte, par exemple, et qu'on
nous reçoit à coups de bâton parce que
nous venons donner l'enseignement gnostique, et si nous
partons de là avec, disons, un désir de vengeance,
ou terriblement troublés, nous ne sommes pas vraiment
des Missionnaires gnostiques. Si nous arrivons dans un village
pour prêcher la parole et que Monsieur le Curé
nous cherche querelle et que nous tremblons de peur, pouvons-nous
prétendre être des Missionnaires gnostiques
?
La
peur nous rend incapables d'aimer. De quoi donc avons-nous
peur ? De la mort ? Si nous naissons pour mourir, pourquoi
redouterions-nous la mort ? Que l'on meure quelques jours
plus tôt ou quelques jours plus tard, qu'est-ce que
cela change ? Il nous faudra mourir un jour de toute façon.
Alors de quoi avons nous peur ? D'ailleurs, la mort est
aussi naturelle que la naissance. Si nous avons peur de
la mort, nous devrions aussi avoir peur de la naissance,
car ce sont les deux extrêmes d'un même phénomène
que l'on appelle la vie. Pourquoi craindre la mort si tout
ce qui existe doit mourir ? Les plantes naissent et meurent,
les mondes naissent et meurent. Même cette Terre où
nous vivons est née et sera un jour un cadavre, sera
transformée en une nouvelle Lune... Par conséquent,
pourquoi avoir peur de la mort ? La mort est la couronne
de tous - et je vous assure qu'elle est même très
belle ! Il ne faut jamais regarder la mort avec horreur
; il faut la regarder telle qu'elle est. Voir un cadavre
dans un cercueil au milieu d'une pièce, ce n'est
pas avoir compris le mystère de la mort. Le mystère
de la mort est très sacré. Jamais nous ne
pourrons comprendre l'origine de la vie, le mystère
de la vie, si auparavant nous n'avons pas compris à
fond le mystère de la mort. Quand on comprend vraiment
ce que sont les mystères de la mort, on comprend
aussi les mystères de la vie. La mort nous procure
ainsi de délicieux moments. Avec la mort vient la
paix.
Ainsi
donc, il ne faut pas avoir peur de mourir. Et si quelqu'un
meurt dans l'accomplissement de son devoir, en oeuvrant
pour l'humanité, cette personne sera largement récompensée
dans les mondes supérieurs. Donner sa vie pour ses
semblables est une chose sublime. C'est ce qu'a fait le
divin Rabbi de Galilée, c'est ce qu'ont fait tous
les saints, tous les martyrs : Saint-Étienne, lapidé
pour avoir enseigné la parole ; Pierre, crucifié
la tête en bas et les jambes vers le haut, pour nous
indiquer symboliquement le travail dans la Forge des Cyclopes.
Ce sont de véritables martyrs. Et ceux-là
se distingueront plus tard, dans le Mahamanvantara, en tant
que Dieux.
Dès
lors, avoir peur est absurde. Le pire qui puisse nous arriver,
c'est qu'on nous amène devant le peloton d'exécution.
Et puis après ? Mourir quelques jours avant ou quelques
jours après, c'est une chose qui n'a pas la moindre
importance.
Il
vaut la peine que nous réfléchissions à
toutes ces choses. C'est à cause de la peur que les
hommes s'arment pour en tuer d'autres. C'est à cause
de la peur qu'il y a des guerres entre les nations, car
chaque nation craint que l'autre l'envahisse, s'arme et
alors vient le désastre. C'est à cause de
la peur qu'il y a des voleurs, car ceux-ci redoutent la
pauvreté. C'est à cause de la peur qu'il existe
des prostituées, lesquelles craignent d'avoir faim.
A cause de la peur, encore, qu'un homme en tue un autre.
Bref, la peur est la racine d'une foule de malédictions
sur la Terre.
Il
faut en finir avec le Moi de la peur. Au seuil du Temple,
nous devons laisser tomber la peur. Celui qui a peur ne
pourra jamais affronter l'épreuve du Gardien de l'immense
région. Comment pourrait-il l'affronter s'il a peur
? Celui qui a peur, en se voyant hors de son corps physique,
se mettra à glapir, effrayé : « Il me
semble que j'ai oublié quelque chose, j'ai abandonné
ma maman, mon papa, mes petits frères, mon grand-père,
ma femme... Et maintenant, qu'est-ce que je fais ? »...
Soyez assurés que nous sommes seuls, tous et chacun
d'entre nous, et que l'unique famille que nous ayons se
nomme l'humanité. Quand nous serons morts, nous devrons
bien nous rendre à l'évidence que nous sommes
seuls. Les attentions de papa et de maman, l'affection de
nos frères et soeurs, de nos amis, tout cela reste
derrière. Nous découvrons que nous ne sommes
rien que des créatures de la Nature parmi d'autres,
c'est tout, sans nom ni prénom, terriblement seuls...
Papa, maman, les frères et soeurs ? Ils ne sont que
l'illusion d'un jour ; nous n'avons rien de tout cela, nous
sommes affreusement seuls !
Et
nous finissons par découvrir que tout ce que nous
devons chercher se trouve à l'intérieur, c'est
notre Père qui est en secret et notre Mère
éternelle et toujours divine - Devi Kundalini -,
et le Christ notre Seigneur.
Quant
à notre famille, elle est formée de tous les
milliards d'êtres humains. Et je ne parle pas seulement
de ceux de la Terre, mais de ceux qui peuplent tous les
mondes de l'espace. Ce que je suis en train de vous dire
peut sembler atterrant, mais c'est la réalité.
Atterrant parce que vous aimez beaucoup vos « proches
», n'est-ce pas ? Si je n'avais pas de famille, vous
diriez sans doute : « Bon, comme vous n'avez pas de
famille, je comprends que cela vous importe peu ? »
Non, j'ai moi aussi une famille, et je me rends compte que
tout cela est vain. Je ne veux pas dire que je n'aime pas
mes proches. Oui, je les aime, comme vous aimez les vôtres
; mais j'ai expérimenté de façon directe
la réalité de ma propre famille et je suis
arrivé à la conviction que ma famille c'est
toute l'humanité.
Je
n'ai pas de ressentiment contre la famille. N'allez pas
croire que mes propos soient dictés par la rancoeur.
Pas du tout ! Quand je dis que j'ai expérimenté
la réalité de ce qu'est la famille, je veux
me référer, de façon transcendantale,
à l'Enseignement. Car, hors de mon corps physique,
on m'a enseigné les mystères de la Vie et
de la Mort. Un jour on m'a fait vivre ma propre mort par
anticipation : on m'a fait sortir de mon corps physique,
et une fois en dehors de ma forme corporelle, on m'a fait
avancer dans le temps jusqu'à ce que je me voie mort.
Qu'ai-je vu ? Un cercueil. Et dans le cercueil, un cadavre
: le mien. Qui étaient ces personnes devant le cercueil,
dans la pièce pleine de fleurs et de couronnes pour
les défunts ? Les membres de ma famille. Parmi eux
se trouvait ma mère. Je m'approchai d'elle, lui baisai
la main et lui dis « Merci pour le corps que tu m'as
donné ; ce corps m'a beaucoup servi, il a été
merveilleux. Merci ! » Je m'approchai des autres membres
de ma famille et pris congé d'eux. Je quittai cette
maison et je m'immergeai dans le sein de la Nature, convaincu
que j'étais désincarné... Là,
dans la Nature, il y avait des vallées profondes,
des lacs, des montagnes, des océans, des nuages,
le Soleil... Et mes proches que je venais de quitter ? Ils
étaient restés dans le passé, je n'avais
plus de famille désormais. Mes nom et prénom,
ma lignée, mon peuple, ma langue, qu'en restait-il
? C'étaient des choses du passé ! J'étais
alors plongé dans une Nature sauvage, absolument
sauvage.
Et
ma chère famille, qu'en était-il ? Je ne pus
que m'exclamer : « Je n'ai plus de famille ! Et les
êtres qui m'ont entouré ? C'était dans
le passé... Maintenant je suis seul, affreusement
seul. Je ne suis qu'une créature de la Nature, d'une
Nature totalement sauvage. Il n'y a que des vallées,
des montagnes, une terre mouillée par la pluie...
Et ma maison ? Quelle maison ? Tu n'as plus de maison !
Et mes biens ? Encore moins de biens terrestres. D'où
les sortirais-je ? Mais alors, qui es-tu ? Une particule
de la Nature, d'une Nature sauvage qui n'a rien à
voir avec les questions de famille... Bref, ma famille c'est
toute l'humanité, ou les humanités de tous
les mondes, toutes les humanités planétaires
! » J'ai ressenti cependant un peu de tristesse quand
je me suis rendu compte que le « cordon d'argent »
n'était pas rompu. J'aurais voulu le trancher, mais
il demeurait intact. Il ne me restait plus d'autre solution
que de retourner à mon corps. Je pensais que je m'étais
détaché, complètement délivré
de ma forme physique et voilà qu'il me fallait revenir
encore une fois. Et je suis revenu, oui, je suis rentré
dans mon corps...
Voilà
donc la réalité en ce qui concerne la famille,
c'est-à-dire, les parents par le sang ou par alliance,
les cousins, cousines, frères, soeurs, oncles, tantes,
neveux, nièces, petits-enfants, arrière-petits-enfants,
arrière-arrière-petits-enfants, etc. Finalement,
tout cela nous fascine, au fond. Nous devons reprendre courage
en nous pénétrant de cette expression latine,
Sursum corda : « Haut les coeurs ! », en sachant
que nous formons tous une seule grande famille ; nous devons
voir en chaque personne un frère ou une soeur, sentir
chacun de nos frères comme la chair de notre chair,
comme le sang de notre sang ; cesser de voir les autres
comme des étrangers, comme des gens différents,
car c'est absurde : nous formons tous une énorme,
une immense famille, qui s'appelle l'humanité.
Nous
devons nous sacrifier pour cette immense famille avec un
véritable amour ; si nous faisons cela, nous travaillerons
pleinement dans le troisième facteur de la Révolution
de la Conscience. Lorsqu'une personne travaille pour les
autres, elle en est récompensée. Même
si nous renonçons aux fruits de nos actes, nous sommes
toujours récompensés. En travaillant pour
les autres, nous pourrons annuler le vieux karma que nous
avons contracté dans nos existences antérieures.
J'ai
connu beaucoup de personnes qui souffrent à cause
de divers problèmes - problèmes économiques
par exemple -. Ceux qui éprouvent des difficultés
économiques ont indéniablement causé
des préjudices économiques à plusieurs
personnes dans le passé, et aujourd'hui ils récoltent
ce qu'ils ont semé, « ils mangent leur propre
pain », comme on dit. Cependant, ils se plaignent,
ils protestent et blasphèment ; ils voudraient améliorer
leur situation économique, mais ils ne pensent pas
à remédier au mal qu'ils ont fait, ils ne
font partie d'aucune coopérative, ils ne sont pas
capables de partager leur pain pour en donner la moitié
à l'affamé ; ils ne sont pas capables de se
priver d'une chemise pour vêtir une personne dans
le besoin, ils ne sont pas capables de donner du réconfort
à qui que ce soit, mais ils veulent améliorer
leur sort, économiquement. Bien sûr, ils sollicitent
des services, ils réclament que nous les secourions,
que nous les aidions à changer leur situation, mais
eux ne se soucient guère de rendre service à
qui que ce soit, ce sont des parasites sous le Soleil.
Ainsi
donc, comment pourrions-nous améliorer notre situation
économique ? Toute cause engendre son effet. Le karma
est l'effet d'une cause antérieure. Si nous voulons
annuler l'effet, il faut commencer par annuler la cause
qui l'a produit. Et la cause peut être annulée
en agissant avec intelligence, car il faut savoir comment
l'annuler.
Vous
allez rencontrer tout cela sur le chemin : des gens qui
veulent que vous les guérissiez, mais qui ne se préoccupent
jamais de soigner personne ; d'autres qui ont de graves
problèmes économiques, mais qui ne pensent
jamais à apporter leur aide à qui que ce soit,
etc. Chacun a ses problèmes, et les problèmes,
c'est l'Égo qui les crée, nul autre que le
misérable Égo ! Nous pourrions annuler tous
nos problèmes si nous n'avions pas l'Égo ;
pas d'Égo, pas de problèmes. Pourquoi ? Parce
que sans Égo il n'y a personne qui réagit
à l'intérieur de notre mental, il n'y a pas
de revanchard qui complique la situation, il n'y a personne
qui hait en nous ou à travers nous. Alors il n'y
a pas de problèmes. C'est l'Égo qui crée
les problèmes et rien d'autre que l'Égo.
Donc,
en travaillant en faveur des autres, nous annulons notre
vieux karma. Celui qui sert les autres se sert lui-même.
Celui qui donne reçoit, et plus il donne, plus il
reçoit : c'est la Loi. « Le Lion de la Loi
se combat avec la Balance ». Si nous pouvions mettre
de bonnes oeuvres sur un plateau de la balance - sur le
plateau du Bien - et ainsi faire pencher la balance en notre
faveur, notre karma serait annulé. En vérité,
pour dominer le Lion de la Loi, il faut travailler fort
avec la Balance. Voilà la clé pour vaincre
le karma. Comme disent les Seigneurs de la Loi : «
Fais de bonnes oeuvres pour payer tes dettes ! » Celui
qui a de quoi payer, paye et ses « affaires »
vont bien, mais celui qui n'a pas de quoi payer devra aller
en prison, ou perdre tous ses biens, etc. Il faut donc faire
beaucoup de bien pour rembourser nos vieilles dettes ; notre
capital de bonnes oeuvres nous permet de payer le vieux
karma sans avoir besoin de souffrir - il n'est pas nécessaire
de nous rendre la vie amère !
Je
connais, par exemple, un homme qui souffre indiciblement
: sa situation économique est toujours désastreuse,
il est toujours dans la misère. Tout ce qu'il touche
échoue ; il n'y a pas d'affaire qu'il entreprenne
qui ne rate. Il a une femme et des enfants, avec qui il
se dispute constamment. Il est du signe du Lion ; sa femme
aussi. Ils ne devraient pas se quereller, mais il paraît
que les lions sont ainsi : toujours à se battre,
jamais contents. J'ai vu des lions au jardin zoologique
de Chapultepec : ils n'arrêtaient pas de se battre.
Il semble qu'un Lion ne peut pas s'entendre avec un autre
Lion...
Or,
le plus curieux dans cette histoire c'est que ce monsieur,
que je ne nommerai pas, demande toujours qu'on l'aide financièrement,
que nous travaillions pour lui dans le monde des causes
et des effets, mais je ne l'ai jamais vu faire quoi que
ce soit en faveur de ses semblables. Il demande, mais il
ne donne pas. Il demande et redemande, mais il ne donne
jamais, jamais. Il demande, mais de quel droit demande-t-il,
s'il ne donne pas ? C'est comme quelqu'un qui demande qu'on
lui pardonne ses fautes et qui n'est pas capable de pardonner
aux autres.
Tout
le monde dit, dans la prière du Notre Père
: « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons
à ceux qui nous ont offensés » (Littéralement
: Pardonne-nous nos dettes comme nous pardonnons à
nos débiteurs). Mais si nous ne savons pas pardonner
à ceux qui nous offensent, à nos ennemis,
de quel droit demande-t-on au Père qu'il nous pardonne
? Quel droit invoquons-nous pour demander pardon, si nous
sommes incapables de pardonner ? De quel droit demanderons-nous
la pitié, si nous ne sommes pas capables d'éprouver
de la pitié ? De quel droit invoquerons-nous la charité
si nous sommes incapables d'en faire preuve ? Tous les gens
sont ainsi : ils demandent, mais ils ne donnent pas, et
c'est très grave.
Le
Missionnaire gnostique doit donner. Que va-t-il donner ?
Il donnera sagesse et amour à ses semblables. Voilà
ce qu'il va donner ; il va aider les autres, les secourir,
avec amour...
Nous
pouvons également aider nos semblables au moyen des
« chaînes magiques ». Les chaînes
sont merveilleuses, que ce soit pour irradier de l'amour
ou pour guérir les malades. Nous pouvons, avec les
chaînes, invoquer les Maîtres de la Science
médicale pour qu'ils viennent au secours des malades.
Ainsi, nous pouvons invoquer le Maître Raphaël,
qui est un grand médecin, un grand guérisseur
universel qui, par exemple, a guéri le patriarche
Job, a guéri Tobie... Nous pouvons aussi invoquer,
avec les chaînes, des médecins comme Hippocrate,
Galien, Philippe, Theophrast Bombast von Hohenheim dit Paracelse,
etc. Avec les chaînes nous pouvons encore invoquer
les Puissances de la Lumière, afin qu'elles nous
assistent à un moment précis, et conjurer
les Puissances des Ténèbres pour qu'elles
nous laissent en paix, etc. Les chaînes magiques sont
formidables : avec la main gauche on reçoit, avec
la main droite on donne ; les chaînes forment des
circuits de forces magnétiques extraordinaires. Nous
pouvons, avec les chaînes, accomplir de grandes oeuvres...
Le
Mouvement gnostique international progresse victorieusement
sur tous les champs de bataille ; il est établi dans
tout l'hémisphère occidental - Amérique
et Europe - et rassemble quelque cinq millions de personnes.
Une fois que nous aurons complété notre travail
en Europe, nous nous établirons au Japon, afin de
poursuivre notre oeuvre dans tout le continent asiatique...
Nous
sommes en train de livrer à l'humanité l'Évangile
de la nouvelle ère du Verseau. Il y aura bientôt
un grand cataclysme avec l'arrivée d'Hercolubus.
Il s'agit d'une planète géante, six fois plus
grosse que Jupiter et des milliers de fois plus grosse que
la Terre. Elle appartient au système solaire de Tylos,
un système voisin de notre système solaire
d'Ors. Et cette planète, Hercolubus, a une orbite
immense. Chaque fois que, dans le passé, elle s'est
approchée de la Terre, elle a provoqué une
catastrophe. Quand elle s'est approchée de la Terre
à l'époque du continent Mu (ou de la Lémurie),
il y a eu d'effroyables tremblements de terre, de nombreux
volcans ont éclaté et finalement la Lémurie
s'est enfoncée peu à peu dans le Pacifique,
depuis dix mille ans. Quand elle s'est approchée
de la Terre à l'époque de l'Atlantide, ce
continent s'est enfoncé à son tour dans l'océan
qui porte son nom : l'océan Atlantique. L'Atlantide
fut engloutie avec ses millions d'habitants. Hercolubus
revient nous visiter une autre fois, et je puis vous assurer
qu'il va produire une révolution complète
de l'axe de la Terre. Quand il sera suffisamment proche,
sa force d'attraction fera jaillir avec force le feu liquide
qui se trouve à l'intérieur de la Terre ;
il y aura alors partout des volcans en éruption,
accompagnés de terribles tremblements de terre. Et
rappelez-vous ces paroles prophétiques des ancêtres
de l'Anahuac : « Les fils du Cinquième Soleil
périront par le feu et les tremblements de terre...
»
Il
y a eu récemment un grand tremblement de terre en
Europe, qui a provoqué la mort de plus de sept mille
personnes. Quant à la ville de Mexico, un autre grand
tremblement de terre la guette, qui détruira cette
fois toute la ville. Ce tremblement de terre affectera aussi
tout le nord du Mexique ; les Mexicains doivent s'attendre
à ce tremblement de terre.
Ainsi
donc, il surviendra de terribles événements
dans le futur. Quand Hercolubus viendra, le feu jaillira
partout, des volcans apparaîtront, et les tremblements
de terre finiront de raser tout ce qui existe actuellement.
Ce sera le jour du « grand incendie universel »,
prophétisé par Pierre dans sa Deuxième
Épitre (III, 10) : « Les éléments
embrasés seront déchaînés et
la Terre avec toutes les oeuvres qu'elle renferme sera consumée...
» Enfin, la dernière chose que fera Hercolubus
- au maximum de son rapprochement - sera de produire la
révolution brutale de l'axe de la Terre. Les océans
changeront de lit, les mers se déplaceront, les terres
actuelles sombreront au fond des eaux ; il ne restera rien,
absolument rien, de cette perverse « civilisation
de vipères », tout sera détruit.
Il
y aura, bien sûr, un petit groupe qui sera sauvé
des eaux. Nous travaillons présentement à
organiser ce petit groupe, et les Missionnaires gnostiques
ont le devoir de continuer à travailler. Ce groupe
formera « l'Armée du Salut mondial »
; et ce groupe sera choisi en temps et lieu, lorsque l'heure
sera venue. Avant le cataclysme final, les frères
du Tibet, dont fait partie mon insignifiante personne, travailleront
tous ensemble pour sortir de cette horrible race de vipères
ceux qui auront travaillé sur eux-mêmes, ceux
qui auront donc atteint le niveau approprié de dignité.
Nous les emmènerons dans un lieu secret situé
dans le Pacifique, un lieu où il ne leur arrivera
rien. En cela nous sommes d'accord, les frères de
quelques groupes secrets des Himalayas et moi-même.
Et ceux qui seront conduits sur cette Île deviendront
le noyau de l'humanité future. En ces jours qui suivront
le grand cataclysme, la Terre sera enveloppée de
feu et de vapeur d'eau, et les quelques individus qui formeront
ce noyau vivront donc au milieu de la brume. Ils pourront
être considérés comme les « fils
de la brume », comme les Nibelungen des temps antiques.
Quand resplendira un double arc-en-ciel dans l'azur, il
y aura des terres nouvelles, émergées du fond
des mers, et sur ces nouvelles terres vivra une nouvelle
humanité, une humanité innocente et pure,
une humanité parfaite. Alors viendra l'Âge
d'or, annoncé par Virgile, le poète de Mantoue,
lorsqu'il a écrit : « Voici l'Âge d'Or
et il commande une nouvelle progéniture... »
Nous
travaillons en ce moment à créer l'Armée
du Salut mondial. C'est là notre tâche, et
c'est la tâche de tous les Missionnaires gnostiques.
Nous ouvrirons partout des Lumisiaux (Centres d'études
gnostiques), afin de créer cette Armée du
Salut mondial.
Les
temps de la fin sont commencés ; nous nous trouvons
déjà dans ces temps de la fin. Hercolubus
est à portée de vue de tous les observatoires
astronomiques du monde, comme l'atteste une carte du ciel
que nous avons à l'Association gnostique de Mexico.
Qui a dressé cette carte ? Des astronomes ! Car c'est
un fait officiel, connu de tous les observatoires du globe.
Alors, pourquoi messieurs les astronomes n'ont-ils pas publié
ces faits ? À cause de la censure : on leur interdit
d'amener les populations dans un état, disons, de
désespoir psychologique. Cela leur est défendu
par la Loi, mais ils n'ignorent pas ce qui s'en vient, ils
le savent, et ils détiennent des cartes décrivant
la trajectoire d'Hercolubus. Ainsi donc, ce dont je vous
parle est une chose officielle, déjà connue.
Vous
comprendrez à présent pourquoi nous nous préoccupons
tellement en ce moment de répandre partout l'Enseignement.
La raison en est claire : c'est que nous devons coopérer
avec le Soleil. Le Soleil va bientôt en finir avec
cette race et il va implanter, sur la carte du monde, une
nouvelle race, et il nous faut coopérer avec le Soleil.
La race humaine actuelle a déjà donné
ses fruits ; ce qu'elle avait à donner, elle l'a
fait. Nous nous trouvons à la dernière heure
: l'horloge du destin s'est arrêtée. Le vieux
Saturne, dans sa forme de squelette, la faux à la
main, se tient debout près de l'horloge. D'un moment
à l'autre, ce sera la catastrophe. Voilà la
crue réalité des faits, mes estimables soeurs
et frères.
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