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11. Les Niveaux de l'Etre
Samaël Aun Weor
Conférence intitulée "Los diferentes
niveles del Ser"
Mes
chers amis, à travers ces conférences et entretiens
vous avez reçu une solide instruction ésotérique.
Nous vous avons enseigné, notamment, comment vous
affranchir des forces lunaires, qui sont mécaniques,
et comment acquérir l'intelligence solaire ; je vous
ai dit qu'au moyen du Feu nous pouvons nous libérer
de la mécanique lunaire ; je vous ai expliqué
qu'au moyen du Feu nous pouvons nous convertir en Hommes
solaires. Mais d'abord et avant tout je veux que vous soyez
sincères vous tous ici présents ce soir, avez-vous
pris conscience de votre propre « niveau de l'Etre
», du niveau de l'Etre où vous vous trouvez
? Etes-vous conscients que vous êtes hypnotisés,
que vous dormez ? Vous êtes-vous rendu compte que
vous vous identifiez non seulement aux choses extérieures,
mais aussi à vos pensées luxurieuses, à
vos soûleries, à vos colères, à
vos convoitises, au sentiment de votre importance ou de
votre mérite ?
Vous
rendez-vous compte que vous vous identifiez non seulement
au monde extérieur, mais aussi à votre vanité,
à votre orgueil ? Avez-vous triomphé sur votre
journée ou est-ce la journée qui a triomphé
sur vous ? Ainsi, qu'avez-vous fait aujourd'hui ? Quel défaut
psychologique avez-vous observé ? compris ? éliminé
? Etes-vous certains de ne pas vous être identifiés
avec une pensée lascive ou une pensée de convoitise,
ou avec votre orgueil blessé par une insulte, ou
avec une préoccupation, avec une inquiétude
liée à une dette qu'il faut rembourser, etc.
? Qu'avez-vous donc fait aujourd'hui, à quoi avez-vous
consacré votre journée ? Savez-vous à
quel niveau de l'Etre vous vous trouvez ? Etes-vous passés
à un niveau de l'Etre supérieur ou êtes-vous
restés au même niveau ? Croyez-vous qu'il est
possible de passer à un niveau de l'Etre supérieur
sans éliminer certains défauts psychologiques
? Ou peut-être êtes-vous satisfaits du niveau
de l'Etre où vous vous trouvez présentement
? N'oubliez pas que dans ce « Rayon » de la
création auquel nous appartenons, il y a divers niveaux
de l'Etre. Si nous restons toute notre vie au même
niveau de l'Etre, que faisons-nous donc de notre vie ?
Il
est indéniable qu'à chaque niveau de l'Etre
sont rattachées des amertumes déterminées,
des souffrances précises. Tous se plaignent qu'ils
souffrent, tous se plaignent de leurs problèmes,
tous se plaignent des circonstances de leur existence, des
conflits qu'ils doivent sans cesse affronter, mais il y
a une chose que je me demande : tous ces gens qui se plaignent
se préoccupent-ils seulement de passer à un
niveau de l'Etre supérieur ? Il est évident
que tant que nous serons au niveau de l'Etre où nous
nous trouvons, les désagréments de notre vie
ne cesseront de se répéter ; toutes les amertumes
que nous traversons, les problèmes qui s'abattent
sur nous, reviendront encore et encore.
Beaucoup
se lamentent sur leur sort, disant : « Tout cela c'est
bien, mais comment faire pour sortir de cet état
où je me trouve ? Comment faire pour passer à
un niveau supérieur de l'Etre ? » Je m'évertue
à leur expliquer qu'ils doivent éliminer certains
défauts, mais ils ne veulent pas comprendre. Au-dessous
de chacun de nous, il y a différents niveaux de l'Etre
; au-dessus de nous il y a aussi différents échelons
correspondant à autant de niveaux de l'Etre. Au niveau
où nous nous trouvons il y a des problèmes,
des conflits de toutes sortes ; nous les connaissons bien.
À ce niveau rien ne change, c'est toujours la même
chose, les mêmes difficultés ; tant que nous
resterons à ce niveau, nous éprouverons jour
après jour les mêmes contrariétés.
Vous voulez changer ? Vous ne voulez plus avoir tous ces
problèmes qui vous affligent, toutes ces difficultés
économiques, familiales, ces tourments engendrés
par la haine, l'envie, la jalousie, etc. ? Vous voulez vous
échapper de tous ces tracas ? Vous n'avez qu'à
passer à un niveau de l'Etre supérieur. Chaque
fois que nous faisons un pas vers un niveau de l'Etre supérieur,
nous nous affranchissons un peu des forces de la Lune que
nous portons, comme je vous l'ai déjà dit,
dans la chair, dans le sang, dans les os et même dans
l'esprit et dans l'Ame, parce que nous sommes, hélas
! des enfants de la Lune…
Nous
avons déjà abordé la question du trait
psychologique caractéristique, propre à chaque
personne. Car chaque personne est bel et bien caractérisée
par un trait psychologique particulier : l'une aura comme
trait caractéristique la luxure, pour une autre ce
sera la cupidité, pour une autre encore la haine
ou l'orgueil, etc. Ce trait psychologique est la somme de
divers traits typiques particuliers et je dois vous dire,
mes chers amis, qu'à chaque trait caractéristique
correspond toujours un ensemble de circonstances, d'événements
précis. Un tel a-t-il comme trait caractéristique
la convoitise ? Autour de lui il y aura toujours des problèmes
économiques, des avocats, des procès, des
prisons... Si nous ne connaissons pas notre trait psychologique
particulier, nous allons plutôt mal : car il nous
faut le connaître pour passer à un niveau supérieur
de l'Etre, il faut éliminer en nous les « éléments
indésirables » qui constituent ce trait psychologique
particulier. Sinon, comment pourrions-nous passer à
un niveau de l'Etre supérieur ? Vous voulez cesser
de souffrir, mais vous ne faites rien pour changer, vous
ne luttez pas pour passer à un niveau supérieur
de l'Etre. Dans ces conditions, comment pourriez-vous donc
changer ?
Il
y a par ailleurs un fait concret dans la vie, soit la discontinuité
de la nature : il est manifeste que tous les phénomènes
de la nature sont discontinus. Les différents niveaux
de l'Etre sont également discontinus : cela signifie
que la simple évolution ne nous permettra jamais
d'atteindre la perfection. Par conséquent, en ce
qui concerne le développement intérieur de
l'être humain, le dogme de l'évolution est
inapplicable, il nous conduit à une impasse.
Je
connais beaucoup de pseudo-ésotéristes et
de pseudo-occultistes, de gens sincères et au grand
coeur embouteillés dans le dogme de l'évolution
: ils espèrent que le temps les conduira tout «
naturellement » à la perfection. Mais le temps
passe, des milliers, des millions d'années, sans
qu'ils aient progressé vers la perfection. Pourquoi
? Parce qu'ils ne font rien pour changer leur niveau de
l'Etre, ils stagnent toujours au même échelon.
Il nous faut dépasser le dogme de l'évolution,
emprunter le chemin révolutionnaire, le sentier de
la Révolution de la conscience.
L'évolution
et sa soeur jumelle l'involution sont deux forces opposées
et complémentaires qui agissent simultanément
dans toute la création ; elles constituent l'axe
mécanique de la nature, mais elles ne nous conduiront
jamais à la libération ; elles forment ce
qu'on appelle la Roue du Samsara.
Il
y a évolution dans le grain qui germe, dans la plante
qui croît et produit des fruits ; il y a involution
dans l'arbre qui s'étiole, qui dégénère
et se dessèche peu à peu, et enfin meurt.
Il y a évolution dans le foetus qui se forme dans
le ventre maternel, dans le jeune qui se jette dans le combat
de la vie ; il y a involution dans le vieillard qui décline
et dépérit, puis meurt. Les lois de l'évolution
et de l'involution sont purement mécaniques ; elles
n'ont rien à voir avec l'auto-réalisation.
Ce qu'il faut, c'est être révolutionnaire,
c'est entrer sur le chemin de la Révolution de la
conscience. Comment pourrons-nous passer à un niveau
de l'Etre supérieur si nous ne devenons pas révolutionnaires
?
Observons
les différents degrés d'un escalier : ils
sont discontinus. Les différents niveaux de l'Etre
aussi, je le répète, sont discontinus. À
chaque niveau de l'Etre sont associées diverses activités.
Quand nous passons à un niveau de l'Etre supérieur,
nous faisons un saut et devons laisser les activités
propres au niveau de l'Etre inférieur. Je me rappelle
certaines époques de ma vie, il y a trente, quarante
ans, qui furent transcendées lorsque je suis passé
à des niveaux supérieurs de l'Etre ; ce qui
était alors pour moi de la plus haute importance
fut délaissé et mes activités de l'époque
furent interrompues, abandonnées, parce qu'aux échelons
supérieurs correspondent d'autres activités,
complètement différentes. Si vous passez vous-mêmes
à un niveau de l'Etre supérieur, vous devrez
laisser tomber beaucoup de choses qui, actuellement, sont
importantes pour vous et qui relèvent du niveau où
vous vous trouvez en ce moment. Laissez aller tout cela,
faites le saut ! Ce saut est révolutionnaire, il
n'est pas du ressort de l'évolution, mais toujours
de la révolution, de la rébellion intérieure
; il n'est pas évolutif, il n'est pas non plus involutif,
il est révolutionnaire ! Ainsi, en gravissant les
différents niveaux de l'Etre, nous atteindrons les
niveaux de l'Etre les plus élevés, correspondant
à l'état divin. Dieu est plus que l'intelligence,
il est l'Intelligence de l'intelligence ; il est plus que
la lumière spirituelle, il est la Lumière
de la lumière spirituelle, il est la Flamme de la
flamme, la Vérité de la vérité...
Parvenir à l'expérience de la Réalité
requiert de passer à des niveaux supérieurs
de l'Etre et ce n'est possible qu'à travers d'incessantes
révolutions.
Les
Évangiles christiques nous indiquent clairement ce
dont le Seigneur de Perfection veut que nous nous libérions.
Regardons par exemple les « Béatitudes »
- qui sont cent pour cent solaires, et non lunaires. Les
« Béatitudes » commencent par nous enseigner
la non-identification : « Bienheureux les pauvres
en esprit, dit le Seigneur, car le Royaume des Cieux est
à eux » (Matt. V, 3). Or, qui sont ces «
pauvres en esprit » ? L'homme qui est identifié
à son existence, à sa personne, à son
image, qui se sent grand, puissant, sublime, ineffable,
etc., serait-il pauvre en esprit ? Non, cela va de soi.
En celui qui est imbu de lui-même il ne reste pas
même une petite place pour Dieu ; il n'est donc pas
« pauvre en esprit » ; comment pourrait-il Etre
« bienheureux »
Prenons
l'orgueil, par exemple. N'est pas orgueilleux celui-là
seulement qui a de l'argent, ou qui appartient à
une famille très à l'aise, comme on dit, ou
qui a une automobile rutilante et qui s'en enorgueillit.
Il y a aussi une autre sorte d'orgueil : il s'agit de l'orgueil
mystique. Certaines écoles de type pseudo-ésotérique
ou pseudo-occultiste disent : « Grâce à
la loi de l'évolution, un jour nous deviendrons des
dieux ineffables ; l'homme est appelé à se
convertir en un dieu ». Il est évident que
des enseignements de cette sorte conduisent à l'orgueil
mystique, à la présomption spirituelle, à
la mythomanie, parce que l'homme, même s'il atteint
un degré élevé de perfection, même
s il est devenu un Boddhisattwa, n'est qu'un homme. Dieu
est le Père qui « est en secret », Lui
seul est Dieu. Le Père peut prendre un homme, s'il
est élevé en perfection, s'il est un Boddhisattwa,
et le mettre dans son esprit ou dans son coeur, ou le faire
travailler en quelque endroit afin qu'il accomplisse quelque
chose, mais que l'homme, ce « gringalet », se
sente Dieu, c'est de la mythomanie de la pire espèce,
du plus mauvais goût. Nous sommes des hommes et rien
que cela : des hommes. Dieu est Dieu mais nous, les hommes,
nous sommes des hommes. Celui qui se sent très sage
parce qu'il a acquis quelques connaissances pseudo-ésotériques
ou pseudo-occultistes, là, dans sa tête, et
qui pense qu'il est maintenant un grand initié, celui-là
est tombé dans la mythomanie, il est très
imbu de lui-même.
Chacun
de nous n'est rien d'autre qu'un ver dans le limon de la
Terre. En disant cela, je pense d'abord à moi, qui
ne me considère pas autrement qu'un ver dans la boue
de la Terre. Dieu est Dieu, mais nous, nous ne sommes pas
des dieux ; nous prendre pour des dieux, nous croire des
sages est tout à fait absurde ! Ainsi donc, mes chers
amis, être imbus de notre petite personne, nous identifier
à de fausses images de nous-mêmes, nourrir
toutes sortes de fantaisies sur nous-mêmes, ce n'est
pas être « pauvre en esprit ».
Lorsqu'on
reconnaît son propre néant, sa propre misère
intérieure, quand on cesse de se sentir « sublime
», de se sentir un dieu, un grand sage, quand on comprend
que l'on est un pécheur comme tous les autres, on
cesse alors d'être imbu de soi-même et on sera
« bienheureux ». Mais que signifie être
« bienheureux » ? Beaucoup pensent qu'ils seront
« bienheureux » le jour où ils mourront
et qu'ils iront là-haut jouir du bonheur céleste,
avec les petits anges. C'est une conception pour le moins
extravagante. « Bienheureux » signifie être
heureux, jouir de la félicité. Où et
quand ? Ici et maintenant ! Les « bienheureux »
entreront-ils au « Royaume des Cieux » ? Oui,
ils entreront au Royaume des Cieux. Mais où se trouve
le Royaume des Cieux ? À quel endroit de l'univers
est-il situé ? En fait, le Royaume des Cieux est
formé par le Cercle conscient de l'Humanité
solaire, qui opère sur les centres supérieurs
de l'Etre. Voilà ce qu'est le Royaume des Cieux.
L'Evangile
du Seigneur commence donc par nous enseigner la non-identification.
Il y a beaucoup de façons de s'identifier à
soi-même ; on s'identifie à soi-même
quand on rêve de gagner une fortune, quand on pense
qu'on est un monsieur important ou un grand sage, etc. Il
faut commencer par ne pas s'identifier à soi-même,
puis ne pas s'identifier aux choses extérieures.
Quand on ne s'identifie pas, par exemple, à la personne
qui nous insulte, on peut lui pardonner, l'aimer, elle ne
peut pas nous blesser. Et si quelqu'un heurte notre amour-propre,
mais que nous ne sommes pas identifiés à l'amour-propre,
il est évident que nous n'en souffrirons pas, nous
ne pourrons pas nous sentir lésés. Et si nous
ne sommes pas identifiés à la vanité,
nous ne ressentirons aucune honte à nous promener
dans la rue avec des habits rapiécés. Bref,
il faut d'abord et avant tout ne pas s'identifier à
soi-même ; ensuite, ne pas s'identifier aux vanités
du monde extérieur.
Lorsque
nous ne sommes pas identifiés à nous-mêmes,
nous pouvons pardonner. Rappelons-nous la Prière
du Seigneur : « Pardonne-nous nos dettes comme nous-mêmes
pardonnons à nos débiteurs » (Matt.
VI, 12). Mais il ne suffit pas simplement de pardonner :
il faut aussi annuler les dettes ; on pourrait pardonner
à un ennemi, sans jamais effacer la dette. Or, il
importe d'annuler ce qu'on nous « doit » ; c'est
là le sens profond de la prière : «
Pardonne-nous nos dettes comme nous pardonnons à
nos débiteurs ». Tant que nous sommes identifiés
à nous-mêmes, nous ne pouvons pardonner à
personne. Nous souffrons quand on nous insulte, nous souffrons
quand on nous humilie, nous souffrons quand on nous déprécie.
Pourquoi ? Parce que nous avons le Moi de l'orgueil, le
Moi de l'amour-propre bien vigoureux, là en dedans
; tant que nous aurons ce Moi de l'amour-propre, nous aurons
mal quand un autre blessera notre amour-propre. En définitive,
si nous ne sommes pas identifiés, il nous sera facile
de pardonner et, mieux encore, d'effacer les dettes.
Il
est aussi écrit, dans les « Béatitudes
» : « Bienheureux les doux, car ils recevront
la terre en héritage. » C'est une autre chose
qui n'a pas été comprise. « Bienheureux
les doux » signifie : Bienheureux ceux qui n'ont pas
de ressentiment ; car, si nous sommes pleins de ressentiment,
comment pouvons-nous être « doux » ? Quand
on éprouve du ressentiment, on n'arrête pas
de « faire ses comptes » : moi qui ai tant fait
pour lui, moi qui lui ai fait tant de faveurs, moi qui l'ai
défendu, protégé, moi qui ai été
si généreux avec lui, moi, moi, moi, moi,
et regardez comment il me paie en retour, comment il me
traite ; cet ami que j'ai tant servi et qui maintenant n'est
même pas capable de me servir !
Celui
donc qui est plein de ressentiment, qui demande des comptes
à tout instant, n'est pas « doux » ;
alors, comment pourrait-il être « bienheureux
» ? C'est-à-dire, comment pourrait-il connaître
le bonheur, la félicité ? Vous-mêmes,
êtes-vous heureux ? Qui donc est heureux ? Je connais
beaucoup de gens qui affirment : « Je suis heureux,
je suis content de ma vie, je suis vraiment une personne
heureuse. » Mais peu après nous entendons ces
mêmes personnes dire : « Un tel m'exaspère
» ; « ce type me casse les pieds » ; «
je ne sais pourquoi cette personne est si ingrate, après
tout ce que lui ai donné », etc. Par conséquent,
ces gens ne sont pas heureux, ils font semblant, ce sont
des hypocrites, voilà tout.
Etre
heureux est très difficile : pour cela, il faut avant
tout être « doux ». Le mot « bienheureux
» signifie : félicité intime - non dans
mille ans, mais maintenant, ici même, à cet
instant précis de notre vie ! Si nous devenons vraiment
« doux », grâce à la non-identification,
nous réussirons à être heureux. Il faut
non seulement ne pas nous identifier avec nos pensées
de luxure, de haine, de vengeance, de rancoeur ou de ressentiment,
mais aussi éliminer les Moi qui en sont la cause.
Nous devons extirper de nous les « démons rouges
de Seth », ces agrégats psychiques qui personnifient
nos défauts psychologiques.
Nous
devons comprendre, par exemple, ce qu'est le processus du
ressentiment, il faut opérer la « dissection
» du ressentiment. Lorsque, au terme de notre travail
intérieur de compréhension, nous parvenons
à la conclusion que le ressentiment est dû
au fait que nous avons en nous l'amour-propre, nous lutterons
alors pour éliminer l'Égo, le Moi de l'amour-propre.
Mais pour l'éliminer, il faut d'abord le comprendre
; nous ne pourrons éliminer ce Moi si auparavant
nous ne l'avons pas compris.
Lorsque
nous sommes rendus à l'étape de l'élimination,
nous devons invoquer Devi Kundalini Shakti ; elle seule
peut désintégrer n'importe quel défaut
psychologique, y compris le Moi de l'amour-propre.
Cette
question du ressentiment, de l'Égo en général,
relève de la « Lune ». Vous voyez que
nous portons la Lune jusque dans la moelle des os. Si nous
voulons nous libérer de la mécanique lunaire,
nous devrons éliminer de nous-mêmes le Moi
du ressentiment, le Moi de l'amour-propre, car il est écrit
: « Bienheureux les doux (c'est-à-dire, ceux
qui n'ont pas de ressentiment), car ils recevront la terre
en héritage. » Mes chers soeurs et frères,
il faut comprendre très clairement tout cela ; quand
vous le comprendrez bien, vous progresserez sur le chemin
qui conduit à la libération finale.
Ce
n'est qu'au moyen du Feu solaire, au moyen du Feu d'Ariés,
c'est-à-dire, le Feu du jeune Bélier, de l'Agneau
incarné - le Christ intime - que nous pouvons vraiment
brûler ces éléments inhumains que nous
portons en nous ; et à mesure que la conscience s'émancipe,
se désenchaîne, nous nous éveillons
progressivement. Mais la conscience ne peut s'éveiller
tant qu'elle reste embouteillée dans les «
agrégats psychiques » qui, dans leur ensemble,
constituent le Moi, le Je, l'Égo. Nous devons passer
par l'annihilation bouddhique, ici et maintenant ; nous
devons « mourir » d'instant en instant, car
c'est seulement par la mort qu'advient du nouveau ; si le
grain ne meurt, la plante ne peut naître.
Nous
devons apprendre à vivre, et nous libérer
de cet héritage lunaire qui nous empoisonne l'existence
; en vérité, cet héritage, nous l'avons
en nous depuis le lointain protile (le noyau originel),
d'où a surgi l'Univers. La Lune fut notre mère
; nous sommes lunaires, nous sommes des Sélénites,
bien que nous vivions sur la Terre. À présent
il nous faut devenir solaires, marcher vers la vie solaire,
recevoir l'Initiation solaire ; ainsi, et ainsi seulement
obtiendrons-nous la félicité authentique et
la véritable libération. Nous devons nous
convertir en Hommes solaires dans le sens le plus complet
du mot, et ce serait impossible si nous n'éliminions
pas de notre nature psychologique ce qu'il y a en nous de
lunaire. Si nous y parvenons, le Feu nous libérera,
nous transformera, fera de nous des créatures différentes.
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