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1. Le Christ Cosmique et la Semaine Sainte
Voir 1955
Les Mystères du Feu
Avant
toute chose, il est nécessaire de comprendre à
fond ce qu'est réellement le « Christ Cosmique
».
Il
est indispensable de savoir, au nom de la vérité,
que le Christ n'est pas un phénomène purement
historique. Les gens ont l'habitude de voir le Christ comme
un personnage historique qui aurait existé il y a
mille neuf cent quatre-vingts ans. Une telle conception
se révèle erronée, parce que le Christ
ne relève pas du temps, le Christ est atemporel !.
Le Christ se développe d'instant en instant, seconde
après seconde. Le Christ en soi est le Feu sacré,
le Feu cosmique universel.
Si
nous frottons une allumette, le feu jaillira ; les scientifiques
diront que le feu est le résultat de la combustion,
mais c'est faux, car ce feu qui jaillit de l'allumette était
contenu dans l'allumette ; avec le frottement, nous le libérons
de sa prison et il apparaît. Nous pourrions dire que
le feu en lui-même n'est pas le résultat de
la combustion, mais plutôt que la combustion est le
résultat du feu.
Il
est essentiel, mes chers frères, de bien saisir que
ce qui nous intéresse le plus c'est le Feu du feu,
la Flamme de la flamme, la signature astrale du feu. La
main qui agite l'allumette et la frotte pour qu'apparaisse
la flamme, a du feu, de la vie, sinon elle ne pourrait pas
bouger ; après que l'allumette se soit éteinte,
la flamme continue d'exister dans la Quatrième Verticale.
Les hommes de science ne savent pas ce qu'est le feu. Ils
s'en servent mais n'en connaissent pas la nature.
Ils
ne savent pas davantage ce qu'est l'électricité,
ils l'utilisent mais ne la connaissent pas. Ainsi donc,
mes chers frères, il est important que vous compreniez
ce qu'est le feu. Avant que l'aurore de la création
ait vibré intensément, le Feu avait fait son
apparition.
Rappelez-vous,
mes frères, qu'il y a deux « Un ». Le
premier Un est Aelohim. Le deuxième Un est Elohim.
Le premier Un est le non-manifesté, l'Inconnaissable,
la divinité que l'on ne peut dépeindre, ni
symboliser, ni décrire. Le deuxième Un émane
du premier Un, il est le Démiurge Architecte de l'Univers,
le Feu.
Je
veux que vous compreniez bien qu'il y a d'une part le feu
qui brûle dans la cuisine ou sur l'autel, et d'autre
part le Feu de l'Esprit en tant qu'Aelohim ou en tant qu'Elohim.
Elohim,
donc, est le Démiurge, l'Armée de la Voix,
la Grande Parole. Chacun des constructeurs de l'Univers
est une Flamme vivante, un Feu vif ; il est écrit
que « Dieu est un Feu dévorateur ».
Le
Feu est le Christ, le Christ Cosmique !. Elohim en lui-même
a surgi d'Aelohim ; Elohim lui-même se dédouble
et demeure, pour engendrer la manifestation cosmique, dans
le Deux, en son épouse, en la Divine Mère
; et lorsque le Un se dédouble dans le Deux, le Troisième,
le Feu, apparaît. Le Feu rend fécondes les
eaux de l'existence ; et alors le Chaos se convertit en
l'Androgyne Divin.
Il
nous faut comprendre que l'Armée de la Voix, l'Armée
de la Parole est le Feu, et que ce Feu vif, ce Feu vivant
et philosophal qui rend féconde la matière
chaotique est le Christ Cosmique, le Logos, la Grande Parole
; mais pour que le Logos apparaisse, pour qu'il vienne à
la manifestation, le Un doit se dédoubler dans le
Deux, c'est-à-dire que le Père se dédouble
dans la Mère, et de l'union des deux opposés
naît le Troisième, le Feu !. Ce Feu est le
Logos, le Christ, qui rend possible l'existence de l'Univers
à l'aurore de n'importe quelle création.
Il
nous est indispensable de mieux comprendre ce qu'est le
Christ. Ne nous contentons pas de le réduire à
la dimension purement historique. Parce que le Christ est
une réalité d'instant en instant, seconde
après seconde, heure après heure ; il est
le Créateur. Le Feu a le pouvoir de créer
les atomes et de les désintégrer ; le pouvoir
de manier les forces cosmiques universelles. Le Feu a le
pouvoir d'unir tous les atomes et de créer des univers,
de même que le pouvoir de désintégrer
les univers. Le monde est une boule de feu qui s'allume
et s'éteint selon certaines lois.
Ainsi
donc, le Christ est le Feu ; voilà pourquoi vous
pouvez voir sur la Croix les quatre lettres : « Inri
» , qui sont les initiales de quatre mots : Igne Natura
Renovatur Integra, ce qui signifie : « Par le Feu
la nature est entièrement renouvelée ».
Je
crois que maintenant vous comprenez pourquoi la signature
astrale du Feu, la Flamme de la flamme, l'aspect occulte,
ésotérique du Feu, nous intéresse tellement.
C'est qu'en réalité le Feu est christique,
il a le pouvoir de transformer tout ce qui est, tout ce
qui a été et tout ce qui sera. Ce qui nous
intéresse c'est Inri ; sans Inri, il n'est pas possible
de nous christifier.
Je
vous ai déjà dit que le Christ Intime, le
Christ Cosmique, doit faire trois pas, de haut en bas, à
travers les sept régions de l'univers. Je vous ai
dit aussi que le Christ doit faire trois pas, de bas en
haut. Voilà le mystère des trois pas et des
sept pas de la Maçonnerie. C'est dommage que nos
frères Maçons aient oublié cela. En
tout cas, le Crestos, le Logos, resplendit au zénith
du minuit spirituel, tout comme au couchant ou à
l'orient ; et chacune de ces trois positions est respectée
dans les sept régions. Le mystique qui est guidé
par l'Etoile de Minuit, par le Soleil Spirituel, sait ce
que signifient ces trois pas, à l'intérieur
des sept régions. Pensons aussi au Soleil, à
la foudre et au feu, et nous aurons les trois flambeaux,
les trois aspects du Logos, dans les sept régions.
Lorsque
le Un se dédouble dans le Deux, surgit le Troisième,
et celui-ci est le Feu, qui crée et recrée
sans cesse. Ce Troisième peut créer avec le
pouvoir de la Parole, avec la Parole Solaire ou la Parole
Magique, ou la Parole du Soleil Central, ainsi crée
le Logos !.
C'est
par le moyen du Feu que nous pouvons nous christifier ;
c'est en vain que le Christ sera né à Bethléem
s'il ne naît pas aussi dans notre cœur. C'est
inutilement qu'il aura été crucifié,
et sera mort et ressuscité en Terre Sainte, s'il
ne naît, ne meurt et ne ressuscite également
en nous.
Il
nous faut incarner le Crestos Cosmique, l'Esprit du Feu,
le faire chair en nous ; tant que nous ne l'aurons pas fait,
nous serons morts aux choses de l'Esprit, parce qu'il est
la Vie, il est le Logos, il est la Grande Parole. Herupakroat
!. Il est Vishnu. Le mot Vishnu vient de la racine Vish,
qui signifie pénétrer : il pénètre
dans tout ce qui est, a été et sera. Nous
avons besoin qu'il pénètre en nous afin qu'il
nous transforme radicalement. C'est seulement par le moyen
du Feu que nous parviendrons à annihiler l'Ego. Celui
qui prétend annihiler l'Ego uniquement avec l'intellect
marche sur le chemin de l'erreur.
Il
nous faut évidemment nous connaître nous-mêmes
si vraiment nous voulons nous christifier ; et si nous voulons
nous « autoconnaître » pour atteindre
la christification nous devons nous autoobserver, nous voir
nous-mêmes, c'est par ce chemin seulement qu'il sera
possible de parvenir un jour à la désintégration
de l'Ego. L'Ego est la somme totale de tous nos défauts
: colère, convoitise, envie, orgueil, luxure, paresse,
gourmandise, etc. Même si nous avions mille langues
et un palais d'acier pour parler, nous n'arriverions pas
à énumérer complètement tous
nos défauts.
Je
disais que nous avions besoin de nous autoobserver, afin
de nous « autoconnaître », parce que si
nous nous observons nous-mêmes, nous découvrirons
nos défauts psychologiques et nous pourrons travailler
sur eux. Lorsqu'un homme admet qu'il a une « psychologie
», il commence à s'observer, et cela le transforme
par le fait même en une créature différente.
Je
veux que vous compreniez, chers frères gnostiques,
la nécessité d'apprendre à s'observer
soi-même, à se voir soi-même. Mais il
faut savoir s'observer, car une chose est l'observation
mécanique et une autre chose l'observation consciente.
Celui
qui prendrait connaissance pour la première fois
de nos enseignements dirait : « Mais qu'est-ce que
je gagne à m'observer ?. C'est fastidieux !. J'ai
vu que j'ai de la colère, j'ai vu que j'ai de la
jalousie. Et après ? ». Il est clair qu'il
s'agit de l'observation mécanique !. Il nous faut
observer l'observé !. Je le répète,
nous devons observer l'observé. C'est cela l'observation
consciente de nous-mêmes.
L'observation
mécanique de nous-mêmes ne nous conduira à
rien, car elle est absurde, inconsciente, stérile.
Ce qu'il nous faut, c'est l'autoobservation consciente de
nous-mêmes. C'est ainsi seulement que nous pourrons
vraiment nous autoconnaître, afin de travailler sur
nos défauts.
Donc,
si nous ressentons de la colère à un moment
donné, nous allons observer l'observé, c'est-à-dire
la scène de la colère, peu importe si nous
le faisons à l'instant même ou plus tard, l'important
c'est de le faire et en observant l'observé, ce que
nous voyons en nous, nous saurons si oui ou non c'était
de la colère, car il s'agissait peut-être d'une
syncope nerveuse que nous avons prise pour de la colère.
De
même, aussitôt que nous serons envahis par de
la jalousie, nous allons observer l'observé : qu'avons-nous
observé ?. Peut-être notre femme se trouvait-elle
avec un autre type !. Ou, si c'est une femme : peut-être
a-t-elle vu son mari avec une autre femme, et ressenti alors
de la jalousie !. De toute façon, nous devrons, très
sereinement et dans une profonde méditation, observer
l'observé pour savoir si réellement il y a
eu ou non jalousie.
L'observation
de l'observé se fera au moyen de la méditation
et de l'autoréflexion évidente de l'Etre,
ainsi l'observation deviendra-t-elle consciente. Lorsqu'on
s'est rendu conscient de tel ou tel défaut de type
psychologique, on peut travailler sur lui avec le Feu.
On
devra se concentrer sur Stella-Maris, Tonantzin, Rhéa,
Cybèle, Isis, Marah ou quelque soit son nom. Elle
est une partie dérivée de notre Etre. C'est
le Serpent igné de nos pouvoirs magiques, le Cobra
sacré, un Feu ardent. Elle pourra, avec ses pouvoirs
flammigères, désintégrer le défaut
psychologique, l'agrégat psychique que nous aurons
autoobservé consciemment. Il va de soi qu'à
son tour l'Essence ou le Feu embouteillé dans l'agrégat
psychique que nous aurons désintégré,
sera libéré, resplendira, et qu'au fur et
à mesure que nous désintégrerons les
agrégats, le pourcentage d'Essence, qui est un Feu
christique, se multipliera ; et un jour, le Feu resplendira
à l'intérieur de nous-mêmes, ici et
maintenant.
Il
est nécessaire que le Feu brûle en nous. Seul
Inri parole sacrée mise sur la croix du Martyr du
Calvaire, peut mettre en pièces les agrégats
psychiques. Ceux qui prétendent désintégrer
tous ces agrégats sans tenir aucun compte du Feu,
marchent sur le mauvais chemin, et ils sont non seulement
dans l'erreur, mais en outre ils égarent les autres.
On dit que le Crestos est né dans le village de Bethléem,
il y a mille neuf cent quatre-vingt ans, mais c'est faux
!. Parce que le village de Bethléem n'existait pas
à cette époque. Bethléem ou Belen vient
de la racine chaldéenne Bel, et Bel, c'est le Feu,
la Tour de Feu des Chaldéens.
Dans
notre corps, la Tour, c'est le cou et la tête, car
le reste du corps est le Temple. Celui qui a réussi
à élever le Feu en lui-même, celui qui
est parvenu à le faire monter jusqu'à la tête,
jusqu'au cerveau, jusqu'au sommet, pourra en fait se convertir
en le corps du Crestos, le Feu, en l'Esprit du Feu.
C'est
l'Esprit originel, primitif, qui pourra nous christifier
totalement. C'est le Feu, le Fohat, brûlant au-dedans
de nous-mêmes, qui nous transforme totalement. Une
fois que le Feu brûlera à l'intérieur
de nous, nous serons entièrement changés,
nous serons convertis en créatures tout à
fait différentes, nous serons transformés
en êtres distincts et nous jouirons alors de l'Illumination
complète et des pouvoirs cosmiques. Ainsi donc, mes
chers frères, comprenez que nous devons travailler
avec le Feu.
A
celui qui sait, la parole donne pouvoir, personne ne l'a
prononcée, personne ne la prononcera, si ce n'est
celui uniquement qui a incarné le Christ.
Le
Christ, l'Esprit du Feu, n'est pas un personnage purement
historique, c'est l'Armée de la Parole, c'est une
force qui se trouve au-delà de la personnalité,
de l'Ego et de l'individualisme. C'est une force, comme
l'électricité, comme le magnétisme,
un pouvoir, un grand agent cosmique et universel. Il est
la force électrique, capable d'engendrer de nouvelles
manifestations. Ce Feu cosmique pénètre dans
l'homme qui est dûment préparé, dans
l'homme qui a sa Tour de Belen ardente.
Lorsque
le Christ s'incarne dans un homme, celui-ci se transforme
radicalement. Il est l'Enfant-Dieu qui doit naître
en chaque créature. De même qu'il est né
dans l'Univers, il y a des millions d'années, pour
organiser tout ce système solaire, de même
aussi doit-il naître en chacun de nous. Il naît
dans l'étable de Belen, c'est-à-dire : parmi
les animaux du désir, au milieu des agrégats
psychiques qu'il devra mettre en pièces ; parce que
seul le Feu peut mettre en pièces de tels agrégats.
Ainsi, le Feu apparaît là où sont ces
agrégats, pour les détruire, pour les changer
en poussière cosmique et libérer l'Ame, l'Essence.
Comment pourra-t-il libérer l'Ame s'il ne pénètre
pas profondément dans l'organisme humain ?.
En
Orient, le Christ est Vishnu et, je le répète,
la racine Vish signifie : pénétrer. Le Feu,
le Christ, le Logos, peut pénétrer profondément
dans l'organisme humain, afin de brûler les scories
que nous avons à l'intérieur de nous ; mais
il nous faut pour cela aimer le Feu, rendre un culte à
la Flamme.
L'heure
est venue de comprendre que seul le Fohat peut nous transformer
radicalement. Le Christ œuvre en nous, désintégrant
les racines du mal. Inri pulvérise les agrégats
psychiques, les réduit en cendres. Mais il nous faut
pour cela travailler avec le Feu.
Pour
travailler avec le Feu, nous devons, dans nos efforts de
concentration, invoquer le Serpent igné de nos pouvoirs
magiques ; parce que c'est seulement par le Feu que nous
pouvons pulvériser tous les éléments
psychiques indésirables que nous charrions à
l'intérieur de nous. Le froid lunaire jamais ne pourra
mettre en pièces les agrégats psychiques,
nous avons besoin des pouvoirs flammigères du Logos.
Il nous faut l'Inri pour nous transformer.
Mes
chers frères, comprenez ce qu'est la Semaine Sainte
!.
La
Semaine Sainte a sept jours. Dans les temps anciens, tout
était régi par le calendrier solaire, fondé
sur les sept planètes : Lune, Mercure, Vénus,
Soleil, Mars, Jupiter et Saturne. Nommés d'après
les planètes, les jours se suivaient dans le même
ordre que celles-ci : lundi, mercredi, vendredi, dimanche,
mardi, jeudi et samedi. Malheureusement, ce calendrier fut
modifié au Moyen-Age par des gens fanatiques.
La
Semaine Sainte est profondément significative. Rappelez-vous
les trois et les sept pas de la Maçonnerie. Le Christ
doit, d'abord et avant tout, brûler dans notre corps
humain. Plus tard, la flamme doit se déposer au fond
de l'Ame. Et enfin, au fond de l'Esprit. Ces trois pas à
travers les sept Sphères sont hautement significatifs.
De toute évidence, ces trois pas, basiques, fondamentaux,
se trouvent contenus dans les sept Sphères du Monde
et de l'Univers.
Incontestablement,
la Semaine Sainte a des racines ésotériques
très profondes, car l'Initié doit travailler
sur les forces lunaires et sur les forces de Mercure, avec
les forces de Vénus et du Soleil, de Mars, de Jupiter
et de Saturne. Le Logos se développe dans sept régions
et selon les sept planètes du système solaire.
La
flamme doit apparaître dans le corps physique, elle
doit avancer dans le corps vital, poursuivre son chemin
sur le sentier astral, continuer son voyage à travers
le monde du mental, parvenir à la sphère de
Vénus dans le monde causal, poursuivre sa route par
le monde bouddhique ou intuitionnel, et le septième
jour, elle devra enfin atteindre le monde d'Atman, le monde
de l'Esprit : alors le Maître recevra le baptême
du Feu, qui le transformera radicalement.
Nul
doute que tout le Drame Cosmique, tel qu'il est décrit
dans les quatre Evangiles, devra être vécu
à l'intérieur de nous-mêmes, ici et
maintenant. Ce n'est pas une chose purement historique,
c'est quelque chose qui doit être vécu ici
et maintenant !.
Les
trois traîtres qui crucifient le Christ, qui le mènent
à la mort, sont en dedans de nous-mêmes ; les
Maçons les connaissent, nous, les Gnostiques, nous
les connaissons aussi : Judas, Pilate et Caïphe. Judas,
c'est le démon du désir, qui nous tourmente.
Pilate, c'est le démon du mental, qui a toujours
des excuses. Caïphe, c'est le démon de la mauvaise
volonté, qui prostitue l'autel.
Ce
sont les trois traîtres qui livrent le Christ pour
trente pièces d'argent. Les trente pièces
représentent tous les vices et passions de l'humanité
: on échange le Christ contre des bouteilles de bière
à la taverne, on échange le Christ contre
le bordel ou le lit de Procuste, on échange le Christ
contre de l'argent, contre les richesses, contre la vie
sensuelle, en d'autres mots, on le vend pour trente pièces
d'argent.
Mes
frères, rappelez-vous la foule des personnes qui
demandent la crucifixion du Seigneur ; toute cette multitude
crie : « Crucifiez-le !, Crucifiez-le ! ». Ce
ne sont pas les gens d'il y a mille neuf cent quatre-vingts
ans, non !. Ces gens qui demandent la Crucifixion du Seigneur
sont au-dedans de nous-mêmes, je le répète,
ici et maintenant. Ce sont les agrégats psychiques
inhumains que nous charrions dans notre intérieur,
ce sont tous ces éléments psychiques indésirables
que nous portons en nous, les démons rouges de Seth,
vive personnification de tous nos défauts de type
psychologique. Ce sont eux qui crient : « Qu'on le
crucifie !, Qu'on le crucifie ! ». Et le Seigneur
est livré à la mort. Qui sont ceux qui le
fouettent ?. Ne serait-ce pas par hasard toute cette foule
que nous portons à l'intérieur de nous ?.
Qui sont ceux qui crachent sur lui ?. Ne seraient-ce pas
tous ces agrégats psychiques qui personnifient tous
nos défauts ?. Qui sont ceux qui lui mettent la couronne
d'épines ?. Qui d'autres que ces avortons de l'enfer
que nous avons créés !.
L'histoire
du Christ n'est pas une chose d'hier mais d'aujourd'hui,
c'est du présent !. Cet événement n'est
donc pas simplement une chose du passé, comme le
croient les ignorants instruits. Ce Drame est destiné
à ceux qui comprennent, afin qu'ils travaillent à
leur christification.
Le
Seigneur sera élevé sur le Calvaire, et là,
sur le majestueux sommet du Calvaire, il dira : «
Je suis la lumière du monde ; qui me suit ne marchera
pas dans les ténèbres, mais aura la lumière
de la vie. Je suis le pain de vie, je suis le pain vivant,
celui qui mange ma chair et boit mon sang aura la vie éternelle,
et je le ressusciterai au dernier jour. Qui mange ma chair
et boit mon sang demeure en moi et moi en lui, qui mange
de ce pain vivra à jamais ». Le Seigneur ne
garde rancune contre personne : « Mon Père,
pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font ».
Puis il prononce cette grande parole : « Mon Père,
entre tes mains je remets mon esprit ». Et alors,
au milieu des éclairs et des coups de tonnerre, surviendront
de grands cataclysmes intérieurs. Une fois accompli
ce travail de l'Esprit dans le corps, le Christ, le Crestos,
le Christus, Vishnu, « Celui qui pénètre
», sera déposé dans son sépulcre
mystique.
Et
moi je vous dis, au nom de la Vérité et de
la Justice, que le troisième jour après tout
ceci, le Christ se lèvera, il ressuscitera dans l'Initié
pour le transformer en une créature parfaite. Celui
en qui s'opère la résurrection se convertira
par le fait même en un Dieu, terriblement divin, au-delà
du bien et du mal.
Ainsi
donc, le Christ, notre Seigneur, l'Esprit du Feu, descend
: il veut entrer en chacun de nous pour nous transformer,
pour nous sauver, pour mettre en pièces ces agrégats
psychiques que nous portons à l'intérieur
de nous, pour faire de nous quelque chose de différent,
pour nous transformer en Dieux.
Nous
devons apprendre à voir le Christ, non d'un point
de vue simplement historique, mais comme le Feu, comme une
réalité présente, comme Inri.
Il
avait, dit-on, douze apôtres ; ces douze apôtres
se trouvent au-dedans de nous-mêmes, ici et maintenant.
Ce sont les douze parties fondamentales de notre propre
Etre intérieur profond.
Il
y a un Pierre, qui est en rapport avec les Mystères
de la Sexualité. Il y a un Jean, qui représente
le Verbe, la Grande Parole, Herupakroat !. Il y a aussi
un Thomas, qui nous enseigne à manier le mental.
Il y a un Paul, qui nous montre le chemin de la Sagesse,
de la Philosophie, de la Gnosis.
A
l'intérieur de nous-mêmes se trouve aussi Judas
; non pas ce Judas qui livre le Christ pour trente pièces
d'argent, non, mais un Judas différent, un Judas
qui comprend à fond la question de l'Ego !. Un Judas
dont l'Evangile nous conduit à la dissolution du
moi-même, du soi-même.
Il
y a également un Philippe, qui est capable de nous
enseigner à voyager en dehors du corps physique,
à travers l'espace. Il y a un André, qui nous
indique avec une « précision méridienne
» ce que sont les trois facteurs de la Révolution
de la Conscience : Naître, c'est-à-dire, comment
sont fabriqués les corps existentiels supérieurs
de l'Etre ; Mourir, c'est-à-dire, comment on désintègre
les facteurs particuliers qui sont en relation avec nous,
avec chacun de nous, de façon spécifique ;
se sacrifier pour l'humanité. La croix de Saint-André,
qui désigne l'union du Soufre et du Mercure si indispensable
pour la création des corps existentiels supérieurs
de l'Etre, au moyen de l'accomplissement du devoir «
Parlock », est profondément significative.
Matthieu,
scientifique comme personne ne l'est, existe en nous ; il
nous enseigne la Science pure, inconnue des hommes de science
qui ne connaissent que ce charnier des théories universitaires
qui un jour sont à la mode et le lendemain passent
à l'histoire. La Science pure est complètement
différente !. Seul Matthieu peut nous en instruire.
Luc,
avec son Evangile solaire, est un prophète, il nous
indique ce que sera la vie à l'Age d'Or.
Chacun
des douze apôtres est à l'intérieur
de nous-mêmes, car notre Etre a douze parties fondamentales
qui sont ces douze apôtres, ici et maintenant. Ainsi,
ceux qui veulent parvenir à être mages, dans
le sens transcendantal du mot, doivent apprendre à
se mettre en relation avec eux-mêmes, avec chacune
des douze parties de leur Etre ; et ceci n'est possible
qu'en brûlant à l'aide de l'Inri les agrégats
psychologiques que nous charrions à l'intérieur
de nous. Tant que l'Ego existera en nous, la juste relation
avec toutes et chacune des parties de notre Etre s'avérera
impossible.
Mais
si nous incinérons l'Ego, nous pourrons alors établir
une relation correcte avec nous-mêmes et avec chacun
des douze, qui existent à l'intérieur de nous.
Que
l'on s'enlève de la tête l'idée que
ces douze apôtres appartiennent à l'histoire
!. Cherchez-les au-dedans de vous-mêmes, c'est là
qu'ils sont !. Tout est à l'intérieur de nous-mêmes,
ici et maintenant.
L'heure
est venue d'un christianisme plus ésotérique,
plus pur, plus réel. L'heure est venue de sortir
de la question strictement historique et de passer à
la réalité des faits.
La
croix même du Calvaire est profondément significative.
Nous savons très bien que le Phallus vertical à
l'intérieur du Ctéis formel, cela fait une
croix. En d'autres mots, nous dirons, pour insister davantage
: « Le Lingam-Yoni correctement connecté forme
une croix ».
C'est
avec cette croix qu'il nous faudra avancer sur le sentier
qui devra nous conduire jusqu'au Golgotha du Père,
je vous invite tous à entrer sur le chemin de la
christification.
N'oubliez
pas que chaque fois que le Seigneur de Compassion vient
au monde, il est haï par trois catégories d'hommes
: d'abord par les anciens, les gens pleins d'expérience
qui disent : « Cet homme est fou, regardez ce qu'il
apporte, n'écoutez pas ce qu'il dit, ce n'est pas
en accord avec ce que nous disons, ce n'est pas conforme
à ce que nous pensons ; nous avons de l'expérience,
nous savons que cet homme est nuisible et qu'il peut vous
faire beaucoup de mal ! ». Il est aussi rejeté
par la deuxième catégorie, par les scribes,
c'est-à-dire, par les intellectuels de l'époque
; chaque fois que le Seigneur de gloire est venu au monde,
les intellectuels se sont dressés contre lui, ils
le détestent mortellement parce qu'il ne s'enchâsse
pas dans leurs théories et qu'il représente
un danger pour leur système, pour leurs sophismes.
Il est enfin rejeté par les prêtres, qui voient
en lui un danger pour leur secte respective.
Ainsi
donc, au nom de la Vérité je vous dis que
le Christ est terriblement révolutionnaire, rebelle
!. Il est le Feu qui vient consumer toute la pourriture
que nous charrions au-dedans de nous. Il est le Feu qui
vient réduire en cendres nos préjugés,
nos idées préconçues, nos valeurs,
nos calculs, nos abominations, voire même nos expériences
de type personnel.
Vous
croyez peut-être que le Christ pourrait être
accepté par ces milliards d'êtres humains qui
peuplent le monde ?. Vous vous trompez !. Chaque fois qu'il
vient dans le monde, les foules s'élèvent
contre lui, c'est la réalité crue des faits
!.
Nous
sommes en train de parler de la Semaine Sainte. J'affirme,
au nom de la Vérité et de la Justice, que
seul le Fohat qui brûle ardemment à l'intérieur
de nous pourra nous sauver.
Aucune
théorie, aucun système ne pourra nous conduire
à la libération ; ceux qui prétendent
mettre l'Ego en pièces à l'aide de simples
théories, au moyen du froid intellect, sont des êtres
purement réactionnaires, conservateurs, retardataires,
qui marchent sur le chemin de la grande erreur !.
Cette
Babylone que nous portons au-dedans de nous, cette ville
psychologique que nous charrions dans notre monde intérieur,
où vivent les démons de la colère,
de la convoitise, de la luxure, de l'envie, de l'orgueil,
de la paresse, de la gourmandise, etc., doit être
détruite par le Feu.
Il
nous faut maintenant élever à l'intérieur
de nous la Jérusalem Céleste. Rappelez-vous
que les assises de la Jérusalem Céleste sont
au nombre de douze, et que sur chacune d'elles est écrit
le nom d'un apôtre. Les noms des douze apôtres
se trouvent donc sur les douze assises. Cette Jérusalem,
nous devons l'édifier au-dedans de nous-mêmes.
Mais ce ne sera possible que le jour où nous aurons
détruit par le Feu Babylone la Grande, la mère
de toutes les fornications et abominations de la terre,
la ville psychologique que nous portons en nous. Quand nous
y serons arrivés, alors nous pourrons ériger
la Jérusalem Céleste, ici et maintenant, à
l'intérieur de nous-mêmes.
Je
le répète, les fondations de cette Jérusalem
Céleste, ce sont les douze apôtres. Je ne fais
nullement allusion à ceux qui ont vécu il
y a mille neuf cent quatre-vingts ans, car ceux-là
sont purement symboliques. Non !, je parle des douze apôtres
qui vivent à l'intérieur de nous ; les douze
parties de l'Etre sont autoconscientes et indépendantes,
elles sont le fondement de la Jérusalem Céleste
que nous devons ériger à l'intérieur
de nous.
La
Ville de Jérusalem a douze portes, et à chacune
des douze portes est posté un Ange qui représente
chacun des douze apôtres au-dedans de nous. Et les
douze portes sont les douze perles précieuses, sont
les douze portes de la liberté, les douze portes
de la Lumière et de la Splendeur, les douze pouvoirs
cosmiques. Et la Cité est toute d'or pur, ses rues,
ses avenues et ses places. C'est l'Or de l'Esprit, que nous
devons fabriquer dans la Forge des Cyclopes.
La
Ville n'a pas besoin de luminaire extérieur, elle
peut se passer de l'éclat du soleil ou de la lune
; parce que le Seigneur est l'astre qui l'illumine, il est
le Feu, et il brillera à l'intérieur de nous.
Le
mur de la grande Cité mesure cent quarante-quatre
coudées. Si nous additionnons ces chiffres entre
eux, nous obtenons : 1+4+4 = 9. Neuf, c'est la Neuvième
Sphère, la sexualité, car c'est seulement
au moyen de la transmutation de l'énergie créatrice
que nous pourrons allumer le Feu en nous.
La
dimension de la Cité est de douze mille stades, et
ceci nous rappelle les douze travaux d'Hercule, nécessaires
pour arriver à la complète réalisation
intime de l'Etre. Cela nous rappelle aussi les douze Eons,
de même que les douze apôtres.
Et
au centre de la Ville se trouve l'Arbre de la Vie, avec
les dix Séphiroths de la Kabbale hébraïque
: Kether, Chokmah et Binah forment la couronne Séphirotique
; Geburah, Chesed, Tiphereth, Netzah, Hod, Jesod et Malkuth
constituent les sept régions de l'Univers. L'Arbre
de la Vie allégorise les douze grandes régions
cosmiques. Heureux celui qui parvient au treizième
Eon, là où toujours l'attend Pistis Sophia.
Dans la Jérusalem Céleste se trouvent aussi
les vingt-quatre Anciens qui, prosternés devant l'Agneau,
déposent leur couronne à ses pieds ; cet Agneau
immolé est le Feu qui brûle dans cet Univers,
depuis l'aurore de la Création, depuis le commencement
de cet Univers. Les vingt-quatre Anciens sont aussi les
vingt-quatre parties dérivées de notre propre
Etre, et l'Agneau lui-même est l'Etre de notre Etre.
Heureux
celui qui peut se nourrir des fruits de l'Arbre de la Vie,
parce que celui-là sera immortel !. Heureux celui
qui peut se nourrir de chacun de ces fruits, celui qui peut,
en vérité, s'abreuver de ce courant de vie
qui provient du treizième Eon et qui descend jusqu'au
corps humain, car jamais il ne connaîtra la maladie,
et il deviendra immortel.
Mais,
pour pouvoir se nourrir de l'Arbre de la Vie, il est nécessaire,
avant toutes choses, d'avoir éliminé les agrégats
psychiques. Rappelez-vous que ces agrégats psychiques,
vive personnification de nos erreurs, altèrent notre
corps vital, et une fois celui-ci altéré,
les dommages se répercutent dans notre corps physique
: c'est ainsi que surgissent en nous les maladies.
Qu'est-ce
qui produit les ulcères ?. Ne serait-ce pas la colère
?.
Qu'est-ce
qui produit le cancer ?. Ne serait-ce pas par hasard la
luxure ?.
Qu'est-ce
qui amène la paralysie ?. Ne serait-ce pas la vie
matérialiste, grossière, égoïste
et fatale ?.
Les
maladies sont produites par les agrégats psychiques,
les démons rouges de Seth, vivante personnification
de nos défauts. Lorsque tous les démons rouges
de Seth auront été annihilés par le
Feu, lorsque notre personnalité elle-même aura
été consumée, nous pourrons alors nous
nourrir de l'Arbre de la Vie. Descendant de l'Absolu à
travers les treize Eons, la Vie pénétrera
dans notre corps et nous rendra immortels, nous recouvrerons
la santé et jamais plus nous n'aurons de maladies.
Les
scientifiques ne savent pas guérir ; toute leur science
ne sert à rien, car même s'ils réussissent
à guérir une maladie, le patient finit par
retomber malade. Il est clair que l'Ego instille le poison
de sa morbidité et de sa pourriture dans les organes
qu'ainsi il détruit ; c'est là l'origine de
toutes les maladies. Les gens veulent une panacée
pour se guérir de leurs maux, mais tant qu'en eux
l'Ego sera vivant, ils seront malades.
L'heure
est venue de comprendre qu'il nous faut brûler la
Babylone à l'intérieur de nous-mêmes
et construire la Jérusalem.
Vue
de loin, la Jérusalem Céleste ressemble à
une pierre de jaspe transparent comme le cristal, c'est
la Pierre Philosophale. Heureux celui qui obtient la Pierre
Philosophale, car il se transformera radicalement et aura
pouvoir sur le feu, sur l'air, sur les eaux et sur la terre
!.
Il
nous faut un christianisme pur, ésotérique,
un christianisme vivant, non un christianisme mort ; un
christianisme gnostique, qui puisse nous transformer radicalement.
L'Association
Gnostique Internationale, l'Eglise Gnostique, nos études
gnostiques anthropologiques montreront à l'humanité
le sentier de la Libération.
Mais
tant que l'Ego sera en nous vivant, fort, robuste, nous
marcherons sur le chemin de l'erreur.
Il
nous faut apprendre à aimer le Feu et à travailler
réellement avec les Mystères du Feu.
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