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8. L'Imagination comme Pouvoir, la Fantaisie comme
Maladie (Imagination et Fantaisie)
Samaël Aun Weor
Conférence intitulée "LA IMAGINACIÓN
COMO PODER, LA FANTASÍA COMO ENFERMEDAD (Imaginación
y Fantasía)"
[...]
Ce soir. Mais, en tout cas, j'aimerais d'abord préparer
l'ambiance. Je demande, donc, aux frères de prêter
attention...
Nous
parlerons, ce soir, de l'Imagination et de la Fantaisie,
de la Mémoire Positive et de la Mémoire Mécanique,
etc.
Il
est évident qu'il convient de faire une pleine différenciation
entre ce qu'est l'Imagination Dirigée volontairement
et ce qu'est l'Imagination Mécanique.
Indiscutablement,
l'Imagination Dirigée est l'IMAGINATION CONSCIENTE
(pour le Sage, imaginer c'est voir). L'Imagination Consciente
est le « TRANSLUCIDE » ; en elle se reflètent
le firmament, les Mystères de la Vie et de la Mort,
l'Être, le Réel...
L'IMAGINATION
MÉCANIQUE est différente : elle est formée
par les déchets de la mémoire (c'est la FANTAISIE)
et il convient de faire sur elle de profondes recherches.
Il
est évident que les gens (avec leur Fantaisie ou
Imagination Mécanique) ne se voient pas eux-mêmes
tels qu'ils sont, mais selon leur forme de Fantaisie.
Il
existe différentes formes de Fantaisie : incontestablement,
l'une d'elles consiste précisément dans le
fait de NE PAS SE VOIR soi-même TEL QUE L'ON EST.
Peu de gens ont le courage de se voir eux-mêmes dans
leur crue réalité.
Je
suis absolument sûr que ceux qui sont ici présents,
ne se sont jamais vus eux-mêmes tels qu'ils sont.
Leur Imagination Mécanique leur fait prendre des
vessies pour des lanternes ; avec leur Imagination Mécanique
ou Fantaisie, ils se voient d'une façon qui ne coïncide
pas à la réalité.
Si
je disais vraiment à chacun de vous (ici présents)
comment il est, avec certitude, quelle est sa caractéristique
psychologique spécifique, je suis absolument sûr
que vous vous sentiriez blessés. Il est clair que
vous avez une conception erronée de vous-mêmes,
vous ne vous êtes jamais vus vous-mêmes. Votre
forme de Fantaisie vous fait voir comme vous n'êtes
pas.
En
parlant de façon allégorique et sympathique,
je vais essayer uniquement de faire une exploration psychologique,
« grosso modo », sans citer de noms ni de prénoms,
en utilisant des noms symboliques. Ainsi, que chacun de
vous, ici présent, comprenne et écoute...
Que
dire, par exemple, de CICÉRON ? Quel grand orateur
! Lapidaire dans ses « Catilinaires », intelligent
(qui le nierait ?), grandiloquent comme personne, terriblement
lapidaire. Mais sommes-nous sûrs que tout en lui est
bienveillance ?
Réfléchissons...
si nous lui disions la gravité de ses fautes, il
se sentirait blessé ; si nous le lui faisions remarquer,
il protesterait violemment. Il n'a jamais assassiné
« POPPÉE » (cette tâche, nous la
laissons à Néron) ; mais, par contre, avec
son petit couteau en bois, il a fait saigner le coeur de
sa « Poppée » ; mais lui, en aucune manière,
ne se sentirait réellement concerné.
Il
s'est toujours senti magnanime, généreux et
voilà sa caractéristique fantastique : se
voir de manière erronée à travers le
prisme d'une bienveillance extraordinaire, c'est évident...
Et
que dire, par exemple, de celui qui, aspirant à la
Lumière de l'Esprit, échoue à la base
? Ne dit-on pas qu'ICARE s'éleva jusqu'aux cieux,
avec des ailes en cire qui ont fondu et qu'il fut, dès
lors, précipité à l'abîme ? Cependant,
il ne pense pas ainsi (de lui-même) ; il s'imagine
être fidèle dans les rangs ; il est sûr
de marcher sur le Droit Chemin, d'être noble comme
personne...
En
continuant ainsi, sur ce chemin, que restera-t-il donc à
Icare, après s'être précipité
à l'Averne ? Ne dit-on pas que GANYMÈDE monta
jusqu'à l'Olympe pour y boire du vin ? Mais Ganymède
aussi peut être jeté au fond du précipice...
Le
disciple qu'on appellera maintenant « JUSTINIEN »
symboliquement, combien de fois ne s'est-il pas justifié
lui-même ? Il est convaincu d'aller très bien.
Peut-être, ces derniers temps, s'est-il quelque peu
amélioré, mais n'a-t-il pas protesté
à certains moments ? N'a-t-il pas, par hasard, protesté
devant l'Autel du Sacrifice ? Mais lui se sent infaillible,
il est sûr de n'avoir jamais protesté. Il dira
qu'il a toujours tout fait en faveur de la Grande Cause,
sans jamais faillir...
Au
nom de la vérité (et même si cela vous
paraît ici un peu difficile), rares sont ceux qui
se sont regardés eux-mêmes tels qu'ils sont...
ARISTOTE,
maintes et maintes fois, avec sa Philosophie, est convaincu
que sa sagesse est formidable. Cruel ? Il n'a jamais senti
qu'il l'était. Comme conjoint ? Magnifique comme
personne, il a fait souffrir mais il reste convaincu qu'il
n'a jamais mal agi ; il est sûr d'être magnifique,
bienveillant, doux, etc.
Au
nom de la vérité, je pourrais vous dire ceci
: qu'il n'y a qu'une seule personne qui s'est vue (elle-même)
telle qu'elle est ; rien qu'une parmi toutes celles qui
sont ici présentes. Une ; toutes les autres ont sur
elles-mêmes une image fantastique ; à cause
de leur forme d'Imagination Mécanique, elles se voient
non pas comme elles sont en réalité, mais
comme elles sont en apparence.
Par
conséquent, mes chers frères, je vous invite
à la réflexion. Demandez-vous si VOUS VOUS
ÊTES VRAIMENT VUS une fois TELS QUE VOUS ÊTES.
Les
historiens, par exemple, qu'ont-ils écrits ? Des
FANTAISIES et rien de plus ! Que disent-ils de NÉRON
? « Que c'était un homosexuel et qu'il en vint
à se marier avec un autre homosexuel ». D'où
les historiens ont-ils sorti cela ? En sont-ils certains,
par hasard ?
Au
nom de la vérité, je dois vous dire que j'étais
réincarné à l'époque de Néron
et qu'il n'avait rien d'un homosexuel. Je l'ai souvent vu
sortir par les portes de la vieille Rome, assis sur sa litière,
sur les épaules de ses esclaves (un homme au front
ample et au corps robuste, herculéen).
Les
historiens n'affirment pas cela ; ils insistent sur l'idée
d'un « bossu » horrible, abominable. Au lieu
de le voir entouré, comme beaucoup le croient, de
gens homosexuels, au contraire, je l'ai toujours connu entouré
de ses femmes. J'ai vécu à l'époque
de Néron et je donne témoignage de cela. Les
historiens ont faussé la réalité par
rapport à cet homme.
N'accusent-ils
pas, par hasard, MARIE-ANTOINETTE de « prostitution
», d'« adultère » et de je ne sais
quoi d'autre ? Personne n'ignore qu'on lui fit un grand
scandale au sujet du collier de la Reine, bijou qu'elle
avait alors offert pour aider les autres. Mais de là
à ce qu'elle ait été infidèle
à Louis XVI, il y a une grande distance.
Nous
l'avons soumise à des épreuves dans les Mondes
Supérieurs et elle s'est avérée terriblement
chaste, avec le droit d'utiliser la « TUNIQUE BLANCHE
».
Je
l'ai vue traverser Paris en direction de l'échafaud
: héroïque, avec le front bien haut. Elle ne
devait rien, elle n'avait rien à craindre. Elle a
donné sa vie pour la France : on n'a jamais su l'apprécier
à sa juste valeur.
On
a écrit beaucoup de choses dans l'Histoire, mais
elle est déformée ; ça ne vaut pas
la peine d'étudier l'Histoire. C'est à peine
si les dates sont la seule chose utile qui s'y trouve, et
encore pas toujours, parce qu'il serait absurde d'accepter
la date de l'an 1325 environ comme le début de la
fondation de l'Empire d'Anahuac, pour qu'en l'an 1500 et
quelques, un tel Empire ait disparu sous la botte d'HERNAN
CORTES et de ses partisans !
Croyez-vous
qu'en deux siècles se serait élevée
une puissante civilisation comme celle de la GRANDE TENOCHTITLAN,
alors que pour élever une seule pyramide, il a fallu
des générations entières ? Croyez-vous
qu'une puissante civilisation comme celle-là s'élève
en deux siècles ?
Les
historiens adultèrent aussi les dates ; ils les falsifient.
C'est pourquoi, en matière d'histoire, il faut faire
très attention.
Il
faut distinguer la MÉMOIRE MÉCANIQUE de la
MÉMOIRE DU TRAVAIL ÉSOTÉRIQUE GNOSTIQUE.
La Mémoire Mécanique nous mène à
des conclusions erronées. Êtes-vous sûrs
de vous rappeler réellement votre vie telle qu'elle
a été ? (Je ne vous questionne pas sur vos
vies passées, mais sur la présente). Impossible
! Il y a des choses qui apparaissent déformées
dans la Mémoire Mécanique.
Si,
étant petit, bien qu'étant né dans
une classe moyenne, on a vécu pour le moins dans
une maison propre, soignée, ayant joui de pain, vêtements
et refuge et qu'on a vu quelques pièces de monnaie,
il peut se produire qu'avec le temps et les années,
on ait gardé dans sa Mémoire Mécanique
quelque chose de déformé.
Parce
que pour un enfant, quelques billets semblent être
des millions ; de petites barrières autour du jardin
ou de la garde-robe peuvent nous paraître colossales,
étant donné que notre corps est petit.
Par
conséquent, il ne serait pas étonnant qu'une
fois grands, nous disions : « Quand j'étais
petit, je vivais à tel endroit. Ma maison était
magnifiquement aménagée, avec de grands murs,
des tuiles bien rangées. Que de lits, quelle merveilleuse
table, que d'argent ! ». (C'est un souvenir mécanique,
infantile et absurde). Par conséquent, la seule MÉMOIRE
RÉELLE EST CELLE DU TRAVAIL.
Si,
au moyen de l'EXERCICE RÉTROSPECTIF, nous nous proposions
de nous rappeler notre enfance, nous verrions que cette
maison (d'enfants de classe moyenne) n'était pas
le palais que nous pensions auparavant, mais une humble
demeure d'un père travailleur et sincère ;
que les « sommes fabuleuses » qui nous entouraient
étaient à peine un peu d'argent pour payer
le loyer de la maison et acheter au jour le jour le nécessaire.
La
Mémoire Mécanique est plus ou moins fausse
et si nous regardons le cas des fameux « tests »
psychologiques... Si un groupe d'entre-vous fait une excursion
à Yucatan et qu'il voit exactement les mêmes
monuments et les mêmes pierres, de retour ici chacun
de vous donnera une version différente.
Qu'est-ce
que cela prouve ? Que la MÉMOIRE MÉCANIQUE
EST INFIDÈLE ; elle ne sert pas.
Il
vous arrive souvent la même chose. Vous avez raconté
une histoire, vous l'avez dite à tel ou tel ami ;
celui-ci, à son tour, l'a racontée à
un autre, mais en la racontant il y a ajouté quelque
chose de plus ou il en a enlevé un peu ; ce n'est
alors plus la même histoire ; elle est déformée...
Et
cet autre, à son tour, la raconte à un autre,
alors l'histoire continue à être déformée
davantage et, à la longue, vous-même ne reconnaissez
plus l'histoire. Elle est si déformée qu'elle
ne ressemble en rien à ce que vous aviez raconté.
Telle
est la Mémoire Mécanique : elle ne sert pas,
parce que dans la Mémoire Mécanique existe
la FANTAISIE (Mémoire Mécanique et Fantaisie
sont très associées).
Comment,
donc, contrôler la Fantaisie ? Il n'y a qu'un seul
moyen de la contrôler : par la Mémoire du Travail.
Si la Mémoire Mécanique, par exemple, nous
fait voir notre vie comme elle ne fut pas et comme elle
n'a pas été, au moyen du travail nous allons
décortiquer notre propre vie et la découvrir
telle qu'elle est.
Alors,
que veut dire ceci ? Que la mémoire que nous gardons
une fois le travail réalisé, nous permet de
contrôler la Fantaisie, de l'éliminer, de l'éliminer
radicalement.
Il
est donc nécessaire d'éliminer cette Imagination
Mécanique, parce qu'en aucune façon elle ne
nous permet de progresser au niveau ésotérique.
Voyez
la dame qui s'arrange devant le miroir, qui peint ses grands
cernes, qui affine ses sourcils, qui met d'énormes
faux-cils, qui teint ses lèvres en rouge, etc. Regardez-la
habillée à la dernière mode : comme
elle se regarde devant son miroir, amoureuse d'elle-même
! Elle est convaincue qu'elle est très belle...
Si
nous lui disions qu'elle est épouvantablement laide,
elle se sentirait (mortellement) blessée dans sa
vanité. Elle a une Fantaisie terrible ; sa forme
de Fantaisie fait qu'elle se voit comme elle n'est pas,
qu'elle se voit comme une beauté extraordinaire...
Alors,
chacun a de lui-même une conception erronée,
totalement erronée (c'est terrible !).
On
peut se sentir génial, capable de dominer le monde
avec d'éclatantes facultés intellectuelles
(être convaincu de cela), mais si on se voyait dans
sa crue réalité, on découvrirait que
ce que l'on possède dans sa Personnalité ne
nous est pas propre, mais étranger ; que les idées
que l'on a ne nous sont pas propres, mais qu'on les a lues
dans tel ou tel livre, qu'on est rempli de terribles tares
morales. Cependant, il y en a peu qui ont le courage de
se dénuder face à eux-mêmes, pour se
voir tels qu'ils sont.
Chacun
a projeté une forme de sa Fantaisie sur lui-même
et, de cette manière, il ne s'est jamais vu lui-même
tel qu'il est en réalité et c'est terrible,
épouvantable...
Pour
continuer ici, avec ces analyses, en pensant à voix
haute pour les partager avec vous, nous dirons que tant
que l'on ne DISSOUDRA PAS ces formes de LA FANTAISIE, on
demeurera très loin de l'Être. Mais à
mesure que l'on éliminera de plus en plus toutes
les formes de la Fantaisie, l'ÊTRE SE MANIFESTERA
de plus en plus en nous-mêmes.
Quand
on pénètre profondément dans ce qu'est
la vie, on découvre que, franchement, on n'a pas
vu le monde tel qu'il est véritablement. On l'a vu
à travers les formes de sa Fantaisie et rien de plus.
L'Imagination
Mécanique... Comme c'est grave ! Ces rêves
de la Fantaisie... Car, quelquefois, celui qui fait ces
rêves reste silencieux ; d'autres fois, il en parle
et, d'autres fois, il veut les mettre en pratique.
Il
est évident que, dans le troisième cas, la
question est grave, car lorsqu'un rêveur veut arriver
à convertir ses rêves en réalité,
il commet des folies épouvantables parce qu'en fait
ses rêves ne coïncident pas avec la mécanique
de la vie et alors il se retrouve à faire des folies...
Un
rêveur silencieux dépense beaucoup d'Énergie
Vitale, mais il n'est pas tellement dangereux ; celui qui
parle de ses rêves est un fantaisiste ; il peut contaminer
d'autres psychés, d'autres personnes ; mais le troisième,
celui qui veut convertir ses rêves en faits pratiques
de la vie, celui-là, par contre, est bien «
à lier » mentalement ; il est fou, c'est évident.
En
continuant, donc, avec ces analyses, nous voyons clairement
que l'Imagination Mécanique ou Fantaisie nous maintient
donc très loin de la réalité, de l'Être,
et c'est vraiment lamentable.
Les
gens déambulent dans les rues en rêvant, ils
sont dans leurs Fantaisies, ils travaillent en rêvant
de leurs Fantaisies, ils se marient en rêvant, vivent
une vie en rêvant et meurent en rêvant dans
le monde de l'Irréel, de la Fantaisie. Ils ne se
sont jamais vus eux-mêmes, jamais ; ils ont toujours
vu une forme de leur Fantaisie.
Enlever
cette forme de Fantaisie à quelqu'un s'avère
cruel, épouvantablement cruel, terriblement cruel.
Il
y a diverses formes de Fantaisies (naturellement). Ainsi,
donc, chacun de ceux qui sont ici présents a ce que
l'on pourrait appeler un « MOI FANTAISIE »,
une « PERSONNE FANTAISIE » qui ne coïncide
pas avec la réalité.
Votre
« Personne Fantaisie » a existé depuis
le début ; elle existe maintenant et elle existera
demain et vous êtes convaincus que cette « Personne
de votre Fantaisie » est la réalité,
mais en fait elle ne l'est pas (voilà ce qui est
grave).
Je
répète : comment contrôler la Fantaisie
? Il n'y a qu'une seule façon de la contrôler
: avec la Mémoire-Travail.
Si
nous sommes sincères avec nous-mêmes, nous
devons travailler pour éliminer les éléments
indésirables que nous avons en nous et, à
mesure que nous allons les éliminer, nous allons
découvrir un ordre dans le travail. Mais qui vient
établir cet ORDRE DANS LE TRAVAIL ÉSOTÉRIQUE
? L'Être. Il établit cet ordre et cette Mémoire-Travail
nous permet d'éliminer de nous la Fantaisie.
Mais
il faut un grand courage pour pouvoir rompre, disons, le
Moi Fantaisie que l'on possède, sa Personne Fantaisie.
Vous
êtes ici en train de m'écouter et je suis ici
en train de vous parler et je suis sûr que, par exemple,
notre frère Arce est convaincu de ce qu'il est et
il dit : « Je suis Arce, je suis un homme d'affaires.
Ma manière d'être est ça, ça
et ça... ». Qui pourrait dire à Arce
qu'il n'est pas Arce ? Qui pourrait lui dire qu'il n'est
pas un homme d'affaires ? Qui oserait le lui dire ? Et le
croirait-il, par hasard ? Pourrait-il, par hasard, accepter
de quelqu'un l'idée qu'il n'est pas un homme d'affaires,
qu'il n'est pas Arce, qu'il n'est pas ce qu'il croit être
?
Je
suis sûr que même Arce n'accepterait pas de
vous...
-
Toi, que dirais-tu ?
-
Vénérable Maître, avec votre enseignement,
il n'y a pas lieu de douter...
Mais
qu'en serait-il si l'une des personnes ici présentes
rompait ce « MOI FANTASTIQUE » que tu crois
être, que tu es sûr d'être ? Qu'elle le
détruise et te dise : « tu n'es pas cela ».
Il se peut qu'à moi tu me dises : « Bien, Maître,
je suis d'accord avec ce que vous dites ». Mais qui
sait si, en dehors, face à un autre interlocuteur,
tu ne penserais pas différemment. Ce qui est sûr
c'est que tu répondrais à un tel ou à
une telle : « Bon, ça c'est ton concept à
toi. Je suis Arce et je suis comme je suis ». C'est
évident, n'est-ce pas ? Tu t'es toujours connu comme
ça, n'est-ce pas ?
-
Oui, Maître...
Bien,
mais je te dis que celui que tu as toujours connu, celui
que tu crois être n'existe pas ; c'est ta Fantaisie
à toi. Ce travail nous coûte ; accepter ce
que je suis en train de te dire est épouvantablement
difficile.
Mais,
plus tard, quand tu t'exploreras toi-même au niveau
psychologique, tu te rendras compte que tu avais de toi-même
une conception erronée.
Et
il en est donc ainsi avec chacun de ceux qui sont ici présents
: ils ne se sont jamais vus eux-mêmes, ils ont toujours
vu une forme de Fantaisie en eux-mêmes. C'est-à-dire
que chacun de ceux qui sont ici présents a un «
Moi Fantaisie », une « Personne Fantaisie »
qui n'est pas la réalité.
Cependant,
il y a des moments terribles (je vous le dis), très
rares, trop rares, où on arrive à voir, un
instant, son propre ridicule. C'est une question de secondes,
de moments, dans lesquels on arrive à percevoir son
« Moi Fantaisie », sa « Personne-Fantaisie
».
Quand
cela se produit, on ressent une douleur morale très
profonde, mais ensuite viennent les « petits jeux
» du mental, la manière de redresser les torts
et, pour finir, on s'auto-console de cinquante mille manières
et on oublie la question et la vie continue, comme toujours...
Ces
réveils sont rares, très rares, mais nous
les avons tous eus un jour, tous...
Cela
vaut donc la peine que nous soyons sincères avec
nous-mêmes ; essayons simplement de nous AUTO-CONNAÎTRE
si nous voulons vraiment rendre manifeste l'Être que
nous portons à l'intérieur de nous.
Si
nous aspirons vraiment à ce qu'un jour la RÉALITÉ
demeure en nous et rien d'autre que la Réalité,
sans aucun atome de Fantaisie, nous avons besoin d'être
sincères et d'avoir le courage de nous déchirer,
de rompre ce Moi Fantaisie, cette Personne-Fantaisie qui
n'existe pas, dont les autres savent qu'elle n'existe pas,
mais dont nous, nous croyons pourtant qu'elle existe.
C'est
clair : on a besoin d'utiliser le BISTOURI DE L'AUTO-CRITIQUE
; dans le cas contraire, l'auto-critique profonde, non superficielle,
serait impossible.
Si
nous procédons ainsi, nous parviendrons à
rompre le « Moi Fantaisie » ; nous parviendrons
à le détruire, à le réduire
en cendres, en poussière cosmique. Dans quel but
? Pour découvrir l'Être.
Le
Moi Fantaisie éclipse l'Être ; il nous maintient
tellement fascinés par nous-mêmes, par ce qui
n'existe pas, par ce qui n'est pas Réel, qu'il ne
nous laisse pas découvrir l'Être (l'Être
qu'il y a en nous-mêmes, dans nos profondeurs)...
N'oubliez
pas, mes chers frères, que le « ROYAUME DES
CIEUX » est à l'intérieur de nous-mêmes
et qu'il a différents niveaux. Le « ROYAUME
DE LA TERRE » aussi est ici, en nous, et le niveau
le plus élevé de « l'Homme de la Terre
» n'atteint même pas le plus petit, n'arrive
même pas à la cheville du plus petit de ceux
qui vivent dans le « Royaume des Cieux ».
Mais
comment pouvoir sortir des différents niveaux de
la Terre pour entrer ne serait-ce qu'au niveau inférieur
du « Royaume des Cieux » (sur le premier échelon
du « Royaume des Cieux » qui est en nous et
non en dehors de nous), pour faire ce pas du « Royaume
de la Terre » au « Royaume des Cieux »
?
Le
Royaume de la Terre a différents niveaux : les plus
grotesques, les plus élevés, les beaucoup
plus élevés, les plus raffinés ; mais
le plus raffiné des niveaux de la Terre n'est pas
le « Royaume des Cieux ».
Pour
passer de l'échelon le plus élevé du
« Royaume de la Terre » ou des « Royaumes
de la Terre » à l'échelon le plus bas
du « Royaume des Cieux », il faut un changement,
une transformation, il faut RENAÎTRE de l'EAU et de
l'ESPRIT, il faut se dédoubler en la PERSONNALITÉ
TERRESTRE et en l'HOMME PSYCHOLOGIQUE, l'Homme Intérieur.
Mais
comment pourrait se produire ce dédoublement, cette
division en deux : un homme inférieur, terrestre,
situé au niveau commun et ordinaire, et un autre,
à une octave supérieure, à l'intérieur
de nous-mêmes ? Comment pourrait vraiment se produire
en nous la séparation de ces deux types d'homme,
l'inférieur et le supérieur ? De quelle manière
? Croyez-vous que cela serait possible si nous continuions
à être fascinés par cette Personnalité
Fantastique que nous croyons être la vraie et qui
ne l'est pas ?
Tant
que l'on sera convaincu que la façon dont on se voit
est la vraie, le DÉDOUBLEMENT PSYCHOLOGIQUE sera
impossible ; il sera impossible que l'Homme Intérieur
se sépare de l'Extérieur il sera donc impossible
d'accéder au premier échelon du « Royaume
des Cieux ».
Il
est évident que c'est la Fantaisie qui tient l'humanité
plongée dans l'État d'Inconscience où
elle se trouve. Tant que la Fantaisie existera, la Conscience
continuera d'être endormie.
Il
faut détruire la Fantaisie. Au lieu de la Fantaisie,
nous devons avoir l'Imagination Consciente, l'Imagination
Dirigée (la Fantaisie est une Imagination Mécanique)
et, au lieu de la Mémoire Mécanique, nous
devons avoir la MÉMOIRE DU TRAVAIL ÉSOTÉRIQUE,
la MÉMOIRE CONSCIENTE.
Celui
qui, par exemple, pratique l'exercice rétrospectif
(pour revoir sa vie) en finit avec la Mémoire Mécanique
et établit en lui la Mémoire Consciente, la
Mémoire-Travail. Celui qui, au moyen de l'exercice
rétrospectif peut se rappeler ses vies antérieures,
en finit avec la Fantaisie. Il acquiert alors la Mémoire-Travail.
Par
conséquent, la Mémoire-Travail et l'Imagination
Consciente nous permettront d'arriver très loin sur
le chemin de l'AUTO-DÉCOUVERTE.
Ici
s'arrêtent mes paroles. Si l'un de vous a quelque
chose à demander, il peut le faire avec la plus entière
liberté.
Disciple.
Maître, quels pourraient être les meilleurs
exercices pour bien développer l'Imagination Consciente
?
Maître.
Étant donné que l'Imagination Consciente est
l'Imagination Dirigée, eh bien, indubitablement,
il faut apprendre à « DIRIGER L'IMAGINATION
». Par exemple, si nous relaxons notre corps et qu'ensuite
nous fixons notre imagination sur quelque chose qui ait
de la vie (disons, sur le processus de la naissance et de
la mort de toutes les choses), nous développerons
l'Imagination Consciente.
Imaginons
une semence, la semence d'un rosier en train de germer,
comment la tige se met ensuite à croître, comment
elle va se développer comment elle va donner des
bourgeons, des branches, des feuilles et des fleurs.
Pensons
ensuite au processus inverse, au processus involutif : comment
se fanent les pétales de la rose, comment les feuilles
tombent et comment, pour finir, ce rosier se convertit en
un tas de bois...
C'est
un exercice merveilleux ; avec lui, on obtient le développement
de l'Imagination de façon positive. Avec lui, on
obtient l'Imagination Consciente et c'est ce qui compte.
Comment
éliminer de nous la Fantaisie, c'est-à-dire
l'Imagination Mécanique ? Tout simplement en DISSOLVANT,
avant tout, le MOI FANTAISIE, en l'achevant. Nous devons
commencer par nous voir tels que nous sommes, non comme
nous sommes en apparence, ou comme nous croyons être.
C'est
difficile de se voir ainsi, tel qu'on est. Normalement,
on se voit comme on n'est pas, on se voit comme on croit
être, selon sa Fantaisie. C'est par là qu'il
faut commencer pour rompre la Fantaisie.
Quand
on s'est vraiment vu (tel qu'on est), dans sa réalité
la plus crue, on souffre en général d'une
terrible déception de soi-même, d'une épouvantable
déception (quelle horreur !). Ensuite, il nous reste
la consolation de la Sagesse...
Si
on en finit avec la Mémoire Mécanique et qu'on
établit la Mémoire du Travail, alors on élimine
la Fantaisie, parce que dans la Mémoire Mécanique
il y a de la Fantaisie.
J'ai
déjà cité le cas des historiens. À
quoi ça sert d'étudier les grandes oeuvres
de notre Histoire si ce sont de pures fantaisies ? Les historiens
étaient-ils présents, par hasard, à
la Révolution Française ? Ont-ils connu Charles
V d'Espagne, ont-ils connu Philippe le Bel ? Je crois qu'ils
écrivent des versions déformées par
le temps, qui sont le produit de la fantaisie.
Si,
au lieu de la Mémoire Mécanique (qui est pure
Fantaisie), nous établissons en nous la Mémoire-Travail,
si nous travaillons sur nous-mêmes en dissolvant les
éléments indésirables qui sont en nous,
il est évident que nous allons acquérir la
Mémoire Consciente, la Mémoire du Travail.
Cette
Mémoire Consciente ou Mémoire Travail est
merveilleuse, car appliquée à l'histoire universelle,
elle nous permettra de découvrir vraiment, d'étudier,
disons, dans les REGISTRES AKASHIQUES, la crue réalité
de la Révolution Française, de Marie-Antoinette
ou de n'importe quelle page de l'Histoire en général.
Par
conséquent, la Mémoire Consciente appliquée
à nous-mêmes nous mène très loin,
et, appliquée à l'Univers, nous permet d'étudier
les Archives des Registres Akashiques de la Nature.
Ainsi,
à mesure qu'on va éliminer tout ce qu'il y
a de Fantaisie en nous, l'Imagination Consciente deviendra
de plus en plus active et l'Imagination Mécanique
ou Fantaisie disparaîtra peu à peu, jusqu'à
ce qu'il n'en reste rien.
Avez-vous
une autre question, mes frères ?... Bien, comme il
n'y a plus de questions, nous continuerons maintenant avec
d'autres parties de notre Travail Ésotérique...
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