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53 La Transvalorisation du Travail Ésotérique
Samaël Aun Weor
Conférence intitulée "LA TRANSVALORIZACIÓN
DEL TRABAJO ESOTÉRICO (La Transvalorización)"
Nous
allons commencer notre travail de ce soir. J'espère
que vous y porterez tous le maximum d'attention pour le
bien de la Grande Cause. Indiscutablement, nous devons nous
intéresser au travail ésotérique sur
nous-mêmes si, en réalité, nous voulons
vraiment une transformation radicale.
Cependant,
il n'est pas possible qu'existe, dans notre vie, une réelle
conjonction avec le Travail Ésotérique, si,
auparavant, nous n'aimons pas le Travail. Nous devons avoir
une véritable AFFECTION, une véritable tendresse
POUR LE TRAVAIL ÉSOTÉRIQUE GNOSTIQUE. C'est
seulement ainsi que pourra s'établir la jonction
entre notre vie et le Travail Ésotérique.
Tant
que cette jonction avec le Travail ne s'est pas réalisée,
nous serons indubitablement incapables de le comprendre
intégralement. Il faut ressentir de l'affection pour
ces études.
Beaucoup
de gens arrivent à connaître l'Enseignement
; ils arrivent à comprendre le Corps de Doctrine
(jusqu'à un certain point), mais, ils ne se décident
pas vraiment à travailler sur eux-mêmes. C'est
dû au fait que chaque personne a, en elle-même,
un tas d'éléments indésirables qui
tirent dans des directions différentes et qui visent
des intérêts différents.
Il
y a ceux qui disent : « Bon, je commencerai le Travail
Ésotérique Gnostique quand ma situation économique
s'améliorera ; maintenant, je vais gagner de l'argent
et après, oui, je me consacrerai pleinement à
la Gnose »... Il y a ceux qui disent : « J'ai
un problème familial et, tant que ce problème
continuera, je ne pourrai pas entrer complètement
dans le Travail »... Il y a ceux qui disent : «
Bon, actuellement je suis étudiant ; j'étudie
pour obtenir le diplôme d'Ingénieur (ou de
médecin, etc.) et c'est pourquoi je ne peux pas me
consacrer pleinement au Travail Ésotérique
Gnostique ; le jour où je terminerai mes études,
je m'y consacrerai à fond, maintenant non »...
Ces
gens démontrent, par leur façon de penser,
qu'ils n'ont pas vraiment d'affection, de tendresse pour
le Travail Ésotérique Gnostique.
Quand
on aime quelqu'un, on se sacrifie pour celui qu'on aime,
parce que si on ne l'aime pas, on ne pourra pas se sacrifier.
Pour se consacrer à fond à son Travail, cela
demande, avant tout, de l'aimer affectueusement. Si on n'aime
pas le Travail, alors il n'est pas possible que se forme
la conjonction avec le Travail Ésotérique
Gnostique. S'il n'y a pas de conjonction du Travail avec
nos vies, de toute évidence nous ne travaillerons
pas, c'est tout ; nous nous contenterons de lire quelques
oeuvres et même d'assister aux conférences,
mais nous ne travaillerons pas. Voilà ce qui est
grave...
Quand
on ne travaille pas avec les Enseignements que nous donnons
ici et en Troisième Chambre et que nous faisons connaître
par nos livres, indubitablement, on ne peut pas comprendre
non plus le Travail Ésotérique Gnostique.
Rappelez-vous
« la parabole du marchand » dans l'Évangile
Christique : c'est le cas d'un marchand qui voulait s'emparer
d'une perle des plus précieuses, mais qui, à
ce moment-là, n'avait pas de quoi se la procurer.
Que fit-il ? Il vendit tout ce qu'il avait, tout ses biens
; il vendit tout ce qu'il possédait afin d'obtenir
cette perle précieuse et il l'obtint.
De
la même façon, le Travail Ésotérique
Gnostique est une « PERLE PRÉCIEUSE ».
Pour l'obtenir, ON DOIT LAISSER TOUTE SORTE D'INTÉRÊTS
SECONDAIRES, abandonner tout ce qui, dans le monde, peut
nous attirer et se dédier exclusivement au Travail.
Étant
donné que nous possédons, à l'intérieur
de nous, divers agrégats psychiques qui personnifient
la colère, la convoitise, la luxure, l'envie, l'orgueil,
la paresse, la gourmandise, etc., tous ces divers éléments
psychiques tirent, comme je l'ai déjà dit,
dans des directions différentes ; ils visent les
intérêts les plus divers ; ils ont leur Énergie
Psychique investie dans tels ou tels intérêts,
telles ou telles valeurs, etc.
On
doit, naturellement, libérer son Énergie Psychique
investie dans telles ou telles valeurs. Si on parvient à
la libérer, on peut alors la concentrer sur cette
« perle précieuse » qu'est le Travail
Ésotérique Gnostique.
Quand
on libère son énergie, quand on la sort des
intérêts matériels, des intérêts
égoïstes, quand on l'extrait des désirs
passionnels, quand on l'arrache à ce qui n'a pas
d'importance, quand on la concentre vers une seule direction
(qui est le Travail Gnostique), il est évident que
la conjonction se fait avec le Travail et alors on se consacre
entièrement au Travail sur soi-même. Cela conduit,
naturellement, à la TRANSFORMATION RADICALE.
Il
est donc nécessaire d'arriver à comprendre
ceci si nous désirons véritablement la Transformation.
Sans
aucun doute, l'AMOUR POUR LE TRAVAIL est la base. Lorsque
nous parlons « d'Amour », nous devons être
judicieux dans l'analyse (n'oubliez pas que je suis mathématique
dans la recherche et exigeant dans l'expression)... Le mot
« amour » est en lui-même un peu abstrait
; nous avons besoin de l'expliquer pour savoir qu'est-ce
qu'on appelle « l'amour ».
Avant
tout, il nous incombe de consulter un peu l'Évangile
christique. Le Grand Kabire Jésus a dit : «
En vous aimant les uns les autres, vous démontrerez
que vous êtes mes disciples ». Il y a aussi
une autre phrase du Grand Kabire qui est très intéressante
: « Aime Dieu par-dessus tout et ton prochain comme
toi-même » ou encore : « Ne fais pas aux
autres ce que tu ne voudrais pas qu'ils te fassent ».
Lorsqu'ils
entendent le mot « Amour », les gens sentent
que quelque chose les atteint au coeur, mais étant
donné l'état subjectif de leur mentalité,
étant donné qu'ils n'ont pas donné
d'objectivité à leur pensée, ils ne
captent pas la profonde signification de ce mot. Il est
nécessaire de comprendre sans tarder ce qu'est «
l'Amour »...
Cette
phrase : « Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais
pas qu'ils te fassent » pourrait se traduire ainsi
: « Rends-toi conscient des autres, c'est-à-dire
de ton prochain et de toi-même ». Ou cette autre
phrase : « Aimez-vous les uns les autres comme je
vous ai aimés » pourrait se traduire ainsi
: « Rendez-vous conscients des autres et de vous-mêmes
». Et celle-ci : « Aimez Dieu par-dessus tout
et votre prochain comme vous-mêmes » pourrait
se traduire par : « Rendez-vous conscients de la Divinité
qui habite à l'intérieur de vous et du prochain,
et de vous-mêmes ».
Nous
avons donc besoin de NOUS RENDRE CONSCIENTS de ce que l'on
appelle AMOUR, qui pourrait se traduire par CONSCIENCE.
Comment
pourrait-on aimer ses semblables, c'est-à-dire les
comprendre, si on n'est pas conscient de ses semblables
? Nous devons nous rendre conscients de nos semblables si
nous voulons véritablement les comprendre et c'est
seulement en les comprenant que nous ressentirons de l'Amour
pour eux.
Mais,
pour pouvoir nous rendre conscients de nos semblables, nous
devons nous rendre conscients de nous-mêmes. Si un
homme n'est pas conscient de lui-même, comment va-t-il
devenir conscient de ses semblables ? Et s'il n'est pas
conscient de ses semblables, comment pourra-t-il les comprendre
? Et s'il ne les comprend pas, quelle sera sa conduite envers
eux ? Cela est important...
Dans
le Travail Ésotérique Gnostique, il faut (je
l'ai dit) avoir de l'affection pour le Travail, mais il
est impossible d'en avoir si nous ne le comprenons pas :
LA COMPRÉHENSION EST FONDAMENTALE.
Bon,
pour aller plus avant, afin de poursuivre cet exposé,
nous dirons ce qui suit : il y a trois sortes d'Amour. Quand
un disciple dit à Jésus-Christ qu'il l'aime,
Jésus interroge son disciple, lui demandant, à
son tour, quelle sorte d'amour il ressent envers lui. Nous
devons comprendre un peu plus à fond cette question,
parce qu'il existe l'AMOUR PUREMENT SEXUEL, il existe l'AMOUR
PUREMENT ÉMOTIONNEL et il existe l'AMOUR CONSCIENT.
Dans un de nos rituels, nous disons : « Amour est
Loi, mais Amour Conscient ».
Beaucoup
de gens ne s'entendent que sexuellement et rien d'autre
; c'est l'Amour Sexuel. Il y en a d'autres qui ont leur
centre de gravité dans les émotions, c'est-à-dire
qu'ils cultivent un Amour purement Émotionnel. Cet
Amour Émotionnel entre deux personnes se transforme
indubitablement en haine ou vice versa ; il est instable
; il est rempli d'amertumes, de passions et de jalousie,
etc. De sorte qu'on ne pourrait pas le qualifier d'Amour
Judicieux au sens le plus complet du terme.
Incontestablement,
seul l'Amour Conscient mérite notre vénération.
Mais, pour que l'Amour Conscient existe, il est indispensable,
avant tout, de travailler sur nous-mêmes pour éliminer
les éléments psychiques indésirables
que nous avons à l'intérieur de nous. Dans
le cas contraire, il ne pourrait y avoir d'Amour Conscient
en nous.
Comment
quelqu'un de purement émotif, un individu rempli
de jalousie, rempli de méfiance, etc., pourrait-il
avoir de l'Amour Conscient ? Pour que puisse naître
cet Amour Conscient, il faut éliminer les éléments
de la passion : la jalousie, les disputes, etc. Il faut
éliminer les éléments purement sensuels,
etc. Il faut APPRENDRE À SE METTRE toujours À
LA PLACE DES AUTRES.
Que
c'est difficile d'apprendre à se mettre à
la place des autres ! Que c'est difficile ! Celui qui s'élève,
qui apprend à ressentir l'Amour Conscient sait comprendre
le point de vue d'autrui.
«
Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu'on
fasse à vous-mêmes » doit se traduire
par ceci : « Rendez-vous conscients des autres et
de vous-mêmes ». Si on ne se met pas à
la place des autres, on échoue totalement, on n'arrivera
jamais à Aimer consciemment quelqu'un. Mais, pour
nous mettre à la place des autres, nous devons LAISSER
DE CÔTÉ L'AMOUR-PROPRE.
Malheureusement,
les gens ont été fabriqués sur le modèle
de l'amour-propre. Il est évident que nous devons
éliminer de nous-mêmes, couche après
couche, les différents aspects de l'amour-propre.
Une grande partie de ce qu'on appelle « amour »
(que les hommes ressentent pour la femme ou vice versa)
n'est, au fond, rien de plus qu'une extension de l'amour-propre.
Il est très difficile d'éliminer de nous-mêmes
l'amour-propre. Le Moi de l'amour-propre doit être
désintégré ; il doit être annihilé
; il doit être réduit en cendres si nous voulons
véritablement apprendre à voir le point de
vue d'autrui.
Normalement,
personne ne sait voir le point de vue d'autrui ; personne
ne sait se mettre à la place des autres ; chacun
est tellement dominé par le Moi de l'amour-propre
qu'il ne lui arrive jamais de penser à se mettre
à la place d'autrui, à voir le point de vue
des autres...
Si
on élimine de soi-même le Moi de l'amour-propre,
on fait un grand pas et si on parvient à ÉLIMINER
ces agrégats psychiques qui personnifient clairement
l'ARROGANCE, la SUPÉRIORITÉ et l'INTOLÉRANCE,
on réalisera, de toute évidence, des progrès
extraordinaires, car c'est l'arrogance, précisément,
qui nous donne la sensation d'être des personnes très
importantes et qui fait même que nous nous comportons
envers les autres de façon despotique ; c'est un
obstacle pour l'éveil de la Conscience. Une personne
arrogante ne pourra jamais aimer ses semblables. Comment
pourrait-elle les aimer ?
La
supériorité. Que dire sur ce Moi de la supériorité
? Pourquoi devoir nous sentir si importants devant les autres,
devant le prochain si nous ne sommes rien de plus que de
misérables vers dans la boue de la terre ? Cette
question de supériorité, le fait de nous croire
supérieurs aux autres est un obstacle pour l'ÉVEIL.
Quant
à l'intolérance, elle nous conduit à
la critique : nous voyons les défauts du prochain,
mais nous ne voyons pas les nôtres ; « nous
voyons la paille dans l'oeil du prochain, mais nous ne voyons
pas la poutre dans le nôtre ». Quand on se met
à la place d'autrui, c'est alors seulement qu'on
apprend à être plus tolérant avec le
prochain et il en résulte que la critique destructive
et préjudiciable disparaît. Il est donc nécessaire
d'apprendre à se mettre à la place des autres.
Untel
a-t-il volé quelque chose ? Sommes-nous sûrs,
nous-mêmes, de n'avoir jamais volé quoi que
ce soit ? Qui pourrait affirmer cela ?
Untel
a-t-il commis l'adultère ? Sommes-nous certains de
n'avoir jamais dans notre vie commis d'adultère ?
Tel
autre est-il en train de commettre tels ou tels désordres
? Sommes-nous sûrs de ne pas en avoir commis nous-mêmes
?
Bien
sûr que lorsqu'on développe la Tolérance,
cette critique destructive disparaît. Il est donc
nécessaire de DÉVELOPPER LA TOLÉRANCE
; mais, pour que la Tolérance se développe
en nous, il faut éliminer les agrégats psychiques
de l'Intolérance ; c'est ainsi seulement que nous
pourrons faire naître en nous la Tolérance.
C'est clair, complet, au sens le plus transcendantal du
terme.
Il
est étonnant de voir à quel point on critique
son prochain. Si nous nous mettions à la place du
prochain, si pendant un instant nous échangions notre
Personnalité avec celle du prochain, nous le comprendrions
et alors, nous ne le critiquerions plus. Il s'avère
donc très important d'apprendre à nous mettre
à la place des autres, à comprendre leur point
de vue : c'est indispensable. Malheureusement, les gens
ne savent pas voir le point de vue d'autrui et c'est pourquoi
ils échouent lamentablement...
Indiscutablement,
c'est la Conscience qui est intéressante. LA CONSCIENCE
EST AMOUR ; Amour et Conscience sont deux parties de la
même réalité. Si on se propose vraiment
de se rendre conscient de soi-même, on se rendra conscient
des autres.
Il
est ahurissant, par exemple, de voir les bourreaux du prochain,
ceux qui torturent les autres. Quels inconscients ! Parce
qu'en torturant les autres, ils se torturent eux-mêmes.
Si on torture une autre personne, plus tard on sera torturé
: c'est la pire des affaires.
On
doit voir tous ces aspects si on veut vraiment réaliser
des progrès extraordinaires dans le domaine de l'Être.
Quand
quelqu'un vient au Travail Ésotérique Gnostique,
il y a une TERRIBLE LUTTE entre les valeurs passées
et le Travail qu'on doit réaliser. Comme je vous
le disais, il existe de multiples intérêts
; à l'intérieur de nous, il y a de multiples
agrégats psychiques et chacun vise des intérêts
différents, d'ordre économique, politique,
social, passionnel, etc. Et c'est cela, précisément,
qui nous empêche d'entrer pleinement dans le Travail
Ésotérique Gnostique. Passer d'une phase à
l'autre, LAISSER TOUT POUR LE TRAVAIL ÉSOTÉRIQUE,
voilà qui est radical, définitif. Il faut
abandonner toutes les choses du monde pour se dédier
au Travail Ésotérique.
Malheureusement,
les gens ne pensent pas de cette façon. En général,
les étudiants, les aspirants, passent beaucoup de
temps entre le passé et le futur, entre les Valeurs
Passées et le Travail Gnostique ; il se forme une
espèce de..., quelque chose d'amorphe, d'incohérent,
qui fait qu'on veut travailler mais sans s'y mettre pleinement.
Conclusion
: les gens perdent beaucoup de temps. Pour finir, ceux qui
sont résolus se décident à travailler
sur eux-mêmes, mais... combien peu nombreux sont ceux
qui se résolvent à tout laisser pour la «
perle précieuse » !
Nous
avons besoin d'une TRANSVALORISATION de la vie, des valeurs
que nous avons dans la vie, pour pouvoir ensuite nous consacrer
pleinement au travail sérieux sur nous-mêmes.
Cette
question de la Transvalorisation est importante. Qu'entend-on
par « Transvalorisation » ? Quelle est la signification
de la Transvalorisation ?
Car
on valorise tous nos intérêts, mais la Transvalorisation
va plus loin : par elle, on arrive à comprendre que
nos intérêts économiques, sociaux, etc.,
sont futiles et vains et que le Travail est plus précieux
que tout cela... La Transvalorisation nous amène
à abandonner beaucoup d'intérêts d'ordre
égoïste pour nous consacrer pleinement à
l'Ésotérisme Christique Transcendantal.
Évidemment,
mes chers frères, en réalité, ce qui
est vraiment fondamental, c'est l'ANNIHILATION BOUDDHIQUE...
Les Théosophes ont horreur de ce terme : «
annihilation ». « Cesser d'exister, disent-ils,
c'est effrayant » ; mais il est nécessaire
de passer par la Grande Annihilation Bouddhique, de cesser
d'exister, ici et dans tous les mondes, et de ne pas avoir
peur de la Mort. Malheureusement, les gens ont peur de la
Mort et, inconsciemment, ils OPPOSENT UNE RÉSISTANCE
à ces Enseignements...
Vous-mêmes
qui m'écoutez, êtes-vous sûrs, en ce
moment, de n'opposer aucune résistance à l'explication
que je suis en train de vous donner sur le Travail Ésotérique
Gnostique ? Êtes-vous sûrs, chacun de vous,
de ne pas vous ennuyer en ce moment, de ne pas être
en train de bâiller ? Ne sentez-vous pas, quand je
vous parle ainsi, de cette façon, que l'Enseignement
est un peu aride ?
Par
contre, si je me mettais maintenant à vous parler
de la loterie ou à vous dire comment améliorer
votre situation économique ou comment obtenir du
succès en amour, ou quelque chose de ce genre, je
vous assure que vous ne seriez pas en train de bâiller.
Mais, lorsque je fais directement allusion au Travail sur
soi-même et à ce qu'on appelle l'Annihilation
Bouddhique, indiscutablement, au fond de chacun de vous
s'oppose une résistance subconsciente. Pourquoi ?
Parce
qu'en aucune manière l'EGO ne veut cesser d'exister
; l'Ego rejette les Enseignements de ce type, parce qu'ils
vont à l'encontre de son existence même...
Y a-t-il quelqu'un parmi vous qui ait envie de ne pas exister
? Vous voulez exister, ici et dans l'Au-delà... L'un
de vous pourrait dire : « Bon, je n'ai plus envie
d'exister dans le monde physique ; je voudrais me désincarner
» ; mais quel désir secret vous fait penser
de la sorte ? Vous désireriez simplement vivre dans
les Mondes Supérieurs, bien sûr, et dans une
situation un peu meilleure...
Pourquoi
les prêtres attirent-ils tant de gens ? Parce que
les prêtres n'offrent pas la Doctrine de l'Annihilation
Bouddhique à leurs fidèles ; au contraire,
ils leur offrent le Ciel moyennant un certain prix, c'est-à-dire
qu'ils leur donnent un passeport pour le Ciel, une vie confortable
dans l'Au-delà où on peut jouir de toutes
sortes d'honneurs.
Si
une veuve, par exemple, laisse une bonne fortune à
la paroisse, on lui donne en échange un passeport
pour le Ciel, bien sûr. Un individu peut ainsi avoir
été un grand assassin, un grand criminel,
mais il suffit qu'il se confesse à Monsieur le Curé
pour qu'on lui donne un passeport pour le Ciel. Maintenant,
s'il laisse un peu plus d'argent à Monsieur le Curé,
avant de mourir, vous pouvez être sûrs que,
selon Monsieur le Curé, il ira droit au Ciel, sans
même passer par le Purgatoire ; il sera heureux...
Et cela attire ; les gens aiment cela ; il a « beau
jeu », parce que l'Ego n'aime en aucune manière
qu'on lui pointe un pistolet sur la poitrine. Bien sûr
que non.
Par
exemple : je reçois une avalanche de courrier de
toute l'Amérique Centrale et de toute l'Amérique
du Sud ; on me questionne sur les chakras, les initiations,
les pouvoirs, sur des positions sociales, même des
positions à l'intérieur du Mouvement Gnostique,
des situations économiques, des questions amoureuses,
etc., mais je n'ai reçu que très rarement,
dans ma vie, une lettre touchant à la DISSOLUTION
DE L'EGO.
Pour
le moins, en ce moment, je ne me rappelle pas avoir reçu
une lettre dans ce sens. Toutes me demandent des pouvoirs,
des degrés, des initiations, de l'argent, et des
positions à l'intérieur du Mouvement Gnostique,
etc., mais, à mon grand regret, je ne trouve pas
de lettre de quelqu'un qui soit en train de lutter pour
changer radicalement ; je ne trouve pas de lettre de quelqu'un
qui soit en train de lutter pour dissoudre l'Ego ; je ne
trouve pas de lettre de quelqu'un qui soit en train de s'adonner
pleinement à la mort du moi-même. Non, pas
de lettre comme ça, en effet, pas pour mourir.
Vivre...,
tous, bien qu'ils soient des Mages Noirs, peu importe, mais
vivre, voilà ce qu'ils veulent : oui, être
de Grands Messieurs, être puissants, mais sans se
donner la peine de mourir. Mais, il s'avère que «
ce n'est qu'avec la Mort qu'advient le nouveau »...
« si le grain ne meurt, la plante ne naît pas
». Mais, ils ne veulent pas le comprendre.
Certains
se plaignent dans leurs lettres ; ils me disent qu'ils n'arrivent
toujours pas à sortir consciemment en Astral, qu'ils
voudraient être illuminés, mais qu'ils n'arrivent
toujours pas à recevoir les messages des Mondes Supérieurs,
et j'en passe...
Ils
ne veulent pas se rendre compte qu'il n'est pas possible
d'obtenir l'Illumination si, auparavant, on n'a pas libéré
sa Conscience ; ils ne veulent pas se rendre compte que
la Conscience ne s'émancipe jamais si on ne détruit
pas d'abord l'Ego. Ils ne veulent pas s'en rendre compte
: ils veulent être illuminés, mais sans détruire
l'Ego ; devenir illuminés sans mourir, c'est absurde.
On
trouve, dans le monde, des ordres innombrables, beaucoup
d'écoles ; il y en a de fascinantes, d'enchanteresses
; des ordres mystiques de toutes espèces, des groupes,
etc., mais ils ne servent à rien si on ne meurt pas
en soi-même. À quoi servent toutes ces écoles
qui n'enseignent pas la destruction du Moi-même ?
L'Illumination, l'Émancipation, ne viennent pas sans
la mort. De sorte que si on ne meurt pas, on perd misérablement
son temps.
Pour
mourir en soi-même, on doit aimer ce Travail ; on
doit avoir pour lui de l'affection, on doit avoir pour lui
de l'amour. Parce que c'est une chose de recevoir l'Enseignement,
ici, en groupe, et c'en est une autre, assurément
bien différente, que d'établir la jonction
entre notre vie intime, privée et le Travail Christique.
Quelqu'un peut écouter ici tout ce que nous disons,
mais s'il ne travaille pas sur lui-même, comment pourra-t-il
se transformer ? En aucune manière, n'est-ce pas
?
Actuellement,
l'humanité a une PSYCHÉ ANORMALE. Pourquoi
? Parce qu'elle a la Conscience embouteillée dans
l'Ego, c'est-à-dire qu'elle a une Conscience Égoïque.
La
Conscience, embouteillée dans les divers agrégats
psychiques qui constituent le Moi-même, se comporte
en fonction de son propre conditionnement. Indubitablement,
tant qu'on a la Conscience emboutie dans l'Ego, on est anormal,
on a une psyché anormale.
On
entend constamment parler de cas de personnes qui sont ENLEVÉES
PAR LES EXTRATERRESTRES à travers l'espace. Ceux
qui ont voyagé et qui ont été enlevés
par des vaisseaux cosmiques, rapportent toujours, à
leur retour, qu'on les a mis dans le laboratoire d'un de
ces vaisseaux. On les examine toujours dans un laboratoire
et ensuite on les laisse en paix ; on leur fait faire une
promenade et après on les ramène à
l'endroit où on les a pris.
Il
est clair que ces grands vaisseaux cosmiques, conduits par
des frères d'autres mondes, possèdent de merveilleux
laboratoires. Mais, pourquoi enlèvent-ils des Terriens
pour les mettre dans leurs laboratoires ?
Ne
vous est-il jamais arrivé de penser une fois à
cela ? C'est simplement parce que les Terriens sont des
créatures dont la psyché est dans un état
anormal ; ce ne sont pas des personnes normales ; ce sont
des créatures au psychisme très étrange,
très bizarre : ils vivent dans un ÉTAT SOMNAMBULIQUE.
Voilà la cause des causes pour laquelle ils sont
kidnappés pendant un court laps de temps et placés
dans les laboratoires des vaisseaux cosmiques.
Cela
interpelle beaucoup les Extraterrestres de voir ces habitants
anormaux de la Terre et ils les enlèvent et les étudient
dans leurs laboratoires, pour voir ce qui s'est passé,
parce que les Terriens sont des êtres anormaux. Voilà
la crue réalité des faits ! Maintenant, vous
pouvez saisir tout ceci avec clarté. On arrive à
avoir une psyché normale lorsqu'on a travaillé
sur soi-même ; avant, ce n'est pas possible.
Dans
les temps archaïques de notre Monde, la psyché
des êtres tricérébrés était
normale ; l'humanité était alors en harmonie
avec les autres humanités planétaires. Mais,
malheureusement, après l'annihilation de l'abominable
ORGANE KUNDARTIGATEUR (qui fut donné à l'Humanité
dans le but de stabiliser l'écorce géologique
de la Terre), la psyché devint anormale, parce que
les conséquences de cet abominable organe restèrent
déposées dans les cinq cylindres de la machine
organique. Ces conséquences constituent ce qu'on
appelle « l'Ego ». La Conscience, enfermée
dans l'Ego, commença à fonctionner de façon
anormale et elle continue, malheureusement, à le
faire.
Ainsi,
nous autres, notre but est donc de créer des créatures
normales, de les sortir de l'état d'anomalie psychique
dans lequel elles se trouvent.
Voyez
les diverses anomalies des Terriens : l'une d'elles est
l'INTOLÉRANCE. C'est très grave de voir le
défaut du prochain mais de ne pas voir le défaut
que nous avons... Si nous attribuons aux autres tel ou tel
défaut, c'est que nous ne l'avons que trop nous-mêmes...
Lancer des critiques sur les attitudes, les comportements
ou les projets de nos semblables sans preuve préalable,
c'est une anomalie.
Si
on voit, par exemple, telle ou telle attitude chez un semblable,
pourquoi porter des jugements sur celle-ci ? Les faits en
eux-mêmes peuvent être compris quand on les
examine avec le SENS DE L'AUTO-OBSERVATION PSYCHOLOGIQUE
; mais, si nous n'utilisons pas le sens de l'Auto-Observation
Psychologique, comment pourrions-nous comprendre intégralement
les faits ?
À
mesure que nous avançons sur le chemin de ces études,
nous nous rendons compte que nos semblables sont anormaux
: « qu'Untel a dit... qu'un autre a dit qu'untel aurait
dit... ». Cela ne se voit que dans notre Monde Terre.
Ces « on dit » ne se voient pas chez les gens
normaux ; chez les gens normaux, il n'y a pas de commérages
; c'est le propre d'un Monde où les gens ne sont
pas normaux.
Observez
comment les Mentals réagissent les uns sur les autres.
J'ai pu observer, autour des tables de débats, comment
Untel dit telle chose et fait allusion à tel autre.
Ce dernier réagit violemment car il se sent blessé
: c'est anormal... Dans un Monde avancé de l'espace,
Untel dit telle chose à un autre et l'autre garde
le silence ; il ne discute pas, parce que chacun est libre
de dire ce qu'il veut.
Une
fois (il y a de ça une trentaine d'années),
je discutais dans les Mondes Supérieurs avec l'ANGE
ANAEL sur une certaine qualité que je croyais avoir,
mais que je n'avais pas encore. Anael, à juste raison,
après m'avoir observé quelque peu, me fit
voir ma méprise. Mais, j'étais encore habitué
à discuter comme les terriens et je lui fis donc
quelques objections. J'eus recours à toute la dialectique
possible et imaginable ; je voulais lui « faire entendre
raison », comme on dit. Anael resta à m'écouter
respectueusement, sans dire un seul mot. Quand j'eus terminé
mon discours, quand je conclus ma « catilinaire »
cicéronienne, il se montra très respectueux,
puis il me tourna le dos et se retira. Il ne dit pas un
seul mot. Il avait dit ce qu'il avait à dire et il
m'avait laissé entièrement libre de parler
comme je l'entendais ; je dis tout ce que j'avais envie
de dire, bien sûr. Combien de choses lui ai-je dit
? Beaucoup. Mais lui, garda respectueusement le silence
; il m'écouta poliment, puis me tourna le dos et
s'en alla.
Une
autre fois, je parlais avec SIVANANDA dans les Mondes supérieurs.
Je me rappelle que je faisais un exposé ou une conférence
; je parlais du Tantra et du Tantrisme, du « secretum
secretorum » du Laboratoire alchimique, lorsque soudain
nous reçûmes la visite de Sivananda, qui était
désincarné depuis peu. Il dit :
-
« Ne voyez-vous pas que vous êtes en train de
vulgariser l'Enseignement ? Je ne suis pas d'accord avec
le fait que vous soyez en train de vulgariser l'Enseignement
! » (C'est-à-dire que nous avions livré
la Clé de l'Alchimie).
-
« Non, dis-je, on ne peut pas vulgariser l'Enseignement...
»
D'un
ton inhabituel, je repris la discussion ; je tapai plusieurs
fois sur la table de façon insolite et lui dis :
-
« Je suis disposé à répondre
à toutes vos questions, la discussion est ouverte
! »
Sivananda
eut le bon sens, bien que ce soit un terrien, de s'asseoir
à la façon orientale et d'entrer en profonde
méditation. Quelques instants plus tard, je sentis
que quelqu'un me grattait la tête de l'intérieur.
Je regardai ; c'était le Yogi en profonde Méditation...
Une fois sa Méditation terminée, il se mit
debout, s'approcha de moi, me serra dans ses bras et me
dit :
-
« Maintenant, j'ai compris le Message que tu es en
train de livrer à l'Humanité. Je suis d'accord
avec toi, Samaël, et je vais recommander qu'on lise
tes livres ; je vais les recommander au monde entier ; j'ai
tout compris ». Je le serrai également dans
mes bras et lui dis :
-
« Je t'estime beaucoup, moi aussi, Sivananda ; je
t'apprécie profondément ». Sivananda
est un terrien, bien sûr, mais c'est un terrien qui
a un peu plus de jugement que les autres terriens. Il a,
pour le moins, des attitudes qui ne sont pas celles des
terriens ; il a des attitudes mystiques extraordinaires...
Simplement,
mes chers frères, on devient compréhensif
lorsqu'on dissout les Mois, c'est évident. Lorsqu'on
apprend à voir le point de vue d'autrui, on devient
tolérant et ce sens de la critique destructive disparaît,
etc. On devient normal quand on détruit l'Ego ; la
psyché devient normale et on commence à agir
d'une manière différente, complètement
distincte de celle des autres.
Mais,
quand on voit comment les mentals réagissent les
uns sur les autres, c'est ce qui cause de la douleur. Si
quelqu'un dit quelque chose, l'autre réagit, il se
sent visé, et on ne voit cela que dans notre Monde
où les psychés sont anormales, puisque là
où il y a des psychés normales, on ne voit
pas ces réactions-là.
Ainsi
donc, réfléchissez, pensez, aimez le Travail
Ésotérique, rendez-vous conscients du Travail.
Mais, si vous n'arrivez pas à aimer réellement
votre Travail Esotérique, vous ne travaillerez jamais
sur vous-mêmes ; si vous n'arrivez pas à aimer
réellement le Travail, il n'y aura jamais de jonction
entre votre vie et le Travail ; et s'il n'y a pas de jonction
entre votre vie et le Travail, jamais, en réalité,
vous ne comprendrez vraiment le Travail. Il est nécessaire
de le comprendre.
Nous,
les instructeurs, nous désirons seulement que vous
passiez par l'Annihilation Bouddhique pour que vos Consciences
s'éveillent. Tant que vous ne serez pas passés
par la Grande Annihilation, vous irez très mal. Si
vous me demandiez comment vous allez, je vous dirais : mal
! Pourquoi ? Parce que je vois que vous êtes vivants
et c'est ce qui est grave.
Tant
qu'on est « vivant », on ne peut pas comprendre
l'autre ; aucune compréhension ne peut réellement
s'établir ; on déambule dans le monde des
échanges d'opinions subjectives ; les concepts qu'on
émet sont donc incohérents, inexacts.
Quand
on « meurt », l'Ego cesse d'exister, ici et
dans tous les Mondes ; c'est alors qu'on est réellement
Conscients. Parce que vous ne croyez pas, tout de même,
que « vivants » comme vous l'êtes, vous
pouvez atteindre le Nirvana ? Bien sûr que non ! Car
le Nirvana est le Ciel et c'est pourquoi les Bouddhistes
ont dit : « la dissolution du Moi est le Nirvana »
; c'est fondamental...
Aujourd'hui,
j'ai mis l'accent sur le Travail. Comme tâche, je
vous assigne la dissolution du Moi de l'amour-propre, qui
est fondamental, et de ces autres Mois qu'on appelle intolérance,
arrogance, importance (nous sentir importants ; aucun de
nous n'est important). L'arrogance, l'importance et l'intolérance
sont des obstacles à l'amour du prochain.
Il
est indispensable que vous éliminiez l'amour purement
émotionnel pour parvenir à l'Amour Conscient
; c'est fondamental. L'amour émotionnel est rempli
de jalousie, de passions : ce n'est pas de l'amour, mais
plutôt [...] (excusez-moi le terme).
L'Amour
Conscient est nécessaire ; c'est pourquoi, dans nos
rituels, nous disons : « Amour est Loi, mais Amour
Conscient ».
Bien
que je sois fatigué de faire certaines répétitions,
je dois vous dire que nous devons apprendre à aimer
nos semblables. Nous ne pourrons pas les aimer si nous ne
les comprenons pas et nous ne pourrons pas les comprendre
si nous ne nous rendons pas conscients d'eux ; et nous ne
pourrons pas nous rendre conscients d'eux si nous ne nous
rendons pas conscients de nous-mêmes ; et on ne pourra
pas se rendre conscient de soi-même si on n'est pas
capable d'éliminer les Mois dont j'ai parlés
ce soir : ceux de l'amour-propre, de l'intolérance,
de l'arrogance qui font tellement de tort. COMPRENEZ, DÉSINTÉGREZ
ce type d'éléments.
Désintégrez
celui de l'auto-importance, parce que nous ne sommes pas
importants ; moi non plus (qui suis le Président
fondateur du Mouvement Gnostique) car je pourrais considérer
que je suis important, mais je considère que je suis
un misérable ver de la boue de la terre, et c'est
tout. Je ne pense pas, ni ne veux penser que je sois plus
grand que vous ; je suis votre serviteur et rien de plus
qu'un serviteur, un humble serviteur...
Tant
que nous aurons en nous-mêmes le sentiment de l'auto-importance,
nous marcherons sur le chemin de l'erreur.
C'est
tout pour ma conférence de ce soir ; si l'un de vous
a quelque chose à demander, il peut le faire avec
la plus entière liberté.
Disciple.
Comment faire pour enseigner à un petit, à
un enfant ou, en tant qu'instructeur dans une maternelle,
par exemple ? Quelles seraient les bases pour que ces petits
comprennent l'amour envers le prochain ou pour qu'ils puissent
continuer à cultiver ces valeurs ?
Maître.
Réellement, l'amour envers le prochain est quelque
chose qui sonne très bien, qui est très romantique
: « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai
aimés »... O.K. Mais si nous ne comprenons
pas les paroles du Grand Kabire Jésus, cette phrase
n'est rien de plus qu'une belle phrase, c'est tout.
Comme
je l'ai déjà dit, pour aimer les autres il
faut réellement être Conscient. Amour et Conscience
sont une même chose. La Conscience est Amour : si
on n'a pas conscience des autres, on n'aime évidemment
pas les autres. On doit se rendre conscient des autres.
Et comment se rendre conscient des autres si on ne s'est
pas rendu conscient de soi-même ? On doit commencer
par se rendre conscient de soi-même, avant de se rendre
conscient des autres. À mesure qu'on va se rendre
conscient de soi-même, conscient de ses propres erreurs,
conscient de ses propres défauts, etc., alors on
va peu à peu se rendre conscient des autres.
Quand
on se rend conscient des autres et de soi-même, on
ne critique plus ; on ne dit plus : « Untel est un
voleur, tel autre est un voyou ». On ne le dit plus
: on a conscience de soi-même et on sait que bien
des fois on a volé, que bien des fois on a tué.
On ne dit plus : « Untel est un bavard, c'est un cancanier,
c'est un bavard », parce qu'on sait que bien des fois
on a bavardé, que bien des fois on a cancané.
Ainsi,
à mesure qu'on va prendre conscience de soi-même,
on apprendra également à se mettre à
la place des autres, on apprendra à voir le point
de vue d'autrui ; c'est-à-dire qu'on deviendra compréhensif
envers les autres. C'est cela l'Amour bien compris. Si on
n'a pas conscience des autres, alors on ne les aime pas.
Voyons, parle...
D.
Vénérable Maître, vous nous avez dit,
au cours de votre exposé, que nous devions valoriser
le Travail et vous nous avez donné l'exemple de la
perle précieuse. Dans mon cas personnel, l'occasion
se présente maintenant pour moi d'étudier
la psychologie dans un cadre académique ; serait-ce
reculer que de me consacrer à étudier ces
aspects, disons, académiques, alors que déjà
j'ai pris la décision de me consacrer à la
mission, même si on dit qu'on peut donner l'Enseignement
? Je voudrais que vous me donniez une réponse réelle
par rapport à mon but dans l'Oeuvre.
M.
Bon, il n'y a pas de doute que la psychologie académique
suit, malheureusement, de fausses pistes. Or, il ne s'agit
pas de se mettre de fausses théories dans la tête,
car cela endommage totalement le cerveau, c'est donc absurde.
La
véritable psychologie doit être vouée
à l'AUTO-EXPLORATION de soi-même, à
l'Auto-Exploration de l'Ego, à la connaissance des
agrégats psychiques qui existent en chacun de nous
et à l'ELIMINATION de ces agrégats. En un
mot, à l'Auto-Exploration profonde directe, sans
qu'il soit besoin de théories absurdes.
D.
Pourrait-on dire, Maître, qu'on cherche à faire
des études pour une raison subjective, peut-être
la peur de la vie ou l'amour-propre ?
M.
Eh bien, les études ne font de mal à personne.
Mais attention : si on doit sélectionner ses aliments,
les aliments qui parviennent à l'estomac, il est
évident qu'on doit aussi sélectionner le type
de connaissances qu'on va mettre dans son pauvre cerveau...
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