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5. L'Exercice de l'Auto-Connaissance de Soi (La Connaissance
de soi-même)
Samaël Aun Weor
Conférence intitulée "EL EJERCICIO DEL
AUTOCONOCIMIENTO (El Conocimiento de Sí Mismo)"
Bon, nous tous, qui sommes réunis ici, nous allons
parler un peu des inquiétudes de l'Esprit. Avant
tout, il faut que nous ayons une COMPRÉHENSION CRÉATRICE.
Ce
qui est fondamental, dans la vie, c'est d'arriver réellement
à SE CONNAÎTRE SOI-MÊME. D'où
venons-nous ? Où allons-nous ? Quel est le but de
notre existence ? Pourquoi vivons-nous ? Pourquoi sommes-nous
ici ? etc.
Cette
phrase qui fut inscrite sur le frontispice du temple de
Delphes est, certes, axiomatique : « HOMO, NOSCE TE
IPSUM » qui veut dire « Homme connais-toi toi-même...
(et tu connaîtras l'Univers et les Dieux) ».
Se
connaître soi-même est fondamental ; tous les
gens croient se connaître eux-mêmes, alors qu'en
réalité ils ne se connaissent pas. Ainsi,
il est nécessaire d'arriver à la pleine connaissance
de soi-même ; ceci requiert une incessante AUTO-OBSERVATION
; nous avons besoin de nous voir tels que nous sommes.
Malheureusement,
les gens admettent facilement qu'ils ont un corps physique,
mais cela leur demande beaucoup de travail pour comprendre
leur propre Psychologie, pour l'accepter de manière
crue et réelle. Ils acceptent le fait d'avoir un
corps physique parce qu'ils peuvent le voir, le toucher,
le palper ; mais la Psychologie est un peu distincte, un
peu différente.
Comme
ils ne peuvent, certes, pas voir leur propre psyché,
qu'ils ne peuvent ni la toucher ni la palper, c'est, pour
eux, une chose floue qu'ils ne comprennent pas.
Quand
une personne commence à s'observer elle-même,
c'est le signe infaillible qu'elle a l'intention de changer
; quand quelqu'un s'observe lui-même, qu'il se regarde
lui-même, il montre qu'il devient différent
des autres.
C'est
dans les diverses circonstances de la vie que nous pouvons
nous AUTO-DÉCOUVRIR. C'est à partir des différents
événements de l'existence que nous pouvons
extraire le « Matériel Psychique » nécessaire
à l'éveil de la Conscience.
Donc,
dans nos relations avec les gens, que ce soit à la
maison ou dans la rue, à la campagne, à l'école
ou à l'usine, etc., les défauts cachés
que nous portons en nous affleurent spontanément
et, si nous sommes alertes et vigilants comme la sentinelle
en temps de guerre, alors nous les voyons ; un défaut
découvert doit être compris intégralement
dans tous les niveaux du Mental.
Si,
par exemple, nous avons eu (supposons) une crise de colère,
nous devrons comprendre tout ce qui est arrivé ;
supposons que nous ayons eu une petite dispute. Il se peut
que nous soyons entrés dans un magasin pour demander
quelque chose et que l'employé nous ait apporté
autre chose que nous n'avions pas demandé. Alors,
nous nous sommes mis un peu en colère en disant :
-
« Monsieur, je vous ai demandé telle chose
et vous m'apportez autre chose. Ne vous rendez-vous pas
compte que je suis pressé, que je n'ai pas de temps
à perdre ? ».
Voilà
une petite dispute, une petite contrariété
; il est évident que nous avons besoin de comprendre
ce qui s'est passé...
En
arrivant chez nous, nous devons immédiatement nous
concentrer profondément sur ce qui s'est passé.
Si nous étudions les motifs profonds qui nous ont
fait agir de la sorte, de cette façon, en nous en
prenant à l'employé parce qu'il ne nous a
pas apporté ce que nous avions demandé, nous
en venons à découvrir notre propre auto-importance,
c'est-à-dire que nous nous sommes crus très
importants.
Il
est évident qu'il y a eu en nous ce qu'on appelle
« la suffisance », « l'orgueil »,
« l'irritabilité »... Voilà l'impatience
; voilà plusieurs défauts. L'impatience est
un Défaut, la suffisance est un autre défaut
; l'auto-importance, nous sentir très importants,
voilà un autre défaut ; l'orgueil, nous sentir
très grands et regarder avec dédain l'employé
qui nous a servi, toutes ces raisons ont fait que nous nous
sommes comportés de manière inharmonieuse.
Par
la même occasion, NOUS AVONS DÉCOUVERT DIFFÉRENTS
MOIS qui doivent être travaillés et compris.
Il
faudra étudier à fond ce qu'est le Moi de
la suffisance, il faudra le comprendre complètement,
il faudra l'analyser. Il faudra étudier à
fond ce qu'est le Moi de l'orgueil ; il faudra étudier
à fond ce qu'est le Moi de l'auto-importance ; il
faudra étudier à fond ce qu'est le Moi du
manque de patience, ce qu'est le Moi de la colère,
etc.
C'est
un groupe de Mois. Chacun doit être compris séparément,
étudié, analysé. Nous devons accepter
le fait que derrière ce petit événement
insignifiant se cache un groupe de Mois et que ceux-ci sont
donc naturellement actifs.
Il
faut LES ÉTUDIER UN PAR UN, SÉPARÉMENT.
À l'intérieur de chacun d'eux est embouteillée
l'Essence, c'est-à-dire la Conscience. Il faut donc
LES DÉSINTÉGRER, les annihiler, les réduire
en poussière cosmique.
Pour
les désintégrer, nous devons nous concentrer
sur la DIVINE MÈRE KUNDALINI ; la supplier, la prier
de les réduire en poussière. Mais, il faut
d'abord comprendre le défaut (supposons, par exemple,
la colère), puis, après l'avoir compris, supplier
la Divine Mère Kundalini de l'éliminer. Après
avoir compris l'impatience, la supplier d'éliminer
cette erreur. Après, il faudra comprendre l'auto-importance.
Pourquoi
nous croyons-nous importants si nous ne sommes rien que
de misérables vers de la boue de la terre ? Sur quoi
repose notre auto-importance ? Quels fondements lui donnons-nous
? Réellement, notre auto-importance n'a aucune base,
car nous ne sommes rien ; chacun de nous n'est rien de plus
qu'un vil ver de la boue de la terre.
Que
sommes-nous face à l'Infini, face à la Galaxie
où nous vivons, face à ces millions de mondes
qui peuplent l'espace sans fin ? Pourquoi nous sentir auto-importants
?
Ainsi,
en analysant chacun de nos défauts, nous les comprenons
peu à peu et le défaut que nous comprenons
doit être éliminé avec l'aide de la
Divine Mère Kundalini. Il est évident qu'il
faudra la supplier, qu'il faudra la prier d'éliminer
le défaut qu'on est en train de comprendre... Donc,
dans une scène, interviennent différents Mois.
Prenons
une autre scène, une scène de jalousie par
exemple. Incontestablement, c'est grave, car dans une scène
de jalousie interviennent aussi différents Mois.
Si un homme s'aperçoit soudain que sa femme est en
train de parler à un autre homme de manière
très intime, etc., qu'est-ce que ça veut dire
? Il va ressentir de la jalousie, c'est bien probable et
il cherchera querelle à sa femme, évidemment.
Mais
si nous observons cette scène, nous constatons qu'il
y a eu de la jalousie, de la colère, de l'amour propre,
différents Mois. Le Moi de l'amour-propre s'est senti
blessé, la jalousie est entrée en action,
la colère aussi.
Donc,
chaque scène, chaque évènement, chaque
situation doit nous servir de base pour nous auto-découvrir.
Dans n'importe quel évènement, nous allons
découvrir que nous avons différents Mois à
l'intérieur de nous-mêmes ; c'est évident
; différents Mois...
Pour
toutes ces raisons, il est nécessaire que nous soyons
alertes et vigilants, comme la sentinelle en temps de guerre.
L'état d'ALERTE-PERCEPTION et d'ALERTE-NOUVEAUTÉ
est indispensable. Si nous ne procédons pas de la
sorte, la Conscience restera prisonnière des agrégats
psychiques que nous portons à l'intérieur
de nous et nous ne nous éveillerons jamais.
Nous
devons comprendre que nous sommes endormis. Si les gens
étaient éveillés, ils pourraient voir,
toucher et palper les grandes réalités des
Mondes Supérieurs. Si les gens étaient éveillés,
ils se rappelleraient leurs vies passées. Si les
gens étaient éveillés, ils verraient
la Terre telle qu'elle est. Actuellement, ils ne voient
pas la Terre telle qu'elle est.
Les
gens de la Lémurie voyaient le monde tel qu'il est
; ils savaient que le monde a en tout Neuf Dimensions, dont
Sept Fondamentales et ils voyaient le monde de manière
multidimensionnelle. Dans le Feu, ils percevaient les SALAMANDRES
ou créatures du Feu. Dans les Eaux, ils percevaient
les créatures aquatiques, les ONDINES et les NÉRÉIDES.
Dans l'Air, ils voyaient clairement les SYLPHES et, à
l'intérieur de l'élément Terre, ils
voyaient les GNOMES.
Quand
ils levaient les yeux vers l'Infini, ils pouvaient percevoir
d'autres humanités planétaires. Les planètes
de l'espace étaient visibles, pour les anciens, de
façon précise, car ils voyaient l'AURA DES
PLANÈTES et ils pouvaient aussi percevoir les GÉNIES
PLANÉTAIRES.
Mais,
quand la Conscience humaine se trouva enfermée à
l'intérieur de tous ces Mois ou agrégats psychiques
qui constituent le moi-même, le soi-même, l'Ego,
alors la Conscience s'endormit ; elle se manifeste maintenant
en vertu de son propre embouteillement.
À
l'époque de la Lémurie, toute personne pouvait
voir au moins la moitié d'un « HOLTAPAMNAS
» ; un « HOLTAPAMNAS » équivaut
à cinq millions et demi de tonalités de couleur.
Quand
la Conscience se trouva enfermée dans l'Ego, les
sens dégénérèrent. Dans l'Atlantide,
on ne pouvait plus percevoir qu'un tiers des tonalités
de couleur et, maintenant, c'est à peine si on perçoit
les sept couleurs du Spectre Solaire et quelques rares tonalités.
Les
gens de la Lémurie étaient différents
; pour eux, les montagnes avaient une haute vie spirituelle
; les rivières, pour eux, étaient le corps
des Dieux. La Terre entière était perçue
par eux comme UN GRAND ORGANISME VIVANT. C'étaient
des gens d'un autre type, des gens différents, distincts.
Maintenant, l'humanité a malheureusement involué
atrocement. Aujourd'hui, l'humanité est donc en état
de déchéance. Si nous ne nous occupons pas
de nous auto-découvrir pour mieux nous connaître,
nous continuerons à avoir la conscience endormie,
prisonnière de tous les Mois que nous portons à
l'intérieur de nous.
Normalement,
les psychologues croient que nous avons un seul Moi et rien
de plus. Dans la Gnose, on pense différemment. Dans
la Gnose, nous savons que la colère est un Moi, que
la convoitise est un autre Moi, que la luxure est un autre
Moi, que l'envie est un autre Moi, que l'orgueil est un
autre Moi, que la gourmandise est un autre Moi, etc.
Virgile,
le poète de Mantoue, l'auteur de « l'Énéide
», disait : « Même si nous avions mille
langues pour parler et un palais d'acier, nous n'arriverions
pas à compter nos défauts, ni à les
énumérer complètement. Il y en a tant
! ».
Et
où allons-nous les découvrir ? C'est seulement
sur le terrain de la vie pratique que l'Auto-découverte
est possible.
Une
scène quelconque de la rue est suffisante pour savoir
combien de Mois sont entrés en activité. Quel
que soit le Moi qui entre en action, il est nécessaire
de le travailler, afin de le comprendre et de le désintégrer.
C'est seulement par ce chemin qu'on peut libérer
la Conscience ; c'est seulement par ce chemin qu'il est
possible de s'éveiller.
Avant
toute chose, nous devons nous intéresser à
l'ÉVEIL ; car, tant que nous continuerons tels que
nous sommes, c'est-à-dire endormis, que pourrons-nous
savoir des Mystères de la Vie et de la Mort, que
pourrons-nous savoir du Réel, de la Vérité
?
Pour
arriver à connaître à fond les Mystères
de la Vie et de la Mort, il est nécessaire et indispensable
de s'éveiller. Il est possible de s'éveiller
si on se le propose. Mais, il n'est pas possible de s'éveiller
si la Conscience continue à être prisonnière
de tous ces Mois.
Nous
vivons à l'intérieur d'un mécanisme
assez compliqué. La vie est devenue profondément
mécanique à cent pour cent. La LOI DE RÉCURRENCE
est terrible : tout se répète.
Nous
pourrions comparer la vie à une roue qui tourne incessamment
sur elle-même ; les évènements passent
et repassent et se répètent toujours. En réalité
et en vérité, il n'y a jamais de solution
finale aux problèmes. Tout le monde a des problèmes,
mais la solution finale, en réalité et en
vérité, n'existe pas. S'il y avait une solution
finale aux problèmes que nous avons dans la vie,
cela signifierait que la vie ne serait pas la vie, mais
la mort. Ainsi donc, on ne connaît pas la solution
finale.
LA
ROUE DE LA VIE tourne ; les mêmes évènements
reviennent toujours, se répètent de manière
plus ou moins exacte, à un niveau plus ou moins élevé,
mais ils se répètent.
Arriver
à la solution finale, empêcher que la répétition
des évènements ou des situations continue
est une chose plus qu'impossible !
Alors,
la seule chose que nous ayons à faire, c'est d'apprendre
à savoir comment nous allons réagir face aux
différents évènements de la vie.
Si
nous réagissons de la même manière,
si nous réagissons toujours avec violence, si nous
réagissons toujours avec luxure ; si nous réagissons
toujours avec convoitise face aux différentes situations
qui se répètent perpétuellement lors
de chaque existence, nous ne changerons jamais ; car les
évènements que vous vivez en ce moment, vous
les avez déjà vécus dans l'existence
passée.
Cela
signifie, par exemple, que si, maintenant, vous êtes
assis à m'écouter, vous étiez aussi
assis à m'écouter dans l'existence passée
; ce n'était peut-être pas ici même,
dans cette maison, mais c'était bien dans un endroit
quelconque de la ville. De même, vous étiez
assis à m'écouter dans l'avant-dernière
vie ; et dans celle d'avant aussi, vous étiez assis
à m'écouter et moi, je vous parlais ; c'est-à-dire
que cette Roue de la Vie est toujours en train de tourner
et que les évènements qui défilent
sont toujours les mêmes.
Ainsi
donc, il est impossible d'empêcher la répétition
des évènements. La seule chose que nous pouvons
faire, c'est CHANGER NOTRE ATTITUDE face aux évènements
de la vie.
Si
nous apprenons à NE PAS RÉAGIR devant un impact
provenant du monde extérieur, si nous apprenons à
être sereins, impassibles, nous pourrons alors éviter
que les évènements produisent sur nous les
mêmes résultats.
Faisons
une supposition : voyons, par exemple, une existence passée
dont j'ai parlée ici, avec notre frère gnostique,
le Dr HD., concernant un sujet que j'ai cité dans
mon livre intitulé : « Le Mystère de
la Fleuraison d'Or ». Nous parlions de cette existence
où je m'appelais Juan Conrado (troisième Grand
Seigneur de la Province de Grenade) dans la vieille Espagne,
à l'époque de l'Inquisition, alors que l'Inquisiteur
Torquemada causait des désastres dans toute l'Europe
: il envoyait les gens brûler vifs au bûcher.
Certes,
je m'étais adressé à lui pour lui demander
d'admonester quelqu'un de manière chrétienne.
Il s'agissait d'un Comte qui me blessait constamment par
ses paroles ; j'étais l'objet de ses railleries,
etc.
À
cette époque, j'étais un Bodhisattva tombé
; je n'étais certainement pas une douce brebis ;
l'Ego était bien vivant. Cependant, je voulais éviter
un nouveau duel, non par peur, mais parce que j'étais
fatigué de tant de duels, car j'avais la réputation
d'être un grand spadassin.
J'arrivai
très tôt à la porte du palais de l'Inquisition.
Un religieux, « un moine bleu », se trouvait
à la porte et me dit :
-
Quel miracle de vous voir en ces lieux, Monsieur le Marquis.
-
Merci beaucoup, mon révérend - lui dis-je
- je viens solliciter une audience avec Monsieur l'Inquisiteur,
Monseigneur Thomas de Torquemada.
-
Impossible, dit-il, aujourd'hui, il y a beaucoup de visites
; cependant, je vais essayer d'obtenir pour vous une audience.
-
Merci beaucoup, mon révérend - lui dis-je
- m'adaptant naturellement à toutes les convenances
de cette époque.
En
réalité et en vérité, on devait
s'adapter, car, sinon, on s'exposait à de graves
ennuis. Quoi qu'il en soit, le moine en question disparut
comme par enchantement et j'attendis patiemment qu'il revînt.
Il revint, finalement, et, sitôt de retour, il me
dit :
-
L'audience vous a été accordée, Monsieur
le Marquis, vous pouvez entrer.
J'entrai,
traversai une cour et arrivai dans un grand salon très
obscur ; je passai par un autre salon qui se trouvait aussi
dans une profonde obscurité ; finalement, j'entrai
dans un troisième salon qui était éclairé
par une lampe qui se trouvait sur une table ; à la
table était assis l'Inquisiteur Don Tomás
de Torquemada ; rien moins que le grand Inquisiteur (un
être certes cruel). Sur la poitrine, il portait une
grande croix ; il était apparemment dans un état
de béatitude, les mains sur la poitrine. Lorsqu'il
me vit, je ne pus faire moins que de le saluer avec toutes
les révérences en usage à l'époque
et il me dit :
-
Asseyez-vous, Monsieur le Marquis. Qu'est-ce qui vous amène
ici ? Je lui dis alors :
-
Je viens vous solliciter pour une admonestation chrétienne
à l'encontre de Monsieur le Comte Untel de X et Y
et Z (avec cinquante mille noms et prénoms) qui lance
ses plaisanteries contre moi, me raille et me harcèle
avec ses moqueries et je n'ai aucune envie d'avoir un autre
duel ; je veux éviter un nouveau duel.
-
Oh ! Ne vous en faites pas, Monsieur le Marquis - me répondit-il
- ici, dans la Maison Inquisitoriale, nous avons déjà
de nombreuses plaintes contre ce Comte. Nous allons le faire
appréhender et l'amener dans la tour des supplices
; nous lui mettrons les pieds sur des charbons ardents afin
de bien les lui brûler pour qu'il souffre. Nous lui
arracherons les ongles des mains, lui verserons du plomb
sur ses blessures ; nous le torturerons, nous l'amènerons
ensuite sur la place publique et nous le brûlerons
sur le bûcher.
Eh
bien, je n'avais pas pensé aller si loin ; j'étais
juste venu demander qu'on admoneste ce Comte de façon
chrétienne. Évidemment, je restai perplexe
en écoutant Torquemada parler de cette manière,
les mains posées sur la poitrine, dans une attitude
de béatitude. Cela me fit horreur. Je ne pus que
manifester mon mécontentement et il fallut que je
lui dise :
-
Vous êtes un pervers. Je ne suis pas venu vous demander
de brûler vif qui que ce soit, ni de le torturer ;
je suis seulement venu vous demander une admonestation chrétienne
et c'est tout. Maintenant, vous comprenez pourquoi je ne
suis pas d'accord avec votre secte.
Finalement,
je proférai d'autres propos, criai d'autres paroles
(qu'en cet instant, je garde pour moi) dans un langage quelque
peu ronflant ; c'était plus que suffisant pour que
ce haut dignitaire de l'Inquisition dise :
-
Alors, c'est comme ça, Monsieur le Marquis ?
Il
fit alors sonner une cloche et apparut un groupe de chevaliers
armés jusqu'aux dents. Ce chevalier du Saint-Office
se mit debout ; il se leva, hautain, et leur donna un ordre
en disant :
-
Emparez-vous de cet homme !
-
Un moment, chevaliers, leur dis-je, souvenez-vous des règles
de la Chevalerie, car, à cette époque, les
règles de la chevalerie étaient respectées,
très respectées par tous ; donnez-moi une
épée - lui dis-je en style « Gachupin
» (sobriquet donné par les Créoles du
Mexique aux Espagnols de sang pur, nouveaux venus en Amérique
Latine au 18e siècle), car j'étais parmi des
« Gachupins », c'est clair - et je me battrai
avec chacun de vous.
Je
n'étais ni plus ni moins qu'un « Gachupin »
qui parlait. Nous nous étions rencontrés en
plein Moyen Âge, à l'époque de Torquemada.
Un gentilhomme me remit une épée, je la pris
; ensuite, il fit un pas en arrière et me dit :
-
En garde !
-
En garde ! lui répondis-je.
Et
nous nous engageâmes dans un dur combat. On n'entendit
plus que le choc des épées. Il semblait qu'en
s'entrechoquant les unes contre les autres les épées
lançaient des étincelles. Ce chevalier était
très habile à l'escrime ; il maniait les armes
à merveille, mais je n'étais pas une douce
brebis non plus, bien sûr que non. Ce qui fait que
le duel fut très difficile. Il ne me restait plus
qu'à faire usage de ma meilleure estocade pour sortir
victorieux. Seulement, les autres chevaliers qui assistaient
à l'évènement se rendirent compte que
leur compagnon « allait tout droit au panthéon
» et, évidemment, ils m'assaillirent tous ensemble
[...]. Ils m'attaquèrent avec une furie terrible
et ils étaient nombreux...
Je
me défendis comme je pus ; je sautai sur les tables,
j'utilisai les meubles comme boucliers. Enfin, je fis des
prodiges pour essayer de survivre, pour me défendre.
Mais vint le moment où mon bras droit se fatigua
[...] je n'en pouvais plus avec le poids de l'épée
et je leur dis :
-
Vous avez gagné par surprise, car vous m'êtes
tombés dessus tous ensemble ; ce ne sont pas des
manières de chevaliers : si vous voulez, voilà
mon épée. Alors Monsieur l'Inquisiteur dit
:
-
Au bûcher !
Et
enfin, il ne fut pas difficile de me brûler vif. Sur
place, il y avait un peu de bois au pied d'un poteau en
fer. Ils m'enchaînèrent à ce poteau,
mirent le feu au bois et, en quelques secondes, je brûlai
comme une torche enflammée. Je ressentis une grande
douleur dans ma chair ; je vis mon corps physique brûler
jusqu'à être totalement réduit en cendres
; je voulus faire un pas, intentionnellement, pour voir
ce qui allait se passer, mais ce qui arriva fut qu'avant
de faire le pas, je sentis que cette douleur suprême
se transformait en félicité. (Je compris qu'au-delà
de la douleur, bien au-delà de la douleur, il y a
la félicité et que la douleur humaine, aussi
forte soit-elle, a une limite). Une pluie apaisante se mit
à tomber sur ma tête et je sentis que je m'allégeai
; je fis un pas et m'aperçus que je pouvais en faire
un autre. En fin de compte, je sortis de ce palais en marchant
très lentement, très lentement. En fait, je
m'étais désincarné ; ce corps physique
avait donc péri sur le bûcher de l'Inquisition.
Aujourd'hui,
par exemple, si un de ces évènements de ma
vie venait à se répéter, je suis sûr
que je n'irais pas au bûcher, ni au peloton d'exécution
ou autre chose du même style. Pour quelle raison ?
Parce que n'ayant plus ces Mois de la colère, de
l'impatience, j'écouterais l'Inquisiteur de façon
sereine, impassible. Je comprendrais l'état dans
lequel se trouve l'Inquisiteur ; je garderais totalement
le silence ; aucune réaction ne sortirait de moi.
Résultat : il ne se passerait rien ; c'est évident.
Je pourrais sortir tranquillement, sans problème.
Par
conséquent, les problèmes, en réalité
et en vérité, c'est l'Ego qui les fabrique.
Si, dans cette situation, je n'avais pas réagi de
la sorte contre le « Saint Office » (comme on
l'appelait), contre l'Inquisition, contre le « moine
bleu » etc., il est évident je ne me serais
pas désincarné ainsi.
Cela
ne signifie pas couardise ; mais simplement, je serais resté
serein, impassible ; puis j'aurais tourné les talons
et je me serais retiré sans problème.
Il
ne reste qu'un point en suspens : le petit comte aurait
été appréhendé et brûlé
vif sur le bûcher et on aurait pu en rejeter la faute
sur moi, n'est-ce pas ?...
Donc,
j'aurais eu le courage d'aller informer le comte, quand
bien même se serait-il rempli d'une épouvantable
colère contre moi et je lui aurais sauvé l'existence
; peut-être même que cet homme en aurait été
reconnaissant, c'est-à-dire que des circonstances
aussi fatales ne se seraient pas produites si l'Ego avait
été désintégré.
Malheureusement,
j'avais un Ego très développé et voilà
les problèmes que fabrique l'Ego. Quand quelqu'un
n'a pas d'Ego, ces problèmes n'arrivent pas. Il se
peut que les circonstances se répètent, mais
ces problèmes ne se produisent plus, n'arrivent plus.
La
crue réalité, c'est que les évènements
peuvent se répéter : mais ce que nous devons
faire, c'est modifier notre attitude face aux évènements.
Si notre attitude est négative, nous nous créerons
alors de très graves problèmes, c'est évident...
Il
faut donc que nous changions d'attitude face à l'existence
; mais nous ne pouvons pas changer d'attitude face à
la vie si nous n'éliminons pas ces « éléments
préjudiciables » qui sont dans notre psyché.
La
colère, par exemple : combien de problèmes
nous vaut la colère ? La luxure : combien de problèmes
nous vaut la luxure ? La jalousie : comme elle est néfaste
! L'envie : combien d'inconvénients nous attire-t-elle
?
On
doit changer d'attitude face aux différentes circonstances
de la vie. Celles-ci se répètent avec nous
ou sans nous, mais elles se répètent. Elles
peuvent se répéter avec nous ou sans nous,
mais elles se répètent. Ce qui est important,
c'est de changer d'attitude face aux différentes
circonstances de la vie. C'est-à-dire qu'il faut
nous AUTO-CONNAÎTRE PROFONDÉMENT.
Si
nous nous auto-connaissons, nous découvrons nos erreurs
et, si nous les découvrons, nous les éliminons.
Si nous les éliminons, « nous nous éveillons
» et si « nous nous éveillons »,
nous en venons à connaître les Mystères
de la Vie et de la Mort, nous en venons à expérimenter
CELA qui n'appartient pas au temps, Cela qui est Vérité.
Mais
tant que nous continuerons à avoir la Conscience
prisonnière de l'Ego, du Moi, des Mois, nous ne saurons
évidemment rien des Mystères de la Vie et
de la Mort ; ainsi, nous ne pourrons pas expérimenter
le Réel, nous vivrons dans l'ignorance.
Il
est donc urgent de mettre en pratique sans délai
la maxime de Thalès de Milet « HOMO, NOSCE
TE IPSUM », « Homme, connais-toi toi-même
(et tu connaîtras l'Univers et les Dieux) ».
Toutes les LOIS DE LA NATURE sont À L'INTÉRIEUR
DE SOI-MÊME et si on ne les découvre pas à
l'intérieur de soi-même, on ne peut pas non
plus les découvrir en dehors de soi-même.
Ainsi
donc, à l'intérieur de soi, se trouve l'Univers.
« L'homme est contenu dans l'Univers et l'Univers
est contenu dans l'homme ». Si nous découvrons
l'Univers à l'intérieur de nous-mêmes,
alors nous le découvrirons réellement ; mais
si nous ne le découvrons pas à l'intérieur
de nous-mêmes, nous ne pourrons pas non plus le découvrir
en dehors de nous ; c'est évident.
Il
existe en nous des possibilités extraordinaires,
mais avant tout, nous devons partir du commencement «
HOMO, NOSCE TE IPSUM »... Homme, connais-toi toi-même
(et tu connaîtras l'Univers et les Dieux).
La
FAUSSE PERSONNALITÉ, par exemple, est un obstacle
à la vraie félicité. Tout être
humain a une Fausse Personnalité qui est formée
par la suffisance, par la vanité, par l'orgueil,
la peur, l'égoïsme, la colère, l'auto-importance,
l'auto-sentimentalisme, etc.
La
Fausse Personnalité est vraiment problématique
car elle est dominée par les Mois de ce type que
j'ai énumérés. Tant qu'on possédera
la Fausse Personnalité, on ne pourra en aucune manière
connaître la Réelle Félicité.
Comment pourrait-on la connaître ?
Si
on veut être heureux - et nous avons tous droit à
la Félicité - on doit commencer par éliminer
la Fausse Personnalité. Mais pour pouvoir éliminer
la Fausse Personnalité, on doit éliminer les
Mois qui la caractérisent (ceux que j'ai énumérés).
Une
fois ces Mois éliminés, alors tout change
: on crée dans sa Conscience, UN CENTRE DE GRAVITÉ
continu et il en découle un état de Félicité
extraordinaire.
Mais
tant qu'existe la Fausse Personnalité, la Félicité
est impossible. Nous devons prendre en compte tout cela
si un jour nous aspirons réellement à être
heureux.
Incontestablement,
le plus important, dans la vie pratique, doit être
justement de fabriquer ou plutôt, dirais-je, de cristalliser,
dans la personnalité humaine, ce qu'on appelle l'«
ÂME ». Qu'entend-on par « Âme »
? Tout cet ensemble de POUVOIRS, de FORCES, de VERTUS, de
FACULTÉS, etc., de l'Être.
Si,
par exemple, on élimine le défaut ou le Moi
de la colère, à la place on cristallisera,
dans notre personne humaine, la Vertu de la SÉRÉNITÉ.
Si on élimine le défaut de l'égoïsme,
à la place on cristallisera dans notre personne humaine,
la Vertu merveilleuse de l'ALTRUISME. Si on élimine
le défaut de la luxure, à la place on cristallisera,
dans notre Âme, la Vertu extraordinaire de la CHASTETÉ.
Si on élimine la haine de notre nature, à
la place on cristallisera l'AMOUR dans notre personne humaine.
Si on élimine, de la personnalité, le défaut
de l'envie, à la place on cristallisera, dans notre
personne humaine, la joie pour le bien d'autrui, la PHILANTROPIE,
etc.
Il
faut donc comprendre la nécessité d'éliminer
les éléments indésirables de notre
psyché pour cristalliser, dans notre personne humaine,
ce qu'on appelle l'Âme (un ensemble de forces, d'attributs,
de vertus, de pouvoirs cosmiques, etc.).
Cependant,
je dois dire que tout n'appartient pas à l'intellect.
L'intellect est utile quand il est au service de l'Esprit,
mais tout n'appartient pas à l'intellect. Incontestablement,
nous devons passer par de grandes « crises émotionnelles
» si nous voulons vraiment cristalliser l'Âme
en nous-mêmes.
SI
L'EAU NE BOUT PAS A CENT DEGRÉS, ce qu'il faut cristalliser
ne se cristallise pas et ce qu'on doit éliminer,
ne s'élimine pas. De même, si nous ne passons
pas, au préalable, par de graves crises émotionnelles,
ce qu'on appelle l'« Âme » ne se cristallisera
pas en nous et ce qui doit être éliminé
en nous ne sera pas éliminé.
Alors,
c'est ainsi et il en a toujours été ainsi.
Quand l'Âme se cristallise totalement en nous, même
le corps physique se convertit en Âme.
Jésus
de Nazareth, le Grand Kabire, a parlé clairement
de cela ; il a dit : « EN PATIENCE, VOUS POSSÉDEREZ
VOTRE ÂME ». Les gens ne possèdent pas
leur Âme, c'est l'Âme qui les possède.
L'Âme de chacun souffre en portant un fardeau accablant
: « la Personne »...
Posséder
l'Âme est quelque chose de très difficile ;
il est écrit : « En patience, vous posséderez
votre Âme ». Il y a des Mois très difficiles
à éliminer, des défauts terribles,
des Mois qui sont en relation avec la LOI DU KARMA. Lorsque
nous en arrivons là, il semblerait que nous soyons
bloqués dans notre progression et il est évident
que c'est ainsi. Cependant, grâce à une patience
infinie, on arrive finalement à l'élimination
de ces Mois.
La
PATIENCE et la SÉRÉNITÉ sont des facultés
extraordinaires et des Vertus magnifiques, nécessaires
pour avancer sur ce chemin de la Transformation Radicale.
Dans mon livre « Les Trois Montagnes », je parle
précisément de la question de la Patience
et de la Sérénité...
Un
jour, dans un monastère, un groupe de frères
était là, à attendre impatiemment l'Abbé,
le Hiérophante ; mais celui-ci tardait à venir
et les heures passaient et il tardait ; ils étaient
tous préoccupés...
Il
y avait là quelques Maîtres très respectables,
mais remplis d'impatience. Ils marchaient dans la salle,
allaient et venaient, tapaient du pied, se grattaient la
tête, jouaient avec leur barbe. Moi, je restais serein
et attendais patiemment. Je trouvais seulement curieux de
voir ces petits frères impatients. Je restais tranquille...
Finalement,
au bout de plusieurs heures, le Maître arriva et il
dit, en s'adressant à tous :
-
Il vous manque, à vous, deux vertus que ce frère
possède, et il me désignait. Puis, il s'adressa
à moi et me dit : Dites-leur, mon frère, quelles
sont ces deux vertus. Alors je me mis debout et dis :
-
IL FAUT SAVOIR ÊTRE PATIENT, IL FAUT SAVOIR ÊTRE
SEREIN.
Tous
restèrent perplexes ; aussitôt, le Maître
apporta une orange (qui est symbole de l'espérance)
et il me la remit en signe de réussite ; je fus admis
à entrer dans la Deuxième Montagne qui est
celle de la Résurrection ; pour les autres, impatients,
ce fut ajourné.
Ensuite,
on me fixa un rendez-vous dans un autre Monastère
pour signer des papiers que je devais signer et il en fut
ainsi. Plus tard, je me rendis à ce Monastère
et signai les papiers ; on me communiqua certaines instructions
ésotériques et on m'admit alors dans les études
de la Deuxième Montagne ; et, à cette heure,
ces compagnons-là sont encore en train de lutter
pour arriver à la patience et à la sérénité,
car ils ne les possèdent pas...
Vous
voyez comme il est important d'être patient et d'être
serein. Ainsi, quand quelqu'un travaille à la dissolution
d'un Moi et qu'il n'arrive absolument pas à le dissoudre
parce que c'est devenu très difficile (parce qu'il
y a des Mois de ce type en relation avec le Karma), il ne
lui reste plus d'autre remède que de multiplier la
patience et la sérénité jusqu'à
ce qu'il triomphe.
Mais
beaucoup sont impatients : ils veulent éliminer tel
ou tel Moi, là, immédiatement, sans PAYER
LE PRIX correspondant et c'est absurde.
Dans
le travail sur soi-même, on a besoin de multiplier
la Patience à l'infini et la Sérénité
jusqu'au summum des summums. Celui qui ne sait pas être
patient, celui qui ne sait pas être serein échoue
sur le Chemin Ésotérique.
Observez-vous
dans la vie pratique. Êtes-vous impatients ? Observez-vous.
Savez-vous rester sereins au moment voulu ?
Si
vous n'avez pas ces deux précieuses Vertus, alors
il faut donc travailler pour les obtenir. Comment ? En éliminant
les Mois de l'impatience, en éliminant donc les Mois
du manque de sérénité, de l'énervement
(les Mois de l'énervement sont ceux qui empêchent
la sérénité).
Que
recherchons-nous, à la longue, avec tout cela ? Le
changement, mais le CHANGEMENT TOTAL parce que, tels que
nous sommes, il est incontestable que la seule chose que
nous fassions, c'est souffrir et nous rendre la vie amère.
N'importe
qui peut nous faire souffrir. Il suffit qu'on touche l'une
de nos cordes sensibles pour que nous souffrions. Si on
nous dit une parole dure, nous souffrons ; si on nous donne
des tapes sur l'épaule et qu'on nous dit de douces
paroles, nous sommes heureux. C'est ainsi que nous sommes
faibles, nos processus psychologiques ne dépendent
plus de nous... En d'autres termes, nous n'avons pas de
pouvoir sur nos propres processus psychologiques : n'importe
qui peut manipuler notre psyché.
Voulez-vous
voir une personne irritée ? Dites-lui une parole
dure et vous la verrez irritée. Si vous voulez la
voir contente, donnez-lui une tape sur l'épaule et
dites-lui quelques paroles gentilles et elle change à
l'instant, la voilà contente. Comme c'est facile
! N'importe qui joue avec la psyché des autres. Comme
elles sont faibles, ces créatures !
Il
s'agit donc de changer ; il faut que tout ce qui nous rend
faible soit éliminé. On doit perdre notre
propre IDENTITÉ PERSONNELLE même pour nous.
Cela
signifie que le changement doit être si radical qu'on
doit même perdre, pour nous-mêmes, notre propre
Identité Personnelle (je suis untel, etc.). Le jour
viendra où nous ne retrouverons plus notre propre
Identité Personnelle. S'il s'agit de nous convertir
en autre chose, en quelque chose de différent, il
est évident qu'on doit même perdre notre Identité
Personnelle.
Il
faut nous convertir en créatures différentes,
en créatures heureuses, en êtres joyeux car
nous avons droit à la Félicité. Mais
si nous ne nous y efforçons pas, comment allons-nous
changer ? De quelle manière ? Voilà ce qui
est grave.
Le
plus important est de NE PAS NOUS IDENTIFIER avec les circonstances
de l'existence. La vie est comme un film et, en fait, c'est
un film qui a un début et une fin. Différentes
scènes passent sur l'écran du Mental et notre
erreur la plus grave consiste à nous identifier avec
ces scènes. Pourquoi ? Parce qu'elles passent ; simplement
parce qu'elles passent. Ce sont les scènes d'un grand
film et, à la fin, elles passent...
Heureusement,
sur le chemin de ma vie, j'ai toujours eu ceci comme devise
: « NE PAS S'IDENTIFIER AVEC LES DIFFÉRENTES
CIRCONSTANCES DE LA VIE ».
Il
me vient en mémoire, disons, des situations de mon
enfance. Étant donné que mes parents terrestres
avaient divorcé, il nous incombait, à nous,
les enfants d'une grande famille, de souffrir.
Nous
étions restés avec le « chef »
de famille et celui-ci nous interdisait alors d'aller rendre
visite à « la chef », c'est-à-dire
à notre mère terrestre ; cependant, nous n'étions
pas ingrats au point d'oublier « la chef ».
Je
m'échappais toujours de la maison avec un de mes
jeunes frères qui me suivait ; nous allions lui rendre
visite, puis nous retournions à la maison où
était le « chef ». Mais, mon petit frère
souffrait beaucoup car, au retour, il se fatiguait car il
était très petit et je devais alors le prendre
sur mes épaules (tant il était petit). Il
pleurait à chaudes larmes et disait :
-
Maintenant, de retour à la maison, le « chef
» va nous donner des coups de fouet et de bâton.
Je répondais en disant :
-
Petit, pourquoi pleures-tu ? TOUT PASSE, rappelle-toi que
tout passe...
Quand
nous arrivions à la maison, le « chef »
nous attendait, certes, rempli d'une grande colère
et il nous donnait des coups de fouet. Plus tard, bien sûr,
nous nous enfermions dans notre chambre pour dormir, mais
là, au moment de nous coucher, je disais à
mon petit frère :
-
Tu te rends compte ? C'est déjà passé.
Es-tu convaincu que tout passe ? C'est déjà
passé ; tout passe... Un jour parmi tant d'autres,
notre « chef » arriva à entendre que
je disais à mon frère : « Tout passe,
c'est déjà passé ». Et, évidemment,
notre « chef » qui était assez coléreux,
empoigna de nouveau le terrible fouet qu'il avait et il
pénétra dans notre chambre en disant :
-
Alors, comme ça, tout passe, espèces de mal
élevés ! Puis, il nous donna une autre correction
plus terrible encore, après quoi il se retira (ayant
l'air très soulagé de nous avoir fouettés).
Dès qu'il fut sorti, je dis un peu plus doucement
à mon frère :
-
Tu vois ? Ça aussi, c'est déjà passé...
C'est-à-dire
que je ne m'identifiais jamais avec ces scènes ;
et je pris comme devise, dans la vie, de ne jamais m'identifier
avec les circonstances, avec les évènements,
avec les situations, car je sais que ces scènes ne
font que passer.
On
se préoccupe tellement pour un énorme problème
qu'on ne peut pas résoudre et plus tard, voilà
qu'il passe et qu'arrive une autre situation complètement
différente. Alors, pourquoi s'est-on préoccupé
si ça devait passer ? Pour quelles raisons s'est-on
préoccupé ?
Quand
on s'identifie aux différents évènements
de la vie, on commet beaucoup d'erreurs. Si on s'identifie
au verre de liqueur que nous offre un groupe d'amis «
poivrots », alors on s'enivre. Si on s'identifie à
une personne du sexe opposé, à un moment donné,
on se retrouve en train de forniquer. Si on s'identifie
à un offenseur qui nous blesse avec ses paroles,
on se retrouve aussi à insulter.
Vous
paraît-il raisonnable que nous, qui sommes de bonnes
personnes, apparemment sérieuses, nous nous retrouvions
en train d'insulter ? Croyez-vous que ce soit correct ?
Si on s'identifie à une scène de sentimentalisme
pleurnichard, par exemple, où tout le monde est en
train de pleurer amèrement, on se retrouve aussi
avec une bonne provision de larmes. Croyez-vous qu'il soit
correct que d'autres nous entraînent à pleurer
de la sorte, parce qu'ils en ont envie ?
Ce
que je vous dis est indispensable si vous voulez vraiment
vous auto-découvrir. C'est indispensable parce que
si on s'identifie totalement à une scène,
cela signifie qu'ON S'EST OUBLIÉ SOI-MÊME ;
on a oublié le travail qu'on est en train de faire
; on est alors en train de perdre totalement son temps.
Les
gens s'oublient complètement eux-mêmes ; ils
oublient leur propre Être Intérieur Profond
parce qu'ils s'identifient avec les circonstances.
Normalement,
les gens sont endormis car ils s'identifient aux circonstances
qui les entourent et chacun a sa CHANSONNETTE PSYCHOLOGIQUE,
comme je l'ai dit dans mon livre « La Psychologie
Révolutionnaire ».
À
peine rencontrons-nous quelqu'un, qu'il nous dit aussitôt
: « Dans ma vie, j'ai dû faire ceci et cela.
On m'a volé ; j'étais riche, j'avais de l'argent,
mais on m'a trompé. Untel est le voyou qui m'a trompé
» ; et voilà sa Chanson Psychologique.
Dix
ans plus tard, nous rencontrons la même personne et
elle recommence à nous raconter la même «
chanson ». Vingt ans plus tard, nous rencontrons encore
cette personne qui nous raconte à nouveau la même
Chanson Psychologique. C'est sa Chanson Psychologique. Elle
est restée identifiée à cet évènement
pour le reste de sa vie.
Dans
ces conditions, comment allons-nous dissoudre l'Ego ? De
quelle manière ?... si on est en train de le fortifier.
En s'identifiant ainsi, on le renforce, on renforce les
Mois. Si on s'identifie à une bagarre, on se retrouve
aussi en train de donner des coups de poings.
Il
me vient en mémoire le souvenir d'un match de boxe
aux États-Unis entre deux champions, où finalement
tous les spectateurs, devenus complètement fous,
finirent par se donner des coups de poings les uns aux autres.
Ils se donnaient tous des coups de poings les uns contre
les autres. Ils étaient tous devenus boxeurs... Vous
voyez ce qu'est l'identification.
J'ai
vu une dame qui, en regardant un film où les acteurs
pleuraient (bon, ils faisaient semblant de pleurer, c'est
clair)... mais cette dame qui était en train de regarder
un film se mit tout de suite à pleurer aussi, d'une
manière terrible, prise d'une angoisse épouvantable.
Vous
voyez ce qu'est l'identification. Qu'a fait cette pauvre
femme qui s'est s'identifiée au film ? Elle s'est
crue le héros ou l'héroïne du film. Elle
a créé un nouveau Moi à l'intérieur
d'elle-même ; et ce nouveau Moi lui a volé
une partie de sa Conscience.
De
sorte que, si cette personne était endormie, elle
l'est encore plus maintenant. Pour quelle raison ? À
cause de l'identification, c'est évident.
Une
fois, il m'arriva d'aller au cinéma, il y a de nombreuses
années de cela. Donc, le film était très
romantique. On y voyait apparaître un couple d'amoureux
qui se désiraient et s'adoraient et je ne sais quoi...
Bon,
et moi j'étais très intéressé
de voir ce couple d'amoureux : leurs attitudes, leurs paroles
; que de regards ! Que de choses ! Et j'étais ravi
de les regarder et de les regarder encore... Enfin, le film
se termina et je retournai chez moi, tout à fait
tranquille.
Une
fois arrivé chez moi, j'eus sommeil et je me couchai...
[...]. Et alors, cette nuit-là, je me retrouvai dans
le Monde Mental. Là, j'y rencontrai une femme, comme
celle que j'avais admirée dans le film. Elle était
même très jolie et cette femme se trouvait
face à moi.
Je
m'assis avec elle à une table pour prendre quelques
rafraîchissements. C'est alors qu'arrivèrent
les paroles douces, tout à fait semblables à
celles du film, évidemment. Finalement, je n'allai
pas jusqu'à la copulation chimique, ni rien de semblable
; par contre, il ne manqua pas de baisers, d'étreintes,
de caresses, de tendresse et de cinquante mille choses de
ce style...
Je
vous raconte une histoire qui s'est passée il y a
vingt ans ; elle n'est pas de maintenant, car maintenant,
je ne vais plus au cinéma. Mais à cette époque
par contre, j'allais au cinéma ; il me semblait que
c'était un divertissement très sain (c'est
ce que je croyais).
En
arrivant alors dans le Monde Astral, je me retrouvai dans
un grand Temple et je pus vérifier qu'un Maître
était en train de m'analyser. Bien sûr, je
me dis en moi-même : « J'ai fait une bêtise
».
Je
reculai de quelques pas pour attendre ou voir ce qui allait
se passer et, tout à coup, le Maître me fit
envoyer un papier par l'intermédiaire du Gardien
du Temple. Le Gardien me le remit ; je lus le papier qui
disait : « Retirez-vous immédiatement de ce
Temple, mais avec INRI » (Avec INRI : c'est-à-dire
en conservant le feu puisque je n'avais pas forniqué,
à proprement parler. On n'avait pas dépassé
la tendresse). Bref je me dis alors : « De toute évidence,
c'est très grave. »
Je
sortis très doucement, j'avançai dans l'allée
de la nef centrale et, avant de sortir du Temple, je m'agenouillai
humblement sur un prie-Dieu, demandant miséricorde,
demandant qu'on ait un peu de pitié pour mon insignifiante
personne qui, c'est vrai, avait commis une bêtise.
J'étais
ainsi plongé dans mes prières et mes supplications,
lorsque soudain le gardien vint de nouveau vers moi et me
dit, cette fois de façon plus terrible :
-
On vous a ordonné de vous retirer. Quand je lui dis
que je voulais parler au Maître pour m'expliquer,
il me répondit alors :
-
Le Maître est occupé, en ce moment. Il est
en train d'examiner d'autres EFFIGIES du Monde Mental...
C'est
alors que j'en vins à me rendre compte que la personne
avec laquelle je m'étais trouvé, était
une EFFIGIE MENTALE créée par moi-même.
Je l'avais créée en plein cinéma. Cette
effigie avait pris sa vie propre dans le Monde Mental ;
c'était une femme exactement identique à l'actrice
que j'avais vue dans le film.
Bref
je l'avais reproduite dans mon pauvre Mental et maintenant,
dans le Monde du Mental, je m'étais trouvé
face à face avec cette effigie créée
par moi-même. Le Maître continuait à
examiner d'autres Effigies d'autres Initiés. Je n'avais
pas d'autre solution que de sortir du Temple. Je revins
à mon corps physique. Pendant tout le jour suivant,
je fus très triste et regrettai d'être allé
au cinéma. « Quelle bêtise ! »
me dis-je, « je n'aurais pas dû y aller ; voilà
ce que j'ai fait : créer une Effigie Mentale ! ».
Je
demandai pardon cinquante millions de fois au Christ, au
Christ Intime, car je me dis : « Il est le seul à
pouvoir me pardonner cette bêtise ».
La
nuit suivante, je priai de tout mon coeur qu'ON ME REPRÉSENTÂT
L'ÉPREUVE dont je me sentais capable de sortir victorieux
; plus aucune tendresse, ni caresse à cette effigie
mentale, etc.
Et,
certes, on m'accorda de repasser l'épreuve ; on m'amena,
en CORPS MENTAL, au même endroit, à la même
table. De nouveau, je rencontrai « la dame de mes
rêves », l'actrice que j'avais vue sur l'écran
; les tendresses allaient recommencer quand je me souvins
de la situation. Immédiatement, je dégainai
l'ÉPÉE FLAMMIGÈRE et dis :
-
Contre moi, tu ne peux rien, tu n'es rien d'autre qu'une
forme mentale créée par mon propre Mental.
Et,
à l'instant même, je fis usage de mon Épée
Flammigère et je mis en morceaux cette Effigie Mentale,
je la réduisis en poussière.
Après
cela, on m'appela alors de nouveau dans le Temple Astral
et j'entrai dans le Temple Astral, cette fois-ci victorieux,
triomphant. On me reçut avec beaucoup de musique
et en grande fête. Par la suite, on me donna des instructions
me disant de ne plus retourner au cinéma car je pourrais
PERDRE MON ÉPÉE...
On
m'emmena en Astral pour me montrer ce que sont les cinémas,
remplis d'effigies mentales, effigies laissées par
les spectateurs. Tout ce qu'on voit là, sur un écran,
surtout si c'est morbide, se reproduit dans le Mental des
gens ; les mêmes scènes, les mêmes formes.
Ceux qui sortent de là, laissent une multitude de
formes mentales dans ces ANTRES DE MAGIE NOIRE.
Conclusion
: on me dit qu'au lieu d'aller au cinéma, je pourrais
réexaminer mes existences antérieures, chose
plus utile que d'aller au cinéma.
J'accomplis
l'ordre et il est clair que je cessai d'aller au cinéma.
Mais, qu'est-ce qui m'a porté préjudice ?
Évidemment, c'est de m'être identifié
à ce film qui passait. Cette dame me parut si belle,
à cette époque, que j'en arrivai à
me sentir moi-même le galant ; non pas celui du film,
mais moi. Résultat : ÉCHEC. Cela s'est passé
il y a vingt ou vingt-deux ans ; mais je ne l'ai pas oublié...
Nous
ne devons jamais nous identifier avec tout ce que l'on voit
dans la vie : les circonstances, les évènements
désagréables passent ; tout passe.
On
doit profiter des circonstances pour s'étudier, pour
s'observer soi-même. Au lieu d'être identifié
aux circonstances désagréables, on doit s'étudier
soi-même : ai-je de la colère ? Ai-je de la
jalousie ? Ai-je de la haine ? Qu'est-ce que je ressens
en ce moment, face à ce qui m'arrive ?
C'est
ainsi qu'on profite du Moi, en sachant NE PAS S'IDENTIFIER,
en sachant tirer parti de tout ; n'oubliez pas que les pires
adversités nous offrent les meilleures opportunités
pour l'Auto-découverte.
Quand
on s'identifie aux circonstances désagréables,
on commet des erreurs, on se complique la vie et des problèmes
se forment.
Tous
les gens sont remplis de problèmes parce qu'ils s'identifient
à ce qui leur arrive, à ce qui se passe, à
ce qu'ils vivent. C'est pourquoi ils sont tous remplis de
problèmes.
Mais
si on ne s'identifie à rien de ce qui nous arrive,
si on dit : « Tout passe, tout passe, c'est une scène
qui passe » et qu'on ne s'identifie pas à elle,
eh bien, on ne se complique pas la vie non plus. Mais les
gens adorent se compliquer la vie. Si quelqu'un les blesse
d'une parole dure, ils réagissent avec violence.
Tout
le monde aime se compliquer l'existence et plus on réagit
avec violence, plus ça s'aggrave, plus la situation
devient dure et tout devient toujours plus pénible.
Profitons
des circonstances désagréables de la vie pour
l'Auto-découverte. Ainsi, nous saurons quels types
de défauts psychologiques nous possédons.
Prenons la VIE comme un GYMNASE PSYCHOLOGIQUE. Si nous procédons
ainsi, alors nous pourrons nous auto-découvrir. Voilà
ce que j'avais à dire ce soir.
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