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4. La Connaissance Objective de l'Essence (Le petit monde
limité dans lequel nous vivons)
Samaël Aun Weor
Conférence intitulée "EL CONOCIMIENTO
OBJETIVO DE LA ESENCIA (El pequeño y limitado mundo
en quevivimos)"
Il
est indubitable que nous avons besoin de réfléchir
un peu sur nous-mêmes... On nous a dit que nous sommes
le Microcosme du Macrocosme, mais nous vivons réellement
dans les parties inférieures de nos cinq centres
(nous savons bien que nous avons cinq centres : l'Intellectuel,
l'Émotionnel, le Moteur, l'Instinctif et le Sexuel).
Il
est indiscutable que ce microcosme auquel nous appartenons
est contrôlé par tous nos intérêts
de type personnel ; c'est pour cette raison que nous ne
nous rendons même pas compte de ce qu'est réellement
la planète Terre. Nous pourrions dire que nous vivons
dans notre propre Microcosme (petit cosmos infinitésimal),
mais étant donné que nous sommes complètement
bloqués par nos sens externes, je le répète,
nous ne pouvons même pas être sûrs que
nous vivons réellement sur la planète Terre.
Nous
vivons dans notre Microcosme particulier, mais pas sur la
planète Terre. Pourquoi ? Parce que notre mental,
nos sentiments, nos désirs, nos émotions vivent
en nous, à l'intérieur de notre petit monde
; les intérêts mesquins nous contrôlent,
nous n'avons pas le temps de penser à autre chose
qui ne soit pas en rapport avec nos intérêts
égoïstes, nos passions, etc.
Par
conséquent, franchement, nous ne vivons pas vraiment
sur la planète Terre (ceci paraît paradoxal,
mais c'est certain). Qui pourrait se vanter de connaître
réellement la planète sur laquelle nous vivons
? C'est un monde avec Sept Dimensions. Qui le connaît
? Nous savons que dans la mer, surtout dans certaines zones
profondes et isolées du Pacifique et de l'Atlantique,
il y a des phénomènes extraordinaires, il
y a des lieux où les bateaux ne peuvent pas avancer
: « des eaux mortes », comme on dit, pour lesquelles
il n'existe pas d'explication...
Si
nous frottons une allumette dans le but d'obtenir du feu,
il est évident qu'avec le frottement apparaît
le feu ; mais, avant le frottement, le feu était
dans l'allumette à l'état latent ; avec le
frottement, la seule chose que nous ayons obtenue est de
permettre que le feu s'échappe. Toutefois, les gens
croient qu'avant le frottement le feu n'existait pas dans
l'allumette ; alors, si le feu n'existait pas, d'où
est sorti le feu ? Rien ne peut sortir de rien. C'est pourquoi
le feu existait avant l'allumette. Et quelle est la nature
du feu ? Sur cela, on n'a rien pu expliquer ; les scientifiques
se limitent à dire que « c'est le produit des
combustions », c'est-à-dire qu'ils s'échappent
en prenant la tangente ; un tel concept n'est rien de plus
qu'un emplâtre pour masquer leur ignorance...
Ils
étudient la mécanique des phénomènes,
mais que savent-ils de la vie ? Les scientifiques peuvent
connaître toute la mécanique de la vie, mais
que savent-ils sur le Fond vital ? Rien !... Il y a quelques
mois s'est propagée, dans un journal, la nouvelle
qu'on pouvait faire sortir des enfants d'un laboratoire.
Chose absurde ; fils de simple laboratoire, « bébé
éprouvette » ! A-t-on jamais vu pareille stupidité
? Et pourquoi tout ce tapage ? Eh bien, ils avaient simplement
réussi à unir un spermatozoïde masculin,
bien sûr, avec un gamète féminin, c'est-à-dire
avec un ovule ; et, une fois unis, ils les ont placés
à l'endroit approprié à l'intérieur
de l'organisme, et il est évident que s'est produite
la gestation. Cela n'a rien de nouveau (c'est la fameuse
« insémination artificielle », c'est
certain) ; mais eux pensaient qu'ils étaient en train
de créer la vie.
Si
nous mettons les matières chimiques dont sont faits
un spermatozoïde et un ovule, et que nous demandons
aux scientifiques de faire une paire de gamètes masculin
et féminin, je suis sûr qu'ils le feront ;
mais si, ensuite, nous leur demandons qu'après avoir
unis ces gamètes artificiels ils les déposent
à l'endroit approprié, dans le corps féminin,
pour qu'il en résulte un enfant, ou simplement qu'ils
les mettent dans un « bac » très spécial,
je suis sûr qu'il ne sortira rien de là...
Un
jour, un matérialiste athée, ennemi de l'Éternel,
discutait avec un homme très religieux et ils en
vinrent à discuter sur cette histoire classique :
« Qui a été le premier : la poule ou
l'oeuf ? » (C'est une histoire qui n'en finit pas,
évidemment). Qui a pondu l'oeuf ? La poule. Et la
poule, d'où est-elle sortie ? De l'oeuf. Et l'oeuf,
d'où est-il sorti ? De la poule... Bref, cette question
n'a jamais de fin. Mais bon, après avoir tant discuté
et discuté et discuté, le religieux mit alors
le matérialiste au défi de faire un oeuf,
pour voir s'il se sentait vraiment capable d'en faire sortir
un poussin. Le matérialiste dit qu'il le ferait et
il le fit (un oeuf très bien fait). Après
qu'il l'eut fait, le religieux lui dit : « Bon, nous
allons donc le mettre maintenant sous une poule pour qu'un
poussin puisse en sortir »... Et ils le mirent sous
une poule, mais rien n'en sortit (c'était un oeuf
mort, sans vie). Ceci nous rappelle beaucoup Don Alfonso
Herrera, ce grand sage mexicain, qui est arrivé à
faire une cellule vivante (je dirais plutôt une cellule,
mais pas vivante ; une imitation de vie, mais une cellule
telle qu'elle est) ; mais ça a toujours été
une cellule morte, elle n'a jamais eu vraiment de vie, et
pourtant la cellule était parfaite : avec son noyau,
sa membrane, etc., mais c'était une cellule qui n'a
jamais eu de vie (une cellule morte, je le répète).
Par
conséquent, nous vivons sur une planète que
nous ne connaissons pas ou, pour mieux dire, nous ne vivons
pas sur la planète, nous vivons dans notre petit
monde ; chacun de nous est conditionné par ses propres
intérêts, passions, désirs, préoccupations,
etc. À proprement parler, nous ne vivons pas sur
la planète Terre...
On
nous a dit qu'il existe des sens internes, nous ne le nions
pas ; il est évident qu'il y a plus de sens internes
que de sens externes. Différentes écoles ont
des méthodes pour développer des pouvoirs,
pour développer les sens intimes, les sens internes,
mais, en vérité, mes chers frères,
je vous dis que si nous voulons développer les sens
internes, nous devons commencer par développer le
sens de l'observation de soi-même, c'est-à-dire
de l'Auto-observation. Ce sens-là est latent en chacun
de nous, mais il faut le développer ; ce développement
n'est possible qu'à force de pratique ; à
mesure que nous allons utiliser un tel sens, celui-ci finira
par se développer de lui-même et, au fur et
à mesure que nous progresserons dans l'observation
de nous-mêmes, d'autres sens vont aussi se manifester
et, enfin, le jour où, au moyen de l'Auto-observation
intime, nous nous connaîtrons à fond, intégralement
et dans tous les départements du mental et du coeur,
les multiples sens internes que nous possédons se
manifesteront, se développeront merveilleusement.
Voilà pourquoi on nous a dit : « NOSCE TE IPSUM
» « Homme connais-toi toi-même »
(et tu connaîtras l'Univers et les Dieux).
À
mesure que nous devenons plus réfléchis, nous
comprenons aussi l'état lamentable dans lequel nous
nous trouvons... Etant donné que les gens ne vivent
que dans le petit monde qu'ils portent en eux, et cela dans
les étages les plus bas de leur machine, il est clair
qu'ils ne comprennent pas les choses qui sont en rapport
avec le Cosmos ou avec les Cosmos et que ça ne les
intéresse même pas ; c'est quelque chose qui
est bien au-delà d'eux-mêmes. La seule chose
qui intéresse les gens, ce sont les affaires mesquines,
la pleine satisfaction de leurs vices, de leurs passions,
des intérêts qu'ils se sont créés,
de leurs préoccupations et de leur égoïsme,
l'argent et davantage d'argent, la fornication, l'alcool,
etc. (C'est ça l'humanité). Mais quand on
parle aux gens des SEPT COSMOS et qu'on essaye de leur faire
commencer à étudier les lois et leurs principes,
alors, franchement, ils ne ressentent pas beaucoup d'intérêt
pour cela, parce que c'est bien au-delà d'eux-mêmes,
ça ne fait pas partie de leurs préoccupations
mesquines ; c'est la crue réalité des faits.
Nous
avons besoin d'étudier la Gnose profondément
; c'est pour cela qu'il y a les livres, c'est pour cela
qu'il y a les conférences, etc. ; mais la simple
lecture des oeuvres ne suffit pas, il faut aller plus loin,
mes frères...
Il
n'y a pas de doute qu'au début nous avons besoin
de lire, d'écouter les enregistrements, de venir
aux cours, de prendre des notes dans nos carnets ou nos
cahiers et d'apprendre cela de mémoire ; la mémoire
est le principe formatif, mais ce n'est pas tout. Si nous
confions toujours tout à la mémoire, à
long terme cela ne nous servira à rien, parce que
la mémoire n'est pas fidèle à cent
pour cent ; ce qui est confié à la mémoire
se perd tôt ou tard. Si nous voulons vraiment profiter
de ces enseignements, nous devons déposer ces connaissances
dans la Conscience, c'est évident. Au début,
je ne nie pas que nous ayons besoin de la faculté
formative, c'est-à-dire de la mémoire, mais
la connaissance ne doit pas en rester là.
Lorsqu'au
moyen de la méditation nous essayons de connaître
le sens intime de ce que nous avons déposé
dans la mémoire, alors ces connaissances qui y sont
déposées passent aux parties supérieures
du centre intellectuel et si nous essayons d'être
plus conscients de l'enseignement, ce qui arrivera, à
la fin, c'est que cette connaissance sera définitivement
absorbée par le centre émotionnel, qui n'est
plus l'intellectuel (nous devons faire la différence
entre le centre émotionnel et le centre intellectuel).
Quand
la connaissance est devenue émotionnelle, quand elle
a été déposée dans le centre
émotionnel, elle est absorbée finalement dans
l'Essence, c'est-à-dire dans la Conscience, et la
connaissance qui retourne à la Conscience n'est jamais
perdue, pas même avec le décès du Corps
Physique, parce qu'en revenant nous la ramenons à
la Conscience. Mais ce qui est déposé exclusivement
dans la mémoire est perdu tôt ou tard ; c'est
pour ce motif, mes chers frères, qu'il est conseillé
de déposer la connaissance dans la Conscience...
Je
répète : il faut d'abord étudier ;
puis déposer toute l'information dans le centre formatif
(la mémoire) ; essayer ensuite de capter, d'appréhender
le sens intime de ce que nous avons déposé
dans notre mémoire. Quand nous le faisons, nous ressentons
pour cette connaissance quelque chose de sentimental, pour
ainsi dire, ou d'émotif ou, pour être plus
clairs, d'émotionnel, parce qu'elle passe alors à
la partie émotionnelle du centre intellectuel, c'est-à-dire
qu'elle sort de la mémoire et passe à la partie
émotionnelle du centre intellectuel. Mais, si nous
insistons en essayant d'appréhender ou de capter
l'essentiel de la connaissance, elle deviendra une émotion,
une émotion vécue, elle passera, pour ainsi
dire, au centre émotionnel et, en faisant de nouvelles
méditations, elle deviendra consciente ; cela arrivera
lorsque finalement la connaissance émotionnelle sera
submergée dans l'Essence, dans la Conscience. C'est
donc le processus par lequel doit passer la connaissance,
afin qu'elle devienne consciente...
Les
gens communs et ordinaires vivent bloqués par leurs
sens externes ; toutefois, il y a des gens qui ont déjà
établi, en eux-mêmes, un CENTRE de GRAVITÉ
PERMANENT ; ce sont des personnes qui, dans des vies précédentes,
ont suivi ces études ; ces personnes chercheront
cet enseignement, elles le désireront, elles sentiront
qu'au-delà du monde des sens il y a quelque chose
et elles ne se trompent pas. Bien au-delà des sens
avec lesquels nous nous mettons en contact avec le monde
extérieur, nous trouvons l'Essence. Il n'y a pas
de doute que les personnes qui possèdent un Centre
de Gravité Permanent aspirent vraiment à quelque
chose de distinct, de différent. Malgré toutes
les contingences de l'existence, je crois comprendre que
leur Essence est restée immuable, disons qu'elle
n'a pas été détériorée
ou altérée.
Par
conséquent, l'Essence est ce que nous possédons
de meilleur en nous ; l'Essence est la Conscience, c'est
ce qui est le plus décent, le plus digne de notre
Etre...
Il
existe deux courants de pensées en chacun de nous
: l'un vient de la Personnalité, l'autre de l'Essence.
Nous pouvons aussi dire que les pensées qui viennent
de la Personnalité cultivée sont donc, en
apparence, plus brillantes ; mais, bien que leur contenu
soit dense, les pensées qui viennent de l'Essence
sont, au fond, de type supérieur ; toutefois, on
a besoin d'une bonne capacité d'observation pour
les distinguer les unes des autres.
Comme
les pensées de l'Essence sont plus simples et celles
de la Personnalité plus compliquées, il pourrait
nous arriver de nous tromper et de croire que les pensées
de cette dernière, c'est-à-dire de la Personnalité,
sont de qualité supérieure à celles
de l'Essence ; mais une telle confusion est basée
spécialement sur l'ignorance. Les pensées
de l'Essence, même si elles n'ont pas beaucoup d'érudition,
même si elles sont très simples, sont indiscutablement
de qualité supérieure...
Quand
quelqu'un commencera, dans la vie, à se soucier un
peu de sa situation dans cette existence, quand il se rendra
compte, donc, qu'il n'est rien de plus qu'un habitant de
la Terre qui, elle, est trop petite ; quand il pensera que
la Terre est un fragment de Soleil, une partie détachée
du Soleil ou une particule de Soleil, cela indiquera indubitablement
que son Essence a, disons, des inquiétudes, qu'elle
désire, qu'elle a quelque chose de type supérieur.
Il
est évident que des pensées de ce type, bien
que très simples, n'intéressent pas les gens
qui vivent dans leur petit monde minuscule, celui du Microcosme,
les gens qui vivent dans le monde infinitésimal des
sens ordinaires. Ils ne ressentent pas le désir de
savoir si la Terre est un morceau de Soleil et si le Soleil
appartient à la Voie Lactée, à moins
que l'Essence ne fasse surgir en eux, dirons-nous, une telle
préoccupation ou une telle aspiration ; c'est l'Essence
qui a cette qualité de pensées, simples, mais
au fond grandioses.
Par
conséquent, il est nécessaire que les frères
comprennent que ce que nous avons de plus important à
l'intérieur de nous c'est l'Essence, c'est-à-dire
la Conscience...
Beaucoup
de gens se préoccupent des pouvoirs magiques ; moi,
je vous dis que l'ESSENCE ÉVEILLÉE possède,
en elle-même, de très belles facultés.
Ce dont nous avons besoin est de développer l'Essence
; et on ne pourra pas la développer sans travailler
sur soi-même. Quand nous nous préoccupons vraiment
d'éliminer, de notre nature intime, nos défauts
psychologiques : colère, avidité, luxure,
envie, orgueil, paresse, gourmandise, etc., l'Essence, naturellement,
commence à se développer merveilleusement.
Normalement,
l'Essence est embouteillée, comme je l'ai déjà
dit tant de fois, dans ces multiples « éléments
inhumains » que nous portons à l'intérieur
de nous (je me réfère aux défauts psychologiques).
Au fur et à mesure que nous allons désintégrer
ou pulvériser ces « éléments
», l'Essence va se dégager, se désembouteiller,
s'émanciper, et, quand nous aurons obtenu l'annihilation
totale de tous les « éléments indésirables
» que nous portons à l'intérieur de
nous, alors l'Essence sera absolument libre, complètement
éveillée, avec une spontanéité
précieuse dans ce monde de la manifestation.
Donc,
à mesure que nous allons annihiler l'Ego, c'est-à-dire
le « Moi » de la psychologie, le « moi-même
», l'Essence se libérera. Avec la mort radicale
du « Moi », du « moi-même »,
du « soi-même », l'Essence sera absolument
libre et une Essence libre, en se manifestant à travers
un corps humain, à travers un cerveau (ou trois cerveaux,
parce qu'en réalité non seulement nous avons
le cerveau intellectuel, mais nous avons aussi le cerveau
émotionnel et le cerveau moteur), sera une Essence
naturellement très précieuse et, en elle,
resplendiront les pouvoirs de la clairvoyance, de la clairaudience,
de la télépathie, les facultés pour
le dédoublement astral et beaucoup d'autres sens
intimes qu'il serait trop long d'énumérer...
C'est
ainsi que le chemin pour obtenir des pouvoirs est celui
de la mort ; ce n'est pas pour rien qu'on a dit «
Si le germe ne meurt pas, la plante ne naît pas »...
Quand nous mourons en nous-mêmes, quand ce «
cher Ego » que nous portons en nous redevient poussière,
les pouvoirs affleurent parce que l'Essence surgit (l'Essence
libre surgit) ; l'Essence libre jouit de très nombreuses
facultés, de sens précieux, de capacités
étonnantes.
Il
existe aussi de multiples organisations ; diverses organisations,
écoles, etc., pour développer les «
Chakras », pour obtenir des pouvoirs magiques ; certaines
de ces institutions enseignent, en définitive, des
pratiques que nous pourrions qualifier de « NOIRES
». En vérité, nous pouvons affirmer,
mes chers frères, que si nous ne nous préoccupons
que de développer des pouvoirs et que nous n'annihilons
pas le « moi-même », le « soi-même
», le « Moi » de la psychologie, ce qui
pourrait nous arriver, en plus, c'est que nous nous convertissions
en MAGES NOIRS... Les Saintes Ecritures en ont parlé
très clairement ; l'Évangile a dit : «
Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et sa Justice, et tout
le reste vous sera donné de surcroît »...
Voyez
comme un nouveau-né est beau ! La seule chose qui
s'exprime à travers cet enfant (dans cet enfant)
c'est l'Essence (mais, je le répète, je parle
d'un nouveau-né). Ceux qui pensent qu'un nouveau-né
se trouve en état d'inconscience, endormi, se trompent
profondément. Un nouveau-né vous regarde avec
pitié, il est plus éveillé que vous.
Si vous croyez qu'il ne se rend pas compte de votre vie,
vous vous trompez parfaitement ; non seulement il se rend
compte de la manière dont vous vivez, mais, ce qui
est pire, des horreurs que vous portez en vous ; et c'est
ce qui est le plus lamentable.
Je
ne veux pas dire que 100% de l'Essence s'exprime dans un
nouveau-né ; non, évidemment, dans l'enfant
qui est venu, dans celui qui est revenu à l'existence
(je veux dire qui s'est réincorporé dans un
nouvel organisme humain) s'exprime seulement une fraction
minime d'Essence, mais cette minime fraction libre (qui
peut s'exprimer chez l'enfant parce qu'elle est libre),
est aussi, indiscutablement, éveillée et auto-consciente.
Il est regrettable que la totalité de l'Essence ne
puisse pas s'exprimer ; pratiquement 3% environ d'Essence
s'expriment chez un nouveau-né, mais l'ensemble de
ces 3% est libre, auto-éveillé et conscient
; par conséquent, il a beaucoup de sens intimes en
pleine activité.
Il
est évident qu'au fur et à mesure que le temps
passe, tout se met à changer ; cet enfant va s'endormir,
spécialement à cause des grandes personnes
; il commence à imiter les gestes de ses aînés,
leurs émotions inférieures, etc., jusqu'à
ce qu'il finisse aussi par être endormi, en faisant
la même chose...
Etant
donné que le « Moi » est multiple, un
véritable Illuminé qui se propose d'observer
un nouveau-né pourra voir ce qui suit : un enfant
éveillé dans son berceau ; une fraction minime
d'Essence qui s'exprime, qui est complètement auto-consciente,
éveillée ; mais il voit aussi, autour du berceau,
des créatures qui essaient de se manifester, différents
Egos, différents « Mois », certains avec
de belles formes, d'autres avec des formes horripilantes,
qui vont et viennent, qui entrent et sortent de cette chambre
où dort l'enfant, qui tournent autour du berceau,
etc. Ce sont les « Mois » qui attendent de s'exprimer
; à l'intérieur de ces « Mois »
est réparti le reste de l'Essence, c'est-à-dire
les 97% de l'Essence qui sont, dirons-nous, embouteillés
dans chacun de ces « Mois » (dans un «
Moi » est embouteillée une certaine quantité
d'Essence, dans un autre « Moi », une autre
quantité, etc.).
Et
ces multiples « Mois » tournent autour du berceau
; ils voudraient s'exprimer, se manifester, se mettre dans
le petit corps de l'enfant, mais ils ne le peuvent pas.
Et ce qui arrive, c'est qu'au fur et à mesure que
le temps passe, la nouvelle personnalité du nourrisson
se forme peu à peu ; elle se forme avec l'exemple
des plus grands, de l'école, etc. ; de sorte qu'à
mesure que va se former la nouvelle personnalité,
les « Mois » vont avoir aussi l'occasion de
s'exprimer lorsque la fontanelle frontale des nouveau-nés
se ferme (vous avez parfaitement observé chez les
enfants que le pariétal supérieur des enfants
est légèrement ouvert ; c'est ce qu'on appelle
« la cervelle » ; nous disons, techniquement,
la fontanelle frontale des nouveau-nés).
Tant
qu'elle est ouverte, tout marche bien ; mais, au fur et
à mesure que cette fontanelle frontale se ferme,
la personnalité se développe également
et la capacité pour que les « Mois »
commencent à intervenir devient de plus en plus grande
; alors on commence à voir chez les enfants certaines
manifestations de colère (spécialement vers
l'âge de trois et quatre ans) ; ils commencent à
devenir irascibles et peu à peu les « Mois
» ont l'opportunité de s'exprimer, jusqu'à
ce qu'ils finissent tous par se manifester définitivement.
C'est intéressant d'observer les nouveau-nés...
Comme
ce serait bien - je vous le dis - si l'Essence n'était
pas embouteillée, mêlée à tous
les « Mois » ; comme ce serait bien si l'enfant
grandissait sans qu'aucun « Moi » ne prenne
place en lui, si la totalité de son Essence était
en lui pendant toute sa vie ! Alors les cylindres de la
machine : intellect, émotion, mouvement, instinct
et sexe, seraient tous les cinq sous le contrôle de
l'Essence et ils fonctionneraient en harmonie avec l'Infini
! Malheureusement, 97% de l'Essence est embouteillé
dans les divers « éléments » qui
constituent l'Ego, le « Moi »... Il est nécessaire
de développer l'Essence, de la désembouteiller,
de la dégager ; quand nous y arriverons, de multiples
pouvoirs divins, naturels, s'exprimeront en nous, avec toute
leur beauté et avec toute leur puissance. Nous n'avons
donc pas besoin « de nous donner de la peine »
pour obtenir des pouvoirs, nous devons nous « donner
de la peine » pour mourir en nous-mêmes, ici
et maintenant, parce que « ce n'est qu'avec la mort
qu'advient le nouveau »...
Observez
la vie des grands mystiques chrétiens : ils ne se
sont pas souciés d'obtenir des pouvoirs, ils se sont
seulement souciés de la sainteté, d'éliminer
chacun de leurs défauts psychologiques, de mourir
en eux-mêmes et, au fur et à mesure qu'ils
y arrivaient, de multiples facultés supranormales
s'exprimaient en eux. On les a toujours connus comme des
« saints » et beaucoup d'entre eux ont les origines
les plus diverses, soit d'Orient, soit d'Occident. C'est
donc la sainteté qui est le plus important, mes chers
frères... Ma conférence est terminée.
Si quelqu'un a quelque chose à demander, il peut
le faire avec la plus entière liberté.
Disciple.
Maître, vous nous avez expliqué le processus
par lequel doit passer la connaissance afin qu'elle devienne
consciente. Voici ma question : la nature de la Vérité
est-elle de caractère émotionnel ou de caractère
instinctif ?
Maître.
La Vérité est quelque chose qu'on ne peut
pas définir, parce que si on la définit on
la déforme. Mais nous pouvons dire que les étapes
pour que la connaissance devienne consciente sont tracées
de la manière suivante : d'abord on étudie,
pour qu'ensuite la connaissance soit déposée
dans la mémoire. Seconde étape, on médite
dans le but de capter le sens profond de la connaissance
déposée dans la mémoire ; quand on
y arrive, la connaissance (grâce à la méditation)
passe à la partie émotionnelle du centre intellectuel,
et ceci, il faut l'expliquer...
Le
centre intellectuel a trois parties : la partie intellectuelle
supérieure, la partie émotionnelle et la partie
motrice. Nous pouvons dire que la connaissance passe à
la partie émotionnelle du centre intellectuel ; alors
nous commençons à ressentir une certaine saveur
par rapport à ce que nous avons déposé
dans la mémoire. A un stade plus avancé de
la méditation, cette connaissance abandonne définitivement
le centre intellectuel, pour être déposée
strictement dans le centre émotionnel et, ultérieurement,
grâce à la technique de la méditation,
nous arriverons enfin à ce que cette connaissance
passe du centre émotionnel à l'Essence. C'est
dans l'Essence, donc, qu'est déposée cette
connaissance, c'est-à-dire la Vérité
ou les Vérités que nous pouvons amener à
l'Essence ; pour parler plus clairement, elles ont une saveur
plutôt émotionnelle (je ne parle pas d'émotions
inférieures, mais d'émotions de type supérieur).
L'émotion
supérieure permet à toute Vérité
de passer à l'Essence où elle finit par rester
déposée ; mais l'intellect froid et analytique
d'un Aristote, par exemple, est complètement boiteux
; il ne permettrait jamais à la connaissance de devenir
consciente ; il resterait déposé strictement
dans la mémoire et c'est tout... C'est pourquoi nous
disons qu'entre les systèmes aristotéliciens
(qui ne sont que des raisonnements purs et froids) et les
systèmes platoniciens ou de Porphyre, je préfère
Platon. Les méthodes néoplatoniciennes ou
les Écoles de Jamblique et de Porphyre sont émotionnelles
et elles permettent d'amener la connaissance à la
Conscience, c'est-à-dire qu'elles permettent à
la connaissance de devenir consciente, ce qui ne serait
jamais obtenu avec le froid raisonnement d'un Aristote ;
c'est tout !... Y a-t-il une autre question ?
D.
Vénérable Maître, comment faire pour
que les enfants, au fur et à mesure que leur nouvelle
personnalité se forme, ne se laissent pas attraper
par les « Mois » ?
M.
La Vérité est ce qu'elle est (VERBUM EST CODEX)...
Il est donc évident que chez un nouveau-né
se trouve une minime fraction d'Essence qui s'exprime à
travers lui ; c'est pourquoi nous disons qu'il est beau
et sublime. Malheureusement, et c'est le pire, tôt
ou tard (surtout après que la fontanelle frontale
des nouveau-nés se soit fermée), les Mois
commencent à s'exprimer, ils commencent à
s'introduire dans le petit corps, parce qu'ils n'ont pas
été dissous... Si nous pouvions orienter les
enfants depuis l'enfance, nous devrions vraiment leur enseigner
le chemin de la Gnose, leur montrer ce qu'est l'Ego, etc.
Mais ceci serait, disons, un chapitre à part, ce
serait l'objet d'un autre entretien, et ce serait très
long de parler de l'éducation des enfants ; je me
limite uniquement à dire que tant que les Mois existent,
ils tendront à s'exprimer.
Ce
qui est souhaitable, c'est que nous désintégrions
les Mois pour que l'Essence reste libre. En revenant, en
retournant, en nous réincorporant dans un nouveau
véhicule, nous reviendrions alors complètement
éveillés et nous suivrions avec fermeté
« le Chemin en Lame de Rasoir », nous serions
différents.
Malheureusement,
quand nous nous réincorporons, tôt ou tard
les Mois commencent à se manifester et, quand ils
commencent réellement à entrer dans le corps,
à s'exprimer à travers nous, évidemment,
nous perdons cette beauté propre au nouveau-né...
Ce n'est pas pour rien que le Christ a dit : « Tant
que vous ne serez pas comme des enfants, vous ne pourrez
pas entrer dans le Royaume des Cieux »...
Il
nous faut reconquérir l'innocence dans le mental
et dans le coeur. Beaucoup de gens croient que l'innocence
nous rend plus faibles, plus idiots ; que quelqu'un peut
nous exploiter misérablement ; que comme on est innocent,
tout le monde « nous marche sur les pieds ».
Mais c'est un faux concept émis par l'Ego, parce
que l'Ego se croit fort, omnipotent et puissant, alors qu'en
réalité il ne l'est pas ; mais il croit qu'il
est très fort... La Vérité, c'est que
lorsqu'on désintègre l'Ego, on crée
l'innocence, mais avec de la sagesse, parce que la désintégration
de chaque « élément » nous donne
de la sagesse...
Observons
ce qu'est le processus de la colère. Combien y a-t-il
de situations de colère ? Il y en a de multiples,
n'est-ce pas ? On peut avoir de la colère dans une
attaque de jalousie, on peut avoir de la colère parce
que nous sentons qu'on nous a trompés, on peut avoir
de la colère par amour-propre, parce que quelqu'un
a blessé notre amour-propre, etc. Bien, étudier
la colère est très intéressant : comment
la colère s'est-elle produite ? Pourquoi une telle
situation de colère ? Comment a-t-elle explosé
? C'est ainsi ; lorsque nous dissolvons un « Moi »
de la colère, c'est parce que nous l'avons préalablement
compris et, par le fait de « l'avoir compris »,
nous avons acquis une sagesse formidable, unique...
Si
vous voulez le PAIN de la SAGESSE, vous devez comprendre
chacun des « éléments indésirables
» que vous allez désintégrer et, au
fur et à mesure que vous les comprendrez, vous acquerrez
de la sagesse. Bref, quand on désintègre la
totalité de l'Ego, qu'on a libéré l'Essence,
on devient innocent mais avec de la Sagesse, et la Sagesse,
la Sapience, nous protège parce qu'elle nous permet
de connaître non seulement le bon et le mauvais, mais
le mauvais du bon et le bon du mauvais.
D.
Maître, est-il vrai que les Egos, au fur et à
mesure qu'on les dissout, deviennent de plus en plus petits,
de plus en plus minces et qu'ils cessent d'avoir une forme
horrible pour devenir beaux, pour ainsi dire ?
M.
C'est ainsi ! Les Mois ont des formes variées. Il
y a des Mois monstrueux qui ressemblent à de véritables
bêtes horripilantes ; tout clairvoyant qui les observe
est horrifié... Avez-vous remarqué que les
nouveau-nés ont généralement peur,
qu'ils se mettent soudain à crier sans aucun motif.
Donc, c'est dû au fait qu'ils voient certains de leurs
propres Mois qui passent près du berceau et ceci
leur cause de la frayeur. Si cela arrive aux nouveau-nés,
pourquoi cela n'arriverait-il pas aux gens qui vivent dans
l'abîme ? Ils ont leurs propres Mois sous leurs yeux
et cela leur produit des effrois et des horreurs indescriptibles.
Mais, à mesure qu'on va, ici, dans le monde, dissoudre
les Mois, ceux-ci vont devenir de plus en plus petits.
Supposons
que nous voulions dissoudre un Moi de l'envie ; au début,
ce sera un monstre horrible, mais, au fur et à mesure
que nous le travaillerons, il perdra du volume ; il va devenir
de plus en plus petit et il va s'embellir ; finalement il
prendra la forme d'un enfant et l'enfant se mettra à
rapetisser de plus en plus, jusqu'à ce que finalement
il se désintègre, transformé alors
en poussière cosmique. Même là, on accomplit
ce que dit le Christ : « Tant que vous ne serez pas
comme des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des
Cieux »... Ainsi, il nous faut donc désintégrer
tous les Mois pour que l'Essence demeure libre et qu'elle
s'exprime en nous avec toute sa beauté, avec tout
son naturel, avec toute sa spontanéité...
Je
vous ai déjà dit que nous avons plus de sens
internes qu'externes et que nous devons commencer par utiliser,
développer ce sens de l'observation de nous-mêmes
; au fur et à mesure que nous l'utiliserons, d'autres
sens internes se mettront aussi à se développer,
c'est évident... Par conséquent, mes chers
frères, il est nécessaire de travailler intensément
sur soi-même. Un autre frère désire-t-il
poser une question ?
D.
Vous nous disiez, Vénérable Maître,
que certaines personnes possèdent un Centre de Gravité
Permanent établi en elles-mêmes et que leur
Essence reste immuable, qu'elle n'a pas été
détériorée ou altérée.
Ceci se réfère-t-il aux Maîtres tombés,
aux Bodhisattvas ?
M.
Bon, le Centre de Gravité Permanent se trouve chez
toute personne qui a suivi des études de ce type
dans des vies précédentes, dans ses existences
précédentes, qui a travaillé auparavant
sur elle-même. Les personnes de ce type forment leur
Centre de Gravité, un Centre de Gravité ;
certaines personnes l'auront plus fort et d'autres moins
fort. Quand une personne a un Centre de Gravité spécifique,
parce qu'elle a travaillé dans des vies précédentes,
indiscutablement, à son retour dans le monde, tous
les éléments dont elle a besoin pour son avancement
parviennent à cette personne : livres, instructeurs,
etc., tout vient à elle, c'est tout...
D.
Maître, nous qui avons tous fréquenté
des petits enfants, nous savons très bien qu'à
certaines occasions, il se produit chez eux certaines expressions
de contrariétés, comme ce que nous appelons
« être en rogne ». Pourrait-on considérer
de telles manifestations comme des expressions du «
Moi » pluralisé ou d'un certain « Moi
» spécifique ?
M.
C'est ainsi ! Ces Mois s'expriment librement et, au fur
et à mesure que l'enfant grandit, l'opportunité
ou les opportunités pour que s'expriment ces divers
Mois sont de plus en plus grandes, jusqu'à ce que
finalement tout le Moi pluralisé s'exprime définitivement
en lui et c'est ce qui nous rend laids, horribles. Si seule
l'Essence s'exprimait en nous, nous jouirions de la beauté
de Dieu ; d'une telle beauté émane, à
son tour, ce qui s'appelle « l'AMOUR »...
Pourquoi
y a-t-il tant de confusion dans le monde ? Vous voyez que
les « humanoïdes » ne se comprennent pas
les uns les autres. Je vais vous donner un cas concret.
Une dame, par exemple, décide soudain de s'occuper
d'un monsieur parce qu'elle « le trouve bien »,
parce qu'elle « le trouve » très sympathique,
etc. Elle peut le faire de façon désintéressée
; une telle dame n'a, disons, aucune pensée de luxure,
elle n'est pas amoureuse du monsieur ; uniquement, il semble
être une bonne personne et elle veut l'aider dans
ses nécessités, etc. Mais, qu'arrive-t-il
? Le monsieur a l'Ego et l'Ego contrôle les cinq cylindres
de la machine. Donc, comme l'Ego contrôle les cinq
cylindres de la machine, il interprète les choses
à sa guise ; et les bonnes manières de la
dame, au lieu de passer, disons, dans le centre émotionnel,
passent donc dans un autre cylindre : dans le centre instinctif-sexuel
et alors la luxure apparaît chez ce monsieur.
Il
est clair que le Mental est contrôlé par le
sexe, comme on le voit toujours, et le monsieur dit : «
Cette dame est amoureuse de moi, il est probable que je
lui plais bien »... Quelque temps après, il
commence à lui faire des propositions de type sexuel
; la dame est surprise et dit : « C'est impossible,
je me suis occupée de lui de façon désintéressée
et ce monsieur a mal interprété mes bonnes
façons, mes bonnes manières »... Oui,
il les a mal interprétées. Pourquoi les a-t-il
mal interprétées ? Parce qu'il a l'Ego et
que l'Ego contrôle les cinq cylindres de la machine
; mais si ce monsieur n'avait pas eu l'Ego, si seule l'Essence
avait contrôlé les cinq cylindres de la machine,
les attentions de cette dame seraient passées dans
le centre émotionnel et celui-ci se serait exprimé
avec une pure amabilité et une véritable beauté
; il n'y aurait donc pas eu de mauvaise interprétation...
Et
l'exemple que je vous ai donné, dans ce sens, peut
être étendu à beaucoup d'autres sens.
Nous disons un mot et quelqu'un d'autre l'interprète
mal. Pourquoi l'interprète-t-il mal ? Parce qu'il
ne l'interprète pas avec le centre correspondant,
il l'interprète avec un centre qui ne correspond
pas. Nous émettons un concept intellectuel, par exemple,
et il se peut que le centre émotionnel (non pas le
supérieur, mais l'inférieur) reçoive
ce concept intellectuel et qu'il l'interprète mal
; il pense qu'on est en train de blesser son amour-propre
; qu'avec ce concept, cet individu lui a lancé une
ironie, de façon à ce qu'il réagisse
contre elle. Bref, nous ne nous comprenons pas les uns les
autres. Pourquoi ? À cause de l'Ego et ce dernier
est une véritable « Tour de Babel ».
Et nous, les êtres humains, nous ne pourrons pas nous
comprendre, sur la face de la Terre, tant qu'il y aura l'Ego.
Tant que nous ne dissoudrons pas l'Ego, il y aura des guerres
et des rumeurs de guerres, il y aura des grèves,
il y aura de la violence, de la haine, etc. L'Ego nous a
tous rendus horribles, nous ne jouissons pas de la véritable
beauté ; c'est à cause de ça, parce
que nous avons l'Ego, que nous sommes laids, épouvantablement
laids...
Si
vous voyiez comme les Essences libérées de
l'Ego sont belles ; on est rempli d'extase, par exemple,
quand, avec nos facultés supérieures, on pénètre
dans un jardin et qu'on voit les « élémentaux
» des fleurs, innocents, dépourvus d'Ego ;
les « élémentaux » des arbres,
comme des enfants pleins de beauté, dépourvus
d'Ego (ils n'ont pas d'Ego ; il n'y a pas de problèmes
entre eux ; ils vivent dans un véritable paradis,
un de ces paradis élémentaux de la nature,
et ils jouissent de précieuses facultés, les
facultés libres de l'Essence)...
Par
conséquent, mes Frères, tant que nous resterons
tels que nous sommes, il nous sera impossible de jouir du
véritable bonheur ; mais le jour où nous parviendrons
à l'innocence, le jour où nous mourrons en
nous-mêmes, nous pourrons converser merveilleusement,
avec les créatures innocentes de toute cette création
et vivre avec elles dans les paradis, dans les différents
paradis élémentaux. Mais pas avec l'Ego !
Ainsi, avec l'Ego, les princes du feu, de l'air, des eaux
et de la terre nous ferment les portes... Nous sommes des
monstres horribles !
Quand
je suis en méditation, mes frères, et que
soudain quelqu'un vient me rendre visite, je m'en rends
compte, car les vibrations horribles, sinistres du visiteur
parviennent jusqu'à moi. Je me rends compte que celui
qui arrive porte l'Ego. Avec qui pourrait-on comparer quelqu'un
qui a l'Ego ? À Frankenstein ? Non, parce que Frankenstein
est une fiction qui n'a aucune valeur scientifique... Alors
à qui ? Au Comte Dracula ! C'est le type de vibrations
que porte toute personne qui a l'Ego. Maintenant, vous comprendrez
pourquoi les créatures des éléments
sont horrifiées quand elles voient quelqu'un qui
a l'Ego et qu'elles s'enfuient, épouvantées...
M'avez-vous compris ?
Bon,
ici s'achève la conférence, mes chers frères.
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