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39. Didactique pour l'Annihilation Bouddhique (Didactique
pour la Dissolution de l'Ego)
Samaël Aun Weor
Conférence intitulée "DIDÁCTICA
PARA LA ANIQUILACIÓN BUDISTA"
L'objectif
de ces pratiques, c'est d'arriver à CRISTALLISER
L'ÂME en nous. Qu'entend-on par « Âme
» ? Par « Âme », on entend cet ensemble
de corps, d'attributs, de pouvoirs, de vertus, de qualités,
etc., qui sont sous-jacents dans l'Être.
Les
Evangiles disent : « En patience, vous posséderez
votre Âme ».
Actuellement,
nous ne possédons pas notre Âme, mais c'est
plutôt l'Âme qui nous possède. Nous sommes
une lourde charge pour ce qu'on appelle l'Âme, un
fardeau réellement écrasant.
Arriver
à posséder l'Âme est une aspiration
; être maîtres de notre propre Âme est
formidable. Encore plus, le CORPS PHYSIQUE lui-même
doit arriver à SE TRANSFORMER EN ÂME.
Celui
qui possède son Âme dispose de pouvoirs extraordinaires.
Ceux qui sont arrivés à cristalliser l'Âme
se sont convertis, pour cette raison, en créatures
absolument différentes. Et c'est écrit, en
témoignage, dans les Livres Sacrés de toutes
les religions du monde.
Mais,
nous savons bien que « Si l'eau ne bout pas à
cent degrés », ce qui doit se cristalliser
ne se cristallise pas et ce qui doit se désintégrer
ne se désintègre pas. C'est pourquoi, dans
tous les cas, il est nécessaire que « l'eau
bouille à cent degrés ». Il est évident
que si nous ne passons pas par de grandes CRISES ÉMOTIONNELLES,
nous ne pourrons pas non plus parvenir à cristalliser
l'Âme. Pour la dissolution radicale de n'importe quel
agrégat psychique inhumain, il est, sans aucun doute,
nécessaire de passer par de très graves crises
émotionnelles.
J'ai
connu des gens extraordinaires vraiment capables de traverser
de telles crises. Il me vient en mémoire le cas d'une
soeur gnostique du Siège Patriarcal du Mexique qui
passa par d'épouvantables tribulations, par d'horribles
crises morales, au souvenir des graves erreurs de ses vies
antérieures. Des gens comme cela, avec cette formidable
capacité de remords, des personnes comme cela, avec
la capacité de passer par de si graves crises émotionnelles,
peuvent évidemment cristalliser l'Âme. Et ce
qui nous intéresse, nous autres, c'est précisément
cela : la Cristallisation de tous les Principes Animiques,
en nous-mêmes, ici et maintenant.
En
Orient, il y a des instructeurs qui, malheureusement, n'ont
pas éliminé tout cet ensemble d'éléments
indésirables qu'ils portent dans leur psyché.
Il n'est pas superflu de vous dire, pour votre information,
que ces éléments dont j'ai parlés,
on les appelle, au Tibet : « agrégats psychiques
». En réalité, ces agrégats sont
les Mois eux-mêmes qui personnifient nos erreurs.
Quand
l'un de ces instructeurs (qui n'a pas encore éliminé
les agrégats psychiques) a, à sa charge, un
groupe de « Lanus » ou disciples, incontestablement,
ceux-ci doivent avoir une grande patience pour supporter
toute la journée les lourdeurs, les rusticités
de cet instructeur. Les « Lanus » ou disciples
(ou chelas comme on dit souvent au Tibet) savent bien que
ces agrégats psychiques passent en procession continue
par la personnalité de l'instructeur, mais qu'à
la fin il y aura un moment où la procession devra
se terminer et alors le Maître pourra s'exprimer pour
donner l'Enseignement.
Voilà
la causa causorum pour laquelle les disciples d'un de ces
instructeurs qui n'a pas encore éliminé l'Ego,
ont un maximum de patience multipliée jusqu'à
l'infini.
Les
« chelas » de ce type doivent attendre, attendre
et attendre qu'à un moment donné le Maître
prenne enfin possession de son véhicule et leur donne
les Enseignements.
Des
Enseignements acquis à quel prix ? Il n'y a rien
d'agréable à supporter toute la journée
les insultes de l'instructeur, à être victimes
de toutes ses lourdeurs. Mais, finalement arrive le Maître
et c'est ce qui importe...
En
effet, il s'agit de Bodhisattvas tombés ; ceux-ci
n'ont pas dissous l'Ego. Mais, étant donné
que ce sont des Bodhisattvas, il faut les supporter jusqu'à
ce qu'arrive le Maître et qu'il donne l'Enseignement.
Ainsi pensent tous ces « Lanus » ou chelas tibétains.
Pour
continuer cet exposé philosophique, nous dirons que
chaque agrégat psychique est comme une personne à
l'intérieur de nous. Il n'y a pas de doute que ces
agrégats possèdent TROIS CERVEAUX : l'Intellectuel,
l'Émotionnel et le Moteur-Instinctif-Sexuel ; c'est-à-dire
que chaque Moi, ou agrégat (ce qui est la même
chose, entre parenthèses) est une personne complète.
Chaque Moi, chaque agrégat a son propre jugement
individuel ; il a ses idées, ses concepts, ses désirs
; il réalise des actes déterminés,
etc. Chaque agrégat jouit (pour certaines choses)
d'une certaine autonomie.
En
regardant les choses sous cet angle, en les étudiant
à fond, nous en arrivons à la conclusion logique
et inévitable qu'à l'intérieur de notre
personne habitent beaucoup de personnes. Le plus grave est
qu'elles se disputent, qu'elles se battent entre elles pour
la suprématie ; chacune veut être le maître,
le seigneur.
À
quoi ressemble notre MAISON INTÉRIEURE ? Je dirais
à une horrible maison où il y aurait beaucoup
de serviteurs et où chacun d'eux se sentirait le
maître. Il est clair qu'une telle maison, vue à
la lumière de ces raisonnements, s'avère,
au fond, épouvantable.
Ce
qui est curieux, en l'occurrence, ce sont précisément
les pensées que se forge chacun de ces « Maîtres
de maison ». L'un dit : « Je vais manger, j'ai
faim » ; ensuite, un second entre en conflit et dit
: « Au diable la nourriture, je vais lire le journal
» ; plus tard, surgit un troisième, qui est
en conflit et qui, d'une façon irrévocable,
affirme : « Je ne vais ni manger ni lire, je vais
aller chez mon ami Untel ». Une fois toutes ces paroles
incongrues prononcées, la personnalité humaine
(mue par ce ressort intime) abandonne donc le foyer pour
s'en aller dans la rue.
Si
nous pouvions nous voir de la tête aux pieds, tels
que nous sommes, devant un miroir, je peux vous assurer
que nous deviendrions totalement fous. Nous sommes tous
REMPLIS D'HORRIPILANTES CONTRADICTIONS. Cela nous est néfaste.
Nous n'avons pas vraiment d'existence réelle.
À
la naissance, nous sommes beaux. Pourquoi ? Parce que nous
disposons tous de 3% d'ESSENCE LIBRE (comme je l'ai dit
dans mon oeuvre intitulée : « La Psychologie
Révolutionnaire »). Les 97% qui restent sont
embouteillés dans la multiplicité de l'Ego.
Ce qu'il reste d'élément libre imprègne
l'oeuf fécondé et surgit à l'existence,
se réincorpore de nouveau.
Ainsi
le nouveau-né possède précisément
ces 3% de Conscience libre, qui ne sont enfermés
dans aucun Ego. Le pourcentage d'Essence manifeste chez
l'enfant est AUTO-CONSCIENT.
Comment
un nouveau-né voit-il les adultes : ses parents,
ses frères et ses proches ? De la même façon
que vous voyez un drogué ; comme ça et pas
autrement. Mais, regardez comment les adultes se sentent
remplis d'autorité pour éduquer l'enfant (ils
croient qu'ils peuvent l'éduquer). L'enfant, de son
côté, se sent mal, comme un vrai martyr, victime
de ces « drogués » qui veulent l'éduquer.
Lui les voit sous son propre angle : il est éveillé,
il perçoit les agrégats psychiques de ses
géniteurs, de ses proches, de ses frères.
En général, il perçoit aussi ses propres
agrégats qui entrent et sortent de l'enceinte, qui
tournent autour du berceau, etc.
Parfois,
les visions sont tellement épouvantables que l'enfant
ne peut rien faire d'autre que de pleurer, terrorisé.
Les géniteurs, les parents ne comprennent pas les
comportements de l'enfant. Parfois, ils ont recours au médecin.
Dans le pire des cas, ils partent à la recherche
de spirites pour voir s'il y aurait par là un spirite
ou un médium de mauvais augure, qui parvienne à
régler le problème. Voilà dans quel
état insolite vit l'humanité endormie.
En
tout cas, le pauvre enfant est victime de toutes les folies
des adultes. Lui, avec patience, il ne lui reste qu'à
supporter le fouet des bourreaux. C'est la crue réalité
des faits.
Plus
tard, quand la personnalité humaine est vraiment
formée, commencent à entrer (dans le corps
de l'enfant) tous ces agrégats psychiques inhumains
qui lui appartiennent. Alors, on note des changements dans
l'enfant : il devient « grognon », fatigant,
colérique, jaloux, etc. Et tant d'autres choses encore.
C'est lamentable, n'est-ce pas ? Mais, c'est ainsi.
Et,
finalement, lorsque celui qui était un enfant est
devenu un adulte, les choses changent : alors, ce n'est
plus l'enfant joueur, auto-conscient, d'autrefois, non.
C'est maintenant le fripon du bar, le marchand, le luxurieux,
l'homme jaloux, etc., et, à la fin, il est devenu
ce que l'enfant regardait avec horreur.
Il
est clair que l'enfant était horrifié en se
voyant adulte ; maintenant, l'enfant est devenu adulte et
le pire, en l'occurrence, c'est que sa CONSCIENCE S'EST
ENDORMIE, il n'est plus capable de se regarder lui-même
avec horreur.
En
réalité, mes frères, il est vrai que
chacun des agrégats psychiques qui surgit en nous
a des compromis déterminés. Nous pourrions
dire, sans aucune exagération, que le voleur, par
exemple, porte en lui-même une caverne de voleurs,
chacun d'eux ayant des compromis différents, à
des jours, à des heures et dans des lieux différents
; le fornicateur qui ne peut se racheter porte à
l'intérieur de lui (et c'est le comble des combles)
une maison de rendez-vous ; l'homicide porte, dans sa psyché,
un « club d'assassins », (il est clair que chacun
d'entre eux, dans le fond, a ses compromis) ; le marchand
porte, à l'intérieur de lui, une place de
marché et ainsi de suite...
Mais,
comment se tisse et se détisse notre propre destin
? Gurdjieff a beaucoup parlé de la LOI DE RÉCURRENCE.
Ouspensky, Collins, Nicoll, etc., ont commenté ces
affirmations. Mais nous, sur le terrain de l'investigation,
nous sommes allés plus loin. Nous connaissons à
fond la mécanique vivante de la Loi de Récurrence
et c'est très important.
Si
un individu, par exemple, dans une existence antérieure,
a été, disons, adultère (s'il a laissé
sa femme pour une autre), il est clair qu'en renaissant,
il ramène dans sa psyché le Moi de l'adultère,
celui-là même qui a commis le délit.
Celui-là ne pourra pas s'exprimer dans les premières
années de l'enfance, impossible !
Car
si cet événement a eu lieu à l'âge
de 30 ans, par exemple, il est indubitable que le Moi de
l'adultère attendra au fond de la psyché (dans
le terrain infrahumain, dans les sphères subjectives)
qu'arrive l'âge des fameux 30 ans. Lorsque cet âge
arrivera, ce Moi resurgira avec une grande force, il s'emparera
de l'Intellect, du Centre Émotionnel et du Centre
Instinctif-Moteur-Sexuel de la machine pour aller chercher
la dame de ses rêves...
Auparavant,
il se sera sûrement mis en contact télépathique
avec l'Ego de cette dame ; peut-être même se
seront-ils donné rendez-vous dans un lieu quelconque
(peut-être dans un parc de la ville ou dans une fête).
Et il est évident qu'après arrive de nouveau
la rencontre. Mais, ce qui est intéressant, c'est
de voir comment cet Ego submergé peut remuer l'Intellect,
mouvoir les centres Émotionnel et Moteur de la Machine
et emmener la Machine précisément au lieu
où il doit rencontrer la dame de ses rêves.
Mais,
inévitablement, le même processus se réalisera
en elle et la scène se répétera une
autre fois telle qu'elle s'est déjà produite.
Supposons
qu'un homme se soit battu dans un bar, dans une existence
précédente, avec un autre homme pour tel ou
tel motif peut-être insignifiant. Croyez-vous que
ce Moi va disparaître du fait que son corps physique
a cessé d'exister ? Eh bien non ! Il continuera simplement
dans la dimension inconnue.
Mais,
quand renaîtra l'Ego, quand il retournera, quand il
reviendra prendre un nouveau corps, arrivera le moment où
il pourra entrer en activité ; il attendra l'âge
où les faits se sont produits dans l'existence précédente.
Si c'est arrivé à 25 ans, il attendra ces
fameux 25 ans et restera (entre-temps) au fond de la psyché.
Et quand arrivera le moment, évidemment, il s'emparera
des Centres de la Machine pour répéter la
« prouesse ».
Auparavant,
il se sera mis en contact télépathique avec
l'autre individu et ils se seront donné rendez-vous
peut-être dans un autre bar. Là, en se regardant,
ils se reconnaîtront à leurs visages, se blesseront
mutuellement par la parole et le fait se répétera...
Vous
voyez, donc, comment se réalisent différents
compromis en dessous de notre seuil de conscience et de
notre capacité de raisonnement. C'est ainsi que travaille
la Loi de Récurrence ; voilà la mécanique
de cette Loi.
Il
est clair qu'en regardant les choses de cette manière,
nous n'avons pas vraiment ce que nous pourrions appeler
la « LIBERTÉ TOTALE », le « LIBRE
ARBITRE » (La marge de libre arbitre que nous avons
est très petite). Imaginez un violon dans son étui.
La petite marge qu'il peut y avoir entre le violon et l'étui,
quasi minime, nous donnera une idée de la petite
marge de liberté que nous possédons.
En
réalité, nous sommes vraiment soumis à
la mécanique de la Loi de Récurrence et, certes,
ceci est lamentable...
Un
homme est ce qu'est sa vie. Si un homme ne travaille pas
sa propre vie, il est en train de perdre misérablement
son temps. De quelle façon pourrons-nous NOUS LIBÉRER
de la Loi de Récurrence ? Eh bien, EN TRAVAILLANT
NOTRE PROPRE VIE.
Incontestablement,
notre propre vie est composée de comédies,
de drames et de tragédies. Les comédies sont
pour les comiques, les drames pour les personnes normales,
communes et ordinaires, et les tragédies pour les
pervers...
Dans
les mystères d'antan, on n'acceptait aucun tragédien,
on savait que celui-ci était puni par les Dieux et,
évidemment, le gardien le rejetait avec la pointe
de l'épée...
Que
nous ayons besoin de DISSOUDRE LES « MOIS »
? C'est logique ! Ce sont les « acteurs » des
comédies, des drames et des tragédies. Pourrait-il,
par hasard, y avoir une comédie sans comédiens
? Pourrait-il exister un drame sans acteurs ? Croyez-vous
que pourrait se développer, sur une scène
du monde, une tragédie sans tragédiens, sans
acteurs ? Il est évident que non, n'est-ce pas ?
Alors,
si nous voulons changer notre propre vie, que devons-nous
faire ? Il ne reste aucun autre remède que de dissoudre
les « acteurs » des comédies, des drames
et des tragédies.
Et
qui sont ces « acteurs » ? Où et pourquoi
vivent-ils ? Je vous dis, en vérité, que ces
« acteurs » appartiennent au temps. En réalité,
chacun de ces « acteurs » vient des temps anciens.
Si
nous disons que « Le Moi est un livre à plusieurs
tomes », nous affirmons une grande vérité
; de même, si nous affirmons que « L'Ego vient
de beaucoup d'hiers », c'est certain. Alors, l'EGO
EST TEMPS ; les Mois personnifient le temps : ce sont nos
propres défauts, nos propres erreurs contenus dans
l'horloge du temps ; ils sont la poussière des siècles
au fond même de notre psyché.
Quand
on connaît la didactique précise pour la dissolution
de ces éléments indésirables que nous
portons en nous, on obtient d'insolites progrès.
Il est indispensable, urgent, de connaître, sans délai,
avec exactitude, la didactique. C'est seulement ainsi que
peut se faire la désintégration de ces éléments
indésirables qui se trouvent en nous.
Un
jour, naquit un Initié dans l'Atlantide. Cet homme
évolua dans un délicieux foyer, où
ne régnaient que l'harmonie, l'amitié, la
sagesse, la richesse, la perfection, l'amour. Mais, arriva
le moment où cet homme, par moyen de diverses techniques
et disciplines du mental, parvint à l'auto-découverte.
Alors, il se rendit compte, avec horreur, qu'il avait en
lui des éléments abominables. Il comprit qu'il
avait besoin d'un « gymnase spécial »,
d'un GYMNASE PSYCHOLOGIQUE et, bien sûr, dans une
ambiance aussi parfaite, ce « gymnase » n'existait
pas.
Il
ne lui resta pas d'autre solution que d'abandonner la maison
de ses parents et de s'installer dans les faubourgs d'une
ville atlante. (Il se créa lui-même le Gymnase
Psychologique, un « gymnase » qui lui permit
l'auto-découverte de ses propres défauts).
Il désintégra, bien sûr, ses agrégats
psychiques et se libéra.
Il
est vrai, mes chers frères, que les pires adversités
nous offrent les meilleures opportunités. Il m'arrive
constamment des lettres de nombreux petits frères
du Mouvement Gnostique International ; les uns se plaignent
de leur famille, de leur papa, de leur maman, de leurs petits
frères ; d'autres protestent contre leur femme, contre
leurs enfants ; celles-là parlent avec horreur de
leur mari, etc., et ils demandent, naturellement, un baume
pour consoler leur coeur endolori.
Jusqu'à
maintenant, parmi toutes ces lettres, je n'en ai pas vu
une seule venant de quelqu'un qui soit content de vivre
ces situations aussi adverses. Tous protestent et c'est
regrettable. Ils ne veulent pas de Gymnase Psychologique
; au contraire, ils veulent le fuir. Et moi (comme instructeur),
je ne peux ressentir rien moins que de la douleur ; je me
dis : « Pauvres gens, ils ne savent pas profiter du
gymnase psychologique, ils veulent un paradis ; ils ne veulent
pas comprendre que les adversités sont nécessaires
; ils ne veulent pas tirer profit des pires opportunités
; en vérité, ils ne désirent pas s'auto-découvrir
».
Quand
on veut s'auto-connaître, on a besoin, évidemment,
de RUDES GYMNASES. Parce que c'est dans ces GYMNASES DE
DOULEUR que les défauts que nous portons en nous
et qui sont cachés affleurent inévitablement.
Un défaut découvert lors de telles situations
doit être travaillé profondément et
dans tous les niveaux du mental. En réalité,
quand on a vraiment compris telle ou telle erreur de type
psychologique, on est prêt pour la désintégration.
Quant
aux célibataires, étant donné qu'ils
ne possèdent pas de Vase Hermétique, il est
évident qu'ils ne pourront pas, non plus, travailler
dans la Neuvième Sphère. Mais, par contre,
il peuvent, de toutes manières, faire appel au DIEU-MÈRE,
à STELLA MARIS (la Vierge de la Mer), à ce
feu vivant et philosophal, latent dans toute matière
organique et inorganique (en Inde, on l'appelle «
Kundalini »).
Si
on fait appel à ce type d'Energie, si on concentre
son coeur, son mental et ses sentiments les plus profonds
sur elle, on sera assisté. Je suis sûr que
ce POUVOIR IGNÉ pourra RÉDUIRE EN CENDRES,
en poussière cosmique, l'AGRÉGAT PSYCHIQUE
en question.
Maintenant,
il convient de savoir que le Pouvoir Serpentin Annulaire
qui se développe dans le corps de l'ascète
gnostique, multiplie son pouvoir au moyen de la Force Électro-Sexuelle,
précisément dans la FORGE DES CYCLOPES.
Pour
tous ces motifs, la femme qui a un époux, ou l'homme
qui a une prêtresse ou une femme, pourront réellement
travailler à fond précisément durant
la Copulation Chimique. Alors, il leur suffit seulement
d'avoir la concentration requise sur Devi Kundalini. Elle
est le Cobra Sacré des anciens mystères et
il est clair que, renforcée par le Pouvoir Électrique
du Sexe, par l'Électricité Sexuelle transcendante,
elle peut vraiment annihiler, pulvériser, réduire
en cendres, de façon très rapide, n'importe
quel agrégat psychique inhumain que nous aurons préalablement
compris.
En
tout cas, mes chers frères, il faut avant tout découvrir
le défaut que nous allons réduire en poussière.
Ce défaut ne pourra pas être découvert
si nous n'utilisons pas le sens de l'AUTO-OBSERVATION PSYCHOLOGIQUE.
N'importe
quelle situation adverse nous offre de très riches
opportunités. Malheureusement, les gens veulent fuir
les situations adverses ; ils protestent alors au lieu de
dire merci au Père pour de si brillantes occasions.
Il y a des Gymnases Psychologiques qui sont durs, très
durs, très difficiles (impossibles ou quasi impossibles)
; cependant, PLUS DIFFICILE SERA LE GYMNASE, MIEUX CE SERA
POUR L'AUTO-DÉCOUVERTE.
Supposons
que nous ayons dû passer par une situation de jalousie.
Que quelqu'un, tout-à-coup, trouve son épouse
en train de converser tout doucement, tout doucement, avec
un autre homme, dans un petit recoin de la maison. Cette
situation n'a rien d'agréable, n'est-ce pas ? Mais,
elle est magnifique pour l'auto-découverte. Il est
possible que, durant les faits, surgisse non seulement de
la jalousie, mais aussi probablement de la colère
(nous interpellons notre femme), peut-être du dépit
; le Moi de l'amour-propre a pu se sentir blessé,
offensé, parce qu'on s'aime trop soi-même.
Enfin, que faire ?
Très
tranquillement, la nuit, couché dans le lit en décubitus
dorsal (c'est-à-dire sur le dos), le corps relaxé,
les yeux fermés, en contrôlant le rythme de
la respiration, ON DOIT RECONSTRUIRE LA SCÈNE telle
qu'elle est arrivée.
Alors,
en la visualisant, NOUS OBTIENDRONS DES DONNÉES PSYCHOLOGIQUES
; nous trouverons le Moi de la jalousie comme première
cause ; en second, celui de la terrible colère ;
en troisième, celui de l'amour-propre blessé
mortellement. Une fois découverts, ces trois Mois
qui sont entrés en action dans la scène devront
être « travaillés » immédiatement
; il faudra les dissoudre. Une fois compris, il ne reste
pas d'autre remède que de LES RÉDUIRE EN CENDRES.
En tout cas, on commencera à travailler immédiatement
DANS LA NEUVIÈME SPHÈRE ou PEUT-ÊTRE
SEULS...
Bien
sûr que, par rapport à ce que je suis en train
de dire, à ce moment-là, personne n'a envie
de travailler dans la Neuvième Sphère. On
est si offensé que l'unique chose qui conviendrait
serait de prendre un bon bain et de se mettre un kilo de
savon, pour voir si cela passerait. Mais si, malgré
tout, on arrive à avoir suffisamment de maîtrise
de soi pour travailler dans la Forge des Cyclopes, c'est
d'autant mieux.
Voilà
le processus : invoquer, précisément pendant
le Coït Chimique, Kundalini Shakti ; la supplier, premièrement,
d'éliminer ce monstre écoeurant de la jalousie
; deuxièmement, après avoir travaillé
à fond celui de la jalousie, il faut qu'elle continue
avec celui de la colère (il faut réfléchir
à la colère, non pas à la colère
de façon abstraite, mais à cette colère
spécifique, à celle que nous avons ressentie
pendant cette scène de jalousie) ; il faut SUPPLIER
KUNDALINI SHAKTI de réduire en poussière un
pareil monstre ; [...] troisièmement, celui de l'amour-propre.
Il
est certain que les gens s'aiment trop eux-mêmes.
Ce Moi de l'amour-propre est très enraciné
dans tout le monde. Si on nous donne de petites tapes sur
l'épaule, nous sourions délicieusement. Mais,
si on nous dit une petite parole humiliante, nous devenons
sérieux et terribles. Ce Moi de l'amour-propre, il
faut l'annihiler ; c'est sur ce troisième qu'il faudra
appliquer tout le pouvoir de la Divine Shakti.
IL
FAUT CONTINUER LE MÊME TRAVAIL LES JOURS SUIVANTS
OU LES NUITS SUIVANTES, jusqu'à ce que les trois
« collègues » de cette scène si
fatale soient annihilés.
Mais,
voyez-vous, c'est de la VIE PRATIQUE que nous devons sortir
le matériel pour la dissolution de l'Ego. Je vois
que les frères ont tendance (car je l'ai entendu
maintenant) à s'échapper de la vie pratique
; ils veulent dissoudre l'Ego en fuyant la vie pratique,
ce qui est manifestement absurde.
Je
me rappelle, quand j'étais dans le travail de la
dissolution de l'Ego, qu'une fois, l'un de mes fils commit
une erreur absurde. Cette erreur, qui fut celle de renverser
une autre personne, un ouvrier, avec sa voiture, me coûta,
certes, une certaine somme (un « pot de vin »,
entre parenthèses, je dus donner un « pot de
vin »), environ 2000 pesos pour l'ouvrier blessé
et une autre somme pour la police. J'évitai ainsi
que ce pauvre garçon n'aille donc en prison.
Mais,
l'histoire ne s'arrête pas là. La réalité
fut que, lorsque je dus aller régler la dette, ce
fils, au lieu de me remercier, protesta avec une certaine
violence. Il n'était pas d'accord que je donne 2000
pesos à ce pauvre ouvrier malheureux. Mais, à
moi, il me paraissait juste de devoir les lui donner et
c'est ce que je fis.
Dans
sa protestation, il y eut des paroles qui, bien que n'étant
pas de caractère grotesque, furent pour le moins
assez ingrates. Je ne sentis pas de colère car je
l'avais dissoute, mais une certaine douleur au coeur. Immédiatement,
je me mis à méditer pour savoir en quoi consistait
cette douleur que j'avais sentie dans le coeur et je pus
vérifier clairement la crue réalité
d'un Moi de l'amour-propre qui avait été blessé...
Étant
donné que j'avais le sens de l'Auto-Observation Psychologique
bien développé, il ne me fut pas difficile
de percevoir directement un tel Moi (je le trouvai, certes,
se baignant, très heureux, dans un patio avec des
eaux noires). Immédiatement, je lançai quelques
charges d'Electricité Sexuelle Transcendante contre
l'infortuné. Je le travaillai pendant quelques jours
et, à la fin, il se réduisit peu à
peu (jusqu'à prendre la forme d'un enfant), puis,
il continua à se réduire jusqu'à devenir
de la poussière cosmique...
C'est
ainsi que l'on travaille, mes chers frères. Mais,
d'où ai-je sorti le matériel pour travailler
? D'un fait concret, clair et définitif. Mais, je
vois chez les frères la tendance à s'échapper,
à fuir les faits pratiques de la vie et c'est absurde,
complètement absurde.
Une
autre fois (et j'aime, entre parenthèses, donner
des exemples vécus dans le but d'une orientation
collective), je fus très affecté, avec une
certaine irritabilité, par les paroles de ce fils,
qui n'étaient, certes, pas très belles. Je
maintins toujours un contrôle sur mon mental et jamais
je « n'explosai », jamais je ne déchirai
mes vêtements. En vérité, ce fut un
triomphe, mais il n'y a pas de doute qu'à l'intérieur
de moi, très profondément, ne cessaient de
se produire quelques réactions qui n'avaient rien
d'agréable.
En
les explorant avec le sens de l'Auto-Observation Psychologique,
à mon grand étonnement, je découvris
un Moi très fourni, très robuste, assez gros
assurément, poilu comme un ours, marchant dans le
couloir de ma vieille maison seigneuriale. « Ah !
Comme tu étais bien caché, malheureux, lui
dis-je ; mais, maintenant, je vais en finir avec toi, tu
ne pourras plus rien contre moi, tu es perdu ».
Conclusion
: je fis appel à Devi Kundalini Shakti. À
mesure que je travaillais, ce monstre perdait peu à
peu du volume. Il rapetissait de façon didactique
et, à mesure qu'il rapetissait, il s'embellissait
aussi. Pour finir, il ressemblait à un enfant très
beau et enfin, un jour, la Divine Mère Kundalini
lui donna des coups et le décapita.
Ce
qui est certain, donc, c'est que, plus tard, il se réduisit
en poussière, il ne resta rien de lui. Mais, je m'étais
dédié pleinement à en finir avec lui,
en travaillant nuit et jour, à chaque heure, à
chaque moment, jusqu'à ce qu'il ait cessé
d'exister.
Le
sens de l'Auto-Observation Psychologique se développe
et se développera en chacun de vous, à mesure
que vous l'utiliserez (n'oubliez pas qu'un sens qui n'est
pas utilisé s'atrophie).
Le
jour viendra où votre sens de l'Auto-Observation
Psychologique se sera développé de telle manière
que vous pourrez percevoir comme moi ces agrégats
psychiques indésirables. Plus encore, vous pourrez
vous rendre compte du résultat du travail sur de
tels agrégats.
Au
nom de la Vérité, je dois vous dire que de
même qu'il existe une lune dans le firmament, ainsi
mes chers frères, il y a aussi en nous une LUNE PSYCHOLOGIQUE.
De
même que la lune qui brille dans le firmament a DEUX
FACES (celle qui se voit et celle qui ne se voit pas), en
nous aussi, la Lune Psychologique a deux aspects : celui
qui est visible, à première vue, grâce
au sens de l'Auto-Observation Psychologique et celui qui
n'est pas visible (l'occulte, le méconnu, l'inconnu).
Cependant, ce dernier devient visible quand le sens psychologique
s'est développé au maximum.
Je
crois que les frères comprennent donc toutes ces
choses, je crois qu'ils comprennent peu à peu...
Maintenant, vous devez lancer toute votre charge contre
les agrégats psychiques de la partie psychique de
votre Lune Psychologique. Beaucoup plus tard dans le temps,
vous devrez vous lancer, lance en arrêt, contre les
éléments indésirables de la Lune Noire
(ceux qui, à première vue, ne se voient pas).
Beaucoup
de saints sont parvenus à annihiler les agrégats
psychiques de la partie visible de leur Lune Psychologique
mais, ils ne surent jamais rien des éléments
indésirables de l'autre face de leur Lune et, alors
qu'ils étaient immergés dans le Nirvana ou
dans le Maha-Para-Nirvana, ils ont dû revenir, plus
tard, pour continuer leur travail sur la face occulte de
leur Lune Psychologique.
En
tout cas, qu'il s'agisse de l'aspect purement visible de
la Lune Psychologique ou de l'occulte, nous devons trouver
les « éléments » pour le travail
dans les faits concrets de la vie pratique.
Aussi,
ne vous échappez pas, N'ESSAYEZ PAS DE VOUS ÉVADER
DE LA VIE RÉELLE. Vous devez être plus pratiques,
si vous voulez vraiment désintégrer l'Ego.
Au fur et à mesure que vous allez le faire, au fur
et à mesure que les agrégats psychiques seront
pulvérisés, l'Essence embouteillée
dans ceux-ci s'émancipera peu à peu.
Voilà
le chemin pour cristalliser en nous ce qui s'appelle «
l'Âme ».
Vous
devrez tous passer par de grandes crises morales. Ce n'est
pas une question purement intellectuelle, non. Il ne s'agit
pas d'une simple démagogie, ni de vaines palabres
sans substance d'une discussion ambiguë. Non, je répète
ce que j'ai déjà dit même si je suis
fatigué : « Si l'eau ne bout pas à cent
degrés, ce qui doit se cuisiner ne se cuisine pas
et ce qui doit se désintégrer ne se désintègre
pas ». Donc, si nous ne passons pas par d'épouvantables
crises émotionnelles, ces Mois ne se désintégreront
pas.
Quand
je découvris précisément ce Moi de
l'amour-propre qui se tenait bien caché dans les
replis les plus profonds de ma psyché, je sentis
une grande douleur. Je dus passer par une grande crise émotionnelle
(je souffris beaucoup, oui, beaucoup, et je m'en repentis
vraiment. Alors j'obtins de Devi Kundalini Shakti qu'elle
pulvérise cet élément indésirable).
Et
quand je découvris qu'il y avait là un démon
très pervers qui ressentait de la colère et
qui venait de temps très anciens, je souffris l'indicible
; je passai par d'horribles crises émotionnelles,
j'eus honte de moi et j'obtins de Devi Kundalini Shakti
qu'elle pulvérise cet élément psychique
abominable.
Ainsi,
ne vous échappez pas : vous trouverez les éléments
indésirables sur le terrain de la vie pratique. Tout
ce qu'il faut, c'est être alerte et vigilant, comme
la sentinelle en temps de guerre. Nous parlons, oui, nous
parlons, mais cette fois-ci que suis-je en train de dire
? Nous devons être vigilants avec nos paroles.
Avons-nous
des émotions ? Oui, nous en avons. Quelle sorte d'émotions
avons-nous ? Peut-être, sommes-nous émus par
un quelconque « tango », ou quand nous écoutons
les chansons de Carlos Gardel, par exemple. Quelles sortes
d'émotions avons-nous ? Sont-elles bonnes ou mauvaises
? Sont-elles de type supérieur ou simplement de type
inférieur ? Sortir d'une fête agité
par des émotions inférieures, après
avoir dansé quelque chose de simplement profane,
qu'est-ce que cela indique ?
C'est
ainsi, dans les faits de la vie pratique, que nous devons
nous découvrir. Les émotions inférieures
accusent, indiquent des Mois émotionnels inférieurs
qu'il faut désintégrer. Si nous n'extirpons
pas, si nous ne saignons pas (avec le COUTEAU DE l'AUTO-CRITIQUE)
les émotions inférieures, il ne sera pas possible
que se développe en nous le CENTRE ÉMOTIONNEL
SUPÉRIEUR qui est si nécessaire, précisément,
pour recevoir les messages qui viennent des Mondes Supérieurs.
C'est
donc dans la vie que nous devons nous auto-découvrir.
Nous devons être à l'affût de nos propres
paroles, de nos propres pensées, de nos propres idées...
Quand,
tout à coup, arrive au mental une pensée luxurieuse,
une scène morbide, croyez-vous que ça arrive
« parce que c'est comme ça » ? Qu'est-ce
que cela indique ? Il n'y a pas de doute, que derrière
ce cinéma néfaste du mental, derrière
cette procession de formes morbides, un Moi de luxure est
en activité.
En
effet, il y a des Mois de luxure qui s'emparent des «
rouleaux » qui se trouvent dans le cerveau, des «
rouleaux » de souvenirs, de formes passionnelles qui
sont en nous. L'Ego projette le film, projette ces «
rouleaux » sur l'écran de l'entendement. Si
l'on s'identifie à ces scènes morbides, on
fortifie aussi ces Mois.
Alors,
si, à un moment donné, nous sommes assaillis
par des pensées de cette sorte, il est indispensable
d'invoquer la divine Kundalini Shakti, afin qu'avec son
Pouvoir Flammigère extraordinaire, elle réduise
en poussière un tel Moi.
Si
nous ne procédons pas ainsi, si, au contraire, nous
nous identifions à lui, si les scènes de luxure
nous enchantent, alors, au lieu de se dissoudre, un tel
Moi se renforcera énormément.
Chacun
de nous a la Conscience embouteillée parmi tous ces
« personnages » des différents drames,
comédies et tragédies de la vie. Chacun de
nous a la Conscience embouteillée parmi les Egos.
Alors, réduisons ces Egos en poussière et
la Conscience sera libre. Une CONSCIENCE LIBRE est une Conscience
illuminée. C'est une Conscience qui peut voir, entendre,
toucher et palper les grandes réalités des
Mondes Supérieurs ; c'est une Conscience Omnisciente
et Divine.
Le
jour où vous aurez annihilé l'Ego dans sa
totalité, que vous restera-t-il à annihiler
? Les GERMES DE L'EGO. L'Ego mort, il reste les germes qui
sont terriblement pernicieux. Ces germes aussi doivent être
désintégrés, réduits en cendres.
Il
nous faut prendre possession de nous-mêmes si nous
voulons êtres Rois et Prêtres de la Nature selon
l'Ordre de Melchisédech et nous ne pourrons pas prendre
possession de nous-mêmes tant que la Conscience continuera
à être embouteillée parmi les divers
éléments indésirables de la psyché...
La
Conscience qui a pris possession d'elle-même est une
Conscience libre. Une Conscience qui a pris possession d'elle-même
est admise dans l'Ordre de Melchisédech ; c'est une
Conscience omnisciente, illuminée, parfaite, et c'est
ce dont nous avons besoin.
Le
jour où vous aurez obtenu, disons, une CONSCIENCE
ILLUMINÉE, le jour où vous vous serez rendus
vraiment libres, ce jour là, vous aurez aussi cristallisé
ce qui s'appelle « l'Âme » et vous serez
toute « Âme ». Même votre corps
physique deviendra une Âme ; vous serez porteurs d'Attributs
et de Pouvoirs Cosmiques (de Pouvoirs qui Divinisent).
Je
vous ai donc enseigné, aujourd'hui, une DIDACTIQUE
PRATIQUE à travers une DIALECTIQUE DÉFINITIVE.
Et, en ce moment précis, nous allons entrer en méditation.
Mais avant, il est nécessaire de savoir sur quoi
nous allons travailler ; dans le cas contraire, ce que nous
allons faire n'aurait pas de sens.
Etant
donné que vous êtes des personnes qui luttent
pour l'Auto-découverte, il est évident que
vous devez travailler sur telle ou telle erreur psychologique.
Y a-t-il quelqu'un d'entre vous qui ne sait pas encore sur
quoi il va travailler ? Est-ce possible qu'il existe, ici,
dans ce groupe, un frère qui ne soit pas occupé
à désintégrer un défaut ? Si
c'est le cas, j'aimerais le connaître ; lequel d'entre
vous ?
Disciple.
J'en ai quelques-uns sur lesquels je suis en train de travailler.
Mais, concrètement, j'aimerais vous demander sur
lequel je dois travailler, car cette question me préoccupe.
Comme dans la vie pratique, on voit un défaut, puis
un autre et un autre, alors on est dans la confusion, car
sur lequel doit-on travailler ? Je vous demande la faveur
de me dire sur lequel je dois travailler.
Maître.
Sur lequel es-tu en train de travailler?
D.
J'ai essayé de travailler sur la fornication, la
luxure, sur la colère, sur la peur, sur beaucoup,
mais alors, c'est la confusion.
M.
Mais sur lequel es-tu en train de travailler spécifiquement
? Je vois que tu es un homme judicieux et, par conséquent,
il est évident que tu dois avoir déterminé
ton travail.
D.
J'ai voulu travailler davantage sur la luxure. Mais aussi
sur un second.
M.
Bon, c'est le « péché capital »,
tu le sais bien...
D.
Alors je me suis trouvé dans la confusion et je voulais
qu'il ne reste aucun doute et alors...
M.
Celui de la luxure est « capital » et il se
travaille pendant toute la vie, car c'est « le péché
originel », la racine de tous les défauts.
Mais, il faut toujours le travailler en association avec
quelques autres. Qu'on travaille la colère, mais
aussi la luxure. Qu'on travaille l'envie, mais on continue
avec la luxure. Que sorte l'orgueil, mais on continue avec
la luxure... Celui-là est « capital ».
D.
Doit-on, pendant une même méditation, faire
tout ça, du fait qu'on se rappelle de tout ça
?
M.
Ce « qu'on se rappelle », je le perçois
comme incohérent, vague, imprécis, inodore,
insipide, sans substance, incolore. Pensons avec exactitude.
Quel défaut as-tu fini par découvrir dans
ta vie pratique. Si tu es alerte et vigilant, comme la sentinelle
en temps de guerre, tu dois avoir découvert un défaut.
Lequel as-tu fini par découvrir ? As-tu vu dans quelle
situation, alors, tu t'es mis ? As-tu eu quelque parole
de colère ? As-tu eu une impulsion luxurieuse ? Quel
a été le dernier défaut que tu aies
découvert ? Dans quelle situation te trouvais-tu
? Était-ce dans ta maison, était-ce dans un
bar, où étais-tu ? Que t'es-t-il arrivé
? Ou bien es-tu en train de dormir ?
D.
J'ai découvert celui de la colère.
M.
Un accès de colère... (Bon, j'aime que tu
sois sincère, tu sais). C'est bien. Car c'est ce
que l'on doit faire : vivre alerte et vigilant, comme la
sentinelle en temps de guerre. Où t'es-tu mis en
colère ? À quel moment ? Peux-tu reconstruire
la situation ? Peux-tu visualiser l'instant où tu
as ressenti de la colère ? Peux-tu le faire ? Bon,
si tu peux le visualiser, souviens-toi comment la chose
s'est passée, car maintenant NOUS ALLONS TRAVAILLER
SUR CELA. C'est de FAITS CONCRETS que nous allons partir.
Nous n'allons pas partir de faits vagues, incolores, insipides,
inodores, sans substance, non ; nous allons partir de faits
concrets, clairs et définitifs. Nous allons être
pratiques à 100%. Reconstruis, visualise cette scène
de colère et c'est là-dessus que tu vas travailler
maintenant pendant la méditation. Voyons, mon frère...
D.
Maître, qu'arrive-t-il quand on découvre un
défaut, par exemple, la colère, qui est en
train de nous attaquer et qu'on supplie sa Divine Mère
de nous aider à l'éliminer ?
M.
Bon, de quelle situation es-tu parti ? Quand cela est-il
arrivé ? Dans quelle rue, à quel numéro
de maison ? Je veux des faits ; ne viens pas à moi
avec des choses vagues !
D.
C'est arrivé hier, précisément. J'ai
eu une crise de colère, car je voulais aller écouter
votre conférence. Mais alors, ce désir que
j'avais s'est senti blessé, n'est-ce pas, car mon
épouse ne voulait pas y aller. Alors, je me suis
mis en colère, mais, en même temps, j'ai supplié
ma Mère Divine en accusant ce Moi. Mais, je ne sais
pas si je suis arrivé à quelque chose de...
ne serait-ce que de lui couper la tête...
M.
Bon, la chose est sympathique, tu sais. Nous allons être
plus pratiques. Tu t'es mis en colère contre ta pauvre
épouse ; mais, est-ce que tu sais vraiment pourquoi
tu t'es mis en colère ?
D.
Parce qu'elle ne m'a pas laissé aller à la
conférence.
M.
C'est pour ça... Bon, de sorte qu'il y a eu de la
colère, car elle ne t'a pas laissé aller à
la conférence. Qu'est-ce qui s'est senti blessé
à ce moment-là en toi ?
D.
Mon orgueil...
M.
Alors, il y a deux défauts : l'un est la colère,
l'autre est l'orgueil. C'est sur ces deux Mois que tu vas
travailler maintenant concrètement, pratiquement.
La requête que tu as faite à ce moment-là,
c'est bien, mais tu l'as faite un peu à la légère.
As-tu déjà réfléchi à
cela ? As-tu reconstruit la scène ? Combien d'heures
es-tu resté dans ton lit, le corps relaxé,
à prendre conscience de ce qui t'es arrivé
? Pourrais-tu me le dire exactement ?
D.
Bon, j'ai fait une demande immédiatement et à
la légère...
M.
C'est très léger et nous avons besoin d'être
plus profonds. Une eau trouble est une eau peu profonde.
Nous avons besoin d'une eau avec beaucoup de fond. Les mares,
ou disons, les bourbiers peu profonds, sur le bord du chemin,
se dessèchent à la lumière du soleil
et deviennent des marécages, remplis de pourriture
et d'insectes. Mais, les eaux profondes où vivent
les poissons et où il y a de la vie, sont différentes.
NOUS AVONS BESOIN D'ÊTRE PLUS PROFONDS. Combien d'heures
es-tu resté en méditation à reconstruire
cette scène ?
D.
Eh bien, Maître, je l'ai laissé pour aujourd'hui...
(Rires).
M.
Vous êtes drôles, aujourd'hui, vous savez...
Alors tu sais que tu vas travailler contre le Moi de la
colère et contre celui de l'orgueil. Voyons, mon
frère, toi qui es là-bas, dans le coin le
plus éloigné, parle...
D.
Maître, je voudrais que vous développiez un
peu le thème concernant le Trait Particulier que
jusqu'à maintenant je [...] une méditation
sur la mort du Moi, mais je ne l'ai pas compris très
clairement. J'ai essayé plus ou moins de le comprendre,
mais j'aimerais entendre quelque chose de plus profond sur
le Trait Particulier.
M.
Oui, LE TRAIT PSYCHOLOGIQUE PRINCIPAL est vraiment fondamental,
parce que quand on le connaît, on le travaille, la
désintégration de l'Ego devient, ainsi, plus
facile. Mais, à vous, je vais vous dire une grande
vérité : avant de nous auto-explorer pour
connaître le Trait Psychologique Principal, nous devons
AVOIR suffisamment TRAVAILLÉ AU MOINS CINQ ANS environ,
car il n'est pas si facile de pouvoir découvrir,
en nous, notre Trait Psychologique Principal.
En
vérité, sur sa propre personnalité,
on a des idées fausses. On voit sa personnalité
au travers de la FANTAISIE ; à propos de soi, on
pense de façon toujours erronée. Par contre,
les autres peuvent parfois nous voir mieux que nous ; mais
sur soi-même, on a des opinions totalement fausses.
On
ne peut pas découvrir son Trait Psychologique Principal
tant qu'on n'a pas éliminé un bon pourcentage
d'agrégats psychiques inhumains. C'est pourquoi,
si on veut connaître son Trait Psychologique Principal,
il faut travailler au moins cinq ans environ.
Au
bout d'environ cinq ans, nous pouvons nous offrir le luxe
d'utiliser le Système Rétrospectif pour l'appliquer
tant à notre vie actuelle, présente, qu'à
nos vies antérieures. Alors, nous verrons à
notre grand étonnement que, plus d'une fois, nous
avons commis la même erreur. Nous découvrirons
un « MOI CLEF » qui, dans toutes les existences,
a toujours commis les pires erreurs, qui se caractérise
toujours par un délit déterminé et
qui a été l'axe de toutes nos existences précédentes.
Mais
évidemment, pour pratiquer avec une certaine lucidité
cet exercice rétrospectif, il faut d'abord avoir
éliminé beaucoup de Mois.
En
aucune manière, je ne pourrais croire que l'on puisse
découvrir le Trait Psychologique Fondamental, si
on n'a pas utilisé intelligemment le Système
Rétrospectif. Mais, pour l'utiliser vraiment avec
lucidité, nous devons aussi être sincères.
Quand la Conscience est trop enfermée dans les Mois,
il n'y a pas de lucidité. Alors, dans ces conditions,
l'Exercice Rétrospectif s'avère insignifiant,
voire même fantaisiste ou erroné. Voilà
donc mon opinion. Voyons, mon frère, parle...
D.
Maître, par exemple, dans les deux situations que
j'ai vécues depuis ce matin jusqu'à ce moment
[...] spécifiquement une réaction, disons,
que lorsque j'ai vu deux frères, j'ai senti une certaine
réaction. Ensuite, dans une autre situation, j'ai
ressenti une autre réaction qui obéit à
certains Mois. Dans la méditation, devrai-je me consacrer
aux deux Mois ou seulement à un ?
M.
Bon, dans la méditation d'aujourd'hui, tu dois te
consacrer à un, le premier. Plus tard, tu te consacreras
à l'autre. Maintenant, pour le travail, le but de
ton travail est de te consacrer au premier.
D.
J'ai une autre question. Que devons-nous faire pour que
ce Moi, cet événement qu'on a laissé
hors de cette méditation, ne grossisse pas ?
M.
Tu le laisses pour un autre moment, mais si tu ne veux pas
qu'il « grossisse », ne lui donne plus d'aliments
et tu verras qu'il s'affaiblira.
D.
Maître, vous nous avez enseigné que nous devons
avoir de l'ordre et de la précision pour l'élimination
de nos défauts, mais je ne sais pas s'il y a quelque
chose que je n'ai pas pu capter lorsque vous nous avez dit
: « un défaut découvert doit être
compris et éliminé »... J'ai compris
qu'il doit y avoir une succession dans le travail et je
vous demande cela parce que, dans la journée, beaucoup
de défauts se manifestent ; disons que dans la matinée,
la luxure a eu l'opportunité de s'exprimer; j'ai
gagné aux échecs et c'est l'orgueil qui est
sorti ; je suis allé dans la rue et en poussant la
voiture, j'ai noté de la colère ; alors...,
oui, une succession de faits et la manifestation de défauts.
Est-ce que cette fois, pour cela, il y a une mauvaise compréhension
de notre part, en cherchant un trait psychologique ? Comment
pouvons-nous comprendre cela et sur quoi exactement devons-nous
travailler, Maître ?
M.
Il faut avoir de l'ordre dans le travail, bien sûr
que oui, je suis d'accord. Mais alors, en tout cas, quand
arrive la nuit, le corps relaxé, bien sûr,
tu passeras à la pratique de l'exercice rétrospectif,
si ce n'est sur toute ton existence actuelle ou tes existences
antérieures, au moins, assurément, sur la
journée. Alors, tu vas visualiser, reconstruire les
événements du jour. Une fois reconstruits,
numérotés, dûment classifiés,
tu procéderas au travail : premièrement sur
un événement auquel tu peux consacrer, disons,
quinze ou vingt minutes ; un autre événement
auquel tu peux consacrer une demi-heure ; un autre auquel
tu peux consacrer cinq minutes ; un autre auquel tu peux
consacrer dix minutes (tout dépend de la gravité
des événements). Ainsi ordonnés, tu
peux les travailler durant la nuit, tranquillement et dans
l'ordre.
D.
Et pour les éliminer, pour éliminer toutes
ces choses... ?
M.
Dans l'ordre aussi, parce que dans chaque travail sur tel
ou tel événement, entrent en jeu les facteurs
de découverte, de jugement et d'exécution.
À chaque « élément », tu
appliques donc les trois instants qui sont : DÉCOUVERTE
(quand tu l'as découvert), COMPRÉHENSION (quand
tu l'as donc compris) et EXÉCUTION (à l'aide
de la Divine Mère Kundalini).
C'est
ainsi qu'on travaille. Car si tu les travailles un par un,
comment vas-tu t'en sortir (tu vas lever les bras au ciel
!) Parce qu'en réalité et en vérité,
je te dis ou je vais te répéter cette phrase
de Virgile, le poète de Mantoue, dans sa divine «
Énéïde » : « Même si
nous avions mille langues pour parler et un palais d'acier,
nous n'arriverions pas à énumérer entièrement
tous nos défauts ». De sorte que si tu te proposais
de travailler un défaut pendant deux mois, un autre
défaut pendant deux autres mois et s'ils sont mille,
quand vas-tu tous les travailler ? En plus, un défaut
est associé à un autre et cet autre est associé
à un autre ; un défaut apparaît rarement
seul. Un défaut s'associe toujours à un autre
; il faut donc les travailler dans l'ordre, mais dûment
classifiés et quotidiennement, jusqu'au triomphe.
D.
Maître, vous nous avez aussi parlé du «
désordre de la maison », mais le Maître
Gurdjieff parle aussi du « désordre de la maison
» et il parle d'un « Majordome Intérimaire
», d'un maître, n'est-ce pas ? Il dit qu'il
existe des Mois qui aiment le travail et d'autres Mois qui
n'aiment pas le travail. Pour former un Centre de Gravité
Permanent, comment pourrions-nous comprendre cela ?
M.
Alors franchement, ce GRAND MAJORDOME tant cité par
Nicoll, par Gurdjieff et Ous-pensky [...] comme Collins
et d'autres, eh bien, il me semble être une sottise.
IL N'A AUCUNE VALEUR. Jamais, moi, pour ma part, ou pour
mieux dire, celui qui est ici, à l'intérieur
de moi (celui qui a dissous l'Ego et l'a réduit en
poussière), n'a jamais utilisé, c'est certain
(et je le dis avec sincérité), ce système
du GRAND MAJORDOME.
Qu'il
y ait des Mois utiles, c'est vrai (il y en a aussi d'inutiles).
Qu'il y ait des « MOIS BONS », il y en a des
tas et il y en a aussi des mauvais. Il faut désintégrer
les « MOIS BONS » et il faut désintégrer
les « MOIS MAUVAIS ». Il faut désintégrer
les « Mois utiles » et il faut désintégrer
les « Mois inutiles ».
Un
jour, un ami qui avait une usine de pantalons au Salvador,
me dit ce qui suit :
-
« Maître, si je désintègre le
Moi utile qui fait des pantalons dans mon usine, alors,
qui va continuer à faire des pantalons ? Je vais
faire faillite ! Mon usine va fermer ! »
-
« Ne te préoccupe pas, mon ami, lui dis-je.
Si tu désintègres ce Moi, une partie correspondante
de l'Etre, habile aussi en toutes sortes d'arts, se chargera
du labeur de faire des pantalons et il les fera mieux que
toi, c'est sûr ». Mon ami se montra satisfait
et continua son travail...
Les
bons Mois font de bonnes oeuvres mais ils ne savent pas
faire de bonnes oeuvres. Ils font le bien quand il ne faut
pas le faire. Ils donnent une aumône à un drogué
pour qu'il aille acheter plus de marihuana. Ils donnent
une aumône à un ivrogne pour qu'il continue
à s'enivrer. Ils donnent une aumône à
un riche qui demande la charité et des choses de
ce style. Les Mois du bien ne savent pas faire le bien.
En
dernière synthèse, nous devons nous battre
franchement contre le bien et contre le mal. En dernière
synthèse, nous devrons PASSER AU-DELÀ DU BIEN
ET DU MAL ET EMPOIGNER L'ÉPÉE DE LA JUSTICE
COSMIQUE.
Finalement,
qu'est-ce que nous appelons « bien » ? (Prenons
conscience de ce que nous appelons « bien »).
Est « BON » tout ce qui est à sa place
; est « MAUVAIS » ce qui est hors de sa place.
Par exemple : le feu, qui est ici, maintenant, il est bon,
n'est-ce pas ? Mais, si ce feu brûlait les rideaux
ou s'il vous rôtissait vivants ? Comment cela vous
paraîtrait-il ? Aimeriez-vous vous sentir convertis
en torches enflammées ? Je ne crois pas.
Bon,
maintenant l'eau, ici, dans ce verre, c'est bien ; ou encore
dans la cuisine, elle peut servir à laver les plats
et les tasses, ou ici, dans cette petite fontaine, c'est
correct. Mais, si cette eau inondait toutes les pièces,
ce serait mal, n'est-ce pas ?
De
sorte que ce qui est à sa place est « BON »
et ce qui est hors de sa place est « MAUVAIS ».
Une vertu, aussi bonne, aussi sainte soit-elle, devient
mauvaise si elle est hors de sa place.
Aimeriez-vous,
en tant que Missionnaires Gnostiques, donner l'Enseignement
dans un bar ? En tant que Missionnaires Gnostiques, iriez-vous
donner l'Enseignement dans une maison de rendez-vous ou
dans une maison de prostitution ? Aimeriez-vous cela ? Je
ne crois pas et si ça vous plaisait, alors je ne
vous le recommanderais pas, car cela serait vraiment mauvais
et absurde, de surcroît.
Ainsi,
ce qui est à sa place est « BON » et
ce qui est hors de sa place est « MAUVAIS ».
Finalement, les termes « bien » et « mal
» sont inappropriés. Nous devrions plutôt
dire : « correct » ou « incorrect ».
Donc,
nous dirons que l'important, dans la vie, est de dissoudre
les Mois, qu'ils soient bons ou mauvais. Peu importe.
Si,
tout-à-coup, nous découvrons en nous un bon
Moi qui est en train de donner une aumône à
un drogué pour qu'il continue à se droguer,
il est évident que nous avons découvert un
Moi du bien que nous devons éliminer. C'est un Moi
charitable (bon), mais un défaut qu'il faut réduire
en cendres.
Et
si, tout-à-coup, nous découvrons en nous un
Moi qui, en voulant s'attirer la sympathie de nobles amitiés,
boit et boit encore, qu'allons-nous dire ? Que c'est par
humilité (parce que ces personnes sont humbles) et
que comme il s'agit de l'ami untel, qui a fait aujourd'hui
une petite fête pour l'une de ses filles, nous ne
voulons pas le décevoir... Alors, nous accompagnons
l'ami avec un certain nombre de coupes et finissons par
nous enivrer... Cela est-il bien ? Est-ce parce que nous
sommes très humbles ? Les Mois de cette sorte, il
faut les détruire, c'est un Moi apparemment bon,
mais il faut le détruire, il faut l'annihiler. Ainsi,
nous devons annihiler les Mois du bien et les Mois du mal.
Nous devons nous battre contre le bien et contre le mal...
Parle, mon frère...
D.
Et le Moi gnostique, quand [...] ?
M.
Alors je vais te dire quelques vérités. Cette
question est un peu étonnante, tu sais, parce qu'ici
il n'y a personne qui n'ait pas son MOI GNOSTIQUE. Ce qui
est intéressant, c'est qu'un tel Moi aussi, il faut
l'éliminer et il ne doit rester que la pure Conscience
Gnostique. Parce que le Moi gnostique devient automatique,
mécanique ; RÉDUIS-LE EN CENDRES ; prends
conscience de la Doctrine. Alors, la Gnose se déploie,
se développe en toi comme une conviction doctrinale
consciente et non comme un simple automatisme mécanique.
Le Moi gnostique est mécanique. Mais, la Conscience
gnostique est révolutionnaire, rebelle, terriblement
divine. Voyons, mon frère...
D.
Maître [...] maintenant que nous avons l'opportunité
d'être avec vous et de réaliser cette expérience
du travail sur la destruction du Moi [...]
M.
Bon ! Mais je suis bien en train de te donner un coup de
main, n'est-ce pas ? Je suis en train de te donner les explications
qui sont fondamentales, car ce travail de dissolution de
l'Ego est quelque chose de très personnel en chacun
de nous. Personne ne peut faire le chemin pour toi. Toi
seul peux le parcourir. Moi, l'unique chose que je peux
faire, c'est de te montrer le chemin et te donner les indications
précises. C'est tout. Voyons, mon frère...
D.
Maître, serait-ce une bonne technique d'employer la
Méditation sur la mort du Moi pour les défauts
qu'on a dans nos rêves ?
M.
Bon, je vais te dire une chose : je reçois beaucoup
de lettres de gens qui ont des POLLUTIONS NOCTURNES. Presque
tous exigent de moi une recette pour les guérir de
cette douloureuse maladie. Je leur réponds toujours
que tant que les Mois des pollutions continuent d'exister
en eux, il y aura des pollutions.
Supposons
qu'un individu fasse un rêve morbide. Alors, comme
conséquence, survient une pollution nocturne ; que
faire ? Eh bien, à l'instant précis où
nous nous réveillerons, il faudra travailler ce Moi
qui a produit la pollution. Il faudra faire appel à
Devi Kundalini Shakti pour qu'elle le désintègre.
Et il faudra continuer à travailler sur ce Moi pendant
un certain temps jusqu'à ce qu'il soit enfin pulvérisé.
Mais,
si, un autre jour, surgit une autre pollution, qu'est-ce
que ça veut dire ? Qu'il y a un autre Moi luxurieux
qui l'a produite ; alors, il faut répéter
la même chose.
Et,
en fin de compte, le jour où il ne restera plus cette
sorte de Mois, les pollutions seront terminées. Et
c'est l'unique chemin pour arriver à se soigner.
Maintenant,
supposons que durant le sommeil, nous nous soyons découverts,
nous nous soyons vus dans un rêve horrible, en train
de nous battre, remplis de colère, contre un autre...
[...]
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