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38. La Saveur Travail et la Saveur Vie
Samaël Aun Weor
Conférence intitulée "EL SABOR TRABAJO
Y EL SABOR VIDA"
Nous
allons commencer en préparant, naturellement, l'ambiance
avec cette conférence de type ésotérique
et ensuite nous continuerons avec tout le reste. J'espère
donc que les frères y porteront toute leur attention...
Il
est nécessaire de comprendre la nécessité
d'APPRENDRE À VIVRE. Les expériences de la
vie quotidienne sont très utiles ; malheureusement,
les gens les refusent, les jugent, les détestent,
etc. Beaucoup se plaignent d'eux-mêmes et des autres
et il est étonnant de voir comment les gens sous-estiment
les expériences.
Nous
autres, nous devons agir à l'inverse : profiter des
expériences pour notre propre Auto-réalisation
; ce sont elles qui peuvent nous offrir le matériel
didactique suffisant pour le développement de l'Essence
ou, en d'autres termes, POUR LA CROISSANCE ANIMIQUE.
Ainsi
donc, LES EXPÉRIENCES S'AVÈRENT CERTAINEMENT
MAGNIFIQUES dans tous les cas de figure ; il est impossible
de tirer du matériel didactique pour le développement
de la Conscience de tout autre lieu que celui des expériences
; c'est pour cette raison que ceux qui les refusent ou ceux
qui protestent contre les douloureuses expériences
de la vie, se privent évidemment du meilleur : ils
se privent, précisément, de la source vive
qui peut les conduire au renforcement de la vie animique.
Lorsque
quelqu'un prend les expériences comme matériel
didactique pour son Auto-réalisation, il découvre
ses propres défauts psychologiques, car c'est dans
la relation avec l'humanité, c'est dans la relation
avec nos proches, c'est dans la relation avec nos compagnons
de travail (à l'usine, à la campagne, etc.),
qu'avec les expériences, nous parvenons à
l'Auto-découverte.
Il
est évident que ce sont les expériences qui
FONT AFFLEURER nos propres ERREURS. En présence de
personnes qui nous insultent, par exemple, affleure le Moi
de la colère ; en présence du vin, affleure
le Moi de l'ivrognerie ; en présence de personnes
de l'autre sexe, si nous ne sommes pas alertes et vigilants
comme la sentinelle en temps de guerre, affleure la luxure.
Ainsi
donc, les expériences s'avèrent utiles pour
nous connaître nous-mêmes. Evidemment, le principal
est de NE S'IDENTIFIER à rien de ce qui nous arrive,
à aucun événement, à aucune
circonstance. Nous devons apprendre à voir les différents
événements et circonstances sans nous identifier
avec ceux-ci. Nous devons profiter de chaque expérience,
aussi douloureuse soit-elle, pour l'Auto-découverte.
Quand
on s'auto-observe soi-même, on voit à quel
point les expériences sont utiles. Si nous nous retirions
dans une caverne solitaire sans nous être auto-découverts,
sans nous être connus nous-mêmes, sans avoir
dissous l'Ego, le résultat serait l'échec
le plus complet. Dans l'Himalaya, beaucoup d'anachorètes
vécurent dans des cavernes et développèrent
même quelques « SIDDHIS », c'est-à-dire
des pouvoirs. Ces ermites, à force de disciplines
ésotériques rigoureuses, réussirent
à atteindre le SAMADHI et en jouirent alors, pénétrant
dans l'ALAYA de l'Univers et se perdant même, pendant
quelques instants, dans le SUPRÊME PARABRAHATMA.
Ce
qui arriva réellement, c'est que, entraînés
aux plus diverses disciplines du mental, ces cénobites
réussirent à désembouteiller l'Essence,
la Conscience et celle-ci, en l'absence de l'Ego, en vint
à expérimenter CELA qui n'appartient pas au
temps, Cela qui est bien au-delà du corps, des sentiments
et du Mental.
Alors,
enivrés par le SOMA du Samadhi, ils se crurent des
Mahatmas ; ils ne travaillèrent jamais sur l'Ego
; ils ne se préoccupèrent jamais de désintégrer
les différents agrégats psychologiques ; ils
se spécialisèrent seulement dans le YOGA DE
LA MÉDITATION.
Une
fois désincarnés et étant donné
qu'ils étaient indubitablement devenus des athlètes
de la Science du Dyani, ou Méditation, l'Essence
put momentanément pénétrer jusque dans
les « PLANÈTES DU CHRIST », flotter dans
l'atmosphère de ces planètes (qui sont de
nature spirituelle), sans pouvoir, malheureusement, retourner
dans les Corporations de ces mondes...
Passée
l'extase, l'Essence retourna une fois de plus dans l'Ego,
à l'intérieur du moi-même. Ensuite,
ils revinrent, ils retournèrent, ils se réincorporèrent
et, à l'heure actuelle, ils sont dans le monde occidental,
des personnes vulgaires, communes et ordinaires, et, cependant,
tant en Orient qu'au Tibet, on continue encore à
les vénérer comme des Saints...
Il
faut comprendre la nécessité de désintégrer
l'Ego et cela ne sera pas possible si nous ne profitons
pas des dures expériences de la vie...
Il
y a également des personnes qui, après avoir
effectué un travail d'observation constant avec les
différents événements de l'existence,
oublient ce travail ; alors, les expériences sont
à nouveau prises comme auparavant.
Quand
quelqu'un prend les expériences de la vie comme un
moyen pour atteindre un but, comme un moyen pour l'Auto-découverte,
comme un moyen pour l'Auto-observation, il peut les savourer
(LA SAVEUR DU TRAVAIL est quelque chose de merveilleux ;
elle nous procure une douceur ineffable).
Lorsque
quelqu'un DÉCOUVRE qu'il a tel ou tel DÉFAUT
PSYCHOLOGIQUE ET QU'IL L'ÉLIMINE, alors IL EN VIENT
À SAVOURER LE TRAVAIL (c'est une « saveur »
unique en son genre) ; mais lorsque quelqu'un, après
avoir travaillé, ABANDONNE LE TRAVAIL sur lui-même
et recommence à prendre les expériences de
la vie comme auparavant, c'est-à-dire en vient à
réinverser le sens des expériences, alors,
indubitablement, IL SENTIRA À NOUVEAU la même
saveur de la routine quotidienne, la même SAVEUR DE
LA VIE de tous les jours. Il faut donc faire une nette différence
entre LA SAVEUR TRAVAIL et LA SAVEUR DE LA VIE routinière.
C'est
pourquoi je vous le dis, mes chers frères, ne fuyez
pas les expériences de la vie, profitez même
de la plus simple expérience pour l'Auto-découverte.
Tout
événement, aussi insignifiant soit-il, permet
l'Auto-connaissance ; car c'est précisément
dans la relation avec des personnes différentes que
l'on parvient à s'auto-découvrir, à
découvrir ses propres erreurs ; celles-ci affleurent
toutes seules si spontanément qu'il suffit d'être
en État d'Alerte pour les voir.
Tout
défaut découvert doit être travaillé,
doit être JUGÉ, doit être analysé
correctement, doit être COMPRIS par la technique de
la Méditation. Plus tard, vient l'exécution,
la dissolution ; tout agrégat psychique peut être
DISSOUS à l'aide de DEVI KUNDALINI SHAKTI, notre
Mère Divine. Si nous la supplions d'éliminer
de notre intérieur l'agrégat psychique que
nous avons compris, elle agira ainsi, elle le désintégrera
et nous serons libérés de ce défaut.
Comme
on se sent heureux lorsqu'on élimine de nous-mêmes
un défaut ; c'est comme si on nous avait débarrassé
d'une charge écrasante ! Quel bonheur ! Et à
mesure que les différents agrégats psychologiques
sont désintégrés, l'Essence, la Bouddhata
se libère peu à peu et lorsque tous les agrégats
ont été réduits en poussière
cosmique, LA CONSCIENCE ÉGOÏQUE DISPARAÎT
et seule reste LA CONSCIENCE PROPRE DE L'ÊTRE, la
Conscience primitive, originelle...
Par
conséquent, pour nous, cela vaut bien la peine de
profiter des expériences pratiques de la vie pour
l'Auto-découverte ; sans elles, l'Auto-découverte
ne serait pas possible...
Ces
ermites du temps jadis, qui s'enfermaient dans les cavernes
pour méditer, se nourrissant d'herbes, de racines
de la forêt, réussirent à devenir des
athlètes du Samadhi ; quelques-uns parvinrent même
jusqu'au Satori ; le Vide Illuminateur fit irruption dans
leur mental, mais ils ne purent jamais réaliser en
eux-mêmes le Vide Illuminateur (mes chers frères,
expérimenter le Vide Illuminateur est une chose et
autre chose est, en vérité, je vous le dis,
réaliser en nous-mêmes le Vide Illuminateur).
En
Orient, il y eut des saints, des mystiques, des ermites,
qui expérimentèrent le Vide Illuminateur ;
mais, étant donné qu'ils ne travaillaient
pas sur eux-mêmes, étant donné qu'ils
n'éliminaient pas les agrégats psychiques,
ils ne purent réaliser en eux-mêmes le Vide
Illuminateur.
Expérimenter
la nature du Vide Illuminateur est utile, mes chers frères,
très utile ; mais si nous restons seulement dans
cet état de l'Être, si nous N'AUTO-RÉALISONS
PAS INTÉRIEUREMENT LE VIDE ILLUMINATEUR, nous aurons
perdu notre temps lamentablement ; nous ne pourrons pas
véritablement réaliser en nous-mêmes
le Vide Illuminateur si, auparavant, nous ne travaillons
pas à la désintégration de l'Ego, du
moi-même, du soi-même. Ainsi donc, il vaut la
peine de réfléchir profondément à
toutes ces choses...
À
mesure que nous désintégrerons en nous-mêmes
l'Ego, la Conscience se libérera peu à peu
; et lorsque nous serons vraiment parvenus à la désintégration
absolue du moi-même, la Conscience sera totalement
libérée ; dès lors, le Vide Illuminateur
aura été réalisé en chacun de
nous...
Seuls
ceux qui ont réalisé en eux-mêmes le
Vide Illuminateur peuvent vivre dans les Planètes
du Christ. Sachez qu'autour de chaque soleil qui nous illumine
gravitent les Planètes du Christ ; elles sont de
nature spirituelle, pas matérielle.
IL
Y A DEUX NATURES : L'UNE EST INSTABLE, passagère,
périssable (c'est la nature du MONDE PHYSIQUE) ;
mais il y a une autre nature : LA NATURE DES « PLANÈTES
DU CHRIST » qui est immortelle, IMMUABLE, impérissable,
terriblement divine ; sur ces Planètes vivent les
Humanités Divines et dans chaque créature
de ces planètes demeure le Christ (le Christ resplendit
en chaque créature).
Mais,
essayer de se convertir en habitant des « Planètes
du Seigneur » sans avoir éliminé l'Ego
est absurde ; vouloir éliminer l'Ego en renonçant
aux expériences de la vie ou en protestant contre
celles-ci ou en se désespérant ou en s'identifiant
à chaque événement est stupide, parce
que le matériel didactique pour l'Autoréalisation
ne vient de nulle part, sinon des expériences de
la vie.
Ainsi
donc, prenons chaque expérience, aussi douloureuse
soit-elle, avec joie ; pensons qu'elle nous donne le matériel
didactique suffisant pour l'Auto-réalisation. Ne
commettons pas l'erreur de nous identifier à un quelconque
événement. Ne commettons pas non plus l'erreur
de refuser un événement quelconque. Chaque
expérience de la vie est utile...
Lorsque
nous aurons dissous la totalité de l'Ego, notre Mental
Intérieur se sera ouvert... Je vous ai déjà
dit qu'il y a trois types de « mental » et aujourd'hui
je vous le répète. Le premier, nous pouvons
l'appeler le « MENTAL SENSORIEL » (en lui se
trouve le « LEVAIN DES SADDUCÉENS »,
gens grossiers et matérialistes) ; le second est
le « MENTAL INTERMÉDIAIRE » et le troisième
est le « MENTAL INTÉRIEUR ». Dans le
« mental intermédiaire » se trouvent
les croyances des différentes religions, c'est le
« LEVAIN DES PHARISIENS »...
Jésus
Christ dit : « Méfiez-vous du levain des Sadducéens
et des Pharisiens », c'est-à-dire « méfiez-vous
des doctrines des Sadducéens matérialistes
et des Pharisiens hypocrites » (ce sont les paroles
de l'Évangile du Seigneur).
Que
peut savoir le MENTAL SENSORIEL à propos du Réel,
à propos de la Vérité ? Rien ! Pourquoi
? Parce qu'il élabore ses concepts exclusivement
avec les données apportées par les cinq sens.
Le
MENTAL INTERMÉDIAIRE, lui non plus, ne sait rien
du Réel ; là se trouvent « les Doctrines
des Pharisiens » et nous savons bien que ces derniers
se rendent aux Temples pour que les autres les voient ;
ils assistent à leurs Saints Offices ou Rites pour
que les autres disent d'eux le meilleur, mais ils ne travaillent
jamais sur eux-mêmes ; ils fondent leur religion exclusivement
sur les croyances et c'est absurde...
Avec
la mort de l'Ego, le « MENTAL INTÉRIEUR »
s'ouvre et celui-ci est différent ; celui-ci fonctionne
avec les ressorts de la Conscience ; celui-ci reçoit
les données de la Conscience Superlative de l'Être
et, avec ces données, il élabore ses concepts...
Étant
donné que la Conscience Transcendantale et Superlative
de l'Être a le pouvoir d'expérimenter le Réel,
la Vérité, manifestement, le « Mental
Intérieur », étant ainsi informé,
détient de bonnes données pour élaborer
ses concepts (c'est pour cette raison que le Mental Intérieur
s'appelle « LA RAISON OBJECTIVE » et c'est pour
cette raison que le Mental Sensoriel s'appelle « LA
RAISON SUBJECTIVE »).
Celui
qui a développé le Mental Intérieur
connaît le Réel, la Vérité ;
il connaît Cela, qui est bien au-delà du corps,
des sentiments et du mental ; il connaît les Mystères
de la Vie et de la Mort, non parce que d'autres lui en ont
parlé ou ont cessé de lui en parler, mais
bien par Expérience Mystique Directe.
Celui
qui a développé la Raison Objective est un
ILLUMINÉ ; mais il y a SIX DEGRÉS de développement
DE LA RAISON OBJECTIVE ; on reconnaît ces six degrés
aux TRIDENTS qui existent sur les CORNES... À quelles
« cornes » est-ce que je me réfère
? Aux CORNES D'ARGENT des Hiérophantes, aux CORNES
DE LUCIFER (ce Lucifer n'est pas autre chose que la RÉFLEXION
DU LOGOS en nous, l'ombre du Seigneur, située à
l'intérieur de nous-mêmes, dans notre Univers
Intérieur, pour notre bien...).
Pourrions-nous,
par hasard, monter jusqu'au Golgotha du Père, par
un autre chemin qui ne soit pas le corps de Lucifer, les
épaules de Lucifer ? Impossible !... Quelqu'un pourrait-il,
par hasard, travailler dans la Forge des Cyclopes sans l'impulsion
de Lucifer ? Impossible !... Lucifer donne l'impulsion ;
si nous savons planter la lance dans son côté,
nous le vaincrons. Une fois LE DRAGON VAINCU, NOUS GRIMPERONS
en utilisant son dos comme escalier... « La tentation
est feu, le triomphe sur la tentation est lumière
».
Si
nous parvenons à vaincre Lucifer, nous monterons
de degré en degré sur son dos ; chaque triomphe
sur Lucifer implique, en fait, un échelon dans notre
ascension et ainsi, d'échelon en échelon,
nous arriverons AU SOMMET DE L'ÊTRE, nous monterons
SUR LA MONTAGNE DE L'ÊTRE... Les Six Degrés
de développement de la Raison Objective sont sur
les Cornes de Lucifer.
Oui,
voilà la base. Tant qu'on n'a qu'un Trident sur ces
Cornes, on n'est monté que d'un degré ; si
l'on possède deux Tridents, cela indique un second
degré de développement dans la Raison Objective
; et celui qui en possède trois a perfectionné
son Mental jusqu'au Troisième Degré de sa
Raison Objective.
Mais,
celui qui détient les Six Degrés, les SIX
TRIDENTS sur ses Cornes, aura atteint LA PERFECTION ABSOLUE
dans la Raison Objective de l'Être ; il aura atteint
l'ANKLAD SACRÉ et pourra y demeurer ; il sera parfait
et tous les CHOEURS DES ÉGOTISMES de cet Univers,
les quatre grands choeurs ou groupes leur obéiront
et les vénéreront, ou plutôt, lui obéiront,
le vénéreront.
Avoir
les Six Degrés de la Raison Objective, c'est avoir
atteint l'Illumination Absolue, la Connaissance Objective
Absolue (sans lacune) des Mystères de la Vie et de
la Mort, des Mystères du Logos, des Mystères
de l'Abîme et du Ciel ; c'est avoir ouvert complètement
son Mental au Réel ; c'est pourquoi celui qui arrive
au Sixième Degré peut se reposer dans l'Anklad
Sacré. Celui qui arrive au Sixième Degré,
se trouve seulement à Trois Degrés de l'INFINI
QUI SOUTIENT TOUT et cela, il faut savoir le comprendre...
Je veux donc que les frères réfléchissent
profondément à cela...
On
a beaucoup parlé sur les « CHAKRAS »,
« disques » ou « roues magnétiques
» du Corps Astral. Sont-ils utiles ? Oui, ils sont
utiles ; mais toutes ces « roues », chakras
ou disques magnétiques, etc., malgré qu'ils
soient si merveilleux (car ils nous permettent les Perceptions
Extra-sensorielles), sont, en vérité, telles
de misérables bougies de suif face à la Raison
Objective de l'Etre. La Clairvoyance, par exemple, peut
être très belle... Qui nierait les pouvoirs
intrinsèques des chakras ? Qui nierait les pouvoirs
intrinsèques du Chakra Ajna ? Mais ceux-ci, en eux-mêmes,
sont comme la flamme d'une allumette comparée à
la lumière du soleil ; voilà ce qu'ils sont
si nous les comparons à l'Illumination que donne
la Raison Objective de l'Être.
De
cette manière, quel est le maximum ou les pouvoirs
maximums que l'anachorète gnostique peut obtenir
? Sont-ils dans les chakras ? Où sont-ils ? En vérité,
mes frères, je vous le dis : ils ne sont pas dans
les chakras... Alors où sont-ils ? En vérité,
je vous le dis : ils sont dans la Raison Objective de l'Être.
Mais, perfectionner la Raison Objective de l'Être
requiert l'élimination des éléments
subjectifs des perceptions ou, en d'autres termes, l'élimination
des différents Mois.
Ensuite,
si nous procédons ainsi, si nous nous décidons
à passer par « l'ANNIHILATION BOUDDHIQUE »
que ces messieurs de la Théosophie craignent tant,
alors, et seulement à ce moment-là, nous pourrons
vraiment nous reposer dans l'Anklad sacré...
Il
y a DEUX PSYCHISMES : l'INFÉRIEUR qui est en relation
avec les chakras et le SUPÉRIEUR qui appartient à
la Conscience Superlative et Transcendantale de l'Être,
aux Valeurs Éthiques du Divin, du Transcendantal
; à la Culture Universelle Spirituelle Divine...
Le
Psychisme Inférieur ne remplit-il pas quelques finalités
? Il serait absurde de le nier : oui, il remplit quelques
finalités. Dire que le développement des chakras
est inutile ? Je ne dis pas cela, je ne le pense pas ; c'est
utile jusqu'à un certain point, mais ce n'est pas
tout...
Lorsque
quelqu'un a éveillé sa Conscience et a véritablement
ouvert sa Raison Objective et que sa raison objective ou
mental intérieur peut servir d'instrument à
sa Conscience, alors l'Illumination de l'Être est
absolue et elle dépasse tous les chakras ; elle va
bien au-delà des chakras ; elle entre dans le domaine
du Surhomme, du Bouddha, du Bouddha Illuminé.
Je
veux que les frères comprennent cet aspect intrinsèque,
si profond ; je veux qu'ils comprennent également,
pour cette raison, la nécessité de passer
par L'ANNIHILATION BOUDDHIQUE. S'ils agissent ainsi, ils
ne le regretteront pas : ils ouvriront leur Mental Intérieur
et arriveront à posséder l'Illumination.
Je
ne veux pas dire que l'expérience du Vide Illuminateur
ne soit pas possible avant ; elle est possible, mais, comme
je vous l'ai déjà dit, une chose est l'expérience
du Vide Illuminateur et autre chose la réalisation
intime du Vide Illuminateur.
N'importe
quel anachorète peut expérimenter le Vide
Illuminateur, mais ceci n'implique pas forcément
l'Auto-réalisation Intime du Vide Illuminateur. Personne
ne pourra réellement Auto-réaliser le Vide
Illuminateur en lui-même tant qu'il n'aura pas éliminé
ou désintégré tous ces agrégats
psychiques inhumains que nous portons à l'intérieur
de nous... Il vaut donc la peine que nous comprenions tout
ceci et que nous réfléchissions profondément...
Lors
du processus de désintégration de l'Ego, nous
devons saigner abondamment et « nous devons laver
nos pieds avec le sang du coeur » si nous voulons
rester complètement purs.
L'Auto-réalisation
Intime de l'Être est très grave, extrêmement
grave ; on doit passer par des tortures épouvantables
: bien des fois, il faut renoncer à ce que nous aimons
le plus ; il faut toujours être prêts à
perdre ce que nous chérissons le plus et, je le répète,
« laver nos pieds dans le sang du coeur ».
Nous
devons nous convertir en quelque chose de différent,
en quelque chose de distinct ; ON DOIT PERDRE JUSQU'À
NOTRE PROPRE IDENTITÉ PERSONNELLE. Ceci veut dire
qu'un jour nous aurons à chercher notre propre identité
actuelle et, cependant, nous ne la trouverons pas, elle
sera perdue pour nous-mêmes, car nous serons devenus
quelqu'un de différent. Nous devons devenir distincts,
différents, changer radicalement. Mais, comment pourrions-nous
changer totalement si nous conservons notre identité
actuelle.
Sur
ce chemin, mes chers frères, il y a des processus
douloureux, très douloureux. Celui qui désire
COMMENCER AVEC SUCCÈS doit commencer PAR QUELQUES
SACRIFICES PHYSIQUES, DISCIPLINAIRES...
J'ai
commencé, dans mon existence actuelle, en parcourant
quelques pays entiers à pied, sans le moindre centime
en poche, en dormant dans les montagnes, enveloppé
dans mes propres « chiffons » pour panser mes
plaies, arrivant dans des villages sans argent ou bien me
couchant là, sous les auvents des maisons (lorsque
les maisons possédaient de tels toits ou auvents,
car, à l'heure actuelle, les constructions sont devenues
si cruelles que si quelqu'un se trouve sous la pluie, il
n'a pas d'autre solution que de la supporter ; voilà
la cruauté de notre époque !)...
Et
je ne regrette pas d'avoir parcouru des pays entiers sans
argent ; je ne regrette pas d'avoir souffert la tourmente
et les ouragans ; je ne regrette pas d'être arrivé
dans des villages où personne ne me connaissait,
sans un centime en poche...
C'est
ainsi que j'ai commencé et ça m'a beaucoup
servi. J'ai commencé d'une manière naturelle
; mon père qui est en secret a voulu que je commence
ainsi et ainsi j'ai commencé. À d'autres,
il leur est arrivé de commencer ainsi, car leur gourou
l'avait établi ainsi pour leur bien...
Je
connais le cas d'un gourou aux yeux noirs pénétrants
et à la moustache noire, qui a organisé une
caravane avec ses disciples. Il a parcouru des pays entiers
pour arriver en Perse depuis la Russie ; hommes et femmes
cheminaient dans la neige, quelques-uns avec les pieds nus,
ensanglantés, dormant dans les montagnes, exposés
aux loups, mais fermes dans la discipline. Et, ils sont
arrivés comme ça, dans ce pays de Perse, simplement
pour trouver une maison inoccupée où vivre...
«
Sottises », me direz-vous ! « Comment est-il
possible de voyager à travers les montagnes et dans
le froid avec un groupe de personnes qui souffrent, en dormant
la nuit dans les forêts, exposées aux loups
et à l'hiver ? Dans quel but (cela peut sembler incongru)
? Pour arriver finalement dans une maison qu'ils ont louée
? Pour faire cela, on n'a pas besoin de tout ceci ; pour
ça, le voyage aurait pu se faire dans une merveilleuse
automobile ou en avion »...
Le
gourou savait ce qu'il faisait : si le disciple virait à
droite, le gourou tirait à gauche ; et si le disciple
tirait à gauche, le gourou lui tirait les rennes,
comme à un cheval, pour qu'il vire vers la droite...
Et, en souffrant un peu, ses disciples se forgèrent,
dès le début, dans la dure discipline, et
ils s'avérèrent remarquables...
À
moi aussi, il m'appartint de me forger, au début,
dans cette dure discipline ; mon Père qui est en
secret le voulut ainsi. Je ne l'avais pas compris ; j'ai
compris bien plus tard, avec le temps, qu'il avait suivi
avec moi le même processus qu'ont suivi tous les «
Gurujis » des temps jadis qui, avant tout, soumettaient
les étudiants à ces dures épreuves
; et il ne fait aucun doute que les étudiants qui
sont passés par ces mêmes épreuves ont
été remarquables...
Ainsi,
mes chers frères, nous devons peu à peu éliminer
de nous-mêmes beaucoup de coutumes désastreuses
(habitudes acquises) dont nous ignorons nous-mêmes
l'existence : des mouvements mécaniques sans signification,
etc. Nous devons devenir conscients de tous nos gestes et
attitudes et éliminer ce qui ne sert pas ; tout cela
requiert une observation très rigoureuse de nous-mêmes.
Au
début, il est bon d'appliquer CETTE DURE DISCIPLINE
des voyages douloureux et sanglants, des tortures du chemin,
AFIN DE SE FORGER dès le début COMME ON DOIT
SE FORGER : DANS LA LUTTE !...
Nous
ne devons donc pas nous décourager sur ce point de
l'Auto-Observation Psychologique. À mesure qu'on
s'auto-observe, on découvre peu à peu combien
de Mois on possède, des Mois dont on ignorait l'existence
(on reste soi-même étonné lorsqu'on
s'auto-découvre).
Que
dirions-nous d'un homme honnête, sincère, travailleur,
un citoyen honorable, irréprochable, incapable de
voler un centime à quelqu'un, qui découvre
soudain, au fond de lui-même, qu'il possède
quelques Mois voleurs ? « Impossible, me direz-vous,
impossible ». Non, en cela il n'y a rien d'impossible...
Et
que dirions-nous d'une dame honnête, une magnifique
épouse, vertueuse, dévouée à
son foyer, qui, tout à coup, en s'auto-explorant
profondément, découvrirait au fond d'elle-même
toute une légion de Mois de prostituées ?
« C'est incongru » - diraient beaucoup de gens,
en entendant l'explication de tout ceci - « C'est
illogique, quel paradoxe ! »...
Mais,
dans le domaine de la psychologie profonde, tout cela est
possible. Au fond de chacun de nous, il y a une création
ambiguë : des Mois des temps anciens, des Mois qui
personnifient des erreurs épouvantables ; le plus
grave est qu'à l'intérieur de ceux-ci est
embouteillée la Conscience, toujours enfermée,
toujours procédant en vertu de son propre embouteillement...
Et
quel est le PIRE OBSTACLE qui existe POUR LA DISSOLUTION
DE L'EGO ? Quel est le pire inconvénient ? La LUXURE,
oui (c'est un mot terrible). Mais, qui ne l'a pas ? Quelqu'un,
ici présent, pourrait-il dire qu'il n'a jamais eu
de luxure ? Comme c'est difficile de la déraciner
de soi-même !...
Lorsque
nous analysons n'importe quel Moi de luxure, nous arrivons
à mettre en évidence qu'il AGIT dans chacun
des TROIS CERVEAUX D'UNE MANIÈRE DIFFÉRENTE.
Dans le Cerveau, disons purement Émotionnel, il s'exprime
comme l'Amour ; dans le Cerveau purement Moteur-Instinctif-Sexuel,
il s'exprime à travers l'érotisme ; dans le
Cerveau exclusivement Intellectuel, il s'exprime par des
plans, des projets en relation avec l'amour ou avec l'être
que l'on aime ou que l'on croit aimer. Cependant, tous ne
sont rien d'autre que des phénomènes d'un
même Moi qui s'appelle « luxure »...
Mais,
voyez de quelle manière distincte il se manifeste
dans le Cerveau Intellectuel, comment il prend forme dans
le coeur et, enfin, quel est son modus operandi dans le
Centre Moteur-Instinctif-Sexuel... Je répète
: dans le Centre Moteur-Instinctif-Sexuel, il s'exprime
comme une passion animale ; dans le coeur, la luxure prend
une autre forme que nous pourrions appeler « Amour
» ; et dans l'Intellect, il prend une autre forme
(comme des projets en relation avec cet « Amour »,
comme des souvenirs de cet « Amour »). Chaque
Moi possède ses Trois Cerveaux : l'Intellectuel,
l'Émotionnel et le Moteur-Instinctif-Sexuel, c'est
évident.
Ainsi,
à l'intérieur de notre personne, il y a donc
des milliers de personnes et chacune d'entre elles est organisée
avec ces trois cerveaux ; donc notre personnalité
n'est rien d'autre qu'une marionnette manipulée par
des fils invisibles...
Et
il y a des Mois très difficiles à arracher
de soi-même, à désintégrer, des
Mois qui se confondent avec la spiritualité et l'amour...
Nous devons avoir, pourrait-on dire, « un oeil clinique
», pour nous voir nous-mêmes, toujours disposer
de ce bistouri extrêmement fin de l'AUTO-CRITIQUE
pour percer tout ce que nous avons en nous et faire la dissection
de nos Valeurs. C'est seulement ainsi que nous pourrons
réellement savoir ce que nous avons vraiment. IL
FAUT BEAUCOUP D'OBSERVATION, mes chers frères !...
Nous
sommes épouvantablement faibles et nous nous croyons
très forts ; nous sommes des créatures fragiles,
excessivement faibles... Nous ne pourrions rien faire si
nous n'avions pas l'aide, que manifestement nous avons :
nous pouvons compter sur le pouvoir du Serpent Sacré,
de la DIVINE MÈRE KUNDALINI ; ELLE SEULE PEUT véritablement
NOUS ASSISTER pour désintégrer les Mois.
Elle
seule, avec ses flammes, peut réduire n'importe quel
Moi en poussière cosmique. Mais, essayer de désintégrer
les Mois sans compter sur l'aide de Devi Kundalini Shakti,
c'est se condamner soi-même à l'échec
et c'est regrettable...
Quelqu'un,
dont je ne mentionnerai pas le nom, a commis l'erreur d'attribuer
au SERPENT ASCENDANT toutes les caractéristiques
sinistres et funestes du SERPENT DESCENDANT...
Il
y a deux serpents : celui qui monte et celui qui descend.
Celui qui monte est LA KUNDALINI ; elle se fraie un passage
par le canal SUSHUMNA à l'intérieur de la
moelle épinière dorsale et arrive jusqu'au
cerveau et, plus tard, au coeur ; l'autre, qui descend,
se précipite depuis le coccyx vers les Enfers Atomiques
de l'homme, est l'abominable ORGANE KUNDARTIGATEUR ; oui,
l'abominable Organe Kundartigateur ou SERPENT PYTHON, qui
rampait dans la boue de la terre, a eu le pouvoir de nous
faire tomber dans l'erreur ; l'autre, le serpent ascendant,
est différent ; il a le pouvoir de nous libérer
de l'erreur.
Il
est clair que, par le passé, certains Individus Sacrés
se trompèrent et implantèrent, dans la nature
de l'être humain, l'abominable Organe Kundartigateur.
Mais, comment ferons-nous pour devenir des saints ? Nous
devrons implanter dans l'organisme humain un autre organe
comme le « Kundartigateur », mais qui soit positif,
lumineux, son antithèse, l'opposé du «
Kundartigateur »...
Il
existe, bien sûr, et c'est la Kundalini. Le mot lui-même
le dit : « Kunda-lini », « KUNDA »
nous rappelle l'abominable Organe Kundartigateur, «
LINI » signifie « fin » (« fin de
l'abominable Organe Kundartigateur ») ; voilà
: avec l'ascension du Serpent Kundalini, l'abominable Organe
Kundartigateur se retrouve réduit en poussière
cosmique...
Dans
la « Genèse », apparaît le SERPENT
TENTATEUR DE L'ÉDEN, l'horrible Python à sept
têtes, qui rampe dans la boue de la terre et qu'Apollon,
irrité, blessa de ses dards ; c'est l'abominable
Organe Kundartigateur. Mais, dans la Sagesse antique, apparaît
également MOÏSE et le SERPENT D'AIRAIN qui s'enroulait
autour du TAU ou LINGAM GÉNÉRATEUR (c'est
la Kundalini).
Gurdjieff
commit l'erreur de confondre la « Kundalini »
avec le « Kundartigateur », le serpent qui monte
avec celui qui descend et il attribua à celui qui
monte tous les sinistres pouvoirs ténébreux
du serpent qui descend. Voilà son erreur et voilà
la raison pour laquelle ses disciples ne réussirent
pas à dissoudre les Mois ; ce fut une grande erreur
!...
À
partir de la simple compréhension, il n'est pas possible
de dissoudre les Mois. Je ne nie pas qu'avec LE COUTEAU
DE LA CONSCIENCE, en comprenant réellement n'importe
quel Moi, nous puissions LE SÉPARER de nous-mêmes,
de notre psyché ; mais cela, mes chers frères,
n'est pas suffisant, car le Moi, séparé de
notre psyché, continuera à vivre ; il ne se
résignera pas à demeurer loin de sa maison
; il essayera maintes et maintes fois de revenir occuper
sa place, il se convertira en un DÉMON TENTATEUR...
Il
faut DÉSINTÉGRER le Moi que nous avons séparé
de nous-mêmes grâce au COUTEAU DE LA CONSCIENCE
et personne ne peut le désintégrer avec un
autre pouvoir que le pouvoir de la Mère Divine Kundalini
; elle seule peut le réduire en cendres, en poussière
cosmique...
Ainsi,
mes chers frères, ce qui est donc fondamental, c'est
de MOURIR EN SOI-MÊME définitivement, pour
pouvoir ouvrir le Mental Intérieur et jouir de la
Raison Objective qui est Cognition Véritable du Réel,
Expérience Intime de l'Être, Vision Bouddhique
Transcendantale, Divine, au-delà du corps, des attachements
et du mental subjectif.
À
mesure que vous allez digérer tout ceci, vous comprendrez
également la nécessité de vivre, alertes
et vigilants, comme la sentinelle en temps de guerre, en
travaillant toujours de manière constante. Parce
que tels que vous êtes, tels que vous vous trouvez
en ce moment précis, vous ne servez à rien
: vous possédez une création erronée
qui se manifeste à travers une Fausse Personnalité
; SPIRITUELLEMENT, VOUS ÊTES MORTS, vous n'avez aucune
réalité. Vous devez tous cesser d'exister
tels que vous êtes, car si vous continuez d'exister
tels que vous êtes, vous devrez rentrer dans l'INVOLUTION
MINÉRALE des entrailles de la terre. Tels que vous
êtes, vous êtes morts spirituellement ; vous
ne possédez pas la Raison Objective de l'Être
; vous n'avez pas atteint l'Illumination ; vous gisez comme
des ombres parmi les profondes ténèbres...
Quelle
est votre réalité ? Des ombres et rien de
plus que cela : des ombres !... Vous devez ouvrir le Mental
Intérieur, mais, pour cela, vous devez cesser d'exister
comme des ombres misérables, vous devez devenir impitoyables
envers vous-mêmes, parce que, pour le moment, vous
vous aimez beaucoup trop vous-mêmes ; VOUS VOUS AUTO-CONSIDÉREZ
TROP.
Mais,
qu'est-ce que vous aimez ? Votre cher Ego, votre nudité,
votre misère intérieure, les ténèbres
dans lesquelles vous vous trouvez ? Est-ce cela que vous
aimez tant ? Non, mes frères, réfléchissez
profondément ; réfléchissez !...
Vous
devez vous dédier à travailler intensément
sur vous-mêmes ; vous devez comprendre le processus
de la luxure, qui est le pire ennemi de l'élimination
de l'Ego, le pire ennemi de la dissolution... Qui ne l'a
pas ? Qui ne l'a pas eue ? Cependant, il faut la réduire
en cendres...
Un
frère a-t-il quelque chose à demander ? Parle,
ma soeur.
Disciple.
Vénérable, on appelle Gurdjieff « Maître
». A-t-il travaillé dans la Neuvième
Sphère ou a-t-il seulement travaillé dans
la dissolution de l'Ego au moyen de la compréhension
?
Maître.
Il a travaillé dans la Neuvième Sphère,
a fabriqué les Corps Existentiels Supérieurs
de l'Être, mais IL N'A PAS RÉUSSI LA DISSOLUTION
TOTALE DE L'EGO PARCE QU'IL A REJETÉ SA MÈRE
DIVINE. Comment l'enfant ingrat peut-il dissoudre l'Ego
? L'enfant ingrat ne progresse pas dans ces études.
Avant tout, avant d'arriver au Père, nous devons
arriver à la Mère, c'est évident...
Un autre frère a-t-il quelque chose à demander
en relation avec ça ?
D.
Maître, pourquoi Gurdjieff, étant l'un de vos
disciples, ne savait-il pas que l'unique chemin pour la
dissolution de l'Ego est celui de la Divine Mère
Kundalini ?
M.
Il a oublié sa Mère. Dans d'anciennes existences,
j'ai été son instructeur ; mais, dans sa dernière
existence, étant donné qu'il était
loin de moi, IL A OUBLIÉ SA DIVINE MÈRE. Voilà
son erreur ! Sans ce pouvoir fohatique, personne ne peut
désintégrer les agrégats psychiques
; parce que tout seul on n'arrive à rien. Le couteau
de la Conscience nous permet de séparer les Mois
que nous avons compris, de les séparer de notre psyché,
mais ça ne signifie pas dissolution... Je le répète
: ces Mois lutteront sans cesse pour revenir s'installer
dans notre machine organique...
Y
a-t-il un autre frère qui ait quelque chose à
demander ? Je ne veux pas que vous arrêtiez de demander,
car si on ne demande pas, on ne comprend pas ; quelquefois,
il est nécessaire de demander. Ainsi, Parsifal, quand
il est arrivé pour la première fois au château
du Montsalvat transcendant, ne parvint pas à être
Roi du Graal, pour n'avoir pas demandé la cause des
douleurs d'Amfortas ; de sorte qu'il faut toujours demander.
Parle, mon frère...
D.
Maître, quel est le nombre d'étapes requises
pour arriver à acquérir la Raison Objective
de l'Être ?
M.
POUR ATTEINDRE LA RAISON OBJECTIVE, IL Y A SIX DEGRÉS.
Manifestement, la raison objective possède six degrés,
mais le plus élevé des six degrés appartient
à l'Anklad Sacré et il se situe à trois
pas de l'Infini qui soutient tout... Maintenant, combien
d'étapes, dis-tu ? Il faut d'abord MOURIR complètement
en toi-même ; si tu ne désintègres pas
l'Ego, tu ne développeras pas la Raison Objective.
Mais, à mesure que tu vas avancer profondément
dans la destruction du moi-même, la Raison Objective
de l'Être va s'ouvrir ; lorsque tu auras réussi
à dissoudre l'Ego à 100%, la Raison Objective
de l'Être aura atteint en toi-même la Plénitude
de la Perfection ; dès lors, tu seras illuminé,
absolument illuminé et tu connaîtras, par expérience
vécue, directe, tous les Mystères de l'Univers.
Tu n'ignoreras rien et tu posséderas tous les Pouvoirs
du Cosmos. Cela se trouve bien au-delà des chakras
; les chakras, je le répète, ne sont que de
pâles lueurs face à la lumière du soleil.
Ils sont utiles, mais très balbutiants...
Une
autre question, mes frères ?
D.
Maître, ces Tridents dont vous parlez, ont-ils une
relation avec la [...] ?
M.
C'est un point à part ! Ne mélangeons pas
les différentes sciences, parce que nous nous convertirions
en iconoclastes. Qu'est-ce qu'un « iconoclaste »
? Un homme qui fait la dissection de tout, qui revient sur
tout et qui ne reste sur rien. Nous, nous ne sommes pas
des iconoclastes, laissons chaque matière d'étude
à sa place, sans revenir aux choses. « Ne confondons
pas le gymnase avec la magnésie »... Une autre
question, mes frères ?...
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