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37. Pédagogie du Savoir Vivre (La Nécessité
d'Apprendre à Vivre)
Samaël Aun Weor
Conférence intitulée "PEDAGOGÍA
DEL SABER VIVIR (La Necesidad de Aprender a Vivir)"
Bon,
nous allons commencer notre conférence de ce soir.
Avant tout, mes chers frères, il s'avère nécessaire
de savoir vivre ; c'est quelque chose que nous devons comprendre...
Quand
nous conversons avec quelqu'un, celui-ci nous raconte les
divers épisodes de sa vie ; il nous parle, disons,
de faits qui lui sont arrivés, de ce qui s'est produit
à certaines périodes de son histoire (comme
si la vie n'était qu'une chaîne d'événements).
Les
gens ne se rendent pas compte qu'en plus des circonstances
de l'existence, il existe aussi les ÉTATS DE CONSCIENCE
; la capacité à vivre repose précisément
sur la façon dont on réussit à combiner
les Etats de Conscience avec les circonstances de l'existence.
Il
peut arriver qu'une circonstance qui aurait pu être
heureuse, ne l'ait pas été, du fait que nous
n'avons pas su combiner l'Etat de Conscience avec l'événement
en lui-même...
Quand
nous examinons le monde dans lequel nous vivons, nous pouvons
vérifier de façon frappante, claire et définitive
qu'il y a des personnes qui devraient être heureuses
mais qui ne le sont pas. Nous avons connu de nombreux cas
concrets d'individus qui ont une bonne maison, une belle
auto, une magnifique épouse, des enfants charmants
et suffisamment d'argent et qui, cependant, ne sont pas
heureux.
Par
contre, nous avons pu voir, corroborer le cas de personnes
pauvres, dans le besoin, peut-être d'humbles travailleurs
à la pelle et à la pioche, ne possédant
pas de belle maison, n'ayant pas plus d'argent que ce qui
est strictement nécessaire pour leur subsistance
quotidienne, ne faisant pas usage d'une rutilante automobile
dernier modèle, et qui, cependant, sont heureux dans
leurs foyers, avec leurs enfants (pauvres, mais propres
et respectables) et leur épouse vaillante et sincère.
Par
conséquent, ce n'est pas l'argent en soi qui peut
nous donner le bonheur ; tout dépend de la façon
dont on sait combiner les Etats de Conscience avec les faits
ou les circonstances de la vie pratique.
Si
une personne placée dans de magnifiques conditions
n'est pas à la hauteur des circonstances, si elle
ne sait pas combiner ses Etats de Conscience avec le milieu
où elle évolue et où elle vit, elle
sera incontestablement malheureuse.
Une
autre, par contre, qui bien que se trouvant dans des circonstances
difficiles, sait combiner les faits de sa vie pratique avec
les Etats de Conscience, atteindra le bien-être, la
prospérité, la joie, etc.
C'est
pourquoi il s'avère urgent de comprendre qu'il est
nécessaire d'APPRENDRE À VIVRE AVEC SAGESSE...
Si
nous désirons un changement définitif des
circonstances de la vie, il est nécessaire qu'un
tel changement ait lieu d'abord à l'intérieur
de nous-mêmes ; si, à l'intérieur, nous
ne modifions rien, la vie continuera à l'extérieur
avec ses difficultés...
Avant
tout, il est nécessaire de SE RENDRE MAÎTRE
DE SOI-MÊME ; tant qu'on ne saura pas se gouverner
soi-même, on ne pourra pas non plus gouverner les
circonstances difficiles de l'existence.
Quand
nous contemplons les divers événements de
la vie, quand nous voyons cet ordre de choses, nous pouvons
constater que les gens sont de véritables machines
qui ne savent pas vivre : si quelqu'un les insulte, ils
réagissent, furieux ; si quelqu'un les salue, ils
sourient, heureux ; il s'avère très facile,
en vérité, pour un pervers quelconque de jouer
avec les Machines Humaines ; il peut les faire passer de
la tristesse à la joie et vice versa, seulement en
leur disant quelques paroles.
Comme
c'est facile, n'est-ce pas ? Il suffit que quelqu'un nous
insulte pour que nous réagissions ; il suffit que
quelqu'un nous donne quelques petites tapes sur l'épaule
pour que nous souriions, tout contents ; nous ne savons
pas nous gouverner nous-mêmes, ce sont les autres
qui nous gouvernent ; et en fait, c'est lamentable (nous
sommes des incapables...).
Il
est nécessaire de COMPRENDRE ce qu'est le MENTAL,
ce qu'est le SENTIMENT et le SENTIMENTALISME. Si nous étudions
l'Être de façon judicieuse, nous verrons que
LE MENTAL N'EST PAS L'ÊTRE.
Dans
la Théosophie, on parle beaucoup du « CORPS
MENTAL » ; les diverses écoles de pensée
le mentionnent. Nous ne voulons pas dire par là que
tous les « humanoïdes » possèdent
déjà le Véhicule Mental ; il y a le
« Manas », comme on dit en sanscrit, c'est-à-dire
la Substance Mentale déposée en chacun de
nous, mais ça ce n'est pas posséder réellement
le Véhicule du Mental.
En
tout cas, le mental, soit que l'être humain possède
déjà ce véhicule, soit qu'il commence
à le créer ou qu'il ne l'a pas encore, n'est
rien de plus qu'un instrument de manifestation, mais ce
n'est pas l'Être...
LE
SENTIMENT NON PLUS N'EST PAS L'ÊTRE. Dans le passé,
j'étais enclin à croire que le sentiment,
en soi, correspondait véritablement à l'Être
; mais, plus tard, à la suite d'analyses rigoureuses,
j'ai vu la nécessité de rectifier un tel concept
; chez les êtres humains, il est évident que
le sentiment provient du CORPS ASTRAL.
On
pourrait objecter en disant que « tout le monde ne
possède pas encore ce précieux véhicule
KEDSJANO » et, en cela, nous sommes bien d'accord
; mais l'émotion, qui est la substance correspondante,
existe bien, elle, en chacun de nous ; et c'est d'elle,
bien sûr (que l'on possède ou non le Véhicule
Sidéral), que provient ce qu'on appelle « sentiment
».
Dans
son aspect négatif, le sentimentalisme nous convertit
donc en individus vraiment négatifs, mais le sentiment
en soi n'est pas non plus l'Être ; il peut appartenir
au Centre Emotionnel, mais il n'est pas l'Être.
Le
mental a son centre, le CENTRE INTELLECTUEL, mais il n'est
pas l'Être. Le Centre du Mental, le Centre Intellectuel,
se trouve dans le cerveau, évidemment, mais il n'est
pas l'Être. Le sentiment, qui correspond au CENTRE
ÉMOTIONNEL ou au Cerveau Émotionnel, est situé
dans la région du Plexus Solaire, et comprend même
le centre nerveux sympathique et le coeur, mais il n'est
pas l'Être ; « l'Etre est l'Être, et la
raison d'être de l'Être est ce même Être
»...
Pourquoi
devons-nous nous laisser mener par les Centres de la Machine
? Pourquoi permettons-nous que le Centre Intellectuel ou
le Centre Émotionnel nous contrôle ? Pourquoi
devons-nous être esclaves de cette machinerie ? Nous
devons apprendre à contrôler tous les Centres
de la Machine ; nous devons nous convertir en maîtres,
en seigneurs...
Il
y a cinq centres dans la machine, c'est évident :
le centre INTELLECTUEL qui est le premier ; le centre EMOTIONNEL
qui est le deuxième ; le centre MOTEUR qui est le
troisième ; le centre INSTINCTIF qui est le quatrième
; et le centre SEXUEL qui est le cinquième ; mais
LES CENTRES DE LA MACHINE NE CONSTITUENT PAS L'ÊTRE
; ils peuvent être au service de l'Être, mais
ils ne sont pas l'Être ; par conséquent, ni
le mental, ni le sentiment ne sont l'Être.
Pourquoi
les êtres humains souffrent-ils ? Pourquoi permettent-ils
à la pensée et au sentiment d'intervenir dans
les diverses circonstances de la vie ? Si on nous insulte,
nous réagissons immédiatement en insultant
; si on blesse notre amour-propre, nous souffrons et nous
allons jusqu'à nous mettre en colère...
Quand
nous contemplons tout le panorama de la vie, nous pouvons
nous rendre clairement compte que nous avons été,
disons, des bouts de bois dans l'océan, parce que,
précisément, nous avons permis que le mental
et le sentiment se mêlent toujours aux diverses circonstances
de notre existence.
NOUS
N'AVONS PAS DONNÉ D'OPPORTUNITÉ À L'ESSENCE,
À L'ÊTRE, pour qu'ils s'expriment à
travers nous ; nous avons toujours voulu résoudre
les choses pour notre compte : nous réagissons devant
n'importe quelle petite parole dure, devant n'importe quel
problème, devant n'importe quelle difficulté
; nous nous sentons blessés quand quelqu'un nous
blesse ou contents quand une personne quelconque nous adule
; nous avons été victimes de tout le monde
; tout le monde a joué avec nous ; nous avons été,
disons, des bouts de bois parmi les vagues déchaînées
du grand océan ; nous n'avons pas été
maîtres de nous-mêmes.
Pourquoi
sommes-nous préoccupés ? (Je me le demande
et je vous le demande). « À cause des problèmes
», me direz-vous. La PRÉOCCUPATION, mes chers
frères, est une habitude de très mauvais goût
: ELLE NE SERT À RIEN et elle ne résout rien
; on doit apprendre à vivre d'instant en instant,
de moment en moment. Pourquoi devrait-on être préoccupé
?...
Ainsi
donc, avant tout, ne permettons pas que le mental et les
sentiments se mêlent aux diverses circonstances de
la vie ; la PERSONNALITÉ humaine DOIT DEVENIR TRANQUILLE,
PASSIVE ; cela implique, en fait, une TERRIBLE ACTIVITÉ
DE LA CONSCIENCE ; cela signifie : apprendre à vivre
consciemment ; cela signifie : poser les fondements de l'Éveil...
Tout
le monde voudrait voir, entendre, toucher et palper les
grandes réalités des Mondes Supérieurs
; mais, naturellement, comment les endormis pourraient-ils
se transformer en expérimentateurs des grandes réalités
? Comment ceux qui ont la Conscience dans le sommeil pourraient-ils
être des investigateurs de la vie dans les Régions
Supra-Sensibles de la Nature et du Cosmos ?
Si
nous éveillions la Conscience, nous pourrions vérifier
le fait concret que le monde n'est pas tel que nous le voyons.
J'ai
dit plusieurs fois, et aujourd'hui encore je vous le répète,
que toutes les merveilles qui figurent dans le livre des
« Mille et une Nuits », tous ces prodigieux
phénomènes magiques de l'antique « Arcadie
», tous ces miracles de la Terre Originelle (de ces
temps où « le lait et le miel émanaient
des fleuves d'eau pure de vie ») n'ont pas cessé
et continuent à se produire d'instant en instant,
de moment en moment, ici et maintenant...
On
pourrait objecter en disant : « S'il en est ainsi,
pourquoi ne les voyons-nous pas ? Pourquoi ne sommes-nous
pas témoins de ces faits insolites ? Pourquoi la
possibilité d'expérimenter ces merveilles
ne nous est-elle pas donnée ? »
La
réponse est la suivante : personne ne nous a enlevé
la capacité d'expérimenter, personne ne nous
empêche de voir et d'entendre ce qui se passe autour
de nous ; si, en ce moment, de tels phénomènes
ne sont pas perceptibles à nos sens extérieurs,
cela n'est dû qu'à une seule raison (qui est,
certes, très grave) : NOUS NOUS TROUVONS EN ÉTAT
D'HYPNOSE, ENDORMIS ; et l'individu en transe hypnotique
devient INCAPABLE DE PERCEVOIR de tels phénomènes...
On
a dit beaucoup de choses sur l'abominable ORGANE KUNDARTIGATEUR
(organe fatal que possédait l'humanité dans
les temps anciens)... On ne l'a pas perdu en totalité
; nous savons bien qu'il existe encore un résidu
osseux, à la base de l'épine dorsale ; personne
ne l'ignore. Ce résidu appartient à l'abominable
Organe Kundartigateur et il possède, entre autres,
un POUVOIR HYPNOTIQUE formidable ; ce courant hypnotique,
général, collectif, est fascinant.
Si,
par exemple, nous voyons quelqu'un vêtu de façon
extravagante dans la rue, nous ne ressentons pas d'étonnement
; nous disons simplement : « Quel individu excentrique
! ». Une autre personne qui est avec nous dirait :
« Ça, c'est la mode ! ». Une autre personne,
plus loin, s'exclamerait : « Voilà un hippie
! » ; et un vieillard qui serait sur le trottoir d'en
face se limiterait à penser : « Voilà
comment sont les gens de la nouvelle vague ! » ; mais
les uns et les autres sont en état d'hypnose et c'est
tout !...
Soumettez
un quelconque individu à un profond sommeil hypnotique
; dites-lui ensuite qu'il est au milieu de l'océan,
qu'il se déshabille parce qu'il va se noyer et vous
le verrez se dévêtir ; dites-lui qu'il est
un grand chanteur et vous le verrez se mettre à chanter,
bien qu'en réalité il ne fait que pousser
des hurlements ; dites-lui de se coucher sur le sol et il
se couchera ; qu'il se mette sur la tête et il le
fera, parce qu'il est en état d'hypnose...
J'ai
fait, il y a peu de temps, un petit voyage jusqu'au Port
de Bayarta (Mexique) ; il y a là (comme à
Acapulco) un bateau pour les touristes ; je n'eus aucune
difficulté à acheter le billet pour payer
le voyage en bateau qui devait m'emmener à une plage
voisine ; le trajet fut plaisant, délicieux ; naviguer
sur le Pacifique est agréable...
Il
y avait là un de ces hypnotiseurs en question. Quand
l'ensemble instrumental se mit à jouer, il dit aux
gens de danser et ceux-ci dansèrent ; de se donner
la main et tout le monde se donna la main ; il demanda aux
fiancés de s'embrasser et les fiancés s'embrassèrent
; la seule chose qui manquait à cet homme, à
cet hypnotiseur improvisé, c'était de leur
dire de se mettre sur la tête, mais tout ce qu'il
ordonnait se faisait.
On
riait et on était étonnés, en même
temps, de voir les merveilles que faisait l'hypnotiseur
: comment il jouait avec les passagers, comment il les faisait
rire, comment il les faisait sauter, comment il les faisait
tourner en rond, etc.
Bien
entendu, comme je suis accoutumé à me trouver
en ÉTAT D'ALERTE-PERCEPTION, D'ALERTE-NOUVEAUTÉ,
je me suis limité exclusivement à regarder
ces idiots en état d'hypnose.
Observez
vous-mêmes la publicité : « Achetez tel
remède infaillible contre la toux »... Chaque
annonce publicitaire donne des ordres au peuple hypnotisé
pour qu'il aille à tel ou tel endroit, pour qu'il
achète tel ou tel savon, tel ou tel parfum, pour
qu'il se rende dans tel ou tel cabinet médical, etc.,
et les gens se déplacent sous les ordres des hypnotiseurs
qui, à leur tour, sont hypnotisés aussi par
d'autres gens et par d'autres multitudes, comme les foules
elles-mêmes ; tout le monde marche en État
d'Hypnose, de transe hypnotique...
Mais
ça demande du travail pour savoir que l'on est en
État d'Hypnose ; SI LES GENS SE LE PROPOSAIENT, ILS
POURRAIENT S'ÉVEILLER de cet état si lamentable,
mais malheureusement personne n'envisage de le faire.
Il
en coûte donc beaucoup, je le répète,
pour découvrir l'État d'Hypnose dans lequel
on se trouve ; on arrive à se rendre compte que l'état
d'hypnotisme existe quand la force hypnotique circule plus
rapidement, quand elle se concentre en un endroit déterminé,
quand a lieu une session d'hypnotisme. En dehors de cela,
en dehors de ce moment-là, on ne se rend pas compte
qu'on est en État d'Hypnose.
Si
on pouvait s'éveiller de ce sommeil dans lequel on
se trouve, ON VERRAIT ALORS LES PHÉNOMÈNES
merveilleux qui se sont produits autour de nous depuis le
commencement du monde...
Je
connais des phénomènes si simples que n'importe
qui peut les voir : ils sont physiques, matériels,
ils sont à la vue de tout le monde et, cependant,
les gens, en les voyant, ne les voient pas.
Vous
pourriez me dire... ou me demander, et à juste titre
d'ailleurs (ou vous pourriez exiger de moi, pour parler
plus clairement) : « S'il en est ainsi, pourquoi ne
nous en mentionnez-vous pas ne serait-ce qu'un seul ? »
Pour quels motifs ? Un seul : à savoir que si je
vous mentionnais l'un quelconque de ces phénomènes
(qui sont perceptibles à l'oeil nu), vous les verriez
immédiatement, mais vous mourriez, parce qu'il se
trouve qu'actuellement ces phénomènes, qui
correspondent à des Forces et à des Prodiges,
SONT JALOUSEMENT GARDÉS PAR CERTAINS ÉLÉMENTAUX
très forts, qui, s'ils se sentaient découverts,
CAUSERAIENT LA MORT DES CURIEUX ; et comme je n'ai pas envie
de créer un cimetière pour mon propre compte,
je me vois dans l'obligation de me taire...
Ainsi
donc, mes frères, IL EST NÉCESSAIRE DE S'ÉVEILLER
si nous voulons percevoir les grandes réalités
de la vie ; mais il n'est possible de s'éveiller
qu'en sachant vivre.
Comment
une personne qui est un jouet pour les autres pourrait-elle
s'éveiller? Si je vous insultais, à cet instant,
je suis sûr que vous ne le supporteriez pas, que vous
protesteriez violemment et que la plupart d'entre vous se
retireraient immédiatement...
Voyez
comme il est facile de vous faire changer ! Il suffit que
je vous dise une parole dure pour que vous deveniez tout
de suite rouges de fureur ; si, maintenant, je veux vous
flatter, il me suffit de vous dire quelques petits mots
doux pour que vous soyez contents. C'est-à-dire que
vous êtes victimes des circonstances, que vous n'êtes
pas maîtres de vous-mêmes et c'est lamentable,
n'est-ce pas ?
De
sorte, frères, que celui qui veut être maître
de lui-même doit commencer par NE PAS PERMETTRE QUE
LE MENTAL ET LES SENTIMENTS INTERVIENNENT dans les affaires
de la vie pratique. Bien entendu, cela requiert, comme je
l'ai déjà dit, une terrible PASSIVITÉ
DE LA PERSONNALITÉ ET UNE TRÈS FORTE ACTIVITÉ
DE LA CONSCIENCE.
C'est
précisément là ce dont nous avons besoin
: l'activité de la Conscience. Quand la Conscience
devient active, elle sort de sa léthargie et alors
il est évident qu'advient l'Éveil...
Avant
tout, nous devons commencer par NE PAS FAIRE CE QUE FONT
LES AUTRES. Quand je vais au restaurant et que j'y vais
avec tous mes proches, à l'heure du repas, je peux
constater que tous passent aux lavabos pour se laver les
mains. Quant à moi, on peut me traiter de «
cochon », de « sale », mais je ne vais
pas me laver les mains.
Quand
on m'en demande la raison, le pourquoi, je réponds
: « Simplement parce que je n'aime pas faire ce que
font les autres, c'est-à-dire que je n'aime pas être
une machine ». De sorte que si les autres se mettent
sur la tête, moi aussi je devrais me mettre sur la
tête ? Si les autres marchent à quatre pattes,
je devrais aussi marcher à quatre pattes ? Non, mes
frères ! Il faut nous convertir en individus et cela
n'est possible qu'en nous « déségoïstisant
» et en ne permettant pas que le mental et les sentiments
se mêlent aux diverses circonstances de l'existence.
Quand
nous commençons ce travail, quand nous apprenons
à devenir terriblement passifs pour donner libre
cours aux grandes activités de la Conscience, nous
voyons que tout change.
Je
veux vous citer rien de plus qu'un fait concret : je me
trouvais dans une maison, peu importe laquelle. L'un des
« enfants bien élevés » de cette
maison était parti sur les routes du monde et il
était devenu rien moins qu'un Don Juan séducteur
: il avait fait des siennes, là-bas, avec une jeune
fille.
Conclusion
: les parents de celle-ci sont intervenus : il est donc
évident que ceux-ci se sont présentés
en personne à cette maison, cherchant le «
fils à papa », le « garçon bien
élevé ». (Polisson ? oui, mais amoureux...
Noceur et joueur ? Je ne sais pas ; je sais seulement que
c'est un véritable Don Juan).
Le
père de la jeune fille est venu, évidemment,
avec l'intention « d'amocher » le jeune homme
; personne n'osait sortir ; il n'y a que moi qui, me trouvant
là, faisais acte de présence, profitant de
l'opportunité qui m'était donnée pour
servir de médiateur...
Le
chef de famille, furieux, appelait le jeune homme pour qu'il
sorte de la maison ; j'ai retenu le garçon et fait
entrer le chef de famille offensé. Avec beaucoup
de douceur et d'amour, j'ai invité la personne offensée
et le Don Juan à s'asseoir tous les deux et, bien
sûr, les deux ont pris un siège...
Avec
le père de famille, il y avait une dame ; j'ai compris
qu'il s'agissait de la mère de la jeune fille. Il
y eut des paroles terribles et il s'en fallut de peu qu'il
ne sorte son pistolet et ne tire. Néanmoins, je dis
au monsieur, avec toutes les bonnes manières : «
Il est possible de tout arranger ; par la compréhension,
on peut trouver une solution à tout ; on ne résout
aucun problème en tuant »...
Cet
homme fut alors surpris : il ne pensait pas qu'il y aurait
dans cette demeure quelqu'un d'aussi serein, d'aussi tranquille...
Il
y eut des conversations, des échanges amicaux entre
le chef de famille et le Don Juan ; tout s'est arrangé
à l'amiable et l'offensé est parti, emportant
avec lui son pistolet avec ses cinq balles ; il n'y eut
aucun coup de feu...
Et
tout s'est arrangé : pourquoi ? Parce qu'en servant
de médiateur, j'ai pris un État de Conscience
Supérieur à cet événement ;
mais si j'avais conseillé à ces gens de procéder
avec violence, si moi-même, prenant le rôle
du « très bon ami », j'avais répondu
avec des paroles dures, les circonstances auraient été
différentes et le Don Juan serait allé faire
un séjour au cimetière et les deux familles
se seraient remplies de deuil et de douleur...
De
sorte que les circonstances de la vie dépendent de
nos États de Conscience ; SI NOUS CHANGEONS NOS ÉTATS
DE CONSCIENCE, LES CIRCONSTANCES CHANGENT, c'est évident.
Nous ne pouvons pas changer les circonstances de la vie
si, auparavant, nous ne changeons pas nos États de
Conscience...
Je
vous invite donc à une réflexion plus profonde.
À mesure que nous allons permettre à la Conscience
de devenir active, à mesure que nous allons contrôler
le mental et le sentiment, pour ne pas mettre le nez là
où il ne doit pas être, le résultat
sera merveilleux, parce qu'à mesure que la Conscience
devient active, le processus d'éveil s'accentue.
Et non seulement toutes les circonstances qui nous entourent
changent, mais, de plus, nous commençons à
remarquer que pendant les heures où le corps physique
dort, nous travaillons (ou nous vivons, pourrions-nous dire)
en dehors du corps physique d'une façon plus consciente.
Et
ainsi, à mesure que la personnalité va devenir
passive, à mesure que le mental et les sentiments
vont être réfrénés pour ne pas
se mettre là où ils ne doivent pas être,
l'Éveil va devenir de plus en plus grand et, ainsi,
nous finirons par nous transformer en de grands investigateurs
de la vie dans les Mondes Supérieurs...
Celui
qui veut s'éveiller doit le faire ici et maintenant
; CELUI QUI S'ÉVEILLE ICI ET MAINTENANT, S'ÉVEILLE
DANS TOUS LES RECOINS DE L'UNIVERS.
Bien,
mes chers frères, ici s'achève cette conférence.
Mais, nous donnons l'opportunité à ceux qui
veulent poser des questions, de le faire avec la plus entière
liberté.
Disciple.
Vénérable Maître, vous venez de dire
que tout le monde n'a pas le Corps Astral. Ma question consiste
à savoir (ensuite, avec votre réponse, je
crois que ce sera bien clair) pourquoi la personne qui rêve
(et je crois que tout le monde rêve) est endormie
dans son lit et que, cependant, elle rêve qu'elle
est dans un autre lieu. Y-a-t'il, ici, une projection du
Corps Astral, une projection de la Conscience ou une projection
de la pensée ?
Maître.
C'est avec le plus grand plaisir que nous allons donner
une réponse à notre frère R. Il est
certain que le Corps Astral ou Corps Kedsjano est un luxe
que ne peuvent s'offrir tous les êtres humains. Personne
ne naît avec le Corps Astral, excepté ceux
qui l'ont créé dans des vies antérieures.
Quand
on s'est offert le luxe de créer ce corps, on peut
travailler et vivre avec ce véhicule dans les Mondes
Supérieurs de façon naturelle, aussi naturellement
que lorsque nous vivons dans le corps physique. Mais comme
tout le monde n'a pas encore créé ce merveilleux
instrument de l'existence, il est clair que lorsqu'on agit
en dehors du corps physique, soit parce qu'on s'est échappé
à travers la mort, soit pendant les heures de sommeil,
c'est L'EGO qui AGIT.
Je
veux dire que l'Essence, le matériel animique, disons,
le facteur directeur de tous les processus psychologiques
que nous portons à l'intérieur de nous, est
embouteillé dans l'Ego, dans le Moi, le moi-même,
le soi-même et lorsqu'arrive l'heure du sommeil normal,
commun et courant, l'Ego, le Moi psychologique (à
l'intérieur duquel se trouve absorbée l'Essence)
abandonne le corps physique pour que le véhicule
vital puisse réparer le corps dense ; parce que si
le véhicule vital ne répare pas le corps dense,
le corps dense meurt.
Et
pour que le véhicule vital puisse réparer
le corps physique, il est nécessaire que l'Ego (dans
lequel se trouve absorbée l'Essence) abandonne le
corps physique. Alors l'Ego voyage dans les différents
lieux du monde ; et, bien sûr, étant donné
qu'il a la Conscience endormie, il rêve et les rêves
sont transmis à travers le Cordon d'Argent et parviennent
alors au cerveau physique. Mais, disons que c'est l'Ego
qui sort, hors de la forme dense, c'est tout. Y a-t-il une
autre question, mes frères ? Tu peux poser ta question.
D.
Vous nous aviez parlé du faux Corps Astral ou Corps
de Désirs. Pouvons-nous identifier le Corps de Désirs
(siège des émotions) avec l'Ego ?
M.
Certainement, LE CORPS DE DÉSIRS N'EST RIEN DE PLUS
QUE L'EGO LUI-MÊME. Ce n'est pas un corps en soi,
c'est une série de formes ou d'agrégats qui
se pénètrent et se compénètrent
mutuellement sans se confondre. Si quelqu'un appelle ce
Moi, cet Ego : « Corps de Désirs », libre
à lui ; on ne peut pas l'appeler non plus Corps en
soi-même, mais si on veut l'appeler ainsi, qu'on l'appelle
ainsi ; cependant, ce n'est pas correct puisque l'EGO N'A
AUCUNE INDIVIDUALITÉ, CE N'EST PAS UN ORGANISME ;
CE N'EST QU'UNE SOMME D'AGRÉGATS.
Si
cela se fait de façon conventionnelle, nous disons
« Untel est sorti en Corps Astral ». Mais, qu'en
savons-nous, si ce untel n'a pas encore de Corps Astral
? Il est sorti dans l'Ego (à l'intérieur duquel
se trouve l'Essence, la Conscience) ; il a été
un moment éveillé et il a pu vivre hors du
corps physique, il a pu se déplacer, voyager dans
différents lieux. Ce qui se passe, c'est que l'Ego
fait office de Corps Astral. Mais il est loin d'avoir la
perfection du Corps Astral. L'Ego est l'Ego et c'est tout.
D.
Cependant, vous dites que quelques personnes informées
(bien que ce ne soit pas de la Sagesse Gnostique, concrètement
de l'Arcane AZF et qu'elles ne puissent pas fabriquer les
Véhicules Solaires), mais qui, pourtant, cultivent
une discipline de caractère mystique ou ésotérique
peuvent, dans l'Ego, grâce à la prière,
aux bonnes pensées, avoir un contact avec des entités
divines. Est-ce possible que quelqu'un se trouve éveillé
même s'il est embouteillé dans l'Ego ?
M.
Il est certes possible que, pendant un instant, quelqu'un
se trouve éveillé, bien qu'il soit embouteillé
dans l'Ego. Il est évident que si la Conscience arrive
à s'éveiller, c'est parce que l'Ego a perdu
du volume ; et quand l'Éveil est radical, total,
absolu, l'Ego n'existe plus, il a disparu.
De
sorte qu'au fur et à mesure que l'Ego est peu à
peu réduit en cendres, la Conscience s'éveille.
CET ÉVEIL N'EST JAMAIS IMMÉDIAT ; IL AUGMENTE
DE MANIÈRE GRADUELLE.
Normalement,
n'importe quelle personne peut avoir 1% de Conscience éveillée
ou ne rien avoir ; il se peut qu'une autre personne ait
2 ou 3%. Si l'humanité avait 10% de Conscience éveillée,
il n'y aurait plus de guerres. En avoir 100% est quelque
chose de très difficile ; il n'y a que les Kumarats
qui peuvent en avoir 100%, les grands Prajapatis, les grands
Elohim.
Cependant,
un Maître aussi excellent, aussi grandiose qu'Héléna
Petrovna Blavatsky (qui a étudié aux pieds
du vénérable Grand Maître K.H. au Shangri-la),
on ne peut pas dire qu'elle ait 100% de Conscience éveillée
; elle a 50% mais pas 100%. Seuls Ouspensky et Gurdjieff
sont arrivés à un certain pourcentage de Conscience
; mais dire qu'ils sont arrivés à 100% est
difficile. Si Gurdjieff a eu 60 ou 70%, c'est tout, mais
seuls des Maîtres comme K.H., comme Morya, comme Jésus
de Nazareth, comme Hilarion (celui qu'on appellera «
Paul de Tarse »), Maître immortel qui conserve
un corps physique parfait [...] en ont eu 100%.
Mais,
les Maîtres qui ne sont pas encore parvenus à
ces hauteurs, qui n'ont pas pu encore être admis,
disons, dans la partie la plus sélecte de l'Humanité
Divine, qui ne sont pas parvenus à la Résurrection,
ne jouissent pas encore de ce pourcentage si absolu de 100%.
Ainsi
donc, mes chers frères, nous devons réfléchir
profondément. Quelqu'un pourrait commencer à
améliorer son pourcentage de Conscience, avoir 5
ou 10%. En tout cas, au fur et à mesure que l'Ego
va se dissoudre, le pourcentage de Conscience ira en augmentant
; et, à mesure que le pourcentage de la Conscience
va augmenter, la capacité d'investigation dans les
Mondes Supérieurs va devenir de plus en plus intense.
Il
peut arriver aussi que, GRÂCE À LA MÉDITATION
INTÉRIEURE PROFONDE, l'Essence, le matériel
psychique, SOIT DÉSEMBOUTEILLÉ de l'Ego, bien
que ce soit MOMENTANÉMENT, pour expérimenter
Cela qui est le Réel, Cela qui n'appartient pas au
temps.
J'ai
dit que quand l'Essence ou la Bouddhata agit en l'absence
du Moi, du moi-même, du soi-même, elle fusionne
intégralement, bien que ce soit momentanément,
avec l'âme humaine, dans le Monde Causal et alors
elle agit, disons, comme si elle était sous la forme
bouddhique. Elle peut sentir en elle-même, vivre en
elle-même, un « élément »
qui transforme radicalement. C'est pourquoi la Méditation
Zen, par exemple, et Chan s'avèrent si formidables
: parce qu'elles permettent à l'Essence de se désembouteiller.
Si
quelqu'un a expérimenté une fois, en lui-même,
le Vide Illuminateur, il est différent des autres
personnes ; il est indubitable que celui qui a ressenti
une fois cet « élément » qui transforme,
que cet individu a eu la chance de passer par une expérience
grandiose qui le renforce dans ses profondeurs les plus
intimes, qui lui donne du courage pour l'Auto-réalisation,
qui l'incite à une activité terrible contre
le moi-même, le soi-même.
Parce
qu'avoir expérimenté une fois le Vide Illuminateur
en l'absence du Moi psychologique est une chose et avoir
réalisé le Vide Illuminateur est autre chose.
Quelques-uns
parlent du Tao. Mais, nous dirons qu'avoir visité
le Tao en l'absence de l'Ego est une chose et réaliser
le Tao en soi-même, ici et maintenant, est autre chose.
Nous
devons, mes frères, nous devons réaliser le
Tao. Il faut réaliser en soi-même ou Auto-réaliser
en soi-même le Vide Illuminateur. Et cela n'est possible,
mes chers frères, qu'en travaillant intensément,
en sachant vivre dans la vie pratique ; en ne permettant
pas que le mental et les sentiments interviennent dans les
diverses circonstances de la vie, en donnant toujours une
opportunité à la Conscience pour que ce soit
elle qui agisse et pas nous.
Quand
nous procédons ainsi, nous nous plaçons en
fait sur le chemin qui doit nous conduire de manière
effective à l'Éveil.
Nous
devons être différents de la foule qui nous
entoure, ne pas faire ce que font les autres ; nous devons
nous convertir en véritables individus.
Aujourd'hui,
nous ne sommes que des machines : on touche le bouton d'une
machine et ça fait tourner une roue ; on touche un
autre bouton et celle-ci s'arrête de bouger ; on actionne
une manette et la machine s'élance en avant, on en
actionne une autre et elle s'élance en arrière.
C'est
ainsi que nous sommes ; on nous fait et nous faisons ; on
nous dit et nous disons ; on nous blesse et nous blessons.
Chacun peut jouer avec nous comme il lui plaît.
Nous
sommes victimes de tout le monde.
C'est
la crue réalité des faits. Voilà, mes
chers frères...
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