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35. Le Faux Monde des Apparences (Pourquoi jugeons-nous
les autres)
Samaël Aun Weor
Conférence intitulée "EL FALSO MUNDO
DE LAS APARIENCIAS (Por qué Juzgamos a los demás)"
Bon,
mes frères, nous allons commencer notre conférence
de ce soir. Je demande à tous d'y porter l'attention
nécessaire...
En
tout cas, le sens de la conférence de ce soir signifie
que nous ne devons pas nous laisser entraîner par
les apparences, nous ne devons pas nous laisser fasciner
par les différentes scènes de la vie.
La
vie est comme un film ; c'est un film composé, comme
il se doit, d'un grand nombre de tableaux et de scènes.
IL NE CONVIENT en aucune manière DE NOUS IDENTIFIER
avec aucune scène, avec aucun tableau, avec aucune
apparence, parce que TOUT PASSE : les personnes passent,
les choses passent, les idées passent ; dans le monde,
tout est illusoire, n'importe quelle scène de la
vie, aussi forte soit-elle, passe et reste en arrière,
dans le temps.
Ce
qui doit nous intéresser, nous autres, c'est ce qu'on
appelle l'ÊTRE, la CONSCIENCE. Voilà ce qui
est fondamental, parce que l'Être ne passe pas ; l'Être
est l'Être, et la raison d'être de l'Être
est l'Être lui-même...
Quand
nous nous identifions avec les différents drames,
comédies et tragédies de la vie, il est évident
que nous tombons dans la fascination et dans l'inconscience
du sommeil psychologique.
Voilà
la raison pour laquelle nous ne devons nous identifier avec
aucun drame, aucune comédie ou tragédie de
la vie, parce qu'aussi grave soient-ils, ils passent. Il
y a un dicton populaire qui dit : « Après la
pluie vient le beau temps ; tout finit par s'arranger »...
Par conséquent, tout est illusoire, passager...
Parfois
dans la vie, on est confronté à des problèmes
difficiles. Il arrive parfois, dans la vie, qu'on ne trouve
pas, disons, d'issue, de solution au problème et
celui-ci devient énorme, monstrueux, gigantesque
dans notre mental.
Alors,
on tombe dans les préoccupations ; on dit : «
Comment vais-je faire ? Que vais-je faire ? » On ne
trouve pas d'échappatoire et le problème,
à mesure qu'on l'analyse, devient de plus en plus
monstrueux, énorme et gigantesque.
Mais
vient le jour où, si nous affrontons le problème
tel qu'il est, c'est-à-dire si nous « prenons
le taureau par les cornes », comme on dit, nous voyons
que le problème est réduit à néant
(il se détruit de lui-même), il est de nature
illusoire.
Mais
généralement, un quelconque problème
prend de telles proportions, sa réalité devient
si crue dans notre mental, qu'en vérité on
ne trouve aucune porte de sortie nulle part ; on se sent
succomber devant lui ; on ne peut en aucune manière
le résoudre. Mais si on affronte le problème,
on verra qu'il est illusoire et qu'il passe comme tout doit
passer et qu'à la fin il n'en reste rien.
Si
on procède de cette manière (en ne s'identifiant
jamais à aucune situation, à aucun événement),
on parviendra à être toujours ALERTE ET VIGILANT
comme la sentinelle en temps de guerre, et c'est dans cet
Etat d'Alerte qu'on découvrira ses défauts
psychologiques. Un défaut découvert doit être
compris et ensuite éliminé.
Le
Mental par lui-même ne peut altérer aucun défaut
psychologique ; le Mental ne peut que l'étiqueter,
changer n'importe quel défaut, en le passant d'un
niveau à un autre, mais jamais le changer radicalement.
Il
nous faut un pouvoir qui soit supérieur au Mental,
et ce pouvoir existe en nous. Je veux me référer,
de manière emphatique, à la DIVINE MÈRE
KUNDALINI.
Si
on a compris qu'on a tel ou tel défaut, si on l'a
compris intégralement et dans tous les Niveaux du
Mental, alors on peut se concentrer sur Devi Kundalini Shakti
et, grâce à elle, on peut éliminer n'importe
quel défaut de type psychologique.
Kundalini
est la Divine Mère Cosmique. Dans les religions,
on l'a représentée comme Marie, ou comme Tonantzin,
Marah, Rhéa, Cybèle, Adonia, Insoberte, etc.,
la Mère Cosmique, la Mère Divine ; elle est
en elle-même une partie de notre propre Être,
mais dérivée.
Je
veux dire par là que la Mère Cosmique est
à l'intérieur de nous-mêmes, ici et
maintenant ; et si nous implorons ce Pouvoir, si nous demandons
à la Mère Divine qu'elle élimine de
notre psyché n'importe quel défaut de type
psychologique, elle le fera. Il est évident que,
pour cette raison, le défaut en question se désintégrera.
Grâce
à la Divine Mère Cosmique, nous pouvons éliminer
tous nos défauts psychologiques. Etant donné
que la Conscience est embouteillée dans les défauts,
une fois ceux-ci éliminés, la Conscience s'éveillera
radicalement et alors nous pourrons voir, entendre, toucher
et palper les grandes réalités des Mondes
Supérieurs.
Mais
il est indispensable de ne nous identifier à aucune
circonstance de la vie. Quand nous ne nous identifions pas
à tel ou tel problème, quand nous demeurons
alertes, nous découvrons dans le problème
nos propres défauts psychologiques.
Normalement,
on a vu que les problèmes obéissent à
la peur ; le Moi de la crainte maintient les problèmes
vivants. On a peur de la vie, on a peur de la mort, on a
peur de « ce qu'on va dire », du « qu'en
dira-t-on », de la misère, de la faim, de la
nudité, de la prison (on a peur de tout) et, à
cause de ça, les problèmes deviennent de plus
en plus insolubles, de plus en plus forts.
Dans
un problème économique, que craignons-nous
? D'être ruinés ou de devoir payer une certaine
dette ? Parce que si nous ne payons pas, on nous mettra
en prison, etc.
Dans
un problème familial, de quoi avons-nous peur ? Du
« qu'en dira-t-on », des langues de vipères,
du scandale, des intérêts créés,
etc. Mais si on élimine le Moi de la peur, que reste-t-il
du problème ? Il se volatilise totalement, il est
réduit à néant !...
Nous
devons payer le loyer d'une maison et nous avons peur qu'on
nous jette à la rue ; nous passons même par
des nuits d'insomnie en pensant que le [bailleur...] doit
arriver et nous jeter à la rue ; mais pour finir,
ce jour arrive et il s'avère que le problème
a été résolu peut-être de la
manière la plus inattendue. Alors, où est
passé le problème ?
Et
si on n'a pas résolu le problème, si on nous
jette à la rue avec tous nos meubles, etc., que se
passera-t-il ? Les meubles ne resteront pas dans la rue,
quelqu'un viendra les prendre ! Et pour finir (à
force de chercher), il y aura bien quelque part un lieu
où aller !
Et
si on perd nos meubles ? On les perd ! Et alors ? On a perdu
plus de choses dans le déluge ! Pourquoi nous attacher
à quelques meubles ? Ensuite, le problème
passe et nous allons habiter quelque part par là
et le problème reste en arrière, dans le temps.
Qu'est devenu le problème ?
N'oubliez
pas que tout passe : les idées passent, les personnes
passent, les choses passent ; dans ce monde, tout est fugace
et illusoire. Nous ne pouvons ni ne devons nous identifier
aux apparences, parce que les apparences sont trompeuses
(c'est évident). Pensons aux États de Conscience,
car c'est quelque chose de Superlatif...
Il
y a chez nous tous une tendance générale à
JUGER tout le monde DE FAÇON ERRONÉE et c'est
lamentable. Mais, pourquoi tout le monde juge-t-il tout
le monde et de façon erronée ? Quelle en est
la raison ?
Il
y en a simplement une qui est très facile à
comprendre : il se trouve que chacun PROJETTE SES PROPRES
DÉFAUTS psychologiques SUR LES AUTRES ; chacun voit
ses propres défauts chez le prochain. Les défauts
que nous attribuons aux autres, nous les avons en surplus
en nous ; nous jugeons les autres comme nous sommes.
Avez-vous
entendu parler de l'ANTIPATHIE MÉCANIQUE ? Soudain,
on ressent de l'antipathie pour quelqu'un, sans aucune raison,
et alors on dit : « Je trouve cette personne antipathique
», phrase très typique que nous utilisons.
Mais
pourquoi, si nous ne l'avons jamais vue, si on vient juste
de nous la présenter ? Que s'est-il passé
? Pourquoi cette personne nous est-elle « si antipathique
» si nous ne la connaissons pas ? Parce qu'on a vu
son apparence : elle est grande ou elle est petite ; elle
est grosse ou elle est mince ; elle a le nez aquilin ou
aplati ; et c'est une raison suffisante pour dire qu'elle
nous est antipathique ? Que s'est-il passé ?
C'est
simplement que nous avons projeté nos propres défauts
psychologiques sur notre victime. Probablement, nous avons
vu chez cette personne le défaut le plus grave que
nous ayons et personne n'aime se voir ainsi, disons ridiculisé
à ce point.
La
crue réalité des faits, c'est que cette personne
s'est transformée en un MIROIR où nous nous
sommes vus nous-mêmes, tels que nous sommes.
Si
nous sommes vigilants, si nous ne nous identifions pas à
l'événement, à cette personne qui nous
est antipathique ; si au lieu de nous mettre à la
critiquer, NOUS NOUS AUTO-CRITIQUONS, NOUS NOUS AUTO-OBSERVONS
pour voir ce qui se passe, nous découvrirons que
c'est un de nos défauts (né hier ou avant-hier
ou depuis qui sait combien de temps ou peut-être d'autres
existences) qui s'est reflété dans cette personne,
et c'est pourquoi elle nous est si antipathique. Voilà
ce qu'est l'Antipathie Mécanique : absurde à
cent pour cent.
Nous
devons apprendre à VIVRE POLITIQUEMENT. L'être
humain est avant tout une créature politique, un
« animal politique », et l'homme même
est un « homme politique ».
Dans
la vie, si on ne sait pas vivre politiquement, on se crée
des problèmes. On doit apprendre à vivre politiquement
et, au lieu de ressentir des Antipathies Mécaniques,
il vaut la peine que nous fassions des investigations sur
nous-mêmes.
En
effet, il est vrai que nous projetons nos propres défauts
psychologiques sur les autres. Pourquoi jugeons-nous le
prochain de façon erronée ? Pourquoi avons-nous
tous tendance à voir chez le prochain toutes sortes
de défauts ?
Simplement
parce que nous projetons nos propres défauts sur
le prochain ; nous le jugeons à tort : nous supposons
qu'un tel est « comme ceci » ou « comme
cela » et il s'avère qu'il n'est ni «
comme ceci », ni « comme cela » : il est
complètement différent et notre jugement est
erroné, faux.
Nous
voyons les actions d'autrui et nous avons une forte tendance
à les interpréter de travers ; nous ne sommes
jamais capables de voir les actes d'autrui avec impartialité,
avec sérénité ; nous les jugeons toujours
de façon erronée. Rappelez-vous : «
Il y a beaucoup de vertu chez les mauvais et il y a beaucoup
de méchanceté chez les vertueux »...
Les
défauts que nous portons à l'intérieur
de nous nous rendent injustes envers le prochain. Nous nous
gâchons (nous-mêmes) la vie avec nos propres
défauts et, ce qui est plus grave, c'est que nous
gâchons celle des autres.
Comme
le défaut de la jalousie, par exemple, a fait du
mal ! Il existe la jalousie politique, il existe la jalousie
de type religieux, la jalousie de type professionnel, la
jalousie passionnelle ou vulgaire (de l'homme envers la
femme, de la femme envers l'homme), etc. C'est un Moi, le
Moi de la jalousie ; et il est aveugle, il ne connaît
pas la logique, il ne connaît pas le raisonnement,
il ne comprend rien à la science, ni n'écoute
la raison...
Combien
de cas de meurtres voit-on à cause de la jalousie
? Comme la jalousie professionnelle a fait du tort ! D'excellents
guérisseurs qui savaient soigner les maladies du
prochain (d'excellents botanistes) ont souvent été
mis en prison. Qui les a mis en prison alors qu'ils ne faisaient
de mal à personne, qu'ils ne faisaient que soigner
le prochain ? La jalousie professionnelle ! De qui ? De
leurs collègues diplômés.
Dans
le domaine professionnel, les jalousies semblent se multiplier
de façon épouvantable dans des cercles et
des cercles : le cercle artistique, le cercle politique,
le cercle religieux ; et dans chaque cercle, il y a des
jalousies terribles, épouvantables...
Les
jaloux souffrent et ils font (aussi) souffrir leurs semblables
; la jalousie a causé beaucoup de torts extrêmement
graves. Et si nous disons cela de la jalousie, que dire
de tous les autres défauts que nous avons ?
Ainsi,
les apparences sont trompeuses. Souvent, nous jugeons un
acte d'autrui de façon erronée, selon nos
Egos et le résultat devient précisément
cela : la calomnie. Et tout le monde calomnie tout le monde
(cela est bien démontré !).
Nous
avons toujours tendance à nous laisser entraîner
par les apparences. Un acte déterminé peut
être jugé d'une certaine manière alors
que la réalité (qui correspond à ce
dernier) est autre. Un fait quelconque pourrait être
jugé d'une manière déterminée
et d'une certaine façon, et le jugement pourrait
ne pas coïncider avec le fait, parce qu'il s'avère
que le fait a un autre sens, différent du jugement
; alors le jugement émis est erroné.
En
faisant un jugement erroné, on offense le prochain
et celui qui émet le jugement erroné s'offense
aussi lui-même, il se fait souffrir.
SAVOIR
VIVRE est très difficile parce que nous vivons dans
un monde d'apparences, illusoire, et nous avons toujours
tendance à nous identifier aux apparences en oubliant
l'essentiel qui est l'ETRE ; voilà ce qui est grave
!
En
nous, à l'intérieur de nous, il existe des
facteurs psychologiques épouvantables que nous ignorons
et que, jamais, nous n'admettrions avoir. Avant tout, vous
devez vous rappeler que le Moi n'est pas quelque chose,
disons, d'éternel ; que le Moi est une addition et
aussi une soustraction, une multiplication et une division
d'éléments inhumains (chacun de ces éléments
est un Moi).
Ainsi
donc, nous n'avons pas un seul Moi, nous avons beaucoup
de Mois. Notre Moi est pluralisé, non singulier,
et c'est quelque chose que vous devez comprendre parce qu'il
existe le « MOI, J'AI PEUR », le « MOI,
J'AIME », le « MOI, JE DÉTESTE »,
le « MOI, J'ENVIE », le « MOI, J'AI DE
LA JALOUSIE », le « MOI, J'AI DE LA COLÈRE
», etc.
Chacun
de ces Mois a TROIS CERVEAUX : l'Intellectuel, situé
dans la tête ; l'Émotionnel, dans le coeur
; et le Moteur-Instinctif-Sexuel dans l'épine dorsale
(chacun de ces Mois est une personne différente).
Ainsi
donc, nous avons beaucoup de personnes qui vivent à
l'intérieur de notre personne. Le plus grave, c'est
que la CONSCIENCE (ce qu'il y a de plus digne, de plus décent
en nous) est EMBOUTEILLÉE dans toutes ces PERSONNES
INTERNES que nous portons.
Et
la Conscience agit, de cette manière, de façon
subconsciente, en vertu de son propre conditionnement, c'est-à-dire
qu'elle est endormie et voilà ce qui est grave. Si
nous avons la Conscience endormie, comment pourrons-nous
vraiment nous connaître nous-mêmes ?
Maintenant,
croyez-vous, par hasard, que quelqu'un qui ne se connaît
pas lui-même puisse connaître les autres ? Si
nous ne nous connaissons pas nous-mêmes, comment pourrons-nous
affirmer que nous connaissons les autres, que nous connaissons
nos amis, que nous connaissons les gens ?
Si
nous voulons connaître les autres, nous devons commencer
par NOUS CONNAÎTRE NOUS-MÊMES. Mais, nous sommes
bêtes ; ne nous connaissant pas nous-mêmes,
nous croyons connaître les autres (Comme nous sommes
bêtes ! Comme nous sommes absurdes !). Si nous nous
connaissions nous-mêmes, tout serait différent.
Malheureusement, nous ne nous connaissons pas nous-mêmes.
Si
un homme ne se connaît pas lui-même, s'il ne
connaît pas ses propres Mondes Internes, comment pourrait-il
connaître les Mondes Internes de la planète
Terre ou comment pourrait-il connaître les Mondes
Internes du Système Solaire ou de la Galaxie dans
laquelle nous vivons ?
Si
quelqu'un veut connaître les Mondes Internes de la
Terre ou du Système Solaire, de la Galaxie, ou des
Galaxies, il doit commencer par connaître ses propres
Mondes Internes, commencer par se connaître lui-même.
Mais,
comment pourrions-nous nous connaître nous-mêmes,
si nous ne dirigeons jamais la Conscience, l'Intelligence,
vers le dedans, vers l'intérieur, si nous ne nous
rappelons jamais de nous-mêmes, parce que nous sommes
identifiés, précisément, aux apparences
de la vie ?
Comment
pourrions-nous nous connaître nous-mêmes si
nous ne dirigeons jamais l'Intelligence vers l'intérieur,
étant donné que nous sommes fascinés
par les différents événements ou faits
qui nous arrivent ?
Comment
pourrons-nous nous connaître nous-mêmes si nous
ne dirigeons jamais notre Conscience vers l'intérieur,
étant donné que les multiples problèmes
de l'existence nous tiennent attachés, qu'ils nous
semblent insolubles, que nous croyons qu'ils sont éternels,
que nous ne nous rendons pas compte qu'ils ont un début
et une fin ?
Nous
nous laissons prendre par ce qui est instable, par ce qui
n'a pas de véritable réalité ; nous
sommes plongés dans une machine qui tourne incessamment.
Nous
jugeons les autres selon ce que nous sommes (et voilà
tant et tant d'erreurs !) et nos jugements ne coïncident
pas avec les événements que nous interprétons
mal, qu'ils soient à nous ou aux autres.
Il
est évident que nous sommes plongés dans une
machine qui tourne incessamment et que nous marchons comme
des somnambules, des inconscients, des endormis ; nous ne
savons rien sur nous-mêmes parce que nous ne nous
rappelons jamais de nous-mêmes, de notre propre Etre
; nous avons le Mental trop occupé à des choses
illusoires, à ce qui est passager...
Nous
devons chercher l'Auto-réalisation Intime de l'Être,
ne plus vivre comme des automates, non ; vivre en État
d'Alerte Perception, d'Alerte Nouveauté...
Nous
sommes dans un « état de coma » épouvantable
! Réfléchissez à cela :
-
Premièrement : nous ne nous connaissons pas nous-mêmes.
-
Deuxièmement : nous projetons nos défauts
psychologiques sur les autres et nous voyons chez les autres
nos propres défauts.
-
Troisièmement : nous jugeons les actions des autres
de façon erronée.
-
Quatrièmement : de telles actions ne coïncident
pas avec le jugement que nous avons émis.
-
Cinquièmement : le jugement que nous avons émis
est, en vérité, notre propre défaut
psychologique que nous avons projeté sur le prochain.
Conclusion
: le prochain NOUS SERT DE MIROIR, mais nous ne nous rendons
pas compte, dans notre inconscience, que le prochain ne
fait uniquement que refléter nos propres défauts,
notre propre Moi psychologique.
Le
prochain est un miroir où nous nous reflétons,
mais nous ne comprenons pas que le reflet (qu'il y a dans
le miroir) est notre propre reflet ; nous ne nous rendons
même pas compte que nous nous reflétons dans
le prochain.
Au
contraire, nous sommes tellement identifiés avec
l'événement, avec ce qui arrive, avec la circonstance
ou les circonstances, qu'il ne nous vient même pas
à l'idée de réfléchir à
toutes ces questions et que nous vivons dans un état
de fascination, d'inconscience et de sommeil psychologique.
Si,
dans ces aspects de la vie pratique (terrestre, dirons-nous),
nous sommes si inconscients, que pourrions-nous dire concernant
les choses célestes ?
En
vérité, nous pourrions mal interpréter
tous les postulats de la Science Hermétique ; nous
pourrions mal interpréter, à cause de nos
jugements erronés, les attitudes des autres Initiés,
la vie des Adeptes, etc. Nous pourrions mal interpréter,
étant donné notre Etat d'Inconscience, jusqu'au
Drame Cosmique lui-même ; et il est évident
que le Drame Cosmique, tel qu'il est formulé dans
« Les Quatre Evangiles », a été
mal interprété.
Pourquoi
pourrions-nous interpréter de façon erronée
la vie des Adeptes de la Fraternité Blanche ou pourquoi
pourrions-nous mal interpréter le Drame Cosmique,
ou pourquoi pourrions-nous mal interpréter les postulats
de la Sagesse Hermétique, etc. ?
Pour
une seule raison : c'est que notre jugement n'est pas libre
; c'est un jugement conditionné par nos propres défauts.
Notre jugement est le résultat de l'embouteillement
psychologique dans lequel nous nous trouvons ; notre jugement
est, disons, la projection de nos propres défauts.
Nous
projetons nos défauts sur les Quatre Évangiles
; nous les projetons sur les postulats de la Science Hermétique,
comme nous les projetons sur les actes des Initiés,
sur la vie des Adeptes, etc. Il en va ainsi, également,
des choses célestes : nous n'y sommes pas préparés.
Nous
projetons ; et un mental qui projette ses propres erreurs
n'est pas un MENTAL LIBRE, ce n'est pas un mental qui peut
appréhender, capter la réalité des
choses, la réalité des phénomènes,
des faits, des circonstances qui nous entourent de toutes
parts.
Un
tel mental, s'il ne sert pas à comprendre les choses
terrestres, comment servirait-il à comprendre la
vie des Grands Initiés, les choses célestes
? Indiscutablement, il échouerait parce que si on
ne peut pas comprendre ce qui est terrestre, on comprendra
encore bien moins ce qui est céleste.
Ainsi
donc, je crois que ce qui est vital, dans la vie, est de
ne pas se laisser entraîner par les apparences, ne
pas se laisser capturer par les événements,
par les circonstances. Bien au contraire, être alertes
pour découvrir, dans ces événements,
notre propre défaut de type psychologique.
Chaque
circonstance de la vie (que ce soit à la maison,
dans la rue, où que ce soit) nous offre de merveilleuses
opportunités et, si nous sommes alertes et vigilants
comme la sentinelle en temps de guerre, nous arrivons à
appréhender nos propres défauts qui se projettent
sur le prochain.
Le
prochain est le miroir où nous pouvons voir nos propres
défauts : si nous allons dans la rue et que nous
voyons une personne ivre, un ivrogne, qu'allons-nous faire
? Ne pas nous moquer de l'ivrogne. Mais dire au contraire
: « Me voilà ! Regarde, cet ivrogne, c'est
moi ; regarde comme je fais le pantin, comme je suis drôle
! Je suis comme ça ; je me comporte comme ça
! »...
Nous
devons apprendre à nous voir chez les autres : si
nous découvrons quelque part un individu qui tonne
et qui lance des éclairs, qui déchire ses
vêtements comme Caïphe, nous devons dire : «
Voilà, je suis comme ça ! Je suis coléreux
comme ça, je déchire mes vêtements comme
ça et je blasphème comme ça ! Ça,
c'est moi »...
En
vérité, nous sommes en train de nous refléter
sur les autres, nous nous reflétons sur le prochain...
Bien sûr, vous pourriez me dire, de manière
emphatique, ou peut-être me répondre : «
Non, moi, je ne suis pas voleur ; moi, je ne suis pas un
pilleur de maisons ; à moi, il ne me viendrait jamais
à l'idée d'entrer dans la maison d'autrui
pour dérober l'argent ou les bijoux »... C'est
ce que vous diriez, n'est-ce pas ?
Vous
jugeriez le voleur en disant : « C'est un voleur,
qu'on le mette en prison ! »... Mais, ce qui se passe,
c'est qu'à l'intérieur de nous existe aussi
le Moi Voleur ; nous ne le connaissons pas, nous ne l'avons
pas découvert, mais il existe.
Eh
oui, comme a dit Galilée : « Eppur si muove,
si muove » (pourtant elle tourne, elle tourne), quand
ils demandèrent à Galilée :
-
« Jurez-vous que la Terre n'est pas ronde et qu'elle
ne tourne pas ? » Alors, il dit :
-
« Je le jure, eppur si muove, si muove » (c'est-à-dire
: « Je le jure, pourtant elle tourne, elle tourne
»). Ainsi parla Galilée et il évita
d'être brûlé vif sur le bûcher
de l'Inquisition.
Ainsi,
comment pouvons-nous dire que nous n'avons pas le Moi du
vol ? Il y a parmi vous des personnes si honnêtes
qu'elle seraient incapables de prendre un centime à
personne et, cependant, elles ont le Moi du vol. Incroyable,
mais vrai ! Un jour, elles le découvriront...
Qui
pourrait penser, par exemple, qu'une dame vertueuse, une
magnifique épouse ait, par exemple, le Moi de la
prostitution ? Impossible. Ou n'allons pas si loin : pensons
à une fillette, ce qui est encore plus scandaleux...
Qu'une fillette de douze ans (innocente, bien élevée
religieusement) ait le Moi de la prostitution ? C'est quelque
chose qui provoque du dégoût ! N'est-ce pas
? Vous direz : « Impossible, absurde ! » Mais
si, c'est possible...
Rappelez-vous
aussi que, de même qu'il y a une Lune, là-haut,
qui brille dans le firmament, qui a DEUX FACES (une pour
éclairer la nuit et une autre, cachée, occulte,
qu'on ne voit jamais), il y a, également, une LUNE
PSYCHOLOGIQUE (en chacun de nous), avec deux faces : celle
qu'on voit et celle qu'on ne voit pas, la manifeste et l'occulte.
Dans
la face manifeste de cette Lune Psychologique, nous avons
les défauts qui, à première vue, ressortent
: colère, convoitise, luxure, envie, orgueil, paresse,
gourmandise, etc., et j'en passe...
Mais,
derrière cette Lune Psychologique, derrière
cette face qu'on voit toujours, qu'on voit au premier abord,
il existe dans notre Lune Psychologique, la partie occulte,
celle qu'on ne voit pas.
Là,
nous avons des défauts que nous ignorons ; là,
nous sommes tous des Mages Noirs ; là, nous sommes
tous des envoûteurs, des sorciers ; là, nous
sommes des voleurs ; là, les dames (les plus aristocrates)
sont des prostituées, etc.
Dans
cette face occulte de la Lune (qu'on ne voit pas), de la
Lune Psychologique, il y a des Mois de prostitution, il
y a des Mois d'adultère, il y a des Mois d'assassinat,
il y a des Mois de vol, etc. Des Mois que, normalement,
nous ignorons, parce que si quelqu'un nous disait que nous
avons l'un ou l'autre de ces Mois, nous nous sentirions
offensés, nous ne l'accepterions absolument pas,
mais pourtant nous les avons.
Si
on disait à un SAINT DU NIRVANA qu'il a encore des
Mois d'assassinat, de prostitution ou de vol, on l'offenserait
terriblement. Le saint nous bénirait en disant :
« Que Dieu te pardonne, mon fils ; tu es pardonné,
je ne garde pas de rancoeur contre toi, mais je sais, mon
fils, que je n'ai rien de cela ! » C'est ce que dirait
ce saint du Nirvana. Pourquoi ? Parce qu'il n'est rien de
plus qu'un saint.
De
cette manière, ce saint arrête sa progression
vers l'Éternel Père Cosmique Commun. Et nombreux
sont les saints qui sont ainsi arrêtés dans
leur progression ; en vérité, bien qu'ils
appartiennent au Nirvana, dans la face occulte de la Lune
(qu'on ne voit pas), dans cette face occulte de la Lune
Psychologique, ils portent tous ces Mois, et c'est ce que
beaucoup ne comprennent pas. C'est ça, en vérité,
qui est grave. Nous avons tous tendance à nous justifier,
à nous laisser entraîner par les apparences.
En
ce qui me concerne, je ne suis pas un saint et ça
ne m'intéresse pas d'être un saint. Pourquoi
ça ne m'intéresse pas d'être un saint
? Parce que je serais arrêté dans ma progression
ésotérique. Je sais très bien que dans
la partie occulte de ma Lune Psychologique doivent exister
(et il est indubitable qu'ils existent) des Mois des temps
anciens, cachés dans les ténèbres.
Cela, je le sais ; et je sais aussi que c'est seulement
en pénétrant héroïquement (l'épée
à la main) dans cette zone de notre Lune Psychologique
que nous pourrons vraiment éliminer de tels défauts,
mais, pour ça, il faut être très avancé.
Normalement,
les gens peuvent éliminer les défauts de la
partie visible de la Lune Psychologique, ces défauts
qui ressortent, que l'on voit au premier abord.
Mais,
quand il s'agit de pénétrer dans la partie
occulte de la Lune Psychologique, dans la partie cachée,
eh bien cela requiert un effort plus grand. Cela appartient
à L'INITIATION DE JUDAS, cela correspond à
la PASSION DU SEIGNEUR. Personne ne pourrait pénétrer
dans ces zones sans empoigner la lance dans la Forge des
Cyclopes, c'est-à-dire dans la Neuvième Sphère.
Des Mystères ? Oui et de très grands !...
Le
saint n'arrive pas si loin : il se contente d'éliminer
les Mois-défauts qu'il possède dans la face
visible de sa Lune Psychologique. Ensuite, il se béatifie
et ne va pas plus loin ; alors, il stagne.
Voilà
la raison pour laquelle je ne suis pas un saint et je ne
veux pas être un saint. L'unique chose que j'aime,
c'est la compréhension, et ça c'est fondamental
: la COMPRÉHENSION de soi-même.
En
réalité, l'adepte est vraiment au-delà
des saints. Quand quelqu'un a dit : « Les saints Maîtres...
», ce quelqu'un était dans l'erreur, parce
que les Maîtres sont au-delà des saints.
En
premier, il y a le PROFANE, ensuite le SAINT et après
le MAÎTRE. Le Maître est au-delà de la
Sphère des Saints ; dans le Maître se trouve
la Sagesse.
Mais,
il est possible de juger les Maîtres, les Adeptes,
de façon erronée. Nous avons toujours tendance
à projeter, même sur les Adeptes, nos propres
défauts de type psychologique.
Si
nous jugeons les Adeptes de façon erronée,
sur eux aussi nous lançons nos jugements erronés,
parce que s'il n'est pas possible de juger avec rectitude
les actes du prochain commun et courant, il est encore moins
possible de juger les actes des Adeptes de manière
correcte.
Normalement,
nous avons tendance à jeter de la boue contre les
Adeptes. De même que nous jetons de la boue contre
notre prochain, nous jetons aussi de la boue contre les
Adeptes de la Fraternité Blanche. C'est pourquoi
ceux-ci ont été crucifiés, empoisonnés,
jetés en prison, poignardés, persécutés...
Il
est très difficile de juger un Adepte. S'il est quasi
impossible de juger le prochain, nous pourrons encore moins
juger un Adepte.
Aussi,
je vous invite ce soir à réfléchir,
à ne jamais vous laisser entraîner par les
apparences (parce que les apparences sont trompeuses), à
n'attribuer vos défauts à personne.
Ici
s'arrêtent mes paroles.
Paix
Invérentielle !
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