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3. La Conduite pendulaire de l'Humanité (La Loi du
Pendule)
Samaël Aun Weor
Conférence intitulée "LA CONDUCTA PENDULAR
DE LA HUMANIDAD (La Ley del Péndulo)"
Nous
allons commencer notre chaire de ce soir. Il est certain
que l'humanité vit dans la bataille de l'antithèse,
dans la lutte sanglante des opposés : parfois, nous
sommes très joyeux, contents, et d'autres fois, nous
sommes déprimés, tristes. Nous avons des périodes
de progrès, de bien-être, certaines meilleures
que d'autres, en accord avec la Loi du Karma ; nous avons
aussi des périodes critiques, au niveau économique,
social etc. Certaines fois, nous sommes optimistes par rapport
à la vie et d'autres fois nous nous sentons pessimistes.
On
a toujours constaté que toute époque de joie
et de contentement est suivie d'une période dépressive,
douloureuse, etc. Personne ne peut ignorer que nous sommes
toujours soumis à de nombreuses alternatives sur
le terrain de la vie pratique. En général,
les périodes que nous qualifions « d'heureuses
», sont suivies par des périodes d'angoisse.
C'est la LOI DU PENDULE qui gouverne, réellement,
notre vie.
Vous
avez vu, par exemple, le pendule d'une horloge : dès
qu'il est monté à droite, il se précipite
pour monter à gauche. Cette Loi du Pendule gouverne
aussi les nations, cela ne fait aucun doute !
Par
exemple, à l'époque où l'ÉGYPTE
était florissante sur les rives du Nil, le peuple
juif semblait être, non pas « semblait »
mais était nomade dans le désert. Beaucoup
plus tard, lorsque le peuple égyptien déclina,
le peuple hébraïque s'éleva, victorieux
: c'est la Loi du Pendule. Une ROME triomphante s'appuie
sur les épaules de nombreux peuples, mais ensuite,
avec la Loi du Pendule, elle décline et ces peuples
s'élèvent, victorieux.
L'UNION
SOVIÉTIQUE, par exemple, s'est terriblement passionnée
pour la DIALECTIQUE MATÉRIALISTE ; mais maintenant,
le Pendule commence à changer ; il se met à
passer de l'autre côté et, comme résultat,
la Dialectique Matérialiste est en train de décliner,
ou plutôt est pratiquement abandonnée ; elle
n'a plus aucune valeur. De nos jours, la meilleure production
que nous ayons en matière de PARAPSYCHOLOGIE, nous
la devons à l'Union Soviétique.
Il
a bien été vérifié, d'après
les renseignements, que l'Union Soviétique est en
train de produire la plus grande quantité de matériel
en relation avec la Parapsychologie : on utilise l'Hypnotisme
dans les cliniques, la Parapsychologie dans tous les hôpitaux,
etc.
Au
train où va l'Union Soviétique, d'ici peu
de temps, elle sera passée exactement du côté
opposé au matérialisme ; elle deviendra absolument
mystique et spirituelle. Elle est déjà sur
cette voie et de nombreux paladins mystiques sont donc en
train de se distinguer en Russie.
La
Dialectique de Karl Marx ? Eh bien, elle a été
abandonnée, elle est pratiquement tombée aux
oubliettes pour laisser la place à la Parapsychologie
et, postérieurement, à L'ÉSOTÉRISME
SCIENTIFIQUE, à l'Occultisme, au Yoga, etc., car
le pendule est en train de changer, de passer de l'autre
côté : de la THÈSE à l'ANTITHÈSE.
Tous
les êtres humains dépendent de la Loi du Pendule,
c'est évident. Nous avons de bons amis et, si nous
savons les comprendre, il est clair que nous pourrons conserver
leur amitié ; mais il serait absurde d'exiger de
nos amis qu'ils ne soient jamais SOUMIS À LA LOI
DU PENDULE.
On
ne doit pas être surpris, par exemple, qu'un ami avec
lequel on a toujours eu de bonnes relations se présente
devant nous, du jour au lendemain, en colère, en
rogne, les sourcils froncés, irrité, en disant
des paroles dures, etc. Dans ce cas, il faut s'excuser respectueusement
et se retirer pour que notre ami ait le temps de se détendre
; nous ne devons pas nous décourager parce qu'il
nous a fait « mauvaise figure » un jour ; il
faut, bien au contraire, le comprendre, car il n'y a pas
d'être humain qui ne soit pas soumis à la Loi
du Pendule.
Par
conséquent, cela vaut la peine de réfléchir.
Cette Loi du Pendule me semble ou, du moins, elle m'apparaît
très évidente, spécialement chez les
natifs du signe des GÉMEAUX (du 21 Mai au 21 Juin).
On dit que les Gémeaux ont une double Personnalité.
En tant qu'amis, ils sont extraordinaires, merveilleux ;
ils vont même jusqu'à se sacrifier pour leurs
amis ; mais quand ils changent de Personnalité, alors
ils sont à l'opposé et tout le monde reste
déconcerté.
Eh
bien, c'est un exemple précis de ce qu'est la Loi
du Pendule. Je ne veux pas dire qu'ils soient uniquement
les seuls à être régis par la Loi du
Pendule ; non, nous n'irons pas jusque là. Mais,
le moins qu'on puisse dire est que les Gémeaux illustrent
cette Loi, qu'ils la mettent en relief, qu'ils servent en
quelque sorte de modèle et qu'ils nous indiquent,
en réalité, ce qu'est vraiment une telle Loi.
Nous
qui connaissons les natifs du signe des Gémeaux,
nous savons comment nous conduire avec eux. Lorsque leur
personnalité fatale ou négative se manifeste,
nous n'opposons aucune résistance et nous attendons
paisiblement que la Personnalité sympathique se remette
en activité.
Tout
cela est très intéressant ; mais la Loi du
Pendule est non seulement démontrée chez les
natifs du signe des Gémeaux, mais nous pouvons aussi
l'observer dans notre organisme. Dans le coeur, il existe
la DIASTOLE et la SYSTOLE, c'est-à-dire la Loi du
Pendule. « Diastole » vient d'un mot grec qui
signifie « réorganiser », « se
préparer », « accumuler », etc.,
« systole » signifie « contraction »,
« impulsion », « direction », d'après
des mots d'origine grecque.
Pendant
la diastole, le coeur s'ouvre pour recevoir le sang, mais
aussi il organise, il prépare, etc., jusqu'à
ce qu'il prenne une nouvelle initiative ; il se contracte,
alors, et projette le sang dans tout l'organisme. Ce jet
est important ; c'est par lui qu'on existe.
Mais,
ce dont je me rends justement compte, c'est que les gens
comprennent qu'il y a une diastole et une systole, mais
qu'ils ne comprennent pas qu'entre la diastole et la systole,
existe une TROISIÈME POSITION : celle de la PRÉPARATION,
de l'organisation, de l'accumulation de puissances vitales,
etc.
On
nous dira alors que l'intervalle entre la systole et la
diastole est très bref. Je suis d'accord, il s'agit
de millièmes de seconde. Pour nous, c'est trop fugace
; mais, pour ce monde merveilleux de l'infiniment petit,
pour ce monde extraordinaire du microcosme, eh bien, c'est
suffisant pour réaliser des prodiges.
En
regardant les choses sous cet angle, il me semble que nous
devrions nous orienter avec cette question de diastole et
de systole et leur synthèse organisatrice, c'est
évident.
Tous
les gens, dans les relations et interrelations sociales
de leur vie, sont complètement esclaves de cette
Loi du Pendule. A peine se lèvent-ils avec une joie
débordante, en chantant victoire, qu'aussitôt
ils vont de l'autre côté, déprimés,
pessimistes, anxieux, désespérés. Tout
semble même se compliquer, en accord avec la Loi du
Pendule. Les hauts et les bas de la monnaie, les hausses
et les baisses des finances, les périodes de merveilleuse
harmonie dans les familles, les périodes de conflits
et de problèmes se succèdent tous inévitablement
en accord avec cette Loi du Pendule.
D'après
notre façon de voir les choses, nous pouvons affirmer,
avec insistance, que la Loi du Pendule est MÉCANIQUE
à cent pour cent.
Cette
Loi du Pendule, nous l'avons dans notre mental, dans notre
coeur et aussi dans notre Centre Moteur-Instintif-Sexuel.
Il est évident que la Loi du Pendule existe DANS
CHAQUE CENTRE.
Dans
le mental, elle est parfaitement définie par la BATAILLE
DES ANTITHÈSES, par les opinions contraires, etc.
Dans le coeur, par les ÉMOTIONS ANTITHÉTIQUES,
par les états d'angoisse et de félicité,
d'optimisme et de dépression. Dans le Centre Moteur-Instinctif-Sexuel,
elle se manifeste par les HABITUDES, les COUTUMES, les MOUVEMENTS
: quand nous sommes déprimés, nous fronçons
les sourcils, nous avons une mine sévère ;
et quand nous sommes très contents, nous sourions,
joyeux, sous l'impulsion, donc, du Centre Moteur, etc. Nous
sautons, nous bondissons, remplis de joie pour une bonne
nouvelle, ou bien nos jambes tremblent devant un danger
imminent : thèse et antithèse du Centre Moteur,
la Loi du Pendule dans le Centre Moteur.
Conclusion
: nous sommes ESCLAVES D'UNE MÉCANIQUE. Si quelqu'un
nous donne de petites tapes sur l'épaule, nous sourions
tranquillement ; si quelqu'un nous donne une gifle, nous
répondons par une autre gifle ; si quelqu'un nous
fait une louange, nous nous sentons heureux, mais si quelqu'un
nous blesse avec une parole agressive, nous nous sentons
terriblement offensés. Au final, nous sommes de petites
machines soumises à la Loi du Pendule ; chacun peut
faire de nous ce dont il a envie.
Veut-on
nous voir contents ? On nous donne quelques petites tapes
sur l'épaule ou on nous murmure quelques flatteries
à l'oreille et nous sommes très contents.
Veut-on nous voir remplis de colère ? On nous dit
une parole qui blesse notre amour-propre, on nous dit une
parole dure et on nous verra offensés, fâchés.
Par
conséquent, la psyché de chacun d'entre nous
est, en réalité, vraiment soumise à
ce que veulent les autres. C'est triste à dire, mais
nous ne sommes pas maîtres de nos propres processus
psychologiques ; n'importe qui peut manipuler nos processus
psychologiques ; nous sommes de véritables MARIONNETTES
manipulées par n'importe qui.
Si
je veux vous voir contents, il me suffit de vous dire des
choses douces à l'oreille, de vous faire des louanges
et vous voilà heureux. Si je veux que vous vous fâchiez
contre moi, je me mets à vous offenser et alors,
vous froncez les sourcils, l'entre-sourcils, vous ne me
regardez plus avec des « yeux doux », comme
vous me regardez en ce moment, mais de manière colérique,
avec des « yeux revolvers ».
Mais,
si je veux à nouveau vous voir contents, je recommence
à vous dire de petits mots doux et vous êtes
de nouveau contents et vous me regardez encore avec douceur.
En conclusion : vous vous transformez pour moi en un instrument
sur lequel je peux jouer des mélodies, soit douces,
soit graves, soit agressives, soit romantiques, comme je
le veux.
Alors,
où se trouve donc L'INDIVIDUALITÉ des gens
? Ils n'en possèdent donc pas s'ils ne sont pas maîtres
de leurs propres processus psychologiques. Lorsqu'on n'est
pas maître de ses propres processus psychologiques,
on ne peut pas dire, réellement, que l'on a une individualité.
Vous
sortez, par exemple, dans la rue ; vous êtes très
content tant que rien ne vient vous déranger. Et
une fois que vous êtes au volant de votre automobile,
surgit un fou, comme il y en a en ville ; il vous dépasse
par la droite et vous coupe la route. Cela vous offense
terriblement. Si vous ne protestez pas sur le moment avec
la parole, pour le moins vous protestez en klaxonnant, mais
vous ne pouvez pas rester sans protester.
C'est-à-dire
que le conducteur de cette automobile qui vous a dépassé,
qui vous a tracassé, qui vous a contrarié,
vous a fait changer totalement. Si vous étiez content,
vous êtes maintenant rempli de colère ; ainsi
ce conducteur a été plus fort que vous ; il
a pu manipuler votre psyché, mais vous, non.
Vous
voyez donc la Loi du Pendule ? Y aurait-il un moyen d'échapper
à cette terrible Loi Mécanique du Pendule
? Croyez-vous qu'il y ait une manière de lui échapper
? S'il n'y en avait pas, nous serions condamnés à
vivre une vie mécanique « per saecula saeculorum
amen »...
Il
est évident qu'il doit y avoir un système
qui nous permette de nous évader de cette loi ou
de la manier. Celui-ci existe réellement : nous devons
apprendre à DEVENIR COMPRÉHENSIFS, RÉFLÉCHIS,
à voir les choses de la vie telles qu'elles sont.
Il
est évident que chaque chose, dans la vie, a DEUX
FACES : n'importe quelle surface nous indique l'existence
d'une face opposée, cela est incontestable. La face
d'une médaille nous suggère son revers. Tout
a deux faces ; les Ténèbres sont l'opposé
de la Lumière. Dans les Mondes Suprasensibles, on
peut vérifier qu'à côté d'un
Temple de Lumière existe toujours un Temple Ténébreux,
c'est évident.
Mais
pourquoi commettons-nous l'erreur de nous réjouir
devant quelque chose de positif et de protester devant quelque
chose de négatif si ce sont les deux faces d'une
même chose ? Je pense que l'erreur la plus grave en
nous consiste précisément en ce que nous ne
savons pas regarder les deux faces d'une chose ou d'une
circonstance, etc. Nous ne voyons toujours qu'une face,
nous nous identifions à elle et nous sourions ; mais
lorsque l'antithèse de cette même chose se
présente à nous, nous protestons, nous déchirons
nos vêtements, nous « tonnons » et «
lançons des éclairs » ; en vérité,
nous ne voulons pas coopérer avec l'inévitable
et c'est précisément là notre erreur.
Parfois,
nous nous passionnons pour un côté de la balance
et d'autres fois pour l'autre côté ; parfois,
nous allons vers une extrémité du Pendule
et parfois nous allons vers l'autre extrémité
; et c'est pour cette raison qu'il n'y a pas de paix en
nous ; nos relations sont très mauvaises, conflictuelles.
Toute
époque de paix est suivie d'une époque de
guerre et toute époque de guerre est suivie d'une
époque de paix. Nous sommes victimes de la Loi du
Pendule et c'est douloureux. C'est précisément
ce qui cause « la tempête de tous les exclusivismes
», la lutte des classes, les conflits entre le capital
et les travailleurs, etc.
Si
nous pouvions voir les deux faces de chaque chose, tout
serait réellement différent ; mais malheureusement,
il nous manque la compréhension. Si nous voulons
voir les deux faces de chaque chose, il est nécessaire
(selon ma façon de comprendre les choses) de ne plus
vivre à l'intérieur de la Loi du Pendule,
mais plutôt dans un cercle fermé, un CERCLE
MAGIQUE. Imaginons un cercle autour de nous, un Cercle Magique.
Par
ce cercle passent toutes les Paires d'Opposés de
la Philosophie : les Thèses et les Antithèses,
les circonstances agréables et désagréables,
les périodes de triomphe et d'échec, l'optimisme
et le pessimisme, ce que les gens appellent « bien
» et ce qu'ils appellent « mal », etc.
Autour
de ce Cercle Magique, nous pouvons voir un défilé
très intéressant ; nous découvrirons,
par exemple, que toute grande joie est immédiatement
suivie d'états dépressifs, d'angoisses, de
douleurs. Plus les gens rient aux éclats et plus
les larmes sont abondantes et les pleurs amers.
Vous
avez observé, vous avez remarqué qu'il y a,
dans la vie, des moments où tout le monde rit dans
la famille, où tout le monde est très content,
où il n'y a que des éclats de rire et de la
joie... c'est mauvais signe. Lorsqu'on voit cela dans une
famille, on peut prophétiser infailliblement qu'une
douleur guette cette famille et qu'ils vont tous pleurer.
C'est
certain, parce que tout est double dans la vie. A la grimace
de l'éclat de rire succède une autre grimace
fatale, celle de la douleur suprême et des pleurs.
Les cris de joie sont suivis de cris de suprême douleur.
Tout
a deux faces : la positive et la négative, c'est
évident. Ce signe ésotérique, par exemple,
(le Maître fait le signe de l'Ésotérisme
avec les trois doigts de la main droite levée). Supposez
qu'il se réfléchisse sur le sol. Observez
l'ombre sur le sol. Que voyez-vous ? LE DIABLE. Cependant,
c'est le signe de l'Ésotérisme ; mais son
ombre, à l'évidence, a la figure du Diable.
Tout est double dans la vie ; il n'y a rien qui ne soit
pas double.
Lorsqu'on
s'habitue à voir les choses à partir du centre
d'un Cercle Magique, tout change ; on se libère de
la Loi du Pendule. Une fois, lorsque j'avais le corps physique
de THOMAS DE KEMPIS, j'ai écrit, dans une oeuvre
intitulée « L'imitation de Jésus-Christ
», la phrase suivante : « Je ne suis pas plus
parce qu'on me loue, ni moins parce qu'on me blâme,
car je suis toujours ce que je suis ». C'est clair,
tout a une double face : la louange et le blâme, le
triomphe et la déroute... Tout a deux faces.
Lorsqu'on
s'habitue à voir n'importe quelle circonstance, n'importe
quelle chose, n'importe quel événement, de
manière intégrale, unitotale, sous ses deux
faces, on s'évite alors, dans la vie, bien des déconvenues,
bien des frustrations, bien des déceptions, etc.
S'il
s'agit d'une amitié, d'un ami, alors on doit comprendre
que cet ami n'est pas parfait, qu'il possède ses
agrégats psychiques et qu'à n'importe quel
moment il peut passer de l'amitié à l'inimitié,
ce qui est normal, en outre. Et le jour où ceci arrive
réellement, le jour où cet événement
se réalise, on ne passe par aucune désillusion,
on a « pris ses précautions », c'est
évident.
Je
me souviens quand j'ai commencé avec le Mouvement
Gnostique. À l'époque, environ trois ou quatre
personnes me suivaient et j'avais vraiment mis tout mon
coeur dans ces gens-là, luttant pour les aider, pour
qu'ils sortent en Corps Astral, pour la méditation,
pour l'étude de la Gnose, etc. J'étais arrivé
à former un petit groupe et je m'attendais à
tout, sauf à ce qu'un membre du groupe se retire,
puisque j'étais venu, plein de dévouement,
former ce petit groupe avec beaucoup d'amour.
Il
est évident que lorsque quelqu'un s'est retiré
du groupe, j'ai eu l'impression qu'on m'avait planté
un poignard dans le coeur. Je disais alors : « Pourtant,
si j'ai tant lutté pour cet ami, si je voulais qu'il
marche sur le sentier comme il se devait, si je ne lui ai
fait aucun mal, pourquoi m'a-t-il trahi ? ».
Il
s'est affilié à une autre école. J'aurais
pensé à tout, mais pas à ce qu'une
personne, qui a reçu ces enseignements, puisse s'affilier
à une autre petite école. Cependant, je résolus
de poursuivre stoïquement mon travail. Le groupe augmenta
et le jour vint où il y eut beaucoup de monde.
Un
jour, on me dit, dans les Mondes Supérieurs, que
« Le MOUVEMENT GNOSTIQUE était un train en
marche dont certains passagers descendaient à une
station et où d'autres montaient dans une autre station
; d'autres en descendaient plus loin, et plus loin encore,
d'autres y montaient ». En conclusion, c'était
un train en marche et j'étais le machiniste qui conduisait
la locomotive. C'est pourquoi « cela ne devait pas
me préoccuper »...
C'est
ainsi que je le compris et, plus tard, je pus le vérifier
réellement : quelques passagers montaient à
une station et descendaient plus loin, et ainsi de suite.
Dès lors, je devins stoïque. Je vis également
que lorsqu'il en partait un, il en arrivait dix.
«
Bon, me dis-je, il n'y pas besoin de tant se préoccuper
». Depuis ce moment-là, donc, après
cette grande souffrance par rapport à une personne
qui s'est retirée, j'ai appris que très rares
sont ceux qui arrivent à la station finale. Cela
m'a coûté assez de douleur ! Si aujourd'hui
un frère se retire, eh bien, qu'il s'en aille ! Je
ne suis plus celui qui se remplissait d'une terrible angoisse,
désespéré pour le petit frère
; ce temps-là est bien révolu. Si une personne
se retire, il en viendra dix, vingt... Qu'est-ce qu'une
personne lorsqu'il y a tant de monde ? Nous ne devons pas
nous battre pour les gens, c'est clair.
Tout
le monde est soumis à la Loi du Pendule : ceux qui,
aujourd'hui, s'enthousiasment pour la Gnose, demain seront
désillusionnés. C'est normal ; tout le monde
vit dans cette mécanique.
J'ai
alors appris à voir les deux faces en chaque personne.
Quelqu'un s'affilie-t-il à la Gnose ? Je l'aide et
tout, mais je suis absolument certain que cette personne
ne va pas rester avec nous toute sa vie, qu'elle ne va pas
arriver à la station finale. Comme je le sais à
l'avance, je prends donc mes précautions.
Je
me suis mis exactement au centre du Cercle Magique pour
voir tout ce qui va passer dans ce cercle : chaque circonstance,
chaque personne, chaque événement, chaque
fait avec ses deux faces : positive et négative.
Si on se situe au centre et qu'on voit tout passer autour
de ce centre, sans prendre parti, ni pour la partie positive,
ni pour la partie négative de chaque chose, on s'évite
alors bien des déceptions, bien des souffrances.
L'erreur
la plus grave dans la vie, c'est de ne vouloir voir qu'une
seule face de toute chose, qu'une face d'une amitié,
qu'une face d'une circonstance, qu'une face de n'importe
quel objet, qu'une face d'un événement. C'est
grave, car tout est double. Quand vient la partie négative,
on a alors l'impression qu'on nous enfonce sept poignards
dans le cceur.
Il
faut apprendre à vivre, mes amis, il faut savoir
vivre si vous voulez aller loin, contrairement à
beaucoup d'autres. Car si vous ne voyez qu'une seule face
et rien de plus, que vous ne voyez pas l'antithèse,
l'autre face, la fatale, vous devrez passer par bien des
déceptions, bien des désenchantements, bien
des souffrances ; vous finirez par être malades et,
à la fin, vous mourrez.
La
pauvre Madame BLAVATSKY, par exemple, ils l'ont tuée.
Qui l'a tuée ? Tous ses calomniateurs et détracteurs,
ses ennemis secrets et ses amis (ou ceux qui se disaient
« amis »). Ils l'ont simplement assassinée,
non pas avec des pistolets, ni des couteaux, non, non, non,
ils ont parlé en mal contre elle, ils l'ont calomniée
publiquement, ils l'ont trahie, etc., etc., et j'en passe.
Conclusion : la pauvre est morte, remplie de souffrances...
Moi,
franchement, je regrette beaucoup, mais je ne donnerai pas
ce plaisir à tous les petits frères du Mouvement.
Moi, je vois deux faces en chaque frère. Un frère
qui, aujourd'hui, est avec nous, qui étudie notre
Doctrine, je l'apprécie, je l'aime ; mais le jour
où il se retire, pour moi c'est normal qu'il se retire
; ce qui m'étonne le plus, c'est quand quelqu'un
reste trop longtemps.
Mais
pour apprendre cette horrible leçon, j'ai dû
beaucoup souffrir. Les premières fois, ce fut comme
si on m'avait enfoncé un poignard dans le coeur ;
ensuite je me suis senti mieux, c'était comme si
mon cceur s'était cuirassé.
De
sorte que ce qui est arrivé à Madame Blavatsky
ne m'arrivera pas, car je regarde les deux faces de chaque
chose ; je suis dans la troisième position, dans
la position du coeur se préparant pour la systole
; il est en état d'alerte, absorbé dans ses
profondeurs, se préparant, s'organisant, pour ensuite
se ressaisir, se comprimer et lancer le sang dans tout l'organisme.
Ce troisième aspect est très utile.
En
d'autres termes, je considère qu'il vaut mieux vivre
dans le centre d'un Cercle Magique qu'aux extrémités
du Pendule. Ce centre, en Orient, spécialement en
Chine, s'appelle le « TAO ».
Le
« TAO » est le TRAVAIL ÉSOTERIQUE GNOSTIQUE
; le « TAO » est le CHEMIN SECRET ; le «
TAO » est l'INRI, le « TAO » est l'ÊTRE.
Quand
on vit au centre du cercle, on n'est donc pas pris dans
ce petit jeu mécanique de la Loi du Pendule, on n'est
pas soumis à ces alternatives d'angoisse et d'allégresse,
de triomphe et d'échec, de joie et de douleur, d'optimisme
et de pessimisme, etc., non, on s'est libéré
de la Loi du Pendule, c'est évident.
Mais,
je le répète, il faut apprendre à voir
chaque chose sous ses deux faces : Positive et Négative
et ne s'identifier ni avec l'une, ni avec l'autre, car elles
sont toutes deux passagères ; tout passe ; dans la
vie, tout passe...
Dans
ce monde, que l'on pourrait qualifier d'« intellectuel
», j'ai toujours ressenti comme une certaine aversion
envers les opinions. Parce que j'ai compris qu'une opinion
émise n'est rien de plus que l'extériorisation
intellectuelle d'un concept, par crainte qu'un autre ne
soit le vrai. Naturellement, cela dénonce une ignorance
crasse, c'est grave. Là se trouvent les antithèses.
Je
ne comprends toujours pas pour quel motif une certaine Pythonisse
Sacrée a dit à Socrate : « II y a quelque
chose entre la Sagesse et l'Ignorance » et que «
cette chose c'est l'opinion ». Franchement, bien que
cette Pythonisse soit très sacrée, je n'ai
pas pu accepter sa thèse parce que l'OPINION VIENT
DE LA PERSONNALITÉ ET NON PAS DE L'ÊTRE.
La
Personnalité conduit réellement les êtres
humains vers l'Involution Submergée des Mondes Infernaux.
La Personnalité, comme je vous le disais à
un moment donné, a beaucoup d'arrière-plans
; elle est artificielle, elle est formée par les
coutumes qu'on nous a enseignées, par la fausse éducation
que l'on a reçue dans les écoles et les collèges,
qui nous a séparés de l'Etre et qui n'a plus
aucune relation avec les différentes parties de l'Etre.
La
Personnalité est artificielle. Etant donné
qu'elle nous éloigne de notre propre Etre Intérieur
profond, il est évident qu'elle nous conduit sur
le chemin erroné nous menant vers l'Involution du
Règne Minéral Submergé.
De
sorte que je pense (ici, je suis en train de penser à
haute voix) que lorsqu'on ne sait pas une chose, il est
préférable de se taire plutôt que de
donner une opinion, car l'opinion est le produit de l'ignorance.
On émet une opinion parce qu'on ignore, sinon on
n'émettrait pas d'opinion. On émet un concept
par crainte qu'un autre ne soit le vrai ; voyez-vous ce
DUALISME DU MENTAL ? C'est la terrible Loi du Pendule :
on oppose une opinion à une autre.
Ainsi,
la Personnalité se déplace à l'intérieur
de la Loi du Pendule ; elle vit dans le monde des opinions
contradictoires, des concepts antithétiques, de la
bataille des antithèses. Alors, la Personnalité
ne sait rien et l'opinion est le produit de l'ignorance.
Si
nous analysons ce qu'est la Personnalité (d'où
naît l'opinion), nous arrivons à la conclusion
que l'opinion est le résultat de l'ignorance ; par
conséquent, ce que cette Pythonisse a dit à
Socrate me semble erroné.
Socrate
interrogea également la Pythonisse (la Pythonisse
de Delphes s'appelait DIVINUS) au sujet de l'Amour. Socrate
dit : « L'Amour est beau, ineffable, sublime »,
La Pythonisse répondit : « À proprement
parler, il n'est pas beau ». Socrate lui dit, lui
répondit, étonné : « II n'est
pas beau ? Alors il est laid ! ». La Pythonisse dit
: « Ne peux-tu voir que le laid, comme s'il n'existait
que le laid ? Ne peux-tu concevoir qu'entre le beau et le
laid il y ait quelque chose de différent, quelque
chose de distinct ? L'Amour n'est ni beau, ni laid ; il
est différent, c'est tout »... Socrate, qui
était un Sage, garda le silence.
Il
est évident que comme je suis en train de penser
à haute voix avec vous, je vous invite à la
réflexion. Comment avez-vous vu l'Amour ? Comment
l'avez-vous vu ? Non pas comme on vous a dit qu'il est,
mais comment l'avez-vous ressenti : beau ou laid ? Quelqu'un
d'entre vous peut-il me donner une réponse ? Qui
oserait répondre ?
Disciple.
Maître, quand on est amoureux, eh bien, il est beau
; et si on a une déception, alors ce qui était
beau devient laid pour les deux prétendants. Pour
moi, donc, il y a ici [...]. Mais il faut chercher [...].
Maître.
Continuons...
D.
On a toujours relié la beauté à l'Amour
et la laideur avec l'antithèse de l'Amour. Ce sont
des aspects psychologiques parce que nos grands-mères,
du moins quand elles nous parlaient des fées, elles
nous les dépeignaient comme étant bonnes,
belles ; et lorsqu'elles nous parlaient des ogres, ils étaient
mauvais, elles nous les dépeignaient comme étant
laids. Alors je crois que l'Amour est au-delà de
ces concepts.
M.
Ces réponses sont bonnes. Mais, on doit faire une
différence entre ce qui est beau et ce qu'est l'Amour.
Ainsi, la question n'est pas très complète.
Qui d'autre veut répondre. Toi...
D.
Je pressens que l'Amour est au-delà de cette paire
d'opposés ; il transcende le beau et le laid ; il
est au-delà.
M.
La réponse est très intéressante. Continuons,
dis-moi, frère...
D.
L'Amour est ineffable parce que ce n'est pas une question
intellectuelle ; c'est une émotion que nous pourrions
qualifier de « sublime ».
M.
Cette réponse est plus transcendantale.
D.
Maître, je considère que l'Amour est indescriptible
; lorsqu'on ressent de l'Amour, on ne peut l'exprimer avec
des mots.
D.
Maître, je dirais que pour nous c'est très
difficile de dire si l'Amour est beau ou laid parce que
nous ne connaissons pas l'Amour. Nous sommes sur les voies
de connaître l'Amour. Seul un Être Supérieur
connaît ce qu'est l'Amour.
M.
Bon, continuons, la dernière réponse.
D.
Je pense que du point de vue de notre Personnalité
humaine, tout est relatif, tout dépend des circonstances.
Si nous approfondissons et nous intériorisons en
nous-mêmes, je pense qu'il échappe à
ce qui est nôtre. Il appartient réellement
à l'Etre et non à la Personnalité humaine.
S'il nous intéresse, il est bon ; s'il ne nous intéresse
pas, il est mauvais ; c'est-à-dire qu'il faut se
mettre dans l'intervalle...
M.
Nous t'avons entendu. Qui d'autre peut dire quelque chose
de plus ? Voyons. Shepard...
D.
L'Amour est comme l'Être ; l'unique raison de l'Amour
est l'Amour-même.
M.
Voyons, frère...
D.
Je considère que l'Amour consiste à être
en harmonie avec tout et avec tous...
M.
C'est bien... Mais, en réalité, il est vrai
que cette Pythonisse de Delphes qui a parlé à
Socrate a pratiquement insinué une vérité
: L'AMOUR EST AU-DELA DE CE QUI EST BEAU ET DE CE QUI EST
LAID. Que la beauté provienne de l'Amour, c'est autre
chose. Par exemple, lorsque l'Ego est dissous, il reste
en nous la beauté intérieure et, de cette
beauté, provient ce qu'on appelle « Amour ».
Par
conséquent, l'Amour est, en soi, au-delà des
concepts que l'on a sur la laideur et sur la beauté.
On ne peut le définir, car si on le définit,
on le déforme. La Pythonisse a-t-elle raison ou non
? Oui, elle a raison ; l'Amour est au-delà des concepts
de la laideur et de la beauté, bien que de l'Amour
provienne la beauté, jaillisse la beauté.
Là où existe le véritable Amour, existe
la Beauté Intérieure, c'est évident.
Ainsi,
mes frères, entre la Thèse et l'Antithèse
il y a toujours une SYNTHÈSE qui coordonne et réconcilie
les opposés. Voyons cela. Nous savons qu'il existe
une grande bataille entre les Pouvoirs de la Lumière
et les Pouvoirs des Ténèbres. DANS LE SPERME
SACRÉ LUI-MÊME, IL EXISTE UNE LUTTE entre les
Pouvoirs Atomiques de la Lumière et les Pouvoirs
Atomiques des Ténèbres. Dans tout le créé,
cette grande lutte existe ; les colonnes d'Anges et de Démons
se combattent mutuellement dans tous les recoins de l'Univers.
Lorsqu'on
n'a pas encore la Pierre Philosophale, il est impossible
de RÉCONCILIER LES OPPOSÉS (LUMIÈRE
ET TÉNÈBRES) à l'intérieur de
soi-même. Mais, lorsqu'on obtient la Pierre des Philosophes,
la Pierre du Serpent (à force de travaux conscients
et de souffrances volontaires), alors grâce à
celle-ci, on arrive à réconcilier les opposés
; et on les réconcilie en soi-même, car on
reconnaît que, dans la création, tout a une
double face. Et c'est seulement grâce à la
troisième position, c'est-à-dire seulement
grâce au Tao (au centre du Cercle Magique), seulement
grâce à la SYNTHESE que nous pouvons réconcilier
les opposés à l'intérieur de nous-mêmes,
c'est évident.
Ainsi,
il est nécessaire d'apprendre à réconcilier
les Opposés ; il est nécessaire de nous libérer
de la Loi du Pendule et de mieux vivre à l'intérieur
de la LOI DU CERCLE.
On
se libère de la Loi du Pendule lorsqu'on se place
dans la Loi du Cercle, lorsqu'on se place dans le Tao qui
est au centre du Cercle Magique. Car alors, tout passe autour
de nous en cercle, tout autour de notre Conscience ; avec
la CONSCIENCE « RONDE », on voit comment passent
les divers événements avec leurs deux faces
; les choses avec leurs deux positions, les circonstances,
etc., les victoires et les défaites, le succès
et l'échec.
Tout
a deux faces et si on se place au centre, on réconcilie
les opposés, on ne craint plus la faillite économique,
on ne sera plus capable de « se faire sauter la cervelle
» parce qu'on a perdu sa fortune du jour au lendemain,
comme l'ont fait de nombreux joueurs du Casino de Monte-Carlo
: ils ont perdu leur fortune et se sont suicidés
; on ne va plus souffrir pour les trahisons de nos amis
; on devient invulnérable au plaisir et à
la douleur.
Vous
voyez comme c'est extraordinaire, merveilleux ! Mais si
nous n'apprenons pas à vivre dans le cercle, si nous
ne nous plaçons pas exactement dans le Tao (point
central du Cercle Magique), nous continuerons à être
ce que nous sommes, exposés à la Loi tragique
et changeante du Pendule qui est complètement mécanique
à cent pour cent et douloureuse.
Ainsi,
mes chers amis, nous devons apprendre à vivre intelligemment,
consciemment, c'est évident. Malheureusement, toute
l'humanité est soumise à la Loi du Pendule.
Regardons comme le Mental passe d'un côté à
l'autre. C'est fatal.
J'ai
donc vraiment vu qu'en réalité, il n'y a personne
qui ne soit soumis à la question des OBJECTIONS.
Si quelqu'un arrive et nous dit une chose, une phrase, que
fait-on en premier lieu ? On objecte, on émet telle
ou telle objection ! C'est la Loi du Pendule : « Dis-moi
et moi je te dirai », « Tu me démolis
et moi je te démolirai ensuite ». Conclusion
: Douleur. C'est terrible, mieux vaut le contraire. Pourquoi
devons-nous émettre des objections, mes frères
?
Il
me vient en mémoire, en ce moment, un cas intéressant.
Il y a de nombreuses, de très nombreuses années,
je me trouvais dans le Monde Astral (dans Hod, la Séphiroth
HOD, à l'intérieur de cette Séphiroth).
Je dus y invoquer une Divinité, un Ange, un Elohim
ou Deva (comme il vous plaît de l'appeler). Cette
Divinité me dit quelque chose et, immédiatement,
j'objectai et fis ressortir l'antithèse. D'une manière
très grossière, je vous dirais que je la contredis.
J'espérai
que la Divinité discuterait aussi avec moi, mais
il n'en fut pas ainsi. Cette Séité m'écouta
avec un respect infini et une profonde vénération.
J'alléguai de nombreux concepts et lorsque je terminai
(je pensais qu'elle allait prendre la parole et me réfuter),
à mon grand étonnement, je la vis me faire
un signe, s'incliner pour me faire une révérence,
me tourner le dos et s'en aller.
Elle
me donna une leçon extraordinaire, elle n'objecta
rien. Evidemment, cette Divinité avait pensé
au-delà des objections. En effet, il est indubitable
que les objections appartiennent à la Loi du Pendule.
Tant qu'on objecte, on est soumis à la Loi du Pendule.
Tout
le monde a le droit d'émettre ses opinions ; chacun
est libre de dire ce qu'il veut. Nous devons simplement
écouter avec respect celui qui parle. A-t-il fini
de parler ? Nous nous retirons... Bien sûr, certains
n'agiront pas ainsi ; ils ne procéderont pas de cette
manière. Par orgueil, ils diront : « Je ne
me retire pas, je dois lui donner le change ». Voilà
l'orgueil crasse, « intellectuelloïde ».
Si nous n'éliminons pas de nous-mêmes le Moi
de l'orgueil, il est évident que nous n'arriverons
jamais à la Libération Finale.
Le
mieux, c'est que chacun de nous dise ce qu'il a à
dire et que NOUS N'ÉMETTIONS PAS D'OBJECTIONS, car
chacun est libre de dire ce qu'il veut, simplement. Mais
on vit en faisant toujours des objections : on les fait
à notre interlocuteur et on se les fait aussi à
soi-même.
Il
est clair que cela ne signifie pas qu'il n'existe pas de
choses agréables ou désagréables ;
il est évident que cela existe. Supposons que l'un
de nous ait à nettoyer une porcherie (l'endroit où
vivent les porcs). Je crois que ce ne serait pas précisément
un travail très agréable.
Nous
aurions le droit de ne pas trouver cela agréable
; mais que ce travail ne nous paraisse pas agréable
est une chose et une autre chose, très différente,
est que nous émettions des objections, que nous commencions
à protester : « Quelle porcherie, mon Dieu
! Je n'aurais jamais cru tomber si bas ! Pauvre de moi,
comme je suis malheureux de nettoyer une porcherie ! Vais-je
en venir à bout ? ».
De
cette manière, tout ce que nous obtenons est que
nous fortifions complètement les Mois de la colère,
de l'amour-propre, de l'orgueil, etc.
C'est
aussi le cas d'une personne qui, à première
vue, nous déplaît : « Comme cette personne
me tape sur les nerfs ! ». Mais que cette personne
nous déplaise à première vue est une
chose et autre chose est que nous émettions des objections,
que nous protestions contre cette personne en disant : «
Mais cette personne me tape sur les nerfs, cette personne
est un problème ! » et que nous cherchions
des subterfuges pour la poignarder et l'éliminer.
La
seule chose que nous arrivons à faire avec les objections,
c'est de MULTIPLIER L'ANTIPATHIE en nous, de RENFORCER LE
MOI de la haine, de renforcer le Moi de l'égoïsme,
le Moi de la violence, de l'orgueil, etc.
Comment
faire au cas où une personne ne nous plaît
pas ? Nous devons tous nous connaître nous-mêmes,
afin de voir pourquoi cette personne ne nous plaît
pas. Il se pourrait que cette personne soit en train d'exhiber
certains défauts que nous avons.
On
a le Moi de l'amour-propre en nous et si quelqu'un exhibe
l'un de nos défauts intérieurs, alors évidemment
ce quelqu'un « tombe mal » pour nous ; de sorte
qu'au lieu d'émettre des objections sur cette personne
(en protestant, en nous disputant), nous devons plutôt
nous AUTO-EXPLORER pour savoir quel est cet élément
psychique que nous portons en nous et qui fait naître
cette antipathie.
Pensons
que si nous découvrons cet élément
et le dissolvons, l'antipathie cessera. Mais si, au lien
d'investiguer sur nous-mêmes, nous émettons
des objections, nous protestons, nous « tonnons et
lançons des éclairs » contre cette personne,
nous renforcerons l'Ego, le Moi, c'est indubitable.
Dans
le monde de l'intellect, il n'y a pas de doute que nous
sommes toujours en train d'émettre des objections.
Cela produit la DIVISION INTELLECTUELLE : le Mental se divise
entre THÈSE et ANTITHÈSE, il devient un champ
de bataille qui DÉTRUIT LE CERVEAU. Observez comme
ces gens qui se disent « intellectuels » sont
remplis d'étranges manies : certains laissent leurs
cheveux en bataille, ils se rasent d'une manière
épouvantable, etc., ils font cinquante mille pitreries
; il est clair que c'est le produit d'un Mental plus ou
moins dégénéré, détruit
par la bataille des antithèses.
Si,
à chaque concept, nous émettons une objection,
notre Mental finit par se quereller tout seul. Comme conséquence,
on se retrouve avec des maladies du cerveau, des anomalies
psychologiques, des états dépressifs du Mental,
de la nervosité qui détruit les organes les
plus délicats, comme ceux du foie, du coeur, du pancréas,
de la rate, etc.
Mais
si nous apprenons à ne pas faire d'objections, mais
à laisser chacun penser comme il en a envie et dire
ce qu'il veut, ces luttes de l'intellect se termineront
et, à la place, viendra une Paix véritable.
Le
Mental des pauvres gens se bat tout le temps : il se dispute
tout seul affreusement et ceci nous conduit sur un chemin
très dangereux, le chemin des maladies du cerveau,
des maladies de tous les organes, de la DESTRUCTION DU MENTAL
: beaucoup de cellules sont brûlées inutilement.
Il faut vivre en sainte paix sans émettre d'objections
; que chacun dise ce qu'il veut et pense comme il en a envie.
Nous ne devons pas émettre d'objections ; c'est ainsi
que nous marcherons comme il se doit : Consciemment.
Ainsi,
il faut apprendre à vivre. Malheureusement, nous
ne savons pas vivre ; nous sommes pris dans la Loi du Pendule.
Maintenant que je suis en train de parler ici avec vous,
je reconnais que ce n'est pas facile de ne pas émettre
d'objections.
Nous
sortons d'ici, nous prenons notre voiture ; soudain, un
peu plus loin, quelqu'un nous dépasse sur la droite
et nous barre la route. Bon, si nous ne disons rien, du
moins nous klaxonnons en signe de protestation. Même
si ce n'est qu'avec le klaxon, nous protestons. Si quelqu'un
nous dit quelque chose au moment où nous «
baissons la garde », il est sûr que nous protestons,
que nous émettons des objections.
C'est
très difficile, épouvantablement difficile
de ne pas émettre d'objections. Dans le Monde Oriental
et aussi dans le Monde Occidental, on a profondément
réfléchi à cette question. Je crois
qu'il y a des fois où on doit faire appel à
un Pouvoir supérieur au nôtre si nous voulons
nous libérer de cette question des objections.
Une
fois, un moine bouddhiste marchait sur les terres du Monde
Oriental, par un hiver épouvantable, rempli de neige,
de glace et de bêtes sauvages ; il est clair que ceci
procurait des souffrances au pauvre moine qui, naturellement,
protestait, émettait des objections.
Mais
le pauvre eut de la chance : alors qu'il défaillait,
AMITABHA lui apparut en méditation (c'est-à-dire
qu'AMITABHA, en réalité et en vérité,
est le DIEU INTERNE DE GAUTAMA, le Bouddha Sakyamuni) et
celui-ci lui remit un mantra afin qu'il puisse rester fort
et sans faire d'objections, quelque chose qui l'aide à
ne pas protester à tout moment contre lui-même,
contre la neige, contre la glace, contre le monde.
Ce
mantra est très utile ; je vais bien vous le vocaliser
pour que vous le graviez dans votre mémoire et pour
qu'il reste également gravé sur les bandes
que vous avez dans vos enregistreurs : GAAAAATÉÉÉÉÉ,
GAAAAATÉÉÉÉÉ, GAAAAATÉÉÉÉÉ.
Le
mieux est que je vous l'épelle : G - A - T - É.
J'ai entendu dire que ce mantra a permis à ce moine
bouddhiste d'ouvrir son « OEIL DE DANGMA » et
c'est intéressant. Celui-ci est en relation avec
L'ILLUMINATION INTÉRIEURE PROFONDE et avec le VIDE
ILLUMINATEUR.
Il
eut besoin de cette aide car ce n'est pas si facile de cesser
d'émettre des objections. Qu'on baisse la garde un
moment et nous voilà à objecter contre tout
: la vie, l'argent, l'inflation, le froid, la chaleur, etc.
Beaucoup de gens protestent parce qu'il fait froid ; ils
protestent parce qu'il fait chaud ; ils protestent parce
qu'ils n'ont pas d'argent ; ils protestent parce qu'un moustique
les a piqués ; ils protestent pour tout.
En
réalité et en vérité, quand
on passe sa vie à faire des objections, on se porte
horriblement préjudice, car CE QU'ON A GAGNÉ
D'UN CÔTÉ EN DISSOLVANT L'EGO, ON LE DÉTRUIT
DE L'AUTRE AVEC LES OBJECTIONS.
Si
on lutte pour ne plus sentir de la colère mais qu'on
émet des objections, alors le démon de la
colère revient et se renforce. Si on mène
une lutte terrible pour éliminer le démon
de l'orgueil, mais qu'on émet des objections contre
notre mauvaise situation, contre ceci ou cela, alors on
renforce ce démon. Si on fait des efforts pour en
finir avec l'abominable luxure, mais qu'on émet des
objections à un moment donné « parce
que notre femme ne veut pas avoir de relations sexuelles
avec nous » ou, pour la femme, « parce que son
époux ne recherche pas sa compagnie » et cinquante
mille objections de ce style, alors on renforce le démon
de la luxure.
De
sorte que, si d'un côté nous luttons pour éliminer
les agrégats psychiques et que de l'autre côté
nous les fortifions, simplement NOUS STAGNONS. Donc, en
réalité, si vous voulez vraiment désintégrer
les agrégats psychiques, vous devez en finir avec
cette question des OB-JEC-TIONS. Si vous ne procédez
pas de cette manière, vous stagnerez inévitablement,
vous ne progresserez en aucune façon. Je veux donc
que vous compreniez cela une fois pour toutes.
Bon,
ici se termine la chaire d'aujourd'hui. Cependant, nous
laissons la porte ouverte aux questions que les frères
veulent poser. Voyons, parle mon frère...
Disciple.
Maître, on dit que « le silence est l'éloquence
de la Sagesse ». On dit souvent : « II est aussi
mauvais de se taire quand on doit parler que de parler quand
on doit se taire ». Et il y a des fois où il
est nécessaire de parler pour se défendre
lorsqu'on est attaqué peut-être injustement.
Donc, je voudrais que vous m'éclairiez sur cet aspect.
Maître.
On a le droit de parler, car on n'est pas muet et personne
ne parle pour nous. Mais ce qui n'est jamais convenable
pour notre propre bien, c'est de faire des objections, de
protester, de « tonner et lancer des éclairs
» parce qu'il fait chaud, parce qu'il fait froid,
d'être contrarié pour tout. Cela nous conduit
naturellement à l'échec. Nous ne devons pas,
je le répète, faire d'objections.
On
doit dire ce qu'on a à dire : la vérité
et rien de plus que la vérité et laisser aux
autres la liberté de donner leur opinion comme ils
en ont envie, car chacun est libre de dire ce qu'il veut.
Si on ne procède pas ainsi, si on fait tout le temps
des objections, on détruit notre Mental, on détruit
notre propre cerveau et on se fait beaucoup de mal à
soi-même. De plus, on fortifie l'Ego au lieu de le
détruire. Y a-t-il une autre question ?
D.
Il y a des personnes qui vivent convaincues, mais alors
tout à fait convaincues, qu'un moment de joie est
suivi d'un moment de tristesse, c'est-à-dire qu'elles
se programment en ce sens ; elles ne se mettent pas à
l'intérieur du Cercle Protecteur. Évidemment,
c'est ce qui arrive à ces personnes, d'une façon
infaillible, mathématique ; tant et si bien, qu'elles
ne profitent pas des moments de joie, car fatalement elles
craignent les moments de tristesse. Pourriez-vous nous éclairer
un peu là-dessus ?
M.
Ces personnes se rendent réellement compte que tout,
dans la vie, possède deux faces, mais, malheureusement,
elles ne se mettent pas au Centre du Cercle, elles ne se
mettent pas dans le Tao. Lorsqu'on se trouve dans le Tao,
on sait qu'on voit passer autour de soi, autour de sa propre
Conscience, en soi-même, tous les événements
de la vie avec leurs deux faces et on sait qu'ils sont passagers.
Alors,
il est évident qu'on ne s'identifie ni avec une face,
ni avec l'autre : on réconcilie les opposés
grâce à la synthèse. Prenons le cas,
par exemple, de quelqu'un qui est dans une grande fête
(très content, très joyeux) et cette personne
sait que tout moment de joie est suivi d'un moment de douleur.
Mais si cette personne est située au centre, dans
le Tao, alors elle réconcilie les opposés
en elle-même, en son propre Être, en sa propre
Conscience. Elle dit : « Je sais que toute joie est
suivie d'une tristesse, mais moi, rien de tout cela ne m'affecte,
parce que tout est passager, tout passe : les personnes
passent, les choses passent, les idées passent, tout
passe »...
Par
conséquent, elle peut parfaitement vivre cet événement
comme il se doit. Cette réflexion permettra à
une telle personne de faire partie de l'événement
sans aucune préoccupation : elle est consciente,
elle sait que c'est un moment passager, elle ne l'élude
pas, elle le comprend, elle connaît ses deux faces.
Simplement, elle vit en Conscience. En réfléchissant
ainsi, une personne agit de la même façon que
le coeur lorsqu'il s'ouvre lors de la diastole, accumule,
organise, élabore, pour ensuite entrer en activité
avec la systole...
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