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20. Les Rigueurs de l'Ethique Supérieure (Vertu de
la Tolérance)
Samaël Aun Weor
Conférence intitulée "RIGORES DE LA ÉTICA
SUPERIOR (Virtud de la Tolerancia)"
Aujourd'hui,
mes inestimables frères, nous allons parler de la
Tolérance. Par exemple : si quelqu'un veut assassiner
un membre de notre famille (un fils ou un frère),
notre réaction, à ce moment-là, doit
être de défendre le fils qui est attaqué,
de défendre le frère. En tant que chefs de
famille, nous devons savoir répondre. Mais si nous
disons : « Non ! Je ne brandirai pas d'arme contre
qui que ce soit » et si nous disons au bandit qui
est en train d'assassiner notre fils, ou en train de violer
notre fille « Je te bénis, mon fils, je te
pardonne tous les crimes que tu commets » ; alors
là, nous poussons la tolérance à l'extrême
et il est évident que nous devenons aussi complices
de ces crimes.
Si
un homme a une épouse et que des bandits viennent
la violer et qu'il réponde en disant : « Que
Dieu vous bénisse ! » que direz-vous d'un tel
homme ? Ce serait une « chiffe molle » qui ne
sert à rien. De toute évidence, c'est de la
tolérance poussée à l'extrême
; ce qui nous rend complice du délit. Si on est chargé
de prendre soin d'un enfant et que quelqu'un veuille le
malmener et que la seule chose que nous sachions faire est
de tourner le dos aux malfaiteurs (à ceux qui viennent
malmener l'enfant) c'est de la complaisance avec le délit
et rien de plus...
On
a dit beaucoup de choses contre les armes dans les différentes
écoles de type ésotérique ou pseudo-ésotérique
; en fait, tout cela dépend du niveau de compréhension,
parce que les armes elles-mêmes s'avèrent utiles
quand elles sont nécessaires.
Prenons
un exemple : supposons que quelqu'un vienne malmener la
mère d'un garçon. Pour se conformer aux enseignements,
ce garçon va t-il permettre que l'on assassine sa
mère ? Pour un tel motif ne serait-il pas capable
d'avoir recours à une arme pour défendre la
vie de celle qui l'a mis au monde ? Ou va-t-il bénir
rien de moins que ceux qui veulent assassiner sa propre
mère ? Il est évident que si (dans ce cas)
il devient tellement tolérant qu'il en arrive à
bénir ceux qui viennent assassiner l'auteur de ses
jours, alors, c'est un lâche et il se convertit en
complice du délit. Il doit, à ce moment là,
avoir recours aux armes et, s'il n'y a rien d'autre à
faire, alors, il doit la défendre. Sinon, il prendrait
du karma pour ne pas l'avoir défendue.
Maintenant,
si on suit vraiment « le Sentier en lame de Rasoir
», on doit embrasser le fouet du bourreau, rendre
le bien pour le mal, bénir ceux qui nous persécutent
et, s'ils nous frappent sur la joue droite, on doit tendre
la joue gauche pour qu'ils nous aident plus.
Ceci
est un peu dur, c'est clair ; mais quand on a pris la décision
de vivre sur le « Sentier en lame de Rasoir »
et qu'on cherche l'Autoréalisation Intime de l'Être,
on veut suivre les ordalies rigoureuses de l'Initiation,
et ça c'est différent
Mais,
s'il y en a qui viennent outrager notre petite soeur, notre
femme, nos fils, les enfants dont on a la charge, s'ils
viennent les assassiner, va-t-on traiter les bandits comme
des frères ? Va-t-on leur prodiguer de l'affection
comme à des frères ? Ce serait absurde, n'est-ce
pas ? Le mieux, dans ce cas là, c'est d'avoir recours
à la défense, d'accomplir son devoir, de mourir
sur le champ de bataille si c'est nécessaire.
Une
fois, on a posé cette question à Krishnamurti
et, franchement, il n'a pas su y répondre avec exactitude.
« Si tu te promenais avec une soeur (lui a t-on dit)
et que soudain quelqu'un lui fasse du mal, que ferais-tu
? ». Il répondit qu'il attendait que cela se
produise pour voir ce qu'il ferait ; qu'il attendait que
cela se produise réellement. Bon, il s'en est sorti
en prenant la « tangente » ; la réponse
aurait dû être plus concrète ; la réponse
aurait dû être qu'il l'aurait défendue
comme il se doit. Je ne suis pas en train de préconiser
la violence, non. Je suis en train de signaler jusqu'où
peut être préjudiciable le vice, par exemple,
de la tolérance poussée à son extrême,
de la tolérance convertie en vice, parce qu'une vertu,
aussi belle soit-elle, au delà d'une certaine limite,
se convertit en vice, en défaut.
Ainsi,
par exemple, la Kabbale nous parle des Séphirots
et de leurs vertus, mais elle nous parle aussi des «
Kliphos » qui ne sont pas autre chose que les Séphirots
inversés, les antithèses des vertus qui personnifient
les Séphirots, l'envers de la médaille, etc.
Ainsi
donc, mes chers frères, ce qu'il nous faut, c'est
de la compréhension, nous sortir de tant de codes
modernes d'éthique et agir de façon différente.
Il
existe, par exemple, au Tibet, un livre spécial d'action
des Initiés (nous le qualifierons « d'éthique
», bien que là-bas, on ne connaisse pas ce
mot. Ce n'est pas un code d'éthique, mais il est
certain que cela va au delà du bien et du mal. N'oubliez
pas que dans tout ce qui est bon il y a quelque chose de
mauvais et que dans tout ce qui est mauvais il y a quelque
chose de bon ; n'oubliez pas que dans l'encens de la prière
se cache aussi le délit. Le délit s'habille
en martyr, en apôtre et il va même jusqu'à
officier dans les temples les plus sacrés. De sorte
qu'il y a beaucoup de vertu chez les méchants et
beaucoup de méchanceté chez les vertueux ;
il existe le bien du mal et le mal du bien).
Au
Tibet, je le répète, il existe un livre très
spécial pour les Initiés, un livre d'action
unique. Beaucoup de façons d'agir de ces Initiés
nous surprennent ; elles ne correspondent pas (tout à
fait) avec la façon d'être que nous avons ici,
dans le Monde Occidental. Ici, il y a un dicton qui dit
: « Ne faisons pas de bonnes choses qui paraissent
mauvaises, ni de mauvaises qui paraissent bonnes »
; mais les Tibétains ne se laissent pas conditionner
mentalement par un pareil dicton : ils agissent de telle
manière qu'ils surprennent nombre d'entre nous. Les
Initiés du Tibet n'agissent pas selon les codes qui
existent sur le bien et sur le mal, mais selon ce que leur
dicte leur propre Conscience, ce qui est différent.
Plus
nous nous libérerons de tant et tant de codes d'éthique,
plus nous deviendrons individuels et plus nous serons à
même de comprendre la nécessité de dissoudre
l'Ego, le « moi-même », le « soi-même
». Car le « Moi », comme je vous l'ai
dit, est un livre qui a beaucoup de tomes, un livre qu'il
nous faut étudier, parce qu'il n'est pas possible
de dissoudre l'Ego, le « moi-même » sans
l'avoir compris intégralement, totalement.
C'est
sur le terrain de la vie pratique que nous devons nous auto-découvrir.
Les erreurs que nous portons en nous, émergent précisément
dans la vie pratique et si nous nous trouvons en état
d'alerte, alors nous les découvrons tels qu'ils sont.
Un défaut découvert doit être compris
intégralement au moyen de la technique de la méditation.
Une fois compris, il doit être éliminé
avec le pouvoir serpentin annulaire qui se développe
dans le corps de l'ascète, c'est-à-dire avec
le pouvoir de Devi Kundalini.
À
mesure qu'on avancera dans la désintégration
de l'Ego, la Conscience deviendra de plus en plus forte
et, à la fin, se trouvera établi, pour ainsi
dire, à l'intérieur de soi-même, un
Centre de Gravité Permanent, un Centre d'Individualité
authentique qui nous libérera totalement des actions
et des réactions qui proviennent du monde extérieur.
Mais, il faut créer ce Centre de Gravité Permanent
à l'intérieur de soi-même et ce n'est
possible qu'en dissolvant l'Ego. En créant (je le
répète) ce Centre de Gravité, nous
obtiendrons l'Individualité. Mais pour le moment,
nous ne sommes pas des sujets individuels, nous sommes des
machines contrôlées par des « Mois »
; tout le monde joue avec nous, nous n'avons pas d'Individualité
authentique.
Quand
nous aurons dissous l'Ego, le « moi-même »,
nous découvrirons avec un étonnement mystique
qu'il y a quelque chose qui ne peut pas être dissous
et ce « quelque chose » est odieux pour les
gens de toutes les religions. Je me réfère
au Satan biblique (ce nom horrifie naturellement beaucoup
de gens. Nous connaissons bien le rôle qu'a tenu le
Diable dans l'Ancien Testament). Mais nous autres, nous
devons le comprendre. Ce Diable qui nous fait si peur est
le moins nuisible, comme a dit Goethe, dans un de ses poèmes
(ce sont les paroles qu'il prête à Dieu) :
« De tous ceux de ton espèce, rebelles soumis
à ma loi, c'est toi le moins nuisible et le moins
préjudiciable »...Que Méphistophélès
(Satan) soit le moins nuisible et le moins préjudiciable
? Cela paraît incroyable ! N'est-ce pas ? Pourtant
toute la gent religieuse pense que (précisément)
Satan est le plus nuisible et si nous nous prononçons
en faveur de Satan, ils vont nous déclarer «
satanistes », « mages noirs », «
sorciers », « envoûteurs », «
gens maudits », etc. (ainsi va l'humanité).
Cependant,
rappelez-vous que Satan est l'ombre de l'Éternel.
Il est possible de dissoudre l'Ego, de le réduire
en poussière, mais Satan, nous ne pouvons pas le
dissoudre parce qu'il est l'ombre de l'Éternel. Si
nous marchons dans une rue, nous projetons notre propre
ombre, n'est-ce pas ? (à cause de la lumière
du Soleil). Ainsi, l'Éternel projette aussi son ombre
en chacun de nous.
Souvenez-vous
que chacun de nous a une Étincelle Divine, Virginale,
Ineffable (qui est notre Logos Intime, notre Séité).
Elle projette son ombre dans notre psyché et cette
ombre est précisément Satan, Méphistophélès,
qui est Xolotl chez les Aztèques, le Lucifer de notre
Seigneur Quetzalcoatl.
Réfléchissons,
mes chers frères. Ce Satan, l'ombre de l'Éternel
en chacun de nous, doit être transformé en
Lucifer. De toute évidence, Lucifer est « le
Porteur de Lumière », « l'Étoile
brillante du Matin » et aussi « l'Étoile
brillante du Soir ». Nous devons, donc, transformer
le Diable en Lucifer. Quand nous voyons (dans les mondes
supérieurs de la Conscience Cosmique) notre propre
Diable, nous comprenons la nécessité de le
transformer. Le Diable de n'importe quel profane, l'ombre
méphistophélique (pour parler comme Goethe)
de n'importe quel individu, est noire comme le charbon ;
et il est clair qu'il en sort un feu sinistre (c'est le
Fohat diabolique). Mais, voilà ce qui est grandiose
: transformer, convertir cette ombre noire, ce Diable en
Lucifer ; c'est possible quand nous éliminons l'Ego
animal, quand nous détruisons les « éléments
inhumains » que nous portons en nous. Alors, cette
ombre de l'Éternel peut revêtir la Tunique
de Gloire et se convertir en Archange de Lumière.
N'oubliez
pas que Lucifer a pouvoir sur les Cieux, sur la Terre et
sur les Enfers. Dans les Cieux, les anges lui obéissent
; sur Terre, il fait trembler les humains et, dans les Enfers,
les démons. Lucifer est donc le Prince de la Lumière,
l'Archange de la Gloire.
Quant
à nous, je le répète, nous devons convertir
le diable en Lucifer, modifier cet aspect noir et ténébreux
de l'ombre de l'Éternel, le blanchir pour le rendre
pur et parfait ; l'embellir grâce à la dissolution
de l'Ego animal. Si nous procédons ainsi, la récompense
sera grandiose : il nous accordera l'immortalité,
il nous rendra réellement forts, parce que, aujourd'hui,
nous sommes réellement faibles, absolument faibles
; nous sommes victimes des autres, tout le monde joue avec
nous et, malheureusement, nous ne voulons pas comprendre
que les autres jouent avec nous. Nous sommes victimes des
autres et nous ne le savons pas ; nous nous croyons puissants,
alors que nous ne sommes que de misérables bouts
de bois, emportés dans la mer tumultueuse de l'existence.
Je
vous invite donc, mes chers frères, à dissoudre
l'Ego dans le but de blanchir votre propre démon,
votre Xolotl ; pour le convertir en Prince de la Lumière,
en Seigneur qui a pouvoir sur les Cieux, sur la Terre et
sur les Enfers.
Réfléchissez
donc, devenez plus individuels.
Disciple.
Maître, on a toujours vu des personnes qui veulent
rétablir la paix entre deux individus qui se disputent.
Pour un étudiant gnostique, est-il juste d'intervenir
de quelque manière que ce soit, au moyen de la prière
ou d'un rite ?
Maître.
Chacun est ce qu'il est. La discorde existera tant que chaque
personne portera (à l'intérieur d'elle-même,
dans sa psyché) les « éléments
» qui provoquent des conflits. Il est évident
que tant que la discorde existera en nous-mêmes, elle
existera également à l'extérieur de
nous. Alors, il s'avère inutile que nous essayions
d'apaiser les autres ; ils continueront à se disputer,
parce qu'ils portent en eux la discorde. Il est absurde
que nous essayions, par des pratiques occultes et magiques,
de faire cesser la dispute entre deux personnes. Ceci ne
servira à rien, car elles pourraient cesser de se
disputer sur le moment et après recommencer. La vérité
est que nous devons être nous-mêmes ; nous devons
être plus « auto-réfléchis »,
plus individuels, ne pas nous identifier avec de telles
scènes, vivre pour nous auto-découvrir. Voilà
ce qui est important.
D.
Cette attitude ne serait-elle pas, jusqu'à un certain
point, égoïste ? Parce qu'à la suite
de la discussion ces deux personnes pourraient en venir
à s'entretuer et qu'une intervention extérieure
pourrait l'éviter...
M.
Quelquefois, notre intervention peut servir, d'autres fois
non. La crue réalité des faits est que la
dispute, la discorde, existe en chacun de nous et, tant
qu'elle continuera à exister, les conflits continueront.
Personne ne nous a transformés en policiers pour
aller régler les bousculades d'autrui. Les choses
étant comme elles sont, la seule chose que nous pouvons
et que nous devons faire est de veiller sur nous-mêmes,
d'éliminer nos propres erreurs. Nous ne pouvons pas
éliminer les erreurs des autres ; chacun est ce qu'il
est, nous ne pouvons changer personne. Nous pourrions les
admonester, mais ce n'est pas suffisant pour que les autres
changent. Par exemple, je suis ici en train de vous parler,
mais je ne pourrais pas vous changer ; c'est vous qui devez
changer par vous-mêmes. Ainsi, nous ne pouvons pas
non plus jouer le rôle de policier ici, là
ou ailleurs. Chacun doit répondre de ses propres
actes.
D.
Maître, que pouvez-vous nous dire sur l'affection
? C'est quelque chose que tous les êtres humains possèdent
naturellement. Certains sont même capables de vouer
leur vie à un être cher et ils utilisent aussi
certains moyens d'expression pour manifester cette affection,
cet amour. Ces petites marques d'affection démonstratives
entre les enfants ou entre les époux, etc., ont-elles
lieu d'exister ?
M.
L'amour est grandiose, mais il y a un dicton espagnol qui
dit : « Ce sont les actes qui fondent l'amour et non
les bonnes intentions ». J'ai connu des foyers très
affectueux qui se sont décomposés du jour
au lendemain. Il y a peu de temps, j'en ai connu un, apparemment
très heureux. Dans ce foyer, tous les enfants étaient
affectueux avec leurs parents, mais ce foyer n'existe plus
: l'homme et la femme ont divorcé, et les enfants
vont les uns d'un côté et les autres de l'autre
(et ils étaient très affectueux !).
En
général, les marques d'affection dégénèrent
en luxure, elles ne servent à rien. N'oubliez pas
que le coeur est aussi un centre érotique. Le mieux,
c'est l'amour, et l'amour n'accepte pas les marques d'affection.
L'amour est pur, merveilleux, beau et désintéressé
; l'amour se démontre dans les faits.
À
quoi cela sert-il qu'un homme répète à
sa femme : « je t'aime », « je t'adore
», s'il ne lui donne rien, pas même pour le
quotidien ? À quoi servent tant de baisers, tant
d'étreintes et de choses de ce style, si l'homme
ne se préoccupe pas de savoir si sa femme a de quoi
s'acheter une paire de bas ou a de quoi se vêtir ?
C'est ça l'amour? Au lieu de tant de baisers, de
tant de caresses, d'étreintes, etc., il vaut mieux
qu'il lui donne des vêtements, qu'il lui paie ses
factures, c'est-à-dire qu'il lui assure son quotidien,
qu'il accomplisse ses devoirs, qu'il ne la traite pas mal,
qu'il ne la frappe pas, qu'il ne lui tire pas les cheveux,
qu'il ne lui fasse pas de mal... « Ce sont les faits
qui comptent et non les bonnes intentions »... Indubitablement,
« il est aussi mauvais d'être rigide que d'avoir
l'échine en caoutchouc ».
Il
est bon que l'homme soit naturel avec sa femme et que la
femme soit naturelle avec son mari ; mais tous ces foyers
où existent tant et tant de baisers et d'étreintes
et de choses de ce genre (en un mot, tant de marques d'affection)
finissent mal et ceci nous l'avons constaté dans
la pratique.
J'ai
vu des foyers où tout était pure affection
et qui, aujourd'hui, n'existent plus et j'ai vu des foyers
où l'homme n'est pas ainsi. Il n'a pas « une
échine en caoutchouc » mais il n'a pas non
plus le coeur dur ; il n'est pas affectueux, mais il sait
accomplir ses devoirs ; son amour, il le démontre
dans les faits, avec simplicité et tact. Ces foyers
vont très loin, ils ne meurent jamais ; seule la
mort les détruit, ce qui est très naturel.
Surveillons
nos propres actes. D'où naissent les affections et
que sont les marques d'affection ? Les marques d'affection
ont pour base la luxure, ce sont des vices. Le coeur est
aussi un centre érotique qui conduit inévitablement
à l'abus sexuel ; tous ces sentimentalismes d'hommes
et de femmes dégénèrent en fornication,
en luxure, en morbidité. De sorte que les marques
d'affection sont le résultat, le produit de la luxure.
L'amour est plus beau, plus pur, c'est comme un nouveau-né,
il ne cherche rien pour lui mais tout pour l'être
aimé ; il n'inclut pas l'affection, mais il sait
accomplir son devoir. Il se démontre par des faits
et pas simplement avec les vaines paroles insipides d'un
bavardage ambigu.
Celui
qui promet à la pauvre dame de ses rêves toutes
les richesses du monde alors qu'il n'en a pas, qui lui promet
de mettre le ciel à ses pieds, s'avère, en
général, totalement fourbe ; par contre, ces
hommes qui ne promettent pas beaucoup de choses aux femmes,
mais qui les accomplissent, qui veillent sur elles, qui
ne les abandonnent pas, s'avèrent évidemment,
admirables.
La
même chose se produit par rapport à la femme.
Celles qui sont très câlines, très cajoleuses,
et enfin, qui donnent beaucoup de marques d'affection font
presque toujours porter de belles cornes à leur mari.
Les femmes qui ne sont pas câlines, qui accomplissent
leurs devoirs, qui font quotidiennement toutes leurs tâches
ménagères avec beaucoup de diligence, qui
veillent sur leurs enfants, qui prennent soin de leur mari,
sont indubitablement de magnifiques épouses, fidèles
et sincères, incapables de trahir ; mais celles qui
sont très cajoleuses, sentimentales, prodigues en
marques d'affection finissent par faire porter une belle
paire de cornes au pauvre homme.
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