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18. Les Facettes Occultes de notre Psychologie Lunaire (Le
côté caché de la Lune Psychologique)
Samaël Aun Weor
Conférence intitulée "LAS OCULTAS FACETAS
DE NUESTRA PSICOLOGÍA LUNAR (El lado oculto de la
Luna psicológica)"
Il faut comprendre qu'il y a, disons, en nous-mêmes,
une partie occulte de notre propre égo qu'on ne voit
jamais à première vue. De même que la
Lune a deux aspects publics : un qui se voit à première
vue et un autre qui est caché, il y a aussi en nous
un côté occulte que nous ne voyons jamais.
Avant
tout, je veux que vous compreniez que de même qu'il
y a une Lune physique qui nous éclaire, il existe
également une LUNE PSYCHOLOGIQUE. Cette Lune Psychologique,
nous la portons au tréfonds de nous-mêmes :
c'est l'Ego, le Moi, le moi-même, le soi-même.
Le
côté visible, tout le monde le voit avec un
petit peu d'observation, mais il y a un côté
invisible de notre Lune Psychologique qui ne se voit pas
à première vue. La Conscience, malheureusement,
n'éclaire pas cette partie occulte de notre propre
Lune Intérieure.
En
réalité, nous vivons dans une petite zone
de notre Conscience ; nous nous sommes forgés une
image de nous-mêmes, mais une image n'est pas la totalité.
Quand
nous réussissons à faire pénétrer
la Conscience, tel un rayon de lumière, dans ce côté
invisible qui ne se voit pas, dans ce côté
occulte de nous-mêmes (puisque nous ignorons beaucoup
de choses sur nous-mêmes), alors l'image que nous
nous étions forgés se désintègre
; elle est réduite en poussière cosmique.
Il
est lamentable que nous vivions seulement dans une petite
fraction de nous-mêmes ; nous ignorons énormément
de choses sur nous-mêmes.
Le
côté occulte, qui nous est inconnu, est généralement
très profond, mais nous devons nous connaître
et nous ne pourrons nous connaître qu'en projetant
la lumière de la Conscience sur ce côté
occulte.
Et
il est important ce côté occulte parce que
c'est précisément sur ce côté
que se trouvent toutes les causes de nos erreurs, les innombrables
réactions mécaniques, les antipathies mécaniques,
nos mesquineries, etc.
Il
est évident que tant que nous n'aurons pas éclairé
cette face cachée avec les rayons de la Conscience,
nous aurons de très mauvaises relations, non seulement
avec nous-mêmes, mais aussi avec les autres.
Lorsque
quelqu'un éclaire ce côté occulte de
sa Lune Psychologique avec les rayons de la Conscience,
il connaît ses erreurs et il sait alors voir les autres
; mais quand il n'éclaire pas ce côté
caché de lui-même avec sa Conscience, il commet
l'erreur de le projeter sur les gens qui l'entourent et
c'est extrêmement grave...
Nous
projetons sur les gens tous nos défauts psychologiques
et, si nous sommes mesquins, nous les verrons tous mesquins
; si nous sommes remplis de haine, nous les verrons tous
de cette manière ; si nous sommes envieux, nous croirons
que les autres sont également envieux ; et si nous
sommes violents, nous ne saurons pas comprendre la violence
d'autrui, nous croirons que nous sommes les seuls à
avoir raison et pas les autres.
Quand
nous sentons de l'antipathie envers quelqu'un, il est évident
que c'est là, précisément, qu'est le
« hic » de la question, c'est précisément
le défaut que nous portons intérieurement
et que nous projetons sur cette personne.
Pourquoi
telle ou telle personne suscite-t-elle en nous de l'antipathie
? Pourquoi voyons-nous en elle tel ou tel défaut
qui nous dérange tellement ? Bien que cela paraisse
incroyable et bien que nous ne l'admettions pas, bien que
nous le rejetions, la vérité, c'est que nous
avons ce défaut en nous et que nous sommes en train
de le projeter sur notre prochain.
Lorsqu'on
le comprend, alors, on se propose de dissoudre l'élément
qui a été découvert ; donc si nous
voyons que notre prochain a tel ou tel défaut, il
est certain que le défaut en question se trouve dans
le côté occulte, invisible, le côté
occulte de nous-mêmes.
Par
conséquent, il est tout à fait regrettable
que nous ayons des relations aussi mauvaises avec les gens.
Malheureusement, étant donné que nous avons
de mauvaises relations avec nous-mêmes, alors il ne
peut en être autrement avec les autres. Si nous savons
nous mettre en relation avec nous-mêmes, nous saurons
aussi nous mettre en relation avec les autres, c'est évident.
À
mesure qu'on progresse, on se rend compte à quel
point on marche mal sur le chemin de la vie.
Nous
protestons parce que les autres ne sont pas soigneux et
que nous autres, nous le sommes ; nous croyons que les autres
vont mal parce qu'ils ne sont pas soigneux et que nous autres,
nous croyons que nous sommes soigneux et nous sommes irrités
contre quelqu'un qui ne l'est pas.
Si
on s'observe en détails, on verra que cette négligence,
ce défaut que l'on voit chez les autres, on l'a encore
plus en soi-même, dans le côté inconnu
de soi-même.
Si
on se croit très soigneux, il peut arriver (et c'est
vrai, ça arrive) qu'on ne soit pas aussi soigneux
qu'on le croit, car il y a du désordre à l'intérieur
de soi-même et on l'ignore, on ne l'accepte pas et
on croit ne pas l'avoir, on ne le comprend pas...
Cela
vaut la peine de connaître ce côté inconnu
de soi-même. Lorsqu'on projette vraiment la Lumière
de la Conscience sur ce côté inconnu de soi-même,
on change radicalement. Lorsqu'on découvre qu'on
est violent, par exemple, on apprend alors à tolérer
la violence chez les autres. On se dit : « Moi, je
suis violent ; alors pourquoi critiquer celui qui est violent
si je le suis ? ». Quand on comprend réellement
qu'on est injuste à l'intérieur de soi-même,
qu'on porte en soi l'injustice, on apprend à tolérer
l'injustice des autres.
La
Gnose nous dit que « nous devons apprendre à
recevoir de bonne grâce les manifestations désagréables
de nos semblables » ; mais, en vérité,
nous ne pourrons pas parvenir à recevoir de bonne
grâce les manifestations désagréables
de nos semblables si nous n'acceptons pas nos propres manifestations
désagréables, si nous ne les connaissons pas
; et, pour les connaître, nous devons projeter un
rayon de Lumière sur ce côté obscur
de nous-mêmes.
Évidemment,
c'est dans ce côté que l'on ne voit pas que
se trouvent vraiment les manifestations désagréables
que nous portons en nous et que nous projetons sur les autres.
Ainsi, lorsqu'on connaît ses propres manifestations
désagréables, on apprend alors à tolérer
les manifestations désagréables de son prochain.
Évidemment,
pour pouvoir cristalliser en soi-même le CHRIST COSMIQUE,
il faut inévitablement apprendre à recevoir
de bonne grâce les manifestations désagréables
des autres ; c'est ainsi que va se cristalliser peu à
peu, à l'intérieur de nous-mêmes, le
SEIGNEUR DE PERFECTION. Nous devons donc comprendre que
le Seigneur de Perfection ne se cristallise en nous qu'à
travers la Sainte Négation...
Il
y a en nous trois forces très importantes : la première
est la SAINTE AFFIRMATION ; la deuxième, la SAINTE
NÉGATION ; la troisième, la SAINTE CONCILIATION.
Pour
cristalliser, par exemple, la Sainte Conciliation, la TROISIÈME
FORCE, l'Esprit Saint, la Force Neutre, il faut «
transmuter l'Énergie Créatrice » et,
à la fin, cette force merveilleuse va se cristalliser
en Corps Existentiels Supérieurs de l'Être.
Pour
cristalliser en soi-même la DEUXIÈME FORCE,
celle du Seigneur de Perfection, celle du Béni, de
notre Seigneur le Christ, il nous faut inévitablement
« apprendre à recevoir de bonne grâce
les manifestations désagréables de nos semblables
».
Et
pour cristalliser en soi-même la PREMIÈRE FORCE,
celle du Père, la Sainte Affirmation, il faut savoir
« obéir au Père, sur la Terre comme
aux Cieux ».
Le
SOLEIL SACRÉ ABSOLU, dont émane toute vie,
veut cristalliser en chacun de nous ces TROIS FORCES PRIMAIRES
de la Nature et du Cosmos : la Sainte Affirmation, la Sainte
Négation et la Sainte Conciliation...
Arrêtons-nous
de nouveau sur la question de la Sainte Négation,
c'est-à-dire du Christ. Nous devons NOUS NIER NOUS-MÊMES,
je le répète : « apprendre à
recevoir de bonne grâce les manifestations désagréables
de nos semblables ». Mais, comment pourrions-nous
recevoir de bonne grâce les manifestations désagréables
de notre prochain si auparavant nous ne connaissons pas
nos propres manifestations désagréables.
Si,
par exemple, nous avons de la colère et que nous
savons que nous l'avons, si nous avons pris conscience que
nous sommes coléreux, furieux, querelleurs, irascibles
alors, il est certain qu'étant bien conscients de
tout cela nous apprendrons à excuser ces mêmes
erreurs chez les autres et, par conséquent, nous
aurons de meilleures relations avec notre prochain...
Si
nous sommes remplis d'envie et que nous reconnaissons que
nous l'avons, que nous la portons dans le côté
occulte de notre Lune Psychologique, nous apprendrons à
pardonner les manifestations désagréables
de l'envie, telles qu'elles existent chez d'autres personnes...
Si
nous sommes remplis d'orgueil et si nous savons que nous
l'avons, si nous savons que nous sommes orgueilleux, que
nous sommes prétentieux et reconnaissons que nous
le sommes, alors nous apprendrons à regarder les
orgueilleux avec plus de compréhension. Nous n'oserons
plus les critiquer car nous saurons que nous portons en
nous ces mêmes défauts...
Si
un homme se sent honnête, s'il se sent incapable de
mentir et qu'il arrive soudain qu'on l'offense en le traitant
de menteur, il est évident que s'il a accepté
que dans le côté occulte de sa Lune Psychologique,
dans ce côté qui ne se voit pas, dans le côté
occulte de lui-même, existe encore le mensonge de
façon inconsciente, il ne se sentira pas offensé
lorsqu'on le traitera de menteur ; il saura être tolérant
envers son prochain.
Beaucoup
de gens pourraient se croire très « libéraux
» dans leur façon d'être et très
« justes » ; mais si quelqu'un leur dit soudain
qu'ils ne le sont pas, qu'ils ne sont pas aussi libéraux,
ni aussi justes, ils pourront s'en offenser parce qu'eux
se sentent justes et libéraux.
Mais
si, auparavant, ils ont appris à projeter leur Conscience
sur le côté caché d'eux-mêmes,
sur ce côté occulte que l'on ne voit jamais,
ils en viendront à reconnaître par eux-mêmes,
directement, qu'ils ne sont pas aussi justes, ni aussi libéraux
qu'ils le pensaient ; qu'au fond d'eux il y a de l'injustice,
de l'intolérance, etc. Lorsque quelqu'un tente de
les blesser dans ce sens, ils ne se sentent pas blessés,
car ils savent qu'on leur dit la Vérité.
C'est
pourquoi il s'avère très important de regarder
ce côté caché de soi-même, ce
côté que l'on ne voit pas, ce côté
où se trouve la critique, la censure. Il y a en nous
quelque chose qui censure, quelque chose qui critique. Dans
la partie occulte de nous-mêmes se trouve la censure,
se trouve la critique.
Pourquoi
censurons-nous les autres, pourquoi les critiquons-nous
? Pourquoi sommes-nous en train de critiquer chez les autres
tel ou tel défaut ?... Soyons sincères, regardons
à l'intérieur de nous, auto-explorons nous,
éclairons cette partie occulte de notre propre psyché,
cette partie que l'on ne voit pas et nous verrons que les
défauts que nous critiquons chez les autres, nous
les avons très profondément en nous-mêmes.
Alors, sachant cela, arrêtons de critiquer.
Le
blâme, la critique, c'est dû précisément
au manque de compréhension. Que censurons-nous chez
les autres, que critiquons-nous chez les autres, chez eux
? Nos propres défauts, voilà ce que nous critiquons
chez les autres, étant donné que nous les
projetons...
Il
est triste de savoir que nous projetons nos défauts
psychologiques sur les autres ; il est triste de savoir
que nous les voyons tels que nous sommes, que nous voyons
le prochain comme nous sommes ; c'est quelque chose qu'il
faut comprendre parce que nous avons tous tendance à
nous croire parfaits. Il ne nous est jamais arrivé
de regarder cette partie de la « Lune », de
notre Lune Psychologique, cette partie que l'on ne voit
pas, que l'on ne voit jamais !
L'heure
est donc venue de nous auto-explorer sérieusement
pour nous connaître vraiment. En vérité,
lorsqu'on éclaire alors cette partie cachée
de soi-même, le côté invisible qu'on
a en soi-même on découvre avec horreur des
facteurs psychologiques qu'on n'accepte absolument pas d'avoir,
des facteurs qu'on rejette immédiatement, des facteurs
qu'on ne croit pas avoir...
Si,
par exemple, on traite un honnête homme de voleur,
c'est une offense. Pourquoi cet honnête homme s'offenserait-il
si on le traite de voleur ? L'Égo a immédiatement
tendance à dire : « Pourquoi a-t-on dit du
mal de moi ? »...
De
plus, l'offensé pourrait avoir recours à la
violence pour essayer de se justifier. Le fait même
qu'un honnête homme se sente offensé lorsqu'on
le traite de voleur démontre qu'il n'est pas honnête.
Voilà le hic de la question. Parce que s'il était
vraiment honnête, il ne se sentirait pas offensé
d'être traité de voleur. S'il se sent offensé,
c'est qu'il n'est pas honnête...
Si
cet homme, par exemple, éclairait avec la propre
lumière de sa Conscience cette partie de lui-même
qui ne se voit pas, cette partie occulte de sa Lune Psychologique,
il découvrirait avec horreur ce qu'il n'avait pas
voulu accepter : il découvrirait des Mois du vol,
des voleurs (Quelle horreur ! Impossible, mais c'est ainsi
!).
Il
y a en nous des facteurs que nous ne soupçonnons
pas le moins du monde, que nous rejetons, que nous n'acceptons
absolument pas, qui nous font horreur et, cependant, au
fond, nous les avons ; c'est horrible, mais c'est ainsi
!
Moi-même,
lorsque je travaillais à la dissolution du Moi dans
le Monde des Causes Naturelles, je fus surpris ; je n'aurais
jamais pensé avoir dans mon intérieur des
Mois du vol et j'ai rencontré toute une Légion
de Mois Voleurs. Impossible ! Moi, je n'ai jamais rien volé
à personne, pas même un centime. Comment est-ce
possible qu'apparaissent là, à l'intérieur
de moi, des Mois du vol ? Mais impossible ou non, même
si je les rejetais, ils étaient bel et bien là
; que ça me plaise ou non, ils étaient là...
Et
je vous certifie que dans le domaine de la vie pratique
quelqu'un pourrait laisser ici, dans ce lieu un trésor
en pièces d'or pur, je ne prendrais pas une seule
pièce de monnaie, malgré le proverbe qui dit
que : « devant un coffre ouvert, même le plus
juste pèche »... Mais, de ce côté-là,
je suis sûr de ne pas faillir, car même si on
laissait de l'or en poudre, je n'en prendrais pas un milligramme.
Cependant, quelle ne fut pas ma douleur lorsque je découvris
que là, tout au fond de moi, il y avait des Mois
du vol.
Lorsque
je les observais avec le sens de l'AUTO-OBSERVATION PSYCHOLOGIQUE,
je les voyais s'enfuir (comme le voleur qui dérobe
et s'enfuit, effrayé... horribles visages du vol
!). Je fus horrifié par moi-même, mais je n'éprouve
aucun inconvénient à le confesser parce que
si je ne le confessais pas, ce serait le signe que ces Mois
sont encore vivants, là, en moi, car l'hypocrite
a tendance à cacher ses propres défauts...
Donc,
je ne vois aucun inconvénient à le confesser
(que j'avais cette sorte de Mois). Même si je menais
une vie honnête, je les avais ; même si je payais
mes dettes à autrui, je les avais. Que me restait-il
à faire ? Les désintégrer, les réduire
en poussière cosmique, car ils me faisaient horreur...
Oui,
mes frères, à l'intérieur de nous,
dans ce côté occulte de nous-mêmes que
l'on ne voit pas, nous avons des monstruosités inénarrables,
indescriptibles...
Celui
qui se lave les mains en disant : « Je suis un homme
bon, je n'ai jamais volé, ne serait-ce que cinq centimes
à qui que ce soit ; j'ai fait beaucoup d'oeuvres
de charité ; je suis un bon père de famille,
un bon époux, un bon fils ; je n'ai pas tué
; je n'ai pas volé ; je n'ai pas pris la femme du
prochain, alors je suis un Saint »... Ceux qui parlent
ainsi sont des candidats assurés pour l'ABÎME
et la SECONDE MORT ; ce sont des cas perdus...
Aucun
de nous ne doit se croire un Saint, car dans le côté
caché de nous-mêmes, dans ce côté
que l'on ne voit pas, nous portons des monstruosités
inénarrables, horrifiantes, que nous sommes très
loin de soupçonner.
Malheureusement,
les gens (comme je vous l'ai dit) ne vivent que dans une
petite partie d'eux-mêmes. Ils ne voient pas la totalité
du tableau, mais un petit coin seulement et chacun s'est
forgé de soi-même une image : l'image de l'honnête
homme, l'image de la femme vertueuse (elle se croit vertueuse
bien qu'elle ne le soit pas), l'image du chevalier servant,
etc. et notre existence est conditionnée par cette
image et, à partir de là, nous agissons et
réagissons incessamment. Toutes nos mesquineries,
nos critiques et nos censures sont là, mais nous
nous croyons parfaits...
Cela
vaut vraiment la peine de réfléchir à
toutes ces choses... Voir le côté occulte de
soi-même, avoir le courage de le voir. Tout le monde
en soupçonne l'existence, mais personne n'ose vraiment
regarder en face ce côté occulte de soi-même,
où se trouvent, précisément, les facteurs
qui produisent de la discorde dans le monde, où sont
la censure et la critique, où est la violence, où
est l'envie, etc.
L'ENVIE,
par exemple, est devenue, pour ainsi dire, le ressort mécanique
de cette civilisation, le facteur de base de l'action. Comme
c'est lamentable...
Si
quelqu'un a une petite voiture et voit soudain passer quelqu'un
d'autre avec une voiture plus belle, une automobile flambant
neuve, il se dit : « J'ai envie d'améliorer
un peu mon sort, je vais voir comment me procurer une meilleure
voiture »...
Mais,
il ne lui vient pas à l'idée de savoir pourquoi
ça lui est arrivé, pourquoi il désire
une meilleure voiture ; bien souvent, celle qu'il possède
fait l'affaire, alors pourquoi en désire-t-il une
meilleure ? Simplement, par envie. Et cette envie est là,
dans le côté caché que l'on ne voit
pas, dans le côté occulte de notre propre Lune
Psychologique ; elle est là.
Il
est évident que l'ENVIE est devenue (je le répète)
LE RESSORT SECRET DE L'ACTION et c'est réellement
lamentable.
À
mesure que nous allons progresser dans l'Auto-exploration
Psychologique, nous nous rendrons de plus en plus conscients
de nous-mêmes, et c'est ce qu'il y a de mieux...
L'heure
est venue de comprendre que les erreurs que nous voyons
chez les autres, nous les avons en nous. L'heure est venue
de comprendre que tant que nous ne connaîtrons pas
ce côté caché de nous-mêmes, nous
aurons de mauvaises relations avec notre prochain.
Il
est nécessaire d'apprendre à avoir une meilleure
relation avec soi-même afin d'avoir une meilleure
relation avec les autres. Comment pourrions-nous avoir de
bonnes relations avec notre prochain, si nous n'en avons
même pas de bonnes avec nous-mêmes ?
Je
répète : nous ne devons pas penser seulement
à cette Lune physique, mais à la Lune Psychologique
que nous portons intérieurement et qui est la plus
monstrueuse. Il y a en nous des Mois d'une monstruosité
terrible ; ils se trouvent dans ce côté occulte
que nous ne voyons pas.
Toutes
les visions que Dante a décrites dans sa «
Divine Comédie », avec des griffes et des ailes
horribles, des dents, des pieds fourchus, des monstruosités
de toutes sortes, tout cela existe dans le côté
caché de nous-mêmes, dans ce côté
que nous ne voyons pas...
Mais
dans le travail sur soi-même, il y a des étapes
très difficiles : ce qui arrive, c'est que lorsque
nous travaillons sur nous-mêmes, il est évident
que nous changeons et ce changement est mal interprété
par nos semblables, car ceux-ci ne veulent pas changer ;
ils vivent embouteillés dans le temps ; ils sont
le résultat de nombreux « hier » et si
nous changeons, ils crient, protestent et nous jugent de
manière erronée. L'étudiant gnostique
doit savoir tout cela...
Dans
le monde, de nombreux CODES DE MORALE ont été
écrits. Mais qu'est-ce que la morale ? Servirait-elle,
par hasard, à la dissolution du Moi ? Pourrait-elle
éclairer ce côté caché de soi-même,
ce côté que l'on ne voit pas ? Pourrait-elle
nous conduire à la Sanctification, oui ou non ? Non,
absolument pas. La morale est fille des coutumes, de l'endroit
et de l'époque. Ce qui est moral à un endroit
est immoral dans un autre ; ce qui fut moral à une
époque cesse de l'être à une autre époque.
Par conséquent, qu'en est-il de tout cela ? Sur quoi
repose la morale ?
Dans
l'ancienne Chine, tuer son père était juste
lorsqu'il était devenu trop vieux et incapable de
se suffire à lui-même. Ici, que dirions-nous
d'un homme qui tuerait son père ? Ce serait un parricide,
n'est-ce-pas ?
Par
conséquent, (je le répète) la morale
est esclave du lieu, des coutumes et de l'époque
; alors à quoi servent les codes de morale qui ont
été écrits dans le monde ? À
quoi servent des codes aussi brillants ? Pourraient-ils
dissoudre le Moi ? Pourraient-ils éclairer la face
cachée de notre Lune Psychologique ? Pas du tout,
ils ne servent à rien !
Sur
ce chemin de cette dissolution du Moi, à première
vue, nous pourrions paraître immoraux. Alors, quelle
sorte de morale nous faut-il suivre ? Laquelle, si les codes
ne servent à rien ? Alors que faire ?
Il
y a un type d'ÉTHIQUE que vous ne connaissez pas
(certains le connaissent dans les Himalayas). Je me réfère
à ce type de CONDUITE DROITE de la Nature, de cette
éthique que les Tibétains ont condensée
un jour dans « LES PARAMITAS » (il est dommage
que les Paramitas n'aient pas été traduits
dans une langue occidentale ; je les ai cherchés
mais je ne les ai pas trouvés). C'est le type d'Éthique
Réelle ; mais qui comprend cela ? Quelquefois vous
le comprenez et quelquefois non...
Si
vous changez, il se peut que les gens se retournent contre
vous. Si l'un de vous change, il peut se produire que tous
les frères qui sont ici disent alors du mal de lui,
le traitent d'immoral, de mauvais : « Voyez ce qu'il
a fait ou ce qu'il est en train de faire », etc. C'est-à-dire
que survient la censure.
C'est
que les gens veulent que l'Initié reste embouteillé
dans le passé. Il ne veulent en aucune manière
que l'Initié s'ouvre à ce qui est nouveau,
qu'il change. Lorsque l'Initié change, son changement
est interprété, jugé de façon
erronée.
C'est
pourquoi l'EGO EST LE TEMPS et l'Ego d'autrui ne peut tolérer
que quelqu'un sorte du Temps ; il ne peut absolument pas
le lui pardonner...
Personnellement,
on m'a chassé hors de ma propre maison paternelle,
lorsque j'ai décidé de changer ; on me tourmentait
beaucoup : la règle des professeurs s'abattait sans
cesse sur moi, on me tirait les oreilles, on me criblait
de coups sur la tête parce que je ne maîtrisais
pas ces matières qui, pour eux, étaient vraiment
fondamentales, ces choses qui relèvent des égos,
mais qui pour eux sont basiques et qu'ils s'enorgueillissent
de posséder en eux...
Ils
m'ont chassé... Ils m'ont chassé de ma propre
maison paternelle ; ils m'ont chassé de l'école,
ils m'ont chassé de partout. Conclusion : j'étais
une calamité, simplement parce que j'étais
en train de changer, parce que je ne voulais pas continuer
à être enfermé dans le Temps ; alors
on me qualifia de toutes sortes d'atrocités : on
me condamna comme « hérétique »,
« mauvais » et on alla jusqu'à me persécuter
pour me condamner à mort ; j'étais «
l'ennemi numéro un de la religion orthodoxe ! »...
Conclusion : je me retrouvai, comme dit le dicton «
à contre-courant » ; on ne pouvait me pardonner
de sortir de « l'ornière » et on ne me
le pardonna pas.
Ici
même, nous sommes tous réunis ; si l'un de
vous change, vous pouvez être sûrs que tous
les autres le critiqueront (et nous sommes ici dans un Lumitial.
Nous voulons que tout marche... Nous voulons que même
le Maître marche selon certaines normes préétablies
dans le temps).
Et
je vous assure que vous ne verriez pas d'un bon oeil que
je sorte de ces normes. Vous avez vos normes et si je sortais
de ces normes, alors que feriez-vous ? Vous ne verriez pas
ça d'un bon oeil ; vous diriez probablement : «
Comme le Maître est bizarre ; regardez donc ce qu'il
est en train de faire, et c'est un Maître... Impossible,
ce n'est pas un maître ! ».
Pour
quel motif ; pourquoi suis-je sorti de l'ornière
? Parce que je n'ai pas voulu continuer à être
enfermé dans leurs normes, parce que je n'ai pas
voulu continuer à être embouteillé dans
le Temps, parce que je n'ai pas voulu continuer à
être enfermé dans leurs codes de morale ; car
même si cela vous semble incroyable, chacun de vous
suit un code de morale déterminé : certains
d'entre vous suivent les Dix Commandements qui sont stipulés
et ils n'en sortiraient pas, même à coups de
canon ; d'autres parmi vous suivent des normes plus ou moins
préétablies par leurs familles au fil du temps
; d'autres suivent des règles de conduite déterminées
qu'ils ont alors apprises dans différentes Écoles
de type Pseudo-Ésotérique ou Pseudo-Occultiste
ou qu'ils ont reçues de leurs précepteurs
religieux...
Lorsque
quelqu'un se démarque, lorsque quelqu'un ne se comporte
pas selon les normes que vous avez, qui sont établies
dans vos mentals, cette personne est pour vous indigne,
infâme, mauvaise. Vous voyez comme il est difficile
de parvenir à l'AUTO-RÉALISATION INTIME DE
L'ÊTRE !
À
mesure que l'on s'auto-observe psychologiquement, on se
met précisément à éliminer cette
face cachée, que l'on ne voit pas. On se rend compte
peu à peu qu'il y a en soi des facteurs que l'on
ignorait, des crimes que l'on ne soupçonnait pas
le moins du monde.
Au
fur et à mesure que nous dissolvons ces facteurs,
cela engendre des changements psychologiques qui se reflètent,
évidemment, sur nos semblables. Ces changements sont
mal interprétés par notre prochain. Notre
prochain ne peut absolument pas accepter que quelqu'un ne
se comporte pas selon les normes établies, selon
les codes écrits, selon les principes admis...
Ce
qui arrive, c'est que, dans le travail, nous devons bien
des fois devenir « immoraux ». Quand nous disons
« immoraux », il faut savoir comprendre cela
(le mettre entre guillemets et le souligner) ; je m'y réfère
et je n'utilise pas ce terme dans le sens où vous
l'entendez, de façon négative ; je veux seulement
expliquer que j'utilise ce terme dans un sens édifiant
ou dignifiant, dans un sens positif, constructif, dans le
sens où il faut éviter les codes périmés
d'une certaine morale sans fondement solide.
(Je
dois rappeler à l'ordre Aladin parce qu'il est arrivé
à la fin du cours et que ce n'est pas correct. Tu
as fait beaucoup de bruit. Il faut toujours être ponctuel,
arriver à l'heure où nous commençons
; nous commençons à vingt et une heures, à
cette heure-là)...
Bien,
mes chers frères, nous en arrivons donc à
la conclusion que la VOIE est généralement
difficile. Sur ce chemin étroit, resserré,
il y a, de part et d'autre, d'épouvantables précipices,
de merveilleuses montées, d'horribles descentes...
Du
Chemin sortent généralement beaucoup de «
petits chemins » : certains nous conduisent à
la domination d'une zone précise de l'Univers, c'est-à-dire
nous convertissent, en fait, en une Déité
ou en un Cosmocréateur (pour parler, cette fois,
comme les hindous) ; d'autres nous conduisent vers certains
Paradis qui nous ramènent aux souffrances de la Terre,
mais d'autres nous conduisent à l'Abîme et
à la Seconde Mort. Il y a des sentiers qui s'échappent
du Chemin Central sous de merveilleuses apparences de Sainteté,
mais qui conduisent à l'Abîme et à la
Seconde Mort ; il est difficile de ne pas se perdre. Ce
qui est normal, c'est de se perdre. Bien souvent, parce
que l'on est attaché à un code de morale établi,
on s'égare et on tombe dans l'abîme de perdition...
Alors,
comment faire ? S'AUTO-OBSERVER PSYCHOLOGIQUEMENT DE MANIÈRE
INCESSANTE et au lieu de censurer les autres, se censurer
soi-même ; et au lieu d'être violent avec les
autres, S'AUTO-EXPLORER pour connaître sa propre violence,
la violence intime que l'on a en soi, même si on la
rejette, même si on pense ne pas l'avoir.
Si
les gens vivaient de façon plus consciente, tout
serait différent ; malheureusement (comme je l'ai
tant répété ce soir), nous avons forgé
beaucoup d'images de nous-mêmes, car nous ne vivons
que dans une petite partie de nous-mêmes ; lorsque
nous projetons notre Conscience sur cette partie que l'on
ne voit pas, ces images cessent d'être alimentées
et elles sont réduites en poussière cosmique...
Il
nous incombe de changer, nous devons changer !... Que d'images
déformées de nous-mêmes nous avons forgées
et comme elles sont mesquines ! Comme ces images sont éloignées
de ce que nous sommes réellement, malheureusement
!... (Je suis en train de penser à haute voix et
vous faites partie de mes propres réflexions)...
Comme nous sommes mesquins ! Et pourtant nous ne soupçonnons
pas le moins du monde que nous le sommes et que dans le
côté caché de nous-mêmes nous
portons la mesquinerie.
Quelquefois
nous pensons : « Si ce groupe ou ces groupes ésotériques
fonctionnaient mieux, nous serions plus heureux... »
(Parce que nous réclamons un monde idéal pour
travailler) ; nous croyons que nous irions mieux si nous
allions dans la montagne ou si nous allions dans les vallées
les plus profondes. Mais à quoi nous servirait-il
de nous enfermer dans une grotte si, à l'intérieur
de nous, nous avons tous les facteurs qui engendrent l'envie,
la haine, la luxure, etc.
Ceux
qui sont ici présents ne sont pas de douces brebis
(ou « nous n'en sommes pas », disait Tio Lucas)
parce qu'il n'y en a qu'un qui soit parfait et c'est le
Père. Nous, nous ne sommes pas parfaits, c'est évident.
Je
vois beaucoup de frères réunis ici (bon, j'exagère
en disant « beaucoup », un petit groupe de frères
réunis). Êtes-vous sûrs, vous tous ici
présents, de constituer précisément
un noyau de fraternité, d'amour et de beauté
? Personne ici n'a-t-il jamais critiqué quelqu'un
? Et lorsque vous êtes en pleine réunion, vous
êtes-vous toujours traités avec un amour jamais
vu ? Ne vous êtes-vous jamais disputés entre
vous ? Comment chacun de vous voit-il les autres ? Je crois
que vous ne vous voyez pas très bien...
Actuellement,
vous êtes tous réunis ici comme des petits
saints. Oui, c'est ainsi. Mais, au fond de vous, vous savez
qu'il y a de l'envie, des disputes, de la haine, des critiques
malsaines, etc. Vous le savez bien. Cependant, chacun voit
les erreurs chez les autres, mais ne les voit pas en lui-même.
Personne ne pense que l'erreur qu'il voit chez les autres,
il la porte par conséquent en lui-même ; cela,
il ne le pense pas. Il y a peu de frères qui savent
réfléchir à ces choses ; il y en a
peu qui savent...
Pourquoi
vouloir quelque chose d'idéal, un groupe idéal
où personne ne se haïrait, où tous seraient
vraiment des frères, où tous se consacreraient
uniquement au Savoir et à l'Amour. Pourquoi ? Y a-t-il
une raison pour désirer cela ? En vérité,
il n'y en a aucune.
Ce
groupe de Troisième Chambre symbolise ou représente
précisément la vie du dehors, la vie qui est
à l'extérieur de cette Chambre.
Vous
savez bien que la vie, le train de la vie, l'humanité
dans son ensemble est remplie de terribles défauts.
Vous savez bien que cette multitude amorphe, qui abonde
par ici, est pleine de colère, d'envie, de convoitise,
de luxure, d'orgueil, de paresse, de gourmandise, etc. Ce
n'est pas idéal, n'est-ce pas ? Non, ça ne
l'est pas.
Alors
pourquoi voulons-nous que ce petit groupe soit idéal
? Ce petit groupe représente cette humanité,
cette flopée, ces millions de personnes qu'il y a
dans le monde. Ce petit groupe, ici, a les mêmes erreurs
qu'ont les multitudes.
Donc,
dans ce petit groupe, il y a une « école »
merveilleuse, il y a un « gymnase » formidable,
comme ça, avec vos défauts, tels que vous
êtes. C'est un magnifique GYMNASE PSYCHOLOGIQUE...
Le
frère untel a-t-il dit quelque chose sur l'autre
frère untel ? Bien, celui qui a parlé, au
lieu de le lui dire, doit investiguer sur lui-même,
regarder cette partie cachée de lui-même, cette
partie que l'on ne voit pas, afin de voir pourquoi il a
dit quelque chose ou pourquoi il a critiqué son prochain...
Telle
soeur a-t-elle dit quelque chose sur telle autre soeur ?
Bon, cette soeur, au lieu de critiquer l'autre soeur, doit
s'auto-explorer pour voir cette partie de la « Lune
» que l'on ne voit pas et il est certain que le défaut
qu'elle voit chez l'autre soeur, elle le porte dans la partie
cachée d'elle-même, dans la partie que l'on
ne voit pas...
Si
nous savons profiter précisément des propres
défauts psychologiques de nos frères, si,
au lieu de les critiquer, nous en profitons pour nous auto-découvrir
nous-mêmes, nous nous rendrons compte alors que ce
petit groupe est une « école » merveilleuse,
extraordinaire. Toute l'humanité est ici représentée
; dans ce petit groupe, il y a un « gymnase »
précieux, nécessaire pour l'auto-découverte
; c'est pourquoi, il faut savoir en profiter.
Si
ce petit groupe était « parfait », alors
il n'aurait nul besoin d'exister. Pour quoi faire ? Si tout
le monde était parvenu à la perfection, pourquoi
former ce groupe ? Ce groupe existe parce que nous ne sommes
pas parfaits, c'est pour ça qu'il existe ; si nous
étions parfaits, ce groupe n'existerait pas.
Nos
propres erreurs, ajoutées aux erreurs de tous nos
frères, sont les erreurs de l'humanité. Nous
avons ici un modèle, un exemplaire, un échantillon
de ce qu'est l'humanité. Donc, profitons de cet échantillon,
profitons de cette « école » et, au lieu
de blâmer nos frères, critiquons-nous nous-mêmes.
L'erreur que nous voyons chez un autre frère doit
nous servir d'illustration pour notre Conscience ; elle
nous permet de savoir que nous avons cette erreur dans la
partie cachée, que l'on ne voit pas...
Vous
voyez comme une ÉCOLE ÉSOTÉRIQUE, une
ÉCOLE DE RÉGÉNÉRATION est utile
!
Ici,
c'est une École de Régénération
; mais nous sommes idiots quand nous quittons « l'École
», quand nous partons avec une moue de dédain,
à la recherche d'une humanité idéale...
Où allons-nous la trouver ? Dans quelle partie du
Cosmos ? C'est impossible.
Il
y a bien une HUMANITÉ DIVINE, mais ce n'est pas l'humanité
ordinaire, non ; je me réfère, de manière
emphatique, au CERCLE CONSCIENT DE L'HUMANITÉ SOLAIRE,
à ce cercle qui opère sur les CENTRES SUPÉRIEURS
DE L'ÊTRE.
C'est
la seule humanité que je qualifierais « d'idéale
». Mais comment pourrions-nous appeler « idéal
» le fils du voisin ? Comment appeler encore «
idéal » Pierre, Jean, Diego, Jacinthe ou Joseph
? Cependant, tous sont utiles.
Les
erreurs du voisin peuvent très bien nous servir ;
nous pouvons les utiliser comme une indication : si je découvre
que le frère untel est rempli d'envie, alors je dois
réfléchir un petit peu. Pourquoi suis-je en
train de critiquer l'envie du frère untel ? Le fait
que je critique l'envie du frère untel indique que
je l'ai dans les profondeurs de ma Conscience, dans cette
partie que l'on ne voit pas...
C'est
pourquoi, il faut savoir qui est celui qui critique en nous,
qui est le censeur, quel est le Moi de la Critique. Cela
vaut la peine d'en faire « l'autopsie », de
le réduire en poussière cosmique...
J'ai
terminé cet exposé, mes chers frères.
Maintenant, si vous avez des questions à poser, vous
pouvez le faire en toute liberté.
Disciple.
Maître, au sujet des Gorgones dont vous avez parlées
hier, pouvez-vous nous donner des explications ?
Maître.
Comment ? Quelles explications ?
D.
Sur les Gorgones...
M.
Les Gorgones... Que veux-tu savoir sur les Gorgones ? Virgile,
le poète de Mantoue, n'en a-t-il pas parlé,
par hasard, dans « l'Énéide »
? Dante Alighieri n'a-t-il pas parlé des Gorgones
dans la Divine Comédie ? Que veux-tu savoir sur les
Gorgones ?...
D.
Qui sont-elles en elles-mêmes ?
M.
Comment ?
D.
Qui sont-elles en elles-mêmes ?
M.
Les Gorgones, avec leur venin gorgonique, ne sont rien d'autre
que les TROIS FURIES dont nous parle Virgile dans son «
Énéide ». Elles sont là, oui,
je ne le nie pas (les trois Furies, les trois Gorgones),
elles sont là, terribles...
Dans
l'Ésotérisme Christique, nous pourrions appeler
la première « JUDAS », le DÉMON
DU DÉSIR ; la seconde, nous pourrions l'appeler «
PILATE », le DÉMON DU MENTAL ; et la troisième,
nous pourrions l'appeler « CAÏPHE », le
DÉMON DE LA MAUVAISE VOLONTÉ...
Qui
les a décapitées ? PERSÉE avec son
épée flammigère ? Qui l'a fait ? Ce
qui importe aujourd'hui, c'est que chacun de nous décapite
les trois Gorgones qu'il a en lui ; elles appartiennent
précisément à ce côté
caché de nous-mêmes, ce côté qu'on
ne voit pas.
Avez-vous
une autre question, mes frères ?
D.
Quand vous parliez au sujet du « code de morale »,
il m'est venu à l'esprit qu'il peut y avoir le danger
que nous convertissions la Gnose, les Enseignements Gnostiques,
en un code de morale. Si nous ne comprenons pas l'enseignement,
si nous ne vivons pas en accord avec l'enseignement, il
peut y avoir ce danger, n'est-ce pas ?
M.
C'est certain ! Et je vois une tendance très marquée,
chez tous les frères du Mouvement Gnostique, à
édifier des codes de morale. Ils ont tous tendance
à faire respecter ces codes ; ils veulent tous, dans
le mouvement, établir des codes de morale, afin que
les frères se conforment à ces codes.
À
la longue, ces codes deviennent absurdes, désuets,
déplacés ; ils se convertissent, pour ainsi
dire, en bouteilles dans lesquelles le Mental reste embouteillé
; alors vient l'échec dans le travail de l'élimination
de l'Ego...
Il
arrive, dans ce travail, que l'on doive faire des choses
qui paraissent « immorales » ; on doit sortir
parfois de certaines normes auxquelles vous êtes tous
soumis. Il arrive que lorsqu'on croit que l'on va très
bien, en réalité on va très mal ; et
parfois, lorsque les autres pensent que l'on va mal au niveau
interne, c'est là qu'on va mieux...
Tel
est le Chemin : « Il y a beaucoup de vertu chez les
méchants et il y a beaucoup de méchanceté
chez les vertueux »... Il y a des dangers terribles
: quelqu'un peut prendre une ruelle en croyant que c'est
la bonne voie et s'écarter du Réel Chemin,
ce qui le mène à l'échec.
Donc,
à quoi servent les codes de morale ? À quoi
sert la morale conventionnelle des gens ? Il vaut mieux
que nous suivions les Principes de la Sagesse que nous devons
trouver en nous-mêmes, ici et maintenant...
Une
autre question ?
D.
Maître, on ne suit pas non plus les Commandements
?
M.
Eh bien, chacun doit donc suivre ou ne pas suivre tel ou
tel commandement... Les gens ont tant de choses, ils ont
inventé tant de dogmes au cours des siècles
que, réellement, si on se prononçait contre
toutes ces normes, la seule chose à laquelle on s'exposerait
serait d'être lapidés sur la place publique.
Ce
qui sert, dans ce cas, c'est le DISCERNEMENT, l'AUTO-EXPLORATION
de soi-même, l'AUTO-OBSERVATION Psychologique ; à
mesure qu'on va s'auto-observer, on va voir ce qu'on a et
on va procéder selon nos besoins, selon ce qu'on
doit être, selon ce qui est urgent.
Il
ne sert à rien de suivre des codes de morale conventionnelle
; l'auto-observation de soi-même est plus utile. C'est
cela qui doit nous orienter... Et nous regarder, nous regarder,
et continuer à nous regarder et projeter notre Conscience,
encore et encore, sur ce côté caché
de soi-même, sur ce côté que l'on ne
voit pas ; voilà ce qui est utile. Le reste, ce que
disent les codes [...] Voyons...
D.
Vénérable Maître, nous qui sommes instructeurs
et qui devons appuyer la Sagesse Gnostique, parfois nous
utilisons la Bible, par exemple, où se trouve le
Sixième Commandement : « Ne pas forniquer »,
le Neuvième : « Ne pas commettre l'adultère
», etc., qui est connu comme la « Loi de Moïse
», alors, si nous ne nous appuyons pas là-dessus,
sur quoi appuyer nos oeuvres ? Nous sommes d'accord qu'il
faut mettre de côté les codes, mais ces Commandements,
par exemple, pour appuyer nos objectifs, est-ce plausible
?
M.
Tous ces dogmes ne servent à rien ! La seule chose
qui nous sert dans la vie, c'est de s'auto-observer psychologiquement.
Nous savons bien que nous devons transmuter notre Énergie
Créatrice, non pas parce qu'il est dit de «
ne pas forniquer », mais simplement par l'Auto-observation
Psychologique.
On
comprend que si on transmute son Énergie Créatrice,
on arrive à développer les Feux de la Moelle
Épinière, on arrive à créer
les Corps Existentiels Supérieurs de l'Être,
on arrive à se transformer et à se convertir
en Logos. C'est une question de Connaissance Mature Directe,
c'est une question d'Observation propre, etc.
À
propos de l'adultère, c'est répugnant ; qui
ne l'a pas dit ! Réellement, l'adultère est
horrible. Mais qu'entend-on par « adultère
» ? Non seulement, il existe l'adultère sexuel,
mais il y a une autre sorte d'adultère : il y a des
gens qui ne pratiquent pas l'adultère sexuel, mais
qui adultèrent des doctrines ; il y a des gens qui
adultèrent le lait : ils y mettent de l'eau, endommageant
ainsi l'estomac des enfants ; il y a des gens qui adultèrent
les fruits de la terre (tous ceux qui font des greffes végétales
pratiquent l'adultère ; ils adultèrent les
fruits de la terre), etc.
Il
y a des choses sur ce chemin de l'Éthique qui surprennent
: les cas où l'on voit des hommes qui vont avec d'autres
femmes ou des femmes qui vont avec d'autres hommes ne sont
pas tous des cas d'adultère. Il y a des cas en rapport
avec la Loi, des cas en rapport avec le Karma, que les gens
ne connaissent pas. Parce que les gens ne savent ni ce qui
est bon, ni ce qui est mauvais ; ils ne comprennent pas
ces choses... Que peut savoir un endormi ? Que peut savoir
l'endormi sur ce qui est bon et ce qui est mauvais ?
Je
ne veux pas dire qu'il soit recommandable que l'époux
trahisse son épouse, parce que c'est absurde, c'est
de l'adultère ; je ne veux pas dire qu'il soit recommandable
qu'une épouse trahisse son époux, parce que
c'est un crime, c'est un adultère. Mais tous les
cas ne sont pas des adultères, il y a des cas karmiques,
autant pour l'un que pour l'autre.
Mais
avec ce que je dis, il pourrait arriver que des gens immatures
disent : « Bien, je m'en vais avec celle-là
et je laisse mon épouse parce que c'est correct,
c'est une question de Karma »... car on a toujours
tendance à prendre la Sagesse pour l'accommoder à
sa façon ; chacun veut accommoder la Doctrine à
sa manière pour justifier ses délits.
Rares
sont ceux qui savent être impartiaux ; on est toujours
partial par nature, par instinct. La seule chose qui résulte
de la partialité, c'est l'erreur ; de la partialité
résulte le manque de considération envers
le prochain. Quand on est partial, on ne sait pas entrer
en relation avec les autres ; on critique les erreurs de
l'autre, mais il ne nous viendrait pas à l'idée
que nous ayons cette erreur à l'intérieur
de nous, dans cette partie de nous-mêmes, cette partie
que l'on ne voit pas.
Il
faut être un peu plus matures : nous sortir de tant
de codes et de tant de morales, devenir révolutionnaires,
prendre le chemin de la Rébellion Psychologique.
La
meilleure Éthique, c'est d'apprendre à se
voir soi-même. Quand on se voit soi-même, on
sait ce qui nous manque et ce que l'on a en trop, on fait
un inventaire correct.
Mais
quand on ne s'auto-observe pas et qu'on se laisse guider
par les codes obsolètes d'une morale maladroite,
on ne sait ni ce qui nous manque, ni ce que l'on a en trop
; on croit avoir ce que l'on n'a pas et ce qu'on ne croit
pas avoir, on l'a...
Mais
l'Auto-observation Psychologique est merveilleuse parce
qu'elle nous permet de savoir ce qui nous manque et ce que
nous avons en trop.
Il
nous faut éclairer davantage les profondeurs inconnues
de nous-mêmes, car, comme je l'ai dit, nous vivions
jusqu'à présent dans une petite fraction de
nous-mêmes, dans une petite partie de nous-mêmes,
dans une image de nous-mêmes. Nous devons donc apprendre
à nous voir véritablement tels que nous sommes.
Nous devons apprendre à mieux nous voir. A nous auto-observer...
D.
Maître, mais je ne me référais pas a
ces Commandements, mais aux Commandements qu'a la Gnose,
parce que je ne les connais pas, c'est-à-dire que
les Commandements qui se trouvent dans le Catéchisme
Catholique, la Sainte Mère l'Eglise, sont : le premier,
assister à la messe le dimanche et les jours de fête
; le second, communier (comme le demande la S.M.E.) ; le
troisième, jeûner (quand le demande aussi la
S.M.E.) ; le quatrième, communier pour Pâques
; le cinquième, payer la dîme et les prémices
à la S.M.E. et tout ça... je pensais qu'ici
aussi il y avait quelques Commandements de ce style que
j'ignorais ou ne connaissais pas. Je me réfère
à cela.
M.
Eh bien, certains Commandements peuvent exister dans la
Gnose, mais il pourrait aussi se produire ceci : si ces
commandements ne sont pas dûment compris, ils se convertiront
en normes froides et figées dans lesquelles le Mental
demeurera embouteillé ; alors viendra la stagnation.
Il faut sortir de toutes ces sortes de Commandements et
apprendre à nous voir nous-mêmes, tels que
nous sommes.
C'est
seulement par ce chemin que nous pouvons vraiment marcher
vers la Libération Finale. Il faut que nous ayons
un bon Jugement, un bon sens du Discernement, et ne jamais
oublier l'Auto-observation Psychologique. Le mieux, c'est
de toujours apprendre à nous auto-observer.
Une
autre question, mes frères ?... Parle, mon frère...
D.
Maître, c'est parce que, lorsqu'on ne comprend pas
une chose, on la convertit alors en un code de notre propre
insuffisance pour comprendre. C'est ici que peut nous instruire
le cas des Évangiles, n'est-ce-pas ? Quand les juifs,
dans les Évangiles, critiquaient Jésus parce
qu'il guérissait le jour du Sabbat. Eh oui, il guérissait
les jours de Sabbat et la Loi disait qu'il fallait se reposer
pendant le Sabbat, alors ils le critiquaient et disaient
que c'était mal. Ils vivaient conformément
à la Loi, mais ne la comprenaient pas...
M.
C'est ainsi : ils vivaient en accord avec la Loi mais ne
la comprenaient pas ! Jésus faisait des choses qui
paraissaient « immorales » : guérir un
jour de Sabbat, alors que le jour du Sabbat c'était
interdit ! Mais lui, les codes ne l'intéressaient
pas ; c'est l'AMOUR qui intéressait le Grand Maître
: guérir un malade pendant le Sabbat ou le lundi
ou n'importe quel jour, mais guérir !
Parce
qu'il serait absurde ou injuste de pouvoir guérir
un malade et de ne pas le guérir. Cela aurait été
très punissable.
Malheureusement,
les gens ne savent pas voir le chemin comme on doit le voir.
Les gens veulent que l'Initié marche selon les normes
établies. Si une personne viole les normes, cette
personne sera mal perçue ; ainsi sont les gens...
C'est pourquoi les gens demeurent pétrifiés
dans le temps...
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