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110. Prodiges et Mystères du Feu (La Doctrine du
Feu)
Samaël Aun Weor
Conférence intitulée "PRODIGIOS Y MISTERIOS
DEL FUEGO (La Doctrina del Fuego)"
Nous
allons commencer notre conférence de ce soir ; j'espère
que tous les frères y porteront un maximum d'attention...
Bien,
mes frères, en tous cas il est nécessaire
de nous connaître de plus en plus nous-mêmes
si nous voulons véritablement parvenir à l'Auto-réalisation
Intime de l'Être.
Nous
avons évidemment besoin de travailler (comme je l'ai
déjà dit dans mes chaires précédentes)
avec l'Élément Feu.
Le
Feu, en soi, est une substance qui a échappé
à toutes les analyses chimiques. Les scientifiques
disent que « c'est le produit de la combustion »,
ce qui est absolument faux ; personne ne sait quelle est
la nature du Feu.
Nous
savons, par exemple, que dans l'atmosphère existent
l'Oxygène et l'Azote ; nous n'ignorons pas que dans
l'eau se trouve l'H2O, c'est-à-dire l'Hydrogène
et l'Oxygène ; nous ne pouvons pas non plus ignorer
que dans la terre se trouve le Carbone, mais quelle est
en réalité la formule de l'Élément
Feu ?
N'importe
quel homme de science nous parlera d'H2O qui est fait «
de deux atomes d'Hydrogène et d'un atome d'Oxygène
», « qui forment l'eau ». Mais faisons
l'essai dans un laboratoire avec H2O et essayons d'unir
les atomes d'Oxygène et d'Hydrogène, tel que
c'est dans la formule, pour voir s'il en résulte
vraiment de l'eau... Évidemment que non ! Pourquoi
? Parce qu'il manque quelque chose ! Quoi ? L'Élément
Feu. Alors, la formule H2O est incomplète ; c'est
évident.
Ainsi,
le Feu échappe à tout. Une simple flamme comme
celle qui est ici sur la bougie, serait suffisante pour
incendier le monde et elle demeurerait impassible : elle
n'augmenterait ni ne diminuerait d'un atome.
Avec
n'importe laquelle de ces bougies, nous en allumons une
autre et une autre et une autre, et nous faisons brûler
un dépôt d'essence, nous faisons exploser un
dépôt de dynamite, et le Feu continue, et nous
faisons brûler le monde et la bougie reste la même,
impassible, comme si rien ne s'était passé.
Quelle
est cette sorte de substance qui se moque des chimistes,
qui fait tant de prodiges et qui, cependant, reste la même,
impassible ? Réellement, la Substance du Feu est
divine.
Maintenant,
nous, ce qui nous intéresse (comme je vous le disais
dans une précédente conférence), c'est
seulement LA PARTIE OCCULTE DU FEU, LA FLAMME DE LA FLAMME,
LA SIGNATURE ASTRALE du Feu, qui est la partie Divine, c'est
ce que nous voyons là, sur la Croix, cet INRI : Ignis
Natura Renovatur Integra (le Feu renouvelle sans cesse la
Nature)...
Ainsi
donc, la libération de l'être humain n'est
pas possible en dehors du Feu ; c'est seulement en travaillant
avec le Feu que nous pourrons obtenir la Libération
Finale.
Les
mondes, par exemple, ne sont autres que des granulations
du FOHAT ; c'est évident. La doctrine que nous enseignons
est la DOCTRINE DU FEU ; nos livres, nous les avons écrits
avec des charbons ardents ; et dans le crépitement
incessant des flammes, nous avons amené la Connaissance
Secrète à l'humanité.
Nous
savons bien que derrière le Feu il y a des merveilles.
Une fois, j'ai demandé à un Elémental
grandiose du Feu :
-
Qu'y a t-il au-delà du Feu ? Il répondit :
-
C'est une chose que nous ignorons !
«
Dieu est un Feu dévorateur » dit saint Paul,
et c'est ainsi !...
Nous
avons dit, dans des entretiens précédents,
qu'il y avait DEUX « UN » : l'Inconnaissable
AELOHIM et le Connaissable ELOHIM. Aelohim est la Séité
Inconnaissable et Immanifestée ; quant à Elohim
ou Elojim, c'est l'Armée de la Parole, l'Armée
de la Voix ; il est comme l'Étoile Solaire, comme
le Soleil Spirituel : SOLEIL SACRÉ ABSOLU, qui sort
des entrailles de l'Inconnaissable.
L'Armée
de la Parole émane donc du Soleil Sacré Absolu,
mais le Soleil Sacré Absolu et l'Armée de
la Parole sont l'UN qui est sorti des entrailles vivantes
de l'Inconnaissable.
L'Armée
de la Parole est un Feu, c'est le FOHAT PLURALISÉ
; mais nous ne devons pas oublier que « la variété
est unité ». L'Armée de la Voix est
constituée de ces millions de DHYAN-CHOHANS, créateurs
de l'Univers, et ils sont tous des Flammes du Feu ardent.
Mais
voyez comme ce déploiement de BRAHMA, ce déploiement
de la Divinité, ce déploiement du GRAND FEU
UNIVERSEL est grandiose : comment, de l'Inconnaissable,
émane le Démiurge Architecte de l'Univers,
qui est le Feu.
Bien,
maintenant, dans toute cette Armée de la Parole,
dans toute cette Armée de Dhyan-Chohans, ils SONT,
évidemment DÉNOMBRÉS, classifiés
en groupes, en accord avec les Idées Cosmiques Universelles.
Ils SONT des NOMBRES VIVANTS, créant et recréant
à nouveau.
Il
est important de comprendre que du sein de l'Inconnaissable
a réellement jailli le Logos, le Démiurge,
le Soleil Stellaire Spirituel, l'Armée de la Parole,
et que de ce LOGOS MULTIPLE, à son tour (comme une
Flamme composée de beaucoup de Flammes), émane
ATMAN, l'Ineffable. Atman est l'INTIME en chacun de nous,
notre ESPRIT DIVIN et QU'ON NE PEUT NOMMER.
À
son tour, d'Atman se détache BOUDDHI. Et qui est
Bouddhi ? Bouddhi est la CONSCIENCE SUPERLATIVE DE L'ÊTRE,
Bouddhi est ÉROS, c'est le Fohat en tant que Messager
des Dieux.
Dans
les Mondes Supérieurs de Conscience Cosmique, les
Initiés peuvent constater concrètement qu'Atman
envoie toujours Éros ou Fohat ou Bouddhi ou la WALKYRIE
(comme nous dirions dans le langage classique de Wagner),
pour réaliser certains travaux. De sorte que Fohat
ou Bouddhi est le messager d'Atman.
On
est réellement rempli d'extase en comprenant ce qu'est
la réalité d'Éros ; on est frappé
d'admiration en voyant les Walkyries des Mahatmas travailler
dans les Mondes Supérieurs de Conscience Cosmique
et apporter des messages dans tous les coins de l'Univers
(dames ineffables à la beauté indescriptible
!).
Les
Walkyries travaillent dans les Temples, les Walkyries remettent
des messages, les Walkyries aident les Mahatmas. Elles sont
le FOHAT MESSAGER, l'Éros extraordinaire qui palpite
en chacun de nous.
Que
deviendrions-nous sans Éros ? Pourrions-nous, par
hasard, réaliser le Grand Oeuvre du Père ?
Nous avons besoin d'Éros pour pouvoir désintégrer
les agrégats psychiques inhumains que nous portons
en nous.
Ainsi
donc, l'Étoile qui s'est détachée du
Soleil Sacré Absolu est le Démiurge Créateur
de l'Univers, c'est la FLAMME de laquelle sortent les SEPT
FLAMMES SAINTES. Cette Flamme est triple, mais d'elle sortent
les Sept Flammes ; c'est-à-dire que c'est de la FLAMME
TRIPLE que sort l'ÉTERNEL HEPTAPARAPARSHINOCK (du
Trois sort le Sept).
De
même qu'avec trois bougies allumées ici, sur
l'Autel, nous pouvons en allumer sept, de même le
trois formant aussi une Flamme - à trois mèches
- c'est le Logos : le Logos en tant que SAINT AFFIRMER,
le Logos en tant que SAINT NIER, le Logos en tant que SAINT
CONCILIER. Mais, de cette Flamme Triple, se détache
l'Éternel Heptaparaparshinock, les Sept Flammes.
Atman,
Bouddhi, et Atman-Bouddhi forment la MONADE DIVINE INTÉRIEURE
de chacun de nous. Plus tard, vient le MANAS SUPÉRIEUR
ou ÂME HUMAINE, ce que nous possédons d'humain
; ensuite vient ce MENTAL que nous avons pour penser, qui
est malheureusement embouteillé dans les multiples
agrégats psychiques qui constituent le moi-même,
le soi-même, le Moi même, c'est pourquoi nous
disons que « nous n'avons pas un Mental unique, mais
BEAUCOUP DE MENTALS ».
Il
est évident que si la Substance Mentale est embouteillée
dans différents flacons, si elle se trouve divisée
parmi ces derniers, si la Substance du Mental est embouteillée
dans beaucoup de Mois, alors il n'y a plus un seul Mental,
mais beaucoup de Mentals (malheureusement)...
Mais
ce qui se cache derrière tous ces mentals, le Radical,
c'est un Feu qui, en réalité, serait vraiment
le Quatrième Feu, parce que le Cinquième se
trouve derrière toutes ces émotions que nous
avons, et pour l'initié authentique, dans son corps
astral. La Sixième Flamme se trouve derrière
le principe de la vie : c'est le PRANA, c'est le Feu en
tant que Prana ou Vie ; et le Septième brûle
dans la propre moelle épinière de l'ascète
gnostique.
En
réalité, en parlant du point de vue de l'Anatomie
Occulte, nous dirions qu'il existe SEPT SERPENTS : deux
groupes de trois avec la couronne sublime de la Septième
Langue de Feu qui nous unit avec l'Un, avec la Loi, avec
le Père...
Si
Atman reçoit réellement le PRINCIPE IGNÉ
DU FEU, de l'Inconnaissable, par le biais du Démiurge
Créateur de l'Univers, il n'y a pas de doute que
c'est dans la Bouddhi que tout est contenu. On nous a dit,
à juste titre, que « la Bouddhi est comme un
vase d'albâtre, fin et transparent, à travers
lequel brûle LA FLAMME DE PRAJNA »...
Dans
la Bouddhi, dans l'Éros, dans la Walkyrie, la Pucelle,
la Belle Hélène de Troie, est contenu Atman,
l'Ineffable ; mais en fin de compte, Atman-Bouddhi, en tant
que MONADE, sont des radicaux...
Dans
une précédente conférence, j'ai dit
que nous devions travailler avec les SEPT RADICAUX (et je
crois que les frères ont déjà reçu
cette information), qui sont les sept aspects du Feu en
nous, les Sept Langues de Feu dans l'anatomie occulte, qui
émanent directement du Divin Architecte de l'Univers.
C'est évident et c'est ainsi qu'il faut le comprendre...
La
SÉITÉ, en soi-même Inconnaissable, est
ce qui est fondamental ; c'est d'elle qu'émane le
Feu. « SAT » est « Séité
» et de la Séité émane le Feu,
c'est-à-dire le Démiurge Architecte.
Mais
il y a un point que je veux souligner ce soir : s'il est
bien certain que le Saint Affirmer, le Saint Nier et le
Saint Concilier, c'est-à-dire le LOGOÏ INTÉRIEUR
de chacun de nous, est un radical, c'est le BOUDDHA INTIME
de chacun de nous (car chacun porte son Bouddha Intime,
bien qu'il ne l'ait pas incarné), ce Bouddha Intime,
à son tour, émane de l'ADI-BOUDDHA et l'Adi-Bouddha
est l'Inconnaissable.
En
individualisant, nous dirions que chacun de nous a son Adi-Bouddha
dans l'Espace Abstrait Absolu Inconnaissable. De lui émane
notre Logoï (et là, je suis en train de particulariser
et de concrétiser), et du Logoï émanent
à leur tour les sept aspects du Fohat, du Feu.
Quand
je dis : « il faut travailler avec le Feu »,
tout cela doit être bien compris. Nous devons avoir
un peu de Conscience (plus grande) sur ce qu'est le Feu,
il faut le comprendre mieux...
La
MÈRE KUNDALINI, dont nous avons tant parlé,
est Feu, elle est le Fohat en nous, dans notre anatomie
occulte ; elle est une variante de notre propre Être,
mais dérivée.
En
effet, il faut travailler avec le Feu, avec elle, parce
qu'elle est la PORTEUSE DU FEU. Elle, le SERPENT IGNÉ,
s'agite épouvantablement entre les chandeliers du
Temple. Cette COULEUVRE SACRÉE des Grands Mystères
est un Feu qui crépite à l'Aurore de l'Univers
; elle seule peut réduire en cendres les agrégats
psychiques inhumains que nous portons en nous.
Ce
n'est pas chose facile que de pouvoir désintégrer
la totalité des agrégats psychiques. Imaginez-vous
que ces agrégats agissent dans SEPT NIVEAUX DE L'ÊTRE.
Il
y a des Saints qui ont réussi à désintégrer
des agrégats jusqu'au cinquième ou sixième
Niveau ; très rares sont ceux qui réussissent
à désintégrer les agrégats psychiques
dans les Sept Niveaux de l'Être. Il s'avère
que dans les derniers Niveaux, spécialement dans
le Septième, ces agrégats deviennent terriblement
subtils et sont, d'ordinaire, épouvantablement difficiles.
Si l'Initié n'est pas SUFFISAMMENT COMPRÉHENSIF,
il peut échouer dans le Grand oeuvre.
Dans
les Niveaux Supérieurs de l'Être, il existe
des choses qui surprennent : les morales les plus élevées
ne servent pas pour le Septième Niveau de Travail,
ni même pour le Sixième ; les codes d'éthique
sont superflus, les opinions que l'on avait, basées
sur les interprétations purement superficielles des
Écritures Sacrées, sont détruites,
etc.
Ainsi,
l'Initié doit se rendre indépendant non seulement
des FORCES DU MAL, mais même aussi, des FORCES DU
BIEN ; il doit se battre contre les Puissances du Mal et
contre les Puissances du Bien. En ultime synthèse,
le bien se change en mal, et beaucoup d'aspects qui semblaient
relever du mal deviennent bons ; et il faut passer au-delà
du bien et du mal, et connaître le bien du mal et
le mal du bien. Les structures dogmatiques de l'éthique
conventionnelle ne servent, au fond, que d'écueils
pour celui qui marche sur le Sentier de l'Auto-réalisation
; c'est la crue réalité des faits...
Les
gens ont tendance à tout interpréter à
leur façon, superficiellement, mais celui qui veut
vraiment travailler dans le Septième Niveau doit
être « strictement compréhensif »
; passer au-delà de tout dogme et faire un inventaire
de lui-même pour savoir ce qu'il a en trop et ce qui
lui manque. Une belle Vertu peut, bien souvent, servir d'écueil
au navigateur ; parfois, même des Gemmes très
précieuses de la Spiritualité servent d'obstacle.
C'est pourquoi il est si difficile de pouvoir désintégrer
les agrégats psychiques dans les Sept Niveaux de
l'Être, c'est pour cela !...
D'autre
part, il faut apprendre à manier les Cinq Cylindres
de la machine organique, car les agrégats que nous
avons sont reliés aux Cinq Cylindres de la machine
organique.
Quels
sont ces Cinq Cylindres ? Le Centre INTELLECTUEL, où
se trouve-t-il ? Nous savons qu'il se trouve dans le cerveau.
Le CENTRE ÉMOTIONNEL, où se trouve-t-il ?
Dans le Coeur, le Plexus Solaire et les centres du Système
Nerveux Grand Sympathique. Le CENTRE MOTEUR, où se
trouve-t-il ? Dans la partie supérieure de l'Épine
Dorsale. Le CENTRE INSTINCTIF, où se trouve-t-il
? Dans la partie inférieure de l'Épine Dorsale.
Et le CENTRE SEXUEL ? Dans le sexe.
Il
y a des agrégats psychiques dans le Centre Intellectuel,
comme il y en a dans l'Émotionnel, dans le Moteur,
l'Instinctif ou le Sexuel ; c'est évident.
On
doit étudier les agrégats psychiques dans
chaque Centre, pour voir comment ils se comportent (c'est
une question d'Auto-réflexion, d'Expérience
Directe, d'Observation Psychologique, etc.). En tout cas,
un agrégat ne peut être désintégré
sans l'aide de la Mère Divine Kundalini, la Couleuvre
des Grands Mystères, et elle exige (pour la désintégration
de n'importe quel agrégat psychique) UNE COMPRÉHENSION
PRÉALABLE du défaut psychologique que nous
voulons réduire en cendres ; c'est évident.
Nous
devons d'abord découvrir le défaut et ensuite
le travailler ; nous avons besoin de l'AUTO-RÉFLEXION
ÉVIDENTE DE L'ÊTRE pour arriver à la
Compréhension profonde ; disons que nous avons besoin
de la MÉDITATION INTIME, si nous voulons comprendre
réellement tel ou tel défaut. Mais une fois
compris, il faut le travailler avec la Divine Couleuvre
Sacrée des Grands Mystères. C'est ainsi seulement
que nous pourrons l'éliminer.
Et
je répète : n'importe quel défaut est
en relation avec un Centre de la machine organique ; mais
à l'aide du Feu (celui qui vient du Démiurge
Créateur de l'Univers jusqu'à la manifestation,
à travers tous ces Niveaux de l'Être), nous
pouvons réduire en cendres tout élément
psychique indésirable. Ainsi, vous devez VOUS FAMILIARISER
un peu PLUS AVEC LE FEU : apprendre à sentir avec
le Feu, apprendre à penser avec le Feu, à
adorer le Feu, comme le font les Parsis, tout comme les
Chrétiens lorsqu'ils s'exclament : « Dieu est
un Feu Dévorateur ! » ; comme les Parsis qui
adorent le Feu ; comme les membres de n'importe quelle tribu
Maya, Toltèque, Zapothèque ou Inca, qui rendent
un culte important au Feu (au fond, ils appartiennent au
Paganisme le plus pur et à l'Ésotérisme
Christique le plus délicieux). C'est seulement avec
le Feu que nous pouvons désintégrer les agrégats
psychiques.
Mes
chers frères, de tous les Centres que nous avons
dans notre organisme, il n'y a pas de doute que LE PLUS
DIFFICILE À CONTRÔLER SOIT LE CENTRE ÉMOTIONNEL.
Car
l'Intellectuel, même s'il demande du travail, finalement,
avec une certaine discipline, nous allons plus ou moins
le contrôler. Le Moteur, qui est celui qui produit
les mouvements (et qui est situé dans la partie supérieure
de l'Épine Dorsale), est aussi contrôlable.
On peut contrôler les mouvements de son corps, marcher
si on veut marcher, lever un bras si on veut le faire, ou
ne pas le lever si on ne veut pas le lever ; froncer les
sourcils ou ne pas les froncer.
Ainsi,
toutes les activités du Centre Moteur dépendent
de notre volonté, mais le Centre Émotionnel
est terrible : ce domaine des ÉMOTIONS NÉGATIVES,
des sentiments et du sentimentalisme, etc., s'avère
difficile à pouvoir contrôler.
En
Inde, par exemple, ils comparent le Centre Émotionnel
à un éléphant. Un éléphant
fou, par exemple, que fait-on, en Inde, pour le contrôler
? On lui accole deux éléphants sains, sensés,
un de chaque côté (ils les attachent pour qu'ils
ne partent pas), et ensuite, ces deux-là (sensés)
réussissent finalement à apprendre au fou
à être sensé, et l'éléphant
fou redevient finalement sensé. C'est un système
qu'utilisent les hindous et il est bon.
Le
Centre Émotionnel est un « éléphant
», l'Intellectuel est un autre « éléphant
», et le Moteur (le Centre Moteur-Instinctif-Sexuel)
un autre « éléphant ». Ces deux
« éléphants » : l'Intellectuel
et le Moteur, peuvent contrôler « l'éléphant
fou » des émotions.
Si,
à un moment donné, nous sommes accablés
de désespoir ou d'angoisse, c'est-à-dire si
nous nous sommes identifiés à une émotion
négative, si nous sommes mal, que devons-nous faire
? Allongeons-nous sur le lit, relaxons-nous et mettons le
« mental en blanc ». En nous relaxant, nous
agissons avec le Centre Moteur, puisque nous nous relaxons,
nous relaxons tout le corps, nous détendons tous
les muscles, toute tension dans l'organisme ; et en mettant
le « mental en blanc », c'est-à-dire
en amenant le mental à la quiétude et au silence,
qu'arrive-t-il ? Il ne reste pas d'autre remède,
au Centre Émotionnel, que de se calmer un peu, se
rasséréner et, finalement, le Centre Intellectuel
et le Centre Moteur vont dominer l'Émotionnel (ce
sont les deux « éléphants sensés
» qui vont dompter « l'éléphant
fou »).
Il
est aussi possible de CONTRÔLER LES ÉMOTIONS
INFÉRIEURES AU MOYEN DES ÉMOTIONS SUPÉRIEURES.
Il y a beaucoup de types d'émotions inférieures
(vous le savez très bien). Quelqu'un de la famille
meurt : nous crions, nous pleurons, nous sommes désespérés.
Pourquoi ? Parce que nous ne voulons pas coopérer
avec l'inévitable, et c'est le pire de tout (dans
la vie, on doit APPRENDRE À COOPÉRER AVEC
L'INÉVITABLE). Nous ne nous résignons pas
à ce que meure un être cher, et nous crions
plein d'angoisse, et nous n'acceptons pas, et nous voyons
le corps là dans un cercueil, et cependant il ne
nous paraît pas mort, et nous ne le croyons pas, cela
n'est pas possible pour nous, que cet être soit mort
; et nous succombons à l'angoisse et à la
désolation. C'est terrible !
Comment
pouvons-nous dominer cet état ? De deux manières
: l'une, nous pourrions l'appeler la « paire d'éléphants
» (le Centre Moteur et le Centre Intellectuel) : relaxer
le corps et rendre le mental calme et silencieux (c'est
une solution).
L'autre
: nous pouvons faire appel à une émotion différente,
à une émotion supérieure. Peut-être,
à ce moment-là, ça nous fera beaucoup
de bien d'écouter une Symphonie de Beethoven ou «
La Flûte Enchantée » de Mozart ou de
nous plonger, plein d'émotion, en profonde Méditation,
en réfléchissant aux Mystères de la
Vie et de la Mort. Par une émotion supérieure,
nous contrôlons alors les émotions inférieures
et nous annulons la douleur que nous cause la mort d'un
être cher ; c'est évident.
Le
Centre Émotionnel est très intéressant,
mais nous devons maîtriser les émotions inférieures,
les contrôler, les soumettre, et c'est possible en
accord avec notre didactique...
Les
émotions inférieures causent beaucoup de dommages
; des émotions inférieures produites par la
corrida, des émotions inférieures produites
par le cinéma, des émotions inférieures
produites par les orgies des grandes « javas »,
des émotions inférieures comme celles de celui
qui joue à la loterie ou de celui qui est ému
par une nouvelle du journal ou par une guerre ou par tant
de choses qu'il y a dans le monde ; des émotions
inférieures comme celles que donne la tequila, des
émotions inférieures comme celles que développent
les gens dans toutes leurs bestialités qui ne servent
qu'à fortifier les agrégats psychiques inhumains
que nous portons à l'intérieur de nous et
à en créer aussi de nouveaux, en plus... Il
est nécessaire d'éliminer les émotions
inférieures grâce aux émotions supérieures
(c'est possible) ; apprendre à vivre une vie édifiante
et essentiellement valorisante, c'est fondamental ! Autrement,
aucun progrès ne sera possible. Comment, de quelle
manière ? Avant tout, il faut que nous soyons plus
sincères envers nous-mêmes, afin de développer
LE CENTRE ÉMOTIONNEL SUPÉRIEUR et de nous
libérer ; nous libérer des émotions
purement négatives et superficielles.
Il
y a des gens qui sont courtois envers les autres, ils sont
corrects ; il y a des gens qui offrent leur amitié
aux autres, mais c'est l'aspect public ou exotérique,
dirons-nous, mais ce n'est pas tout. Sachant que nous avons
une Psychologie Intérieure, il ne suffit pas seulement
de savoir nous comporter décemment envers d'autres
personnes ; le parfum de l'amitié, du point de vue
externe, ne suffit pas.
Quel
est le comportement que nous avons, intérieurement,
envers les autres personnes ? Normalement, ceux qui offrent
leur amitié à une autre personne ont deux
facettes : celle de dehors et celle de dedans. Celle de
dehors est apparemment magnifique, mais celle de dedans,
qui sait ?
Sommes-nous
sûrs de ne pas critiquer l'ami à qui nous portons
tant d'estime ? Sommes-nous sûrs de ne ressentir aucune
antipathie pour l'une de ses facettes ? Sommes-nous sûrs
de ne pas l'attirer dans cette « grotte » que
nous avons dans le mental, pour le torturer, pour nous moquer
de lui, tandis que nous lui sourions gentiment ?
Combien
de personnes qui estiment quelqu'un ne cessent de critiquer,
intérieurement, celui qu'ils estiment ! Bien qu'ils
n'extériorisent pas leurs critiques, ils se moquent
de leurs meilleurs amis ; et pourtant ils sourient gentiment
en leur présence.
Nous
devons être réellement plus complets, plus
intègres ; essayons un moment de faire marcher de
façon semblable DEUX HORLOGES (celle de dehors et
celle de dedans, l'EXTÉRIEURE et la PSYCHOLOGIQUE),
pour qu'elles marchent en parfaite harmonie l'une et l'autre,
car cela ne nous sert à rien de bien nous comporter
avec nos amis, de leur offrir notre affection, si nous nous
moquons d'eux à l'intérieur, si nous les critiquons
à l'intérieur, si nous les torturons à
l'intérieur. Il vaut mieux que les deux horloges
(l'extérieure et l'intérieure) marchent à
l'unisson, seconde après seconde, d'instant en instant.
Nous
devons être plus complets, plus intègres, cesser
de critiquer (sévèrement, psychologiquement,
intérieurement) les gens que nous estimons. Comment
cette contradiction est-elle possible : que nous estimions
une personne et que nous la critiquions à l'intérieur,
que nous allions jusqu'à dire du bien de cette personne
que nous estimons, mais que nous soyons en train de la «
dévorer toute crue » à l'intérieur
?
Maintenant,
vous devez très bien savoir qu'à l'intérieur
de chacun de nous vivent beaucoup de gens, tous les Mois.
Quand on attrape l'un de ces Mois et qu'on l'étudie
avec le SENS DE L'AUTO-OBSERVATION PSYCHOLOGIQUE, on peut
constater qu'il a trois centres : le Centre Intellectuel,
le Centre Émotionnel et le Centre Moteur-Instinctif-Sexuel,
c'est-à-dire qu'il possède Trois Cerveaux.
N'importe quel Moi a un mental embouteillé, il a
une volonté embouteillée, c'est une personne
complète. Il existe ainsi, à l'intérieur
de nous, beaucoup de personnes ; à l'intérieur
de chaque personne vivent beaucoup de personnes : les agrégats
psychiques...
Ainsi,
quelle que soit l'amitié que nous ayons, elle mérite
d'être dûment traitée. Par exemple, vous
avez un ami ; il y a des choses de votre ami qui vous plaisent
et il y a des choses en lui qui vous déplaisent.
Vous êtes amis d'un quelconque Moi de votre ami, ou
de quelques Mois de votre ami ; mais il y a d'autres Mois
de votre ami qui vous dérangent, qui vous causent
de l'antipathie (car nous devons prendre en compte que dans
chaque personne se manifestent beaucoup de personnes). Vous
êtes habituellement amis de certains agrégats
de tel ou tel ami, de telle ou telle personne, mais vous
n'êtes pas amis de tous les agrégats de l'ami
en question.
C'est
pourquoi on dit : « Chez cet ami, il y a des choses
qui me plaisent et il y a des choses qui me déplaisent
; il a de bons côtés, il a de mauvais côtés
». C'est la façon que nous avons de parler
; cela dépend, en effet, du type d'agrégat
dont on parle à un moment donné.
Alors,
l'amitié que nous ressentons pour les autres n'est
pas complète. Nous ressentons de l'amitié
seulement pour quelques agrégats de cette personne,
mais nous ne ressentons pas d'affection pour les autres
agrégats de cette autre personne.
Il
se peut que cette personne physico-psychologique que nous
estimons ait des agrégats psychologiques que nous
n'estimons pas et, à certains moments, cette personne
nous « semble pénible », précisément
parce que d'autres agrégats sont en train de s'exprimer,
avec lesquels nous n'avons pas d'amitié. C'est la
crue réalité des faits !...
Si
nous avions un Moi permanent, nous dirions : « Je
suis tout à fait en affinité avec mon ami
untel, complètement en affinité avec lui »
(nous ne lui trouverions rien à redire, ni aucune
espèce de défaut). Mais, étant donné
qu'il n'a pas un Moi permanent, mais beaucoup de Mois, alors
lequel de ces agrégats ou lequel de ces Mois de l'individu
untel estimons-nous ? Ce ne sera pas tous ! C'est pourquoi
nous avons besoin d'ÊTRE COMPRÉHENSIFS dans
le domaine des relations mutuelles.
Pourquoi
les amis se disputent-ils ? Simplement parce qu'intervient
subitement dans la personnalité un agrégat
qui n'est pas ami de l'ami, alors arrive la discorde. Mais
si, plus tard, cet agrégat se retire et qu'un autre,
qui est ami de l'ami, intervient, ils font la paix !
Comme
les amis sont donc sots ! Ils ne sont pas complets, et ils
ne sont pas complets parce qu'ils ne sont pas compréhensifs
; ils ne comprennent pas la question de la « PLURALITÉ
DU MOI » ; sinon, ils seraient complets, ils sauraient
excuser les défauts de l'ami et ne se fâcheraient
pas contre lui. Il nous manque cette connaissance pour ne
pas nous fâcher contre nos amis, pour nous rendre
plus conscients de cela. Ainsi, nous améliorons les
relations mutuelles, la vie en commun.
Il
existe des SYMPATHIES qui (pourrions-nous dire) sont MÉCANIQUES
et DES ANTIPATHIES MÉCANIQUES. Elles ne servent ni
les unes ni les autres, car elles sont mécaniques.
Parfois, nous disons : « Untel m'agace » ; mais
qu'est-ce qui « nous agace » chez untel ? Un
agrégat psychique qui n'est probablement pas notre
ami ; c'est tout. Alors, nous ne devons pas essayer de sympathiser
de force avec quelqu'un que nous trouvons antipathique,
mais avant tout, découvrir quelle est la cause de
l'antipathie ; et lorsque nous découvrons, par la
réflexion, que cette antipathie est mécanique,
l'antipathie disparaît alors d'elle-même et
il reste la sympathie.
Mais
comment pourrions-nous, ou quelle base pourrait nous servir
pour arriver à la conclusion qu'une antipathie est
mécanique ? Je dis qu'il faut simplement comprendre
la Pluralité du Moi. Il est indubitable qu'à
l'intérieur de toute personne vivent beaucoup de
personnes. Il y a des fois où s'expriment des agrégats,
par exemple, chez une certaine personne, chez un certain
individu, qui ne nous plaisent pas, et c'est mécanique.
Réfléchissons
que chez cette personne qui « nous agace »,
il y a aussi des agrégats qui peuvent sympathiser
avec nous et être serviables et amis ; que les agrégats
qui se manifestent chez un sujet untel ne sont pas tous
désagréables pour nous : chez un sujet untel
que nous n'aimons pas peuvent se manifester des agrégats
qui, eux, nous plaisent. Si nous réfléchissons
à cela, si nous comprenons ce point de vue de la
Pluralité du Moi, alors disparaît l'antipathie
mécanique qui est si préjudiciable car elle
développe de plus en plus les éléments
psychiques inhumains qui sont en relation avec le Centre
Émotionnel Négatif.
Plus
nous allons éliminer les agrégats du Centre
Émotionnel Négatif, plus le Centre Émotionnel
Supérieur va se développer en nous. Cependant,
je dis que le Centre Émotionnel Supérieur
est grandiose ; il est plus puissant que l'Intellect. Avec
le Centre Émotionnel Supérieur, nous pouvons
comprendre la nature du Feu...
Les
livres sacrés sont écrits avec des charbons
ardents, c'est-à-dire avec du Feu. Le LANGAGE de
la Bible, par exemple, est PARABOLIQUE ; C'EST LE LANGAGE
DU CENTRE ÉMOTIONNEL SUPÉRIEUR. Les Expériences
Mystiques et hors du corps sont évidemment paraboliques
et elles ne peuvent être comprises qu'avec le Centre
Émotionnel Supérieur. On peut parfaitement
connaître les Mystères de la Vie et de la Mort
grâce au Centre Émotionnel Supérieur
; c'est évident.
Je
vous ai dit que « la Monade est ce qui est le plus
important en nous ; plus nous allons éliminer les
éléments psychiques inférieurs, plus
nous allons recevoir les radiations de la Monade ».
Cette Monade est ATMAN-BOUDDHI. Atman est « l'Ineffable
», il reçoit la force qui vient du Démiurge
Créateur ; le Démiurge, à son tour,
la reçoit de l'Adi-Bouddha, la Séité
Inconnaissable.
Atman,
en tant que dédoublement du Divin Architecte de l'Univers,
est Ineffable ; c'est ce qu'on pourrait appeller le «
PARAMATMAN » ou le « SHIVA-TATTVA ». Bouddhi,
bien qu'elle soit très spirituelle, est plus corporelle,
plus concrète qu'Atman.
Il
est clair que Bouddhi-Éros, en tant que Principe
Igné, va se rendre chaque fois plus évidente
pour nous. Ses radiations vont nous parvenir de plus en
plus profondément, à mesure que nous allons
dissoudre les émotions négatives du Centre
Émotionnel et à mesure que le Centre Émotionnel
Supérieur va se développer.
Atman-Bouddhi
est la Monade ; elle est la réalité à
l'intérieur de nous, ce qui compte, l'ÊTRE
RÉEL en nous.
Nous
devons lutter en éliminant les émotions négatives
pour nous rapprocher de plus en plus de la Monade, et la
Monade, précisément, nous aide, car de Bouddhi
émane Éros (cette FORCE SEXUELLE extraordinaire
avec laquelle nous pouvons désintégrer les
agrégats psychiques dans la FORGE DES CYCLOPES).
Qu'adviendrait-il
de nous sans Éros ? À Éros s'oppose
ANTÉROS (les Puissances du Mal), qui ne sont pas
à l'extérieur de nous, mais au dedans de nous,
ici et maintenant (Antéros, ce sont tous ces agrégats
du Centre Émotionnel Inférieur).
Si
nous éliminons les émotions négatives
et développons le Centre Émotionnel Supérieur,
nous pénétrerons chaque fois davantage dans
l'essence du Feu, nous nous rapprocherons de plus en plus
de notre Monade Intérieure qui nous a toujours souri.
N'oubliez
pas qu'à son commencement, le Centre Émotionnel
est pur, radieux. Les émotions inférieures,
situées dans les parties ou les points inférieurs
du Centre Émotionnel, constituent l'Émotionnel
Inférieur ; mais si nous éliminons les émotions
inférieures, alors tout le Centre Émotionnel
Supérieur devient parfait comme une fleur de Lotus
délicieuse.
En
tout cas, Atman est le rayon qui nous unit au Logos et à
l'Adi-Bouddha. Et la Force d'Adi-Bouddha et du Logoï
Intérieur parvient à Atman et reste contenue
dans Bouddhi, mais l'approche de Bouddhi est impossible
tant que nous avons des émotions négatives.
En d'autres termes : se rapprocher de la Monade sera difficile
si nous continuons avec les émotions inférieures.
Nous
ne devons pas accepter d'émotions inférieures
à l'intérieur de nous ; NOUS DEVONS CULTIVER
LES ÉMOTIONS SUPÉRIEURES : la musique ; nous
devons écouter Beethoven, nous devons écouter
Mozart, Liszt, Tchaïkovski ; nous devons apprendre
à peindre, mais ne pas peindre des tableaux infra-humains
: nous devons verser en eux nos sentiments les plus nobles.
Tout ce que nous faisons doit être valorisant et essentiellement
édifiant...
On
est rempli d'extase lorsqu'on contemple les colonnes corinthiennes
de l'Antiquité ou les marbres de Rome et d'Athènes
; les sculptures magnifiques d'une Isis brune dans la terre
des Pharaons, d'un Apollon, de la Vénus de Milo ou
de la chaste Diane.
On
est rempli d'extase, on vibre d'une émotion supérieure
lorsqu'on écoute, par exemple, la Lyre des temps
anciens ou lorsqu'on s'abandonne à la Méditation
profonde au sein de la Nature, lorsqu'on se promène
dans les ruines de l'antique Rome, lorsqu'on marche sur
les bords du Gange ou lorsqu'on tombe à genoux devant
le Gourou, dans les neiges perpétuelles de l'Himalaya.
C'est alors que vibre l'émotion supérieure...
Dans
les temps anciens, là-bas dans la Lémurie,
à l'époque où des rivières d'eau
pure de vie jaillissaient lait et miel, lorsque la Lyre
d'Orphée n'était pas encore tombée
en morceaux sur le pavé du Temple, le Centre Émotionnel
Supérieur vibrait intensément en chaque être
humain.
C'était
l'époque des Titans, l'époque où les
être humains qui peuplaient la face de la Terre pouvaient
voir l'AURA des mondes et percevoir plus de la moitié
d'un HOLTAPAMNAS dans les tonalités de couleur (nous
savons bien qu'un Holtapamnas a plus de cinq millions de
tonalités).
Mais
quand le Centre Émotionnel inférieur se développa
avec les passions violentes, avec la luxure, avec la haine,
avec les guerres cruelles entre frères, alors ce
sens s'atrophia ; l'humanité se retrouva dans ce
Monde Tridimensionnel d'Euclide.
L'heure
est venue de comprendre que ce n'est qu'au moyen du Centre
Émotionnel Supérieur qu'il est possible de
pénétrer plus profondément en nous-mêmes.
Si
nous procédons correctement, si nous apprenons à
vivre, si nous apprenons à nous mettre en relation
avec nos semblables d'une belle manière, nous nous
rapprocherons alors de plus en plus de la Monade Sacrée
et les différentes étincelles de Conscience
cosmique nous surprendront, elles deviendront de plus en
plus continues, jusqu'à ce qu'enfin, un jour, nous
ayons tous réellement la Conscience Éveillée,
la Conscience Superlative de l'Être, la Bouddhi...
Ce
jour-là, nous serons heureux ; ce matin délicieux,
nous serons totalement saturés par les vibrations
de Bouddhi et nous saurons vivre véritablement dans
un état de Conscience parfait.
Cette
conférence s'arrête ici. Je laisse maintenant
entière liberté à ceux qui sont ici
de m'interroger, de poser des questions sur ce thème,
mais sans sortir du sujet...
Disciple.
Maître, pourquoi vous prononcez-vous contre les vertus
?
Maître.
Tu vois bien COMME IL EST FACILE DE DÉFORMER L'ENSEIGNEMENT.
Tu le fais d'un coeur pur et sincère, mais après
que tu l'aies dit, un autre le déforme un peu plus,
et le troisième continue de le déformer encore
plus, et lorsque l'enseignement parviendra à toute
l'Amérique, on dira : « Samaël Aun Weor
est contre les vertus, plus de vertus ! ». C'est ainsi
que se déforme l'Enseignement et c'est ainsi que
s'est déformé l'Enseignement de tous les Frères
Majeurs qui ont aidé l'Humanité.
Que
reste-t-il du Bouddhisme, peux-tu me le dire ? Gautama Sakyamuni
s'est prononcé contre l'abominable Organe Kundartigateur
; toute sa Doctrine a été contre les mauvaises
conséquences de cet abominable « Organe ».
Aujourd'hui, nous avons un Évangile Bouddhiste complètement
déformé ; il ne reste plus rien ou presque
plus rien de l'ancien Bouddhisme : tout a été
déformé...
JE
NE SUIS PAS EN TRAIN DE ME PRONONCER CONTRE LES VERTUS.
J'explique : nous devons penser correctement. L'eau est
utile, elle est magnifique, elle est bonne dans le lavabo,
elle est bonne dans son récipient, dans la baignoire
; mais que diriez-vous de l'eau inondant la salle, les chambres
? Là, ça changerait tout, n'est-ce pas ? Ce
serait mauvais... Le Feu est bon dans la cuisine ; il est
aussi magnifique ici, sur les bougies, mais si, en ce moment,
le Feu était en train de brûler cette maison
et qu'arriveraient les pompiers, que dirions-nous ? Ce serait
une calamité, n'est-ce pas ? Ainsi, toute vertu est
bonne à sa place, mais en dehors de sa place, elle
est mauvaise... C'est bien qu'un missionnaire (comme vous)
donne l'Enseignement, qu'il le divulgue de partout, mais
si au lieu de divulguer l'Enseignement aux différentes
personnes, par là dans les rues ou dans les lumisials,
ou dans les maisons des familles, il le divulguait dans
des maisons closes, cela serait-il correct ? Ce serait mal,
n'est-ce pas ? Le Missionnaire se convertirait alors en
quoi ? En mauvaise personne, n'est-ce pas ? Très
bien, mais je ne veux pas dire que le Missionnaire soit
une mauvaise personne, TOUT DÉPEND DE L'USAGE qu'il
fait de ses vertus.
L'argent
en soi n'est ni bon ni mauvais, tout dépend de l'usage
qu'on en fait : si on l'emploie pour le bien, il est bon,
si on l'emploie pour le mal, il est mauvais.
Il
en va de même pour les vertus ; elles sont précieuses
; ce sont des gemmes ineffables ; il est clair que chaque
défaut psychologique éliminé laisse
le champ libre pour la cristallisation d'une vertu. Mais
les vertus, hors de leur place, sont mauvaises ; on peut
aussi causer beaucoup de tort avec elles, non seulement
aux autres, mais on peut aussi se faire du tort à
soi-même avec ses propres vertus si on ne sait pas
les utiliser. Je veux que vous compreniez très clairement
cela, mes frères.
Que
dire de la violence ? La violence est-elle bonne ou non
? Que me répondez-vous ? Quelle est la réponse
?
D.
Qu'elle est mauvaise ?
D.
Qu'elle est bonne et mauvaise...
M.
La réponse que tu donnes est plus logique...
D.
[...] si on applique la violence dans le sens de la défense,
elle est bonne pour nous. Mais si on l'applique d'une manière
instinctive, alors là, elle nous porte préjudice...
M.
En substance, ce que tu dis est correct. Mais il faut le
détailler. Évidemment, la violence entraîne
la violence et ce n'est pas conseillé, mais voyons
cela : un homme est avec sa femme et ses enfants ; il a
aussi de grandes filles (des jeunes femmes) ; soudain, un
groupe de bandits décident d'attaquer la maison pour
violer son épouse, violer ses filles, incendier la
maison et voler. Mais il y a là un homme : le mari.
Il est désolé lorsque les bandits pénètrent
dans la maison (il est conscient de cela), mais au lieu
d'empoigner une arme pour la défense de son foyer,
il bénit les bandits (car il est sur le Chemin, il
est sur le Sentier) : « Que Dieu vous bénisse,
frères de mon Âme ! Ne commettez pas ce crime
horrible de violer ma femme (alors qu'ils sont en train
de la violer), de violer mes filles (alors qu'ils sont en
train de les violer), de voler mon argent (pendant qu'ils
sont en train de dérober les derniers pesos), d'incendier
ma maison (lorsqu'ils sont en train d'y mettre le feu),
ne faites pas cela, mes petits frères, car vous aurez
beaucoup de karma à payer ; cependant je suis disposé
à vous bénir tous »...
Supposons
qu'il sorte vivant de ce conflit, les bandits ayant eu pitié
de lui. Comment se retrouverait cet homme devant les autorités
et devant la Divinité ? Les autorités... je
crois qu'ils le jugeraient pour avoir été
complice du délit ; cela s'est déjà
vu dans le Code Pénal ; cet homme mérite la
prison, n'est-ce pas ? Pour sa lâcheté et parce
qu'il s'est converti en complice du délit ; il est
évident qu'il mérite la prison, il s'est converti
en complice, c'est un lâche...
Alors
dans ce cas, quel est le devoir de cet homme ? Il est sur
le Sentier, c'est un Initié, il veut être Mahatma
ou je ne sais quoi d'autre, quel est son devoir ? Mourir
sur le champ de bataille pour défendre sa famille
de n'importe quelle façon, mourir en se battant,
mais mourir, s'il doit mourir, mourir en accomplissant son
devoir d'homme ; c'est son devoir ! Ou que dire, par exemple,
d'un militaire (et nous avons ici notre frère, le
Lieutenant Colonel M. R. T.), que dire par exemple, ou que
dirait notre frère qui est militaire, si la Patrie
est soudainement menacée, si les « gringos
» viennent nous envahir, piller, violer, incendier,
voler, et que l'Armée dise : « Nous ne nous
battons plus, que Dieu bénisse tous ces envahisseurs
; s'ils incendient, ce sera leur karma. Que Dieu les bénisse,
nous ne nous battons pas »... S'ils se croisent les
bras en donnant leurs bénédictions et en priant
pour les bandits qui sont en train d'attaquer, que dire
d'une armée comme celle-là ?
D.
[...]
M.
Comment ?
D.
Immédiatement, c'est une trahison envers la Patrie...
M.
Une haute trahison ! C'est évident. Une haute trahison
! Condamnable non seulement par les juges de la Terre, mais
aussi par la Divinité. Quel est, alors, le devoir
de l'armée à ce moment là ?
D.
Attaquer, défendre...
M.
Défendre, ils doivent employer les armes ! De sorte
que les armes, en elles-mêmes, ne sont ni bonnes ni
mauvaises, tout dépend de l'usage que l'on en fait
: si on les utilise pour le bien, elles sont bonnes, mais
si on les utilise pour le mal, elles sont mauvaises ; ça
dépend.
Ainsi
donc, cette question des vertus est une chose à laquelle
on doit beaucoup réfléchir, énormément,
car avec les vertus, on peut non seulement faire du tort
aux autres, mais aussi à soi-même... Voyons,
tu veux poser une question, frère ?
D.
Je n'ai pas compris pourquoi, dans « Le Ramayana »,
Krishna incite Arjuna à combattre ses parents ? Je
n'ai pas su interpréter cela [...] je n'ai pas compris
cela.
M.
Bon, vive, vive, vive Krishna pour ses paroles d'encouragement
qu'il donne à Arjuna ! Et vive cette bataille contre
les parents, c'est merveilleux ! Moi-même, je suis
d'accord : Allons combattre tous les parents ! Dégainons
l'épée et allons contre tous !...
Est-ce
que tu sais quels sont ces « parents » ? Eh
bien, ce sont tous les agrégats psychiques que nous
portons à l'intérieur de nous ; il faut se
battre contre eux très durement, bien que ça
nous fasse mal ; ce sont nos « parents », mais
il faut « leur faire la peau » et sans pitié
! Voyons, parle...
D.
Maître, excusez-moi, une question : quelle interprétation
peut-on donner [...]
M.
Comment ?
D.
Quelle interprétation peut-on donner à l'Enseignement
de l'Évangile qui dit : « Si on te frappe sur
une joue, tends l'autre joue » ?
M.
C'est ainsi ! Je vous assure que si quelqu'un vient me «
gifler », je lui tendrai alors l'autre joue pour qu'il
me « gifle » plus durement. Il n'y a pas de
problème. Mais s'il y a un groupe d'enfants près
d'ici ou si je suis ici le Gardien du Temple (que j'occupe,
par exemple, le poste de notre frère) et qu'à
ce moment-là arrive un groupe de bandits pour vous
« faire la peau », moi, je « risque ma
vie » ; c'est pour ça qu'ici, il y a l'épée
; et s'ils me frappent ou s'ils prennent le dessus, je meurs
sur le champ de bataille. Quel est le devoir d'un Gardien
du Temple ? Dis-moi, voyons... réponse ?
D.
Défendre, au risque de sa vie, les personnes que
l'on garde.
M.
Correct ! En ce moment, tu es le Gardien du Temple et si
quelqu'un vient nous attaquer, qu'une foule arrive, qu'une
bande vienne attaquer les frères, tu dois perdre
ta vie, s'il le faut, parce que tu es le Gardien du Temple.
De
sorte qu'une chose est une chose, et autre chose est autre
chose. C'est une chose que nous bénissions nos ennemis,
que nous rendions le bien pour le mal, que nous tendions
la joue droite pour qu'on nous « gifle » plus
durement, et c'est autre chose que d'accomplir notre devoir
lorsque vient l'heure de l'accomplir, de défendre,
de savoir défendre ceux dont nous avons la charge.
Compris ?... Y a-t-il une autre question ?... Oui, mon frère...
D.
Vénérable, en parlant des vertus, peut-on
considérer que, dans beaucoup de cas, une vertu peut
créer une dépendance psychologique ?
M.
Une vertu, quand on ne sait pas l'utiliser, peut créer
des dépendances psychologiques, elle peut nous convertir
en tyran, elle peut nous faire faire un faux pas, etc. Par
exemple, combien de juges qui avaient la vertu de l'accomplissement
du devoir envoyèrent, à l'époque de
la Révolution Française, des innocents à
l'échafaud ? Il y eut des bourreaux dont le devoir
était de décapiter beaucoup de gens avec la
guillotine, et ils accomplirent ce devoir qu'ils avaient
(avec la « Vertu du Devoir »), et ils les décapitèrent,
ils firent tomber la lame sur leur cou, cela est-il correct
? Que faut-il en penser, alors ?
Il
faut apprendre à manipuler les vertus ; non pas qu'elles
soient sous-estimables ; ce sont des gemmes précieuses,
elles affleurent en nous à mesure que les agrégats
psychiques sont éliminés.
Mais,
chaque chose à sa place... Nous avons déjà
dit que le feu est bon dans la cuisine, mais pas dans le
salon, et que l'eau est bonne dans le lavabo, mais qu'il
n'est pas bon qu'elle envahisse les chambres... Une vertu
est bonne à sa place et mauvaise quand elle est hors
de sa place. C'est tout. Il faut être plus équilibrés,
plus réfléchis, plus matures ; c'est évident.
Par exemple, l'antipathie mécanique est absurde.
Mais cela ne sert à rien de lutter contre l'antipathie
mécanique, cela ne sert à rien, par exemple,
de dire : « Cette personne me tape sur le système...
Mais, puisque je suis dans la Gnose, je vais voir comment
devenir ami de cette personne », et se forcer à
lui sourire artificiellement, car il s'avère que
ce sourire, loin d'être un sourire, est une grimace
tragique...
Non
! Ce qu'il faut faire, c'est la dissection de cette antipathie
mécanique afin de voir pourquoi cette personne «
nous tape sur le système ». Cela requiert beaucoup
d'auto-réflexion, beaucoup d'auto-observation psychologique,
beaucoup de méditation, et finalement, nous allons
en découvrir la cause.
Une
fois que nous aurons découvert cette cause, nous
la désintégrerons avec l'aide de la Mère
Divine Kundalini, avec l'aide du Feu Sacré. Alors,
affleurera en nous la vertu de la sympathie envers cette
personne. Une vertu : la sympathie envers cette personne
qui, auparavant, « nous tapait sur le système
». Il faut donc se rendre conscient de tout, vivre
une vie consciente, une vie plus mature, moins mécanique...
Voyons, frère...
D.
Maître, la vertu peut-elle s'apprendre ?
M.
S'apprendre ? Mais alors, jamais ! Ce sont des gemmes précieuses
ou des fleurs de l'Âme qui naissent en nous quand
nous avons éliminé tel ou tel défaut
psychologique.
Par
exemple, si nous éliminons la colère, surgit
en nous la douceur ; si nous éliminons la luxure,
à sa place surgit la vertu de la chasteté
; si nous éliminons la haine, à sa place surgit
la vertu de l'Amour ; et à mesure que nous allons
éliminer les défauts psychologiques, les vertus
vont surgir à leur place. C'est pourquoi nous disons
qu' « IL FAUT CRISTALLISER L'ÂME EN NOUS »
et l'Âme est un pur Feu Universel. Ce Feu divin, ce
Feu ineffable doit venir se cristalliser peu à peu
en nous. Mais nous ne pourrons faire cristalliser l'Âme
en nous si nous n'éliminons pas nos défauts
de type psychologique.
À
mesure que nous allons éliminer chaque agrégat
psychique, à la place se cristallisera soit une vertu,
soit un pouvoir, soit une loi, etc. Cela s'appelle «
Cristalliser l'Âme ». Et lorsque tous les agrégats
seront finalement éliminés, il ne restera
en nous que l'Âme ; le corps lui-même deviendra
Âme.
Qu'est-ce
que le corps d'un Mutant ? C'est un corps qui est devenu
Âme. Mais pour Cristalliser l'Âme en nous (qui
est un pur Feu vivant), il est forcément nécessaire
d'éliminer les agrégats psychiques. Et cela
n'est possible qu'en passant par de GRANDES CRISES ÉMOTIONNELLES.
Ce
n'est pas une question purement intellectuelle. Non ! Pour
éliminer un agrégat psychique, on doit passer
par de terribles repentirs, pleurer, se désespérer,
se rouler par terre et même se fouetter s'il le faut.
Il faut souffrir énormément, se repentir,
passer, je le répète, par de terribles chagrins.
Si on ne passe pas par ces crises émotionnelles,
alors on ne désintègre pas ce que l'on doit
désintégrer, on ne cristallise pas les vertus
et on ne cristallise pas l'Âme.
Mais,
lorsque quelqu'un parvient à cristalliser l'Âme
et se convertit totalement en Âme, il resplendit alors
glorieusement ; il est une flamme de plus du Grand Brasier
qui brûle dans l'Aura Magnifique de l'Univers. C'est
ce que nous enseigne la Doctrine du Feu, et c'est ainsi
que nous devons la comprendre... Une autre question ?
D.
Maître, Éros est un Feu en nous, et la Mère
Divine est aussi un Feu en nous ; comment fait-on pour que
Éros [...] en amenant ce Feu à son maximum
[...] qu'il ne nous échappe pas comme de l'eau ?
M.
Qui, quoi ?
D.
Qu'il ne nous échappe pas...
M.
C'est que Éros est un Feu, le Feu Sexuel qui émane
de la Monade. La Monade, à son tour, le reçoit
du Logos. Ce Feu érotique surgit concrètement
à la manifestation de la Walkyrie, de la Bouddhi.
Il ne s'échappe pas si on ne renverse pas le Vase
Hermétique, lorsque le Vase qui contient «
l'Huile » demeure indemne. Mais, si on renverse le
Vase d'Hermès, ce Feu érotique s'échappe,
se perd, et alors avec quoi va-t-on travailler ? Nous avons
besoin du pouvoir de la Monade si nous voulons réussir
à éliminer les agrégats psychiques.
C'est ainsi qu'on doit l'entendre, ainsi qu'on doit le comprendre...
Y a-t-il autre chose que vous voulez demander ?...
D.
Jusqu'où ce Feu doit-il être agité ?...
M.
Doit-il être quoi ?
D.
Jusqu'où doit-on travailler avec ce Feu ? Doit-il
être utilisé de manière plutôt
rythmique ou peut-on arriver jusqu'à [...] en Feu
?
M.
LE FEU se manifeste ou DOIT ÊTRE UTILISÉ (pour
être plus clair) DURANT TOUT LE TRAVAIL ÉSOTÉRIQUE
DE MANIÈRE PARFAITE, RYTHMIQUE. Car il y a des temps
de plus et des temps de moins ; il y a des temps de Mahamanvantaras
particuliers et des temps de Mahapralayas particuliers ;
des temps d'activité et des temps de repos...
À
chaque époque d'activité, succède une
PAUSE MAGNÉTIQUE CRÉATRICE ; car dans tout,
il existe le biorythme... Voyons, mon frère...
D.
Maître, pour revenir à la question des crises
émotionnelles que vous avez mentionnée, serait-il
incongru qu'une personne qui est réellement intéressée
à faire le Grand Oeuvre demande à l'Être
de la faire passer par ces « crises émotionnelles
» ?
M.
L'Être est l'Être et il a beaucoup de parties,
à quelle partie de l'Être te réfères-tu
?
D.
Au moins à notre Entraîneur psychologique,
à notre Anubis particulier...
M.
Chaque partie de l'Être mérite qu'on y réfléchisse,
car nous savons très bien que de la Flamme unique
émanent les sept Flammes, et les sept Flammes se
multiplient par sept ; et ainsi de suite, ça continue
comme ça par sept, etc.
De
telle sorte qu'une partie de l'Être fait seulement
une seule partie du travail ; mais les autres parties de
l'Être doivent aussi travailler, c'est évident
; chaque Flamme est obligée de travailler. Mais,
évidemment, c'est la Mère Divine Kundalini
(l'Épouse de Shiva) qui est réellement obligée
de réaliser le maximum du travail ; quant aux CRISES
ÉMOTIONNELLES, c'est le domaine du Centre Émotionnel
Supérieur, ça relève de la COMPRÉHENSION.
Quand
on comprend comme on a été absurde, quand
on se rend compte qu'on n'est autre qu'une loque humaine
qui ne vaut rien, alors surgit le repentir pour tous les
délits commis, et c'est de là que vient la
crise émotionnelle naturelle, non feinte, mais véritablement
ressentie ; c'est tout...
D.
Maître, lorsqu'on dit que « l'eau est l'habitacle
du Feu », est-ce qu'on veut dire que le Feu provient
de l'Eau, ou est-ce le Feu le premier élément
qui donne vie aux autres éléments ?
M.
Tu peux analyser l'eau. On trouve la formule H2O. Mais cet
H2O serait incomplet sans le Fohat ; à la formule,
il faut ajouter le Fohat. De sorte que l'eau ne pourrait
exister sans l'élément feu qui est ce qu'il
y a de primordial, de fondamental.
Quand
le Feu se condense, il le fait d'abord dans l'air, ensuite
dans l'eau et enfin dans la terre. Tu peux connaître
les éléments chimiques de l'Eau (l'H2O) ;
tu peux connaître les éléments chimiques
de la terre et savoir que le Carbone est important ; tu
peux connaître les éléments chimiques
de l'air et savoir ce que sont l'Azote et l'Oxygène,
mais quels sont les éléments chimiques du
Feu ? Qui a analysé cette substance, quelle est sa
formule ? Il est très mal connu, pourquoi ? Parce
que c'est la vive expression de la Séité,
c'est la réflexion du Logos dans l'Univers. De sorte
que tout sort du Feu. Et si nous ne travaillons pas avec
le Feu pour désintégrer nos défauts
psychologiques, nous marcherons sur le chemin de l'erreur...
D.
Maître, on dit alors que Lucifer est [...] Quelle
est la relation entre Lucifer et la Mère Divine,
en nous, et avec le travail dans la Forge ?
M.
Luci...
D.
[...]
M.
Lucifer est le Feu, c'est le Fohat, c'est le Soufre des
Alchimistes médiévaux. Évidemment,
c'est la réflexion du Christ Cosmique ou du Vishnou
qui est en nous, à l'intérieur de nous. Il
descend évidemment jusqu'aux profondeurs de nous-mêmes.
En matière d'Ésotérisme Christique,
nous disons qu'il est « le Diable », lorsque
nous n'avons pas encore éliminé les agrégats,
car c'est en lui que se reflètent alors tous nos
défauts. Mais si nous désintégrons
nos agrégats psychiques, il resplendit et s'intègre,
et il fera partie intégrante de nous pour nous transformer
et nous convertir en mutants. Qu'est-ce qu'un mutant ? C'est
un Homme intégré à Lucifer (c'est un
Mutant).
Lucifer
nous donne tous les pouvoirs : il nous donne l'ÉLIXIR
DE LONGUE VIE, il nous donne LE POUVOIR SUR LES ÉLÉMENTAUX
du Feu, de l'Air, de l'Eau et de la Terre. Mais pour que
Lucifer resplendisse en nous, pour qu'il s'intègre
à nous, il faut d'abord le blanchir. C'est pourquoi
les Alchimistes Médiévaux disent : «
Brûle tes livres et blanchis le laiton »...
Il faut blanchir le laiton, nous avons besoin de blanchir
le Diable... Chacun de vous possède un Diable noir
comme du charbon, horrible ; vous avez besoin de le blanchir,
et vous pouvez seulement le blanchir (chacun d'entre vous)
en désintégrant vos agrégats psychiques.
Le
jour où vous le ferez, vous vous intégrerez
à lui et lui à vous, et il vous livrera le
Trésor Caché, la Toison d'Or, et il vous donnera
tous les pouvoirs ; avant, ce n'est pas possible, compris
?... Une autre question ?
M.
Bon, parle plus clairement car je ne t'entends pas ; «
redis-moi ça plus lentement », plus clairement,
plus lentement et plus fort.
D.
Maître, quand le repentir ne surgit pas, quelle que
soit la détermination que nous y mettons, à
cause de la multiplicité de l'Ego, pour ainsi dire,
le fait de nous punir comme le faisait Saint Antoine ou
Saint François, alors cela pourrait-il être
une méchanceté (en apparence) qui puisse nous
aider sur le Chemin de l'Auto-réalisation, à
éliminer un agrégat psychique déterminé
?
M.
Bon, il n'y a pas de dogme en cela. Dans ce domaine, il
y a des inventaires : des sommes et des restes, des multiplications
et des divisions. Il faut savoir ce que nous avons en trop
et ce qui nous manque, sans dogme. En premier lieu, il faut
savoir si le repentir ne surgit pas en nous ; s'il ne surgit
vraiment pas, c'est parce que nous sommes pervers. Car lorsqu'il
surgit en nous, c'est qu'il n'y a plus de perversité.
Mais s'il ne surgit pas, c'est parce que nous sommes trop
mauvais, trop pervers.
Évidemment,
mes chers frères, qu'est-ce qu'il y a dans le repentir
? Certains le traduisent d'une manière et d'autres
d'une autre manière : il y a des gens qui disent
que « c'est changer la manière de penser »
et ils citent des termes grecs, etc., et j'en passe. Pardonnez-moi
ma franchise, mais je ne suis pas d'accord avec ces opinions.
En
réalité, lorsque quelqu'un se trouve vraiment
face à face avec sa propre Monade Divine (qui émane
du Soleil Sacré Absolu), qu'il regarde ce qu'il a
au fond de lui et qu'il se rend compte de toutes ses atrocités,
il éprouve du repentir ; il travaille avec du repentir,
il passe par des crises émotionnelles.
Mais
quand quelqu'un s'est tellement éloigné du
Soleil Sacré Absolu que les Émanations, les
Ondulations Cosmiques du Soleil Sacré Absolu ne l'atteignent
plus car il a trop dévié, il est tombé
dans la Magie Noire, c'est un cas perdu ; dans ce cas, c'est
quelqu'un de mauvais. Et ce quelqu'un de mauvais, devra
se mortifier beaucoup lui-même ; il aura besoin de
passer par d'horribles pénitences, c'est évident
; il aura besoin d'être très sincère
envers lui-même, énormément sincère,
pour pouvoir véritablement désintégrer
les agrégats psychiques inhumains qu'il porte en
lui-même.
Mais
avant tout, s'il n'est pas parvenu au repentir, c'est parce
que c'est quelqu'un de mauvais, un pervers. Il est parvenu
à la perversité. Car la méchanceté
est une chose, et la perversité est autre chose :
le pervers n'a plus de remords, ni de repentir. C'est un
cas perdu, les Ondulations Cosmiques du Soleil Sacré
Absolu ne l'atteignent plus. C'est pourquoi il ne ressent
ni remords, ni repentir, il devient cynique et se convertit
en habitant du Règne Minéral Submergé,
admis dans le Monde des 96 Lois. C'est tout.
Mais
comment faire, dans ce cas, pour parvenir à ce que
celui qui n'a pas de repentir se repente ; je le répète
: il aura besoin de faire appel à beaucoup de force
de réflexion pour analyser ses défauts psychologiques,
et même faire certaines pénitences rigoureuses
et se discipliner, etc.
Bon,
j'ai fini ! Une autre parole, une autre question ?
D.
[...] la question de Lucifer, je voudrais savoir où
j'ai eu cette inquiétude : je me rappelle que d'après
ce que vous nous dîtes [...] nous avons 3% de Conscience
libre, en ce moment ; cela pourrait dire qu'il y a une partie
de notre Lucifer qui n'est pas noire. Alors si nous voyons,
admettons, comme Faust [...] comment, lui, il appelle son
Lucifer, son Divin Daïmon [...] c'est la même
formule pour travailler avec lui ou pour l'invoquer ici...
M.
Bon, derrière cette question, il y a un ressort de
curiosité, dans le fond ; dans le fond, il y a un
ressort de curiosité. Tu aimerais travailler avec
lui, simplement parce que tu as beaucoup entendu parler
de lui (on parle de Goethe, on parle du Dr Faust, enchanteur
et mage), on le cite dans tant de textes qu'il vaut bien
la peine d'essayer d'être ami avec lui. Mais, je vous
demande à vous qui êtes ici : y a-t-il quelqu'un
qui soit prêt à [...]
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