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102. Racines Lucifériennes du Grand Oeuvre (Le Magnus
Opus et le Grand Oeuvre)
Samaël Aun Weor
Conférence intitulée "RAÍCES LUCIFÉRICAS
DE LA GRAN OBRA (El Magnus Opus o la Gran Obra)"
Chers
frères : aujourd'hui nous nous trouvons réunis
ici dans le but d'investiguer, d'étudier et de définir
le chemin qui doit nous conduire à la Libération
finale.
Les
anciens alchimistes médiévaux parlaient du
« Grand Oeuvre » et c'est assez intéressant...
Sur le sol des anciennes cathédrales gothiques, on
voyait par terre, une multitude de cercles concentriques
formant un véritable labyrinthe qui partait ou allait
du centre à la périphérie et de la
périphérie au centre. On a dit beaucoup de
choses sur les labyrinthes ; la tradition parle aussi du
labyrinthe de Crète et du célèbre Minotaure
Crétois.
Il
est certain qu'en Crète, on a trouvé récemment
un labyrinthe (ils l'appelaient « ABSOLUM »
comme pour parler de « l'ABSOLU »). «
ABSOLU » est le terme qu'utilisaient les alchimistes
médiévaux pour désigner la Pierre Philosophale.
Voilà donc un grand mystère.
Nous
avons besoin, comme Thésée, du FIL d'ARIANE
pour sortir de ce labyrinthe mystérieux. Évidemment,
il faut entrer et sortir du labyrinthe.
Au
centre, on retrouvait toujours le Minotaure. Thésée
a réussi à le vaincre (voilà la tradition
grecque). Nous aussi, nous avons besoin de le vaincre, nous
avons besoin de détruire l'Ego animal. Pour arriver
au centre du labyrinthe où se trouve le Minotaure,
il faut énormément lutter. Il y a d'innombrables
théories, des écoles de toutes sortes, des
organisations de tout type. Les unes disent que le chemin
est par ici, d'autres qu'il est par là, d'autres
qu'il est là-bas et nous devons nous orienter au
milieu de ce grand labyrinthe de théories et de concepts
antithétiques, si nous voulons vraiment arriver jusqu'à
son centre vivant, parce que c'est précisément
au centre, que nous pouvons trouver le Minotaure. Quand
on a réussi à parvenir au centre du labyrinthe,
on doit se débrouiller pour en sortir. Thésée,
grâce à un fil mystérieux (le «
Fil d'Ariane »), réussit à sortir de
l'étrange labyrinthe.
Cette
« Ariane » nous fait penser à HIRAM,
le Maître Secret dont parle la Maçonnerie occulte
et que nous devons tous ressusciter en nous-mêmes,
ici et maintenant. « Ariane » nous indique aussi
« l'Araignée », symbole de l'Âme
qui tisse sans cesse la toile du destin.
Par
conséquent, mes frères, l'heure est venue
de réfléchir...
Mais,
quel est réellement ce « Fil d'Ariane »
? Quel est ce fil qui sauve l'Âme, qui lui permet
de sortir de ce labyrinthe mystérieux pour parvenir
jusqu'à son Être Réel Intérieur
? On a beaucoup parlé de ce sujet ; les grands alchimistes
pensaient que c'était la Pierre Philosophale. Nous
sommes d'accord avec cela, mais nous allons un peu plus
loin : selon nos analyses, alors en vérité,
la Pierre Philosophale est symbolisée dans la Cathédrale
Notre-Dame de Paris par Lucifer (nous comprendrons maintenant
pourquoi la Pierre Philosophale se trouve dans le sexe lui-même).
Alors, dans le sexe, nous découvrons Lucifer.
Le
« Fil d'Ariane » est donc Lucifer qui doit nous
conduire jusqu'à la Libération finale. Ceci
paraît, pour ainsi dire, antithétique ou paradoxal,
parce que tout le monde considère que Lucifer (le
Diable, Satanas) est le mal. Nous avons besoin de l'auto-réflexion
évidente si nous voulons approfondir le Grand Arcane.
Ce Lucifer que nous trouvons dans le sexe est la Pierre
Vive, « la tête d'angle », la Pierre Maîtresse,
la Petite Pierre du Recoin (dans la Cathédrale de
Notre-Dame de Paris), la Pierre de la Vérité.
Il est donc indispensable d'approfondir un peu ces mystères
quand il s'agit de connaître le « Fil d'Ariane
»...
Je
vous rappelle à nouveau les célèbres
sanctuaires sacrés des Gnostiques Rose-Croix authentiques
(Ésotéristes du Moyen Âge) : lorsque
le néophyte était conduit au centre du Lumisial,
il avait les yeux bandés. Quelqu'un lui ôtait
le bandeau et alors le néophyte, abasourdi et perplexe,
considérait une figure insolite. Là, il se
trouvait en présence du BOUC de Mendès (figure
étrange, le Diable). Sur son front brillaient des
cornes et, sur sa tête une torche de feu (toutefois,
quelque chose indiquait qu'il s'agissait d'un symbole).
Dans le Lumisial de l'Initiation, le néophyte se
trouvait face à la figure de TYPHON BAPHOMET, la
terrible figure de l'Arcane 15 de la Kabbale, la torche
brûlant sur sa tête, brillait. En outre, l'Étoile
Flammigère à cinq pointes, avec l'angle supérieur
vers le haut et les deux angles inférieurs vers le
bas, nous indique qu'il ne s'agissait pas d'une figure ténébreuse.
On
ordonnait au néophyte de baiser le derrière
du Diable. Si le néophyte désobéissait,
on lui mettait de nouveau le bandeau et on le faisait sortir
par une porte secrète (tout ceci se passait à
minuit ; jamais le néophyte ne savait par où
il était entré ni par où il était
sorti, parce que les Initiés se réunissaient
toujours à minuit, en faisant extrêmement attention
pour ne pas être victimes de l'Inquisition). Mais
si le néophyte obéissait, alors dans ce cube
(sur lequel était assis la figure du Baphomet) s'ouvrait
une porte d'où sortait une Isis qui recevait l'Initié
bras ouverts, lui donnant aussitôt un saint baiser
sur le front. À partir de ce moment, ce néophyte
était un nouveau frère, un Initié de
l'Ordre.
Ce
Bouc, ce Typhon Baphomet, ce Lucifer, s'avère assez
intéressant, parce qu'il est l'énergie sexuelle,
l'énergie qu'il faut savoir utiliser si nous voulons
réaliser le Grand Oeuvre.
Vous
comprendrez maintenant pourquoi Typhon Baphomet, le Bouc
de Mendès, représente la Pierre Philosophale,
le sexe. C'est avec cette force terrible qu'il faut travailler.
Rappelons-nous que « L'Arche d'Alliance », dans
les temps anciens, avait quatre cornes de Bouc aux quatre
coins (correspondant aux quatre points cardinaux de la Terre)
et quand on la transportait, on la prenait, on la saisissait
toujours par ces quatre cornes).
Moïse
(sur le Sinaï) a été transformé.
Lorsqu'il est descendu, ceux qui étaient clairvoyants
l'ont vu avec deux rayons de lumière sur le front,
semblables à ceux du Bouc de Mendès. C'est
pourquoi Michel-Ange, quand il l'a ciselé sur la
pierre vive, a mis ces cornes symboliques sur sa tête.
C'est
parce que le Bouc représente la force sexuelle, mais
aussi le Diable ; mais ce Diable ou Lucifer est la même
puissance virile qui, dûment transmutée, nous
permet l'Auto-réalisation intime de l'Être.
C'est pourquoi on a dit que « Lucifer est le Prince
des Cieux, de la Terre et des Enfers ».
Dans
les anciennes cathédrales gothiques tout ceci était
prévu. Même le plan des temples était
organisé en forme de croix, et ceci nous rappelle
la « croisée », la « croix »,
le « creuset », etc. Nous savons que le madrier
vertical de la croix est masculin et que l'horizontal est
féminin. Dans le croisement des deux se trouve la
clé de tous les mystères. Le croisement des
deux est le « creuset » des alchimistes médiévaux,
dans lequel il faut « cuire » et « recuire
» et « cuire à nouveau » la matière
première du Grand Oeuvre. Cette « matière
première » est le sperme sacré qui,
une fois transformé, se convertit en énergie.
C'est avec cette énergie très subtile que
nous pouvons ouvrir un « chakra », éveiller
tous les pouvoirs occultes (magiques), créer les
Corps Existentiels Supérieurs de l'Être, etc.
Ceci est assez important, assez intéressant... La
croix, en elle-même, est un symbole sexuel. Dans la
croix se trouve le Lingam-Yoni du Grand Arcane. Dans les
deux madriers transversaux de la croix, il y a les empreintes
des trois clous. S'il est bien certain que ces trois clous
permettent d'ouvrir les stigmates de l'Initié (c'est-à-dire
les « chakras » des paumes des mains et des
pieds, etc.), ils symbolisent aussi, en eux-mêmes,
les TROIS PURIFICATIONS du Christ en substance (voilà
un autre mystère transcendantal).
En
tous cas, mes chers frères, réaliser le Grand
Oeuvre est la seule chose pour laquelle il vaut la peine
de vivre. Pierre, le disciple aimé de notre Seigneur
le Christ, a pour Évangile le Grand Arcane, les Mystères
du Sexe. C'est pourquoi Jésus l'a appelé «
Petrus » (PIERRE) : « Tu es Pierre et sur cette
Pierre je bâtirai mon Église ». Le sexe
est donc la Pierre de Base, la Pierre Cubique, la Pierre
Philosophale que nous devons ciseler, à l'aide du
burin et du marteau, pour la transformer en Pierre Cubique
parfaite. Cette Pierre non ciselée (la Pierre brute,
en elle-même) est Lucifer. Une fois ciselée,
elle est notre LOGOÏ INTERIEUR, « l'Arché
» des Grecs. Il est donc important de la ciseler,
de travailler avec elle, de l'élaborer, de lui donner
une forme cubique parfaite...
Parmi
les disciples du Christ, il y a de véritables prodiges
et merveilles. Rappelons-nous un instant saint Jacques,
ce grand Maître. On dit que c'est celui qui ressemblait
le plus au Grand Kabire Jésus ; on l'appelait «
le frère du Seigneur », et il est évident
qu'il disposait de grands pouvoirs psychiques, magiques.
Saint
Jacques fut le premier qui, après la mort du Grand
Kabire, célébra la Messe Gnostique à
Jérusalem.
Les
traditions racontent qu'il dût affronter le magicien
noir Hermogène, en Judée. Comme il connaissait
la haute magie, saint Jacques combattit sagement ce ténébreux.
Si ce dernier utilisait un « suaire » de merveilles,
par exemple, saint Jacques l'utilisait pour le contrecarrer
; et si Hermogène utilisait la canne magique, saint
Jacques en utilisait une autre semblable et, à la
fin, il vainquit le ténébreux sur les terres
de Judée. Cependant, il fut considéré
comme « Mage » (et il l'était, sans aucun
doute) et il fut condamné à mort. Mais quelque
chose d'insolite arriva : il se trouve que le sarcophage
de saint Jacques fut suspendu dans les airs, à ce
qu'on dit, et qu'il fut transporté vers l'ancienne
Espagne. Il est certain qu'on parle ici de Saint Jacques
de Compostelle et on dit que ce dernier « ressuscita
d'entre les morts et que sur cette terre il fut attaqué
par des démons (ayant l'apparence de taureaux), par
un feu vif ». Enfin, on dit beaucoup de choses sur
Saint Jacques.
Nicolas
Flamel, le grand alchimiste médiéval, eut
Saint Jacques de Compostelle comme Patron du Grand Oeuvre.
Sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle, il y a une
rue qui s'appelle la rue « Saint Jacques »,
et là il y a aussi une caverne qui s'appelle «
la grotte de la santé ». À l'époque
où les gens font des pèlerinages à
Saint Jacques de Compostelle, à cette même
époque, les alchimistes se réunissent (dans
cette grotte) : ceux qui travaillent dans le Grand Oeuvre,
ceux qui admirent non seulement Saint Jacques de Compostelle
(qu'ils prennent pour Patron Béni), mais aussi Jacques
de Molay.
C'est
là qu'ils se réunissent toujours à
l'époque des pèlerinages.
Par
conséquent, tandis que les gens rendent un culte
(exotérique, dirons-nous) à saint Jacques
de Compostelle, les alchimistes et cabalistes sont réunis
en assemblée mystique pour étudier la Kabbale,
l'Alchimie et tous les mystères du Grand Oeuvre.
Vous voyez les deux aspects (exotériques et ésotériques)
du Christianisme. Nul doute que tout cela nous invite à
la réflexion.
Jacques
de Molay, celui qui fut brûlé vif pendant l'Inquisition,
est considéré (par ces alchimistes et cabalistes
qui se réunissent dans la « grotte de la santé
») de la même façon qu'on considère
Hiram Abif comme le maître Secret qui doit ressusciter
en chacun de nous, et saint Jacques est considéré
comme le Patron béni du Grand Oeuvre, et c'est assez
intéressant...
Ce
qui nous intéresse, c'est de réaliser le Grand
Oeuvre, et c'est (je crois et je l'affirme avec une totale
certitude) la seule chose pour laquelle il vaut la peine
de vivre. Le reste n'a pas la moindre importance.
On
dit que le Patron saint Jacques, à Compostelle, apparaît
aux pèlerins avec le chapeau relevé vers le
haut, tenant dans la main le bâton (sur lequel brille
le Caducée de Mercure) et une carapace de tortue
sur la poitrine, comme pour symboliser l'Étoile Flammigère.
Je
vous conseille d'étudier « l'Épître
Universelle de saint Jacques », dans la Bible. Indubitablement,
elle est merveilleuse. Elle s'adresse à tous ceux
qui travaillent dans le Grand Oeuvre. Saint Jacques dit
que « la foi sans les oeuvres est une foi morte en
elle-même » (elle ne vaut rien). Vous pouvez
entendre ici, de ma bouche, toute la doctrine du Grand Arcane,
toutes les explications que nous donnons sur les alchimistes
et le Grand Oeuvre, mais si vous ne réalisez pas
ce Grand Oeuvre, si vous ne travaillez pas dans le Grand
Oeuvre, si vous avez seulement la foi, rien de plus, et
que vous ne travaillez pas, vous ressemblerez (dit saint
Jacques et je le répète) « à
l'homme qui regarde un miroir, qui voit son visage dans
la glace, qui tourne le dos et s'en va », en oubliant
l'incident.
Si
vous écoutez toutes les explications que nous donnons
et que vous ne travaillez pas dans la Forge des Cyclopes,
si vous ne fabriquez pas les Corps Existentiels Supérieurs
de l'Être, vous ressemblez à cet homme qui
se regarde dans un miroir, tourne le dos et s'en va, parce
que la foi sans les oeuvres ne vaut rien. Il faut que l'Oeuvre
soutienne la foi ; la foi doit parler par les Oeuvres.
Saint
Jacques dit : « il faut que nous soyons miséricordieux
». C'est évident, parce que si nous sommes
miséricordieux, les Seigneurs du Karma nous jugeront
avec miséricorde ; mais si nous sommes impitoyables,
les Seigneurs du Karma nous jugeront d'une manière
impitoyable. Et comme la miséricorde a davantage
de pouvoir que la justice, il est sûr que si nous
sommes miséricordieux, nous pourrons éliminer
beaucoup de karma (tout ceci nous invite à la réflexion).
Saint
Jacques dit : « nous devons réfréner
notre langue » (celui qui sait réfréner
sa langue peut réfréner tout son corps) et
il nous donne, en exemple, le cas du cheval (au cheval,
on lui met un frein dans la bouche, dans le museau, et c'est
ainsi que nous arrivons à le dominer, à le
manier). La même chose nous arriverait si nous réfrénions
notre langue ; nous deviendrions maîtres de tout notre
corps.
Saint
Jacques dit : « Regardez aussi les navires ; bien
qu'ils soient très grands et supportent des vents
impétueux, ils sont gouvernés par un très
petit gouvernail (qui est véritablement petit, en
comparaison de la taille énorme qu'ont les vaisseaux)
». La langue est petite, oui, mais quels grands incendies
elle déclenche !
On
nous enseigne, dans cette épître, à
ne jamais nous vanter de rien. Celui qui se vante de lui-même,
de ses Oeuvres, de ce qu'il a fait, est indubitablement
hautain, pédant, et il échoue dans le Grand
Oeuvre. Nous avons besoin de nous humilier devant la Divinité,
d'être chaque jour plus humbles, si nous voulons travailler
dans le Grand Oeuvre ; ne jamais présumer de rien,
être toujours simples. C'est vital quand on veut triompher
dans le Grand Oeuvre, dans le MAGNUM OPUS.
Dans
cette épître, ce qui est écrit est à
double sens. Si vous la lisez littéralement, vous
ne la comprendrez pas. C'est ainsi que l'ont lue les Protestants,
les Adventistes, les Catholiques, etc., et ils ne l'ont
pas comprise. Cette Épître a un double sens
et elle s'adresse exclusivement à ceux qui travaillent
dans le Grand Oeuvre. Quant à la foi, il est nécessaire
de l'avoir (bien sûr). Tout alchimiste doit avoir
la foi, tout cabaliste doit avoir la foi, mais la foi n'est
pas quelque chose d'empirique, quelque chose qu'on nous
donne en cadeau. La foi, il faut la fabriquer ; nous ne
pouvons exiger de personne qu'il ait la foi. Il faut la
fabriquer, l'élaborer.
Comment
la fabriquer ? À force d'étude et d'expérience.
Quelqu'un pourrait-il avoir foi en ce que nous sommes en
train de dire ici s'il n'étudie pas et n'expérimente
pas par lui-même ? Bien sûr que non ! N'est-ce
pas ? Mais au fur et à mesure que nous allons étudier
et expérimenter, nous allons comprendre et c'est
de cette compréhension créatrice que viendra
la véritable foi. Par conséquent, la foi n'est
pas quelque chose d'empirique. Non, nous avons besoin de
la fabriquer. Plus tard, oui, beaucoup plus tard, l'Esprit
Saint, le Troisième Logos, pourra la consolider en
nous, la fortifier et la renforcer ; mais nous, nous devons
la fabriquer...
Un
autre apôtre assez intéressant (qui compte
pour nous sur ce chemin resserré, étroit et
difficile que nous suivons), c'est André. On dit
qu'à Nicée il conjura sept démons pervers
et qu'il les fit apparaître (devant les multitudes)
sous forme de sept chiens qui s'enfuirent, épouvantés.
On
a beaucoup parlé d'André et il n'y a pas de
doute qu'il fut extraordinaire, qu'il était porteur
d'un grand pouvoir. La réalité est qu'André,
le grand Maître, disciple du Christ, fut condamné
à mort et torturé. La croix de saint André
nous invite à la réflexion : c'est un «
X » (oui, un « X »). Ses deux bras, tendus
à droite et à gauche, et ses deux jambes grandes
ouvertes forment un « X », et c'est sur cet
« X » que fut crucifié saint André.
Cet « X » est très symbolique. En Grec,
il équivaut à un « Khi » qui nous
rappelle le CRESTOS.
Indiscutablement,
le drame d'André fut magnifiquement symbolisé
par le grand moine Initié BACON. Ce dernier, dans
son livre (le plus extraordinaire qu'il ait écrit)
appelé « La Roue », met une gravure dans
laquelle on voit clairement un homme mort. Toutefois, il
semble que celui-ci essaie de lever la tête, de s'éveiller,
de ressusciter, tandis que deux corbeaux noirs sont en train
de lui ôter la chair de leur bec acéré.
L'Âme et l'Esprit s'élèvent au-dessus
du cadavre, et ceci vient nous rappeler la phrase de tous
les Initiés qui dit : « LA CHAIR ABANDONNE
LES OS »...
En
mourant sur une croix en forme de « X », saint
André nous parle précisément de la
désintégration de l'Ego : qu'il faut le réduire
en poussière cosmique, qu'il faut le dépecer.
«
LA CHAIR ABANDONNE LES OS »... C'est seulement ainsi
que le Maître Secret (Hiram Abif) peut ressusciter
en nous-mêmes, ici et maintenant. Dans le cas contraire,
ce serait impossible (dans le Grand Oeuvre, nous devons
mourir d'instant en instant, de moment en moment).
Et
que dire de Jean ? Il est, sans nul doute, le Patron des
fabricants d'Or. Y aurait-il quelqu'un qui ait fabriqué
de l'or ? Oui ; rappelons-nous Raymond Lulle. Lui l'a fait
: il a enrichi les coffres-forts de Philippe le Bel de France
et ceux du Roi d'Angleterre. On se souvient encore des lettres
de Raymond Lulle. L'une d'elles parle « d'un beau
diamant » qu'il offrit à rien moins qu'au Roi
d'Angleterre (il fit fondre du verre dans un « creuset
», et ensuite, en mettant de l'eau et du mercure sur
ce verre, il le transforma en un gigantesque diamant extraordinairement
pour l'offrir au Roi d'Angleterre). Quant à la transmutation
du plomb en or, il l'effectuait grâce au Mercure Philosophal.
Raymond Lulle enrichit toute l'Europe avec ses fusions et
pourtant il restait pauvre. Voyageur extraordinaire de tous
les pays du monde, à la fin il est mort, lapidé,
sur l'une de ses terres (réfléchissez à
cela).
Donc,
Jean, l'apôtre de Jésus, est le Patron des
fabricants d'Or. On dit qu'un jour il trouva sur son chemin
(dans un village, en Orient) un philosophe qui essayait
de convaincre les gens, de leur démontrer ce qu'il
pouvait faire avec la parole, avec le verbe. Deux jeunes,
qui avaient écouté son enseignement, abandonnèrent
leurs richesses, ils les vendirent et, avec elles, ils achetèrent
un gros diamant. Ils mirent, en présence de l'honorable
public, le diamant dans les mains du philosophe ; celui-ci
le leur rendit et eux, avec une pierre, détruisirent
la gemme. Jean protesta en disant : « Avec une telle
gemme, on aurait pu donner à manger aux pauvres »...
On dit qu'il reconstitua la gemme devant la foule et qu'ensuite
il la vendit pour donner à manger à la foule.
Mais les jeunes, repentis, se dirent en eux-mêmes
: « Quels idiots nous avons été d'avoir
vendu toutes nos richesses pour acheter un gros diamant
qui a d'abord été mis en pièces et
qui a ensuite été reconstitué pour
être réparti entre les gens ! ». Mais
Jean, qui voyait toutes les choses du ciel et de la terre
(et qui savait transmuter le plomb en or), fit amener du
bord de mer (proche de là) des pierres et des cannes
(la pierre, symbole de la Pierre Philosophale, du sexe,
et la canne, symbole de l'épine dorsale, car c'est
là que se trouve le pouvoir de transmuter le plomb
en or) et, après avoir transformé ces cannes
et ces pierres en or, il restitua les richesses aux jeunes
; mais il leur dit : « Vous avez perdu le meilleur.
Je vous restitue ce que vous avez donné, mais vous
avez perdu ce que vous aviez obtenu dans les Mondes Supérieurs
». Ensuite, s'approchant d'une femme qui était
morte, il la ressuscita. Elle raconta alors ce qu'elle avait
vu hors du corps et elle s'adressa aussi à ces jeunes,
en disant « qu'elle avait vu leurs anges gardiens
pleurer avec une grande amertume, parce qu'ils avaient perdu
le meilleur pour de vaines choses périssables »...
Il est évident que les jeunes se repentirent ; ils
restituèrent l'or à Jean et Jean changea de
nouveau cet or en ce qu'il était (en cannes et en
pierres) et ils devinrent ses disciples.
Donc,
Jean et « l'Ordre de saint Jean » nous invitent
à réfléchir. Jean est le Patron de
ceux qui fabriquent de l'Or ; nous avons besoin de transmuter
le plomb de la personnalité en l'or très vif
de l'Esprit. C'est pourquoi on appelle les Grands Maîtres
de la Loge Blanche « Frères de l'Ordre de saint
Jean ».
Nombreux
sont ceux qui croient que Jean, l'apôtre du Maître
Jésus, désincarna ; mais il n'a pas désincarné.
De vieilles traditions racontent qu'il fit creuser sa tombe
sépulcrale, qu'il se coucha dedans, qu'il devint
resplendissant de lumière et disparut (la tombe resta
vide). Nous savons que Jean, l'apôtre du Christ, vit
avec le même corps qu'il avait en Terre Sainte et
qu'il se trouve précisément dans l'Agartha,
dans le royaume souterrain, là où se trouve
l'ORDRE de MELCHISÉDECH et qu'il accompagne le Roi
du Monde (voyez comme c'est intéressant).
Donc,
en entrant dans le magistère du feu, nous devons
définir quelque chose (pour éclaircir) : il
est nécessaire, comme je vous l'ai dit, de transmuter
le sperme sacré en énergie. Quand on y réussit,
advient le feu qui monte par l'épine dorsale et on
commence à réaliser le Grand Oeuvre. Nous
avons besoin de créer les Corps Existentiels Supérieurs
de l'Être, mais cela n'est pas suffisant. Il est nécessaire,
il est indispensable, il est urgent de recouvrir ces véhicules
(ensuite) avec les différentes parties de l'Être
; mais, pour les recouvrir, il faut les perfectionner, les
transformer en or pur, en or spirituel véritable.
Ne soyez donc pas étonnés si Jean ou saint
Jacques ont un corps astral d'or pur, un Mental du même
métal ou un Causal ou le Bouddhique ou l'Atmique,
parce qu'ils sont parvenus à réaliser le Grand
Oeuvre.
Ce
n'est pas pour rien que le Comte de Saint Germain pouvait
transmuter le plomb en or, c'est parce que lui-même
était en or. « L'Aura » du Comte de Saint
Germain est en or pur ; les atomes qui forment cette «
Aura » sont en or et ses Corps Existentiels Supérieurs
sont en or de la meilleure qualité. Dans ces conditions,
il peut jeter, en effet, de la monnaie dans le « creuset
» et la faire fondre ; et ensuite, avec le même
pouvoir qu'il a en lui, la transmuter en or pur, parce qu'il
est en or (c'est ce qu'on appelle « réaliser
le Grand Oeuvre »).
Pour
faire cela, il y a des degrés et des degrés.
Il faut d'abord atteindre la Maîtrise ; ensuite nous
devons nous convertir en Maîtres Parfaits ; et bien
plus tard, atteindre le degré de « Grand Élu
». Est « Grand Élu » et «
Maître Parfait » celui qui a entièrement
réalisé le Grand Oeuvre.
Tel
que nous nous trouvons, nous sommes réellement mauvais.
Nous avons besoin de passer par une transformation radicale
et ce n'est véritablement possible qu'en détruisant
les « éléments inhumains » et
en créant les humains. C'est ainsi seulement que
nous marcherons vers la Libération finale...
Dans
un recoin de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, comme
je vous l'ai dit, se trouve la Pierre Maîtresse ou
Pierre d'Angle (que les « bâtisseurs »
de toutes les sectes, écoles, religions et autres
ont rejetée), la Pierre Choisie, Précieuse,
mais qui prend l'aspect de Lucifer, ce qui effraie les profanes.
Il
est indiscutable, mes chers frères, que c'est seulement
là (dans le sexe) que nous pouvons trouver ce PRINCIPE
LUCIFÉRIEN qui est la base même de l'Auto-réalisation.
Mais,
pourquoi Lucifer est-il le « Fil d'Ariane »
? Pourquoi est-ce lui, précisément, qui doit
nous conduire à la Libération finale, alors
qu'en vérité on l'a considéré
comme le mal ? J'ai dit beaucoup de fois, et je l'ai affirmé
avec emphase dans cette chaire, que Lucifer est la réflexion
du LOGOÏ INTÉRIEUR (en nous-mêmes), l'ombre
de notre Dieu intime, en nous et pour notre bien, parce
qu'il est l'entraîneur.
Dieu
ne peut pas nous tenter ; ce sont nos propres concupiscences
qui nous tentent (c'est ce qu'enseigne saint Jacques, le
Patron de l'Alchimie, le Patron du Grand Oeuvre). Alors,
que fait Lucifer ? Il se sert de nos propres concupiscences,
il les fait passer par l'écran de l'entendement,
dans le but de nous entraîner psychologiquement, de
nous rendre forts ; mais si nous flanchons, nous échouons
dans le Grand Oeuvre. Toutefois, nous pouvons échouer
et rectifier. Si nous rectifions, nous triomphons dans le
Grand Oeuvre. Quelqu'un peut échouer et, par ses
erreurs, il sait qu'il a des défauts à corriger,
à éliminer. C'est ainsi que Lucifer nous entraîne,
qu'il nous éduque, qu'il nous forme et, à
force de tant d'entraînement, il nous libère,
il va nous conduire (de sphère en sphère)
jusqu'à notre Hiram Abif.
Lucifer
est donc le « Fil d'Ariane » qui nous emmène
vers notre Dieu intérieur, qui nous sort de ce douloureux
labyrinthe de la vie, grâce au travail ésotérique.
Maintes et maintes fois, il fait passer, par l'écran
de notre entendement, nos propres concupiscences (qui ne
sont autres que les nôtres). Les vaincre, les éliminer,
les désintégrer, les transformer en poussière,
voilà ce qui est indiqué. Ainsi, pas à
pas, en avançant de plus en plus, nous allons partir
du centre du labyrinthe vers la périphérie,
pour arriver un jour jusqu'à notre Dieu. Voilà
la tâche de Lucifer. Il est le Fil d'Ariane, il est
la Pierre Philosophale. C'est pour cela que les pèlerins
de la Cathédrale Notre Dame de Paris éteignent
leurs bougies dans le gosier en pierre de Lucifer, dans
la « Petite Pierre du Coin », comme on dit ici...
On
a beaucoup parlé de pouvoirs magiques. En effet,
nous pouvons arriver à les obtenir, mais nous avons
indiscutablement besoin de créer en nous beaucoup
de choses et de détruire ce que nous avons en trop
(nous avons beaucoup de choses en trop et il y en a beaucoup
qui nous manquent). Tout le monde croit posséder
les Corps Existentiels Supérieurs de l'Être,
mais il n'en est rien. Il est nécessaire de les créer,
et ce n'est possible que dans la Forge des Cyclopes, c'est-à-dire
grâce au travail sexuel. Vous allez dire que nous
sommes des « fanatiques du sexe ». Mais vous
vous trompez.
Ce
qui se passe, c'est que nous avons un « laboratoire
» qui est notre propre corps, un « fourneau
» dans le « laboratoire » (le feu de l'alchimiste)
et un « creuset » qui est dans le sexe et où
se trouve la « Matière Première »
du Grand Oeuvre. Il est indispensable de la transmuter,
de la transformer en énergie, pour pouvoir ensuite,
avec cette énergie et avec ce qu'elle contient, créer
les Corps Existentiels Supérieurs de l'Être.
Voilà ce qui est vital, ce qui est indispensable.
Le
jour viendra où nous devrons passer au-delà
du sexe. Ce qui serait absurde, c'est de vouloir passer
au-delà du sexe sans être arrivé au
but. Ce serait comme de vouloir descendre du train avant
d'être arrivé en gare ou comme de vouloir descendre
de l'autobus ou d'un camion (avec lequel nous avançons)
avant d'arriver au but que nous nous sommes fixés.
Dans
le sexe, il faut créer et il faut détruire.
Il est nécessaire de créer les VÉHICULES
SOLAIRES pour que le Dieu intérieur puisse ressusciter
en nous et aussi d'éliminer les « éléments
inhumains » que nous portons à l'intérieur...
Nous
tous, réunis ici, nous devons comprendre. Il ne vous
suffit pas d'écouter ce que je suis en train de dire
; il est nécessaire que vous le réalisiez,
parce que « la foi sans les Oeuvres est une foi morte
». Il faut que la foi soit accompagnée de l'Oeuvre.
Il faut réaliser le Grand Oeuvre, mais il ne suffit
pas d'avoir foi dans le Grand Oeuvre. Il faut réaliser
le Grand Oeuvre.
Et
quel sera le résultat final du Grand Oeuvre ? Que
chacun de nous se convertisse en un grand Dieu ayant pouvoir
sur les Cieux, sur la Terre et sur les Enfers. C'est la
finalité, le résultat du Grand Oeuvre : que
chacun de nous soit converti en une Majesté, en une
créature terriblement Divine.
Mais
aujourd'hui, nous devons reconnaître que nous ne sommes
même pas des humains ; nous sommes uniquement des
« humanoïdes » (d'une façon plus
crue, je dirais que nous sommes « des mammifères
intellectuels » et rien de plus) ; mais grâce
au Grand Oeuvre, nous pouvons sortir de cet état
dans lequel nous nous trouvons...
Hiram
Abif est le « Maître Secret », le Troisième
Logos (Shiva), le Premier-né de la Création,
notre Réel Être intérieur divin, notre
« Monade » véritable et individuelle.
Il nous faut la ressusciter, parce qu'elle est morte en
nous, bien qu'elle soit vivante pour les mondes ineffables.
Raymond
Lulle a effectué le Grand Oeuvre : il a reçu
le Grand Arcane dans le Monde Astral et c'est avec cette
« Clef Maîtresse » qu'il a pu travailler
dans le Grand Oeuvre. Raymond Lulle a connu, sans aucun
doute, hors du corps physique, ce qu'est la Conception Sacrée
de la Mère Divine, la Kundalini Shakti.
En
sachant comment se réalisait cette conception sacrée,
il s'est proposé de matérialiser (à
partir du haut) la conception sacrée en lui-même,
jusqu'à ce qu'il l'ait obtenue. Indubitablement,
la Mère Divine doit concevoir le Fils (par Oeuvre
et grâce du Troisième Logos). Elle reste Vierge
avant l'enfantement, pendant l'enfantement et après
l'enfantement. Cet Enfant qu'elle conçoit doit se
matérialiser, se cristalliser en nous à partir
d'en haut, depuis le haut, jusqu'à ce qu'il soit
revêtu complètement de notre corps physique,
de notre « corps planétaire ».
Arrivé
à ce degré, on peut dire que le Grand Oeuvre
a été réalisé. En d'autres termes,
nous devons ressusciter Hiram Abif au-dedans de nous. Voilà
ce que j'avais à dire.
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