Un
lien indispensable :
http://www.gnosis2002.com/tabla.htm
Un
lien informatif sur les directoires gnostiques :
http://www.gnosishoy.com/directorio/index.html
avec sa bio en espagnol :
http://www.gnosishoy.com/samael_aun_weor/index.html
Essai
de biographie du Vénérable Maître Samaël
Aun Weor :
http://www.ageac.ca/saw.html
Les
années d'apprentissage
Samaël
Aun Weor n'a pas jugé bon d'écrire une autobiographie.
Il a cependant émaillé plusieurs de ses oeuvres
d'assez nombreux éléments biographiques qui
permettent quand même de brosser à grands traits
le panorama de son existence terrestre. Par ailleurs, la
vie extérieure n'étant - plus encore chez
cet homme que pour le commun des mortels - que la manifestation
périphérique et superficielle d'une vie intérieure
infiniment plus riche, plus féconde, foisonnante
d'événements invisibles, une relation de cette
manifestation extérieure est-elle réellement
justifiable ?
La
Gnose éternelle nous enseigne que nous ne sommes
pas notre corps, mais l'Âme ou, pour mieux dire, l'étincelle
animique - car nous n'avons encore qu'un embryon d'Âme,
alors qu'un Maître a créé son Âme
- qui habite ce corps . Celui-ci est donc simplement un
véhicule ou un vêtement, un instrument de connaissance
dans le monde physique. Un véhicule très précieux,
certes, bien qu'il ne "vaille pas un sou", dit
le Maître Samaël, car c'est l'instrument de notre
Réalisation, renfermant la matière première
: pas de corps, pas de Réalisation de l'être.
Les Anges ont atteint un certain degré de perfection,
mais s'ils veulent compléter l'Oeuvre, ils doivent
reprendre un corps humain, redescendre dans le ventre d'une
femme pour s'incarner dans un corps terrestre, malgré
le risque - à notre époque surtout - de "tomber"...
En
outre, pour revenir à notre auteur, celui-ci considérait
son existence présente comme un segment, un maillon
dans une longue chaîne d'existences successives dont
il se disait tout à fait conscient, de sorte qu'elles
formaient à ses yeux une seule longue existence,
sans interruption. L'auteur a d'ailleurs parsemé
ses oeuvres d'allusions à ses existences passées,
qui permettent de se faire une idée, fragmentaire
bien sûr, du parcours d'une Âme. Celui donc
qui veut tracer une biographie un tant soit peu exhaustive
de Samaël Aun Weor, ne devra-t-il pas parler aussi
de ses existences antérieures ? C'est en tout cas
la conclusion à laquelle est arrivé Oscar
Uzcategui qui consacre à l'auteur un ouvrage monumental
(plus de 700 pages !), intitulé Samael Aun Weor,
El Hombre Absoluto ("S.A.W., l'Homme absolu").
Notre
propos sera ici, dans le cadre de cette "introduction",
nécessairement plus humble. Après avoir posé,
dans notre présentation du premier tome, quelques
repères généraux, nous tenterons à
présent (et dans le prochain tome) de suivre d'un
peu plus près l'existence actuelle de notre auteur.
Nous nous baserons sur les quelques éléments
biographiques qui parsèment ses oeuvres et sur les
témoignages de personnes proches - surtout des disciples
et collaborateurs -, sans oublier le livre précité
d'O. Uzcategui et celui de Fernando Salazar (qui a été
le "secrétaire" de Samaël Aun Weor
dans les dernières années de son existence
terrestre), intitulé El Rayo del Superhombre ("La
Foudre du Surhomme").
Sans
vouloir, certes, faire un culte de la personnalité.
"Je ne suis rien, répétait le Maître
Samaël, le Christ interne est tout ! "Et il fustigeait
ceux qui" mâchaient les feuilles mortes de [son]
passé... "Cette indifférence est tout
à fait en accord avec l'attitude des gnostiques des
premiers siècles de notre ère, telle qu'elle
transparaît dans leurs écrits : en effet, à
l'encontre des Évangiles canoniques, qui mettent
l'accent sur la biographie du Christ Jésus, les vieux
textes gnostiques chrétiens ne parlent presque pas
de la vie de Jésus, se concentrant sur ses enseignements.
Le Jésus historique importait peu aux anciens gnostiques,
qui ont toujours méprisé les biographies,
trop réductrices. Puisque c'est l'être interne,
le "Père qui est en secret" qui compte,
et que la "vie" du Père intérieur
ne peut être réduite aux anecdotes constituant
l'existence de son "Boddhisattwa", c'est-à-dire,
de son véhicule humain.
Ce
qui importe donc, c'est l'homme intérieur, d'essence
divine, et c'est le développement de cet homme intérieur
en chacun de nous qui est au centre de la sotériologie
de Samaël Aun Weor. Néanmoins, notre monde mettant
l'accent sur l'homme extérieur, sur la manifestation
épiphénoménale d'une personne, c'est
pour répondre à cette préoccupation
que nous retracerons les quelques faits historiques suivants
de l'existence terrestre du Maître Samaël. Ces
quelques notes ne rendront sûrement pas justice au
maître à penser, au véritable "docteur
gnostique", à l'Homme cosmique que fut Samaël
Aun Weor. Mais elles répondront, nous l'espérons,
à une certaine attente du public en général
et des gnostiques en particulier.
L'enfance
De
stature moyenne, Samaël Aun Weor présentait
à l'âge adulte une ossature assez forte et
de larges épaules ; il avait en outre un regard pénétrant,
une voix gutturale et puissante, ainsi que des traits "égyptiens"
qu'il tenait de sa mère qui était de descendance
arabe.
Tandis
que la plupart des gens passent d'un corps à un autre
d'une manière inconsciente, les "Anges de la
vie" se chargeant de ce transfert en accord avec les
lois de la récurrence et du karma, Samaël Aun
Weor affirme avoir changé de corps consciemment :
"Je me suis introduit volontairement dans ce corps
physique ; j'ai laissé volontairement mon corps précédent
et j'ai pris celui-ci volontairement".
Né
le 6 mars 1917 à Bogota (en Colombie, Amérique
du Sud), dans une famille modeste, Victor-Manuel Gomez manifesta
dès son enfance des dons mystiques et paranormaux
exceptionnels. On dit que s'il aimait bien jouer avec les
enfants du voisinage, il préférait méditer
: assis spontanément à l'orientale, il méditait
des heures durant. Son moment privilégié,
c'était l'aube et le crépuscule. Monté
sur le toit de la résidence familiale, malgré
l'interdiction formelle de sa mère qui frémissait
de terreur chaque fois qu'elle le voyait marcher sur les
ardoises du toit, il contemplait, dans une profonde extase,
le Soleil levant ou le Soleil couchant.
Le
jeune Victor-Manuel apprit très tôt à
sortir en astral consciemment et il avait en outre un pouvoir
inné de concentration qui lui permit notamment de
développer sa clairvoyance et de percevoir les créatures
élémentales de la nature : gnomes, sylphes,
ondines, élémentaux des plantes, etc. Et ces
créatures innocentes et joyeuses "chantaient
et lui parlaient dans l'or très pur de la divine
langue originelle", écrit Fernando Salazar.
Il
aimait aussi contempler les images astrales "projetées",
pour ainsi dire, sur les murs de sa chambre, et il initia
ses jeunes frères à ce "cinéma"
extrasensoriel. D'ailleurs, il avait dès son plus
jeune âge des visions précises de ses existences
antérieures. Plus tard, en éveillant totalement
sa conscience, Samaël Aun Weor se rappellera fidèlement
ses nombreuses incarnations passées depuis le commencement
de notre monde : "J'ai vu surgir la Terre du Chaos
à l'aube du Mahamanvantara [ou "Grand Jour cosmique"],
lorsque, au terme de ses processus d'évolution et
d'involution dans les dimensions supérieures de la
nature, elle est devenue protoplasmique", écrit-il.
Au
retour de ses expériences internes transcendantes,
on prétend qu'il arrivait à l'enfant de pleurer
de douleur à la vue des murs vétustes de la
vieille maison coloniale qu'habitait sa famille, en se lamentant
: "Encore une fois dans un autre corps physique !"
Il avait déjà conscience de la misérable
condition humaine, mais sa mère ayant accouru le
consolait, croyant qu'il avait faim ou soif ou qu'il avait
mal...
Dans
une conférence intitulée "L'être
et le Savoir" , Samaël Aun Weor raconte comment
est née son attirance pour les études ésotériques
: "J'ai senti à un moment précis, dans
mon existence actuelle, la piqûre, comme on dit, pour
les études ésotérico-gnostiques. Alors
que je n'étais encore qu'un enfant, vers l'âge
de huit ans, je suis allé à la campagne et
là, au contact de la grande nature, en contemplant
le lever du jour, j'ai ressenti un violent serrement au
coeur, j'ai senti une grande aspiration aux choses divines
et je me suis vu moi-même entièrement... Si
vous avez déjà éprouvé cette
impulsion intérieure, vous savez ce que je veux dire...
" Le fait d'éprouver cet aiguillon, cette profonde
aspiration à "l'unité de la vie libre
dans son mouvement", serait le signe que nous avons
déjà en nous un "centre magnétique
de conscience" que nous aurions développé
dans une existence antérieure. Si nous n'avons pas
ce centre de conscience, ajoute le Maître Samaël,
nous devrons le développer.
Ayant
grandi dans une famille catholique, il sera enfant de choeur
à l'âge de neuf ans, ce qui l'aurait conduit
à s'intéresser au latin et, plus tard, à
d'autres langues anciennes, tels le grec, l'hébreu
et le sanscrit.
L'adolescence
Son
existence prit une tournure dramatique lorsque, au début
de son adolescence, ses parents se séparèrent,
les enfants étant confiés à la garde
du père, au grand désespoir de sa mère.
Son père se remaria bientôt avec une autre
femme. Celle-ci se comporta envers les enfants, et plus
particulièrement envers le jeune Victor-Manuel, en
véritable marâtre de conte de fée :
cruelle et sans pitié, elle alla jusqu'à fouetter
au sang à quelques reprises cet enfant un peu trop
rebelle qui en gardera les stigmates dans sa chair.
Un
jour, malgré l'interdiction de son père et
de sa belle-mère, l'enfant décida de rendre
visite à sa mère ; il emmena avec lui son
frère cadet. Au retour, ce dernier se mit à
pleurer à chaudes larmes, par peur de la râclée
que leur père allait sûrement leur administrer.
Victor-Manuel le serra contre lui : "Pourquoi avoir
peur ? lui dit-il. Si papa nous tombe dessus et nous frappe,
ça fera mal, bien sûr, et nous allons sans
doute pleurer, mais après ce sera fini : tout passe
!" En arrivant à la maison, ils reçurent
effectivement une bonne râclée et leur père
les envoya ensuite dans leur chambre. Victor-Manuel dit
alors à son jeune frère : "Tu vois, c'est
déjà passé ; tout passe !" Mais
le père qui les a suivis à leur insu et a
surpris ces paroles s'élance, furieux : "Ah
! comme ça, tout passe ! Eh bien ! c'est ce qu'on
va voir !" Et il les frappe de nouveau à coups
redoublés. Après quoi, s'assurant cette fois
que son père s'est éloigné, Victor-Manuel
s'approche du lit de son jeune frère en sanglots
et lui chuchote à l'oreille : "Il nous a frappés
deux fois et tu vois, c'est passé : tout passe !
tout passe !" Cette perception du caractère
éphémère de toute manifestation, agréable
ou désagréable, qui est au coeur de la philosophie
bouddhique et du stoïcisme, était déjà
bien imprégnée chez cet enfant, comme s'il
la possédait de manière innée.
La
situation familiale devenant intenable, le jeune homme dut
partir de chez lui très tôt, pour ne plus jamais
y revenir. Son destin de pèlerin errant commençait
déjà. Mais cette errance, Samaël Aun
Weor sut la transposer dans son pays intérieur, dans
son cheminement initiatique.
S'il
eut une adolescence difficile, à cause du contexte
familial, jamais il ne s'en plaignit. Il considérait
même que cette étape avait été
utile à son mûrissement intérieur.
Celui
qui allait plus tard redonner à l'humanité
les clefs du Royaume sentit aussi dans sa chair l'aiguillon
du désir et dans son coeur l'étincelle de
l'amour. Comme tous les jeunes gens de son âge, il
éprouva dans son corps le bouillonnement des hormones
sexuelles : vers quatorze ans il s'éprit donc de
la gent féminine, courant après les jupons.
Il maniait déjà habilement la parole et connaissait
intuitivement les ressorts du comportement humain, ce qui
lui vaudra un certain succès en amour ; il était
audacieux, un peu arrogant même et il s'amusait parfois
à intriguer ou effrayer gentiment les jeunes filles
en leur faisant des prédictions qui se réalisaient...
Mais même à travers ses conquêtes amoureuses,
il ne cessait de rechercher quelque chose de "supérieur".
En
ce qui concerne l'école, on peut comprendre que l'enfant
rêveur et curieux qui s'amusait à contempler
les images astrales défilant sur les murs de sa chambre
ait été quelque peu à l'étroit
dans le cadre strict et abrutissant de l'instruction publique.
En effet, cette nature ardente et précoce, ce tempérament
avide et réceptif se heurtera à l'intolérable
rigidité d'un système d'éducation conçu
pour des intelligences moyennes et animé par des
professeurs pas toujours très ouverts. Le jeune Victor-Manuel
n'est pas heureux à l'école. Il étouffe
et son côté rebelle émerge. Il se révoltait
déjà contre la formation presque exclusivement
intellectuelle que l'on dispense dans les écoles,
collèges et universités et contre un enseignement
qui allait à l'encontre des profondes aspirations
de l'être. Il refusait de se laisser encarcaner et
détruire. Il finit par être expulsé
du collège qu'il fréquentait et aucune autre
école ne voudra de ce "trouble-fête".
Le
futur Maître des Mystères Majeurs se heurtait
déjà à la superficialité de
notre époque matérialiste. Les médiocres
idéaux de ses contemporains le rebutaient. Sans doute
les psychologues l'auraient-ils jugé inadapté
(comme si c'était un crime !). La force de caractère
du jeune homme n'acceptait guère de se plier aux
dictats de la vie sociale qui privilégie la soumission
aveugle à l'autorité. Samaël Aun Weor
se révélera plutôt du côté
de Lin Tsi, le grand adepte du bouddhisme Tchan : "Si
tu rencontres un Bouddha sur ton chemin, tue-le !"
Quand
on regarde ses années d'apprentissage, on se persuade
que Samaël Aun Weor aurait été d'accord
avec cette sentence du poète Henri Michaud : "Ne
te hâte point vers l'adaptation, garde toujours en
réserve de l'inadaptation". La psychologie et
la pédagogie ont pour but, nous le savons, l'adaptation
de l'individu à la société. Mais l'on
est en droit de se poser la question : s'adapter à
quoi ? À un monde devenu fou ? À un monde
qui travaille à sa propre destruction ? Un tempérament
rebelle serait donc, dans les circonstances, un indice de
santé mentale ou le signe d'une quête de sens
et de vérité dans un monde qui a institutionnalisé
le mensonge...
Cet
inadapté ne sera pas pour autant un être taciturne
et asocial. Bien au contraire, affable et jovial en privé,
Samaël Aun Weor est un être très équilibré
; excellent orateur, il manie le verbe avec aisance et est
pourvu d'un sens logique irréprochable, bien qu'il
dénonce les excès et la lacune du rationalisme
intellectuel érigé en absolu.
La
formation intellectuelle
Une
vive inquiétude spirituelle, une sorte d'appel intérieur
de plus en plus impérieux pousse en fait le jeune
homme à chercher "autre chose". Cette impulsion
qui le travaille depuis toujours va se manifester, dès
le début de son adolescence, par une insatiable soif
de connaissance qui l'incite à lire tout ce qu'il
peut. Son intérêt se porte très vite
vers l'ésotérisme et l'occultisme, de même
que la mythologie et les religions. À douze ans il
passe des jours entiers dans les bibliothèques de
sa ville natale, à lire et étudier les ouvrages
les plus divers, notamment sur l'astrologie et les diverses
conceptions de la vie après la mort. Cherchant à
percer les mystères de l'au-delà, il dévore
les oeuvres d'Allan Kardec et Camille Flammarion et se passionne
pour les phénomènes télépathiques,
les apparitions et les "esprits frappeurs"...
En
quête du Chemin secret, l'adolescent fréquente
différentes écoles ésotériques
et approfondit sa connaissance du spiritisme, s'intéressant
entre autres aux expériences de médiumnisme
de William Crookes et de la médium Kathy King. Il
est fasciné par les expériences de télépathie
et de voyance, et il se penche sur les oracles de Delphes,
les prophéties de Tirésias et de Nostradamus.
Il s'imprègne aussi des grandes oeuvres littéraires
initatiques du passé, telles L'Odyssée d'Homère,
L'Énéide de Virgile et La Divine Comédie
de Dante. Suivant les traces de la Tradition perdue, il
interroge les mégalithes de Carnac et Stonehenge,
les pyramides d'Égypte et du Mexique, et s'intéresse
tout particulièrement aux grands archétypes
religieux, comme le fameux serpent du Paradis terrestre,
que l'on retrouve dans nombre de traditions du monde, toujours
associé à la Connaissance initiatique...
À
l'école de la Société théosophique,
le jeune homme étudie les oeuvres d'Annie Besant,
de Leadbeater, de Mario Roso de Luna (insigne écrivain
théosophe d'Espagne) et surtout d'Héléna
Pétrovna Blavatsky, la fondatrice de l'Ordre, se
plongeant avec ravissement dans sa monumentale Doctrine
secrète. Il se met également à pratiquer
diverses formes de Yoga : Raja-Yoga, Bhakti-Yoga, Jnana-Yoga,
Karma-Yoga, dépréciant comme Madame Blavatsky
le Hatha-Yoga qu'il considère comme une simple gymnastique
corporelle et, donc, comme une forme dégénérée
de Yoga, les hatha-yoguis croyant qu'ils peuvent se réaliser
par des postures acrobatiques...
C'est
au chapitre local de la Société théosophique
que le jeune Victor-Manuel donne ses premières conférences,
vers l'âge de dix-sept ans. Il en donnera d'autres,
bientôt, à l'école de la Rose-Croix
antique fondée par Arnold Krumm-Heller. D'origine
allemande, cet ancien professeur de médecine à
l'Université de Berlin est devenu médecin-colonel
dans l'armée mexicaine ; et c'est au Mexique qu'il
accèdera à la Maîtrise, prenant alors
le nom de Maître Huiracocha.
Le
futur Aun Weor complètera donc sa formation spirituelle
et ésotérique à l'école gnostico-rosicrucienne
de Krumm-Heller. Il parcourra toute la bibliothèque,
bien garnie, qu'il y découvre, étudiant la
Franc-Maçonnerie, la Kabbale hébraïque
et les enseignements de la Rose-Croix à travers les
âges. Il y assimilera aussi les oeuvres de Max Heindel,
Franz Hartman, Jorge Adoum, Cornelius Agrippa, Éliphas
Levi et Rudolf Steiner (le fondateur de l'Anthroposophie),
en plus de s'initier aux secrets de l'Alchimie à
travers les oeuvres de Paracelse, Raymond Lulle, Basile
Valentin et Nicolas Flamel. Et c'est par les ouvrages de
Krumm-Heller qu'il prendra aussi connaissance des textes
du Gnosticisme, tels la Pistis-Sophia . Beaucoup plus tard,
Samaël Aun Weor sera d'ailleurs profondément
touché par la découverte des textes gnostiques
de Nag-Hammadi, où il reconnaîtra les prémices
de ses propres enseignements.
Choisissons
d'interrompre ici cette énumération quelque
peu fastidieuse qui pourrait être prolongée,
sachons-le bien, ad nauseam, et dont le seul but était
de donner une idée de l'extraordinaire culture ésotérique
de Samaël Aun Weor. Un apprentissage intellectuel aussi
"boulimique" aurait pu égarer tout autre
que lui : combien, en effet, se sont perdus dans le labyrinthe
apparemment inextricable de toutes ces théories souvent
contradictoires ?
Notre
infatigable investigateur, quant à lui, cherche toujours
l'unité dans la diversité : ce qui l'intéresse,
ce sont les principes immuables et universels sous la variété
infinie des apparences extérieures. Et sa doctrine
sera, comme la Gnose de Basilide et de Valentin, ces deux
grands docteurs gnostiques des débuts de l'ère
chrétienne, une formidable synthèse des traditions
ésotériques et spirituelles les plus diverses,
un syncrétisme génial articulé autour
de quelques principes fondamentaux, simples et intemporels
qui constituent ce que l'on pourrait appeler la "Gnose
éternelle". L'un de ces principes - fondement
de toute Initiation véritable - est celui de la "mort
psychologique" : "La clé du laboratoire
de la nature, écrira-t-il dans La Grande Rébellion,
est dans la main droite de l'Ange de la mort. Nous apprenons
très peu du phénomène de la naissance
, mais de la mort nous pourrons tout apprendre". Pour
naître à l'Esprit, le Moi doit mourir. Sans
la mort de la chrysalide, il n'y a pas de papillon ; si
le grain ne tombe en terre et ne meurt, nous ne pourrons
contempler la fleur... Ce processus incontournable de la
mort intérieure est appelé par les alchimistes
Putréfaction ou Oeuvre au Noir.
Nous
voudrions pouvoir obéir au Christ Jésus quand
il nous enjoint "d'aimer notre prochain". Mais
notre capacité d'amour est bloquée dans l'Égo
ténébreux ; la désintégration
de l'Égo libère notre potentiel d'amour. De
sorte qu'il ne suffit pas de se répéter :
"Je dois aimer, je vais aimer, j'aime l'humanité",
pour l'aimer réellement. Dissolvons le Moi et l'amour
irradiera de nous tout naturellement.
C'est
la conclusion à laquelle Samaël Aun Weor est
vite arrivé. Et toute la dialectique de l'auto-observation
ou "rappel de soi" préalable à tout
travail psychologique, il l'a reprise en grande partie de
Gurdjieff et de ses disciples, Ouspensky et Nicoll. Et il
la développera dans ses propres ouvrages, surtout
à partir de 1965.
Doté
d'une solide érudition, notre jeune chercheur a pourtant
très tôt pris conscience de l'inanité
de la culture livresque, surtout si elle n'est pas appuyée
sur la pratique. Citant les paroles de Goethe, il écrira
encore, dans La Grande Rébellion: "Toute théorie
est grise. Seul est vert l'arbre aux fruits d'or qu'est
la vie". Riche de sa propre expérience et de
ses observations, il comparera les écoles ésotériques
à des geôles, à des chaînes douloureuses
qui entravent en réalité le processus d'éveil
intérieur qu'elles devaient enclencher et stimuler.
Il faut en effet un tempérament exceptionnellement
fort pour ne pas se laisser étouffer par les loges
et religions. Et si le jeune homme n'a pas été
englouti sous cette montagne de théories, c'est pour
deux autres raisons :
1°
La force même de l'impulsion intérieure qui
l'aiguillonne l'incitera toujours à chercher plus
loin. Une soif inextinguible de Lumière et de Sagesse
véritable le poussera à transcender les théories
et les illusions de ce monde. "Je ne désirais
qu'une chose, dira-t-il, retrouver le Chemin en lame de
rasoir" - le "chemin étroit" dont
parle le Christ Jésus, que très peu de gens
prennent, tous se précipitant sur le "chemin
large qui mène à la perdition". Et notre
auteur d'ajouter : "Mon être réel (l'Archange
Samaël) luttait pour me libérer, pour m'affranchir,
pour me faire sortir des mondes infernaux".
2°
Dès son jeune âge il comprendra l'importance
cruciale de la "pratique". Affinant sa clairvoyance
et sa faculté innée de sortir consciemment
en astral, il pourra corroborer dans les "mondes internes"
la véracité des théories qu'il apprend,
ne retenant donc que ce qu'il peut vérifier par expérience
directe ou par l'intuition éclairée, rejetant
le reste comm e sophisme, hypothèse ou opinion subjective.
Le Samadhi
Ainsi
se rend-il compte qu'il perd son temps avec tout ce fatras
indigeste de théories. S'apercevant qu'il ne peut
rien trouver en dehors de lui-même, il se met à
chercher la connaissance à l'intérieur de
lui. Devenant un véritable "athlète de
la méditation", il "s'ennivre du vin de
la méditation dans la coupe de la parfaite concentration".
Le jeune homme méditait partout et presque jour et
nuit. Seules l'intéressaient la Sagesse, la Connaissance
spirituelle et la véritable félicité
de l'être, qui n'ont rien à voir avec cet état
de malheur et de détresse intérieure que nous
avons déguisé pour notre commodité
en pseudo-bonheur...
C'est
au cours d'une de ces méditations profondes qu'il
rencontre son gourou, qu'il appellera affectueusement Adolfito
(diminutif amical d'Adolphe). Ce Maître des mondes
supérieurs doit le guider d'abord dans l'Auto-Réalisation
de son être, puis l'assister jusqu'à l'avènement
de l'âge d'or, que Samaël Aun Weor a pour ultime
mission de préparer en tant qu'Avatar (ou Messager)
du Verseau.
C'est
dans une méditation encore qu'il aura la vision de
son être réel. En appliquant les préceptes
de la philosophie orientale sur la méditation, il
eut un jour l'inoubliable vision de son "Intime",
le Logos Samaël, qui est la Conscience angélique
de la planète Mars.
"Les
vanités de ce monde ne m'intéressaient pas,
écrit Samaël Aun Weor dans Les Trois Montagnes.
Je savais bien que toutes les choses de cette vallée
de larmes sont périssables. La seule chose qui m'intéressait,
c'était l'Intime". Après des mois de
pratique assidue, l'Intime accourut enfin à son appel
: "L'Adorable vint à moi, vêtu d'une tunique
blanche immaculée rehaussée de précieux
saphirs. Sur sa tête céleste resplendissait
la couronne des Hiérophantes. Tout son être
était imprégné de félicité.
Dans sa main droite brillaient toutes ces pierres précieuses
dont parle l'Apocalypse de saint-Jean. Le Seigneur empoignait
avec une grande fermeté le Bâton de Mercure
- le sceptre des Rois, la Canne des Patriarches. Le Vénérable
me prit dans ses bras et me dit, d'une voix paradisiaque,
des choses qu'il n'est pas donné aux êtres
terrestres de comprendre. Le Seigneur de perfection me conduisit
ensuite à la planète Vénus, très
loin des amertumes de ce monde. C'est ainsi que je me suis
rapproché de l'Intime par le chemin secret de la
méditation intérieure..".
Celui
qui était appelé à incarner un jour
l'Ange Samaël ne s'est donc jamais contenté
des théories creuses dont se gavent jusqu'à
l'intoxication des légions d'aspirants à la
lumière. Ainsi en fut-il également de l'illumination.
Combien de livres plus ou moins fantaisistes a-t-on écrit
sur l'illumination ou l'extase, appelée Satori dans
le bouddhisme zen et Samadhi dans l'hindouisme ? Méditant
sans relâche, notre jeune ésotériste
n'a de cesse d'expérimenter ce fameux état
d'extase dont parlent tous ces livres qu'il a lus. C'est
à force de patience, de persévérance
et d'ardeur qu'il vivra les trois phases de l'illumination.
À
dix-neuf ans, il expérimente d'abord le Samadhi lui-même.
Au cours de cette expérience mystique transcendante
qui survient pendant une méditation, il se sent transporté
jusqu'aux mondes supérieurs de conscience cosmique.
Il pénètre dans le "Royaume de l'Amour
et de la Félicité pure". Projeté
dans l'espace infini, il se pose notamment sur une planète
radieuse où il frappe à une porte, trois coups.
Le jeune homme y reconnaît Chang, avec qui il s'était
lié d'amitié dans l'Ordre du Dragon Jaune,
lors d'une incarnation passée à l'époque
de la dynastie Tchéou. Chang avait été
un athlète du Samadhi et il avait atteint le TAO.
C'était donc un "être libéré".
Le Maître Samaël avait été, à
cette époque, le sage Tchou-Li et il avait connu
les clefs secrètes de la divine Alchimie.
"Tu
vis encore sur cette Terre ? lui demande Chang.
-
Tu sais, Chang, j'ai "chuté" là-bas,
sur cette planète, et j'ai contracté un terrible
karma que j'ai traîné d'existence en existence.
-
Maintenant que tu es ici, reste avec nous, dit Chang.
-
J'aimerais beaucoup, si c'était possible. Mais j'ai
un corps physique qui m'attend là-bas. Parce que,
vois-tu, j'ai dû me réincarner encore une fois.
Mais à présent, je te le dis, je reviens au
Sentier..."
Et
notre jeune mystique réintègre ensuite sa
forme terrestre.
Il
expérimentera un peu plus tard le Nirvi-Kalpa-Samadhi.
Transcendant le Nirvana et le Para-Nirvana, il s'immerge
alors dans l'Océan de la Lumière infinie.
Dans un sanctuaire qu'il visite au cours de cette expérience
extatique, il ouvre un grand livre où sont inscrites
en lettres de feu les lois de la vie, les divines lois du
Grand-oeuvre. À chaque verset qu'il lit, son extase
s'intensifie. Quand il revient dans son corps physique,
un groupe de resplendissantes Walkyries lui apparaît
: "Tu as passé l'épreuve du Sanctuaire,
rares sont les humains qui réussissent à franchir
cette terrible épreuve", lui dit l'une de ces
grandes Initiées qui inséra alors à
l'annulaire de sa main droite un anneau portant le Sceau
de Salomon. Un Adepte lui expliquera plus tard, dans les
mondes internes, la signification de ce motif : "Le
Sceau de Salomon est le symbole du Logos solaire, lui dit-il.
Ses six pointes sont masculines et les six baies entre les
pointes sont féminines. Ces douze radiations peuvent
être cristallisées dans l'être humain,
grâce à l'Alchimie, en les douze constellations
zodiacales. Le triangle supérieur représente
le Soufre, le Feu ; et le triangle inférieur le Mercure,
l'Eau. Le croisement sexuel du Soufre et du Mercure, à
l'intérieur de soi-même, permet de créer
la Pierre philosophale. Celui qui a réalisé
le Grand-oeuvre reçoit dans sa main droite le Sceau
de Salomon, l'Étoile resplendissante".
Samaël
Aun Weor avait jadis réalisé le Grand-oeuvre.
Mais il avait "jeté sa Pierre à l'eau"
ou, pour employer une autre expression ésotérique,
il avait "touché le Sceau de Salomon avec sa
main gauche" : c'est-à-dire qu'il était
retombé dans la sombre matière à cause
de l'usage inadéquat de son énergie sexuelle.
Au
début de la vingtaine, il vécut enfin le Maha-Samadhi
et fut près de se désincarner au cours de
cette suprême extase mystique. Se dépouillant
de tous ses corps existentiels de l'être, il se fondit
dans le Grand Souffle, comme une goutte d'eau dans l'océan
ou une étincelle dans le grand brasier de la vie.
Libéré de toute existence individuelle propre,
il était la comète, la fleur, l'aigle, le
soleil... Il expérimentait l'être et le non-être
à la fois. Mais n'ayant pas encore dissous l'Égo,
il est soudain saisi de terreur. La peur de l'annihilation
totale lui fait perdre le Maha-Samadhi, et il revient aussitôt
à son corps matériel. L'annihilation bouddhique
est une expérience effrayante, mais fondamentale
sur le chemin de la Réalisation. Le jeune apprenti
s'immergera deux fois encore dans le Grand Océan,
mais devra chaque fois réintégrer brusquement
son corps. Il découvre alors que l'Égo est
le pire ennemi du Maha-Samadhi. Le Moi, en effet, a une
peur terrible de l'anéantissement, de cesser d'exister
comme sujet, et cela constitue même le frein le plus
important dans le travail de dissolution du Moi, comme notre
auteur le découvrira bientôt.
Néanmoins,
l'expérience du "Vide illuminateur", en
plus de lui démontrer la réalité des
mondes supérieurs de la Pure Lumière - dont
beaucoup parlent sans même l'avoir vécue -,
fouette son enthousiasme et sa volonté d'oeuvrer
de toutes ses forces à l'Auto-Réalisation
de son être intime. L'immersion dans l'unité
de la vie universelle, cette expérience concrète
de ce qu'on appelle la Réalité ou la Vérité
et qu'aucun mot ne peut décrire, une telle expérience,
donc, écrira Samaël Aun Weor, produit à
l'intérieur de l'être humain une transformation
décisive et en fait un véritable aspirant
au Chemin secret : c'est une conversion dans le sens alchimique
du terme, c'est-à-dire, un changement de nature radical.
Si vacillant et dispersé qu'il était, le néophyte
est soudain "illuminé" : il voit le chemin,
il comprend le but, la raison d'être de la vie, et
même si, après ses expériences mystiques,
il retourne dans la grisaille du quotidien, le souvenir
de ces expériences est comme un phare qui le guide
vers l'objectif ultime.
Celui
qui est encore Victor Manuel Gomez ressent alors le besoin
impérieux de réaliser dans sa vie la transfiguration
de sa nature grossière en la nature parfaite des
êtres de lumière qu'il a entrevus dans les
plans supérieurs de conscience.
La quête du sentier intérieur
Le
Maître Samaël a pressenti dès son enfance
sa mission comme Avatar (Messager) des mondes divins à
l'aube de l'ère du Verseau. Après avoir vécu
le Maha-Samadhi, cette mission lui apparut plus clairement
et le renforça dans sa détermination à
atteindre la "libération", pour le bien
de "l'humanité souffrante", pour laquelle
il doit ouvrir la porte des Grands Mystères initiatiques
et lever le voile du Sanctuaire. C'est donc avec une ardeur
redoublée qu'il approfondit sa recherche des causes
de la déchéance humaine actuelle, et surtout,
des clefs concrètes grâce auxquelles nous pouvons
accomplir notre rédemption, c'est-à-dire,
nous régénérer et réaliser notre
nature divine.
La
connaissance théorique de ces causes et des mystères
de la vie et de la mort ne l'intéresse pas. Le jeune
aspirant veut "toucher, voir et entendre ce dont parlent
les religions" et dont elles font bien souvent un objet
de croyance aveugle. Il veut surtout connaître par
expérience propre les lois et mécanismes qui
régissent le comportement et l'existence des "humanoïdes".
Il veut découvrir les processus cachés, les
ressorts secrets qui régissent la conduite de ces
"mammifères intellectuels" ou "animaux
rationnels", comme il appellera aussi les humains à
cause de leur inconscience chronique et de leur totale ignorance
des véritables enjeux de l'existence.
Pour
entreprendre une transformation spirituelle effective, nous
devons savoir en effet qui nous sommes vraiment, inventorier
"ce que nous avons en trop et ce qui nous manque",
comprendre où nous en sommes réellement dans
l'échelle de la vie, car nous ne pouvons partir que
du point précis où nous nous trouvons, d'où
l'importance capitale de l'auto-observation et de l'auto-analyse
lucide, sans complaisance d'aucune sorte. Or, la très
grande majorité des humanoïdes n'ont aucune
idée de ce qu'ils sont vraiment, de leur état
psychique réel, de leur "niveau de conscience"
dans l'échelle de la vie, désirant entreprendre
le processus de la Réalisation de l'être à
partir d'une idée abstraite et fantaisiste d'eux-mêmes,
à partir de ce qu'ils s'imaginent être ou de
ce qu'ils voudraient être. C'est pourquoi la plupart
échouent lamentablement, sont désillusionnés
et remplis d'amertume à l'égard d'un "travail"
intérieur qui les a conduits en fait à une
impasse... Ils n'ont pas compris que la connaissance de
soi est le fondement de toute réalisation spirituelle
: "Connais-toi toi-même, répétait
Socrate, et tu connaîtras l'Univers et les dieux !"
Bref,
si la Réalisation semble presque inaccessible, c'est
parce que nous sommes littéralement emprisonnés
dans des camisoles de force psychologiques et intellectuelles
et qu'ainsi, nous sommes coupés de tout contact avec
la Réalité. Et, qui plus est, l'aliénation
et le vide existentiel de l'humanité sont systématiquement
encouragés par la société - parce que
rentables au niveau économique et politique - et
même par les sectes et religions. Quelle société,
quelle religion, en effet, est intéressée
à la Réalisation de ses membres, à
ce qu'ils s'émancipent de son contrôle ? La
véritable autonomie est pénalisée,
la liberté étouffée. Il ne reste d'autre
recours que la rébellion - une rébellion intelligente,
psychologique...
Au
fil de ses expériences intérieures, de ses
lectures et prises de conscience, Samaël Aun Weor découvrira
en outre que la nature elle-même n'est pas intéressée
à la Réalisation humaine. Pire, elle se déchaîne
contre celui qui ose la braver en empruntant le Sentier
initiatique. Car chaque organisme vivant - plante, animal
ou être humain - est en quelque sorte une machine
dont le rôle est de capter les énergies cosmiques
et de les retransmettre à la Terre. C'est pour cette
raison que la Terre a créé la vie qui la recouvre.
Nous délivrant de l'influence terrestre, la Réalisation
- l'oeuvre du Soleil - est donc contre-nature, c'est une
véritable révolution "contre tout et
contre tous". C'est là le sens de ces paroles
évangéliques : "Le ciel doit être
pris d'assaut : les courageux l'ont pris". Le Christ
lui-même était un révolutionnaire qui
enseignait le "chemin très étroit"
de la transformation radicale, que très peu de gens
empruntent : "Des mille qui m'écoutent, un seul
me sut, disait-il. Des mille qui me suivent, un seul est
mien..."
C'est
Gurdjieff et son disciple Ouspensky qui procureront au Maître
Samaël le vocabulaire et les concepts intellectuels
qui lui permettront de formuler cette notion capitale que
tous ceux qui aspirent au Grand-oeuvre doivent absolument
comprendre.
De
même reprendra-t-il de Krumm-Heller la notion du grand
arcane (qui signifie "grand secret") de la Magie
sexuelle, qu'il avait connue notamment dans l'antique Égypte
et dont il s'était "ressouvenu" au cours
de ses expériences astrales et de ses investigations
dans ses existences antérieures. Poursuivant ses
recherches sur cette question centrale qui deviendra la
clef de voûte de sa sotériologie, il en découvrira
le modus operandi dans le Tantrisme tibétain, dans
le Maïthuna Yoga, dans l'Alchimie chinoise et médiévale,
dans l'art et les mythes des Mayas, Aztèques et Égyptiens,
etc.
Bien
qu'il ait rejeté, avons-nous dit, la prison des connaissances
intellectuelles et les préjugés sclérosants
de la science matérialiste, Samaël Aun Weor
n'en affirme pas moins que "le pire ennemi, c'est l'ignorance",
prônant la nécessité d'une "puissante
culture intellectuelle". "Le triple chemin de
la Science, de la Philosophie et de la Mystique cosmique
révolutionnaire nous conduit aux régions ineffables
de la Grande Lumière", écrit-il dans
ses Notions fondamentales d'Endocrinologie et de Criminologie,
ajoutant : "Lorsque la science occidentale et la science
orientale s'uniront, l'homme disposera alors d'une véritable
culture intérieure, intégrale, libre de tout
matérialisme sectaire... Les deux approches se complètent
harmonieusement et nous donneront dans le futur une nouvelle
culture et une nouvelle civilisation hautement mystique
et supérieurement technique et scientifique".
Et
parallèlement à son travail intérieur
très intense, jamais il ne cessera d'étudier
alchimistes et traités scientifiques, le Livre des
Morts égyptien et la Divine Comédie de Dante
ou les oeuvres philosophiques de Kant, les mystiques persans
et les textes gnostiques des premiers siècles de
notre ère, etc. Car il doit "documenter"
ses enseignements, trouver les mots, les formules capables
d'habiller adéquatement les concepts transcendants
qu'il lui faut transmettre, ce qui n'est pas facile, son
message ne relevant pas fondamentalement de l'intellect
rationnel, mais de la "logique du coeur", de la
Science supérieure de l'être.
C'est
en ces termes qu'il explique, dans une entrevue accordée
à J.L. Lora Morales, la difficulté de traduire
cette Sagesse qu'il reçoit de l'Esprit divin au cours
de ses expériences extatiques dans les plans supérieurs
: "La chose la plus difficile pour moi consiste à
adapter à l'atmosphère culturelle contemporaine
l'information que je rapporte des mondes supérieurs.
Il me faut par conséquent documenter l'enseignement
et je dois lire un grand nombre d'ouvrages pour pouvoir
traduire dans le langage et les notions d'aujourd'hui ce
que je reçois des autres plans de conscience..."
Le
génie de Samaël Aun Weor, c'est d'avoir fondu
cet immense savoir en une doctrine cohérente et pratique,
dans un langage simple, direct et efficace. Sa propre expérience
lui a servi de guide, de fil conducteur. Et cette expérience,
conjuguée avec les enseignements reçus des
Maîtres vivant dans les plans transcendantaux, lui
a évité de se perdre dans le dédale
amer des théories. |